‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 258 sur 341 · YAR · texte numérisé non relu

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dire. Avant Trantwcin les journnlistes de Trc'voux avaient dt^jà dém.'squi' la fausseté de ces lettres; et M. Schram, qui, en 170'i. , c'est-à-dire (]uatre ans après la traduction, a publié à Brunswifk les prétendues lettres originales, n'a alTaiiîli aucune de leurs observations. Quelques critiques prétendent que ces lettres ne sont pas seulement altérées, mais entièrement fabriquées. Le génie de Le Vassor, et son caractère faux et méchant, son fanatisme outré, qui le rendait odieux même aux protestants, et le fit cliassf-r do la maison do milord Portland, viennent à l'appui de cette assertion. Quoi qu'il en soit, l'évidence de cette altération ou supposition n'a i)as empêché Fébronius et d'autres détracteurs du saint-siége d'adéguer ces lettres comme des pièces authentiques.

VARIGNON (Pierre), prétri-, naquit à Caen, paroisse de Saint-Ouen, l'an ICo'i.. Les ouvrages de Descartes lui étant tondjés entre les mains, iï les lut avec avidité, et conçut une passion extrême pour les mathématiques. Ses succès en ce genre le rendirent membre de l'académie des sciences de Paris , et professeur de mathématiques au collège Mazarin. 11 avait été admis à l'académie de Berlin en 1711, sursa grande réputation. 11 mourut subitement le 22 déc. 1722. Son caractère était aussi siai]i]e ques a supériorité d'es rit pouvait lo (lemuider. «Je « n'ai jamais vu, dit Fontenelle, personne qui « eût [.'lus de conscience, je veux dire, qui « fût plus appli pié à satisfaire exactement « au sentiment intérieur de ses devoirs, et « qui se contentât moins d'avoir satisfait aux « apiiarences. » La philosophie n'avait pas affaibli sa foi. Dans un Recueil sur l'Eitcharistie, Genève, 1730, in-8", on trouve un ouvrage de A'arignon, pour prouver «qu'un être « matériel , quelque petit qu'il soit, peut « contenir un corps humain, » et d'autres possibilités propres h défendre ce mys ère contre les objections tirées de la physique ou de la métaphysique. Lignac, Malebranche et d'autres savants ont présenté, surle même suiet , des vues extraordinaires pour des phvsicieiis mécaniques et matériels, maisqui n'ont rie 1 d'étonnant pour des hommes profondément instruits. L'on peut même dire qu'aucun objet de croyance religieuse ne trouve dans la nature des emblèmes plus expressifs. {Voy.]e Joitrn. liislor. et lilt., 1" août 1793, p. Wi. - Caléch. pltil., n" 429, et suiv.) On a encore de lui: u;i Projet d'une nouvelle méc(mi(j-ie, 1687, in-V ; Nouvelle mcciwiiiue, 1723, 2 vol. in-V"; N'iuvellcs conjectnris sur In pesrintcur, 1092, in-12; Eléments de meillie'.naliq'ies. 1731, in-4° ; plusieurs autres lùrlts dans les Mémoires de l'académie des sciences. Voij. Vkbnet.

VARILLAS (Antoine), né à Guéret, dans la Haute-Marche, en 162V, se livra tout entier à l'étude de l'histoire. Gaston de France, duc d'Orléans, l'honora <lu titre de son historiographe, e! lui procura une place dans la bibliothèque du roi en i()5o. Il y travailla avec beaucoup d'assidui té jns([u'enlC62, qu'il çbtint une pension do 1200 liv., dont Col-

bcrt depuis le fit priver. M. de Harlay, archevêque (Je Paris, lui en procura une autre de la |iart du clergé de France. Cet auteur mourut en 1696, laissant plusieurs legs pieux, dont un a servi h fonder le collège que les barnabites avaient à Guéret. 11 vécut toujours en philosophe, simple dans ses habits et dans ses meubles, quoiqu'il fût d'ailleurs à son aise. Son Histoire de France comprend, en 15 vol. in-4", une suite de 176 ans, depuis la naissance de Louis XI, en li23, jusqu'à la mort de Henri III, en 1589, et renferme de plus la minorité de saint Louis, qui forme un vol. Son Histoire des he're'sies est en 6 vol. in-V, Paris, 1686-1690, et en 12 vol. iii-12, 1687-1690. L'on y trouve l'histoire des révolutions arrivées en Europe en matière de religion, depuis l'an 137i jusqu'en 1590. Lorsque cet ouvrage parut, on y trouva beaucoup de fautes. Ménage ayant rencontré l'auteur lui dit : « Vous avez donné une « Histoire des hérésies pleine d'hérésies. » Cela n'empêche pas que ce ne soit essentiellement un 'bon ouvrage ; on y reconnaît le savant aussi bien que l'écrivain religieux et foncièrement catholique. On a encore de lui : la Pratique de l'éducation des princes , ou l'Histoire de Guillaume d( Croi ; la Politi- (jue de Ferdinand Ir Catholique; la Politique de la maison d'Autriche, in-12 ; les Anecdotes de Florence, ii-12. A'arillas avait tant lu daps sa jeunesse, qu'il en perdit la vue. On la lui rétablit à force de remèdes ; mais il l'avait .si faible, qu'il ne pouvait lire cpi'au grand jour. Ainsi, dès que le soleil baissait, il fermait ses livres, et s'abandonnait à la composition de ses ouvrages. Quelque bonne que fût sa mémoire, il ét;dt dillicile qu'elle ne le trompât pas souvent ; et c'est là une des raisons qu'on peut rendre du nombre de fautes qu'il a faites : noms propres défigurés, faits évidemment faux, chronologie inexacte. 11 a quelquefois cité des documents qui n'ont jamais existé ; mais il est à croire que sa mémoire se trompait dans les titres. Il rapporte des anecdocles qu'on a jugées fausses, parce qu'on ne 1;'S trouvait écrites nulle part : reste à savoir s'il ne les tenait pas de bonne source. Son zèle pour l'orthodoxie, les couleurs trop vives et trop vraies dont il a peint les sectaires, l'ont rendu extrêmement odieux aux philosophes modernes, qui n'ont pas manqué d'exagérer les défauts de ses Histoires, et de rejeter comme des contes plusieurs faits trè— avérés.

VARLET (Domixiqie-Marie), né à Paris en 1678, devint docteur de Sorbonne en 1706, et travailla pendant six ans en qualité de missionnaire dans la Louisiane. Clément XI le nounna en 17l8évêqued'.-\scalon, et coadjuteur de M. Pidoude Saint-Olon, évêque de Babylono, qui mourut peu de temps .qirès. Dèslors, il commença à ever le masque et à montrer son op[)osition à la bulle Uniqenitus. Il eut ordre de la Propagande d'aller chez le nonce de Paris; mais au lieu n'obéir, il [lartit pour la Hollande, et donna à Amsterdam la confirmation, en vertu des prétendus pouvoirs que lui avaient donnés les soi-disant

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