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Les trois tomes ouvrent le Cours complet de Patrologie, dont ils forment les tomes I", II et III.
TESCHENMACHER (Garnier), né dans le duché de Berg à Elverfeld, fut ministre calviniste à Santen et à Clèves, et mourut à Wesel en 1638. Le principal de ses ouvrages est : Annules des duchés de Clèves , Juliers, Berg et pai/s circoiwoisins , en latin, Arnheiui , 1638, in-fol. Chaque partie de ces Annules est précédée d'une description ^éographique de la province dont il lait l'histoire : Juste-Christophe Ditniar en a donné une édition, Francfort et Leipzig, 1721, in-fol. Elle est enrichie d'une carte qui représente le pays tel qu'il était au moyen Age, de diplômes et de notes savantes, qui valent quelquefois des dissertations ; telle est celle qui regarde l'origine et la succession des ducs de; Limbourg, page iSO. Jean- Thomas Brosius attaqua les Annales de 'l'escheninacher dans un livre qui porte le même titre. Teschenmacher a encore laissé quelques ouvrages de théologie, conformes aux préjugés de la religio i qu'il suivait.
TESTEFORT (Jean), religieux de l'ordre de Sainl-Domini((ue, né à Lyon, vei's 1595, et profès d'un couvent de cette ville, vint faire ses études de théologie à Paris, dans la maison de son ordre de la run Saint-Jacques, agrégée à l'université. 11 était bachelier en licence en 1626. Soutenant la thèse nommée majeure ordinaire , sous la présidence du docteur Isaac Habert, de la Sorbonne , et depuis évoque ne 'V'abres, il y défendit une proposition où lu recteur de l'université crut apercevoir quelque chose de favorrible aux prétentions ultramontaines, sur le pouvoir des princes. Voici cette proposition : Merito dixeris sacram Scripturani eam esse quœ partim bibiiis sacris, partim epistolis decrctalihus summoruin pontifirum quatenus explicant sacram Scripturani, partim sacris cunciliis continetur. On venait de condamner le livre du jésuite Santarel à être brûlé. Voij. Santarel. Quoiqu'il n'appartînt pas à la faculté de théologie, le recteur crut de son devoir de s'élever contre la thèse du dominicain : en conséquence , il la déféra dans une assemblée des trois autres facultés, et y fit rendre un décret par lequel le frère Testefort était condamné à l'improuver et <i venir rétracter sa proposition, sous peine d'interdit i)erpétuel. Le clergé de France, alors réuni en assemblée générale, trouva que ce n'était point à des grannnairiens, à des médecins, ni même à des jurisconsultes qu'appai tenait ia censure tl'une proposition de théologie. Sur ses instances , il intervint une dixiaration du roi, du 13 décembre 1626, qui annula le décret, défenJant au recteur et à tous auires d'en poursuivre l'exécution. Le parlement voulut prendre part à celte nouvelle querelle; mais le roi lui imposa silence. Le P. Testefort continua sa licence pendant l'année 1627 jusqu'au mois de novembre, où, se voyant l'objet de nouvelles jxiursuites, il prit le parti de se retirer dans son couvent de Lyon. Le chapitre général
de son ordre, tenu à Rome, en 1629, le dédommagea du doctorat qu'il n'avait pu obtenir, en lui conférant, avec le titre de maitre en théologie, la faculté d'enseigner. Il professa i)ubliquement la philosophie et la théologie à Lyon jusqu'en 16ii. , époque à laquelle il mourut à l'Age de 49 ans. On a de lui : les Roses du chapelet envoyées du paradis pour être jointes à nos fleurs du lys, marque du bonheur de notre France et de celui des fidèles, Paris, 1621, in-8" de 375 pages ; Philosophiœ thomisticœ versibus concinnatw, pars prima complectens dialecticam, logicam et physicam elaboratas, imprimée aux frais de ses disciples, Lyon, 1634, in-16, de 235 pages. Il se proposait de traiter de la métaphysique et de la morale sous la môme forme. On ignore s'il a réalisé ce projet. Le Chemin de la perfection, ou le Miroir des mœurs célestes et divines ; traduction d'un opuscule de saint Thomas d'Aquin , avec quantité d'additions. L'ouvrage était prêt pour la presse, l'auteur avait obtenu le privilège; mois on ne sait point si l'ouvrage a été imprimé.
TESTU (Jacques) , aumônier et prédicateur du roi, reçu à l'académie française en 1665, poète français, mourut en 17C6. Il a mis on vers les plus beaux endroits de l'Ecriture et des Pères, sous le titre de Stances chrétiennes, in-12, 1703. Il a fait aussi diverses autres Poésies chrétiennes , dont le style est assez faible. L'abbé Testu s'était d'abord consacré à la chaire ; mais la faiblesse de sa santé l'obligea de quitter la prédication. Il avait ruinci son tempérament dans une retraite qti'il fit avec de Rancé, le réformateur de la Trappe. Les gens du monde ne l'aimaient pas ; sa morale leur |)araissait incommode ; ils l'appelaient, Testu, Tais-toi. On trouve son Eloge par d'Alembert, dans l'Histoire des membres de l'acudémie française, lom. Il, p. 335-346.
TETZEL (Jea!m), religieux dominicain, et inquisiteur de la foi, né vers 1470, à Pirna sur l'Elbe, fut choisi par les chevaliers teutoniques pour prêcher les indulgences qu'ils avaient obtenues pour la gueire contre l(^s Moscovites. Il s'acquitta fort bien de cette commission. Quelque temps après, l'archevêque de Ma,yence , nommé par le pape Léon X pour i'aire publier les indulgences, l'an 1517, donna cette commission au P. Tetzel, qui s'associa à cet enjploi les religieux de son ordre. Ils exagéraient, dit-on, la vertu des indulgences en persuadant au peuple ignorant «qu'on était assuré d'aller au ciel, « aussitôt qu'on aurait payé l'argent néces- « saire pour les gagner. » Il se peut qu'on exagère aussi dans les reproches qu'on leur fait ; mais on ne peut guère douter qu'il n'y ait eu des abus, tels qu'il s'en glisse dans les meilleures choses. Jean Staupitz , vicaire général des Augustins, fAché de ce que la publication des indulgences n'avait pas été confiée à son ordre, chargea ses religieux do prêcher contre le dominicain. Luther choisit cette occasion pour mettre au grand jour les erreurs de Jean Huss, dont il était infecté.
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Il srmlint do>^ thèses auxquelles Tetzei opposa ilaudes llièses. Il lit ensuite des réponses au\ reproehes et aux objectii)ns de Luther. Charles Miltitz, nonce du pape auprès du duc de Saxe, a;, aiil reproché à Tetzel qu'il était en partie la cause des désastres de l'Allemayne, ce religieux en mourut de chagrin, l'an 1519. C'était, à quelques considérations prés, un homme sage, savant et estimable. S'il est vrai, comme on n'en peut douter, que Luther n'attendait (jue le moment d'éclater et de former sa secte, le reproche du nonce n'était pas tout à faii exact. Tetzel avait été plutôt l'occasion que la cause des malheurs de l'Allemagne. Le nonce avait espéré de gagner Luther en maltraitant son premier adversaire ; mais il connaissait peu le génie des sectaires, et ses espérances ne tardèrent pas à s'évanouir.
TLXIER (Claude), jésuite, né en Poitou en 1610, entra, en 1628, dans la société. Après avoir enseigné penilant 5 ans les humanités et la rhétorique, et avoir prononcé 1< s quatre vœux, il se voua à la dii ection des consciences et à la prédication. Il fut en même temps recteur des collèges de Limoges, de Poitiers, de la maison professe de Bordeaux, et enfin provincial d'Aquitaine. Il prèclia le carême de 1661 devant Louis XIV. On a de lui : L'impie malheureux, ou les trois malédictions du, pécheur, préchées pendant l'avenl, Paris, 1673 et lt)78, in-8°. Il y en a une traduction latine imprimée en Allemagne, 1695, in-i". Sermons pour tous les jours du carême, Paris, 1675, i vol. in-8° ; Octaves du Saint-Sacrement et de la Croix, Paris, 1676, in-8" ; Sermons sur les mystères de la vie de yotre-Seiijneur et de la sainte Vierge, et sur les autres mystères de notre religion, Paris, 1677, 2 vol. in-S" ; Panégyrique des saints, Pai'is, 1678, 2 vol. in-8°; Sermons pour les dimanches, Paris, 1678 , 2 vol. in-8' ; Conduite spirituelle pour la retraite, Paris, 167S, in-12. Le P. Texier avait la métliode, suivant les prédicateurs de son temps, de [irouver la première partie de Sun discours par l'autorité de l'Eciiture ; la seconde , par les sentiments des Pères ; la troisième, par des raisonnements. Ses sermons sont bons à consulter, mais ils ne )jeuvent seivir de modèle. 11 mourut dans la maison professe de Bordeaux le 2i avril 1687, âgé de 77 ans. — M. l'abbé Aligne a donné un choix des Sennons du P. Texier dans sa collection des Orateurs sacrés. Voyez la thi de l'aiticle Séwllt iJean-François).
TliVSSEYKKli (l'abbé A^toixe-Jérôme- Pail-Emu.e), naquit à llienoble, le 13 avril 17-5, d'une famille considérée. Après avoir fait ses éludes à l'école centrale de Grenoble, il fut mis [)ar ses parenls à l'école j^olytechniquf; , où il se lit remarquer par son application h l'élude et par son excellente conduite. Il [lassa de là à l'école des ponts et chaussées , d'où il sortit avec le brevet d'ingénieur, et l'emjjloi de l'épf'diteur à l'école [lùlylechnique. Sa vocation le portant au service des autels, il quitta la carrière à laquelle on le destinait, entra un séminaire lie Suiut-Sulpice, et y lit de nqiides inogiès
dans les sciences ecclésiastiques. Ayant reçu les ordres en 1811, il s'altaclia à la congrégation de Saint-Sulpice, et fut chargé de catéchiser les enfants, fonctions auxquelles il se rendait fort propre par sa douceur et ses manières atî'eclueuses. Il eut une grande part à la rédaction d'un Catéchisme de persévérance. S'apercevant que le nombre des prêtres n'était pas en proportion des besoins, il entreprit, en 1814, de fonder une communauté où l'on pût recevoir et élever gratuitement les jeunes enfants de it à 12 ans, qui annonceraient des dispositions pour l'état ecclésiastique , et quoiqu'il n'eût d'autres ressources que son zèle et sa confiance dans la charité des personnes pieuses, il parvint, en peu d'années, à former une maison assez nombreuse et florissante. Il fut interrompu dans ses pieux travaux par une maladie aiguë qui, en six jours, enleva à l'Eglise un de ses plus zélés ministres : l'abbé Teysseyrre mourut le 23 août 1818, à peine âgé de 33 ans.
THADÉE. Voy. Jcde (saini).
thaïs, est le nom d'une courtisane d'Egypte, que saint Paphnuce, anachorète de la Thébaïde, ariacha aux charmes séducteurs du monde, et qui lit de ses égarements une longue et sincère pénitence. On dit que, pendant plusieurs années, elle ne prononça d'autre prière que celle-ci : Qui plasmasti me, miserere met 1 Vous qui m'avez créée, ayez pitié de moi !
THALLUS, a écrit des Histoires syriennes, dont les anciens ont parlé avec éloge ; elles ne sont pas parvenues jusqu'à nous, et nous ne les connaissons que par les passages ({ue saint Justin martyr, Terlullien , Minutius- Félix, Eusèbe, etc., en ont cités. On a remarqué que cet auleur était parfaitement d'accord avec Phlégon, en ce qui regarde les ténèbres arrivées à la mort de Jésus-Christ. Voy. Phlégon".
l'HAMAR. Chananéenne, épousa, vers l'an du monde 2350, Her, flls aîné de Juda, qui mourut subitement, ainsi que son second époux, Onan. {Voy ce nom.) Juda. craignant le même sort pour Sela, son troisième fils, difl'érait toujours de lui laisser épouser la veuve de ses deux frères , quoiqu'il l'eût promis. Ce refus chagrina Thamar : elle se voila le visage, s'habilla en courtisane, alla attendre Juda sur le grand chemin, et eut commerce avec lui. Quelque temps après, sa grossesse ayant éclaté, elle fut condamnée à la ni' rt pour avoir niauqué de Udélilé au mari (lu'i.'lle attendait ; mais ayant représenté à Juda les bracelets qu'elle en avait obtenus pour gage de son amour, ce pa triarche, étonné et repentant de lui avoir refusé son fils Sela, fit casser l'arrêt de sa condamnation. Elle accoucha ensuite de deux jumeaux. Phares et Zara. Elle est nommée avec ses deux enfants dans la généalogie du Sauveur, ainsi que trois auli'es femmes qui n'étaient pas sans reproche ; ce qui prouve, d'un coté, la sincéiité des évangélistes, et de l'autre, les vues niiséricordienses et pleines d'instruction du Sauveur des hommes, qui,
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se réduisant à la condition des pécheurs pour le salut de tous, ne refusa pas d'eu tlescen Jre. C'est l'observation do saint Jérôme : Notandum in (jcnenloqia Salvaloris nullam sanriarum assuini muUcrum , scd cas quaa Scriptura reprehmdit : ut fini propler pcccatores venerat, de peccatorihus nasccns, omnium pcccata dehrct : unde et in consequeniibus Rath Moahitis ponilur, et Bethsabcc , uxor Uri(v.
THAMAR , fille do David et de Maacha. Ananon, son frère, conçut une vinlenle passion pour elle; et, désespérant de* pouvoir la satisfaire, il fei;^nit d'être malade. Sa sœur Thamar vint le voir, et Aiunon profita d'un moment oii ils se trouvèrent seuls pour lui faire violence. Ce misérable la chassa ensuite honteusement, l'an 1032 avant Jésus- Christ. Absalon Ut tuer Auuion pendant un grand i'eslin, pour venger l'aiTront fait à sa sœur. (II Reg. xiii.)
THÀMER (Théobald), théologien allemand, originaire de Rosheim, petite ville de la basse Alsace, combattit avec beaucoup de vivacité et de jjorsislance les opinions de Luther et de Mélanchihon, qui tous les deux avaient été ses maîtres à Wittenberg, touchant le dogme de la présence réelle et la justitication. Thamcr était protestant; mais ses longues lutles contre leurs erreurs lui avaient mérité la recommandation du provincial des carmes de Bruxelles auprès de l'électeur de M lyence, qui le nomma second prédieateur à l'église catholique de Saint- Barthélemi à Francfort. Bien qu'il continuât de combattre vigoureusement le protestantisme, comme il paraissait avoir conservé quelques erreurs fondamentales de la réforme, il ne conserva pas longtemps cette place. Il eut de nouvelles conférences avec Mélanchthon à Wittenberg, Daniel dreser à Dresde, et Erlard Gnepf à léna, puis il se rendit à Rome, où il resta une année. Nommé prédicateur à Mayence, il eut encore de vifs démêlés avec les autres pasteurs ; il se réfugia à Mayence, où il rentra dans le sein de l'Eglise catholique, et j)ublia, en 15G2, sa justification. Envoyé >\ Fribourg pour y professer la théologie , ïhamer mourut dans cette ville en 1569. 11 avait publié quelques ouvrages, qui sont à peu [)rès oubliés aujourd'hui. H.-O. Dreysing a écrit sa Vie, qui se trouve dans le Marburger-anzeiyen , de l'année 1770.
THARACA, roi d'Ethiopie et d'Egypte, vint au secours d'Ezéchias et de la ville de Jérusalem, assiégée par Sennachérib, comme l'on voit au IV' liv. des Rois, chap. xix. Ce secours néanmoins devint inutile par celui que le Seigneur apporta aux assiégés, d'une manière prompte et miraculeuse. C'est tout ce qu'on sait de Tharaca : ce que Vllistoire profane en raconte n'est qu'un tissu de fables. Strabon l'appelle Théracon.
THARÉ, fils de Nachor et père d'Abraham, de Nachor et d'Aram, demeurait h Ur, en Chaldée, et il en sortit avec son fils Abraham pour aller à Haran, ville de MésojiOtamie j il mourut âgé de 205 ans. Les chrono-
logistes, qui ont trouvé de la difficulté à coiirilier l'année de la naissance d'Abraham (G'^ii. XI, 26) avec l'âge qu'il avait lorsqu'il reçut l'ordre de quitter son pays {Gen. xii, 4), n'ont pas distingué les deux missions, clairement exprimées dans les Actes des apôtres ( vu, 4 ) ; voy. le Rationarium temporum du P. Petau, pars, ii, lib. ii, cap. 2. Cependant ([uelques auteurs pensent qu'Abrahmu est né la l.'W année de Tharé, et que lorsque l'Ecriture sainte dit que Tharé engendra ses trois fils à 70 ans [Gen. xi, 26), elle marque précisément l'époque où il commença d'avoir des enfants , et qu'Abraham n'est nommé le premier qu'à raison de sa dignité de patriarche et de son importance dans l'histoire sainte ; de môme que Sem est nommé le premier des trois fils de Noé {Gen. V, 31), quoiqu'il soit certain d'ailleurs que l'aîné est Japh-t. L'Ecriture dit que Tharé adorait des dirux étrangers, lorsqu'il habitait dans la Chaldée (/oswe, xxiv, 2) ; mais par les instances et l'exemple de son fils Abraham , il renonça à ses superstitions, |)our adorer le vrai Dieu. 11 est apparent (luc la religion de Tharé était le sabéisme ou l'adoration des étoiles ; culte très-répandu dans cette contrée de l'Asie. Maimonide en parle fort amplement, et prétend qu'Abraham luimême tut élevé dans cette doctrine, mais qu'il la combattit par des raisons aussi simples que péremptoires. Le livre de la Sagesse parle aussi de cette ancienne erreur, et regarde ses partisans comme plus excusables que ceux qui adorent les ouvrages des hommes (Snp. xin). Les compilateurs de la nouvelle Histoire universelle altérant à leur ordinaire l'histoire sainte, ont confondu Tharé avec Laban , et ont attribué à celui-là les idoles de celui-ci. {Voy. \eJourn. Iiist. etlitt., 15 février 1781, p. 200.)
