‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 231 sur 341 · TIM · texte numérisé non relu

TIM

duction oii l'expression mère disparaît, et surtout avec un traducteur tel que Barbeyrac, qui n'eut jamais ni élévation , ni couleur, ni chaleur, ni élégance ; mais enavouant tous les défauts de celte version française, le fond des sermons de rarchevê(|ue de Cantorbéry y reste toujours à une distance infinie des grands modèles. Tillotson est plus théologien que moraliste : il n'a guère traité que des sujets de controverse ; il n'emploie que les formules languissantes du syllogisme ou de la dissertation ; il ne connaît qu'une méthode sèche et monotone. « Je ne trouve « point, dit le cardinal Maury dans son Essai « sur l'éloquence de la chaire, de mouve- « monts oratoires dans ses discours, point de « grandes idées, point de traits sublimes: or- « dinai renient il fait une division de chaque pâte ragraphe, et il y a trente ou quarante subdi- « visions dans chacun de ses sermons ; ses dé- « tails sont arides, subtils, et souvent ils manf(uent de noblesse. Enfin , Tillotson est tellement étranger à l'art de l'éloquence , qu'il ne fait presque jamais ni exorcfeni péroraison. Est-ce donc là l'orateur que l'on ose opposer à nos orateurs français ? » Des Sermons posthumes en ik vol. in-S". Il y en a un intitulé : Excellente étrenne contre le papisme ; François Martin , Irlandais, docteur en théologie à Louvain, l'a réfuté dans son Scntum fidei contra hœreses liodiernas, seu Tillotsonianœ concionis réfutât io, Louvain, 1714, in-8". On voit, par le seul titre de ce siTmon, la bizarrerie et les emportements de l'orateur anglais. « Tillotson, dit l'auteur « que nous avons déjà cité, n'écrit pas avec « plus de modération que de noblesse; à « chaque page de ses discours on aperçoit le « fanatisme (l'un protestant qui veut plaire à « la populace. A la fin de son sermon sur « YAmôur du prochain, il fait une espèce de « récapitulation pour appliquer la morale de a son sujet à l'Eglise romaine. Qui ne croi- « rait qu'une matière si touchante va lui « inspirer un sentiment tendre et même gé- « néreux ? A'oici ])Ourtant ce qu'il conclut, « après avoir prouvé longuement la néces- « site d'aimer tous les hommes : Toutes les « fois que nous parlons de la charité et de l'o- « bligation de s'aimer les uns les atitres, nous « nesaurionsnous empêcher dépensera l Eglise « romaine ; mais elle doit se présenter à notre « esprit particulièrement aujourd'hui, quelle « vient de nous découvrir tout fraîchement, et « d'une manière authentique, les sentiments où « elle est à notre égard, par le complot cha- « ritable quelle tramait contre 7ious (prélen- « due conspiration de 1678) ; complot qui est « tel qu'il doit faire bourdonner les oreilles de « tous ceux qui l'entendront raconter, décrier « éternellement le papisme, et le faire regarder K avec horreur et exécration jusqu'à la fin « du monde. Quel style ! quels sentiments ! « quelle bonne foi ! quelle logique ! «

TIMOTHÉE (saint), disciple de saint Paul, était de Lystres, ville de Lycaonie; son père était païen, et sa nièro juive. L'apôlre étaut venu à Lystres, prit Timothée sur le témoignage qu'on lui en rendit, et le circoncit,

Page 1