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nant gouverneur Phillip, du docteur Hitcheoche, de Mary Dana, etc. On a en outre de lui : deux Lettres amicales à Philalètes ; une Adresse aux étudiants d'Andover; Discours sur les antiquités juives, 1807, 1 vol. in-8°, œuvre postnume. ïappan était mort en 1803.

TAPPER (Rceward), d'Enkhujsen en Hollande , mort à Bruxelles, le 2 mars 1559, à 72 ans, fut docteur de Louvain. Il y enseigna la théologie avec réputation, et y fut fait chancelier de l'université , doyen (](i l'église de Saint-Pierre et inquisiteur de la foi. L'empereur Charles-Quint , et Philippe II , roi d'Espagne, l'employèrent dans les affaires de religion , et il se distingua au concile de Trente , l'an 1551. On a de lui : Explicaiio , seu Vindiciœ articulorwn Lovaniensium adversus Lutheri errores , ouvrage écrit avec érudition et clarté. Guillaume Lindanus a publié : Tapperi Orationes tlieologicœ , una cum aureo ejusdem corollario , de veris calamitatum Belgii causis atque remediis , ad Carolum V et Ferdinanduni I , Cologne , 1577, in-8°.

TARAISE (saint), fils d'un des principaux magistrats de Constantinople, fut élevé à la dignité de consul, puis choisi pour être premier secrétaire d'Etat sous le règne de C(jnstantin et d'Irène, qui le tirent ensuite élire patriarche de Constantinople, en 784-. Il n'accepta cette place qu'à condition qu'onasseiublerait un concile général contre les iconoclastes. En effet , après avoir écrit au pape Adrien, il fit célébrer le 2' concile général de Nicée, l'an 787, en faveur des saintes images. Il résista avec une liberté apostolique au divorce que l'empereur voulait faire, et dit à celui qui sollicitait son apjirobation : « Je ne sais comment l'empereur pourra siip- « porter l'infamie dont ce divorce scanda- « leux va le couvrir à la face de l'univers. « Je ne sais non plus comment il pourra pu- « nir les adultères et les autres débauchés , « après avoir donné un tel exemple. Allez « lui dire de ma part que je souffrirai plutôt « la mort et tous les supplices imaginables , « que de consentir à son dessein. » 51 était la bonne odeur de son Eglise et la lumière de son clergé, lorsqu'il mourut en 806. Nous avons de lui, dans la Collection des conciles, une Epître adressée au pape Adrien. Sa Vie a été écrite par Ignace, son disciple, qui fut depuis évoque de Nicée.

TARGNY (Louis de), docteur de Sorbonne, et abbé de Saint-Lô, né à Noyon, llorissait au xvin° siècle. Il avait de l'érudition et dos connaissances fort étendues dans les antiquités ecclésiastiques. Son savoir lui avait valu une place à la Bibliothèque du roi. Le cardinal de Rohan avait souvent recours à ses lumières, et se servait de lui, soit pour des recherches , soit pour la composition de mémoires sur divers sujets ; il en rédigea, par ordre de ce prélat, plusieurs sur '■édition des Conciles du P. Hardouin. Il fut, avec Tournelv, un des douze députés uomjiiés, ru 1729, par la faculté de théologie do

Paris, pour chercher les moyens de ramener à l'obéissance ou à l'unité des sentiments ceux dés membres de cette compagnie qui s'oi)posaient encore au décret du saint-siége, touchant la bulle Unigenitus. II rédigea même contre les opposants deux écrits, savoir, l'uti intituh; : Mémoire de l'état présent des réfugiés en Hollande, ausnjet de lareligion; etl'nutre, Mémoire sur les projets des jansénistes, 19 janvier 1729. Le docteur Petit-Pied répondit par une Lettre à un de ses amis, qui lui avait demandé quelques éclaircissements sur ces deux écrits. L'abbé de Targny mourut le 8 mai 1737.

TARIN (Jean), né l'an 1586 k Beaufort, en Anjou, mort à Paris en 1666, fut professeur d'éloquence grecque et latine au collège royal de Paris, puis recteur de l'université de celte capitale, dans les années 1625 et 1626. Ce fut en cette (jualité qu'il obtint du parlement la condamnation du jésuite Santarel. Tarin obtint, en 1629 , un brevet de conseiller et de professeur en histoire et géographie, et celui de lecteur royal en éloquence latine. On a de lui : un Eloge du cardinal deGoadi, archevêque do Paris, mort en 1616; une traductiondatine delà Philocalie d'Origène; de l'ouvrage de Zacharie : De Mundi opificio , et un Recueil d'opinions célèbres sur l'âme J quelques pièces de poésie latine sur les événements du temps.