THARIN (CLALDE-i\lARiE-PAui. ) , aucien évêquo de Strasbourg, né le 2''i- octobre 1787, montra dès sa jeunesse les seitimonts de la plus vive piété. Lorsque le culte eut été rétabli, le jeune Thaiin i ntia au séminaire , où il se distingua par sa bonne conduite et son aptitude pour l'étude. Après qu'il eut reçu les ordres , il se livra à la prédication, et obtint dans la chaire chrétienne des succès dus surtout à une éloquence douce et persuasive qui pénétrait les cœurs, et leur faisait aimer la vertu. A la même époque il jniblia un ouvrage sur ['Eloquence de la chaire, plein daperçiis neufs et ingénieux. Nommé d'abord vicaire général de Besancon, il fut promu, en 1823, à l'évêché de Strasbourg. Son zèle pour la défense de la religion ne tarda pas à se montrer, et dans plusieurs Mandements il vengea l'Eglise des attaques de l'incrédulité. Au mois de janvier 1826, l'évêque de Strasbourg fut désigné par le roi pour être le précepteur du jeune duc de Bordeaux : cette nomination fut l'objet des critiques les plus vives de la part des journaux de l'opposition. I! adhéra à la déclaration par laquelle plus de cinquante archevêques et évêques crurent devoir témoigner publiquement de leur attachement aui^
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liberli'S iJe l'Egliso gallicane. Un an s'était à peine écoulé depuis que Mgr Tharin avait été appelé aux fonctions de précepteur du jeune prince , que sa santé, altérée par les travaux auxquels il se livrait, le mit dans la nécessité de solliciter un congé pour faire un voyage en Italie. Le 13 féviier 1827, il partit pour Nice, et il ne revint à Paris ipie pour être témoin, en 1830, de la chute du roi Charles X et de sa famille. Mgr Tharin, qui avait donné sa démission d'évêque de Strasbourg, vécut dès lors dans la retraite ; il mourut h Paris chez Mgr de Forbin-Jansou son ami, le 14 janvier 1843.
THAULÈRE. Yoij. Taulère.
THÈCLE (sainte), vierge, et selon la plus commune opinion, martyre, fut un des beaux ornements du siècle des apùtres. Nous n'avons point d'Actes authentiques de cette sainte , comme l'a prouvé le P. Stilting {Acta sanctorum, tom. 'VI, sept., p. 5i7j. Saint Jérôme rapporte, d'après Tertullien, qu'un prêtre, nommé Jean, fut déposé pour avoir fabriqué de faux Actes de saint Paul et de sainte Thècle, et le pape Gélase condaunia un livre rjui portait ce nom. Basile de Séleucie a publié une Vie de cette sainte dans le V siècle ; mais Tillemoiit prouve qu'il a puisé ses matériaux dans des sources peu sûres. Métaphraste a aussi donné une Vie de cette sainte ; mais tout ce qu'il en rapporte est bien éloigné d'être authentique. Quoi ciu'il en soit, les Pères des premiers siècles en ont fait une mention très-honorable, et l'on ne doit pas refuser de croire en général les miracles qu'ils en rapportent. Les principales circonstances de' la vie de cette sainte ont été recueillies des écrits des saints Pères , par Tillemont, tom. II, p. 60. On connaît les beaux vers de saint Grégoire de Nazianze, traduits ainsi en latin :
Quis Theclam necis eripuit tlanuiiaM]iie periclo ? Qiiis validos uiigues viiixil rabiemqut; feiarum ? Virginitas. 0 les oiimi mirabilis ;evo ! Virgiiiilas l'ulvos pouiil supiie leoiies : Dente nec inipuro generosos Viigiiiis arlus Ausi suiU pieiiieie, et rigido discerpere luorsu.
— Il ne faut pas la confondre avec sainte Thècle, qui soulfrit le martyre avec Timothée et Agape, à Gaza, en Palestine, l'an 304. THEGANUS, chorévôque de Trêves (1) , sous Louis le Débonnaire, écrivit l'Histoire de ce prince, auprès du(|uel il avait beaucoup de crédit. Pierre Pithou l'a |)abliée dans le corps des auteurs de l'Histoire de France. On la trouve aussi dans la liibliotheca de Lambecius.
(1) On a beaucoup dispute sur la signification de chorévéque, et la place (pie tenaient dans l'cgiise ceux qui étaient revêtus de ce titre. Il parait ccrlain que c'était ce que nous appelons aujourd'hui h'équc sufl'r(i(j<uil : non pas suHiagant ou dépendant d un DlL'Iropolilain, et ayant bii-nieme son diocèse propre, mais suffragâut, lieulenaul ou coopératenr d'un aulre évècpie", dont il remplissait les fonctions, surtout dans les campagnes et endioils éloignés de la ville! épiscopale. Quelques-uns confondent les eliorévi-ques avec les cvèques régionnaires ; mais il parait que ceux-ci n'étaient attaches à aucun diocèse, ni dépendants d'aucun évêque principal ; «pie
THEGLATH-PHALASAR, roi des Assyriens, succéda à PhuI, l'an 747 avant Jésus- Christ. Achaz, roi des Juifs, se voyant assiégé dans Jérusalem par Razin, roi de Syrie, et Phacée, roi d'Israël, envoya tout l'or et tout l'argent qui se trouva dans le trésor du temple, à Théglath-Phalasar, pour l'engager à venir à son secours. Le monarque assyrien marcha aussitôt contre Razin, le tua, ruina Damas ; mais il n'épargna pas davantage le roi des Juifs. Il ravagea son pays, et l'obligea de lui payer animellemenl un tribut considérable. thcg'a.h-Phalasar prit aussi la jliupart des villes de Galilée, et emmena en captivité les tribus de Nephtali, de Gad, de Rubeii,et la demi-tribu de Manassé. 11 mourut à Ninive, l'an 7-28 avant Jésus- Christ, après un règne de vingt ans. Satmanasar, son tils, lui succéda [IV Reg. xvi.)
THÉMINES ( Alexandre- Fra!sçois-Amédée-Anne-Louis-Joseph de Lauzières de),
évoque de Blois, avant la révolution, était né à Montpellier le 13 janvier 1742, et fut d'abord auinônier de Louis XVI, qui l'élva à la dignité épiscopale, à l'âge de 34 ans. Appelé, en 1790, avec les autres prélats de l'Eglise de France, à prêter serment k la constitution civile du clergé, l'abbé de Thémines refusa ce serment, étnigra depuis en Savoie, en Espagne et en Angleterre. En 180i, il signa la protestation des évoques réfugiés contre le concordat, et refusa sa démission, que le souverain pontife lui avait deiuandée par un bref. Un livre, publié à Londres à cette époque sur le gouvernement de fait, lui fut attribué, non sans quelque raison. Ce qu'il y a de sitr du moins, c'est que toutes les tentatives des évoques orthoduxes pour le ramener à d'autres sentiments demeurèrent infructueuses. Il refusa également (le rentrer en France en 1814, et mourut à Bruxelles, le 3 novembre 1829. On a de Thémines : Projet de lettre commune de l'Eglise gallicane aux fidèles dispersés. Après un avertissement de quatre pages, on trouve cette lettre sous le titre suivant : Lettre apostoliijue des évêques de l'Eglise gallicane. L'évêque de Blois ayant demandé aux autres évoques de France qui étaient alors à Londres, au nombre de quatorze, la permission de ]iub!ier sous leur nom celte lettre apostolique, ils ne voulurent pas y consentir. Alors l'évêque la lit imprimer sous ce double titre, dont l'un est contraire à l'autre : Projet de lettre commune, etc.; Lettre apostolique, etc. Le livre en faveur du gouvernement de fait, dont il a été question plus haut, consiste en cinq lettres adressées à Bonajiartc, à M. de Talleyrand, au pape, au président du concile de 1811, enfin au clergé et aux liuèles de Blois. Dans la letlre à Bonaparte, datée de Londres, 14 juin 1811, l'abbé de Thémines jjrotcste contre le concordat cîe 1801, et revendique ses droits d'administrateur de la mét-rooole de Blois.
(•"étaient des missionnaires et ouvriers évangéliqiies, ayant le caractère èpiscopal, et la juridiction selon "exigence des lieux et des circonstances.
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THEMISTIUS, fameux philosophe, était originaire de Paplilagonie. Son père, pliilosojiiie lui-môme, Teiivoya de bonne heure dans un petit pays, auprès chi Ponl-Euxin, oiî il étudia l'éloquence sous un habile maître. 11 y fit de si grands progrès, qu'on lui donna le surnom de beau parleur. Il alla à Constantinople , oii il enseigna la philosophie avec beaucoup d'applaudissements.
Constance le fit sénateur de celle ville, et quatre ans après, il lui érigea une statue. Theuiistius se rendit à Rome en 376 ; mais comme cette ville n'était plus que la seconde de l'empire, par une vanité ridicule, mais si ordinaire aux philosophes, il ne voulut point y demeurer, quelques otl'res qu'on lui fit. "Théodose le Grand le fit préfet de Constantino|>le, l'an 38k. Il était jtaïen, mais sans fanatisme, et il fut lié avec saint Grégoire de Nazianze. On ignore les autres circonstances de sa vie, ainsi que l'année de sa mort. Dès sa jeunesse il composa des Noies sur la Philosophie de Platon et d'Aristote, et cet ouvragf fut fort goilté. Ce qu'il avait fait sur Aristote parut à Venise, 1570 et 1587, in-fol.; et Stohéeciteun passage de son livre sur V immortalité de l'âme. Il nous reste encore de lui 33 Diseours grecs, qui sont pleuis de dignité et de force. 11 ose remontrer, dans un de ses Discours à l'empereur Valens, prince qui, étant arien, persécutait les orthodoxes, qu'il ne fallait pas s'étonner de la diversité des sentiments parmi les chrétiens, puisqu'elle n'était rien en comparaison de cette multitude d'opinions qui régnaient chez les Grecs, c'est-à-dii-e chez les (Kiïens. Il y a un raisonnement [)lus simple : c'était de se tenir, suivant l'expression d'un autre païen ( Annnien-Marcellin ), à la doctrine delà grande Eglise. Dans ses autres Discours, Themistius prodigue inoins l'encens aux princes de son temps, que les autres déclamaleurs ; il leur nonne souvent des leçons de sagesse. Nous avons doux éditions de SCS Discours, l'une par le P. Petau, et l'autre par le P. Hardouin : celle-ci parut en grec et en latin an Louvre, en 1684, infolio. Le célèbre abbé Mai, conservateur de la Bililiothèquc ambrosienne de Milan, a publié, en 1816, inie édition De Themistii Plauti et Isn-i opéra, un seul volume. Dans la même année il donna au public un Discours inédit du même auteur.
THEODAS et THEUDAS : ce sont les noms de deux imposteurs qui voulurent chacun se faire passer t>our le Messie. L'un fut pris par Saturnin, gouverneur de Syrie sous l'empereur Auguste; et l'autre, par Cus[)ius Fadus, préposé au même gouvernement sous Claude. 11 est parlé du premier au chapitre 5' (les Actes des apôtres.
THEODORA, dame romaine, moins célèbre par sa beauté que par sa lubricité et par ses crimes. Elle était si puissante à Rome, vers l'an 908, qu'elle occupait le château Saint-Ange, et avait sur l'élection des papes une inlliience funeste. Sa fille Marosie se fit une célébr té de même genre. Scandale allUgeant, mais passager, qui ne déroge point h DicT. DE Biographie rf.i.ig. 111.
l'honneilr de la chaire pontificale, et n'offre qu'un léger nuage dans une longue succession de lumières et de vertus. Voij. Alkxax DUE VI, Jean XII, Vigile.
THEODORE de Mopsleste, né vers -l'an 350, à Antioche, de parents qui tenaient un rang distingué dans la Syrie, embrassa la vie monastique; mais il rentra dans le monde pour se marier. Saint Clirysostome. cjui l'aimait tcndremeni, lui adressa deux Exhortations, pour le ramener à son devoir, et il eut la consolation d'y réussir. ( Ces Exhortations se trouvent dans Je premier volume de ses OEuvres, édition des bénédictins.) Théodore, élevé sur le siège de Mopsueste, ville de Cilicie, eu 3M, ne tarda pas h donner dans l'erreur. 11 mourut l'an 4-28. On peut le regarder comme le premier auteur de l'hérésie qui distingua deux personnes en Jésus-Christ. Quand on étudie ses ouvrages, on voit qu'il avait dans l'es rit le principe qu'ont eu depuis les sociniens, « qu'il faut déférer tout au tribunal de la « raison, et n'admettre que ce qu'elle ap- « prouve. » Principe qui détruit [lar la base l'édifice de la foi, et a produit toutes h'S sectes qui ont désolé l'Eglise. Théodore avait écrit contre saint Jérôme, pour défendre l'hérésie de Pelage. Le fameux Julien d'Eclane, un des sectateurs de cet hérésiarque, ayant été chassé de son siège, se réfugia chez lui, et augmenta le nombre de ses disciples. Théodore cacha longtemps sa doctrine ; mais lorsque le nestorianisme éclata, elle était déj?i répandue dans bien des esprits. Les nestoriens se servirent, en 531, après la tenue du concde d'E|)lièse, des ouvrages de cet hérétique pour appuyer leurs erreurs. Dans le 5' concile général, tenu en 553, la personne et les ouvrages de Tliéodore de Mopsueste furent anathématisés ; mais on jugea jilus favorablement d'Ihas et de Théodore!, dont les personnes furent épargnées, qu(ii(|ue quehiues-uns de leurs écrits ne parussent pas exempts des erreurs que Théodore avait défendues. {Voij. Ibas, Vigile et PELAGE, papes.) Ses [irincipaux ouvrages sont : un Commentaire sur les Psaumes, dans la Chaîne du P. Corder; un Commentaire, en manusciit, sur les 12 Petits Prophètes. Ce commentaire prouve que l'aut-ur était un déiste. Plusieurs fragments dans la Bibliothèque de Photius. On trouve sa confession de foi dans les Dissertations du P. Garnier sur Marins Mercator.
THEODORE-STUDITE (saint), fut ainsi nommé parce qu'il fut abbé du monastère de Stude, fondé par Studius, consul romain, dans un des faubourgs de Constantinople. Il vit le jour en 759, et embrassa la vie monastique à l'âge de 22 ans. La liberté avec laquelle il blAma l'empereur Constantin, fils de Léon IV, qui avait répudié l'impératrice Marie pour épouser Théodore, et le refus qu'il fil sous Léon l'Arménien, Michel le Bègue et les autres empereurs iconoclastes, d'anaihématiserles images, lui attirèrent de violentes persécutions. Il répondit à Léon l'Arménien, qui le pressait d'embrasser ses
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erreurs : « Voii^ êtes chargé de l'Etat et de « l'armée, prenez-on soin, et laissez les af- « fairesde l'Eglise aux pasteurs ctauxthéo- « logiens. » C'était malheureusement la manie des empereurs grecs du moyen .Ige, de se mêler toujours cu-s affaires de l'Eglise, pour les brouiller et en faire le jouet de leur caprice : exemple trop imité par quelques princes du xviii' siècle. « Rien de plus fu- « nesle à un Etat, et rien en même temps « de plus absurde, dit le comte d'Albon, que « d'enlever les droits à tous pour en com- « poser les droits d'un seul. » A la mort de Léon, Théodore obtint sa liberté après 7 ans d'exil. Cet abbé plein de. èle finit sa carrière le 11 novembre 826, h 07 ans, dans l'île de Chalcide, petite île de la Proponlide, vis-h-vi& de Conslantinople. Il nous reste de lui : deux Testaments; le second a été traduit par le P. Sirmoml, et se trouve parmi ses OEuvrcs; les Stéliteutuiues, contre les iconoclastes; deux livres de Lettres; 123 Ephjrnmmes en Vfrs i.imbes; un Discours sur l'adoration delà croix, publié par Croiser; les grandes et petites Catéclicses ; ce sont (les instructions qu'il faisait h ses moines. Baronius lui attribue huit Odes sur les saintes images; mais elles sont d'un écrivain posiérieur. Livinéius a publié une veisim de la plus grande partie des ouvrages de saint Théodore, Anvers, 1602; mais elle n'est pas estimée. Personne n'a écrit avec plus de solidité sur la question des images que ce saint ; son style est clair, concis et élégant. Ceux qui désirent connaître la discipline et les mœurs île l'Eglise grecque d ns les vui' et IX' siècles, liront ces ouvrages avec plaisir. La Vie authentique de saint Théodore, par un anonyme, a été publiée avec une partie de ses 0/i'iuTcs, Paris, 1696; Venise, 1728 ; mais l'éd teur l'attribue mal à prooos à Michel, moine.
