‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 249 sur 341 · TIR · texte numérisé non relu

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elopéflistns, et fournit à leur ouvrnQ;n clliri';roiits .'irtides, cnlre aulros lus aiii les existmcr, fondation. D.uis ce 'lernier il rCi^jar-ie les findalions l'cl ;;;ieiises commo uue vanilé pui^'rile, et dit : « l'uisstint les consiilératio'is « suivdiile.s concourir avec re.s|)rit pliiliisu- « |)!iique du siàch.' à dégoûter (l;\s Ibndalious « uouv(>lles, et h détruire un reste de res- « f)ect superstitieux. » C'est vers l'éjioqvie des grandes disiiutes sur les refus d s sacrements, que Turgot fut r(;çu niaîlre des re- «piôtes nu parlement do Paris (-28 inais 17d-!). Il lit paraître alors deux biocliures : Ldlifs sur la tolérance et le Conri! ateur, ou Lfltres à un imu/lslral, (pj'il couiiiosa, dii-oi, avec l'abbé de IJrienne. Ces djux é. lits ont pour l)ut d'établir (pi'aucune religion u'a le droit d'être pioti'gé." par l'Elat, et (pie le prince ne l'a pas non plus de faire des lois sur la religion. On trouve dans le Conciliât, ur d' s passages tels que celui-ci : « .le ne conçois fitts, « dit-il. coinmeiu on ne veut pas coni;>rendre « que le roi n^^ peut enjoindre aux évéqu s « de dnruier les sacrenu'nis aux ja 'séni>tis « qu'en s'arrogi ant le droit de décider qu'ils « n'en sont pas indignes, et en décidait on « nuMne temps ipi'on ne p ut jouir de l'état « de citoyen sans les .ivoir rey s ; deux cli i- « ses qui excèdent ma"iil'este;ue"it sur l'au- « torité... Le refus ne regarde pas l'autorité « humaine... Le loi nu pi-ut ei comaitie, « encore moins de ce qui l'occasionne. On a « deujandé si le roi au nmins ne pourrait « pas défendre le refus de séi^ulture... L'i i- « humât on du corps, le plus ou inoi'is île '< [lompe (je ne parle plus de pom|)e sacrée], « voilà ce (jui regarde le magistrat. Les j.i-è- « ti'es, les cérémo'tias, le lieu saint où doi- « ve'it reposer les os des morts, voilà le [la- « Irimoine de l'Eglise. Il faut donc la laisser « maîtresse d'en disposer. Elle ne peut ac- « corder la sépulture qu'à ceux qu'Cilo re- « garde comme ses enfails. Vouloir la forcer « de le faire, c'est l'obliger à traiter coamie « un des siens celui qu'elle a tmijoLUs nios- « crit, c'est envier au véritable ùdèle un dioit « que lui seul peut avoir sur les prier, s Ues « unnistres de sa religion. » Cet aviu de la part de Turgot, en faveur des droits de l'Eglise, étonne d'autant (if s, qu'un p,iss;.ge de sa |iremière Lettio sur la tolérance est Uirigé contre la religion calholiiiue. Tur\^ot désirant coiuiaîli'e personnellenienl Vollair--, d'.Vlembert écrivit à ce deriier luie lettre tcèsflatteuse, oij il disait au | liilosophe de Fer- Qe.v : « Vous aurez bieitùt une au^ie visite « dont je vous pi-é\'iens : c'est celle di; M. a Turgot, maître des requêtes, plein de plii- « losophic, de lumiôies (;t de connaissances, « et fort de mes amis, ijui veut vous alKr « voir en bonne fortune ; je dis bonne for- « tune, car, propter vicltun Jiuhvurwn, il ne « tant pas (pi'il s'en vante trop, ni voas non « plus.» Turgot lit le voyage de Fiirney dans ce môme mois de décembre , et n\n\. de Voltaire le b m accueil que m/'iltait ui.e telle recommandation. Peu de temps api es, il accompagna dans ses voyages l'iuleudant (lu commerce, de Gournay, et s'appliqua à

