‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 264 sur 341 · VEIN · texte numérisé non relu

VEIN

YEN

dum;De compositione mundi ; Super libros Porphijrii liber 1 ; Super prwdiramenla liber I; Super lihros pnsicriurum libri II; Logica parva; Logicainagna : De quiidratura circuli; Super conser/ueiUHs SCrodi. Il a fait un abrégé des Expodlions de Jenn de Ripa sur le premier livre des Sciteiices. Quoi qu'il en soit du mérite de tous ces écrits, aujourd'hui oubliés, ils montrent au moins dans le P. Vencto un écrivain très-laboi'ieux, et rempli, pour son tem,is, d'une grande variété de connaissances.— Il ne faut point le confondre avec Paul V'eneto, scrvitc, qui vivait dans le même siècle, et don» on a les oiivra^^es suivants : De notitia Dei ; De condendo christiano tcstamento : De ordine et progressa sui ordinis : Explientio Dantis Aligerii , poetœ florenlini. — Les b ograplios f^nt mention de deux autres Ventto. Le premier, André Ve- NETo, était aussi servite ; il vivait da s le xiv' siècle, et fut professeur à Bologne. Parmi divers ouvrages doit il est auteur, on cite: un C ommeiUaire Siiv la Cienèse; un Commentaire sur Aristole, de rébus mituralibtis ; Liber variarum oralionum; Cumpus florum.

L'autre Veneto (Jean), était chartreux, et vivait au xv" sii'cle. Ses écrits sont : Nosee teipsum; De palleMia et humilitate liber I ; Spéculum morientium, libri III; Corona setirsuuin, liber I ; Sermones varii; Epistolw variw.

VENINO (Ignace), jésuite, surnommé le Massillon de l'Italie, né à Cùme le 10 février .1711, de parents estimés, entra tians la compagnie de Jésus le '26 janvier 1728, et y enseigna, suivant l'usage, toutes les classe.s. Ses supérieurs le destinèrent à la chaire, et il jusiiiia l(!s espérances qu'on avait conçues de ses talents. H créa pour ainsi dire une époque nouvelle dans l'éloquence italienne. On admirait dans ses sermons l'ordre, la beauté du plan, la profondeur, la belle diction. Son style était jdein, élégant, harmonieux. 11 savait ennoblir les pensées les plus communes; et quoique son débit ne f(it pas heureux, son discours étail si altachant, (|ue son auilitoire était toujo'urs composé des personnes du goiM le plus délicat : les villes les plus considérables de l'itade voulureni l'entendre. L'inslitut des jésuites ayant été supprimé en 1773, le P. Venino, qui était alors recleur du collège de Milan, continua de demeurer dans cette ville. Il y mourut dans de grands sentira -nts de piété, le 2a août 1778, âgé d'environ 68 ans. 11 n'avait rien publié de son vivant. L'abbé Antoine-Louis Carli, autrefois son confrère, recueillit les écrits qu'il avait laissés, et les publi i. C'est à ses soins qu'on doit : Panegirici, Milan, 1782. 11 y en eut une seconde édition la même aniiée à Venise ; Le Prediclie quaresimali, Milan, 1780; Venise, 1783.

VENTADOUK (l'abbé de). Voy. Rohax.

VENTIMIGLIA (Mariams), carme, de Naples, se distingua dans son ordre p ir ses vertus et sa science, et devint prieur général le 29 mai 1762. On a de lui : liistoria chronolo- <jica priorum geiieralium ordinis B. Mariœ de Monte Carmcto Naplos, 1773, in-V, avec

figures. L'auteur y donne un abrégé de la vie de chaque général de son ordre, depuis saint Berthold, fondateur de l'oidre, vers llio, et un précis des choses mémorables arrivées sous leur gouveniement. Il y règne beaucoup d'éruiition, le stylo est net et coula'it. L'auteur mourut peu de temps après la publication de cet ouvrag»^.

VENTURA (Antoine-Prado), religieux trinitaire espagnol, naquit le 10 juin 1701, d'une famille considrée de Cor.ioue, en Andalousie. A l'âge de 16 ans, il entra dans le couvent des Malhurins de sa ville nat.ile et y lit profession. Ch.nrgé de professer la jdiilosophie, il s'en acquitta à la satisfaction de ses supérieurs , qui l'envoyèrent h Séville prendre des grades dans l'université : il y reçut le bonnet de docteur. Quelques années après, il fut nommé prof sseur uc théologie dons cette université. Ventura possédait la géographie, l'histoiie et le droit canon. Il prêchait aussi avec succès ; il faisait même des vers avec facilité. Il mourut à Cordoue en 1753. On a de lui : un Poème de saint Raphaël, in-4°; Sermons des saints, 2 vol. in-i° ; la Vie du martyr Fr.-.Uarc Criado , in-8° ; Oraison funèbre du cardinal Cisneros, prononcée à la cérémonie des ousèques que fit faire à ce prélat l'université d'Alcala;/)ii'erses consultations, in-fol. Il a, dit-on, beaucoup contribué au perfectionnement de la langue espagnole. — Ventura (Guillaume), né a Asti vers 1230, écrivit, ou plutôt continua VHistoire de cette ville. Elle avait été commencée par Ogerius Alferius qui l'avait poussée jusqu'en I29'i.; celle de Ventura commence en 1260 et va jusqu'en 1323. Ventura avait porté les armes, et avait été fait piisonnier en 1273. Son ouvrage a pour litre Mémorial, etc. Louis-Antoine Muratori l'a insf'ré avec des notes au tome II de son grand Recueil des écrivains de l'Histoire d'Italie, ia-foL, Milan, 1727. — Ventura (Secundinus), parent du précédent, citoyen et notaire d'Asti, repiit le travail de Guillaume et y ajouta; il conduisit l'Histoire d'Asti da liJ9kl!i37. Cette continuation se trouve dans le volume de Muratori cité ci-dessus.

VENTURE (MAUDOCHÉE),juif, tlorissait au commencement du xvu' siècle, et était un des hommes les plus instruits de sa nation. On a d(; lui les ouvrages suivants : Prières journalières à l'usage des juifs portugais ou espagnols, auxquelles ou a ajouté dds notes élémentaires, 1772, 3 vol. in-12 ; le Cantique des cantiques de Sulomon, avec la paraphrase chaldiique et le Traité d'Aboth ou des Pères de la doctrine, traduits de l'hébreu, du chaidaïque et du rabbinique, avec des notes élémentaires pour en faciliter l'intelligence, 177i, in-i2.

VENL'Tl (l'abbé Philippe), naquit k Cortone e:i 1709 et cultiva les lettres avec succès. Les chanoines de Sain t-Jean-de-La Iran l'euvoj èrent à Paris pour administrer les revenus de l'abbaye de Clérac en Guyenne, que Henri IV avait donnés à ce chapitre. St;s manières alf.ibles et polies, et son esprit cultivé, lui firent beaucoup d'amis, parmi

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lesquels il comntait le célèbre prdsidenf de Montesquieu. Ce dernier, très-satisfait de la traduction italienne que, ]'al>b(5 Vcnuti avait /aile du poème de la licligiun de llacine, emp.oya le crédit de Tabb' de Saiiit-Cyr auprès de Boyer, évèque de Mirepoix, aiiii d'obtenir rie lui quelque bénélice pour son pro;é:4é. On exposa à ce prélat le service que l'abl)é Venuti avait rendu à l'Eglise par la traduction du |ioëme de R-icine. Rien n^ put toucher l'évèque, qui réfiondit en dernier lieu « qu'il faisait plus de cas de ceux qui admi- « nistraient la rfli^iou que de ceux qui la « prouvaient. » L'aijbé Venuti retourna à Rome en 1759, oiitint la prévôté de Libourne et mourut à Cortone en 1769. 11 a traduit en vers italiens : le Tcli^mar/ue, 2 vol. in-4°; le poënie de la Reliçjion de Racine, ouvrage dont nous avons parlé ; la tragédie de Didon, de Le Franc de Pompia;nan.

VERAN. Voy. Salomls.

VEIIBIEST (Ferdinand), jésuite, né vers 1630 à Bruges, fit de grands progrès dans les mathéuiatiipies et se consacia à la conversion des Chinois. Il travaillait avec succès dans la province de Chensi, lorsqu'il fut appelé k la cour eu 1660, et servit beaucoup la religion chrétienne par le créilit qu'il eut auprès de l'empereur. Mais après la mort de ce prince, la jalousie des mathématiciens et des bonzes réussit à le faire mettre en prison. Une écliîise de soleil, dont il annonça le moment précis et sur laquelle les astronomes chinois se trompèrent lourdement, lui rendit sa considération ; mais il ne recouvra sa liberté que quelque temps après. La présidence du tribunal des mathématiques qui,, après la mort du P. Scliall, avait été donnée à un Chinois, fut si mal remplie, que l'empereur mécontent la donna en lij69 au P. Verbiest, f|ui avait redressé les erreurs du Chinois. Celte place fut depuis toujours conférée à un jésuite, jusqu'au P. Hallestein, mort en 177't- ; car la science des Cliinois est si bornée, môme dans les matières dont ils font une parade particulière , qu'il ne se trouve personne en état de faire un lion calendrier. Le P. Verbiest mourut à Pékin le 28 janvier 1688, après avoir facilité l'admission du P. Lecomte à la Chine. On cite do ce jésuite un Calcul des éclipses du soleil et de la tune pour deux mille ans, formant 32 volumes de cartes, avec des explications ; Relation de deux voyages en Tartarie et diOerents ouvrages astronomiques.