THEODORE, le Lecteur, ainsi appelé parce qu'il était lecteur de la grande église de ConstantuKjple, avait com])Osé une Histoire de l'Eglise, depuis la vingtième année du règne de Constantin le Grand jusqu'à l'empire de .lulien. Cet ouvrage était divisé en 2 livres. Il l'avait tiré des Histoires de Socrate, de Sozomène et de Théodoret. Il est en manuscrit dans quelques biblioihèques. Théodore avait encore composé une autre Histoire ecclésiastique, depuis la fin du règne de Théodose le Jeune, jusqu'à Justin l'Ancien. Nous n'avons que des extraits de cet ouvrage. Henri de Valois nous a donné tout ce qu'il a nu ramasser de Théodore dans Suidas , Théoi)nane et Jean Damascène. L'histoire de Théodore fut imprimée en grec par Robert Estienne, Paris, 153i, in-fol. Elle parut en grec et en latin, Genève, 1012; Paris, 1673, in-fol., avec les notes de Valois; trad. en frant^ais oar Cousin, dans son Histoire de l'Eglise.
THtOUOKK, élevé sur le siège de Pharan, vers l'an 625, fut le [)remier auteur du monothélisme. Ses écrits fiu'ent condamnés au concile de Latran, l'an 6't9, et cette sentence fut confirmée jiar le G' concile général, l'an 680. Voy. Seugius, patriarche.
THEODORE 1", né à Jérusalem, suecéda au pa|)e Jean IV, le ik novembre 642. Il condamna Pyrrhus et Paul, patriarches deConstanlinoi)ie, qui éiaient monothélites , et mnurut saintement le 13 mai 6'i.9. Sa douceur, sa cliarilé et ses vertus laissèrent des regrets très-v fs. C'est le premier p.ipe qu'on ait af)pelé souverain pontife, et le dernier que les évoques aient'appelé frère. L'éclat du premier siège et l'im: ression de l'autorité fiontificale, devenant plus nécessaires à mesure qu'on s'éloignait des premiers siècles de l'Eglise, où le dogme et la discipline, plus près de leur source, se maintenaient, pour ainsi dire, par eux-mêmes ; d'un autre côté, l'Europe comnifiieant à se partager en divers étals, demandait un centre dunif' assez imposant pour prévaloir sur les divisions nationales. Du reste, le nom n'ajouta rien à son aulorité réelle, qu'avant lui les papes avaient exercée avec la mémo étendue et la même vigueur. Voy. IxNOCENT, Grégoire, Léon, etc
THEODORE II, pape ajirès Romain, en 898, mourut 20 jduis après son élection. 11 (it reporter solennellement dans la séfulture des papes le corps de Formose, qui avait étéjeté dans le Tibre par ordre d'Etienne \l.
THEODOlîE DE Cantorbéry (saint), moine de Tarse en Cilicie, étant h Rome l'an 668, fut envoyé par le pape Vitalien, en Angleterre, pour remplir le siège épisco|!al de l'église de Cantoibéry. Il fut le premier archevêque de cette église qui exerça la primatie sui- toute l'église britannique. On trouve dans Guillcume de Malmesbury, et dans les conciles d'Angleterre, par Wiîkins, les lettres du [lape Vitalien, qui lui confèrent ce pouvoir. Il rétablit dans ce royaume la foi et la diseipline ecclésiastique. Ce qui nous reste de son Péaitenliel ci de ses autres ouvrages a été recueilli par Jacques Petit, et iuqnimé à Paris en 1677, en 2 vol. in-8°,avec de savantes notes. Dom Luc d'Aehéry a [lublié (t. IX, Spicilége) 120 articles de ce Pénitentiel.On le trouve aussi dans le tonieVI" des Conciles, du P. Laljbe. L'édition qu'eti a donnée Jacques Petit renferme un grand nombre d'inlerpelalions, dos canons tirés d'autres Pénitentiels d'Occident, et dans lesquels Théodore lui-môme est cité : on y voit aussi des décisions qui ont été ajoutées à l'ouvrage do Théodore, n'après les Décrétales des Grecs modernes, qui doivent avoir fieude poids, et qui sont contradictoires aux canons des conciles qu'il a tenus en Angleterre. Théodore mourut en 690, à 88 ans, après avoir fondé des écoles pour instruire ses ouailles.
THEODORE. Voij. Balsamon.
THEODORET (saint), prêtre d'Antioche, se signala par son zèle et son courage, confondit les blas|)hèmes du comte Julien, et fut cruellement mis à mort par ordre de ce tyran, oncle de Julien l'Apostat, l'an 362.
THEODORET, né à Anlioche vers l'an 393, fut élevé dans la connaissance des langues. 11 se relira, étant encore fort jeune, dans un monastère voisin d'Apamée, où il fut formé à la vertu, élevé au sacerdoce,
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puis, raalg''é lui, à Tévéché de Cyr, dans la Palestine, A'ers l'an 423. Il fit paraître dans s,a maison, à sa table, iiansscs habits et dans ses meubles, beaucoup de modestie ; mais i) était magnifique <i l'égard de la ville de Cyr. il y fit bâtir deux grands ponts, des bïïi-is publics, des fontaines et des aqueducs, sans perdre de vue le soulagement des jiauvres et la splendeur des églises. Il travailla avec tant de zèle et de succès dans son diocèse, comjtosé de 800 paroisses, dont ua grand nombre étaient infectées de diverses hérésies, qu'il eut le bonheur de rendre orthodoxes tous ses dioiésains. Son zèle ne se borna point à son église : il alla prêcher à Antioche et dans les villes voisines, où il fit admirer son éloquence et son savoir, et où il convertit des millieis d'hérétiques et de pécheurs. La gloire de ce grand homme fut néanmoins obscurcie pendant qut'l((ue temps, par rattachement qu'il eut pour Jean d'Aulioche et ponr Nestorius, en faveur duquel il écrivit co'itre les douze anathèmes do saint Cyrille d'Alexandrie ; mais il ellaça cette tache, en se réconciliant avec ce i)rélat et en anathématisant l'hérésiarque. Le malheur qu'il avait eu de la favoriser était bien excusable : séduit pai- l'fxlérieur mortifié des nestoriens, il s'aveu .;l.iit sur le fond de leur doctrine, jusqu'à croire que le c(uicile d'Ephèse et saint Cyrille e.iseignaient l'unité de nature en Jésus-Christ; mais, dès Qu'il eut ouvert les yeux, il s'éleva avec force contre ces hypocrites. Il combattit les eutychiens, résista aux meuaci'S de l'empereur Théodo.se II, et se vit Iranquillemeut déposer dans le faux synode d'Ephèse. Sa vertu triomiiha en 451, dans le concile général de Chalcédoi'ie, où ses liumères et sa sagesse brillèrent également. Il fut rétabli sur son siège, et il termina saintement sa cariière quelques ann;''es après ; il la finit comme il l'avait commencée, dans la ftaix et dans la communion de l'Eglise, vers l'an 438. Se-i écrits, ei! très-graid nombre, sont: une Histoire ecclùiastif/ae, qui reni't'rme des choses iur.ortantes, et qu'on ne tiouve p.is ailleurs, et j'Iusieurs pièces originales. Elle commence où Ensèiie a fini la sienne, c'està-dire à l'an 324 de Jésus-Ciaist, et fiiil à l'an 429. Les savants y remarquent des fautes de chronologie. Un Commenlaire , par demandes et par réponses, sur les huit premiers livres de la Bible ; un Commenlairp. sur tous les psaumes ; Y Explication du Cantique des cantiques ; des Cummcntuires sur Jérémie, sur E/.échiel, sur Daniel, sur les 12 petit-; prophètes et sur les Epilies de saint Paul. Ce ne so.it que des compilations ; mais elles sont faites avec choix. L'auteur se compare aux femmes des Juifs, qui, n'ayant point dor ni de pierreries à donner à Dieu pour la construction du tabernacle , ramassaient les poils, les laines cl les lie'is que les autres avaient donaés,]es filaient et les unissaient ensemble. Cinq livres des FabUs des hérétiques,C-'e^^ unehisU)ire(lesaiicie'iues îiérésies. 11 s'élève l'ortemeat, dans le h' livre, contre Nestorius dont il avait pris le
parti av(îc chaleur. Dix Sermons sur la Providence. C'est un des meilleurs ouvrages de l'antiquité sur cette matière. Douze Discours snrlaçjiiérison des fausses opinions des païens. On y trouve des choses très-curieuses sur ]i théologie des païens, sur l'impiété de leurs philos6[ihes et sur les vices par lesquels ils décréditaient leur doctrine. Histoire religieuse ou Philothéc. C'est la vie de 30 solitaires qui vivaient de son temps, ikl Lettres recueillies dans l'édition du P. Sirmond ; Eranistes ou Polymorphe. Ce sont trois dialogues contre les eutychiens. Des fragments du Pentalogue, dans lequel il ne garda jias les règles lie la modération envers saint Cyrille. On trouve dans ses écrits du choix dans les pensées, de la noblesse dans les expressions, de l'élégance et de la netteté dans le style, de la suite et de la force dans les raisonnements. Le seul reproche que Photius lui fait, c'est d'employer souvent des métaphores trop hardies. La meilleure édition de ses OEuvres est celle du P. Sir niond, en grec et en latin, 1642,4 vol. in-fol., auxquels le P. Garuier, jésuite, en a ajouté, en 1684, un 5% qui contient divers auires traités aussi de Th''odoret, avec de longues dissertations sur le nestorianisme.Le P. Garnier s'y déclare fortement contre Tliéodoret ; mais le P. Sirmond prend la défense de l'évèq le de Cyr, de môme que Tiilemoiit, tom. XV, pag. 2o3, 1» P. Alexandre, le P. Graveson, etc. Le 5' concile général, en condamnant ses ouvrages contre saint Cyrille, ne toucha point à sa personne, reconnue pour orthodoxe par le concile de Chiiicédoine, les papes saint Léon et saint Grégoire. Voj/. Iiîis et Vigile.
THÉObOSE LE GuAXD ipLAVics-TnEODOsius-Magm's), empereur, était né en 34G, à Canca , ville de la Galice en Espagne. Son père était le fameux comte Théodose, qui avait fait de si grands exploits sous \'alenlinien I" et qui fut décapité à Carihage, en 573, par ordre de Valets, prince crédule et barbare, au(|uel un magicien avait dit que le nom de son successeur commençait par Théiid. Ce grand liommc avait illustré 1<; nom de Théodose. Son li!s se retira dans sa pairie pour pleurer son père ; mais Gratien connaissant son mérite, l'appela à la cour, et l'associa à l'empire en 379. Il lui donna en partage la Thrace et toutes les jiruviiices que Valentinien avait possédées dans l'Orient. Peu de jours après son élection. Théodose marcha vers la Thrace, et ayant formé un corps de troupes, il tomba sur le camp des Goths, leur enleva leurs femmes < t leurs entants, avec 4000 chariots qui servaient pour les conduire. Les barbares furent e/frayés par cette dé.aile. Les Alains et d'autres Go;hs qui ravageaient les provinces voisines, lui envoyèrent faire des propositions cie paix et acceptèrent toutes Ks conditions qu'on leur imposa. L'année d'après (380), Tli>'odose, mala ade à Thessalonique, se fit baptiser par Ascole, évêipio de cette ville. Pour consacrer son entrée dans le christiani>nie, il iiroscrivit l'arianisme , et voulut
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qii on adorât dans tout son empire le Père , le Fils, et le Saint Esprit, cumme un seul Dieu en trois personnes. A cette loi contre l'erreur, il en joignit d'autres pour le maintien dp la police. L'une d(''fenda I aux juges de cormaîlre d'aucune nciion criminelle durant les ?iO jours du carôme, ce temps étant consacré chez les chrétiens h des sentiments et des œuvres peu assorlis à la sévérité des lois pénales, et à l'appareil de leur exécution. Un autre ordoniait des peines contre les femmes qui contractaient de secondes noces pendant le deuil de leur premier mari, qui était de dix mois : non-seulement jmur maintenir les égards dus h l'union conjugale, mais encore pour réprimer les crimes que produit souvent le désir d'un nouveau m:u-iago. Par une autre loi, il ordonna qu'on délivrât à Pâques tous les prisonniers dont le délit était susceptible de grâce. Ce fut en portant cette ordonnance qu'il dit ces paroles mémorables : Plût à Dieu qu'il fût m mon pouvoir de ressusciter tes morts ! 11 couronna tous ces règlements salutaires par des édits sévères contre les délateurs convaincus de mensonge. « Quand on compare, dit un ju- « risconsulte, les lois de Solon, de Lycurgue, « de tous les législateurs si vaniés de la « Grèce, avec celles de Théodose, on croit « entendre des enfants bégayer quelipies « sottises, en attendant qu'un homme fait « vienne leur apprendre à parler et à dire « des choses raisonnables. » Athalaric , roi des CiOths, se réfugia vers ce temps-là auprès de Théodosi\ qui le traita en roi , et lui lit après sa mort des funérailles magnifiques. Cette générosité n'enij 6;'ha pas que plusieurs barbares ne fissent des irruptions dans la Tln-ace. ïhéodose m;irche contre eux, leur livre bataille au mois d'aoûi 381 , les défait et les force h repasser le Danube. Son nom pénétra dans les pays étrangers. Sapor III , roi de Perse, lui envoya des ambassadeurs pour lui demander à faire alliance ensemble. Ces deux princes firent un traité de paix qui dura longtemps. L'an 385 fut remaiipiable par une conjuration formée contre Théodose. Il défendit de citer en justice ceux qui, sans en être complices, en avaient été instruits et ne l'avaieiit pas découverte. Il laissa condamner les conjurés , et leur envoya leur grâce lorsqu'on les conduisait au supplice. Ils furent redevables de la vie à sainte Flaccdle, sa femme. La clémence de Théodose se démentit dans une autre occasion. Il y eut, en 390, une sédition à Thessalonique, capitale de la Macédoine. B.ithéric, gouverneur de l'illyrie, avait fait mettre en prison un cocher accusé du crime ii fâme de pédérastie. Lorsqu'on donna ilaiis cette ville des spectacles en réjouissance des victoires de Théodose, le |)euplc demanda qu'on mît ce cocher en liberté; el, sur le refus du gouverneur, on prit les ai mes, el l'on tua plusieurs ofliciers de la garnison. Bothéric vint en personne pour a|)aiser ce tumulte; mais il fut lui-même massacré. Théodose, persuadé qu'un peuple qui se révoltait en faveur d'un crime infâme el contre nature était foncière-
ment corrompu, fit passer sept mille habitants au til de l'épée. On pi ut voir dans l'artiile de saint Ambroise comment cet illustre prélat lui fit expier cette faute, et avec quelle docilité Théodose se soumit à la pénitence que son pasteur lui imposa : exemple bien propre à confondre les [irinces qui , n'ayant ni sa puissance ni ses précieuses qualités, s'élèvent avec la morgue du pouvoir armé contre les leçons saintes des pasteurs. Cependant Maxime, qui avait tuéGratien et qui s'était fait détlarer empereur, pressait le jeune Valontinii'U. Théodose fit la guerre à ce tyran, le défit en deux batailles, dans la Hongrie et en Italie ; et l'ayant poursuivi jusqu'à Aquilée, il contraignit les soldats de le lui remetlre. On l'amena dans le camp de Théodose, qui voulait lui pardonner ; mais les soldats, le jugeant indigne de sa clémence, le tuèrent hors de sa lente el lui coupèrent la lôte. C'est ainsi que finit cette guerre, deux ans avan' la cruelle scène de Thcssalonique, et que Tliéodose, ayant pacifié l'Occident pour Valenlinien, s'assura la possession de l'Orient pour lui et ]30ur ses enfanl- . L'année suivante, 389, il vint à Rome pour y recevoir les honneurs du triomphe, et y fit abattre les restes de l'idolâtrie. De re'our à Constanlinople , il défit une troupe de barbares qui pillaient la Macédoine et la Thrace. Arbogasle, Gaulois d'origine , dépouilla rem])creur Valenlinien de son autorité et lui donna la mort. Pour éviter la peine due à son crime, il choisit Hugène , homme de la lie du peujile, qui avait enseigné la grammaire, el le fit déclarer empereur, à condition qu'il permettrait l'idolâtrie. Théodose se prépara à lui fairi' la guerre, et après avoir été baitu, il défit l'usurpateur, le 6 septembre, à Aquilée, l'an 39'j. Eugène eut la tète tranchée, et Arbogasle se tua luimême. On faisait de grands pré()aratifs à Constanlinople pour recevoir Théodose en triomphe. Il tomba malade à Milan, et il y mourut d'hydiopisie, le 17 janvier 395. il était âgé do k9 ans, et en avait régné 16. Son corps fut po té à Conslantinople, oii Arcadius son iils le fit mettre dans le mausolée de Constantin. Théodose doit être mis au nombre des rois qui font honneur à l'humanité. S'il eut des passions v.olentes, il les réprima par de violents etl'orls. La colère et la vengeance furent ses premiers mouvements, mais la réllexion le ramenait à la douceur. On (onnait cette loi si digne d'un prince clirétien, portée en 393, au sujet de ceux qui altaquenl la réputation de leur monarque. « Si quelqu'un, nit-il, s'échappe <t jusqu'à dilfamer noire i;om, notre gouver- « nement el notre conduite, nous ne vou- « Ions point qu'il soit sujel à la peine ordi- « naii'C portée (lar les lois, ou que nos offi- « ciei's lui fassent soutfrir aucun traitement « rigoureux. Car, si c'est par légèreté qu'il « ait mal parlé de nous, il faut le mépriser; « si c'est pai' une aveugle folie, il est digne « di' compassion ; et si c'est par malice, il <c faut lui pardonner. >- Aurélius \'ictor, en le comparant à Trajan, l'idole el la merveille
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des Romains, remarque qu'il en eut toutes les bonnes qualités, sans en avoir les d(';fauts ; qu'il était cou me lui grand et bien fait, les mêmes traits de visage, le même air de majesté, les yeux tout <i la fois doux et vifs, l'humeur gaie, l'esprit atfablc et jjopulaire, plein de bonté pour tout le monde, et accueillant particulièrement les savants , pourvu qu'ils ne fussi-nt point sitiriqiies; enfin, d'une valeur invincible, d'une ardeur infatigable et d'une vigilance h. l'abri de toute surprise. Mais il eut eti aversion les vices de Trajan, poursuit le mêmeaute' r, spécialement l'amour du vin et des choses honteuses. Il porta la pudeur jusqu'à exclme des festins, par une loi formelle, les personnes immodestes, ou seulement trop parées. 11 étendit la tempérance jusqu'aux passions sub'iles de l'esprit, telles que la vaine gloire et l'ambition ; ne faisant la guerre, tout habile qu'il y était, que quand il s'., trouvait forcé ; bl imant en toute rencontre Sylia, Marins, et tous ces génies audacieux, auxquels il voulait s'imposer une sorte de nécessité de ne jamais ressembler. Tel Théodore avait été à l'égard de ses amis, dans l'état de simple particulier , tel il fut envers tout le monde, après être monté sur le trône. « Sa « règle était d'en agir avec ses sujets comme « il avait autiefois souhaité d'être traité lui- « mèm^ par l'empereur. » 11 n'avait rien de la fierté qu'inspire le sceptre. Jamais le peuple ne fut moins chargé d'irapùis que sous son règne. Il appelait une heure perdue, celle oii il n'avait pu faire du bien, et ce n'était pas dans sa bouche le langage de l'ostentation et de la vamté. Les libéralités qu'il fit aux habitants île ('onstantino|ile, y attirèrent un si grand nombre de citoyens, (|u'on délibéra, sur la lin de son règne, si Ton ne ferait point une seconde enceinte, quoique, dix ans auparavant, les maisons n'occupassent qu'une très-jietile partie de la ville , le reste n'''tant ipie des jartiins ou des terres labourables. C'est le dernier prince qui ait possédé l'empire romain en cnti'n-. 11 laissa deux fils, Arcadius, et Honorius. xVrcadiiis fut empereur d'Orient, et Honorius d'Occident. Nous avonsson 7/(s/oirf très-bien écrite j)ar Fléchier, Paris, l(j81 et 17^9, in-8°. Voy. aussi son Panégyrique par saint Paulin et son Oraison funèbre [lar saint Ambroise. Le siècle des grands princes est presque toujours celui des grands hommes : on cite, sous le règne de Théodose, srunt Ambroise, saint Astère, saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse, saint Cyrille, saint Epi[)hane ; et parmi les écrivains [irofanes, on compte Ausone, Claudien, Pappus, Prudence, Syuuuaque, Rufus-Festiis Avienus, Themistius, Végèce, Aurélius Victor, Macrobe, etc.