l'écmonilo poliiique,en suivant les principes de O !e-.iii>y, chef des 6/onnmisles. l'n 1761, il fut nommé intendant de Limoges, et on convient que son administration) ne fut pas inutile h cette province. Pendant la diselte ([ui y régna, il exerça plusieurs actes de bienfaisance, et se donna beaucoup de peine poui' pro.-urer les litnirées de première nécess té. Il (it rectiiler une erreur de calnil par laquelle le Limousui soull'rail depuis longtemps inie surciiai-ge énormi' dans ses iiu; ositims; il ouvrit de nouvelles routes, établit des ateliers de ciiajilé, et t*V;lia de d minuerla chargedes corvées. A[)pclé au ministère de la marine en 774, il fut élu coiitriV leur général des fi sauces un mois après. Turgot y a;.|)ui ta b.'aucoup de plans et peu do vuess;'ines, des moyens irsu^iisants pour les alfalres, une imagination exaltée et une ]iliilaniliropie es stème. ï. élévatfon deTurgot p;.i'al aux pliilo>o,ihes un triomphe signHl,'., et on eltVt il se montra un ami trè.sactif des réformes. En g^énérd il délrui-rit pr.'S(pie toujours un b en certain pour courir ajirès un mieux q l'il n'atteignait pas : et dais cette coi. fusion de projets, il frayait u 'C large cairiôre au dé<ord e. « M. Turgot « et moi , écrivait de Male~'~her!>es , étions « de fort homièles j^ens, très-instruits, nas- « sionnés pour I ■ bien; qui n aurait pensé « qu'o I ne pouvait pas mieux ic'ire que de « nous i;noisir ■•' Cependant nous avons Uial «administré; ne co niaiss.i'^t les hommes « que par les livres, manquant d'ii.-.b leté « pour les (dfaires, nous avons laissé dii'ger « le roi par iM. de .»;aure|ias, ip-i aj-uita tonte « sa faiiilesse à celle de son élève; et, .«f/is « le vouloir ni le prévoir, nous avons contri- « hué à la rét'olulion. » Cepi iidant les irnovaiions qui étaient le résultat du nouveau système ne Turgot ne semblèrent pas à tout le muiMie avoir un but innocent; on ne se conleiila pas de le ridiculiser; mais un homme d'c-prit lit voir dans uii" chanson dont l'événement a fait une prophi't e, tout le fruit () 'on en pouvait attendre. Cn inventa vies tabaderes qu'on appe'a targolincs ou platiludis, et 0 ■ em:.loya enfin tous les moyens |0ur décréditer ses opérations, dans lesipii lies 1 montra, pouriemoin'^,u'^e[irécipitatio 1 irapr. dénie, h piése 'ta à Louis X> I u i Mémoire sur la tolérance, et lit to is ses cifoits pour faire chioger les for eulcs du seniicut (jue le r i jirèlait à son sacre. On trouve d ns le tom. VU de ses Olùivns un Méntoire sur les municipalités, par lequel il tend: il à établir en Fian.e une iiouve le constitution, et idnsieurs munici, aliti s, gr ndes et petites, il y propose, en outre, un conseil dinstruclioii. « L'ii;s!ruition ici gieute, dil- « il, est particulièremi nt bernée aux choses « du c.el, et (Ur ne sufjU pas pour la morde. « Il faiidiait une autre instruction morale et « sociale. Avec ce secours, la nation ne se- « lait |)lus (eeonfiaissable en dix .ns : ce « serait un peuple neuf; tout le monde se- « rait insti'uit et vertueux. » Turgot fut renvoyé du ministère en mai 1776, après avoir jeté dans la France entière les premières se-