/ERDURE (Nicolas-Joseph de La), ne à Aire, mort à Douai ei 1717, âgé de 83 ans, était docteur de l'université de cette ville, premier professeur en théologie, et doyen de l'église de Saint-Amé. C'était un homme d'un savoir profond et d'un désintéressement encore plus rare. L'illustre Fénelon l'honorait de son amitié. Ou a de lui un Traité de la pénitence, en latin, dont la rueilleure édition est de 1698.

VERGER DE Hacranne (Jean du;, naquit h Bayoïuie, en 1381, d'une familK' noble. Après avoir fait ses études eu France et à

Louvain, il fat pourvu, en 1620, de l'abbaye de Saint-Cyran, et assista la même année h la fameuse conférence de Bourgfnniaine, qui avait été précédée d'une autre Ji Bordeaux. (Fo//. FiLLEAU, ViLLiERs.) Après la niort de Jansénius, son ami, il redoubla d'ell'orts pour éiablir la nouvelle secte. Paris lui parut le théâtre le plus convenable pour dogmatiser. Il y fil usage de tous les moyens pour y faire des prosélytes, et prétendit même avoir des révélations. Oui, je vous le confesse, dit-il un jour à saint Vincent de Paul, Dieu m'a donné et me donne de grandes lumières. Il m'a (ait connaître quil n'y a plus d'Eglise. Et comme, à ce propos, le saint témoigna la plus étrange surprise : Non, répliqua l'illuminé, il n'y a plus d'Eglise. Dieu m'a fait connaître que, depuis cinq ou six cents ans, il n'y avait plus d'Eglise. Avant cela, l'Eglise était comme un grand fleuve qui avait ses eaux claires ; mais à présent, ce qui nous semble l'Eglise n'est plus quede la bourbe. Le lit de cette belle rivii're est encore le même, mais ce ne sont plus les mêmes eaux. «■ Eh « quoi! monsieur, liii dit le saint homme, « voulez-vous plutôt croire vos sentiuients « particuliers que la parole de Notre-Sei- « gneur, qui a dit qu'il édifierait son Eglise, « et que les portes de l'enfer ne prévau- « draient pas contre elle? » // est vrai, réjiondit l'abbé, que Jésus-Christ a édifié son Eglise sur la pierre; mais il y a temps d'édifier et temps de détruire. Elle était son épouse, tnais c'est une adultère et une prostituée : c'est pourquoi il l'a répudiée, et il veut qu'on lui en siibsiitue une autre qui lui sera fidèle. L'artificieux prédicant n'en était pas venu tout d'un coup à cette horrible confidence. Dans plusieurs autres entrevues, il avait travaillé à y préparer insensiblement son pieux ami. Un jour qu'il l'avait trouvé ayant l'Ecriture sainte entre les mains, il s'étendit sur les lumières spéciales que Dieu lui donnait pour l'intelligence des Livres saints , et il alla jusqu'à dire qu'ils étaient plus lumineux dans S071 esprit, qu'ils ne l'étaient en euxmêmes. Si ce galimatias n'exprime pas le dogme calvinien du sens particulier, il couvre quelque chose de plus dangereux et deplus superbe. Dans une autre occasion, où ils discouraient ensendjle sur quelque article de h doctrine de Calvin, l'abbé prit le [larti de l'iiérésiarque et en soutint formellement quelques erreurs. Ce saint lui représenta que cette doctrine était condamnée par l'Eglise. Calvin, repartit l'abbé, n'avait pas si mauvaise cause, mais il Va mal défendue : il a mal parlé, mais il pensait bien. Une autre fois il dit, en parlant du concile de Trente : Ne me parles point de ce concile, c'était im concile du pape et des scholastiques, où il n'y avait que brigue et cabale. Il n'en fallait pas davantage pour rompre tout lien d'amitié entre le saint et le novateur. Mais si celui-ci désespéra de s'attacher cet homme vertueux et orthodoxe, il ne réussit que trop bien ailleurs. S(Ui air simple et mortifié, ses paroles douces et insinuantes, lui firent beaucoup de partisans. Dys prêtres, des laïques,

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des femmes de la ville et de la cour, des religieuses, adoptèrent ses idées. La cour, informée de en commencement de secte, regarda l'abbé de Saint -Cyran comme un nomme dangereux, et le cardinal de Richelieu le lit renfermer en 1038. Après la mort do ce ministre, il sortit de prison ; mais il no jouit pas longtemps de sa liberté, étant mort à Paris en lGi3, h C2 ans. On a de lui : La somme des fautes et faussetés capitales contenues en la somme tlKfologiquc du P. François Garasse. 11 devait y avoir 4- volumes, mais il n'en a |)aru que les deux premiers et l'abrégé du quatiième , 1()26, 3 vol. in-'i-"; des Lettres spirituelles, 2 vol. in-i" ou in-8% réimprimées à Lyon en 1679, en 3 vol. in-12. On y ajouta un k' volume qui renferme plusieurs petits Traités de M. de Saint-Cyran, imprimés séparément, savoir : la Théotocjie familière , on Briève explication des priricipaux mystères de la foi: les Pensées chrétiennes sur la pauvreté. Wallon de Beaupuis a extrait de ces Lettres les Maxirnes principales, qu'il a fait imprimer in-12. Arnauld d'Andilly a augmenté ce recueil et l'a publié, in-S' et in-12, sous le titre d'Instructions tirées des Lettres de M. de Saint-Cyran; Apologie pour M. de La Roche-Posay, contre ceux qui disent qu'il n'est pas permis aux ecclésiastiques d'avoir recours aux armes en cas de nécessité, imprimée en l(il5, in-8" ; un pi'tit traité publié en 1G09, sous le titre de Question royale, où l'on examine en quelle extrémité le sujet pourrait être obligé de conserver la vie du prince aux dépens de la sienne, 1G09, in-12, contrefait sous la même date. Ces deux ouvrages firent grand bruit, notamment le dernier. Les jésuites l'annoncèrent partout comme un apôtre du suicide, et il l'enseigne effectivement, mais de la manière la plus douce, et sans beaucoup de douleur, comme par rétention d'haleine, ou par l'ouverture des veines. Il pose d'abord le cas imaginaire où le roi, emporté sur la mer par un ouragan et jeté sur quelque plage déserte, se verrait au moment de mourir de faim. Dans cette supposition, ou ce rêve de lièvre chaude, le grave moraliste prononce qu'un sujet qui accompagnerait le prince, serait obligé de devenir son propre assassin, ou plutùî son boucher, afin de fournir de sa chair la tnble de son souverain et d'en être mangé. Du devoir des sujets il passe à celui des esclaves, et décide foi'inellement que ceux-ci, par l'ordonnance de cette raison qui tient la place de la raison de Dieu, peuvent se trouver obligés d'éteindre leur vie par le poison, afin de la conserver à leur maître. L'homme, ajoute-l-il en j)reuve, est-il moins maître de sa lilicrlé que de sa vie? Dieu lui a-t-il moins donné l'une que l'autre? mais ne lui a-t-il pas donné l une pour l'autre, puisqu'il ne l'a nu faire vivre qu'a fin qu'il vécût librement? Il va jusqu'à trouver contre la raison, que la vie demeure à c"t esclave, tandis qu'on le prive de la liberté, qui est la fin de sa vie. Il veut encore que les enfants se puissent tuer pour leur pèr:', i-t le père pour ses eifanls. Je crois, dit-il, que sous les empereurs Tibère et