THÉODOTIÎ , le Valentinien , n'est connu que par ses Eglogues , que le P. Combefis Hous a données sur un manuscrit dans la Bibliothèque des Pères. Ces eglogues ne contiennent (|u'une application de l'Ecriture au système de Valentin. Théodote (irélend y prouver les différents points de la doctrine
de 'Valentin par quelques passages de l'Ecriture. Cet ouvrage a été commenté par le P. Combofis, et se trouve aussi dans la biblothèque grecque de Fabricius.
THÉODOTE de Byzance, surnommé le Corroijnir, du nom de sa jirofession. Pendant la persécution (|ui s'éleva sous Marc- Aurèle , Théodote fut arrêté avec beaucoup de chrétiens qui confessèrent Jésus-Christ , et remportèrent la couronne du martyre. Ce misérable renonça h son Dieu; les fidèles lui firent tous les reproches que méritait son crime; et, pi ur s'excuser, il voulut prouver que Jésus-Christ n'était qu'un homme. Sa doctrine souleva tout le monde, et Théodote fut excommunié par le pape Victor. 11 trouva ce|)endant des d scinles, qu'on nomma théodotiens. Ils |)rétendaient que la doctrine de Teur maître avait été enseignée par les apôtres jusqu'au pontificat de Zéphiriu, qui avait corromiiu la doctrine de l'Eglise, en faisant un dogme de la divinité de Jésus-Christ. On voit, par celte vaine et absurde prétention, que toutes les hérésies se ressemblent ; que les anciens sect.dres, comme les modernes , ont imaginé des époques de corruption du dogme, jiour s'élever contre la croyance de l'Eglise universelle. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Théodote, changeur de profession, dont parle Terlullien. Ce Théodote disait aussi que Jésus-Christ était un pur homme, inférieur à Melchisédech, parce qu'il est dit de lui : Tu es prélre selon l'ordre de Melchisédech : que ^lelchisédech était une vertu céleste,supérieure à Jésus-Christ, parce qu'il n'avait ni père, ni mère, ni généalogie. Sesdisciples furent nommés Melchisédéchiens. Vot/. Melchisésiech.
THÉODOTIO.N, natif d'Ephèse, troisième traducteur de YAncitn Testament en grec, fut disciple de Talien, puis sectateur de Marcion. Il passa ensuite dans la synagogue des Juifs, où il fut reçu à condition qu'il traduirait l'Ancien Testament en grec. Il remplit sa promesse l'an 185, sous le règne de Commode. Il ne nous reste de lui que des fragments de celle version. Elle était plus hardie que celle des Septante et ([ue celle d'Aquila, qui avaient été faites auparavant ; et l'auteur s'était permis d'ajouter ou de retrancher des passages entiers.
THEODULE. Voy. Nil.
THEODULPHE (saint), souffrit la mort à Césarée en Palestine en 309, sous Maximien Galère. — Il ne faut pas le confondre avec saint Théodl'lpue, abbé de Lobes, puis évoque , dont le corps repose dans la collégiale de Binch ; — ni avec saint Tuéodilphe, abbé d'un monastère de Reiras; — ni avec saint TiiÉoDULPHE , prêtre, mort sous le règne de Clovis, et dont le corps repose dans l'église des dominicains à Trêves.
THEODULPHE, originaire de la Gaule cisalpine, fut estimé de Charlemagne, à cause de son savoir et de son esprit. Ce prince lui donna l'abbaye de Fleury, puis l'évêché dOiléans vers l'an 793, et le choisit pour signer son testament en 811. Louis le Débonnaire lui témoigna la même considératioa
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yue so;n père çivait pQur lui. JWais Th!5o(Jul- ])lie, avant été actnisé d'avoir cii part à la ( oiijuration de Bernard, roi d'Italie, fut mis on [iriïon h Angers. C'est Ici qu'il conif osa l'hyiuae, (Jloria, laus et h on or, dont on chante le commencement au joui' des Rameaux. On prétend que l'ayant chantée d'une fenêtre de la prison dans le temps que l'empereur passait, ce prince fui si charuié de celte prit^ie, dont le mérite est pourtant trcs-médioci'e, qu'il lui rendit la liberté. Théodulplie en profila pour écrire diirérenls ouvrages. On a de lui des poésies, un Traité du bnptdnc, un autre du Saint-Esprit , deux Capitulaires adressés h ses curés, tju'on peut regarder comme des monumenis de la discipline de son tenifis. Ce savant prélat mo irut err821. Le P. Sirmond, jé'-uite , a publié, eu IGVG, in-8", une bonne édition de ses Oeuvres.
THEOGNOSTEd'Aliîsanoisie est cité avec éloge par saint Athauase et [;ar Tite de Bostres ; mais il paraît avoir été incoimu à Eusèbe et à saint Jérôuie. L'on ne sait pas précisément en quel temps il vivait , qiunqu'il soit certain qn'il a écrit après Origène et avant le concile de Nicée. Son ouvrage des Hijpotypos(s ou /n5(ruc<io»js subsistait encoie du t» mps de Pho:ius.
THEOPHANK (saint GiîORfiEs), d'une des plus nobles et dos plus riches maisons de Constanlinople, fut marié très-jeune, et vécut en continence avec sa fenune. Ils embrassèrent ensuite l'état monastique , et se firent un nom respectable ))ar leurs vertus. Théophane, s'étant trouvé, en 787, au vii° concile général, reçut des Pères de cette assemblée les honneurs les plus distingués. Il j^ parle avec autant de force que de dignité sur le culte des images. L'empereur Léon l'Aiménien n'ayant pu l'engager dans ses erreurs, exerça contre lui de grandes cruaulés, et t'exila dansl'de de Samothrace, où il mourut en 818. On a de lui une Chronographie qui commence où linit celle de Syncelie , et qui va jusqu'au règne de Michel Curopalate. Elle fut imprimée au Louvre, en 1G55, in-fol. en grec et en latin, avise les notes des PP. Goar et Combefis. On y trouve des choses utiles, mais on y rencontre souvent les traces d'un esjirit crédule et tro[) peu critique. — Il y a eu deux autres ïhéopha\e , l'un apiielé Cerameus, c'est-à-dire le Potier, évèque de Tauromine en Sicile, dans le xi" siècle : on a de lui (les Homélies, imprimées en grec et en latin à Paris, en 16W ; et l'autre évèque grec en Russie, mort en 1720, qui prêcha avec succès, et a laissé ([ueluues écrits.
THKOPHILACTE. archevêque d'Acride , métropole de toute la Bulgarie, naquit et fut élevé à Constantitiople. Il se dislnigua jiar Son savoir ; mais il n'eut pas le couiMge de se déclarer contre le schisme et les erreurs des Grecs, comme il paraît par son Commentaire sur le chapitre 3° de saint Jean, où il biame les Latins de ce qu'ils disent que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Ses principaux ouvrages sont : des Commentaires -''ur les Evangiles et sur les Actes des apAtres, Paris 1631, in-foL, sur les Epîtres de
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saint Paul, et s\!r Jlabacuc, Jonas, Nahum et Osée, Paris, 3030, in-fjl. Ces Commentaires ne sont presqiie que des extraits des écrits de saint JeanChrysostome. Des Epitrp^ peu intéressantes, dans la Bibliothèque dès Pères : Institulio ref/ia, au Louvre, 10.51, in-i", réimprimée dans VTmpcriumOrient'jlc de B;uiduri, etc. Ce prélat mourut après l'an 1071 : quelrpies-nns l'ont fait vivre dans le i\' siècle ; mais il paraît cpi'ds l'ont conforidu avec TnÉopHiLACTE, que saint Ignace de Constnntinople dornia pour évèque aux Bulgares, vers l'an 870, et qui travailla avec b aucoup d'ardeur à établ r la foi de Jt'sus-Christ dans son diocèse, où il y avait encore un grand nombre de païens.
THEOPHiLACTE SIMOCATTA. Voy. Théo-
PHYLACTE.
THEOPHILE est celui h qui saint Luc adresse les Actes des Apôtres, comme on le voit par les [iremières pandes de cet écrit, précieux h tous égards : Priinum quidem sermovem feri de omnibus, 6 Théophile! quœ caepit Jesas fncerc et docere. Il parle au uièine dès le commencement de son Evangile : Visui» est et milii , asse.cuto onmia a prinripio diUi/rntir, ex ordine tibi scribere, o]:time Théophile. Quelques auteurs ont ci'u qire ce n'était pnint un nom pi'Ojir'e, mais que saint Luc s'adresse à tout homme de bien ijui aime Dieu sincèrement ; car Théophile si^inifie qui aime Dieu. Aiais il y a bien de l'jipiiarence que c est un nom particul er, sans qu'on puisse rien dire de précis de celui qu'il désigne.
THEOPHILE (saint), sixième évèque d'Antioche, fut élevé sur ce siège. Fan 168 de. Jésus-Christ. Il écr'ivit contre Marcion et contr'e Hermogène , et gouverna sagement son église jusque vers l'an 186. Il nous reste de lui 3 Livres en g: ec, adressés h Autol^cns , contre les calomniateurs de la religion chrétienne. C'est dans cet ouvrage qu'on trouva, pour la première fois, le mot de Trinité, quoi(pi^' la cr'oyance de ce mystèr-e so't aussi ancienne que l'Eglise. Il a été im|>rimé en grec et en latin, avec les OJùtrrrs rie saint Justin, 1642, in-fol. L'auteur s'attache à y montrer la vérité du christianisme et l'iibsurdilé de l'idohUrie ; et d s'appuie sur d'excellentes raisons et d'imjiosantes auior-ités. Les iiersonnages les plus célèbres de l'anli-
3uité y sont <ités en faveur de la croyance es chrftieirs. Fell en a donné une bonne édition , Oxford, 16i8 ; il y a rassemblé les témoignages des saints Pères en faveur de Théofihile. On estime encor-e l'édition qu'en a domiée Jean-Ciiiisln[)he Woif, Harrrbourv, 17-2'»'. Petau et Sonltet ont priHendu IrouvtT dans Théophile des exjjressions favor-ables h l'arianisme ; mais ils ont été solidement réfutés jiar Bullus, Defensio fidei i\tcœnee, jiar le I'. Nourrv et par dom .Miran.
THIÎOPH'II.E. célèbre palriar-che d'Alexandrie, après Tiimiiliée, Pau 385, acheva de ruiner les restes de l'idulAlrie en Egy[)te, en faisant abattre les temples et les idoles des faux dieux. 11 paciiia les difl'éreuds survenus
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entre Kvau;ie cl Flavien. tous deux ordonnés tWeques d"Antio.:he. Mais un zèle inconsidéré foitre les oririéiiislcs l'anima contre saint Jean drysostoini', croyant que ce saint les favorisait. Il s'oublia jusqu'à le faire déposer dais le concile du Chêne, et refusa de mettre son nom da'is les diptvques. Ce [irélat mourut en 412, après s'être réoncilié avec l'illustre persécuté. On ftr-él.'ud qu'étant près d'expirer, et faisant attention à la longue pénitence de saint Arsène, il s'écria : « Oue vous êtes heureux, Aisène, d'avo r « toujours eu celte heure dev.int les yeux I » II nous reste de lui trois Lettres pastorales , dont on ne fait ))as beaucoup de cas. Ou les trouve dans la Bihliothnjuc des Pères.
THKOi'HYLACTE, éciivain grec, surnommé 5//>(oc«<frt, naquit vers l'an 570, et llorissatt sous les emjiereurs Maurice, Phocas et lléraclius. Il était un des plus savants de son siècle , et remplit des [ilaces honorables dans i'admi:)istralioM de l'empire. 11 cnni-osa plusieurs ouvrages dont voici les principaux : Histoire de l'empereur Maurice: elle comprend depuis l'a-i 582 jusqu'en G02, et est un ouvi'age très-estimé. On en a fait plusieurs éditions; et on l'inséra dans ia Byzantine, Paris, au Louvre, 1()47, in-fol. De risu et rociferatione in feslis sanctorum ; un Dialogue en grec, sur diîlercnts problèmes physi(iU"s et leurs solutions ; Lettres, an nombre de 85, dont 29 roulent sur des sujets raoïaux , 28 traitent des travaux de la campagne, et 28 des intrigues des courtisanes. Ces lettres ont été im[)riinées plusieurs fois, et se trouvent dans un Recueil de lelti-es imprimé à (îenôve en 1606, sous le nom de Cujas, quoique ce jurisconsulte n'y ait pris aucun- jiart. D'après l'opinion la plusgéaérale,Théophylacteinourut en 6i0.
THÉKAIZE(Michel), docteur (le Sorboîine, de Cliauni en Pic rdie, mourut en 1726, à 58 ans, après avoir été chanoine de Saini- Etiennede Hombiiurg, diocèse dcML'tz, puis grand clianti'c, chanoine et i fficial de Saint- Fursi de Péromu', et curé de la paroissj Saint-Sauveur de la même ville. On a de lui un ouvrage |)lein de recherches, im|iriiné en 1G90, sous le titre de Questions sur h messe publique solennelle. On y trouve une exj)licatioii littérale et historique des cérémonies de la messe cl de ses rubrique-;, et l'on voit qu'elles servent autant à l'instruction des assistants qu'à la décence et la pompe du culte chrétien. Voi/. A'eut.