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uiences de l;i révolution. Il mourut de la goutie le 20 mars 1781, à l'âge de oi ans. Turbot cultiva les lettres; il savait presque toiilcs les langues. Il a tra iuil de l'Iiébreu la plus grande partie du Cunlique des cantiques : du grec, le commencement de ÏJlinde; du latin , beaucoup de fiay:nje ils de Cicéron, de César, (['Ovide , de Sénèquc , les sept pr miers chapitres des Annales de Tacite, plusieurs Odes d'Horace en vers IVanyais , d'Addison, de Johnson, de Shakespeare, de Pope; un volume presque entier de V Histoire des Sluarls, de David Hume, etc.; de l'allemand, la plus grande partie du premier chant de la Messiade de Klopstock, des morceaux choisis de. la Mort d'Abel de Gessner, et le premier livre de ses Idi/lles. Ses autres éciils sont : Discours sur l'histoire universelle; \ûusieurs articles pour l'Encyclopédi- ; Lettres sur la tolérance, l'^'ô.i ; Le Conciliateur, ou Lettres à un magistral, 1734; un connuencement ù'Histoire du jansénisme et du molinisme ; Les XXXVIJ vérités opposées aux XXXVII impiétés de Bélisaire (de Marmoiitelj, par un bacluiier uhiquiste. Cetie laoétie est longue , peu ingénieuse et nullouient concluante ; l'auteur y feint de croire que l'inverse de toutes les |)ro})ositiijns censurées e^t vraie : se fondant sur ce sophisme, il l'ail tenir à la Sorhonne un langage foit ridicule, et qu'il croit très-amusant pour ses lecteurs. Une Lettre au marquis de Condorcot , sur le livre de l'Esprit, qu'd ap}ielle « un livre de philosophie sans logique, de « littérature sans goAt, et de morale sans « hnnnôtelé, et il en désigne l'auteur comme «un décla.uateur inconséquent, une tète « evaltée, un homme mu par la vanité et « l'esprit de [larti ; ijui répand à grands Ilots « le méjiris et le ridicule sur tous les seoti- « ment homiôles et sur toutes les vertus « privées. » Mémoire en faveur du prêt à intérêt, d'où Uulié et Gouttes ont tii-é le sujet de sa théorie de l'intérêt de l'argent; me Traduction du IV' 1 vre de l'Enéide, et des églogues de Virgile, en vers métriques scandés sur la mesure de l'hexamètre, essai où il i;e réussit pas mieux, (lue Ronsard. Il ne Ut tirer que dou<^e exemplaires de celte traduction, qui, avec les autres du même auteur, a été insérée par François de Neufchâteau dans le 1" volume de son Conservateur, etc. Dupont de Nemoui's a donné une édition des OEuvres complètes de Turgot, Paris, 18j8, 9 vol. in-8° ; le 1°' volume, qui a paru le dernier, coutieul les Mémoires sur la rie, r administrât ion et les Quvrages de Turgot, pr.r Condorcet, son intime ami et son admirateur. La mort de Turgot fut exactement conforme aux principes qu'il avait [irofessé's : il ne lit au; un acte de religion. Ses amis, qui ne le quittèrent pas dans ses derniers momenls, veillèrent à ce qu'on ne l.dssàt a[)procher de lui aucun prôtre. C'est une précaution qu'ils avaient les uns pour les autres, afi:i d'empêcher un retour à la vérité, qui aurait, selon eux, déshonoré le philosophisme, ( t produit un grand scandale parmi les sectateurs.

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TURLOT (Nicolas), licencié en théologie, fut successivement curé, chanoine gradué, archiprôlre et archidiacre de l'église de Namur, ensuite prévôt de la même église, et vicairi' général pendant onze ans. Il mourut le 17 janvier 1651, après avoir rempli ces charges avec toute l'exaclitude que l'on peut atlendre d'un digne ministre du Seigneur. 0.1 a de lui : Trésor de la doctrine chrétienne, Liège, 1G31, in-4°, en franç,ais ; Bruxelles, 1«G8, in-V", en lat n, et réiiu|irimé plusieurs foi.s en France, et surtout à Lyon. Cet ouvrage est pro;'re à rinstiuilion du peuple, surtout dans Irs campagnes, et c'est sous ce [ oint de vue qu'on a excusé les néglig nces et l'excessive simplicité qui s'y trouvent.

TURLOT (Frakçois-Claude), ancien vicaire général !iu diocèse de Nancy, né à Dijon en 1745, d'une famille hoiiorable de magistrats , commença par faire l'éiucation de l'abbé de Rou.bon, fils naturel de Louis XV, qu'il accompagna dans un voyag ' h Najiles, où cet élève nioni ut en 1787. 'l'uilot fut aussi aumônier de madame Victoire , < t, depuis 1790, attaché ii la bibliothèque du roi. 11 est mort le 21 décembie 182'i-. 11 a |iublié, mais sans y mettre son nom : Etudes sur la théorie de l'avenir ou Considérations sur les merveilles et les myslcrcs de la nature, etc., Paris, 1810, 2 vol. in-8", ouvrag' digne d' s élo^^es qu'il a reçus dans les journaux. On a encore de lui: De l'Instruction , ouvrage destiné à compléter les connaissances acquises dans les lycées, collèges et maisons d'éducation, Paris, 181G et 18(y, où il a indiqué un choix des meilleurs livres ei des m illeures éditions ; et Abailard et Uéloise, avec un aperçu du xii' siècle, comparé sous tous les rapports avec le siècle actuel, et une vue de Paris tclqu il était alors, 1822, in-S".