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Néron, les pères étaient obligés de se tuer pour leur famille et pour leurs enfants. Tout le reste est d'une extravagance égale. Dans la manière dont il parle de la raison et des anciens philosophes , on reconnaît un })ur déiste, mais déiste très-fanatique. Un gros volume in -fol., imprimé aux dépens du clergé de France, sous le nom de Pctriis Aurrelius, avec l'abbé de Barcos , son neveu. {Voy. Smith Richard. ) Ecrivain faible et diffus, en latin comme en français , sans agrément, sans correclion et sans clarté, il avait quelque chaleur dans l'imagination ; mais cette chaleur n'étant pas diiigée par le bon sens et le goût, le jetait dans le galimatias. Il y en a beaucoup dans ses Lettres. La plupart de ceux qui le louent tant aujourd'hui ne voudraient pas être condamnés <i le lire. Sa ]>lus grande gloire, aux j-eux des gens du jiarti, est d'avoir fait du monastère de Port -Royal une de ses concjuètes, et d'avoir eu les Arnauld, les Nicole et les Pascal pour disciples. Un autour estimé en a fait le [)ortrait suivant : « Avec un esprit des « plus communs, ou plutôt foit éloigné du n sens commun et approchant du délire, il « avait au degré suprême h; génie de l'intri- « gue et de la séduction. Qu'on en juge par « le jioint auquel il réussit à fasciner le doc- « leur Antoine Arnauld , et tant d'autres. « Telle fut la raison pour laquelle le cardi- « nal de Richelieu le mit hors d'état de « brouiller, en le faisant confiner dans une « prison, où il demeura jusqu'à la mort de « ce ministre. Son jirincipal ouvrage est un « gros in-folio intitulé Pelrus Aurelius, et « qu'on i-éduirait au ])lus petit livre, si l'on « en retranchait toutes les sottises qu'il dit « aux jésuites. Il eut assez de manège pour « le faire imprimer aux dépens du clergé de « France, mais trop peu pour empêcher la « cour de le supprimer. Sa Question royale, « apologie formelle du suicide, et de l'homi- « cide en bien des cas, mérite à peine atten- « tion sous ce point de vue, tant il y a su « rassembler de principes encore plus ré- « préhensibles, de maximes et de dogmes « païens, d'impertinences et d'extravagances « en tout genre. Son Apologie pour le cha- « pclet du Saint- Sacrement , sa Théologie « familière, et plusieurs do ses Lettres, « qui sont en très-grand nombre, portent « également la marque d'une sullisance « inepte et ridicule, sans compter le fond « corrom|)u des choses. Mais le ridicule y « est si frappant, qu'il en peut tout seul faire « l'antidote. Si les puissances ecciésiasti- « ques, en méprisant' la plupart de ces alj- « surdes ]iroductions , en ont condamné '(. quelques-unes, ce fut moins pour préve- « nir les simples mômes contre ce dogmati- « seur absurde, que pour les lenir en garde « contre l'admiration feinte do ses artificieux « panégyristes. » Voy. Fii.leau, Jansénius, MoNTGERON, Paris, Roche.

VERGEKA (Jean), savant espagnol, trèsversé dans la langue hébraïque, naquit vers l'ai IVj'O. Le cardinal Ximeiiès l'employa à la composiUon de la Polyglotte qui porte son

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nom , tâche dont Vergera s'acquitta avec lionneur. Il rectitia, dans plusieurs livres, beaucoup d'endroits du texte entièrement inintelligibles dans la Vulgate. Il s'occupa jilusieurs années de ce travail, dont il fut généreusement récompensé. L'impression de la Poli/glotle, entreprise à Alcala de Hénarès, fut conunencée en VoVv et terminée en 1517, en cjuatre langues et 6 vol. in-fol.

VERGERIO (Pierre -Padi.), philosophe, jurisconsulte et orateur, né à Capo-d'Istria, sur le golfe de Venise, assista au concile de Constance. Les qualités de son cœur et de son esprit le firent aimer et estimer de l'empeieur Sigismond, h. la cour duquel il mourut vers 1431, à l'âge d'environ 80 ans. Muratori a publié, dans sa grande Collection des écrivains de l'histoire d'Italie, tom. XVI, in-fol., l'Histoire des princes de la maison de Carrari, écrite j)ar Vergerio, avec plusieurs Discours et Lettres du même savant. Il a composé d'autres ouvrages, dont quelquesuns sont encore manuscrits. On a donné des éloges à son traité De inycnuis moribus et liheralibus adolescendœ studiis, 1493, in-4'>, et il les mérite à quelques égards.

VERGERIO (Pierre-Paul), fameux apostat, naquit à Capo-d'Islria vers la fin du xV siècle. Il était parent du j)réLÔdent, et fut envoyé en Allemagne par les papes Clément Vil et Paul III, au sujet de la tenue d'un concile général. Il eut pour récompense l'évèché de Capo-d'Istria , sa jiatric, qu'il abdiqua pour embrasser le protestantisme. Cet apostat finit ses jours à l'ubingen en 1565. Il est auteur de plusieurs ouvrages que les protestants mêmes méprisent. Les principaux sont : Ordo eiiqendi ponlificis, 1556, in-4°; Quomodo concilium christianum debeat esse hoerum, 1537 et 1557, in-8"; Operum adversus papatum lomus l, 1503, in-4° : fatigué de dire des injures, il ne continua pas cet ouvrage ; De oratione, et usu sacramentorum et cœnœ Domini, Tubingen, 1559, in-4'' de 64 pages ; plusieurs écrits en italien, où règne le fanatisme de secte. — J.-B. Vergerio, son frère, évêque de Pola dans l'Istrie, apostasia comme lui.

VERONE (Pierre de Tressan de La), né en 1618 d'une ancienne maison de Languedoc, fut élevé dans la religion prétendue réformée, qu'il abjura à l'âge de vingt ans. Après avoir passé quelques années à la cour, il se retira auprès de Pavillon, évoque d'Aleth. La part qu'il prit au livre intitulé : Théologie morale des jc'suites { condamné à être brûlé par le parlement de Bordeaux, et réfuté par les PP. Caussin et Le Moine), le fit exiler ; mais peu de temps après le roi lui rendit la liberté, dont il ne jouit pas longtemps. Il se noya près du château de Térargués, en allant à Paris, le 5 avril 1684. Son principal ouvrage est intitulé : Examen général de tous les états et conditions, et des péchés qu'on y peut commettre, 2 vol. in-!2, 1670, sous le nom du sieur de Sainl-Germatn. L'auteur en avait préparé une troisiOme édition, revue, corrigée et considéra-

blement augmentée, qui a paru en 1711, Paris, 2 vol. in-8°.

VERGNE (N. La), abbé de Trossan, fils du comte Louis-Elisabeth de Tressan de La Vergne, qui fut lieutenant-général des armées de France, et qui se fit un nom dans la littérature, naquit dans le Boulonnais en 1749, et cultiva plus particulièrement les lettres profanes. Il hérita du goût de son père pour les romans de chevalerie. Lors des premiers troubles de la France, il fut contraint d'émigrer ; il parcourut l'Allemagne, demeura quelque temps en Russie, et il fut partout bien accueilli. Ayant passé en Angleterre, il publia un ouvrage posthume de son père, intitulé : Le chevalier Robert, roman qui eut beaucoup de succès, et qu'il dédia â Paul I", empereur de Russie. Il avait fait imprimer aussi à Londres sa Mythologie comparée avec l'histoire, 1776, in-8". Le premier de ces ouvrages fut réimprimé en 1800 à Paris, et, â son retour dans cette capitale, l'abbé de Tressan donna une nouvelle édition de sa Mythologie. La 8' a paru en 1826. On lui doit aussi une bonne Traduction des sermons de Hugues Blair. Il s'était retiré à la campagne, o\i le temps qu'il ne donnait pas â l'étude, il l'employait à faire prospérer un troiqieau de mérinos. Il est mort en juillet 1809, âgé de 60 ans.

VEKHAER. Voy. Harjeus.

VEUHULST (Philippe-Louis) , théologien flamand, né h Gand, adopta les principes du parti janséniste. Mis à la tète d'un collège fondé dans la ville de Diest en Brabant, il perdit bientôt cette place et retourna à Louvain , où il écrivit contre les jésuites. En 1729, Terhulst se retira avec plusieurs docteurs de Louvain du parti janséniste, au séminaire d'Amersfort, dans la province d'Utrecht. Il y fit des leçons de théologie pendant [ilusde vingt ans, continuant de publier des écrits dans le même sens. Nous citerons de lui : Imposturœ et errores jesuitarum lovaniensiitm contra IV thèses PP. Marin et Leonardi (irinsven, 1711, 4 pag. 10-4°; Grinsvenins maie defensus ab crroribns et impostura, 1712, 16 pag. in-4°; La Vérité qui se 2}laint du relâchement des jésuites, 1713, en tlamand ; De auctoritate romani pontifias, diss?rtatio tripnrtita, 1719; Les fondements solides de la foi catholique, louchant le saint Sacrement de l'autel , en 3 parties , 6 vol. in-12, 1739-1741, en flamand, sous le nom déguisé de Zeelander ; Traité sur le titre d'évéque universel, 1752, en tlamand ; Prœfatio ante Acta quœdam ecclesiœ ultrajeclensis, 1737. H eut la part principale à ces actes, publiés par Vander Croon , etc. Vcrhulst mourut au séminaire d'Amersfort, au mois de mai ou d'avril 1753.

VERJUS (Antoine), jésuite, frère de Louis de Verjus, comte de Crécy, qui fut habile diplomate et qui remplaça Cassagne h l'académie française, naquit à Paris en 1632. Ce zélé missionnaire, mort en 1706, est auteur d'une Histoire de saint François de Borgia, Paris, 1672, in-4° et ii-I2, estimée quoiqu'un peu diffuse ; d'uue Traduction dnCatéchismo

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du P. r.nnisins, Paris, 1688, et d'une Vie de Mirhrl Le ^'oblctz, viisaioiiimire en Breturjne, Paris. 1()C6, in-8", qu'il lublia sous le nom do l'abbé do Sainl-Auihé. 11 (r.idiiiit du P. A'iloi'ie Vioyra, un Discours historique pour le jour de là naissance de la reine de Portugal. Paris, 1660, in-i"; ot un Discours sur la vdissance dcfinfunte de Portucjal , Paris, ^ j7t, in-'*". Lo P. Verjus avait un autre fière, ninrt évèquc de (îrasso.

