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Simon l'a critiqutî avec trop d'aigreur ; Expofitio in omnes fcre requlas nrdimim relifiiosorum, Anvers, IGIT, in-fol. ; plusieurs ouvrages ascétiques, tant en latin qu'en es- \ pagnol. On a recueilli une partie Je ses Oturî-M, sous le titre de : Opern omma, homini reliqioso et apostolico utilissima, Cologne, IGSV. 3 vol. in-fol.

THOMAS DU Fossé (Pierre) , né à Rouen en t(i3'i., d'une famille noble, originaire de Blois, fut élevé à Port-Royal-des-Chauips, où le Maistre de Sacy prit soin de lui former l'esprit et le style." Pompone, ministre d'Etat, instruit de sa capaeité, le sollicita vainement de prendre [lart aux travaux de ses ambassades ; son amour pour la vie cachée l'empêcha de se rendre à ses instances. Il mourut dans le célibat, en 1698, à 64 ans. On ne peut lui reprocher que son op[iositiou aux décrets de l'Eglise, et son attachement à un parti qui l'a si longtemps troublée et qui la trouble encore. Ses principaux ouvrages sont : la Vie de saint Thomas de Canlorbénj, in-'i-" cl in-12 ; celles de Tertullien et d'Origêne, in-8° ; deux volumes in-i" des Vies des saints. Il avait dessein d'en donner la suite ; mais il interrompit ce projet, pour continuer les Explications de la Bible de Sacy. Il est encore auteur des petites Notes de cette même Bible, des Mémoires sur sa vie, in-12, et d'autres ouvrages écrits avec autant de pureté et de noblesse que do préventions. Il rédigea les Mémoires de Pontis.

THOMAS d'Aquin de SAiN-t-JosEPH, carme, dit, avant son entrée en religion, Christophe Pasturel , né à Montferrand , près de Giermont , se distingua par sa science dans l'histoire sacrée et profane, et par la régularité de sa vie. Il fut élevé aux premières charges de son ordre, et mourut à Clermont, le 6 novembre 1649. On a de lui : De origine atque primordiis gentis Francorum , ab authore incerto, sed qui Caroli Caivi œtate vixit, cum notis hist., Paris, 1644, in-4°; Vie de saint Calmin, duc d'Aquitaine, Tulles, 1646, in-8". Jacques le Long dit cjne ce n'est qu'une traduction de la môme Vie écrite en latin par Bernard Guidou, évoque de Loudun ; Vie de Marie-Anne de Saint-Barthélenuj, carmélite; Vie de la vénérable Marie Galiole, Paris, 1633 ; Plusieurs livres pour soutenir les prétentions de son ordre, et beaucoup d'autres productions qui sont restées manuscrites.

THOMAS DE Charmes, capucin, né à Charmes en Lorraine, en 1703, mort à Nancy le 3 janvier 1765, est auteur d'une Théologie , en 3 vol. in-l"2, Nancy, 1777 : elle est claire , méthodique, et une des plus orthodoxes qui aient paru dans ces derniers temps. Entre les sentiments controversés parmi les catholiques, l'auteur embrasse pour l'ordinaire le plus solidement établi et le plus éloigné des extrêmes. Il a donné un Compendium de cette même Théologie , réimprimé à Liège, chez Bassompierre , sur la cinquième édition , 1791, 1 vol. in-12.

THOMAS DE Jésus. Vog. A^drada.

THOALVS A' Kempis. Vog. Kempis.

THOMAS WALDENSIS. Vog. Netter.

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THOMAS CATEJAN. Vog. Vio.

THOMASINI. Vog. Tomasim.

THOMASIUS ( Michel ) , qu'on nommait aussi Tanaquetius , né à Majorque, secrétaire et conseiller de Pliilii)i)e II, roi d'Espagne, fut élevé à l'évêché de Lérida. 11 joignait à la science du droit la connaissance de la philosophie. On lui est redevable de la correction du Décret de Gratien. Thomasius a laissé quelques autres ouvrages, tels que Disputes ecclésiastiques, Rome, 1583, in-4"; Commentarins de ratione conciliorum celebrandorum. Il vivait encore en 1360.

IHOMASIUS ou THOJIASEN (Jacques), d'une bonne famille de Leipzig, ou il naquit en 1622, fut élevé avec soin, et y enseigna les belles-lettres et la philosophie. C'était un homme doux, tranquille, et mcapable de troubler son repos et celui des autres par de vaines querelles. Il mourut dans sa patrie en 1684, à 62 ans. Ses principaux ouvrages sont : les Origines de V histoire philosophique et ecclésiastique, Leipzig, 1665, in-4°, et Halle, 1699, in-8'; xAmi&wii, Dissertations , Halle, 1788 et années suivantes, 11 vol. in-8", dans l'une desquelles il traite du plagiat littéraire, et donne une liste de cent plagiaires. Ces ouvrages sont tous en latin, et renferment beaucoup de recherches.