TîîRNtîR (Clillaume) , théologien et naturaliste anglais, naijuiî en 1500, à J.'or[)etb, dans le comté de NorlIiuui'jeila'KJ, éiudia à Cambridge >ous Pembroke-Hall, et embrassa les principes tic la réibrmet:on. Il apprit la tliéologie, parcouiut toute l'Angleterre pour rép;u)dre sa nouvelle doctrine , et ses prédications lui tirent beaucoup de pro.>élytes. Pour anèler son prosélytisme, l'évèqueGardiniT le fit mettre en prison, où il demeura quelque temps. Quand il eut recouvré sa liberlé, il pas.-;a en La!ic cl s'arrêta à Ferrare, où il prit le bonm t de docteur en m' de. ine. Quand Ldoua d 111 monta sur le trône, Turner revint en Angleterre, et fut nommé do en de Wels ; mais à l'avènement de I^laiie, il fut exilé, et il ne retourna dans son pays qu'après la mort de cette princesse. La reine Elisabeth ayant succédé à la reine Marie, lui rendit tous ses bénétices ; il ne s'occupa alors que de ses ouvrages, et mourut en 15G8. On a de lui : Traité des eaux tlurinales de l'Angleterre et de l' Allemagne ; herbier complet ou Uistoire des Plantes, in-fol. ; llistoria de naturis herbarum, scholiis et notis vallala, in-8" ; Avium prœcipuarum quarum apud Aristotelem et Plinium mentio est, brevis et succincta historia, Cologne, 1554, iu-8".

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Il est le premier qui ait publié en anglnis un herbier, New herhal; la 1" partie parut h Londres, en 1551, la 2' h Cologne en 155->, etla3' ibiil., 15()8, avec une édition plus complète.

TUUNKR (Horeiit), né d'une famille écossaise à Barnstaple , dans le Devonshire , quitta son pays pour la foi catholique, trouva un asile auprès de (îuillaome, duc de Bavière, et enseigna avec réputation à Ingolstadt. Leduc l'employa dans |)lusieurs négociations importantes; mais il perdit ensuite la faveur de ce prince. Il devint chanoine de lireslau, et mourut à Grat'. en 1599. On a do lui une Vie d'Edmond Campian ; des Commentaires sur l'Ecriture sainte, et d'aulrcs ouvrages.

TUHNER (William), théologien anglais, né dans le Flinshire, devint vicaire de Valberlon, et publia une ffisloire de toutes les relif/ions, Londres, 1G75, in-8°. On c'Ie encore de lui une Histoire complète des pressentiments les plus remarquables , etc., suivi de tout ce qu'il y a de curieux dans les ouvi'ages de la nature et de l'art, 1697, in-fol.

TURNEK (Daniel), théologien anglais, né en 1701, mort ea 1798, ap[)ar(enait à la secte des Baptistes, dont une congrégation, établie à Abingdon, le choisit pour son pasteur. Il publia divers écrits, entre autres: Introduction à la Psalmodie , 17.37 ; Introduction à la rhétorique, 1771 ; Défense de la poésie sacrée contre le docteur Johnson, 1783; Essais sur des sujets importants, 2 vol., 1791; Pensées détachées sur l'esprit de libre examen en matière de reiirjion , 1792 ; Lettres religieuses et morales adressées aux jeunes personnes, 2' édit., 1793.

'1'1:RIMN ou TcLPix ou Tilpin, moine de Saint-Denis, fut fait archevôiju,' do Ueims, an plus tard vers l'an 7G0, et reçut du pape Adrien I" le pallium, en 77'i., aver le titre de primat. Il mit, en 78G, des bénédictins dans l'église de Saint-Rcmi, abbaye célèbre, au lieu des chanoines qui y étaient, et mourut vers l'an 8)0, après avo-r gouverné son éî.lise plus de 40 ans. On lui attribue le livre intitulé : nistoria et Vita Caroli Mnqni et liolandi : mais cette histoire ou ulutôt cette faille est l'ouvrage d'un luoiie du xvr siècle, qui a pris le nom de Jean Turpin. C'est de ce roman qu'on a tiré tous les contes qu'on a faits sur Roland et sur Charlem.igne. On le trouve dans Schardii rerum Germnnicarwn quatuor vetustiorcs Ckronograp/ii, Francfort, 15oo, in-fol., et il y en a une version français!', Lyon, 1583, in-8°.