TARISSE (domJEAN-GuÉGOiRE), né en 1575, à Pierre-Rue, près de Cessenon, petite ville du Bas -Languedoc, fut le premier général de la congrégation de Saint -Maur, qu'il gouverna depuis 1630 jusqu'en 1648, année de sa mort. On a de lui des Avis aux supérieurs de sa congrégation , in-I2, 1632. Ils sont d'autant plus judicieux que l'auteur avait connu le fort et le faible de son ordre. Il l'éclaira par ses lumières , et l'édifia par ses exemples. Rien n"égala son zèle pour rétablir les études. 11 eut beaucoup de part îi la publication des constitutions de sa congrégation , imprimées par son ordre en

TAUTAROTTI (Jérôme), littérateur , né l'an 1726, à Roveredo, mort le 16 mai 1761, est surtout connu par un ouvrage sur le sabbat, dont il se proposa de dévoiler rim))osture ; mais, par une co iséquence inexpli cahle, tout en prouvant l'impossibilité du sabbat , il se déclare partisan de la magie. Vainement le comte Carli, à qui l'auteur avait communiqué so i tiavail, lui remontra qu'il n'y avait presque point de différence entre un s >rcieret un magicien ; il repro luisit dans une réplique tous les arguments des fauteurs de la magie pour constater la réalité des oracles, des sjiectres, des possédés, des esprits follets, etc. Le marquis Maffei, qui lui répondit dans son Arte magica dilfguata, Vérone, 1750, in-4", soutint que la magie n'était jamais entrée dans la doctrine de l'Eglise. Cette réponse, qui fut suivie d'un autre ouvrage du même auteur, la Magia annichilata, Vérone, 1754, in-4°, où il s'explique encore plus formellement, ne [lut ébranler

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les opinions de Tartarotti. D'autres écrivains, en asse', grand nombre, prirent part h cette polémique, pour soutetiir ou pour combattre ses id4es. On a de Jérôme Tartarotti : Ramonamenlo intorno alla poe.Ha lirica toscnna, Roveredo, 1728, in-S'; Idcrt dcllu loqica degli scolastici e de' modcrni , ibid., 1731 , in-8". Un certain Valletta ayant attaqué cet écrit, l'autear lui répondit par des 0.^scrvaziôni in difesa moderna filosofia; Dissertât io de origine Ei-.clesiœ Tridentinœ, Venise, 17't.5, iii-'i"; Memorie istoriche intorno alla vita e morte de' santi Sisinio, Martirio ed Alessandro ,

De versione Rujlniana, Del congresso notturno

Véronfi, 174.5, in-k" Trente, 1748, in-i"

délie lammie, con due Dissertnzwm sopra Varie magica, Roveredo, 174-9, in-4°. Un anonyme y répondit ))ardes Animadversionicritiche sopra il nottnrno congresso délie lammie, Venise, 1731, in-4°; Apologia del congresso délie lammie, ibid., 1751, in-i"; Deepiscopatu Sabionensi S. Cassiani mnrtyris, deque S. Ingenuini ejusdem urbis episvopi actis, ibid., 1750, in-4°; Memorie antiche di Rove- »-erfo, ibid., 1734, in-4."; Apologïadelle Memorie antiche di Roveredo , Lucques, 1758, in-i" ; Dell' origine délia chiesa di Aaiiileja , Milan, 1759, in-i" ; La concliisione de' Francescani riformati, Venise, 17()5, iii-S", petit poème burlesque , réim|)rimé dans le recueil suivant : kime sceltr dell' abbaie Tartarotti, Roveredo, 1783, in-8°, avec le portrait de l'auteur, etc.