THOMASIUS (Christian) , fils du précédent, né à Leipzig en 1655, prit le bonnet de docteur k Francfort-sur-l'Oder en 1676. Uu journal allemand qu'il counnença à publier en 16^8, et dans lequel il semait plusieurs traits satiriques, lui fit beaucoup d'ennemis. On excita Mazius à l'accuser publiquement d'hérésie , et même du crime de lèse - majesté. Thomasius avait réfuté un traité de son dénonciateur , où celui-ci prétendait qu'il n'y avait que la religion luthérienne qui fût propre î» maintenir la paix et la tranquillité de l'Etat : ce fut le principe de ses querelles avec Mazius. 11 fut obligé de se retirer h Berlin, où le roi de Prusse se servit de lui pourfondei l'université deHall. La première chaire de droit lui fut accordée en 1710. Trois ans après , il lit soutenir des thèses (Anvers, 1713, in-4°), dans lesquelles il avança cpie le concubinage n'a rien de contraire au droit divin , et qu'il est seulement un état moins parfait que celui du mariage. Cette assertion révoltante lit naître beaucoup d'écrits. Thomasius mourut en 1728, regardé comme un esprit bi/arre et un homme inquiet. On a de lui un grand nombre d'ouvrages en latin et en allemand. .Les principaux sont : une Introduction à la philosophie de la cour ; l'Histoire de la sagesse cl de la folie ; deux Livres des défauts de la jurisprudence romaine ; les Fondements du droit naturel et des gens ; Histoire des disputes entre te sacerdoce et l'empire, jusqu'au xvi' siècle : on conçoit aisément de quelle façon un protestant a traité celte matiei'c.

TKOMASSIN (Louis), néà Aix en Provence, le 28 août 1619, d"u!ief;inii!le ancienne et distinguée dans l'Eglise et dans la robe, fut i-eçu dans la congrégation de l'Oraloire dè.s sa (luatorzièmu année. Après y avoir enseigné

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Les humanités et la phiiosophie, il fut fait professeur de théologie à Sauniur. L'Ecriture, les Pères, les conciles, faisaient la base générale de ses conclusions. Appelé à Paris QU 165'i-, il y commença, dans le séminaire de Saint-Magloire, des conférences de tliéologie positive, selon la méthode qu'il avait suivie à Saumur, et les continua jusqu'en 16G8. Ses succès dans cet emploi lui tirent des amis illustres. M. de Pérélixe , archevêque de Paris, l'engagea à faire ini])rimer ses Dissertations lutines sur tes conciles, dont il n'y a eu que le premier volume qui ait paru, en 1GG7, in-4", et ses Mémoires sur la grâce, qui furent impriniés en 16G8, en 3 vol. in-8". 11 abandonne la doctrine de saint Augusiin sur la grâce et la prédestination, pour suivre celle des Pères grecs, qui, s'éloignant également des erreurs condamnées, lui paraissait plus douce et i)lus encourageante, lis reparurent en 1G82 , m-k% augmentés de deux Mémoires, sous les auspices de M. de Harlay, successeur de M. de Péréfixe. Il publia aussi trois tomes de Dogmes théologiques, en latin, le 1" en 1G80, le 2° en lG8i , le 3' en 1G89, et en français, en plusieurs vol. in-8"; trois autres tomes en français de la Discipline ecclésiastique sur les bénéfices et tes bénéficiers, le 1" en 1G78, le 1' en 1G79, le 3° en 1G81. Cet ouvrage, leplus estuué deceux du P. Thomassin, fut réimprimé en 1725. C'est dans cette source que van Espen a puisé presque toute l'érudition qu'il a mise dans son Jus ecclesiasticum. Les novateurs ont quelquefois entrepiis d'abuser de cet ouvrage, pour tout rappeler à l'ancienne discipline, et censurer les usages et l'état actuel de l'Eglise : Thomassin a prévenu cet abus, et sapé l'absiu'de pi'étenlion par une observation simple et péremploire : In tisu et exercitio variatum est, non in potestate, guœ fit in conciiiis provincialibus suo modo, et in romanis pontificibus, pro eorum summo principatu , eadem semper intacta atque ittibnta viget : erumpit uutem et cxercetur non codcm semper modo; sedpro locorum, temporumquc et rerum opporlunilate, pro ecclcsiie sive utilitate , sive necessitate ; hœc cerlissima norma est conciliandœ antiquœ ecclesiarum disciptinœ, cum nova. (Votj. Fleury , Morin , Zosi- ME, etc.) Ce traité a été abrégé par d'Héricourt. 11 a donné ensuite divers Traités sur les sujets particuliers de la discipline de l'Eglise et de la morale chrétienne : de Voffice divin, in-S" ; des fêtes, in-8° ; des jeunes, in-8° ; de la vérité et du mensonge, ia-8°; de Vaumône, in-8°; du négoce et de l'usure, in-8". Celui-ci ne fut imprimé (ju'après sa mort , aussi bien que le Traité dogmatique et historique des moyens dont on s'est servi dans tous les temps pour maintenir l'unitédeV Eglise, 1703, 3 vol. iu-4.°. Voy. Bordes. Ce ne fut pas seulement sur ces matières que brilla le sayoir du P. Thomassin , il possédait les belles-lettres, et il voulut enseigner aux autres l'usage. qu'on en pouvait l'aire. Ainsi il donna au public des Méthodes d'étudier et d'enseigiicr chrétiennement la philosophie, in-8'; les Uisloires profanes, 2 vol. in-V; les Poètes,