TUROUF/i' (Louis) , historien , naquit h Lyon veis l'.-n 1G30. Il a laissé une Histoire du royaume de Naples ; Institution d'un" femme chrétienne dans l'adolrscfuce, le mariage et la viduité. Il a traduit l'ouviage d'AgripiJa, de Vanitatc scientiarum : l'antein' s'y est perinis(lcs changements qui n'ajoutent certaijieinent pas à la beauté do l'ouvrage.

TURRi":CREMATA. Voy. Touquehai.a

TURRKL (Piehue), auteur du \vi' siècle, se lit une si grande réputation, que les villes de Dijon et d'Autun se disputèrent l'honîieui- do lui avoir donné le jour ; mais. lui-

même, dans un de ses ouvrages, décide la question en faveur d'Autun. Son |)riiicipal savoir semblait consister en astronomie, et plus encore en astrologie, comme ion voit j'ar le titre de deux de ses ouvrages, dont le premier est : Fatales précisions des astres et dispositions d'icelles sur la région de Jupiter, maintenant appelée Bourgoi^ne , pour l'an i'à'ld et plusieurs années subséquentes. Le second a ]iour titre : La période, c'est-à-dire la fin du monde, contenant la disposition des choses terrestres par la vertu dis corps célestes. Ce ])etit livre lui attira des disgrAces, et il paraît que l'auteur s'y attendait, puisqu'il n'y fit inscrire ni le lieu ni la date de l'impression , ni son nom, ni celui de l'imprimeur. Bayle assure qu'il parut en 1331 : d'abord il avait été composé en latin; mais on n'a jamais eu que la traduction française, faite par l'auteur môme. Turrel fut cité en justice à Dijon, où il enseignait avec beaucoup de célébrité, et accusé d'irréligion ; mais Pierre Du ChAtel, qui avait été son disciple, prit sa défense, et le lit renvoyer absous. On ignore l'année précise de sa mort. On a encore de lui Computusnovus, à l'usage des ecclésiastiques. Lvon, 1529.

TURRETINI (Benoît), était d'une illustre et ancienne faarlle de Lucques. Son père, ayant embrassé l'hérésie ralvinienne, se retira à Genève. Benoît Turi'etini y naquit en 1388, et devint, ii l'Age de 33 ans, pasteur et pro ésseur en théologie. On a de lui une Défense des Versions de Genève, contre le P. Coîton, in-fol.; et d'autres ouvrages aujourd'hui jieu connus. Il mourut en 1G31, Agé seulement de 43 ans. Outre les Dissertations théologiques, les Sermons et divers éciits religieux (pi'il publia, il avait composé une Histoire de lu réformation de Genève, restée manuscrite.

TURKETINI (François), fils du précèdent, né en 1623 , voyagea en Hollande et en France, où il augmenta ses connaissances, et où il se lia avec divers savants. A son retour il deviit professeur de théologie à Genève, en 1653, et fut député, l'an 1661, en Hollande, où il obtint la somme de 75,000 ilorins, qui servirent à la construction du bastion de la ville ([u'on appelle encore aujourd'hui le Bastion de Ilollaudc. Il mourut en 1687, après avoir publié divers ouvrages. Les jilus connus sont : Institutiones thcologiœ elenchticœ, Genève, 1679-83,3 vol. in-4°; Thèses de salisfactinne J. C, l(i67, in-i" ; De secessione ab Ecclcsiarotnana, 2 vol.; des Sermons et d'autres ouvrages, dont le plus solide e<t le bastion qu'il lit construire.

TURRETINI (JEAN-ArrnoNSE), lils du précédent, né à (lenèvc en 1671, se iivia tout entier îi l'élude de l'histoire de l'Eglise, et ce fut en sa l'aveur qu'on érigea htienève une chaire d'histoire ecclésiastique. Il avait voyagé en Hollande, on Angleterre et en France pour converser avec les savants, et avait en l'art de proliier de leurs entretiens. Ses ouvrages sont : plusieurs volumes de Harangues et de J>issertations , 1737, 3 vol. in-4"; plusieurs Ecrits sur la vérité de la re-