VEULÉNIUS (Jeuùmf.) , né à Bois-le-Duc, au conunencL'ment du xvr siècle, enseigna la théolOj^ie à Ulrecht, et y youvcrna une paroisse : eusuite il eut un canonicat daris .a citliédrale de Harlem, et y fut fait vicaire général. Il y mourut vers l'an 1580. Nous avons de lui : une Version latine d'Epictète avec des scolies, Bois-le-Duc, loW, et Anvers, 1550, i'i-1-2; un Commentaire suv les Psaumes de David, Louvain, 1558; une édition des Epitres de saint Ignace, avec une ■\'ersion en latin et des notes, Anvers, 15G6. Ussérius et Colelier eu ont profité pour donner la leur.

VERMEULEN. Voy. Molasus

\'ERJU<}L! (PiEjiuE Martyr ou) naquit îi Florence en 1.500, et entra chez les chanoines i'éguliers de Saint-Augustin. Ses sermons et son savoir lui firoU un nom en Italie ; mais la lecture de Zuingle et de Bucer le jeta dans l'hérésie. Comme il dogmatisait dans des maisons particulières à Naples , il fut sur le point d'être arrêté. Il se retira à Lncques et y pervertit plusieurs personnes, avec lesquelles il prit la résolution de passer chez les hérétiques. Il emmena avec lui Bernardin Ochiu, général des capucins, et se rendit à Znrich, puis à B'de, et ensuite à Strasbourg, où il épousa une jeune religieuse. Décrié [lar ses erreurs et ses mœurs, il se retira en Angleterre avec sa femme en 15V7. Il y obtint une chaire de tliéologie dans l'uinvcrsilé d'Oxford ; mais la reine l\larie ayant succédé à Edouard en 155.3, le chassa de ses Etals avec les autres hérétiques. Pierre se rendit à Augsbourg, u'oii il alla à Zurich, oi!i il mourut en 15j2, aussi détesté par les calvinistes que jiar les catholiques. On a de lui mi grand nombre d'ouvrages, presque tous réunis sous le titre de Loci communes theologici, 1021., 3 V(d. in-fol. }[ en composa la plus grande partie (loiir soutenir se? erreurs. 11 nous reste encore de cet apostat un recueil de Lettres en latin, imprimées avec quelques ouvrages de Ferdinand de Pulgar, par Elzévir, 1G70, in-fol.

VEUMOLANUS. Voy. Cbavus (Henri).

VEUNACiE (Etienne-François), natpnt à Paris en 1052, et embrassa l'état ecclésiasliquo. il l'ui vicaire à Saint -Nicolas -ues- Champs, où il travailla pendant plus de quarante ans, et où il se liistingua {lar son /èle et sa piété. On a de ce iirètre éclairé (t exemplaire : Nouvelles rcfflexions, ou Sentences et maximes morales et pratiques, etc. Il y y en a eu plusieurs é'iilions ; la 2' est de Paris, 1091, petit in-i2; la ;î% aussi de Paris, est de 169'i., in-12. Ce livre est dédié à madame do Maintenon. Pensées chrétiennes, ti-

rées des SS. Pères, pour toun les jours du mois, Paris, 1717, in-12 ; Traité de ta charité selon saint Paul, Paris, 1711, petit in-12, réimprimé en 1712, avec un Traité de la loi nouvelle, par l'abbé Pacory. L'abbé Veinage nidurul le 12 oclobre 17i3. 11 coniribua à l'établissement des tilles repenties, dites du Sauveur, et le dirigea pendant quelques années. Sa vie eHliôie avait été consacrée aux bonnes œuvres.

A'ERNES (Jacob), ministre du saint Evan. gile, né h Genève en 1728, l'ut d'abord pasteur de Coligny, près de Genève, et élu l'un des pasteurs de cette ville en 1770. Il était du parti des patriotes; ce parti ayant eu le dessous en 1782,1e pasteur Vernes fut enveloppé dans sa disgrAce ; mais il fut rappelé en 1789, lors de la révolution arrivée a Genève. Il V mourut le 22 octobre 1791. On a de lui : Choix littéraire, de 1755 à 1700, 24 vol. in-8" ; journal qui n'est point sans mérite , quoique peu connu , et jjour lequel Ternes, autour lui-même de plusieurs morceaux, a mis tous les pays à contribution; Lettres sur le christianisme deJ.-J. Rousseau, in-S"; Dialogues sur le christianisme du même, in-8'; Réponse à quelques lettres du même, in-8"; ces trois écrits parurent en 1763; Confidence philosophifjue, 1771, in-8° ; nouvelle édition revue et augmentée, Genève, 1776, 2 vol. in-8°, sorte de roman dont le but est de réfutir les principes des incrédules ; Catéchisme à l'usage de toutes les communions chrétiennes. Il n'y est question ni de la Trinité ni du ])éché originel, sous prétexte de n'y faire entrer aucun des points contestés et d'écarter les disputes. S'il en est ainsi, comme il n'est presque aucun point du christianisme qui n'ait été contesté par quelque hérétique, tout ce qui constitue le ciiristianisme doit en être retranché, et le Catéchisme à l'usage de toutes les communions chrétiennes ne contiendra plus rien de chrétien. 11 parait que le Catéchisme de Vernes avait originairement été composé pour l'instructiiin des jeunes gens qui se jiréparaient à participer h la cène. Il fut pul)lié en 177.'i., in-8' : c'était celui d'Osterwald , avec des changements. Il y en eut une autre édition en 1776, à laquelle Vernes mit son nom ; et une troisième, en 1778, plus ample crue les autres, avec un Catéchisme abrégé h l'usage des enfants. 11 y a dans les Mélungis de philosophie, d liistoire, de morale, de littérature, par M. de Boulogne, 1807, tom. Il, un arlitle où ce catéchisme et son auteur sont justement appréciés. Des Sermons dont son fils, François Vernes, a et' l'éditeur; il y a inséré V Eloge de son père : ils sont tiès-estimés; Exan}en de cette question : Convient-il de diminuer le nombre des sermons qui se font ù Génère? 1775, i'i-8'. Vernes a travaillé, avec lloustan, à l'Histoire de Genève. Ce travail n'a point paru. H a composé un Traité sur l'éloquence de la chaire, resté inédit.

VEUNET (Jacob), nuiustre protestant, né îi Genève e'.i lG9o , cultiva les lettres avec ardeur, et vovagea pour étendre ses counaissances. Il visita l'Italie, la France et

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l'xVngleterre, et fut élu à son retour l'un des ])aslrurs de l'église de Genève. En 1739 il fat noinraû ù une chaire de belles-lettres, et ea 17oj à une de théologie. Pendant quelque tenijis il eut avec Rousseau une liaisoa assez intime, et son nom se trouve dans les 'ettres de ee philosophe ; mais ils Unirent par se brouiller. Il est aussi nommé dans la correspondance de Voltaire. Vernet est auteur des ouvrages suivants : Anecdotes ecclcsiasti(]u('s, tir/es de l'Histoire de Naples, de Giannone, Amsterdam, 17.38, iii-8". Quoique le Dictionnaire des anonymes, lom. I", j). 27, u" 237, attribue cet ouvrage à Vernet, il avertit néanmoins, t. IV, p. 407, que cela est douteux. Quelques-uns pensent que l'abbé Prévôt en est l'auteur. Dialogues socratiques nu Instructions de morale, Paris,, 173'i- et 1755 ; Lettres sur la coutume moderne d'emploi/cr ?cvous au lieu du tu, La Haye, 1752, i?i-i2; La sainte Bible, ou le Vieux et le Nouveati, Testament, traduits en français, sur le texte hébreu et grec, par les pasteurs et professeurs de l'église de Genève, Genève, 1805, in-fol., et 3 vol. in-8». Ce grand travail n'est pas d'une seule main ; il l'ut continué, diton, par diverses personnes pendant quatrevingts années ; Vernet fut un des collaborateurs. On pense qu'il a surtout coatiii)ué <i la Genèse et aux Epîtres de saint Paul. U le édition (la 3') de la Théorie des sentiments agréables, par Louis -Jean Lévesque de Pouilly, Genève, 17i7, avec une préface de Vernet ; une édition de l'Lspril des Lois de Montesquieu (la 1") : il parait que l'auteur chargea Vernet de la donner; P(iV('s/'i/f/(;M!es sur l'eucharistie , altribuées à iMaUbrcinche, Varignon et autres. Vernet les a publiées avec une préface de sa composition, Genève, J730 et 17M , in-8" ; Lettres critiques d'un voyageur anglais sur l'articleGuakvE du Dictionnaire encyclopédique et sur la Lettre de M. Rousseau à M. d'Aiembert touchant les spectacles, à l'enseigne de la Vérité, 1706, 2 vol. in-S"; Traité de lu vérité de la religion chrétienne, tiré du latin de Turr^'lln, Genève, 10 vol. in-8°; lui Catécliisme pour les enfants; des Thèses de Théologie; un Commentaire latin sur la création, suivant les païens et suivant Moïse; des Dissertations sur la chronologie de Moïse, sur la dicinité de Jésus-Christ, et sur plusieurs passages de l'Ecriture ; das Réflexions sur les mœurs, la religion et le culte, etc. Vernet est mort le 26 mars 1789. On a imprimé un Mémoire historique sur sa vie et ses ouvrages, Genève, 1790, in-8°.