TASSE (Le) et DANTE. Quoique ces illustres écrivains n'aient pas traité directement des sujets de dogme ou de morale évangélique, comme le caractère de leur poésie est d'être surtout chrétienne, nous avons pensé que nos lecteurs aimeraient à retrouver ici leurs notices, que nous réunissons dans un même article, comme nous avons fait pour Racine et Corneille.— Tasse (Le), ou Torquato Tasso, fds de Bèrnardo Tasso, qui lut lui-môme poète, naquit à Sorrento, ville du royaume de Nazies, le 11 mars 1544, et composa des vers, n'étant encore âgé que de 7 ans. 11 fut envoyé à Padoue pour y étudier le droit, et reçut ses degrés en philosopliie et en théologie. Mais entraîné par l'unpulsion irrésistible du génie, il enfanta, à l'âge de 17 ans, son poëme de Renaud, qui fut comme le précurseur de sa Jérusalem. 11 commença ce dernier ouvrage à l'âge de 22 ans. Après avoir été quelque temps attaché au duc de Ferrare, il vint en France, à l'âge de 27 ans, à la suite du cardinal d'.îst. De retour en Italie, il devint amoureux , à la cour de Ferrare, de la sœur du duc. Cette passion, jointe à divers mécontentements u'il essuya dans cette cour, fut la source e celte humeur mélancolique qui le consuma pend.iiit 20 années. Le reste de sa vie ne fut plus qu'une chaîne de calamités et d'humdiatio.îs. Chagriné par ceux qu'il .^p- Ipelait ses ennemis, plaint, mais négligé, par jceux qu'il croyait être ses amis, il soulfri' [l'exil, la prison, la plus extrême pauvreté, ' 1 faun môme. Il s'enfuit de Ferrare, où le Iprotecleur qu'il avait tant célébré l'avait fait

mettre en prison pour avoir tué une personne en duel. Il alla à pied, couvert de haillons, depuis Ferrare jusqu'à Sorrento, dans le royaume de Naples, trouver une sœur qu'il y avait. Il en espérait quelques secours; mais sa sœur était moi'te, et il fut obligé de retourner à pied à Ferrare, où il fut encore emprisonné. Sa gloire poétique, cette consolation imaginaire dans des malheurs réels, fut attaquée de tous côtés. Le nombre de ses critiques éclii)sa pour un temps sa réputation : il fut presque regardé comme un mauvais poëte. Enfin, après 20 années, son mérite surmonta tout. Il fut appelé ta Rome par Clément VIII, qui, dans une congrégation de cardinaux, avait résolu de lui donner la couronne de laurier et les honneurs du triomphe. Le Tasse fut reçu, à un mille de Rome, par les deux cardinaux neveux, et par un grand nombre de prélats et d'hommes de toutes conditions. On le conduisit à l'audience du pape. « Je désire, lui « dit le pontife, que vous honoriez la cou- « ronne de laurier, qui a honoré jusqu'ici « tous ceux qui l'ont portée. » Les deux cardinaux Aldobrandini, neveux du pape, qui aimaient et admiraient Le Tasse, se chargèrent de l'appareil de ce couronnement. Il devait se faire au Capitole. Le Tasse tomba malade dans le temps de ces préparatifs, et comme si la fortune avait voulu le tromper jusqu'au dernier moment, il mourut la veille du jour destiné à la cérémonie, le 23 avril 1503, à 51 ans, dans le couvent de Saint- Onufre, oii il avait demandé à être transféré. Ses principaux ouvrages sont : la Jérusalem délivrée ou Godefroi, dont la première édition complète parut à Ferrare, en 1581, in-4°. Mirabaud et Le Brun nous en ont donné de bonnes traductions ; le premier en 2 vol. in-12, 1724, et le second en 2 vol. in-12 et iu-8", 1774, plusieurs fois réimprimé. M. A. Mazuy en a donné une nouvelle, avec des tigures en bois et des notes assez détaillées, Paris, 1838, 1 vol. in-8°. Panckoucke et Framery l'ont aussi traduit, 1783, 5 vol. in-S". Parmi les traductions en vers, on distingue colle de M. Baour-Lormian, Paris, 1793, 2 vol. in-4"; 1819, 3 vol. in-8", avec une Notice, par M. Buchon; 1822, 3 vol. in-12, édition ornée de tigures, d'après Colin, préférable d'ailleurs pour le mérite de la traduction, que l'auteur a revue avec beaucoup de soin, en mettant à protit les observations de la critique. La Jérusalem offre autant d'intérêt que de grandeur ; ce poëme est parfaitement bien conduit, presque tout y est lié avec art. L'auteur amène adroitement les aventures ; il distribue sagement les lumières et les ombres. Son style est partout clair et élégant ; et lorsque son sujet demande de l'élévation, la langue italienne prend un nouveau caractère dans ses vers, et se revêt de majes é et de force. L'on y voit à regret quelques idées disparates et gigantesques, le mélange d'idées chrétiennes et ])aieMnes, des jeux de mots et des toueettï puérils. La Jérusalem conquise, Rome, 1593, m-/t"; Renaud, 1362, in-4°, poëme en douze

