TAV
valions p(^n>m|)toires contre les farces du cimetii're «Je Saint-Médard. Ces Lettres ne tardèrent pas à être attaquées par les dévots du parti, qui, dans leurs écrits, appelèrent honnêtement l'auteur : « Bote de TAiioca- « h'nse, blasphémateur, mauvaise bête de « l'île de Crète, moine impudent, boufïï d'or- « gueil, écrivain fort'oné, auteur abominable « d'impostures atroces et d'ouvrages mons- « trueux : » Voilà le S'-l délicat qu'on a répandu sur l'ouvragé d'un religieux et d'u'i evêque respectable, qui, aux yeux mémo de la secte, n'a comiuis d'autre crime aue celui de ne pas croire a la vertu miraculeuse de ses saints. Yoy. Paris , Muntgeron. Des Lettres aux carmélites de Saint-Jacque.s, à Paris; une Wfutition des Lettres pucifii/ues.
TATIEN, disciple de saint Justin, après avoir utilement servi l'Eglise, se laissa aveugler par l'orgueil, perdit la foi, enseigna diverses erreurs, et devint chef de la secte des encratites pu contincits, qui condamnaient l'usage du vin, défe.idaient le mariage , adoptaient la distinction des deux dieux de Marcion, et prétendaient que Jésus- Christ n'avait souffert qu'en apparence. Ses talents, joints à l'austérité de ses maximes, donnèrent à sa doctrine beaucoup de réputation. De Mésopotamie elle se répandit dans la Cilicie, dans l'Asie Mineure, à Antioche et même en occident. Tatien était auteur d'une Harmonie des quatre évqnye'listcs, doit la lecture était dangereuse, [jari^e qu'il eu avait supprimé les passages conti'.iires à sa doctrine. Il avait composé d'autres ouvrages ; mais il ne nous resle que son Discours contre les gentils , en faveur des chrétiens ; car la Concorde , qui porte son nom, n'est point de lui, uou plus que les autres écrits qu'on lui attribue. Le Discours se trouve à la tin des Œuvra de saint Justin, Oxford, 1700, et Paris, 1742. Ce Discours a été fait avant sa chute, puisqu'il y démontre qu'il n'y a qu'un Dieu, et qu'il semble y approuver le mariage. 11 y a beaucoup d'érudition piofane, et le style en est élégant, mais dififus et sans nerf, il y montre que les philosophes, surtout les Grecs, avaient emprunté leur science d.s livres de Moïse, qu'ils avaient tiié beaucoup de lumières des Hébreux, et qu'ils en avaient fait un mauvais usage. Voy. Ophion'ée.
ÏATIUS (Acuille), (l'Alexandrie, renonça au paganisme, et devint chrétien et évoque. Nous avons de lui deux ouvrages sur les Phénomènes d'Aratus , traduits par le P. Petau , (^t imprimés en grec et en latin dans VVranologium. On lui attribue encore le roman grec des Amours de Leucippe et de Clitophon, dont Saumaisc a donné une éiition en grec et en latin, avec des notes, Leyde, 1540, in-12, que Baudouin a platement traduit en fran(;ais, en l(i;Ja, in-8", et qui l'a été mieux par du Perron de Castera, 1733, iii-12. Dans le fon I, cet ouvrage ne méritait [)as l'honneur d'une traduction ; il y règne une morale licencieuse; et quant au mérite littéraire, v'tisl une production très-médiocre.
TAULEKE (Jean), dominicain allemand,
brilla dans l'exercice de la chaire et de la direction, surtout à Cologne et à Strasbourg, oij il finit sa vie, le 17 mai 1.361, à 64 ans. On a de lui : un recueil de Sermons, en latin, Cologne, 16!Id, in-4°; des Institutions, Co\ogne, 1587, avec des notes de Surius, 1623, in-V; nue Yie de Jésus-Christ, 1348, in-8°. Ces deux derniers ouvrages sont aussi en latin. Il parut une version française des Institut ions, Paris, 1668, in-t2. On lui attribue un grand nombre d'autres ouvrages ; mais ils paraissent être supposés. La plupart ont été IraJuits de l'allemand en latin par Surius ; on a une édition de cette version, Cologne, 1548, in-foL; Paris, 1623, in-4% et Anvers, 1685. Limis Blosius et Bossuet, quoique un peu prévenus contre les mystiques, estimaient les ouvrages de ce pieux religieux. C'était un homme très-versé dans la direction des consciences et les voies secrètes par lesquelles Dieu conduit quelquefois des àmus privilégiées. Il est impossible de raiipeler aux règles communes tout ce qu'il a écrit sur cette matière. La morale a ses mystères comme le dogme ; ses profondeurs comme toid ce qui tient à la Divinité ; ses exceptions et ses contiT.diclions apparentes comme toutes les sciences, même la géométrie : vouloir la réduire h une exactitu le parfdtement générale, l'atlranihir des modilications dont toutes les nolions divines et humaines sont essentiellement susceptibles, c'est en faire un être de raison. Voy. la réflexion de Gerson à l'article Rusbroch, et la lin de l'article Armelle.
TAYELLI (Jean), religieux de l'ordre des jésuates (Voy. Colombini), évèque de Ferrare, florissait au xv' siècle. Il assista, en 1438, au concile général de Ferrare, poivr la réunion de l'Eglise grecque à l'Eglise latine. Il traduisit la Bible du latin en italien. On a en outre de lui : une Traduction en italien des 33 livres des Morales de saint Grégoire le Graqd, sur Job, 1420; une Traduction, dans la même langue, des sermons de saint Bernard, pour toutes les fêtes de l'année, Venise, 1329, in-fol., et 1338, in-8° ; la Traduction de plusieurs livres de spiritualité pour Polyxène, sœur du pape Eugène IV et mère de Paul II ; une Apologie de l'institut des jésuates, et la Vie du bienheureux Jean Colomhini, fondateur de cet ordre ; Trallalo délia pcrfezione delta vita spirituale, ioSQ. Le P. Paulin-Marie di San Lorenzo , carme déchaussé, a écrit et publié à Mantoue, en 1323, la Vie de ce saint évèque, et a donné unCalalogue de ses ouvrages. 11 mourut en 144G. Après sa mort, une médaille en bronze fut frappée en son honneur.
TAVELLl (Joseph), théologien ilaljei, était né en Italie, à Brest;ia, le 0 octobre 1764. Après avoir fait ses preniières études avec un succès rare, il s'aiîpliqua à la philosophie et soutint des thèses avec éclat, ayant à peine 13 ans accomplis. En noveuJbie 1779, il alla à Pavie et y suivit, .squs d'habiles professeurs, des cours de physique, d'histoire naturelle et de mathématiques. 11 s'y perfectionna dans 1<\ langue grecque, élu-