3 vol. in-8°, ouvrage oii il y a de bonnes observations noyées dans un amas d'inutilités et d'idées communes. Le pape Innocent XI témoigna quelque désir de se servir de son ouvrage de la Discipline pour te gouvernement de l'Eglise, et voulut môme attirer l'auteur à Rome. L'archevêque de Paris en parla au roi , de la part du cardinal Casanate, bibliothécaire de Sa Sainteté; mais la réponse fut qu' un tel sujet ne devait|ias sortir du royaume. Thomassin témoigna au saint père sa gratitude et son zèle, en trailuisaiU en latin les trois yolumes in-folio, i70G, de la Discipline. Ce travail fatigant ne fut |ias plus tût lini, qu'il en reprit un autre non moins pénible. Connue il s'était ap|)liqué à l'hébreu pendant cinquante années, il crut devoir faire servir cette étu<le à prouver l'antiquité et la vérité de la religion. Il entreprit de l'aire voir que la langue hébraïque est la mère de toutes les autres, et qu'il fallait, par consé([uent, chercher dans l'Ecriture , qui conserve ce qui nous en reste, l'histoire do la vraie religion, aussi bien que la première langue. Ce fut ce qui l'engagea à composer une Méthode d'enseigner chrétiennement la grammaire ou les langues, pur rapport à l'Ecriture sainte, 2 vol. in-8". Elle fut suivie d'un Glossaire universel hébraïque, dont l'impression, qui se faisait au Louvre, ne fut achevée qu'après sa mort. Cet ouvrage vit le jour in-fol., en 1697 (par les soins du P. Bordes, de l'Oratoire, et de Barat, membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres), et ne répondit pas à la réputation de l'auteur. Le P. Thomassin mourut la nuit de Noél de 1693, Agé de 76 ans. Ce savant avait la modestie d'un homme qui unit de grandes connaissances à de grandes vertus, et à un esprit pai'faitoment détrompé de la vanité des hjuanges humaines. Son esprit était sage et son caractère modéré. Il parut, pendant quelque temps, épouser les intérêts de la secte jansénienne; mais il ne tarda pas à en revenir et à s'atlaclier inviolab'ement à la mère de toutes les églises. « Etant encore jeune, dit l'abbé Bérault , et « n'ayant étudié saint Augustin que dans les « compilations infidèles du parti , il avait « do iné dans les nouvelles opinions ; mais « s'il put commettre une légèreti', pardon- « nable à son âge, il n'eut loint l'orgueil et « l'opiniâtreté qui convertit l'erreur en hé- « résie formelle. Non moins recommanda- « ble par sa candeur et sa piété que par son « savoir, dès qu'il eut reconnu, parla lecture « des OKuvres mômes de saint Augustin , « combien Jansénius imposait à ce saint doc- « teur, ainsi qu'à l'Eglise qui en avait con- « firme la doctrine sur la grâce, nul respect « humain ne put l'empêcher d'en faire une « conl'ession pour le moins aussi éclatante « que l'avaient été les préventions de sajeiiv, « nesse. Il alla trouver chacun de ceux qu'L « craignait d'avoir engagés dans ses premiè- « res 0|)inions, et leur protesta qu'il en était « parfaitement revenu, comnu' d'autant d'er- « reurs esseiitiellument contraires à la foi. « Les ouvrages qu'il nous a trahsmis attes- « teront à jamais et la réalité et la sincérité

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« de sa déclaration. » Sa charité était si erando qu'il doinail aux pauvres la moitié de la pension de mille livres que lui faisait le clergé. On ne [>eut lui refuser beaucoup d'érudition ; mais il la puise moins dans les sources que dans les auieurs qui ont copié les originaux. Sa Discipline ecclcsiastique offre bcaucoiq) île fautes dans tous les endroits oij il s'agit de citations d'auteurs grecs. Son style est un jieu pesant ; il n'arrange pas toujours ses matériaux d'une manière agréable, et en générîil il est trop ditfus. 11 possédait mieux le latin que le français. L'abbé Lenglet l'a jugi' trop sévèrement lorsqu'il a dit que le P. Thomnssin ('tait an homme, de passages, et non de raisonnement : qui copiait par lui-même et rclhrhissait par autrui. Le P. Bordes a écrit sa Vie en latin , à la tête du Glossaire hé'iraique.

THOUENTIEP» (Jacqdes), docteur de Sorbonne, puis prêtre de l'Oratoire, mort en 1713, avait eu le titre de grand pénitencier de Paris, sous M. de Harlay , mais il r.'en avait jamais exercé les fonctions. La chaire et la direction l'occupèrent principalement , et il opéra de grands fruits dans la capitale et en province. Il travailla ave; beaucoup d'ardeur, mais inutilement, à ramener le P. Qut'snel à la soumission due aux décisions de l'Eglise. On a de lui : Consolations contre les fra)/i-urs de la mort , IG'Jo, iu-l:i; Dissertations sur la pauvreté' religieuse, 11-26, iri-12; V Usure expliquée et condamnée par les Ecritures saintes, etc., Paris, 11)79, in-12, sous le nom de du Tertre , ouvrage assez bien raisonné; des Sermons, in-S", plus solides que brillants.

THOU (Nicolas de) , de l'illustre maison de ïhou, originaire de Champagne, fut conseiller clerc au parlement, archidiacre de l'église de Paris, abbé de Saint-Symphorien de Beauvais, puis évoque de Chartres. 11 sacra le roi Hnui IV en 159i, et fut distingué parmi les prélats de son temps par son savoir et par sa piété. 11 prêcha avec zèle et avec fruit, et mourut en 1398, à 70 ans. On a de lui : un Traité de l'administration des sacrements, une Explication de la messe et de ses cérémonies , d'autres ouvrages peu connus.