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ligion judaïque et de In relir/ion chrétienne, diffus, mais solides, traduits on partie du latin en français, par Vernet, 5 part, in-8"; des Sermons; un Abrégé de lliiatoire ccclésidstiquc, dont la 2' édition est do 173G, in-8" : Oiivraj;e savant et motliodi(iue, mais souillé par des déclamations emportées contre l'Kgliso ratlioli((ue. .On lui a attribué aussi le Catéchisme , ou Inslniction chrétienne, que d'autres assurent être de Jean-Frédéric Osterwnld (Voi/. ce nom). Turretini mourut en 1T37, dans sa GT' année. Il gémissait sur les funeste'^ querelles qui ont divisé et qui divisent encore les jirotostants entre eux ; querelles inévitables dans une religion où l'on ne reconnaît pas le tribunal infaillible , où l'esprit privé est le seul interprète des saintes Ecritures, etc. Voij. Mélaxchthon,Len- TL'Lus (Scipion), Servet, etc.

TURRETINI (Michel), do la même famille, né l'an IGiG, mort en 1721, fut pasteur et professour de langues orientales à Genève, et s'occujia d'une nouvelle version de la Bible , (|u'il n'eut lias sans doule le temps d'exécuter. On a do lui quelques Sermons et un Catéchisme familier pour les commençants. — Son fils, Sauinol Tlrbetim, né Tan 1GS8, mort en 1727, lui succéda dans la chaire des langues orientales en 1718, et fut nornuK; professeur de théologie en 1710. Il publia des thèses : De iis gui ultimis sœculis divinas revelationes jnctarunt , 1722, in-i". Cet ouvrage fut traduit par Jaccjues-Théodore Leclerc, depuis professeur à (lenève, et publié j)ar l'auteur, avec un supiilémont, sous le titre de Préservatif contre le fan'ilisme, ou Réfutation dos prétendus inspirés des derniers siècles, (lenève, 172."?, in-8°.

TURRIEN (FuANçois), Turrinnus, dont le vrai nom est Torrès, né à Herrera, dans le di(jcèse de Valence en Espagne , vers l'an ISOV, parut aveit éclat au concile de Trente, en 1302. Il se fit jésuite en l.ïiiG, à l'Age de plus de GO ans, et alla en Alhnnagne, où il continua d'écrire avec assiduité. Il mourut à Roii'o en loSl. Il a ti'aduit plusieurs ouvrages des Pèi'os grecs on latin, et a donné des Traités sur les vœux monastiques, sur le célibat, sur l'eucharistie, sur les mariaqes clandestins, etc. Les elforts qu'il a faits pour défendre les fausses décrélales montrent que sa critique n'était point assez éclairée. 11 devait se borner ;i soutenir qu'elles ne contenaient rien d'opposé à la discipline reçue dans l'Eglise lors de leur publicalion, et que leurs altérations no portaient sur rien d'essentiel. Voij. Isidore et Blondel. — Il ne faut pas le confondre avec Cùme Tl'rrien. Cosmus Turrianus, compagnon de saint François-Xavier, qui entra avec lui au Japon, travailla avec beaucoup de succès h la propagation de la foi, et mourut à Xéqui, dans l'ile d'Araacusa, qui fait partie de celle de Ximo, le 20 octobre 1570.

TlIRSELIN(HoRACE),jésuite,7'orse?/ino, naquit à Rome en 15'»-5, où il enseigna pendant 20 ans les belles-lettres. Il aurait continué encore plus longtemps l'exercice pénible de Cet emploi, si l'on n'eilt jugé à nrooos de le

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lui faire quitter pour lui dOTioer le gouvernement de quelques maisons. Il fut recteur du séminaire de Rome, ensuite du collège do Florence, et enfin de celui de Lorotte. U mourut h Rome en 1599, à 5'* ans. Ses principaux ouvrages sont : De Vita Francisci Xaverii , in-'i", Rome, 1596, en six livres; Hisloria Lnurelana, in-8", écrite comme le ])récéJent , avec beaucoup d'élégance ; et quant A l'histoire, qui en est l'objet, t-oj/ez le Jour», hist. et lilt., 15 septembre 1788, p. 85, et Dict. qéoqr., art. Lorette, Nazareth. Le style de Tursclin, moins riche et moins imposant que celui do Maffée , est plus aisé, pUi'; coulant et également pur. Un traité des Particules de la langue latine; un Abrégé de rhistoire universelle, depuis le commencement du monde jusqu'en 1598, in-S°, continué par le P. Philippe Briet jusqu'en 1C65. On lit cet abrégé avec plaisir, quand on aime la belle latinité, la sagesse dans les principes, dans la manière de voir et de présenter les év.'nements ; mais il manque souvent d'exactitude dans la chronologie et de discernement dans les faits. On en a une traduction française en 4 vol. in-T2, Paris, 1757, par M. l'abbé Lagneau. Le h' volume n'est pas de Turselin. Cette version offre des Notes abondantes et instructives.