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chanls, plein de faux brillants, de tours affectés, d'images recherchées. Nous en avons une plate traduction en prose, par le sieur de la Ronce, en 1620, réimprimée sans changement en 162i. Aminte, pastorale dont le style serait classique si elle n'était pleini' d'expressions et de peintures licencieuses. Pequet l'a traduite en prose française, en 173V. Les sept Journées de la création <lu monde, 1607, in-S" ; la Tragédie de Torismond, 1387, in-i", mauvais ouvrage, indigne de l'auteur. Les productions du Tasse ont été imprimées en 6 vol. in-fol., à Florence, en 172i, avec les écrits faits pour et conire sa Jérusalem délivrée. La contestation qui s'était élevée sur la tin du xvi' siècle et au commencement du xvii% entre les partisans du Tasse et ceux de l'Arioste, touchant leur préséance sur le Parnasse italien, semble être entièrement finie. Malgré lejugement des académiciens de la Crusca, le Tasse est aujourd'hui en possession du premier rang sur tous les poètes de sa langue; mais il ne faut pas, comme Balzac, essayer de le mettre a côté de Virgile, ni confondre son clinquant, suivant l'expression un peu dure de Boileau, avec l'or de ce dernier. La Vie de ce poète a été écrite en italien par le marquis Manso, et publiée à Venise, en 1621, par Sérassi. Nous en avons une en français, par deCharnes, Paris, 1690, in-12.— Dante Ali- GHiERi naquit à Florence le 8 mai 1255. Un esprit vif et ardent le .jeta dans l'amour, dans la poésie et dans les factions. Il embrassa le parti gibelin, l'ennemi des papes, ce qui le rendit désagréable à Boniface VIII, et à Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, que ce pontife avait envoyé à Florence, agitée par plusieurs factions, pour y remettre le calme. Dante fut chassé des premiers, sa maison rasée et ses terres pillées. Il se rendit à Vérone avec toute sa famille, et s'en fit exiliM'. Can de la Scale, prince de Vérone, l'aimait et l'estimait. Sa vanité et son imprudence lui firent perdre le crédit dont il jouissait. Un jour qu'il se trouvait dans le palais des Scales, un seigneur, surpris de ce qu'un bouffon recevait beaucoup de caresses de la part des courtisans, lui dit: « Pourquoi un honmie savant et sage tel que « vous n'est-il pas aussi chéri que cet in- « sensé? » Dante répondit : « C'est que cha- « cun chérit son semblable. » Ce bon mot causa sa disgrâce. Après avoir mené une vie inquiète et errante, il mourut pauvre à Ravenne le Ik septembre 1321, à 50 ans, où son caractère remuant et brouillon l'avait fait exiler. Parmi les différents ouvrages de poésie (|u'il nous a lai--sés, le plus célèbre est sa Comédie de l'Enfer, du Purgatoire et du Paradis, partagée en trois actes ou récits. La première édition de ce poëme est de 1472, in-folio; mais les meilleures sont celles de Venise, 1757, 3 vol. in-4°, fig. ; de Rome, 1791, avec les Commentaires du P. Lombardi, 5 vol. in-V", réimprimée en 1813, en k vol. ; de Parme (Bodoni), 1793, 3 vol. in-fol.; et de Milan, 1809, 3 vol. in-foK Grangier l'a traduit en français, Paris, 1395 el 1597, 3