VERNiER (Jkan-Baptiste-Tuadke), prêtre, (lii'octeur de la mission diocésaine de Bosancon , naquit en 17130 à Ou vans, daas le déf arlemeat du Doubs, d'une famille d'honnô tes cultivateurs. Après avou- reçu les preiniers éléments de l'iastrudioa dans un petit peusionuat de la campagne, il fut envoyé à Besancon, 011 il se distingua par scs succès dans ses études. 11 était diacre , lorsqu'il entra , en 178i, chez les missionnaires de Beaufiré (diocèse île Besançon), et, dès les piemières missions où il fut employé, il fit éoncevoir de grandes espérances qui n'ont

point été démenties. En 1791, les Hiissionnaires de Beaupré, qui tous avaient refusé le serment à la constitution civile du clergé, furent chassés et dispersés, et, l'année suivante, la loi de déportation les força de s'expatrier. Vernier se retira avec un jeune frère, aujourd'iiui avocat, au Landcron, petite ville catholique de la principauté de Neuchiltel. Leurs biens ayant été vendus nu profit do la nation, et leur mère ne i)0uvant que difficilement leur envoyer des secours , les deux frères vécurent , penilant plus de deux ans d'exil, de pain et d'eau, car la délicatesse de Vernier rempèchait de participer aux libéralités dont on soulageait l'indigence des prêtres proscrits. Rentré en France après le 9 thermidor an u , l'abbé Vernier y exerça de nouveau avec zèle les fonctions de son ministère. 11 subit pour cette cause plusieurs mois de i)rison, tant à Baume-les-Dames qu'à Besançon.

Après la révolution du 18 fructidor (1797), qui amena de nouvelles porséi;utions contre le clergé, l'abbé Vernier resta en France, pour y continuer, au milieu de dangers imminents, ses travaux aposloliijues. Il concourut avec l'abbé Breuillot, son ami, h la restauration des études ecclésiastiques, et en novembre 1798, il se retira avec jilusieurs jeunes gens dans le petit vdlage de Suriuont, où il les dirigea pendant deux années, sans éveiller la s ;sceptibilité si ombrageuse de la police de cette époque. Eu 18l!0, il revint avec ses élèves, à Ouvaus, où il fut nommé desservant après le concordat de 1801, et où il continua encore, pendant six années, d'enseigner la théologie. Les |iréventions de M. Lecoz [voy. Lecoz) contre les prêtres insermentés expliquent pourquoi Vernier n'était point appelé à des fonctions qui fussent plus en harmonie avec son talent. Mais en 181V, l'archevêque, se rendant enfin aux sollicitations des directeurs du séminaire et à l'espèce d'injonction du préfet du Doubs, le nomma pour professer la théologie uu séminaire, et y faire des conférences de doctrine et de morale. U y resta trois ans. La congrégation de la mission de Beaupré avait été rétablie par ordoiuiance royale, en février 1810. Cette société n'avait plus que quatre de ses anciens membres : 'SIM. Constant, suj périeur, Létoui)lon, Gerbet et Vernier, qii s'associèrent quatre autres ecclésiasti((ues. Ses trois anciens collègues étant morts en peu de temps, Vernier reçut, en 1821, le titre de directeur ou sujiérieur fpi'il a conservé jusqu'à sa mort, arrivée ie 2V mai 183'i-. En 1821, il avait beaucoup contribué à remplir les vides nombreux qui se faisaient trop sentir dans le personnel du clergé du diocèsedeBesançou, elles nouveaux jeunes gens qu'il réunit furent préparés en peu de lem[)S, gnlce à son zèle infatigable, à exercer avec honneur et succès les fonctions du saint ministère. Malgré ses nombreux travaux, l'abbé Vernier a laissé jjlusieurs ouvrages. Sa Théologie , imprimée en 1828, 2 vol. iu-8", se distingue par un esprit d'analyse aussi claire que succincte, et l'on est étonné de trouver

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tant Le choses dans un ouvrapîe si peu vohiniiiicMix, et auquel quelcjnes-uns ont cru jiouvoir reprocher son extrôme concision. L'auteur avait réfuté d'avance co reproche en faisant observer qu'il se proposait de composer une sorte de manuel pour ceux iiui ont déjà fait une étude sérieuse de la tliéologie, ])lutùt que pour ceux qui commencent cette élude. Plusieurs évéques et un grand nombre de supérieurs de séminaires ont rendu hommage à la sûreté et k l'exactitude de sa morale. Deux autres ouvrages ont occupé les loisirs de l'abbé Vernier. 11 avait ajouté des méditations à celles du P. Médaille, alin qu'il y en eût une pour chaque jour de l'année, sûr les évangiles des dimanches et autres jours, et il donna, peu de temps avant sa mort, des Médilntions sur les vérités de lu vie chrétienne et ecclésiastique, qu'il composa sur les matériaux de Beuvelet. Plusieurs de ces méditations n'appartiennent qu'à lui; il a d'ailleurs conservé les nombreuses et riches cilations qui rendent l'ouvrage de Beuvelet si utile. Le cardinal de Rohan avait nommé Vernier membre de son conseil et vicaire général.

VERON (François), missionnaire et controversiste très-distingué, né vers l'an 1573, à Paris, entra chez les jésuites, et en sortit quelque temps après. 11 se consacra aux missions, et fut l'instrument du salut de plusieurs pécheurs et d'un grand nombre de calvinistes. 11 eut avec le célèbre Bochart , le plus savant des ministres protestants , une conférence à Caen, où les huguenots eux-mêmes admirèrent sa modestie autant que son savoir. Il mourut saintement le 6 décembre 1G'|.9, curé de Charenton. On a de lui une excellenle Méthode de traiter les cotitroverses de religion, Paris, 1638, in-fol., souvent réimprimé, en divers pavs et en diverses langues; un Traité de la puissance du pape, Paris, 102(5, in-8°, où l'auteur soutient que les papes n'ont aucun pouvoir sur le domaine temporel des rois ; un autre de la primauté de l'Eglise, ou de la hiérarchie en icelle, Paris, 1G41, in-8° ; Abrégé et résolution analytique de toutes les controverses , Paris, 1C30, in-2'i. ; Le moyen de la paix chrétienne , Paris, 1639, in-8°, ouvrage trèscurieux; Lumi'res évangéiiques, Paris, 16V6, m-lG; Règle générale de la foi catholique, Paris, 16io, in-fol.; Lyon, 1674, in-1-2; Paris, 1823, in-l6 : cette dernière édition renferme une notice sur le P. Véron et sur ses ouvrages par Labouderie. M. l';iljbé Migne a reproduit cet ouvrage dans son Cursus'completus Theologiœ, en 28 vol. in-4", tom. I", col. 1038, ainsi (pie la Methodus compendia- 1 ria prœtensam reformnlionem erroris convinccndi, du môme, dans le toni. Y, col. 106(5, du môme cours. M. de Genoude l'a aussi rénnprimé en 18i3, à la suite de sa nouvelle Exposition du dogme catholique, etc. Voy. Genoude. On a encore du P. Véron d'autres ouvrages, dont la plupart ont été rénnprimés en 2 vol. in-fol. Véron s'était d'abord annoncé par un livre inlitulé singulièrement ; Le bâillon des jansénistes, et qui

ne lui attira pas les éloges du parti. Son zèle pour l'orthodoxie est vif, mais prudent et éclairé. Le but principal de sa Règle de foi est de mettre un espace bien marqué entre les dogmes et les explications que les théologiens en ont données, ou les additions qu'ils ont osé j faire, et d'écarter ainsi le genre de confusion que la curiosité ou la suffisance des hommes a produit dans la science des chrétiens. 11 a paru une traduction latine de cet ouvrage à Cologne, 1779, 1 vol. in-S". — Un abbé Véron, jésuite, directeur des religieux de Sainte-Aure, à Paris, homme plein de zèle et de lumières, fut une des victimes immolées le 3 septembre 1792, au séminaire de Saint-Firmin.

VÉRONÈSE (N.), cardinal, né à Venise le * mars lG8i, vint faire ses études à Rome, puis à Padoue, et prit dans cette dernière ville le bonnet de docteur : pourvu, en 1708, d'un canonicat de la cathédrale de Padoue, il devint grand vicaire sous le cardinal Rezzonico , qui fut pape sous le nom de Clément Xlll. Après avoir refusé les évèchés de Trévise et de Famagouste, il se vit obligé d'accepter celui de Padoue. 11 fut créé l'aiinée suivante cardinal, et mourut le 1" février 1767, à l'âge de 83 ans, regretté de ses diocésains et de tous ceux qui l'avaient connu. Il a laissé plusieurs Lettres et instructions pastora/es qui ont étéjugées dignes d'être publiées. On n'a de lui (ju'un écrit intitulé : De necessartajidclinm communione cum apostolica scdc , 1783, in-i-% imprimé par les soins de Mgr Nanni, évoque de Brescia.