TURSTIN DE CoM)É, archevêque d'York, né près Baveux, mort vers 1145, introduisit en Angleterre les moines de CIteaux.

TUTILON , célèbre littérateur du ix* siècle, dit te liienheurcnx, naquit d'une famille distinguée qui le destinait là une brillante carrière ; mais il préféra la tranquillité du cloîlro h toutes les grandeurs humaines, et entra dansTalibaye de Saint-Gal. Il partagea sa vie entre les ileviirs de son état, l'étude des lettres et des arts, et cultiva avec un égal succès la poésie, l'éloquence, la musique, la sculpture et la peinture. Il exécuta plusieurs ouvrages h Metz et à Saint-Alban de Mayence; l'empereur Chailes le Gros voulut le connaître , et lui accorda son estime et sa lu'otection. Mais le pieux et laborieux moine vécut jiresquo toujours dans la retraite, et la purelé de ses mœurs lui mérita, après sa mort, arrivée le 28 mars 898, le titre de bienheureux , que le souverain pontife lui accorda. Ses compositions poétiques roulent sur des sujets de piété, et il reste de lui trois Elégies qui renferment quelques bi\aux vers.

TYCHSEN (Olaus ou plutôt Olouf Gerhard), savant orientaliste suédois, naquit le 14 décembre 173i. à Tondern, dans la province de Sleswig. Elève boursier au gymnase d'Altona, il apprii, i)endant un séjour de quatre années dans cet établissement, l'hébreu ainsi que l'arabe vulgaire, et passa ensuite à l'université de Halle, où il enseigna la première de ces deux langues. Des études ultérieures lui rendirent familiers les idiomes tamoul, hindoustani et éthiopien. Tychsen se mil, en 1739, à la disposition de Callenberg, qui avait fondé, trente ans auparavant à Halle, une institution destinée à opérer, par l'explication des Ecritures, la conversion des Juifs et des Musul-

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maris. Apr^s doux mnées fie voyages i:ifrurtiieux en Daiiemrrk, on Pr\isse et d ms d'aLiIrcs contrées voisines, le nouveau niissifjnîiairo se rendit à IJutzow oi"! l'atlendait Je duo Fi'édéri.', qui vouait d'y créer une académie. Attaché connue prof./sseur à ce nouvel établissement, il piissa ((ui'l:|ues années apiès à Roslock, où il l'ut nommé professeur de Imbues orientales et conservateur de la bibliithé pie. 11 mourut dans cetie ville le 30 décembre 1815. T.vchsen a écrit sur un gran ! nombre dt; (juestions critiipies ou philologiques relatives h la liltératu e île l'Oiiciit; mais on lui a re]iroché do les avoir traitées souvent plutôt e'i érudit curieux de montrer sa sa,j;acilé, ou de surprendre en ouvr.'int des voies nouvelles dans un sens restreint, qu'eu véritable sava-H, se pr()|iosaiit pour but de ramener les esprits au vrai sens d' s choses. On cite cumme ses ouvrages les plus remarquables, quoi pie f.evaut être lus avec une grande déQince. en ce qui con^■erae l'esprit do sorte et desy.-tAme: Tentiiineii dr variis codicun hcbrnkornw. Ycteris Teslinncnti mnniisrriplorum genrrihas, Rnstock. 1772, in-8" ; La fnussitc drs monnaies juircs avec léijrndcs en caractères Mbreuxnu sa:naritaivs,de'iHOiilre'e{cnrt\\finMHl], Rostock , 1779 , in-8°. Ces deux ouvrages furent solidemoit réfutés. Des inoycns de cnnnaitre l'époque des manuscrits hébrtux bibliques (eu allema-id) , llostock, 1781), in-S°. Divers écrits sur les langues orientales, la littérature arabe, etc.

TYLKll (William), premier évoque de Hartlbrd, aux Etats-Unis, mort en 18W, dans sa résidence épiscopale de Providence , à l'âge de .'i5 ans, était né de parents protestants h Derby, dans l'Etal de Vcrniont; mais dès l'âge de sei/.e ans il eut le bonheur de connaître et d'embrasser la vérité catholique. Son père et sa mère, avec tous les autres membres de ^a famille, furent reçus à la même éiioque d uis le sein do l'i^glise.