THOU (Jacquus-Alguste de), troisième fils de ChristO[)he do Thou, premier président au parlement de Paiis, naquit dans cette ville en 1353, et voyagea de bonne heure en Italie, en Flandre et en Allemagne. Son père l'avait destiné à l'état ecclésiastique , et Nicolas de Tiiou, son oncle, évêijue de Chartres, lui avait donné un canouicat dans son église ; mais après la mort de son frère il se maria, posséda divers euqilois dans la robe, et devint président à mortier. En 1386, après la journée des Barricades, il sortit deParis, et se rendit à Chartres auprès de Henri 111, qui l'envoya en Normandie et en Picardie, et ensuite en -Vllemagne. De Thou passa de là à Venise, où il reçut la nouvelle de la mort de ce prince. 11 se rendit aussitôt auprès de Henri IV, ([ui l'employa à plusieurs négociations, et lui donna, en 1591 , la charge de grand maître de la Bibliothèque du roi, après

la mort de Jacques Amyot. Pendant la régence de la reine Marie de Médicis , il fut un des directeurs généraux des tinances. On le dé]iuta à la conférence de Loudun, et on l'employa dans d'autres affaires épineuses. Commis avec le cardinal du Perron pour trouver les moyens de réformer l'université de Paris, et pour travailler à la construction du collège royal, qui fut commencé par ses soins, il s'en acquitta avec zèle. 11 mourut à Paris le 8 mai 1G17, à Gi ans. Le président de Thou s'était nourri des meilleurs auteurs grecs et latins, et avait puisé dans ses lectures et dans ses voyages la connaissance raisonnée des mœurs , des coutumes et de la géographie de tous les pays différents. Nous avons de lui une Histoire universelle, en 138 livres (depuis 15';3 jusqu'en 1607), en lalin , dans laquelle il parle également bien de la politique, de la guerre et des lettres. Les intérêts de tous les peuples de l'Europe y sont développés avec beaucoup d'impartialité et d'intelligence. 11 ne peint ni comme Tacite, ni comme Salluste ; mais il écrit comme on doit écrire une liistoire générale. Ses réflexions, sans être fines, sont nobles et judicieuses. Il entre souvent dans de trop grands détails; il fait des courses jusqu'aux extrémités du monde , au lieu de se renfermer dans son objet principal, mais fa beauté de son style empêche jiresque qu'on ne s'aperçoive de ce cîéfaut. On fui a encore reproché de latiniser d'une manière étrange les noms propres d'hommes, de villes, de pays : il a fallu ajouter à la On de son Histoire un dictionnaire sous le titre de Clavis historiée Thuanœ, où tous ces mots sont traduits en français. La liberté, ou, si l'on veut, la partialité avec laquelle il parle des papes , du clergé, de la maison de Guise , et une certaine disposition à adoucir les fautes des huguenots, et à faire valoir les vertus et les talents de cette secte, tirent soupçonner qu'il avait des sentiments peu orthodoxes; et l'on ne doit pas s'étonner que son Histoire ait été condanuiée à Rome par un décret du 9 novembre 1609, et de nouveau le 10 mai 1737. Un auteur moderne [M. Paquot) le caractérise en ces termes : Audax nimium; hoslisjesuitarum implacabilis ; calumniator Guisiorum . protestantium exscriptor , laudator, amicus; sedi aposloUcœ et si/nodo Tridentinœ totique rci catiuilicœ paruiii œquus. Il ne faut nullement ajouter foi à ce qu(^ de Thou dit touchant les Pays-Bas. La plupart des faits qu'il en raconte ont été puisés dans des sources infectées , comme dans van Metteren , quoique, dans d'autres endroits, il soit plus iudicieux et plus équitable que la plupart des auteurs français qui ont parlé de l'histoire de ces provinces. Il écrivait souvent sur des mémoires que les hérétiques de divers pays lui envoyaient. C'est pour cela, en partie, que Casaubon , Scaliger, Grotius, Heinsius, Saumaise, Le Clerc, Larrey, ont donné de si grands éloges à son Histoire, qu'ils proposent pour modèle d'un ouvrage 011, selon eux, on ne voit nulle partialité, parce qu'elle est toute en faveur des sectes.

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Malheureusement , cet exemple a été suivi par la plupart de ceux qui ont écrit l'Histoire api'és lui ; et c'est ce qui a beaucoup contrihué à produire cette haine insensée de la religion, qui enfin est parvenue eu France (1793) à une profession ouverte de l'athéisme. Le P. Ant. Possevin a fait sur cette Histoire de savantes notes critiques, qui, lonstem[)S conservées en manuscrit dans la bibliothèque des jésuites h Bologne, ont été imprimées par le P. Zaccaria dans sou lier litterarium per Jlaliam, Venise, 17C2 , in-4°. La meilleure édition de VHistoire de de Thou est celle de Londres, 1733, en 7vol. in-fol. On y trouve la continuation depuis 1607 jusqu'en 1612, en trois livres, par Kigault. C'est sur cette édition que l'abbé des Fontaines, nidé de plusieurs savants, en a donné une traduction fi'ancaise eu 16 vol. \n-k", Londres (Paris), 173'i. ; et Hollande, 11 vol. in- i°. Après une préface judicieuse, on y trouve les Mémoires de la vie de l'historien, composés par lui-méraé. Ces Mémoires avaient déjà paru en français, à Rotterdam, en 1731, in-i°, avec une traduction de la préface qui est au devant de sa grande Histoire. Cette version est un peu retouchée dans ce qui est en prose , et on y a ajouté ses Poésies latines-, rapportées en français dans ses Mémoires. Ses vers latins sont pleins d'élégance et de génie. 11 a fait un poëme sur la Fauconnerie, Ùe re accipitraria, 138i, in-l°; des poésies diverses sur le Chou, la Violette, le Lis, 1611, in-i-"; des Poésies chrétienrus , Paris, LSOO, in-8% etc. Durand a écrit sa Vie, in-8*. Hémond de Saint-Albine a [)ublié un Abréijé d& son Histoire universelle , 1739, en 10 vol. in-12. — Son fils aîné , François-Auguste de Thou, impliqué dans la conspiration de Henri d'Effiat, mar([uis deCinq-ALirs, contre le duc de Richelieu, eut la tête tranchée à Lyon , en 16i2, ?i 35 ans.