VÉRONIQUE (sainte), née dans un village près de Milan , se distingua par toutes les vertus chrétiennes, devint un modèle de la vie religieuse, et mourut à Milan en 1497. Sou nom se trouve au 13 janvier dans le Martyrologe romain que Benoît XIV a publié en 1749. — On a donné le nom de Véronique à une représentation de la face de Notre-Seigneur imprimée sur un linge que l'on garde à Saint-Pierre de Rome. Quelques-uns croient que ce linge est le suaire qui fut mis sur le visage de Jésus-Christ après sa mort ; d'autres prétendent que c'est le mouchoir avec lequel une sainte femme essuya le visage du Sauveur , couvert de sang et de sueur lorsqu'il montait au Calvaire. Quoi qu'il en soit, ce linge est appelé Veronica, qui signilie vraie image, étant composé de vera et d'eiV.oviza, mot que l'on trouve dans quelques anciens pour eizwv. Le sentiment de ceux qui prétendent que Véronique est le nom de la pieuse femme qu'ils disent avoir essuyé la face du Sauveur, ne parait apjiuvé que sur certains tableaux où est représentée une femme tenant la Véronique dans ses mains. La fête de la Véronique n'a été instituée dans quelques églises que pour honorer le Sauveur à l'occasion d'une image de sa sainte face. Voy. Papebroch (Acta Sanct. maii. tom. Vil, p. 536). et les notes deChaslelain sur le Martyrologe romain, p. 201.

^'i;ilRATl [Ji.vn-Marie), carme, natif de Ferrare, mort le iO juillet 1362, selon sou

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cpitaplip qup l'on voit h Ferrare, a composé un Commevtaire très-long sur les évnnïi,iles, et une Théologie. Ses ouvrages ont Oté publiés à Veni'-e eu 6 vol., 1571.

VEUKEP.ÏIUS, célèl)ie humaniste du xvi" siècle, né dans la raaiiie de Bois-le-Duc, pns^a toute sa vie à enseigner les belles-lettres, et mourut clianoiue de Bois-le-Duc, le 10 novembre 1598, âgé de 75 ans. Il a donné ui grand nombre d'ouvrages classiques et quelques livres de piété.

VERSÉ (NoEL'Ai BEiiT de), né au Mans dans le \VM' siècle, se rei dit célèbre par ses variations en matière de religion. H avait été élevé dans !a communion catholique ; il la quitta pour <'mbrasser le calvinisme, et fut pendant quelque temps ministre évangéliqae. Par la suite il abandonna le calvinisme pour se faire socinien, se lia avec Christophe Sandius le lils, fameux aniitrinitaire , et professa les mêmes iirincqes. Il rentra enfin dans le sein de l'Eglise cat' olique romaine, et mourut h Paris, en 1714. Il s était fait recevoir docteur en médecine, et avait pris des lettres de bourgeoisie à Am.-lerdam. II eut de vives querelles avec le ministr-e Jurieu. On a de lui beaucoup d'écrits, les uns anonymes, les autres sous un nom supposé. Nous cilerons : Avorat drs Protestant:^, ou Traité du schisme, dans lequel on justifie la séparation des proteslrints , contre iXicole, Brueys et Ferrnnd, |iar le S. A. D. V., Amsterdam, 1G:S7. in-1-2. Nicole y est maltraité, et Jurieu, avec le(juel il n'élait point cnc re brouillé, y est loué. L'impie convaincu, ou Dissertation contre Spinosa, où l'on réfute les fondements de son athéisme, AmsU^rûv.iu, IGS'i-, in-8°. Ce n'est pas seulement Spinosa que i'auleur alta(|ue , c'e^t peut-être plus particulièrement encore Descartes et le P. Malebranche, doni il inculpe les écrits, qu'il voulait fa re croire entachés de s[)inosisine. Le Prolestant paci/iijue, ou Traite de la paix de l'Eglise, contre .NI. Jurieu, sous le nom supposé lie Léon de la Guitonière, Amsteida.ui , 1G84, in-1-2. Le but de l'auteur est d'y prouviT (juc, dans les princifies des réformés, la foi de l'Eglise catholique no chuque point les foiidem nts du salut, et que non-seu!em;nit ils (loiveit tolérer les catholiques, mais encore les chrétiens de toutes les couununons, sociniens, anab:'.ptistes , nnakers, etc. Le tombeau du socinianisme, l'"rancfort , 1687, in-12. Quoit(ui' l'auteur nef.t point encore redevenu catholique , il paraît" qu'il avait déjà cessé d être socinien. Traité de la liberté de conscience, ou de l'autorité du souverain sur la religion des peuples, par L. D. L. G. (Léon de la Guilo lière), Cologne, 1G87, in-l'ô; Le nouveau Visionnaire de Rotterdam, ou Examen des Parallèles mystiques de M. Jurieu, sous !e nom de Théognoste de Bérée , Amsterdam, 16i7, ii-12, el l'éuuj)i-imé avec le Tombeau du socinianisme , Am-t(>r(iam, et non Francfort, connue le porte le titre ; La véritable clef de l'Apocalypse, ouvrage oij, en réfutant les systèmes qu'on a bâtis dess s jusqu'ici, l'un nuliiuo le Véritable, et où l'on découvre en partie l'il-

DlCT. DE BlOG!\Al'UIE RELIG. III.

lusion des prédictions de M. .T. L. F. P. D. R.

(M. Jurieu, le fau\ pro|)liète de Uotlerdam), Cologne (Amsterd.). 1G90 , in-12. C'(st l'abrégé d'un ouvrage plus considérable que de Versé publia depuis, sans nom d'auleur, sons le titre suivant : La clef de l'Apocalypse de saint Jean, ou Histoire de l'Eglise chrétienne sous la quatrième monarchie, Paris, 1703, 2 vol. in-12; \'Anti-soeinien , ou Nouvelle Apologie de la foi .catholique contre les sociniens. De Versé était rentr'' dans le sein de l'Eglise catholique vers 1G90 ; le clergé lui tu une pension. Ce fut par l'ordre de ce corps, et sans doute pour donner une preuve de la sincérité de son retour à la foi, qu'il composa Vxlnti-socinicn. Ouii'c les ouvrages cités ci-dessus, il eut part aux Nouvelles solides et choisies, sorte de gizi'Ite qui pniaissait à Amsierd tm en 16si. On lui a attribué le Mémoire sur l'inspiration des livres sacrés, inséré dans les Sentiments des théologiens de Hollande contre Richard Simon. Il a trarluit du français en latin V Histoire critique de V Ancien Testament de cet auteur. Celte traduction a été imprimée à Paris, 1G81, in-'i". Il a donné une version française du iiremier volume des journaux de Leipzig. Quelquesuns ont prétendu qu'il éta t l'auteur du Platonisme dévoilé, ou Essai touchant le verbe platonicien, Cologne, 1700, in-12; mais ce livre est de Souverain, ministre calviniste. (l^oy. Dict. des Anonymes, tom H, pag. 198.) De 'V'ersé mourut à Paris en 1714, sur ia paroisse de Saint-Benoit. Il instiuia M. Jolain, docteur de la maison de Navario, et curé de Saiiit-Hilaire, son exécuteur tesiaiuentairo. 11 ava't ilu savoir et du talent ; mais (ouïe sa vie inar jue un homme singulier, ardent et versatile. Les prolestants l'accusaient d'avoir meiié parmi eux une vie licencieuse et désordonnée. Bayle le cat dans ses Lettres, el Ju;ieu publia contre lui un factum, où il li^ dénonce aux puissances comme convaincu des crimes d'impiété , d'impureté et de blasphème. Cela exiili(]uc pounpioi Jurieu , loué dans V Avocat des protestants, est ensuite traité si mal dans d'autres écrits de Versé. Au reste, celui-ci répondit au factum de Jurieu par un écrit intitulé Manifeste, daté du 7 janvier 1G87, in-4°, de 24 pages. Il se sei-ait jnstiii.; de ces odieuses impnti.tions , qu'il y aurait encore beaucoup de choses à reprendre dans sa contjuite.

VIÎRSLYPE (Jean-Baptiste), né h Ypres, licencié en théologie, cur/' à Coiirtray, puis chanoine de Bruges, mort en 1735, h j'jige de 80 ans, était d'un esprit agréable; il a jirèché avec beaucoup de réj>utation. Ses fermons ont été imprimés deux fois en plusieurs vol. in-8".

