‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 226 sur 341 · TEN · texte numérisé non relu

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« poussière. Ah! si quelques générations, « que dis-je? si quelques années après votre « mort, vous reveniez, hommes oubliés, au « milieu du monde, vous vous liAteriez de « rentrer dans vos tombeaux, pour ne voir « pas votre nom terni, votre mémoire abo- « lie et votre prévoyance trompée dans vos « amis, dans vos créatures, et plus encore « dans vos héritiers et dans vos enfants. « Est-ce là le fruit du travail dont vous vous « êtes consumés sous le soleil? » Si on lit cette pièce, pleine d'élo pience et de bonne morale, ce chancelier paraît un juste et un grand homme. Si on consulte les Annales de l'abbé de Saint-Pierre, c'est un lâche et dangereux courtisan, un calomniateur adroit ; mais le suffrage de cet abbé est très-suspect à l'égard des hommes qui avaient un peu trop de zèle et de religion à son gré ; on sent bien cju'un ministre, qui a coopéré îi la proscription des sectaires, ne peut être (prini scélérat au jugement d'un philosoplio antichrétien. Voy. la réflexion du P. Bourdaloue sur les éloges et les injures des gens de parti, art. Arnauld (Antoine), et Vincent de Paul. — François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, qui fut ministre de Louis XIV, était son lils , ainsi que l'archevêque de Reims, qui fait l'objet de l'article suivant.

ÏELLIER (Charles-Maurice Le), archevêque de Reims, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit , docteur et proviseur de Sorbonne, conseiller d'Etat ordinaire, etc., né à Turin en 1642, était fils du précédent. Il se distingua par son zèle pour les sciences et pour l'observation de la disciitline ecclésiastique. Il eut des dilfére'ids assez vifs avec les réguliers de son diocèse ; et , en l'endant justice à la pureté de ses vues, on ne peut se dissimuler (pi'il n'ait mis dans ses démarches trop d'ardeur, et quelquefois de l'inconsidération. Son caractère était dur et in[lexil)le, et ses résolutions s'en ressentaient. Il mourut subitement à Paris en 1710, à 68 ans. Il défendit qu'on ouvrit son corps, et qu'on lui fit aucune oraison funèbre. II laissa aux chanoines réguliers de l'abbaye de Sainte -Geneviève de Paris sa i)el!e bibliothèque composée de cinquante mille volumes.

TELLIER (.Michel Le), jésuite , né près de Vire, en Rasse-Normandie , l'an 1G43, professa avec succès les humanités et la philosophie. Il était provincial de la province de Paris, lorsque le P. de la Chaise, confesseur du roi , mourut. Il fut nommé pour le rem])iacer. C'était un homme ardent, inflexible, et surtout décidé à contribuer, autiuit qu'il dépendait de lui, à terminer les malheureuses querelles qui affligeaient l'Eglise de France. On lui attribue la première idée du stratagème de Douai, correspotidance déguisée, qui servit à dévoiler les secrets du parti, mais qui n'était pas trop d'accord avec la simplicité chrétienne. Il s"(>[)pusa avec force à l'humeur dogmatisante du P. Quesnel, se déclara pour la bulle Uniyenitus, et engagea Louis XIV à la maintenir par son autorité. On sent bien qu'après cela les jan-

sénistes ne l'ont pas épargné, et qu'il serait difficile d'ajouter aux atrocités qu'ils en ont racontées. Presque tous les faiseurs de mémoires historiques les ont copiées, et n'ont répété que ce qu'ils avaient appris dans Saint-Simon, Dorsanne et Viilefore, quoiqu'on trouve dans leurs récits des anacnronismes et des faussetés évidentes. Son zèle fut cependant plus actif qu'efficace ; la charrue que le roi fit passer sur les ruines de Port-Royal ne ruina pas le parti, qui continua d'agiter l'Eglise et l'Etat. Ses menées plus sourdes, mais plus libres depuis la destruction des jésuites, ou plutôt depuis que l'indifférence en matière de religion a fait perdre de vue les "causes qui la troublent; son existence couverte enfin de l'idée de fantôme, sous laquelle il a toujours voulu être envisagé; les progrès étonnants, et pour ainsi dire subits, qu'il a faits dans des pays où son nom était à peine connu, etc., ont produit et préparent encore des événements dont la plupart des spectateurs, et même des acteurs, ne soupçonnent pas le principe. Nous écrivions cela en 1784, dit Feller. F. Filleau, Jansenius, Marandé, Montgeron, Paris, Ri- CHER, Roche (Jacques), Verger. Après la mort de Louis XIV, son confesseur fut exilé à Amiens, puis à La Flèche, où il mourut en 1719, à 76 ans. Ce jésuite était très-instruit, il était membre de l'académie des belleslettres. On a de lui plusieurs ouvrages : une Edition de Quinte-Curce, à l'usage du Dauphin, m-k°, iCilS ; Défense des nouveaux chrétiens et des missionnaires de la Chine, du Japon et des Indes, in-12. Ce livre fut attaqué par Arnauld, et censuré à Rome à cause du peu de ménagement que l'auteur avait ou pour des adversaires respectables, et des sorties trop violentes qu'il s'était cru permises contre les détracteurs des nouvelles chrétientés. Observations sur la nouvelle Défense de la version française du Nouveau Testament, imprimées à Mons et à Rouen, 168i, in-S", solides et savantes. Le fameux Arnauld y était attaqué personnellement d'une manière cjui lui devait être bien sensible ; cependant, lui qui répondait à tout, n'y répliqua point; son silence parut étrange, et les raisons qu'il en donna ensuite dans le IIP tome de la Morale pratique, satisfirent peu de gens, au rapport île Bayle. Plusieurs écrits polémi([ues.

TELLIER (dom François Le), de Bellefonds, religieux bénédictin, prieur de Gassicourt, docteur et professeur en théologie et chevalier de l'ordre royal et militaire de la Croix, vivait sur la fin du xvn" siècle et au commencement 'lu xviir. C'était un médiocre prédicateur. 11 fit imprimer une Octave des morts, et des Sermons pour les trois derniers jours du carnaval, Lyon, 1695 , in-8" ; des Panéqijriques pour les principales fêles de l'année, 1699, 4 vol. in-12 ; des Sermons sur les 7nystèrcs de Notre-Seiyneur, Bruxelles, 1702, in-12.

TENA (Louis), de Cadix, docteur et chanoine d'Alcala, puis évoque de Tortose, mourut en 1622. On a de lui : des Commentaires

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