ÏHOYNARD (Nicolas), né h Orléans, en 1620, d'une des meilleures familles de cette ville, s'appliqua dès sa première jeunesse à l'étude des langues et de l'histoire, et en particulier îi la connaissance des médailles, dans laquelle il fit de très-grands progrès. Les savants le consultèrent comme leur oracle, et il satisfaisait à leiu's questions avec autant de plaisir que de sagacité. Le cardinal Noris tira de lui quelques lumières pour son ouvrage des Epoques syro-macédoniennes. Thoynard ne se distingua pas moins par la douceur de ses mœurs que par l'étendue de ses connaissances. Il mourut à Paris en 1706, à 77 ans. Son principal ouvrage est une excellente Concorde des quatre évangélistes, Paris, 1709. in-fol., en grec et en latin, ave(' de savantes Notes sur la chronologie et sur l'histoire, ouvrage très-estimé. 11 lit encore imprimer des Notes sur la version du Nouveau Testament de Richard Simon ; un écrit sur la version du Nouveau Testament du P. Bouhours , et sur celle de Mons. Thoynard était laïque.

THUILERIES (Claude du Moulinet, aJjbé des), né en 1667, à Séez, d'une famille noble, alla achever à Paris ses humanités, qu'il avait commencées en province. A l'étude des

mathématiques, il joignit celle du grec et de l'hébreu; mais quelque temps après il renonça à ces divers genres de connaissances, pour ne plus s'occuper que de l'histoire de France, dont les recherches ont rempli le cours de sa vie. Il mourut à Paris, d'une hydropisie de poitrine, en 1728. Outre quantité de Mémoires suv dilférents sujets, et une Histoire du diocèse de Séez en manuscrit, on a de lui : Lettres écrites à un ami sur les disputes du jansénisme, Paris, 1710, in-12; elles sont au nombre de quinze. L'auteur s'y montre indifférent à ces querelles, qui faisaient alors grand bruit; Défense d'un acte qui fait foi qu'un moine de Saint-Médard, de Soissons, nommé ducrnon, fabriqua de faux privilèges, au nom du saint-siége , en faveur de plusieurs églises, au commencement du xii' siècle, dans les Mémoires de Trévoux, mars 1716. Cet acte, publié par Wharton , dans YAnf/lia sacra, t. 11, avait été déclaré faux par dom Coustant, dans les Vindiciœ veterum codicum. Dissertation sur la mouvance de liretagne par rapport à la Normandie, Paris, 1711, in-12, à laquelle est jointe une autre Dissertation touchant quelques points de l'histoire de Normandie (Voy. LomsEw); Examen de la charge de connétable de la Normandie ; Dissertation dans le Mercure de France et dans le Journal de Trévoux ; les Articles du diocèse de Séez, dans le Dictionnaire universel de la France, 1720, elc.

THUILLIER (René), minime français, mérita par ses talents et sa probité, d'être mis plusieurs fois à la tète de sa province. Il est auteur du Diarium patrum, fralrum et t^ororum ordinis ninimorum provinciœ FrancicCf Paris, 1709, 2 vol. in-V', écrit d'un style pur et même élégant, assez exact pour les dates; mais il y montre quelquefois un peu trop de crédulité. Il a aussi compns(!' quelques ouvrages de droit canonique régulier, tels que de Potcstalc correctoris (c'est le titre qu'on donne au supérieur des minimes), et autres qui n'ont point franchi les limites du cloître THUILLIER (dom Vincent), naquit à Coucy, i diocèse de Laon, en 1683. Il entra dans la congrégation de Saint-Maur en 1703, et s'y distingua de bonne heure par ses talents. Après avoir professé longtemps la philosojihie et la théologie dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, il en devint sons-prieur. Il occupait cet emploi lorsqu'il mourut subitement en 1730. Dom Thuillier écrivait assez bien en latin et en français ; il possédait les langues et l'histoire. A une imagination vive il joignait une vaste littérature. Ses principaux ouvrages sont : une édition des OFiivres posthumes de Mabillon et de Ruinart, 3 vol. in-4°; Histoire de Polybe, traduite du grec eu IVançais, avec un Commentaire sur l'art militaire, }iar le cheva'ier de Folard, en 6 vol. in-i". Elle est aussi élégante que fidèle. Histoire de la nouvelle édition de saint Augustin, donnée par les béaédictins de la congrégation de Saint-Maur, 1736, ui-k°. On lui a reproché des inexactitudes. Lettre d'un ancien professeur de théologie de la congrégation de Saint-

an

]}Tmir, qm a révoqué son appel de la constitution Unigcnitus. Seconde lettre contre l'itppel h.terjetc de In bulle Unigonitus ; 3' c^-dition augmentée, Paris, 1729, in-8"'. Doiu Thu'llier, d'abord opposé à cette bulle, devint un de ses plus zélés défenseurs; il se signala p^r plusieurs écrits en faveur de la soumission à l'Eglise, qui lui firent beaucoup d'eiuicmis dans sa congrégation. Les fanatiques du parti qu'il attaquait ont môme voulu que sa mort ait été marquée par des signes funestes. Le fanatique auleurdn Dictionnaire critique dit, « que se sentant subitement pi'essé de quel- « que besoin, il se mit sur le siège, et expira « avec un grand mouvement d'entrailles. » On a dit la même cTiose d'Arius; mais l'un avait ravagé l'Eglise, et l'autre avait tâché de ramener les errants dans son sein.