TYM.'ÉL'S (Jacques) , auteur du sv' siècle, naquit ^ Amersfoot, d'où il reçut le nom do Jai:(|ues d'Aaii'rsl'oot. Il prit les or Ires et fut pi'éfet du collège de Saiut-Laureul. 11 était très-|)ioiond dans la théologie, occupa la chaire de cette faculté di'ss l'université de Cologne, et fut pasteur dans l'église deSaint- Jean-Baptiste. Il cultiva avec un égal succès les scienciîs |)hysiques, et il a laissé, parmi d'autres ouvrages, deux commentaires sur les tiaités d'Aristoie, savoir : De generatione et corruptione: De meteoris. im|)rimés en un vol., à Cologne, l'4l)7. Tymœus est mort au commencement du xvi' siècle.

TYMPE (Jean-Cottfried,, savant orientaliste et jirofesseur de théologie à l'université d léiia, né le 2G octobre 1699, à Biedritz, d lis le duché de Magdebmu'iî, mort à léna eu 17GS, a 69 ans. a hi'-sé : Schediasma, quo iterandœ concordantiarum, pronominum lam scparalorum qaam connexorum , necnon nominum propriorum Scriplurœ sacm Vel.

Tesiam originales rationes exponunt nr, léna, 1723; Prima quinque Geneseos crpita et pars sexti liehraice : ricensuit et singulnrum vocum rationem grammatlcum secundum principia Danziann exposait in usum auditorun, léna, 1727, in-8" ; Juli. Andr. Dnnzii Interpres hehraico-chaUhvus , omnes utriusque tinguv idiotismos expliians, ad genuinum Scriplurœ sacrœ scnsum rite indagandum accommodatus : edilionrm liane novnm recensuit. emendarit multisque accessionibus ad mentem auctoris locupletavit, léna, 17o'i., in-k", etc.

TYNDAL ou TINDAL (William), fameux partisan de Luther, naquit dans la princijia;dé de Galles, vers l'an 1330. Aveugle admirateur de cet hérésiarque, il eu propagea la doctrine par ses rré^iications, et, afin de mieux la répandre, il entiepril la tiaductioii anglaise du Noiiveau Testament; mais, craignant d'être troublé dans son travail, il liassa on .\llemagio, et finit cette traduction en 1527. 11 y ajouta la traduction de VAncien Testament, et plaça un discours à la tôle de chaque livre. Il alla en Saxe pour y connaître Luther, qui le reçut comme un utile coadnileur, accorda à Tyndal |)lusieurs conférences, et Tyndal tinit par se tixer k Anvers. Il lit, en divers temps, dfS voyages en différentes parties de l'Allemagne, et secrèteme.nt en Angleterre, cherchant à réiiandre partout le lulliéranisnie. Il essuya un naufrage sur les cotes de Hollande, et y perdit ses livres et ses papiers. Pendant ce temps, sa traduction de la Bible, qui faisait beaucoup de bruit en Angleterre, parut si dangereuse que le clergé anglais présenta une requête au roi |iour la faire supprimer. Le monarque fit publier une proclamation par laquelle il défendait l'achat et la le..ture de la Bible de Tyndal ; malgré cette défense, un grand nombre d'exemplaires y étaient introduits funivement, tandis que Tyiidal entretenait une co/resi)ondance suivie avec les néopliytes de la nouvelle secte. Dénoncé aux magistrats au nom du gouvernement anglais, Tyn al fut arrêté, conduit au château de Fîlfor.l, | rès d'Anvers, mis en jugement, et condamné h être étranglé et briUé ; ce qui fut exécuté en 1536.

UBERTIN d'ILIA, plus connu sous le nom û'lJi)rrtin de Casai. Voy. Cas.vli (Uhertino).

lililvUriN, dit do tiphernc, vivai! au xvi' siècle et fut un des premi-rs qui quitla l'observance commune de Saint-François jiour euibra ser la réforme a|ipelée des capucins. U avait trouvé moyen de faire construire

dans sa patrie uu couvent, habité d'abord par des mineurs obsi-rvantins. Ce couvent [las'^a, en lo.'J'i, à la réforme, et fit jiartie delà nouvelle congrégation.

UCHANSKI (.IvcQOEs), archevêque de Gnesne et [irimat de Pologne, fut d'abord nommé référendaire du royaume par Sigis-

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