'J'HÉ1?ÈSE' (sainte), née à Avila dans la "V'ieille-Caslille, le 28 mars 1515, était la cadette de trois tilles d'Alphonse Sanchez de Cépède, et de Béatrix d'Ahumade, tous deux aus^i illustres par leur jiiété que par leur noblesse. La lecture de la Vie des saints, qu'Alphonse faisait tous les jours dans sa iauiille, inspira à Thérèse une gi'ande envie de répandre son sang pour Jésus-Christ. Elle s'écliappe un jour, avec un do ses frères, pour aller chercher le martyre parmi les Maures. On les ramena, et ces jeunes gens, ne pouvant être martyrs, résolurent de vivre en ermites. Ils dressèrent de petites cellules dans
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le jardin do leur père, où ils se retiraient souvent pour prier. Thérèse continua de se porter ainsi à la vertu jusqu'à la n)or( de sa mère, qu'elle perdit à l'âge de 12 ans. Ci tte éjioque fut celle de son c'iang(nnenf. La lecture des romans la jeta dans la d ssipation; et l'amour d'elle-rnème et du plaisir aurait ])ieiitùt ('teint toute safei'veur, si son père ne l'eût mise en pension dans un couvent d'augustines d'Avila. Elle aper(;ut le pi'écqiice auquel la gulce de Dieu venait de l'arraclvr, el, pour l'éviter îi l'avenir, ell • se retira dans le monasiô' e de l'Incarnation, de l'ordre do Mont-Carurl, à Av la même, et y prit l'habit, le 2 novembre !5'?0, à 21 ans. Ce couvent n'était point îi l'abri de quelques irn''gularités et de quelqu 'S dissipations trop mo idain s : Tbérèse eetreprit de le réformer. Après avoir essuyé une infinité de contradictions, elle eut la consolation do voir le premier monastère de sa réforme fondé dans Avila, en 1562. Le sui ces de la rélormation ces religieuses l'engagea à entreprendre celle des religieux. On en vit les premiers fruits en 1568, par la fondation d'un monastère à l>orvello, diocèse d'Avila, où le bienheureux Jean de la Croix fit iirufession, à la tête des relij^ieux qui embrassèrent la rél'orme. C'est l'origine des carmes déchaussés. Di uréjir.iïdit des b iiédictions si abondantes sur la famille de Thérèse, que cette sainte vierge laissa trenle monastères réformés, 1i d'hommes et 16 de idies. Après avoir vé -u dans le cloître 'i-7 ans, les 27 premiers dans la maison de rincarnaiion, et Ic'^ 20 aulres dans la réforme, elle mouiut h Atbe, en rctournr.nt de Burgos, où elle venait de fon 1er un nouveau monastère, le ooc'o.ire 1582, h 67 ans. Son institut fut porié, de son vivant, jusqu'au .Mexique, dans les Indes occidentales, et s'étendit en Italie. Il passa ensuite eh France, aux Pays-Bas et dans tous les pays de la chrétienté. Gi'égoire XV la canonisa en 1621. L'ouverture de son tombeau fut l'aitt; le 2 octobre 1750, 128 ans et 6 mois depu s sa canonisation. Tendi'c et all'ectueuse jusqu'aux larmes les plus abondantes, vive et toute de llamme, sans délire et sans emportement, cette sainte poi'ta l'amour divin au ])lus haut degré de sensibilité dont soit susceptible le cœur humain. On connait sa sentence favorite dans ses souti'rances, qui étaient comme l'aliineat de sou amour pour Dieu: Ou soulJ'rir, Seigneur, ou mourir! Un orateur lai applique, avec beaucoup de justesse, ces p.noics do l'Eci-lés. astique : « Elhi « a jiassé comme une ilarame et comme l'eji- <( cens qui se consume dans le feu. » {Quasi ignis cffulgens, et thus ardcns in igné.) On a de s.;inte Thérèse plu-sieur.-» ouvrages écriis en espagnol, où l'on adnure également la piété, 1 énergie ces seuliuients, la beauté ei l'agrément du style. Les jtiincipaux sont : un vol. de Lettres, publiées avec des notes de D. Juan de Palafox, évèque d'Osma ; sa Vie, composée par elle-même ; sa Manière de visiter les monastères des religieux; Méditations après la communion ; le Chemin de la perfectton; Histoire de ses fondations : Avis à ses
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religieuses: Méditations sur le Pater; le Château de l'âme ; c'est un traité particulier sur l'oraison et sur les coraruunications célestes de l'Esprit sain', (ju'elle fit par ordre de Velasquez, depuis évéque d'Osma, enlin archevt^que deCoinposlelle, alors sou confesseur; Pense'es sur l'amour de Dieu. Arnauld d'Andilly a traduit presque tous ces ouvrages en fraudais, 1670, in-4'. Cette traduction se ressent un peu de la vieillesse de son auteur. L'abbé Chanut en a publié une uieilleure, 1G91. Villefore a donné une Vie de sainte Thérèse, 2 vol. in-12, souvent réimprimée. La Monno.ve a uns en vers français VAclion de grâces que faisait, dit-on, cette sainte après la conmiunion, sous le titre de Glose de sainte Thérèse. Glose est une sorte d'ancienne poésie espagnole, ainsi nonnuée parce qu'elle est comme une explication des vers appelés texte, qu'on metMit à la tête de la pièce. La traduction est bien faite, et l'original fait autant d'honneur à l'esprit qu'à la tendre piété de Thérèse; mais il n'y a guère d'apparence que cette grande sainte exprimât, après la communion, son amour envers Dieu d'une manière si recherchée, et surtout en rimes composées par elle-même. Dom La Taste a donné une édition d'une partie des Lettres de sainte Thérèse, avec une ]irélace estimée, nV8, in-i". M. C''appe de Liguy, avocat, en publia, en 1733, un autre vol. in-4"; li trailuction publiée par La Taste est de mademoiselle deMaupeou, appelée en religion la mère Thérèse de Saint-Joseph. Ces deux traducteurs ont fidèlement ren lu ces Lettres en français. On a sa vie par Ribera. Les Vies les [ilus récentes de sainte Thérèse sont : celle qu'on a publiée <i Montpellier, sans nom d'auteur, 1827, in-12, et une autre, aussi anonyme, à Lille, chez Lefort, 1S27, in-18. -Mgr Lambruschini a fait paraître, en 1827, des Méditations sur les vertus de sainte Thérèse, précédées d'un abrégé de sa Vie, traduit de l'italien par un catholique anglais, 1 vol. in-18. Voy. l'Ami de la religion, t. LIV, p. 193. Enfin l'on a VEsprit de sainte Thérèse, recueilli de ses OEuvres et de ses Lettres, par M. Emery, Lyon, 1775, in-8°; Paris, 1820, in-8% troisième édition. — Des diverses éditions qui ont été données des œuvres de sainte 'l'hérèse, la meilleure de beaucoup est celle qu'a publiée M. l'abbé Migne, sous ce titre: OEuvues très-complètes de sainte Thérèse, précédées du portrait de la sainte, du fac-similé de son écriture, de sa Vie par Villefore, et de la Bulle de sa canonisation par Grégoire XV ; suivies d'un grand nombre de lettres inédites, des Méditations sur ses vertus par le cardinal Lambruschini, de son Eloge par f}ossurt et par Fra Louis de Léon, du discours sur le non-quiétisme de la sainte par Villefore ; des OEuvres complètes de saint Pierre d'Alcantaua, de salnt Jean de LA Croix, et dl 15. Jean d'Avila, formant ainsi un tout bien complet de la plus célèbre école ascétique d'Espagne, Paris, 1840-45, 4 vol. iu-'i-". « Nous présentons avec con- « liiuice, disent les auteurs de cette édition, i< les œuvres de ce génie puissant et doux à
« tous ceux qui voudraient contempler le « beau spectacle du talent et de la vertu por- « tés à leur apogée, et admirer une doctrine « tout ensemble pure, onctueuse et sublime. « L'éloge fait de sainte Thérèse convient, à « quelque différence près, à ses illustres con- « fesseurs , coadjuteurs et assesseurs. On « voit, dans leurs œuvres, souiller le môme « esprit, la même connaissance des voies de « Dieu, le même désir d'allumer le feu sacré K dans les âmes et d'y asseoir la perfection. « Moitié des kttres dans lesquelles sainte « Thérèse répandait son âme séraphique « étaient r' stées inédiles, ou n'avaient ja- « mais été traduites de l'espagnol. Pas un « mut de saint Pierre d'Aleantara n'avait non « ])lus vu le jour dans notre langue : nous « sommes donc heureux d'avoir été appelés « par la Providence à remplir une lacune si « préjudiciable à la haute vertu. Une ingé- « nieuse et généreuse piété ne sauiait fan-e « ])énétrer d.uis une maison mondaine un « livre plus propre à faire réfléchir ses habi- « tants, par le contraste de leurs habitudes « plus ou moins charnelles avec les principes « si purs de la vie consommée en Dieu. »
THÉVENIN (Nicolas), né à La Mouille, tliéologal et directeur du séminaire de Saint- Claude, devint curé de La Mouille, puis do Siinl-Claude, et enfin archiprêti'e et ollicial de ce diocèse. 11 mourut à Saint-Claude, le 2 juillet 1834, ît l'âge de quare-vingt-six ans. Il avait été exilé pour la foi, en 1792. On a de lui plusieurs écrits im|)rimés, qu'il publia au commencement de la révolution, pour prévenir les fidèles contre les erreurs de la constitution civile du clergé. Les principaux sont : un Catéchisme dogmatique sur la Religion et l'Eglise, et Discours d'un prêtre catholique du Mont-Jura, etc. Thévenin avait publié en outre, avant la révolution française de 1789, un petit écrit fort curieux, intitulé: Catéchisme curial.
THIARD ou TYARD de BissyiPonthisoe), évêque de Châlons, naquit à Bissy, dans le diocèse de Mâcon, on 1521, du lieutenant général du Maçonnais. Les belles-lettres, les mathématiques, la philosophie et la théologie, l'occupèrent tour à tour. 11 fut nommé à l'évèché de Châlons par le roi Henri 111, en 1578. On a de lui : des Poésies françaises, in-4°, Paris, 1373; des Homélies; Discours philosophiques, iii-4°, et divers autres ouvrages en latin, in-4". Ronsard dit qu'il fut l'introducteur des sonnets en France ; mais il ne fut pas celui de la bonne poésie. Ses vers, si applaudis autrefois, sont insupportables aujourd'hui ; ils ont cependant le mérite de la délicatesse d'expressions et d'idées dans un siècle où la poésie, qui vit d'images, s'en permetlait souvent do m.dhonnôtos. Ce prélat mourut en 1605, à 84 ans. 11 conserva jusqu'à la lin de sa vie la vigueur de son corps et la force de son esprit. 11 soutena-t, dit-on, cette force par le meilleur vin, qu'il buvait toujours sans eau.
THIARD UE RissY (Henri de), de la mémo famille que ie précédent, devint docteur do
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la maison et société de Sorbonne, puis évoque de Toul en 1687, ensuite de Meaux en 1704, cardinal en 1715, et enlln commandeur des ordres du roi. On a de lui plusieurs ouvrages en faveur de la constitution Unujenitus. Ce cardinal mourut en 1737, à 80 ans, av^c une grande réputation de savoir et de piété. Les éloges et les regrets des catholiques honorèrent peut-être moins sa mémoire, suivant la réilexion de saint Jérôme, que la haine et les calomnies des sectaires. Son Traité théolorjujue sur la constitution Un'genitus, en 2 vol. ii!-4°, liasse pour un des plus estimés et des plus complets sur cette matière. S'il est vrai, conuiie on l'a dit, que cet ouvrage soit du P. Germon, il n'en est pas moins certain que le cardinal n'en avait pas besoin, et que son adoption n'est qu'une approbation réfléchie. Le cardinal rend lui-même compte, dans la i>rélace, des mesures qu'il a prises pour constater le mérite du manuscrit (jui lui avait été présenté. ?)vs Instructions pastorales, 3 vol. v\-ï\ montrent un zèle vif pour l'unité de la foi et la soumission aux décrets de l'Eglise.
THIBAULT (saint), ou Thibaud, prêtre, né à Provins, d'une famille illustre, se sanctifia par les exercices de la vertu et de la mortification. Il mourut, l'an HUîO, auprès de V'icence en Italie, où il était allé se cacher pour servir Dieu avec plus de liberté.
THIBAUT (A>ne-Ale\andre-Marie), était curé de Souppes, près de Nemours (Seine-et- Marne), lorsque le clergé de ce jiays le députa aux états-généraux de 1789, et il se montra zélé partisan des innovations. Nommé évoque constitutionnel du Cantal, il fut sacré à Paris, le 3 avril 1791, et, après la session, il se retira dans ce département, qui l'élut député à la Convention nationale, au mois de septembre 1792. Dans le [)rocès de Louis XVI, Thibaut vota pour l'appel au i)eu[)le et le sursis. Il se réunit au parti de la Gironde, et s'étant vu l'objet des attaques de Carrier, Couthon et Robespierre, il n'osa |)lus ])araître à la tribune. 11 dénonça cependant, en juin 1793, la tyrannie du comité central révolutionnaire, sollicita la fixation du traitement des évoques, et, en décembre suivant, jiarla pour la mise en liberté des comédiens du ThéiUre-Français. Il se démit de l'épiscopat en même temps que Gobel (Voij. Gobei.), et il n'y voulut plus désormais rentrer, même lorsque ses confrères tentèrent plus tard de rétaolir l'église constitutionnelle. Lorsque le parti de la Montagne fut tombé, il plaida vivement la réintégration de Larévellière- Lépaux dans la Convention, prononça un discours plein de force contre Carrier, et fit un grand nombre de rapports et do projets sur les linances, les biens nationaux, etc. Ce fut lui qui, au 1" avril 1795, fit autoriser Pichegruà prendre toutes les mesures qu'il jugerait nécessaires pour le salut de la Convention, menacée par les terroristes. Elu secrétaire dans ce même mois, il manifesta encore les mômes opinions en prairial (20 mai 1795), h la suite delà seconde insurrection; mais, le 9 août, il demanda Ljue l'on
cess.1t enfin l'épuration de la Convention. Thibaut, nommé en 1796 au conseil des Cinq- Cents, sortit du Corps législatif, par le sort, en mai 1797, devint régisseur des octrois k Paris, et fut encore député, en 1799, au conseil des Cinq-Cents, par le département de Loir-et-Cher. Après la révolution du 18 brumaire i9 novembre 1799), à laquelle il se montra favorable, il fit partie de la commission intermédiaire du conseil, et fut nommé membre du tribunat. 11 y combattit, en 1801, l'établissement des bourses de commerce, s'éleva contre la défaveur qu'on s'efforçait de jeter sur ceux qui trafiquaient des etïets publics, et ne vit point dans celte branche d'industrie un agiotage répréhensible. Thibaut se plaignit, à cette occasion, du trop grand crédit que prenait le système des cautionnements, et s'exprima ainsi : « Jadis on vendait « la noblesse, les charges, et jusqu'au droit -< d'être les valets de la cour; si ce système « reprenait, bientôt les riches, qui sont parte tout insolents et souvent ignorants, possé- « deraient seuls les places honorables et lu- « cratives, etc. » Lorsqu'on lut au tiibunat, le 30 novembre de la môme année, le traité de paix avec la Russie, où l'on remarquait cette expiession : les sujets des deux puissances, Thibaut réclama contre cette formule, en faisant observer que les Français n'étaieiit sujets de |)ersonne. L'opposition qu'il manifesta contre divers projets de Bonaparte, le fit comprendre dans la première élimination du tribunat en 1802. Thibaut vécut depuis dans la retraite, et mourut en 1812.
THIBOUST (Claude-Chari-es), né à Paris, en 170G (selon la Biographie universelle de Michaud, en 170L, fut imprimeur du roi et de l'université. Dégoûté du monde, il entra au noviciat des chartreux ; et s'il ne fit pas profession dans la règle de saint Bruno, il conserva, toute sa vie, [lourcet institut l'attachement le plus tendre. Cette inclination le porta à faire une traduction en prose française tics vers latins qu'on lisait dans leur jietit cloître de Paris. Ces vers renferment la Vie de saint Bruno, peinte par Le Sueur dans 21 tableaux, qui font l'admiration des artistes et des connaisseurs. Thiboust lit deux éditions de son ouvrage. La seconde est in-4°, en 1756, sans gravures. Cet imprimeur travaillait à une traduction d'Hnrace, lorsqu'il mourut le 27 mai 1757, à Bercy, Agé de 51 ans. On a encore de lui la traduction du poëme de l'excellence de l'imprimerie, poëme qu'avait composé son père : il fit paraître cette traduction en 175V. avec le latin à côté.
THIÉBAUD (dom BEJioix), bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, et piofès de l'abbaye de Saint-Vincent de Besançon, où il avait prononcé ses vœux, le 11 juillet 1700, était un religieux instruit et laborieux. Il avait fait d'immenses recher(-hes sur tout ce qui concerne l'ordre de Saint-Benoît. Le résultat de ce travail fut un ouvrage important, intitulé : Bibliothèque générale et particulière des auteurs de tous les ordres et congréfjations dans lesquels on pratique la règle de saint Benoit, arec l'histoire de leur vie, le
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catalogue, la chronologie et les dilférnites éditions de leurs ouvrages, et à la fin l'état présnit de l'ordre de Siiiit- Benoit, où l'on trouve l'histoire de tons 1rs ordres, congrégations et monastères de l'un et de l'autre sexe gni les composent, 1 vol. \n-h°, rcst. s iiiainisfiits, et coîiservrs jusqu'à In révolulion dans la bi- Miottièquo de Vabbnye de Sauit-Vineent de Bosniiçon. L'aiileur emiiloya20 ans \\ composer cette colloction. Quolquos-uiis Font mal à propos confi indue a ver la Bililiotti'gne générale des écrivains dr l'ordre de Snint-Beiioît, Bouillo'1, 1777, V vol. in-'i-", et ont préleiidu que dora ï iébaud en était lauleur. Celle-ci e-t de dom Jean Fra/î^o/s, religieux de la môme congrégalioi. (Voy. Fnxyr.oii dom Jean, et le Dirt. des anonymes, n. 502.) Dom Jean François avait connaissance de l'ouvngede son'confière ; il assure, tom. IIF, pag. 127 du sien, « qu'il n"a point eu l'ava itage de voir ces sept volumes (manuscrits), mais (|u"il a eu celui d'avoir et de protiter d'un autre exeni|>laire de cet ouvrage, apparemment le premier brouillon, en 3 vol. m-V, d'histoire suivie, et en 1 vol. \n-k° do su])plément, qui appaite^aient à labililiothèque de Sainl-Mathias de Trêves. » Dom Benoit ThiélMud mourut h Saint-Viuceut de Bjsançon, le 5 f(''vrier 1766.