THUMNE (Théodore) , professeur luthérien de théologie à Tubingen, s'est fait connaître par ciuelques ouvrages. Le plus recherché est le Traité historique et théologique des Fêtes des Juifs, des chrétiens et des païens, in-4°. Cet écrivain mourut en 1730.

THYRÉE (Hermann), jésuite allemand, né à Nuys, dans l'archevêché de Cologne, en 1532, vint faire ses études à Rome dans le collège Germanique, et conçut le désjr d'entrer dans la compagnie de Jésus. 11 y fut admis, par saint Ignace lui-môme, le 16 mai 1536. Deux ans après, il partit pour Ingolstadt, oij il enseigna la théologie pendant quelques années, après quoi, appelé à divers emplois, il fut successivement recteur du collège de Trêves , de celui de Mayence , et enfin provincial de la province Rhénane. Frappé d'apoplexie à Mayence, il y mourut presque sexagénaire, le 26 octobre 1591. A une rare capacité il réunissait une grande simplicité de mœurs et toutes les vertus d'un religieux exemplaire. Il est auteur de divers ouvrages, tant latins qu'allemands. Les principaux sont : un traité De confessione augustana, Dillingen, 1567, in-4-° et in-fol. ; Sex mitlia dubiorum et duo millia irregularitatum quibus Lutherani prœdicantes implicati tenerentur. L'auteur étant mort avant que ce dernier ouvrage fût imprimé, il est resté inédit.

THYRÉE (Pierre), frère puîné du précédent, jésuite comme lui, et né en 1546, dans la môme ville, se distingua en qualité de professeur et de prédicateur. Il remplit avec autant de succès que de zèle ces deux emplois pendant 27 ans consécutifs à Trêves, Mayence et Wurtzbourg. Il mourut à Wurtzboùrg, fort respecté, le 3 décembre 1601, n'ayant que 55 ans. Ses nombreuses occu-

fations, et son assiduité au confessionnal, ne avaient pas empêché de composer beaucoup d'ouvrages. Alegambe en compte vingl-deux, parmi lesquels nous citerons comme les principaux : Loca infesta, hoc est, de infestis ob molestantes dœmoniorum et defuncturum ho~ tninum spiritus locis , liber nnus. Accessit libellus de terriculmncntis vocturnis quœ hominum morlem soient portcndere, Cologne, 1598, in-i"; Lyon, 1599, in-S" ; De obsessis u spiritibus dœmo)iiorum hominibus liber unus; deux éditions; De apparitionibus spi-

rituum, ubi de apparitionibus Dei et Christi, angclorum, dœmonum et animarum humana~ rum agitur, etc., Cologne, 1600, 1602 et 1605, di'ux vol. in-4°. Doin Calinet y a puisé ])our composer ses Dissertations sur les apparitions des anges, des démons, des esprits, etc., Paris, 17V0, in-12; Einsidleu, 17i9, 2 vol. in-12 (Voy.C\i.y]r.r); Lenglet Pufresnoy en a aussi profité. Disputationes theologicœ variœ de apparitionibus spirituum, 1382; De festo corporis Christi et Deo in sacramento Eucharistice ailorando, ^laycnce, 1583; De potestate ecclesiastica,ib\d.,lo8C};Desanetorum invocatione, Wurtzbourg, 1396 ; Apodixis prœsumplœ necessitatis utriusque specici in sacramentali communione, Wurtzbourg, 1397, et plusieurs autres traités.

TIBERGE (Louis) , abbé d'Andres , directeur du séminaire des Missions-Étrangères à Paris, mourut dans cette ville en 1730. U se signala avec Brisacier, supérieur du même séminaire, lors des dififérends sur l'affaire de la Chine, entre les jésuites et quelques autres missionnaires. Ses ouvrages sont : une Retraite spirituelle, en 2 vol. in-12; une Retraite pour les ecclésiastiques , en 2 vol. in-12; Retraite et méditation à l'usage des religieuses et des personnes qui vivent en communauté, iu-12. Ces ouvrages, écrits avec une simplicité noble, sont lus dans plusieurs séminaires.

TICHONIUS, écrivain donatiste sous l'empire de Théodose le Grand, avait beaucoup d'esprit et d'érudition. Nous avons de lui : le Traité des règles pour expLiquer l'Ecriture sainte; saint Augustin en a fait l'abrégé dans son livje m' de la Doctrine chrétienne. On le trouve dans la Bibliothèciuc des Pères. Tichonius est reconnu aujourd'hui pour le véritable auteur du Commentaire sur saint Paul, que l'on avait attribué à sauit Ambroise. Vog. Hist. litt. de France, tome XII, Avertissement, p. 7.

TIEFFENTHALER (le P. Joseph). Voy.

Thieffentaler.