VERSOSA (Jean), né à Saragosse en 1528, professa la langue grccqu.; à Paris, et accompagna Diego Hurtado do M'mdoza , ambassadeur (ie Cliailes-Quint , au concile de Tr nie. Il fut ensuite envoyé à Rome pour faire la recherche des pièces et des principes qii élablissaicnt le> droits du roi d'Espagne sur les divers royaumes dont ce prince était on possession. 11 mourut dans cette ville en

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1574, à 46 ans. Il avait du goût et du talent oour la po(':sie latine. On a de lui des vers néroïques et des vers lyriques. Ses EpUres ont (Mé estimées.

VEllSTEGANUS ou Versthegen (Richard), né à Anvers, tlorissait sur la lin du xvi' siècle. On a de lui : Thcatnim crudelUatum hœreticorum nostri tcinporis , Anvers, lo92 , in-4° ; ouvrage rare, orné d'estam[ies môle de prose et de très-beaux vers latins. On y t'oit de quelle manière ceux qui ne cessaient de déclamer contre linquisition et la sévère justice d'un duc d'Albe , ont traité les callioliques , et combien la cruauté des Hurons et dos AI .onquins envers leurs prisonniers le cède à celle que les sectaires o'it exercée envers les ))artis:\ns, et surtout envers les ministres de la foi anlique. Antiquitates bcUjicœ, Anvers, 1GI3, in-12. 11 y soutient que saint Willibrod n"a pas seulement prèihé la loi cliez les Fiiso:is, mais qu'il est aussi l'apôtre de la Flandre et du Brabant. Antiquilutcs britannicœ, 160G, où il tâche de prouver que les Anglais tirent leur origine des Belges. Odes imitées des sept Psaumes de la pénitence, avec ditlérents poèmes, IGOl ; Dialogue sur la manière de bien mourir, trad. de don Pierre de Luna, Anvers,

VERT (dom Claude de), religieux de l'ordre de Cuny, naquit à Paris le 4 octobre IGia. Après son cours d'études qu'il tit à Avignon, la curiosité lui fit entreprendre le voyage d'ilalie. Frappé de l'éclat avec lequel les cérémonies de l'Eglise se font h Rome, il résolut dès lors d'en chercher l'origine , et c'est aux réllexions qu'il fit dès ce temps-là qu'on doit son travail sur cette matière. De retour en France, il acquit l'estime et la couûancedes piemiers supérieurs de sou ordre, par une [àélé exeiuiil.iire, jointe à uiie érudition rare. 11 contiibua beaucoup au rétablissement des chapitres généraux , et parut avec éclat dans celui do 1070. 11 y fut élu trésorier de l'abbaye de Cluny, et nommé avec d'iui Paul Habusson sous-chambrier de la même abbaye, pour travailler à réf )rmer le bréviaire de leur ordre. Voy. Rabusson. Cet ouvrage jjarut en UiSo , et malgré les critiques de Tliiers, il a été une source abondante, où les auteurs des bréviaires postérieurs ont puisé. Les services do dom de Veit lui méritèreiit , en 1094, le titre de vicaire général du cardinal de Bouillon , et l'année d'après on le nomma au prieuré de Saint- Pierre d'Abbi'vine. Ce savant avait puijlié , en 1C89, la Tradmlion d(! la règle de Sainl- Kenoil, faite par Rancé, abbé et réformateur de la Trappe; et il y joignit une préface ei des notes courtes; mais savantes. En 1090, il publia sa Lettre h Jurieu, où il défend les céréun)nies de l'Eglise contre le mépris que ce ministre avait montré pour elles. L'ouvrage par hiquel il est le plus connu est son Explication simple, littc'rale et historique des cérémonies de l'tùjlise, en 4 vol. in-8°. Le premier volume parut en 1097, cl le 2' en 1098; mais les 3' et 4' n'ont été publiés qu'après la inort de l'auteur. Quoique presque toutes

ses explications soient aussi ingénieuses que naturelles, quelques-unes paraissent tirées de trop loin et prennent les traits de son imagination. Le cardinal Bona, le P. Le Brun , Gavantus, Merati.Théraize, avaient déjà traité cette matière, et montré que les cérémonies expriment toutes quelques vérités ou quelques leijons. Les deux premiers volumes furent rénnprimés (;n 1720 , avec des corrections. Il mourut subitemeit en 1708, à G3 ans. VEKTOT d'Auhoeuf (René-Aubert de), né au château de Benotnt, en Normandie, le 25 novembre 1655, d'une bonne famille , entra chez les capucins malgré l'opiiosition de ses parents ; mais jiar une inconstance naturelle dont il donna plus d'une preuve, il quitta cet ordre et passa, en 1677, chez les chanoines réguliers de Prémontré. Il n'y fut pas plus coulent, et succomba à l'envie de respirer l'air de Paris ; il y prit l'habit eixlésiastique. On appelaces différents changements les révolutions de l'abbé Vertot. 11 fut associé, en 1705, à l'académie des belles-lettres, et fut ensuite secrétaire des commandements de madame la duchesse d'Orléans Bade-Baden, secrétaire des langues chez M. le duc d'Orléans, qui lui donna un logement au Palais-Royal. Le grand maître de Malte, le nomma, en 1715, historiographe de l'ordre, l'associa à tous ses {)riviléges, et lui donna la permission de porter la croix. Il fut ensuite pourvu de la commanderie de Santenay. On assure qu'il avait été nommé pour être sous-précepteur du roi Louis XV ; mais certaines indiscrétions qui lui étaient échappées, et les doutes qu'on répandit sur ses princijies, le privèrent de cet honneur. Il mourut âgé de près de 80 ans, au Palais-Royal, le 15 juin 1735. Son imagination était brillante dans sa conversation comme dans ses écrits ; mais son jugemi^nt ne répondait pas toujours à cet avantage. Il aimait à plaire, et celte envie donnait je ne sais quelle mobilité à ses idées et ii ses maximes. Ses principaux ouvrages sont :

{'Histoire de la conjuration de Portugal, Paris, 1689, 1 vol. in-12, bien écrite, mais composée sur des mémoires infrièles : c'est dans la réalité un roman d'histoire ; VHistoire des révolutions de Suède, où l'on voit les changements arrivés dans ce royaume au sujet de la religion et du gouvernement, en 2 vol. in-12. Il ne tient pas la balance égale; ceux qui ont raison dans le fait, ont souvent tort dans cette histoire. Olof Celsius en a donné une Continuation en suédois, qui a été traduite par Genêt, Paris, 1777, 2 vol, in-12; l'Histoire des révolutions romaines, 1719, 3 vol. in-12; c'est ce qu'il a fait de mieux : la matière était trop ancienne pour que l'auteur fùl dans le cas d'épouser cjuelque préjugé à la mode. L'Histoire de Malte, 1727, en 4 vol. in-4° et en 7 vol. in-12, et depuis en 5 vol. Le style en est plus languissant, moins pur, moins naturel que celui de ses autres ouvrages, et on l'a attaqué solidement sur plusieurs points qui manquent d'exactitude. Cependant les deux auteurs dis FoitM de l'ordre de Malle (Paris,

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1789, in-fol.) ont vainement tâché de remplacer ou d'eUacer son ouvrage ; leur superficiel et licencieux philoso|ihisrae n'est propre qu'à porter le désordre et la corruption dans les annales de cet oidreillusiie. L'abbé de Vertot peut avoir mal réussi, n.ais ils ont fait plus mal encore, et leur dessei'i môme n'est pas à l'abri du soupçon. Traitd de la mouvance de Bretagne, plein de paralogismes et d'oimur ; Il istuire critique de l'établissement des Bretons dans les Gaules, 2 vol. in-12; plusieurs savantes Dissertations dans les Mémoires de l'académie des belles-lettres.

L'abbé de Veitot (lossède l'art d'attadier le lecteur, et d'intéresser en faveur de ses personnages; mais comme la connaissance qu'il avait des hommes et des allaires était fort bornée, ses portraits sont peu réllécliis et souvent subordonnés à ses préventions. Les hommes qu'il devrait respecter le (>lus sont ceux dont il ternit quelquefois la mémoire.

VERTUS (JiiAN nii), secrétaire d'Etal sobS Charles V, est un de ceux à qui un attribue le Son(/e du Yirgicr, IWI, iu-fùl., et dans les Libertés de i lùjlise gallicane, 1731, 4 vol. in-fol. Quel.[ues-uns pensent qu'il est de Louv.ères, et d'auties de Maizièrcs ; il se ressent de l'animosilé qui régnait en 1374 entre Charles V et le sié^e de Home. Les protestants en ont fait l'éloge, quoique ce ne soit qu'une j)itoyable rapsodie, sans jugement et sans goût.

VESPASIANO, historien et bibliophile, né dans le xv siècle, à Florence, où il exerça la profession de libraire, se lit une granae ré, utation de savoir, et fut employé par le grand duc Côme de Médicis à recueillir les livres et les manuscrits quiformèrent le ionds de la bibliothè(]ue Laurenlienne. On ignoi'e ré[ioque de la mort de Vespasiano. On a de lui : les Vies de plusieurs piélats insérées dans Vltalia sacra d'Ughelli ; les Vies des papes Eugène IV et Nicolas V, jtubliées ] ar Bluraiori dans le tome WY des Bcriun italicaruin scriptores ; quelques autres notices biographiques, citées pai- ïiraboschi , dans la Sloria délia htleratura italiana, etc.