ÏHIÉBAULT (N.), curé de la paroisse de Sainte-Croix de Metz, et professeur de théologie, avait été supérieur du séminaii'u de cette ville. Il fut dépulé aux états-généraux de 1789, siégea dans l'Assemblée C'instituanto, et vota avec le côté di'oit. Lorsque cette assemblée eut terminé ses séances, il émigra avec la majeure partie du clergé resté fidèle 11 mourut pendant son émigration, à Elsenfeld sur-le-Mein, en 1791. On a de lui: Homélies sur les Evangiles, 4 vol. iu-8°, Metz, 1761 ; flontélics sur les Epitres, k vol. in-8", Metz, 1760; Doctrine chrétienne en forme de prônes, Metz, 1772, 6 vol. in-12.
THiEFFEM'ALER (Jcsepii), jésuite, né à Bolsauo, dans le comte de Tyroi, fui destiné aux missions, et s'embarqua, en 17'i3, en Portugal, pour l'Inde. Thielfent.dcr ne revint point ea Euroitc. 11 vivait encore en 1786, et se trouvait alors à Agra. On a de lui : Géographie de l'Indoustan; une Histoire naturelle de l'Inde; u i ouvrage sur la religion des Jirames ; Trois cartes du cours du Gange et du Gangra. De tous ces écrits, on n'a (jue ceux qui concernent la géographie. I,s furent |iubl es par Jean BoruouUi, sous le litre de Description historique et géographique de l'Inde, Berlin, 178G, in-4° ; elle est enriciiie de notes et de remarques des travaux d'Anquetil du Perron et du major Beuiiel; elle est aussi accompagnée de cartes.
ïHlÈN(TnoMAs), né enlIaute-Cocriinchine, dans la chrétienté dite Tiung-Oiang, province de Ouang-Buih, devint de bonne heure orphelin, et fut attaché, dès l'âge d'environ huit ans, à la suite du P. Joseph Thù, prêtre annamite, qui, dans un rapport, fait de son élève le portrait suivant : « C'est un jeune « homme d'une rare modestie ; son attrait
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« jiour le silence et la solitude lui donne de « i'éloignement pour les dissipations de son « Age ; doué d'un caractère grave et rélléchi, « il montre une précoce miturilé de jugc- « ment, sans rien laisser a|)ercevoir de lé.-^er « d ms ses manières. » Le jeune Thomas avait l'habitude de se retirer dans un lieu solitaire pour se livrer à la prière et à létude. Des tdents peu communs, une grande modestie, une figure distinguée, remarquable même pour le pays, en faisaio:)t lornenient et l'espérance de cette cliréiient'^. A[irès s'être quelque temps appliqué à l'émde du latin, sous la direction d'un missionnaire, il se rendit ;i Diloan, pour faire p.irtie du petit établissement que l'abbé Candalh y formait. 11 avait alors i8 ans. Kenc mtré jiar les soldats du mand.irin, venus pour saisir ce missionnaire, il fut arrêté : on le mit bientùt à la question pour obtenir son apostasie, ou, du moins, ([uelques renseignements sur les prédicateurs de la religion de Jésus. Après l'avoir frappé de la manière la plus cruelle, après avoir essayé sur lui plusieurs genres de tortures, les bourre lux pous-èrent la barbarie ju qu'à lui arracher la chair avec des liinccs rougirs au feu, et ensuite avec des pinces froides. Le jeune chiétien montra, au milieu de ces honibles tourments, un courage qui ne s'ébranla jias, et il ne démentît par aucune jilainte la joie qu'il manifestait pondant toute la durée de ce cruel supplice. Il eut bientôt à soutenir des épreuves |»lus redoutables de la part de quelques apostats qui se trouvaient avec lui en pi'ison, et qui lui reprochaient do prolongei' leur détention par son Ojiiniàtreté. Api'ès avoir résisté avec courage à ces attaques d un nouveau geuiP, il fut jeté dans le même cachot que l'abbé Jaccard, et conduit au supp ice avec le génériux confesseur: ils consommèrent leur martyre le 21 septembre 18.38.
THIEHHI DE NiEM, natif de Padorborn, en Westphalie, secrétaire de plusieurs papes, passa environ 30 ans à la cour de Rome. Il accom|)agna Jean XXIII au concile de Const.uice, et il mourut peu de temps après, en 1416, dans un âge avancé. On a de lui : De schismalc libri très, Nuremberg, lD.'i2, in-fol.; c'est l'histoire du vingt-deuxièinc schisme romain de 1378. Simon Schard donna une nouvelle édition augmentée d'un ([uatrième livre que 1' uteur avait intitulé : Nemus xinionis, B lie, lo6t), in-fol. L'ouvrage fut réuiiprimé à »àle, 1506, in-fol.; 1592, in-fol.; Strasbourg, 1008 et 1629; Vilw pontificam romanorum a Nicolno IV usgue ad Vrhanum Y, dans le t. 1" du Corpus script orum medii icri , de G. Eccard; Vita Joannis XXIIl, Francfort, 1620, in-4", première édition, publiée par .Melhom. Cette Vie de Jean XXH; [)L'ut, dit Lenglet-Dufresno;,-, êire coasidéié' connue une suite de l'histoire du sch sme. Le Journal de ce qui se passa au toncile de Constance, jusqu'à la déposition du pape Jer.n XXH! ; une Invective véhéiuenlc contre cet infortuné pontife, son bi nfaiteur; un Livre louchant les, privilèges et les droits des empereurs aux investitures des évéques, dans Schardii syntagina de impc-
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riali jurisdictione, Strasbourg, loOO, in-fol. Jhierri, horame niisfèro ot chagrin, fait un portrait hyporboliquo cIli la cour de Rome et du cler,é de son temps; il écrit d'un style dur et barb.ire, et no sera guère lu par ceux qui ont plus de goût et de jugement ciue lui.
THIERRI (de ViAixNEs). Voy. Yiaixnes.
THIERS (Jean-Baptiste), savant bachelier deSorbn-ine, naquitîiChartreslellnov. 1030, d'un cabareticr. Après avoir professé les humanités dans l'université de Paris , il fut curé de Cliamprond, au diocèse de Clmrtres, où il eut avec l'archidiacre- des démêlés dnut l'issue ne bd fut pas favorable. Il se brouilla ensuite avec le chapitre do Chartres, pour des raisons qui n'étaient pas plus» solides. Il fut obligé de quitter ce diocèse, et il permuta sa cure avec celL- de Vibraie au diocèse du Mans, où il mourut, âgé de 67 ans, en 1703. Cet écrivain avait une mémoire prodigieuse et une érudition très-variée; mais son caractère était bilieux, satiri(jue et inquiet. Il avait beaucoup de goût pour le genre polémique, et il se plaisait à étudier et à traiter des matières singulières. Il a exprimé dans ses livres le suc d'une inllnilé d'autres : mais il ne choisit pas toujours les auteurs les plus autorisés, les plus solides et les plus exaits. Ses prin(i[)aux ouvrages sont : un Traité des superstitions, en 4 vol. in-12; ouvrage d'une grande érudition , (]uelqiiefois peu exai't et assez prolixe. L'auteur aurait pu se dispenser de ramas'ier toutes les pratiques superstitieuses répandues dans les livres défendus , auxquelles personne ne songeait. En g'^néral, une longue et inuliic ënumération d'abus est toujours dangereuse pour des esprits IV.iljles ou peu justes , qui ne distinguent pas la substance d'avec la rouille qui la ronge. Sa critique est souvent âpre et outrée, et condamne des choses qui pouvaient être envisagées sous un jour plus favorable. Il y a même des enuri)its qui donnent à penser sur le compte de l'auleur, par ralfectalion avec laquelle il accumule les sophismes et les sarcasmes des hérétiques , pour leur opposer ensuite les réponses les plus faibles. C'est ainsi qu'en parlant (t. Il, p. 288) de 11 procession de la Fête-Dieu , il répète les horreurs que les sectidies ont dites contre cette prétendue idol.Urie, et se contente de répondre que la procession date do 300 ans, et que le concile de Trente l'a approuvée : comme si la présence réelle , et l'adoration qui en est une suite nécessaire , dépendaient de cotte procession. Traité de l'exposition du Saint-Sacrement de l'autel , Paris, 1G73, in-12, 1(377 et 1(J7;), 2 \:A. in-12. L'auteur [lar.iit condamner l'usage et la i)ratiqne actuelle de l'Eglise, et vouloir tout ramener aux anciens temps; sans cois'dérer que les erreurs de Calvin, et d autres ennemis de la présence réelle , ont raisonnablement porté l'Eglise à donner plus de pompe et de solennité, ainsi que des occasions plus fréquentes à l'adoration de ce divin iu\ stère. L,' Avocat des pauvres, qui fait voir tes obligations qu'ont tes bénéficiers de faire un
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han usage des biens de l'Eglise, Paris , 1G78, in-i2; Di-^srrla/ions sur les porehrs des é(/lises, Orléms, 1G79, in-î2; Traité de la clôture des retlfjii'uses, Paris, 1681, in-12. Ce n'est qu'un recueil de décrets des conciles l't des statuts synod lux sur cette matière. L'auteur, qui n'a presque fait que compiler, interdit aux médecins et aux évoques môme l'entrée des maisons des filles ; en général le goût de l'exagération et du paradoxe semble avoir dirigé ses l'echerches. Exercilatio adversus Joannem de Launoy ; De retinenda in eeclesiastieis tihrisvoce Paraelitus (Voi/. Sanuey); De fcstoruin dicrum iiiiminulione liber; Dissertation sur l'inscription du qrand portail du couvent des cordeliers de Reims , conçue en es termes : Dco homini, rt B. Francisco, utrique crucifixo, 1670, in-12. La critique do l'auteur sur cette inscription singulière et très-cond.unnable, est judicieuse et pleine de bO' ne théologie. Traité des jeux permis et défendus, Pa is, 1CS6, in-12; Dissertations sur les principaux autels des éqlises, les jubés des éj/tiscs et la clôture du cliceur des églises, Paris, 16 8, in-1 2 ; Histoire des perruques, où l'on fait voir leur origine, leur usage, leur for me, l'abus et V irrégularité de celles des ecclésiastiques, Paris, 1690, in-12, Avignon, 1779, in-12; Apologie de M. l'abbé de la Trappe contre les calomnies du !'. de Sainte-Marthe, Grenoble, 169'i,in-12; Traité de l'absolution de l'hérésie ; Dissertation sur la sainte larme de Vendôme, Paris, 1699, in-12. iMabillo 1 répliqua jiar une Lettre, 1700, în-8'; De la plus solide, de la plus nécessaire et la plus négligée des décotions, 1702, 2 vol. in-12; des Observations sur le nouveau bréviaire de Clung, 170i, 2 vol. in-12; Critique du livre des Flagellants , de l'abbé Boileau; elle eut i)en de succès : c'est une réfutation faible^et eniuiyeuse, quoique fondée en raison [lour le fond des choses, et dirigée contre un ouvrage qui prêtait à des critiques solides; un Traité des cloches, 1721, in-î2; Factum contre le chapitre de Chartres, in-i2; La Sauce-Robert, ou Avis salutaire àmcssire Jean- Robert, grand archidiacre, i" partie, 1676, in-S"; 2' partie, 1678, in-8°; la Sauce-Robert justifiée, « M. de Kiantz, procureur du roi au Châtelet, ou Pièces employées pour lajustijicalion de la Sauce-Robert , 1679, in-8°. Ces trois brochures, qui se relient en un seul vol. prouvent le goût de l'auteur pour la satire, et ce genre d'inconséiiuonce qui caracraclérise presque toujours les hommes dominés par l'esprit de censure et de réforme. La collection complète des OEuvres de Jean- BaptisLe Thiers forme 38 volumes in-S" ou in-12. Elle est maintenant peu estimée , quoique rare.
TillOLLAZ (Claude-Fkançois de), docteur de S'irbnnne et évoque d'Annecy, naquit le 8 avril 1752, au château de Thiollaz, [laroisse de Chauniont, en Savoie, d'une des familles les plus honorables du Genevois. Après avoir tern'iiné ses éludes au collège d'Annecy, il entra au séminaire de Saint-Sulpice à Paris en 1769. M. Biord, évèque de Genève, résidant à Annecy, le nounua chanoine de sa catiiédrale en 1779, grand-vicaire en 1780 et
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prévôt du cliapiire en 1787. A l'époque de la révolution do France , lorsque le nouvel évtViue de Genève, M. de Pa;j;'t , fut obligé de quitter son diocèse, ce fut TliidUaz qui en eut la direction, et il déi>ioyn dans son administration autant de fermeté que de prudence. La Savoie était rdors occupée par les troupes françaises , et la Convention envoya dans ce pays quatre commissaires au nombre desquels était l'évêque constitutionnel Grégoire. Ces commissaires, par une proclamation du 8 février 179;], prescriviient un serment civique à tous les membres du clergé. Le chapitre de Genève s'assembla le 13 du môme mois, sous la présidence de l'abbé de Thiollaz, et rédigea une déclaration et proteslation sur les droits de l'Eglise, sur la juridiction et l'altachement au pasteur légitime. On la trouve dans les Béantes de l'histoire de Genève, 1830, in-12. Le courage inébranlable de l'abbé de Thiollaz ne pouvait restrr impuni : il l'ut arrêté , condamné à la déportation , et traîné successivement dans les prisons de Chambéry, de Lyon, de Oelley, de Marseille, de Toulouse et de Bordeaux. Un homme dévoué d'Annecy, nommé Mathieux, le suivait partout, épiant l'occasion de le délivrer. Après une maladie grave (|ue l'abbé de Thiollaz lit au fort do Ha à Bordeaux, Malhieux réussit à le faire sortir de prison, et à-reml)arquer, le 10 juin 1793, sur un bâtiment neutre de Hambourg, qui le conduisit h Douvres. De cette ville l'abbé de Thiollaz revint à Lausanne, où i-l arriva le 8 août suivant. L'entrée de son diocèse lui était interdite ; mais il correspondait avec les prêtres de la Savoie , et il soutenait leur courage. L'invasion de la Suisse par les Français en 1798, l'obligea de passer à Venise, et c'est là qu'il composa son Essai sur la nature de l'autorité souveraine, dans lequel il combattait les nouvelles tliéories de la souveraineté du peuple. Cet ouvrage a été imprimé en 1817. Rentré dans sa patrie en 1802, l'abbé de Thiollaz fut nommé par le nouvel évêque, M. de Mérinville, prévôt du chapitre et grand-vicaire, avec la charge spéciale du département de Léman , chai'ge dont il partageait les soins avec; l'abbé Bigex, qui fut plus tard arclievé(jue de Chambéry. M. Dessoles, qui remplaça M. de Mérinville en 1803, leur confirma leurs pouvoirs, et en 1807, l'abbé de Thiollaz établit le petit séminaire de La Roche. Lors du concordat de 1817, il fut nommé évêque de Castres , et M. Bigex fut appelé à occuper le siège d'Aire : mais le mi de Sard.iigne ne vtnilut point se priver de deux hommes si utiles : :*1. Bigex fut nommé à l'évèché de Pignerol, et en 1822 son ami le fut à celui d'Annecy. Le sacre do ce dernier se lit à Turin le 27 avril 1823. Dès l'année précédente, il avait commencé à rétablir le premier monastère de la Visitation <'i Annecy : la reine de Sardaigne fournit les fonds de celte entreprise et le roi posa le lU août 182'i. la première pierre de l'église du couvent. Les reliques de saint François de Sales fiu'cnt transférées avec pompe le 21 ûoûtl826danslanouveUe église, etdeuxjours
après la même cérémonieeut lieu pour les reliques de sainte Chantai. Le prélat gouverna son église avec le môme zèle qu'il avait déploya' dans le temps des tourmentes révolutionnaires; il mourut le 14- mars 1832, léguant tout ce qu'il possédait aux églises , au séminaire, aux prêtres Agés et infirmes, aux missions diocésaines et aux établissements qui recueillaient les enfants pauvres d'Annecy. Aprè-^ la révolution française de juillet 1830, il avait attiré les missionnaires franfiis dans son diocèse, et, dans le cours de ;^aver suivant, il prit 'une p.irt assidue aux e ercices de la mission qui fut donnée par MM. Guyon et Déplace. Son Oraison funèbre, jirononcée par M. l'abbé Challamol, clianoine de la cathédrale et professeur de théologie, a été imprimée h Annecy, 1832, in-8°.