TIL (Salomon van), né en 1644-, à Wesop, petite ville à deux lieues d'Amsterdam, lia une étroite amitié avec Coccéius. qui le remplit de sa doctrine. Td fut ministre en ditféitents endroits, professeur en histoii'e et en philologie sacrée à Dordiecht, en 1684, place qu'il quitta en 1702, pour occuper une chaire de théologie à Leyde. U y mourut en 1713. Parmi ses ouvrages, les uns sont en fiamand et les autres en latin. Les principaux sont : sa Méthode d'étudier, et celle de prêcher, Amsterdam, 1730, in-8°, en latin. C'est une rhétorique qui n'est propre que pour apprendre à faire une infinité de divisions et de subdivisions. La poésie et la musique des anciens, particulièrement des Hébreux, Dordrecht, 1692, in-12; Amsterdam, 1723,in-4°, en tlamand, ouvrage plein de recherches ; Explication littérale et morale des Psaumes de David, Utrecht, 1724. 3 vol. in-4". eu-fiamaîid ; Démonstration évidente de la divinité de la loi de Moïse, Uordrecht, 1741, 2 vol. in-4", en tlamand. Dans le jiremier, il combat les incrédules par la voie de l'autorité j

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dans le second, il attaque en vrai philosophe ceux qui abusent de la philosophie pour soutenir des impiétés. Commentaire sur Moïse, Abacuc et Malachie, en latin, Leyde, 1719, iu-i°. Il y a plusieurs dissertations dans ce commentaire, entre autres sur le lem|)S de la naissance de Jésus-Christ, sur 'a situation du paradis terrestre. Introduclio m sacrum Scripturam, Utrocht, 17"20, 2 vol. in-k". C'est un abrégé analytique de presque toute l'Ecriture sainte, selon les idées des coccéiens. 11 a encore donné des Commentaires sur les Prophètes, les Actes des apôtres et les Epîtres de saint Paul. Commentarius litteralis de tubernaculo Mosis, et Zoologia sacra, seu de quadrupedibus sacrce Scripturœ, Amsterdam, 1714, in-4°, etc. Ce commentaire est superficiel, et le catalogue des animaux n'est pas complet. Compendium thcologiœ, Leyde, 170'i-, in-i", peu estimé, même des réformés.

TILEMANNIUS. Yoy. Heshusius.

ÏILENUS (Daniel), ministre calviniste, né le h février 1563, à Goldberg en Silésie , mort à Paris le 1" août 1633, à 70 ans, professa d'abord la théologie dans le collège que le duc de Bouillon venait de fonder à Sedan. Il eut des discussions très-vives avec le ministre Dumoulin, qu'il accusa d'erreur sur le mystère de l'union hypostalique, accusation que son adversaire lui renvoya à lui-même. Tilenus, obligé de quitter Sedan pour venir à Paris, s'engagea dans de nouvelles disputes avec J. Davy Duperron, évoque d'Evreux, et il les publia sous ces titres : Conférences sur les traditions apostoliques, Paris, 1397; et Défense de la suffisance et perfection de VEcriture sainte, contre les cavillations du sieur du Perron, La Rochelle, 1598. En 1621, il fit paraître un traité De la cause et de Vorigine du mal moral, qu'il adressait à quelques-uns de ses amis, scandalisés de ce qu'il n'assistait pas aux assemblées des calvinistes, à Charenton. Il avait fait un voyage en Angleterre, où il s'attira de nouveaux reproches d'hérésie. Nous citerons encore de Tilenus : Traité de lacause ou de l'origine du péché, où sont eocaminées les opinions des philosophes païens, des juifs, des autres hérétiques, des libertins, Luther, Calvin, et autres qui ont traité cette matière, Paris, 1621, in-8° ; une Réponse, en 1622, à un ouvrage qui fit grand bruit dans le temps, sous le titre de Discours des vraies raisons pour lesquelles les réformés de France peuvent et doivent, en bonne conscience, résister par armes à lapersécution ouverte qu'on leur fait : des Observations sur le concile de Laodicée, dans la préface desquelles on trouve diverses circonstances de la vie de Tilenus.

TILETANUS. Votj. Ravesteïn.

TILLADET (Jean-Marie de La Marque de), né au château de Tilladet, en Armagnac, vers 1650, porta d'abord les armes, puis entra chez les Pères de l'Oratoire, où il se consacra à la prédication et à la littérature. Il en sortit ensuite, et mourut àVersailles en 1715, à 65 ans, membre de l'académie des belles-lettres. On a de lui un

Recueil de dissertations, 1712, 2 vol. in-12, sur diverses matières de religion et de philosophie, qui sont presque toutes du savant Huet, évêque d'Avranches, avec une longue préface historique qui n'annonce qu'un médiocre talent pour l'art d'écrire.

TILLEMONT. Foy.- Nain.

TILLET (Jeandd), évoque de.Saint-Brieuc, puis de Meaux, mort le 19 novembre 1570, se distingua par son érudition et par son zèle pour la religion catholique, a laquelle il ramena Louis Du Tillet, son frère, chanoine d'Angoulême , cjui l'avait abandonnée. Ses principaux ouvrages sont : un Traité de la religion chrétienne; une Réponse aux ministres, 1566, in-8°; un Avis aux gentilshommes séduits, 1567, in-8' ; un Traité de l'antiquité et de la solennité de la messe, 1567, in-16 ; un Traité sur le symbole des apôtres, 1566, in -8°; une Chronique latine des rois de France, depuis Pharamond jusqu'en 15i7 ; elle a été mise en fiançais, et continuée depuis jusqu'en 160i. C'est un des plus savants ouvrages que nous ayons sur l'histoire de France. Les faits y sont bien digérés, et dans un ordre méthodique ; mais ils manquent quelquefois d'exactitude. On trouve cet ouvrage dans ieRecueil des rois de France, 1618, in-4.° ; les Exemptes des actions de quelques pontifes, comparées avec celles des princes païens, en latin, 1610, in-8°. 11 y montre combien les œuvres chrétiennes sont supé- "ieures à celles des héros du paganisme.