vol. in-12. Il a paru depuis plusieurs autres traductions de VEnfer.h est juste de distinguer celle d'Artaud de Montor, dont les travaux consciencieux ont été fort utiles à des traducteurs plus récents et qui fut imprimée à Paris, 1811-13, 3 vol. in-8° avec figures ; réimpr. en 9 vol. in-.32, ibid., 1828-30; 3' édition en un seul vol., imiirimé en 18i5, par Firmin Didot. Cette version est accompagnée d'une Introduction et de notes trèsutiles pour l'intelligence du texte. Il y a dans cet ouvrage des pensées justes, des images fortes, des saillies ingénieuses, des morceaux brillants et pathétiques; mais l'invention est bizarre , et le choix des personnages qui entrent dans son tableau, fait avec trop peu de goût et sans variété d'attitudes. 11 place dans son Elysée les païens les plus libertins ; et dans l'enfer pro[irement dit, des hommes qui n'ont d'autre tort que de lui déplaire. « C'est un salmigondis, dit « un savant moderne, consistant dans un « mélange de diables et de damnés anciens « et modernes ; d'oij il résulte une espèce « d'avilissement des dogmes sacrés du chris- « tianisme ; aussi jamais écrivain, même ex « professa, antichiétien, n'a contribué plus « que Dante, par cet abus, k jeter du ridi- « cule sur la religion : loin que cet auteur « ait mis dans son ouvrage la dignité, la « gravité et le jugement nécessaires, il n'y a « mis que le bavardage le plus grossier, le « plus digne des esprits de la basse popu- « lace. » A cette opinion de Felier, qui ne peut manquer de paraître d'une sévérité extrême à beaucoup de lecteurs, nous croyons devoir opposer celle de M. Artaud de Montor, l'auteur des Vies des papes Pie VII et Pie VIII, Léon XII, etc., dont le jugement est plus recevable dans le cas dont il s'agit ; « Le poëme de Dante est un tout qui a son « but, ses vues distinctes, ses enchaîne- « ments, ses mystères. Tout cela marche en- « semble, et ne s'arrête jamais. C'est à un « résultat détermnié qu'il faut que le lecteur « se laisse conduire. D'abord l'homme reli- « gieux ne perdra pas son temps et u'expo- « sera pas sa conscience. Ainsi que je l'ai « remarqué dans mes notes, il semble qu'un « théologien austère suit pas à pas Dante « dans ses définitions. On croit voirlefjoëte « se retourner vers cet ami fidèle (je n'en- « tends point parler de Virgile, je parle d'un « théologien consommé, d'un ecclésiastique « dutemtis), on crot entendre le poète lui « dire : Est-ce bien? ai-je manqué à une « injonction catholique? — Allez, allez, ré- « pond le compagnon, instruit de la doctrine «des Pères; allez, vous n'avez pas failli : « les dogmes sont saufs, avec une docilité « comme la vôtre. Et ce religieux, si heu- « reusement consulté, a tenu le même lan- « gage au voyageur, jusqu'au dernier tercet « du/'«?-ad/A-.»On a du poète florentin divers autres ouvrages en vers et en pi'ose, que les Italiens reganlent encore aujourd'hui comme une des premières sources des beautés de leur langue. On ne peut disconvenir, dit encore Felier. qu'il ne s'en trouve dans ses

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poésies ; mais il y règne en général un ton d'indécence et de causticité , qui révolte les honnêtes gens. On a encore de lui : Il convivio, Florence, 1480, in-8% en prose, 1723, in-4.°. Boccace a donné la Vie de Dante, Florence, 1576, in-8°. Artaud de Montor a aussi publié une Histoire de Dante, Paris, 1841, 1 vol. in-8°,orné de 4 gravures et du portrait de Dante. On a publié en 1744, à Vei.ise, in-8°, un traité qu'on attribue à Dante : De monarchia mundi, ouvrage qui n'avait pas enc ire vu le jour. L'auteur s'é- Jève contre les papes, pour flatter les empereurs ; mais la manière dont il parle de leurs ilroits respectifs fait voir assez qu'il n'entend rien ni aux uns ni aux auties

TASSE (Claude La). Voy. Latasse.

TASSIN (Françoise), fondatrice des religieuses du tiers-ordre de Saint-François , naquit à Saint-Omer, en 1381. Ses parents ayant confié son éducation aux bénédictines de Bourbourg , elle y manifesta de bonne heure son goût pour l'a retraite, et le dessein qu'elle avait formé d'entrer chez les sœurs (■larisses, pour s'y dévouer entièrement au service du Seigneur ; mais sa famille s'y étant opposée, elle s'engagea dans l'état de mariage, fut bonne épouse, bonne mère.

Ftant devenue veuve <i l'âge de 33 ans, elle résolut de former, pour les femmes, un établissement, calqué sur la règle de Saint- FrançDis. C'imme elle jouissait d'une grande réputation de prudence et de sagesse, l'évêquo de Saint-Omer et les magistrats n'eurent pas de peine à lui accorder les jiouvoirs nécessaires à l'exécution de son projet. Sa maison fut bientôt divisée en cellules, et la fondatrice, ainsi que deux de ses sœurs, qui vivaient auparavant dans le béguinage d'Aire, et sa tille aînée, qui bientôt fut suivie de la cadette, ne tardèrent pas de remplir les premières de ces cellules. Telle est l'origine du tiers-ordre de Saint-François, qui obtint, en 1630, l'approbation du saint-siége, et avait déjà pris une consistance parfaite dans différentes provinces de l'Allemagne, lorsque Françoise mourut en odeur de sainteté, le 29 décembre 1642.