THIROUX (dom Jean-Evangéliste), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur , naquit à Autun en 1G63, d'une famille trèscoiisidérée dans cette ville. Il entra dans la congrégation de Saint-Maiir en 1680, et fit profession le 29 avril 1681, dans l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Après ses cours , il jirofessa la philosophie et la théologie dans quelques monastères de la congrégation, notamment à Saint-Remi de Reims , et fut ensuite prieur de Nogent-sous-Coucy, et de Saint-Nicaise de Meulan. Pendant qu'il professait à Reims, dom Thlerri de Viaixnes, de la congrégation de Saint-Vannes, exerçait aussi cet emploi à Hautvilliers. Le même genre d'occupation, le môme goût pour l'étude, et la conformité des sentiments sur des points agiles alors, contribuèrent à lier ces deux professeurs. Ce fut pour dom Thiroux la source de beaucoup de désagréments et d'une longue détention. Le 25 octobre 1703, dom Thiroux fut arrêté à Meulan par ordre du roi et conduit à la Bastdle. Quelques jours aupai avant , dom Thierri de Viaixnes avait été ari'èté et mené à Vincennes. On avait saisi les papiers de dom Thiroux, et surtout les cahiers de philosophie et de théologie qu'il avait dictés à ses écoliers, et on sut que des théologiens jésuites les examinaient à Mont-Louis, maison de campagne du P. de la Chaise. Les supérieurs de la congrégation firent les démarches convenables pour délivrer dom 'J'hiroux, ou savoir au moins la cause de sa captivité; mais ils ne purent rien en apiirendre. Pour charmer l'ennui de sa prison , et pour ne point perdre par la désuétude le fruit de ses veilles, dom Tbiroux s'était avisé de faire chaque jour, dans sa prison, deux leçons de philosophie on de théologie, comme s'il avait eu des auditeurs. Ayant ensuite obtenu des livres et de ciuoi écrire , il composa un Abrégé de théologie, et apprit ausçi l'hébreu et l'anglais de deux- ecclésiastiques avec lesquels il avait eu periuission de communiquer. Ce religieux demeura h la Bastille jusqu'au 13 février 1710, époque où il fut élargi, et amené à Saiut-Germain-des-Prés ; mais, quelque temps après, un ordre du roi le relégua à rabl)aye de Bonneval, avec défense d'en sortir, et interdiction de tout office sans
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une permission préalable, obtenue au gouveinoment. On sut alors que quelques écrits sur les alFaires du temps, une visite que dom Thiroux et dom de Viaixnes avaient faite au.P. Quesnel, en Hollande, une rorrespoiidance avec ce Père de la part des deux religieux , avaient été la juste cause de leur disgrâce. Dora de Viaixnes était aussi sorti du donjon de Vincennes, mais avait été traité plus sévèrement {Voy. Viaixnes). Louis XIV étant mort le 1" septembre 1715, dom Thiroux fut rappelé A Saint-tjermain-dos-Prés; il passa de là à l'abbaye de Saint-Denis, où il travailla avec doiu Denis de Sainie-Marthe, occupé alors du nouveau Ga//»a c/iz-is^ù/nf?. Il y resta jusqu'en 1727. Il alla ensuite à Corbigny, puis à Molesme, et enlin a Saint-Germain-d'Auxerre, où il mourut le iï septembre 1731. On a de lui : TIteologia pauperum sacerdolum , ouvrage composé pour les ecclésiastiques de la campagne. Il est resté inédit, et pouvait former trois ou quatre volumes. C'est VAbrégé qu'il composa étant à la Bastille. Oraison funèbre de monseigneur le duc d Orléans , frcre unique de Louis XIV, prononcée dans l'église de l'abbaye de Saint- Corneille de Comi>iègne, 1701; une part dans les travaux du nouveau Gallia christiana. Il coopéra aux trois premiers volumes avec dom Félix Hodin et dom .losepii Duclou; il dressa des Mémoires pour des métropoles entières, et on croit que le IV' tome est son ouvrage.
THIULEN (Laurent-Ignace), né h Gotiienbourg en Suède le 22 octobre 17i6, d'une famille honorable de Stockholm, jiortait dans ses premières années le nom de Birger; on voulut, dans sa jeunesse, le placer dans les pages de la reine, mais il préféra voyager pour ajiprendre le commerce. Il se rendit à Lisbonne, puis h Cadix, où se trouvaient alors les jésuites du Mexique qu'on allait dépiirter en Italie. Thiulen fit la connaissance du savaiU Ilurriaga, qui prit intérêt à lui. Le jeune Suédois avait alors vingt-deux ans; il s'embarqua secrèlemeiit sur h; i)Atiment qni transportait alors les jésuites en Italie. C'était sans doute un acte de courage peu commun que de renoncer à des espérances de fortune pour suivre des proscrits, des hommes qu'en Suède ses parents lui avaient apjiris ;i regarder comme d'odieux fanatiques. Les jésuites furent débarqués en Corse, et Thiulen partagea d'abord leur prison. Mais ensuite le couunandant français à Ajaccio le lit mettre en liberté. Il se rendit à Gènes, et de là à Ferrare, où les jésuites du Mexique résidaient, et c'est là qu'il ahjura le luthéranisme, bravant ainsi les lois sévères de son pays contre les catholiques. Bien qu'un mariage avantageux lui eût été [iroposé à Ferrare, il entra chez les jésuites, et fut envoyé à Bologne, où il fit les premiers vœux. Bientôt les jésuites furent inquiétés même dans l'Etat de l'Eglise ; on les obligea de congédier leurs novic< s el ju-^qu'aux )mofès des vœux simples. Thiulen fut envoyé au collège de Modène. La suppression delà société en 1773, le mettait dans un grand
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embarras ; n était étranger, isolé, n'ayant droit à aucune pension, parce qu'il n'avait pas fait ses vœux, et ayant perdu ses biens par suite de son abjuration. Les marquis Valenti Gonzaga de Mantoue, et Malvezzi de Bologne lui offrirent un asile. 11 accepta les offres du second et se fixa dans cette ville, où il fut élevé au sacerdoce et enseigna la rhétorique aux écoles pies. Un violent mai de tête l'empêcha pendant quelque temps do se livrer à l'étude; mais il en fut délivré en priant devant la relique de saint Pierre-Damien. A l'époque de la révolution française il rédigea la Gazette de Bologne, où il donna des morceaux des gazettes allemandes. Les autres ouvrages qu on a de lui sont : le Tableau général de la Suède, Bologne, 1790 , 2 vol. in-8"; c'est une traduct. italienne de l'ouvrage français de Catteau-Calleville. Rébellion des animaux contre l'homme, 1794, in-8° ; c'est un apologue ingénieux en vers. Vocabulaire pour entendre la langue révolutionnaire, Venise, 1790, 2 vol. in-8°; Réfutation de Bolgeni sur le serment civique; il avait déjà publié sur ce sujet un ojiuscule sous le titre d'opinion... Fastes de la révolution française, 3 vol. in-S" ; Histoire universelle, sacrée et profane: c'est la suite de celle dHardion et Linguct ; il ajouta 11 volumes pour l'histoire du xviir siècle, 1804 et 1806. Sur le zodiaque d'Egijpte, Venise, 1802; traduction de l'allemaid du jésuite Gussmann. Dialogue des morts , Bologne, 1816, 12 vol. Thiulen fut encouragé dans ses travaux par Pie VI, qui lui adressa un bref honorable. Le cardinal Vice ni lui donna des marques d'estime; Gustave III, roi de Suède, lui accorda de son propre mouvement main levée du bannissement et de la confiscation ; mais ce prince n'existait plus quand le rescrit royal arriva en Italie. Thiulen fut banni de Bologne dans les premières années de la république Cisalpine ; il se retira à Rome et y travailla, diton, à réprimer un attentat de rébellion assez connu dans l histoire ; « Ainsi s'exprime la « Gazette de Bologne: mais nous ne savons, « ( dit l'Ami de la Religion, n" 2223, à d'où « nous extrayons cette notice) à quel trait « elle veut faire allusion. » Thiulen resta à Rome chez le chargé d'affaires de Suèdejusqu'en 1799, que les Autrichiens occupèrent Bulogne. Alors il se hâta d'y retourner; mais il dut en partir après la victoire de Marengo. Venise lui servit d'asile; il s'y occupait de traduire en italien des livres français et allemands. De retour à Bologne , il y habita constamment chez le professeur Atti el ses fils. C'est dans celte ville qu'il est mort le 5 décembre 1833, dans un âge trèsavancé.
THOLA, de la tribu d'Issachar, fut établi juge du peuple d'Israël, l'an 1232 avant Jésus-Christ, et le gouverna pendant 28 ans. C'est sous ce juge qu'arriva l'histoire de Ruth.
THOMAS (saint), apôtre, surnommé Didyme, qui veut din Jumeau, é;ait de Galilée. 11 fui appelé à l'aposîolat la 2' année de la prédication de Jésus-Christ. Le Sauveur,
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après sa rdsutrection, s'étant fa.t voir â ses disciplps, Thomas ne se trouva pas avec eux lorsqu'il vint, et ne voulut rien croire lie cette aiiparilion. 11 ajouta « qu'il ne ci-oirait « point que Jésus-Christ f'ilt icssusciti'', à « moins qu"il ne mit sa main dans l'ouvcr- « ture (le son côté, et ses doij^ts dans les i< trous des clous. » Le Sauveur confondit son incrédulité en lui accordant ce qu'il demandai! ; co (|ui a l'ait dire à un Père « que « rincré(hilité de Thomas avait été plus utile « h rE,;lise, en constatant la réalité de la «résurrection de Jésus-Christ, que la foi « prompte et facile des autres apôtres. » ApTès l'Ascension, les apôtres s'étant dispersés pour prêcher l'Evangile par toute la terre, Thomas en porta la lumière dans les pays des Parthes, des Perses, des Mèdes, et uiéme, suivant une ancienne tradition , jus(iue dans les Indes. On croit qu'il y souifrit le niartyre dans la ville de Calamine, d'oii son corps fut transporté îi Edesse, oij il a été honoré pendant les premiers siècles de l'Eglise. La situation de cette ville de Calamine est inconnue aujourd'hui; Tillemont conjecture que c'est Calamone dans l'Arabie [Histoire ecclésiastique, i, 613). D'autres prétendent qwe ce lut <^ Méliapour ou Saint-Tliomé , autre ville des Indes, que ce saint fut mis à mort. Les Portugais soutiennent que son corps y ayant été trouvé dans les ruines d'une ancienne église qui lui était dédiée, on le transporta à Goa, où on l'honore encore aujourd'hui; mais cette découverte est appuyée sur des raisons trop peu décisives pour mériter le sutiVage d'une critique exa. te. Voy. la réllexion qui se trouve à la lin de l'article de saint Jacquks le Majeur. — On représente ce saint tenant une règle et une équerrc, parce que, fais-\nt allusion à la Jérusalem céleste, il s'annonçait le disciple d'un savant architecte. l>es divers ouvrages attribués à saint Thomas sont apocryphes, et ont été condamnés par le pape Gélasc.
Dom Calmet , dans son Dictionnaire de la Bible, conjecture que le faux Evangile de saint Thomas est le même que celui de Y Enfance de Jésus, publié ])ar Fabririus, dans le Codex pseudepifjrapftus Novi Tcstavtcnti. L'Eglise latiue célèbre la fête de cet apôtre le àl décembre , et l'Eglise grecque le 6 octobre.
TIIO.MAS DTî Cantorbéry (saint) , dont le nom de famille était Bcckct, vit le jour à Londres en 1117. Après avoir fait ses études h Oxford et à Paris, il retourna dans sa patrie, et s'y livra à tous les plaisirs d'une jeunesse dissipée ; mais un danger qu'il courut <i la chasse le lit rentrer en lui-même. La jurisprudence dos alfaires civiles, auxquelles il s'appliqua avec assiduité, lui lit un nom célèbre. Thibauii, archevêque de (;anlorbéi:y, lui dontia l'archidiaconé de son é,-,li,se, et lui obtint l.i dignité de chancelier d'Angleterre, sous Henri II, qui l'éleva, en 1162, après bien d s résistances de sa part, sur le siège de Cantorbéry. Thomas ne vécut i)as long^ temps en paix avec son souverain, comme il k' lui avi>il iiréd'l. !,i\s .\nglais prétendeut
(jue les premières brouillerins vinrent d'un prêtre qui commit un meurtre, et que l'archevêque ne punit pas assez rigoureusement ; mais la véritable origine fut son zèle pour les jiriviléges de son égl se. Ce zèle, qui paraissait tro|) ardent au roi et à ses ministres, lui fit bien des ennemis. On l'accusa devant les pairs d'avoir malvcrsé pendant qu'il occupait la charge de chancelier, dont il venait de se démettre ; mais il refusa de répondre à ces imputations injustes, qu'il savait n'être qu'un moyen imaginé pour le perdre, et rpie ses advi rsaires mômes ne croyaient pas. Condamné h la prison, il se retira ;\ l'abbaye de Pontigni, et ensuite auprès de Louis le Jeune, roi de France. 11 excommunia la plupart des seigneurs (]uicom(iosaicnt le conseil de Henri II lui écrivait : « Je « vous dois, h la vérilé, révérence comme à « mon roi; mais je vous dois ch;1tiraent comme « à mon lils spirituel. » Henri H adopta dfs vues de conciliation ; et, après quelques difficultés, la paix se Ut entre le roi et le prélat. Saint Thomas revint en Angleterre l'an 1170, et la guerre ne tarda i)as à être rallumée, les courtisans ramenant toujours le roi <i ses anciens erreme^its, et l'irritant contre l'inflexible prélat. Henri II élait alors en Normandie dans son château do Bures, près de Caen, et non prèsdeBayeux, couime le dit Smolett. Fatigué de ces rappmts , et personnellement irrité contre Thomas, il s'écria dans un accès de colère : « Est-il possible qu'aucun de ceux que «j'ai comblés de bienfaits ne me venge d'un « prêtre 1 » Aussitôt quatre de ses gentilshommes passent la mer et vont assommer le |irélal à coup de massue au pied de l'autel, le 9 déc. 1170, en la 53° année de son <1ge, et la 9' de son épiscopat. Sa piété temire, son zèle, ses vertus épiscopales, le firent mettre au nomi)re des saints par Alexandre IIF, 'en 1173. Depuis que l'Angleterre est tombée dans le désordre du schisme et de l'hérésie, on a vu le fanatique Burnet déchirer la mémoire de ce saiiU prélat, jusqu'h lui iiréférer l'infAmeCrammer. Bo«suet l'a excellemment justifié dans >ui parailèh; qui rend aussi sensibles les vertus et la sainteté de l'un, que les crimes et la scélératesse de l'autre, et fini-t par ce passage remai'quable : « Il com- « battit jusqu'au sang pour les moindres « droits de l'Eglise ; et en soutenant ses pré- « rogatives, tant celles qu(; Jésus-t^hrist lui « avait acquises , que celles que les rois « piinix lui avaient données, il défendit jus- « qu'aux dehors do cette sainte cité. » On a de lui : divers Traités, pleins d'érudition et de bonne théologie, quoique tout n'y soit pas exact ; dos Epîtres publiées parChrislianus Lu[ius , -2 vol. in-'i% Bruxelles, 1682. Elles sont curieuses et ne peuvent que donner une id''e avantageuse de l'esprit et du cœur de l'illustre prélat. Un cantique à la Vierge, qui commence | ar (iaude flore virffinnli. Du Fossé a écrit sa Vie en français, in- 8" (1) ; Christianus Lupus et Stapletun l'ont
(1) La Biographie univeraclle ea Éité une a4tli*épaf Cainjjousl ilc PoaiclKistoaii sous le nom de Beau-
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écrite en latin. La Relation de sa movv, par un témoin 'oculaire, Jeun do S.ilisbury, se trouve dans le Thésaurus de Martène. Gréjjoire V'I fil réunir cinatre Vies diverses de s;:int Thomns, sons le titre de (Juadrilogus. Nous ne |>ouvons mieux linir cet article que par la réllexion suivante : « De quelque nia- « nière, dit un sa^e tliéologien, que lessaints « se soien-t cimduils, ils ne peuvent éviter « d'être condaiiuiés au trbunal des incrédu- « les. Lorsque, dans les premiers siècles, ils « se sont laissé traîner au sup;.>lice sans ré- « sistance, (-'étaient des imliéiilles, des fa- « natiques abusés par des fables et des pres- « tiges. Dans les sècles suivants, lorsqu'ils « ont défendu des droits fondés sur une lon- « gue possession , et sur la )iu'is|irudence « universelle , ce sont des insolents ambi- « tieux, qui ont troublé le re;iOs des nations. « Ceux qui ont soutlVi't en sileiiee la déjira- « vat on des cours et le iibert nage des rois, « étaient des àraes vih s et corrompues, qui « n'ont pas eu le courage de dire la vérité, « et de tenir parti |)our la justicr. Se sout-ils « élevés contre le brigandage qui a régné si « longtemps dans toutes les contrées de l'Eu- « rope, voilà des séditieux et des r belles. « Ceux qui ont quilté le monde pour s'éloi- « gncr de la corru[)tion, étaient des enttiou- « siastes mélancoliques , des fainéants inu- « tiles à la société. Si d'autres, en considé- « ration de leurs talents et de leurs vertus, « ont été placés h la tête des atfaires , c'est « l'ambition et l'hypocrisie (|ui les y a con- « duits. Dans le temps que l'Eglise était pau- « vre, on fait un ciime à ses ministres d'a- « voir vécu d'aumônes ; lorsqu'on lui a « confié des richesses pour les mettre à cout vert de la rapacité des grands, on lui re- « proche d'avoir tout envahi. Que faudrait-il « pour satisfaire des censeurs aussi capri- « cieus ? Les engraisser aux dépens de l'E- « glise, des pauvres, des établissements de «iharité; alors peuf-;''tre ils nous permet- « traient de croire en Dieu. »
THOMAS, archidiacre de Spalatro, né en 1200, illustra ce pajs par ses mœurs et sa science, et mourut l'r.n 12G8. Ou a de lui : Hi»lo)'ia Salonitarum pontijkum atque Spa~ lalLiisiuin, publiée jiar Malliias Behus dans sa collection des historiens de Hongrie , tùine lîl, 17i8. Jean Lucii.s a beauc. up profité de l'ouvrage de Thomas, pour publier Dalmatia iUusirala, Amsierdam, ICbô, quoiqu'il la critique souvent avec aigreur:
exemple d'ingiatitude tideieme it imité par presque tous les écrivains modernes.