TILLET (Jean du), frère du précédent, et greflier en chef du parlement de Paris, montra beaucoup d'intelligence et d'intégrité dans cette charge, qui était depuis longtemps dans sa maison. Sa postérité la conserva jusqu'à Jean-François Du Tillet, qui y fut reçu en 1689. Cette "famille a eu aussi plusieurs conseillers au parlement, et maîtres des requêtes. On a de Jean Du Tillet, mort le 1" octobre 1570, plusieurs ouvrages. Les plus connus sont: un Traité pour la majurité du roi deFrance (François li) contre le légitime conseil malicieusement inventé par les rebelles, Paris, 1360, in-4° ; Sommaire de l'histoire de la guerre faite contre les albigeois, 1590, in-12 ; ouvrage rare et recherché ; un Discours sur la séance des rois de France en leurs cours de parlement, dans le second tome de Godefroi ; l'Institution du prince chrétien, Paris, 1563, in-k" ; Recueil des rois deFrance, ouvrage fort exact, et fait avec beaucoup de soin sur la phqiart des litres originaux de l'histoire de France. La meilleure édition de ce livre est celle de Paris, 1618, in-4°. Du Tillet écrit en homme qui ne s'attache qu'à l'exactitude des recherches, et qui se soucie fort peu de la pureté et de l'élégance du style.

TILLOTSON (Jean), prédicateur anglican, né dans le comté d'York en 1630, fut d'abord presbytérien ; mais le livre du docteur Chillingworthlui étanttombé entreles mains, il embrassa la communion anglicane, et ramena plusieurs non-conformistes au parti des épiscopaux, le plus rapproché de l'aucienne Eglise, qui a si longtemps fleuri en

1535 TIL

Angleterre. Après s'être occupé de la lecture des^Pères, particulièreiuent de saint Basile et de saint Chrysostome, il composa un grand nombre do sermons, oii la simplicité ist unie pour Tordinaire à la solidité, mais où il se trouve aussi beaucoup de choses contraires au génie de l'éloquence et à la dignité de la chaire. Dans son sermon sur les préjugés contre la religion, Tillotson se fait une objection tirée de l'opposition que l'homme trouve entre ses devoirs et ses penchants; et cette objection, il la copie de la tragédie de Muslapha, de Fulke LordBrood, dont il cite en chaire une tirade de vers. Une telle citation est-elle digne dé la majesté d'un temple? Lm passions, ajoute-t-il, sonf ime espèce de glu qui nous attache aux choses basses et terrestres... A peine peut-on passer dans les rues, j'en parle par expérience, sans f/ue les oreilles soient frappées de jurements et d'imprécations horribles qui suffiraient pour perdre une nation, quand elle ne serait coupable que de ce crime ; et ce ne sont pas seulement les laquais qui vomissent de tels discours blasphématoires, ils sortent aussi de la bouche des maîtres. Ailleurs, pour prouver qu'il faut croire les mystères de la religion, quoiqu'on ne puisse jamais les comprendre avec évidence, Tillotson s'exprime ainsi : On mange, on boit tous les jours, bien que personne, à mon avis, ne puisse démontrer que son boulanger, son brasseur et son cuisinier n'ont pas mis du poison dans le pain, dans ta bière ou dans la viande. C'était ainsi que Tillotson exerçait le ministère de la parole dans le siècle des Dryden, des Addison, des Waller, des Milton, et en présence de ce môme Charles II, qui avait entendu dès son enfance les plus illustres orateurs français. Plusieurs écrivains anglais jetant alors des fondements de l'athéisme , Tillotson s'opposa à ce torrent autant qu'il le put, et publia, en 1665, son Traité de la règle de la foi. Quelques criticpes voyant qu'il n'avançait que des principes fondés sur le simple raisonnement, voulurent le faire passer pour un homme qui ne croyait rien que ce qui était à la portée de la raison ; mais ils ne faisaient pas attention que la raison est l'arme la plus sure et la plus convenable contre des incrédules. Il faut convenir cependant qu'un écrivain opposé à l'autorité de l'Eglise , séparé du grand corps des fidèles , professant une foi arbitraire , et décidant des dogmes d'après ses lumières personnelles , ne peut combattre l'incrédulité d'une manière ferme et conséquente {Voy. Servet). Tillotson fut fait doyen de Cantorbéry, puis de Saint-Paul, clerc du cabinet du roi, et , eu 1691, archevêque de Cantorbéry. Il mourut à Lambeth, en 1691-, à 65 ans. On a de lui outre le Traité de la règle de la foi , dont nous venons de parler : un vol. in-fol. de !>irmons, publiés pendant sa vie ; ils ont été loués outre mesure par Dryden , IJuriiet et Addison. Barbcyrac et Beausobn; les ont traduits de l'anglais en français, en 7 vol. iu-8". Comme le inincipal mérite do Tillotson est dans le st! le, il doit perdre beaucoup dans une Ira-

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