TASSIN (Uené-Prosper), né h Lanlay, en Normandie, dans le bailliage d'Alençon, l'an 1697, entra dans la congrégation de SaintrUaur, en 1718, et mourut à Paris le 10 septembre 1777. Il a continué la Nouvelle Diplomatique de dom Toustain {voy. ce nom), ouvrage en 6 vol. in-4°, dont les 3 derniers sont de dom Tassin. On a encore de lui : Histoire littéraire de la conijrr(/atioti de Saint-Maur, Paris et Bruxelles, 1770, in-4°. On y trouve la Vie détaillée et la liste des ouvrages imprimés ou mss. des auteurs que cette congrégalion a produits, avec une forte teinte de jansénisme répandue dans toute l'Histoire. Dissertation latine sur les Hymnographes des Grecs, in-4° ; Défense des titres et des droits de l'abbaye de Saint-Ouen, 1734, in-4° ; Notice des manuscrits de la bibliothèque de l'église de Rouen, 1747, in-12; Lettre au cardinal Quirini, en latin, 1744, in-4°.

TASSONI (Alexandre!, né à Modèiie, en

1363, était d'une familie distinguée , mais pauvre ; resté orphelin dès l'enfance, il eut à lutter contre l'adversité jusqu'à ce que, s'étant rendu à Rome, il y trouva un puissant protecteur. Il suivit en Espagne, l'an 1600, le cardinal Ascagne Colonne, en qualité de iiremier secrétaire ; mais ses traits satiriques contre les Espagnols lui firent perdre sa place. 11 se retira à Rome, où il partagea son temps entre la culture des fleurs de son jardin et dos fruits du Parnasse. François l", duc de Mudène, l'appela à son service, et l'honora des titres de gentilhomme ordinaire et do conseiller d'Etat. Tassoni brillait dans cette cour, lorsqu'il mourut en 1635, à 71 ans. Ce poète avait un caractère enjoué et un esprit aimable ; mais il était trop porté à la satire. On a de lui quelques ouvrages. Les principaux sont : un Poème héroï-comique sur la guerre entre les Modénais et les Bolonais, au sujet d'un sceau qui avait été pris, et qu'il intitula: La Secchia rapita. Ce poëme a été traduit en français par Pierre Perrault, 1678, 2 vol. in-12, et par M. Cédols, 1739, 3 vol. in-12. L'une et l'autre version est avec le texte italien. M. Creuzé de Lesser a donné une imitation en vers de la Secchia rapita, à Paris, 1796, 1 vol. in-18, et 1798, 2 vol. in-18; 3' édition, 1812. Ce poëme est un mélange de comique , d'héroïque et de satirique, écrit dans un excellent style, très-intéressant, même instructif, mais où la décence n'est pas toujours respectée ; des Observations stu- Pétrarque, dont quelques-unes sont curieuses; une Histoire ecclésiastique, dans laquelle il contredit souvent Barouiiis, et ordinairement assez mal à propos ; son Testament, plein de turlupinades, déplacées surtout dans un tel ouvrage. Muratori a écrit sa Vie.

TASTE (dom Louis Bernard de La), célèbre bénédictin, né à Bordeaux, en 1692, de parents obscurs, fut élevé dans le monastère des bénédictins de Sainte-Croix de la môme ville. On lui trouva de l'esprit et des vertus, et on le revêtit de l'habit de Saint-Benoit. Devenu jirieur des Blancs-Manteaux, à Paris, il écrivit contre les fameuses convulsions et contre les miracles attribués à Paris. Ceux de ses confrères, qui s'étaient laissé engager dans la défense de ces scènes scandaleuses, lui tirent une guerre très-vive ; mais le roi, informé de son mérite, le nomma, en 1738, évêque de Bethléem, titre d'évêché sans territoire, érigé à Clameci. Dix ans après, il devint visiteur général des carmélites, et s'ap^ [iliqua à guérir ces bonnes filles de l'envie de dogmatiser, que des gens de parti étaient malheureusement parvenus à leur inspirer. Ce prélat mourut à St-Germain-en-Laye, en 1754, à 62 ans. Ses ouvrages sont : Lettres théologiques contre les convulsions et les miracles attribués à Paris, in-4°, 2 vol. Cet ouvrage contient 21 Lettres; la 19' fut, dit-on, suppriméepar arrêt du parlement, et censurée par la Sorbonne, parce que l'auteur attribuait aux démons le pouvoir de faire des miracles bienfaisants et des guérisons miraculeuses. On y trouve des faits curieux et des obser-

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