THOMAS DE Catimpré ou de Cantimpré {Cuntiprulanus), né en 1-201 à Lewes-Saint- Piene, près de Bruxelles, fut d'abord chanoine régulier de Sainl-Augustm, dans l'abbaye de Catimpié, près de Cambrai, puis religieux de l'ordje de Saint-Dominique , vers l'an 1232. Il est connu : par un traité des devoirs des sujiérieurs et drs inférieurs, publié sous ce titre singulier : Bonum uni-
Ijeu, 1C79, in-4°; et à fariicle rfu Fosse, ou dit que ce fut cet auieur qui se caclia sous ce iioni.
vrrmle de apibus , ouvrage historique et ascétique. L'auteur y montre de l'érudition ; il y a une quantité de faits curieux et édifiants, mais dont plusieurs échapperaient avec pfine à une critique sévèro. Vie de sainte LuKjarde. La meilleure édition est celle de Douai , 1627; elle est accompagnée de notes et de la Vie de l'auteur, ]iar (îe(.rfies Colvenerius , docteur en théologie de Douai. Le P. Vincent Willart, dominicain, a donné une traduction de ci t ouvrage, Bruxelles, 1650, in-V; Vie de sainte Chrisiine, lllle célèbre dans le xiir siècle. (Voy. Christine DE Bui'zo et CniusTiXE VAaniirable dans le môme article.) Cette Vie se trouve, ainsi que celle de sainte Lutgarde, dans Surius et les Aela sanctorum du mois de juin, etc. C est à tort (|ue (pielqui'S-uns croient qu'il a été évoque sulfragant de Cambrai. Ce savant religieux mourut en 1280, et selon quelquesuns en 12GJ.
THOM/^S d'Aquin (saint), naquit en 1227 d'une famille illustre, à Aquin, petite ville de Campanie, au ro.aumi' de Naples. Landulphe, son père, l'avait envoyé dèsî'jlge de 5 ans au Mo it-Cassin, et de \h à Najdes, où il étudia la grammaire et la philosophie. Thomas commençait à y faire paraître ses talents, quand il entra chez les frères-prôcheurs au couvent de S.iint-Dominiqne de Naples, l'an 1243. Ses parents s'o,iposèrent à sa vocation ; pou.- l'arracher A leur persécution, ses sufiérieurs l'envoyèrent à Paris. Comme il était en chemin, et qu'il se reposait auprès d'une fontaine, s; s fi'ères l'enlevèrent et l'enièrmèrent dans un chàte;:u de leur père, où il fut captif pendant j.lus d'un an. On y inu loya tout pour le rendre au monde. Une lille pleine d'attraits et d'enjouement fut introduite dgns sa chambre ; mais Thomas, insensible À ses caresses, la poursuivit avec un tison ardent. Entin, quand on vit qu'il était inébranlable dans sa résoluiion, on soutfrit qu'il se sauviU par la fenêtre de sa chambre. Son général, glorieux d'une telle concpiête, l'amena avec lui h Paris, et le conauisit peu après à Cologne, pour faire ses études sous Albert le Grand, qui > enseignait avec un succès distingué. La profonde méditation du jeune dominicain le rendait fort taciturne; ses compagnons le cro,. ant stupide , l'appelaient le Bœuf muet; ma;s Albert ayant bientôt reconnu sa grande capacité , leur dit : « Que « les mugissements de ce bœuf retentiraient « un jour dans tout l'univers. » L'an 12V6, son maître fut nommé pour expliquer les Sentences à Paris, où il fut suivi du jeune Thomas, (jui étudia dans l'université de cette ville jusqu'en 1248. Albert, alors docteur en théologie, étant retourné à Cologne pour y enseigner cette science, son disci[)le l'y suivit, et enseigna en même temps la philosophie, l'Ecriture sainte et les Sentences, et parut en tout digne de son maitre. Les dillerends ([ui survinrent entre les séculiers et les réguliers dans l'université retaixlèrent son doctorat. 11 retourna en Italie, et se rendit à Auagni, auprès du pape. Al-
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bert le Grand y ('■tait di'jh depuis un an avec saint Bonavenlurt'. Ils y travaillèrent tous les trois à défendre leur ordre contre (îuillaume de Saint-Amour, ol h faire condamner son livre des Périls des derniers temps. Saint Thomas revint à Paris en 1253, y fut reçu docteur en 1257, et s'y distingua par ses leçons et ses prédications. Le jiajie Clément IV lui otlYit l'archevêché de Naples ; mais le saint docteur ne voulut point se charger d'un fardeau si pesant. Saint Louis, aussi sensible à son mérite que le pontife romain, l'appela souvent à sa cour. Thomas y portait une extrême humilité et un esprit plus occupé de ses études que de toutes les grandeurs ijui l'environnaient. Uu jour qu'il avait la tête remplie des objections des nouveaux manichéens, il se trouva à la table du roi, resjirit entièrement absorbé dans cet objet. Après un long silence, frappant de la main sur la fable, il dit assez haut : Voilà qui est décisif contre les manichéens . Le prieur des frères-prêcheurs, qui l'accompagn.iit, le fit souvenir du lieu où il était , et Thomas demanda pardon au roi de cette distraction; mais saint Louis en fut éditié , et voulut qu'un de ses secrétaires écrivît aussitôt l'argument qui se trouva être très-solide. Thomas fut toujours dans une gi-ande considération auprès des pontifes romains. Le pape Grégoire X, devant tenir un concile à Lyon l'an 1274-, l'y appela. Thomas s'étant fixé à Naples, où il avait été envoyé en 1272, après le chapitre général de l'ordre, tenu à la Pentecôte, à Florence, l'université de Paris écrivit à ce chapitre, demandant instamment qu'on lui envoyât le saint docteur; mais Charles , roi de Sicile, fière de saint Louis, l'emporta et obtint que Thomas vînt enseigner dans sa ville capitale, dont il avait refusé l'archevêché. Ce prince lui assigna une pension d'une once d'oi- par mois. Le saint docteur partit de Niples pour se rendre à Lyon, suivant l'ordre du pape; mais il tomba malade dans la Campanie. Comme il ne se trouvait point d?jis le voisinage de couvent de frères-prêcheurs, il s'arrêta à Fosse-Neuve , abbaye célèbre de l'ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Terracine. Ce fut da-is ce monastère qu'il rendit l'àme, le 7 mars 127'i., âgé de 48 ans : vie bien courte, en comparaison de la nuiltitude et de l'excellence de ses écrits. Jean XXII le mit au nombre des saints, en 1313. De tous les scolastiques des temps de barbarie, il est sans contredit le plus solide, le plus judicieux et le plus net. Les titres d'Ange de l'école, de Docteur angélique et d'Aigle des théologiens, qu'o'i lui doina, ne durent pas paraître outrés à ses contemporains. « Ses ou- « vrages, dit un critique judicieux, annon- « cent u!i génie vaste et profond, un juge- « ment exquis, une clarté admuable et une « précision unique. Soit qu'il établisse les a vérités de la foi, soit qu'il réponde aux « ditlicultés, on voit rarement qu'il puisse « ajouter à ce qu'il a dit : ce qui, joint au « temps où il lournissait sa carrière, dans « un champ à peine défriché, le fait consi-
« dérer avec raison comme un esprit d'un « ordre presque surhumain, et suscité ex- « traordinaiiement pour éclairer l'école. » 11 avait une si grande facilité, qu'il dictait, sur ditférentes matières, à trois écrivains , et quelquefois à quatre en même temps. Tous ses ouvrages ont été imprimés plusieurs fois, et entre autres en 1570, à Rome, 18 tomes en 17 vol. in-fol. ; mais il y en a quelques-uns qui ne sont pas du saiiil, et on en a oublié d'autres qu'on trouve imprimés séparément. On a deux autres éditions de ses OEuvres. l'une en 12 vul. à Anvers, et l'autre dirigée par le P. Nicolai, en 19 vol. On a imprimé, sous son nom. Sécréta alchymiœ magnalia, Cologne, 1579, in-4° ; ouvrage qui n'est ni de lui ni digne de lui. On lui attribue aussi des Commentaires sur la Genèse et sur les Livres des Machabées, que saint Antcnin assure n'être pas de lui. Parmi ceux qu'on ne lui conteste pas, sa Somme co'iserve encore aujourd'hui la grande réputation qu'elle eut d'abord, et qu'elle mérite en effet. Solide dans l'établissement des principes, exact dans les raisonnements , clair dans l'expression , il pourrait être le meilleur modèle des théologiens, si son style était plus mâle et plus pur, et surtout s'il eût dégagé une science simple par sa nature d'une multitude de recherches et de dissertations qui paraissent ou inutiles ou étrangères, et s'il eût tourné exclusivement vers les matières essentielles de la religion les ressources de son érudition et de son génie. 11 faut convenir cependant qu'on s'élève aujourd'hui trop contre les questions purement scolastiques, et que des discussions peu importantes [lar leur objet direct peuvent avoir de bons elTets sur les esprits , en les obligeant, pour appuyer leurs assertions quelconques, de savoir 1 Ecriture sainte, les Conciles et les Pères; en les exerçant dans les règles d'une bonne logique ; en leur apprenant à dévoiler un sophisme, et à saisir avec certitude la justesse d'une conséquence. Depuis que les contestations scolastiques sont tombées, dit Feller, l'étude de l'antiquité ecclésiasiique et de la théologie même dogmatique est négligée, l'art de raisonner s'alfaiblit d'une manière visible , les ouvrages les plus vantés ne sont qu'un ensemble de paralogismes et de contradictions; avec le mérite du style et quelquefois de la science, ils n'ont pas celui d'un raisonnement juste. A cela ajoutons l'avantage d'occuper l'activité de l'esprit humain par des méditations innocentes , et de détourner ses regards inquiets des clioses où ses erreurs ne peuvent être indiirérentes. Quand les questions scolastiques existaient, les grandes vérités de la foi, de la morale, les maximes constitutives des gouvernements, de la société civile et ecclésiastique étaient à l'abri de la contradiction ; on ne disputait pas sur ces grands objets, on ne les contestait pas, parce que l'inquiétude naturelle de la raison se nourrissait des spéculations où 1.' bonheur des hommes et les vérités éternelles n'étaient pas compromis : aujourd'hui elle porte partout des regards
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téméraires et destructeurs ; semblable, comme dit lîajie, â ces poudres corrosives qui, après avoir consumé les chairs baveuses d'une plaie, rongent la chair vive, carient les os, et percent jusqu'aux tnoelles. Qnsnd la baleine, dans sa fureur ou dans la véhémence de ses ébats, menace de submerger quelque navire que la lempêle emmène dans ses eaux, on anuise ce monstre des mers en lui jetant un tonneau vide : occupé de cette marotte, devenue pour lui un objet important, il laisse passer les navigateurs, et un spectacle innocent remplace l'aspect d'une mort inévitable. «Voilà, dit un homme d'esprit, une «c image réalisée parmi nous : le tonneau « rempli d'air est notre vieille philosophie, « et, si l'on veut, une bonne partie de la « vieille théologie ; le monstre menaçant est « l'inquiète raison; le navire, le dépôt pré- « cieux des vérités salutaires. » ( Voij. Anselme, DuNS, H ANGEST, SuARiks. ) Lcs Opuscules de saint Thomas, sur des questions de morale, montrent la justesse de son sens et sa prudence chrétienne. On le reconnaît encore dans ses Commentaires sur les Psaumes, sur les Epîtres de saint Paul aux llomains, aux Hébreux, et sur la l" aux Corinthiens ; et dans sa Cliaine dorée sur les Evangiles. Pour les Commentaires sur les autres Epîtres de saint Paul, sur Isaïe, Jérémie, saint Matthieu, saint Jean, cène sont que des extraits de ses leçons, faits par des écoliers. Ses Sermons ne sont aussi que des copies faites par ses auditeurs après l'avoir entendu. Son Office du Saint-Sacrement est un des plus beaux du bréviaire romain. Les cantiques Sacris solemniis, Verbum supernum, Pange, lingua, et surtout le Lauda, Sion, unissent l'onction de la piété au langage de l'exacte théologie ; le choix des mots est si propre, les expressions si heureuses, la cadence si sonore et si naturelle, qu'on les considère avec raison comme le fruit d'un génie rare et de plus, comme le fruit d'un homme choisi par la Providence pour célébrer avec dignité le plus auguste des mystères chrétiens. Santeuil disait qu'il donnerait volontiers tout ce qu'il avait fait de vers pour une seule strophe du Verbum supernum, savoir la suivante :
Se nascens dédit sociiim, Convescens in pduliiim, Se moriens in preliiim, Se regnans dat in prxmium.
Voy. la Vie de ce saint par le P. Tournon, Paris, 1737, in-i°; et par l'abbé Barcille, 184G, in-8". THOMAS (Hubert), natif de Liège, s'appliqua avec succès au droit, devint conseiller intime de Louis, électeur palatin , puis secrétaire de Frédéric II, son successeur. Il gagna tellement la confiance de ce prince, qu'il l'envoya en qualité d'ambassadeur à la cour de Charles-Quint, de François I", de Henri VIII, et de presque tous les princes d'Italie. Ces emplois ne l'empêchèrent pas de donner au public plusieurs ouvrages, entre autres : De l'origine des Tongrois et des EburoHs, Strasbourg, 15?i-l, Anvers, 1630, et dans la Collection des écrivains d'Allemagne de Schardius ; Annales, ou la Vie de Frédé-
DlCTIONN. DE BlOeRAPUlK REUG. IIL
rie II,' électeur palatin, Francfort, 1G24-, in-4°; uno Description des édifices de ce prince ; des Antiquités d'Hcidelbcrg, etc. Ces ouvrages sont bien écrits en latin, le style de l'auteur est assez pur, élégant et du plus grand intérêt; mais sa critique est peu sûre, il adoi)te des traditions populaires sans examen. lîuffon ne s'en est pas assez délié, en rapiiortant sur sa parole l'histoire du prétendu port de Tongres, dans un temps où cette ville n'existait pas encore.
THOMAS DE Villeneuve (saint), prit le nom de Villeneuve du lieu de sa naissance, qui est un village ainsi nommé dans le diocèse de Tolède. Il fut élevé à Alcala, où il devint professeur en théologie. On lui olfrit une chaire à Salamanque, mais il aima mieux entrer dans l'ordre de Saint-Augustin. Ses sermons, ses directions, ses leçons de théologie et ses vertus lui firent bientôt un nom célèbre. L'empereur Cliarlcs-Quint et Isabelle son épouse voulurent l'avoir pour leur préiJicateur ordinaire. Ce prince le nomma à l'archevêché de Grenade , qu'il ne voulut point accepter; mais celui du Valence étant venu à vaquer, Charles-Quint le lui donna, et ses supérieurs le contraignirent de le recevoir. Thomas eut toutes les vertus épiscopales, mais il brilla surtout par sa charité envers les pauvres. Il leur lit distribuer, avant de mourir, tout ce qu'il avait, jusqu'au lit même sur lequel il était couché ; car il le donna au geôlier des prisons épiscopales, le priant de le lui prêter pour le peu de temps qui lui restait à vivre. 11 linit saintement sa carrière en 1535, à 07 ans. On a de lui 1 vol. de Sermons, et un Commentaire sur le Cantique des cantiques, publiés à Alcala en 1581 , et à Augsbourg, 1757, in-fol. Voyez sa Vie par le P. Claude Maimbourg du même ordre, Paris, 166G, in-12.
THO.MAS DE JÉSUS , ou Didace Sanche d'Avila, né à Baéça dans l'Andalousie, vers loG8, embrassa l'ordre des carmes déchaussés, h Valladolid eu 1586, fut |)rieur, |)rovincial de Castille, détiniteur-général d{; la congrégation d'Espagne. C'est à lui que les carmes doivent l'établissement de leurs maisons nommées Ermitages. Il voulut établir une congrégation dans son ordre, unitpiement destinée à la propagation de la foi chez les inlidèles; mais il n'eut pas la satisfaction de réussir. En 1609, il vint aux Pays- Bas, y établit plusieurs couvents, et VErmitage de la forêt de Marlagne près de Namur. Il mourut en réputation de sainteté, à Borne, le 26 mars 1626, détiniteur-général de son ordre. Nous avons de lui : Stimulus missionum, Rome, 1610, in-8'' ; Thésaurus sapientiœ divinœ, in gcntium omnium salute procuranda, etc. La meilleure édition est de 1684-, in-4°. C'est un abrégé de controverse contre les païens , les juifs, les mahométans, etc. ; et une histoire des opinions et des rites des églises du Levant séparées de celle de Rome, avec la réfutation de leurs erreurs. Urbain VIII et Benoît XIV faisaient grand cas de cet ouvrage savant et utile : l)lusieurs écrivains en ont proiité. Richard