VIAIXNES (dom riiiiîRKi-Josspn-FRANÇois Fanier ou Fa(j.mkr i>i;) , bénédictin de la congrégation d, Saint- V'annes, né à Cliâlonssur-M irne, le 18 mars i6o9, fit ses humanités et sa philosojihie chez les jésuites et chez les bénédictins de la congrégation de Saint-Vannes à Cliâlo is. Après avoir été envoyé à Saint-Vincent de Metz, puis à l'abbaye de Beaulieu en Argonne, il alla recevoir la [irèlrise à Saint-Pierre de Chàlous. Depuis 1683 jusqu'en 1G89, dom de Viaixiies habita diU'érents mouast.ères de la congrégation, occu|)é de ses éludes ordinaires, auxquelles il avait joiht le minisière de la prédication. El i(j83, il l'ut exilé à l'abbaye de Saint-Michel en l iéiacne. 11 parait que cet exil, occasionné par une opposition à yne bulle sollicilée à Rome ()Our opérer c[uelques changements dans le r^gune de la congrégation, ne dura que peu de mois. Dom de Viaixnes habita diverses abbayes, entre autres celle d'Hautvilliers. Le voisinage de

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Keims lui avait donné occasion de se lier avec dom Thiroux do la congrégation do Saint-Maur, qui professait alors la théologie à Saiiit-Remi de Keims. Tous deux partageaient les opinions de Port-Royal, et entretenaient, h ce qu'il paraît, une correspondance où leurs sentiments n'étaient point déguisés. Ils firent ensemble un voyage aux Pays-Bas. En passant à Bruxelles, ils y virent le P. Quesnel qui y résidait. 11 en résulta une liaison entre ce Père et dom de Viaixnes, qui continua avec lui un commerce de lettres. Le P. Quesn( 1 ayant été arrêté à Bruxelles par ordre de Philippe V, les lettres de dom de Viaixnes furent trouvées dans SCS papiers. Ce religieux élani allé h Paris i)0ur quelques allaires, y l'ut arrêté en 1703, et conduit au chiUeau de Vincenncs. Par suite de cette arrestation, dom Thiroux, alors |>rieurdeSaint-Niraise, à Meulan, dont on avait trouvé des lettres dans les fripiers de dom de A'iaixnes, subit le même sort. L'un et l'autre recouvrèrent la liber té en 1710, mais dom de Viaixnes, fut exi'é à l'al.liaye de Saint-Florent, p:ès do Saunmr. En 17 li , dom de Viaix'ies fut de nouveau enfermé au ch.Ueau de Vincennes, d'où il ne sortit qu'après la mort do Louis XIV. D'autres imprudences le firent exiler de nouveau en l'î'il, à l'abbaye (le Poultières, au diocèse de Langres, et bannir ensuite du royaume. Il passa quelque temps à l'abbaye de Saint-Guislain, dans le Hainaut autrichien; et chez des bénédictins près de Louvain. Ensuite il se retira en Hollan ie, et mourut à Kynswick, près d'Utrecht, le 31 oct. 1735, après une vie que son caractère aident et le parti qu'il avait embrassé lui avaieit faitpasserdans une continuelle agitation. On a ue lui : Vimpiété reconnue, contre une thèse souleme h Caen : écrit imprimé a linsu et sans le consentement de l'auteur, Cologne, 1G93; Problème ecclésinstiqiie proposé à M. l nhbé Boileau de Varclicièctié : A qui doit-on croire de messirc Louis-Antoine de Nouilles éréqne de Cltûlons, en 1693 (approuvant les Bé/lexions morales du P. Quesiiêlj, ou de mcssirr Louis- Antoine de Nouilles, aivhevêfpie de Paris en Hi9(( ( condamnant VExposition de la foi. par l'abbé Bar.os), -Î69S, in-12; dilemme satirique, qui fit beaucoup de hruit, qu'on attribua d'ahord aux jésuites, notamment au P. Doucin ou au P. Daniel, tant il éiaii fait avec art; mais qu'on découvrit enfin être Touvrage dedom de Viaixnes, qui s'en avoua l'auteur; Actu oinnia conijregationuin et disputationum quœ coram Cle.nenle VHI et Paul;/ V, sunt celebrata in contruversia de Auxiliis, Louvain, 1702, in-fol. ; Edmundi liicherii Libelius de ecclesiastica et politicu potcsiute cum deinonstrutione ; edente D. Titien i de Viaixnes, Cologne, 1702, 2 vol. in-'v. Il faut ajouter à cela un grand mombiedécrits contre la bulle et contre les jésuites, et un acte de dénonciation de la bulle, daté du 13 avril 1727. On dit aussi qu'il écrivit en faveur du prêt du commerce. M. d'Aguesseau, le célèbre chancelier, qualifie dora de Viaixnes de janséniste des plus outrés.

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VIALART (CuAiu.Es). Voy. Charles de Saint-Paul.

VIALAUT DE Hebse (Feux), évôque-corale fie ChAloiis-suf-Marne, et pair de Fnnce, issu d'une uolih; rainillo oiij^inaire d'Auvergne, naquit à Pjris en 16.);J. Son père ét.iit consei icr au parlement. Sa mère, Cuarlotle de Lignv, l'une des femmes les plus vertueuses de son temps, était coni'ue et esiimée de saint François de Sales qui l'réquentait sa maison. Le jeune Frlix lit ses <5lu les au collège de Navarre, f\. se sentit de bonne heure du gOi'it pour l'éiat ecclésiastique. Il l'embrassa sans qu'aucune vue Immaine entrAt dans son dessein. Après avoir fait ses cours de t'iéologie, il s'agrégea à la société royale ds Navarre, et fut reçu docteur de cette maison. Son mérit;> et sa piété lui firent faire un chemin rapide dans l'Eglise. A peine élail-il [irètre, (]u'il fiit nommé à l'abbaye de l'ébrac, dans le diocèse de Saiiit-Flour. 11 n'avait que 27 ans lorsqu'il devint coadjuleur de Chàlons, et révè(|ue étant mort peu de temps après, il se trouva titulaire avant d'avoir eu le temps de recevoir les budi'à de la coadjuLoierie. Tout jeune que fût l'abbé Vialart, il était mûr pour le gouverneuieid. 11 se proposa de prendre dans son administration saint Charles Borro.uée pour modèle. Il agrandit le séuiinaire ; c'était un établissemeil de prédilection pour lui ; il le visitait souvent, et liiit môme par quitter son paUiis pour venir l'habiter ; il y passa les vingt dernières années de sa vie. Les maisons religieuses attirèrent aussi sou attention, ainsi que les paroisses de la campagne, dans les [uelles li lit de fréquentes visites. 11 y avait dans le diocèse des protestants : une grande mission fut entrciirise en lG66et 1657, pour i;kher de les gagner à la foi, et ce ne fut pas sais fruit. Ceux qui ne revinrent point ne [Mire U du moms refuser aux vertus de l'évoque le tribut d'estime qui lui étiit dû. Par ses soins et sa libér.dUé, d'utiles établissements se multiplièrent dans le diocèse. Un couvent d'ursulines fut fondé à Clullons pour l'éJucatioa des jeunes personnes. Il s'y forma trois maisons de filles destinées à fournir des maîtresses d'école. Enliii Vitry eut un collège. L'estime que Louis XIV portait à ce ()réiat eng:igea ce monarque, qui se connaissait si bien en mérite, à choisir l'évèque de ChAlons |)our un des principaux médiateurs dans l'all'aire du Formulaire. Il travailla à la |)aix de Clément IX, et si elle n'eut pas une meilleure issue, ce ne fut pas de sa part faute de soins ni de zèle. Ce. piimx évè(iue mourut saintement le 10 juin 1GS9, après (|uarauteaiis d'éjiiscopal. On a de lui : un Itititel ou Manuel de riù/lisc (IcCluilons, 111 1 itin, Paris, IGV;»; Orlû)imuice, iiuindcincnts cl Irltrrs pastorales pour te rétablisseinriU de. la discipline ecclésiastique, et la réforinalion des mœurs dans son diocèse, CliAlons, KiGO et 1GG2, in-12; Emploi de la journée pour les curés, durant leurs assemblées au séminaire de Chdlons ; l'Enole chrétienne. C'est un cuiéchisme com-

posé par Vialart lui-même, non-seulement utile aux fidèles, mais encore à ceux qui sont chargés de leur ii struction. 11 condamna, en IGo.ï, l'Apologie des casuistes. On sait (|u'il anp.ouva ei adopta [oiir son diocèse les Réflexions morales (lu PèieQuosml, et ipie la première é lition parut à Paris en 1671, avec un mandement ne ce prélat ; mais ce n'étaient alors ipie de courtes réflexions sur l'Evangile, qui n'avaient rien que d'édifiant. Le livre se grossit par la suite au jioint qu'en 1693 il [larul en k gros volumes in-V" , et toujours avec l'apiirobation de ^■ialalt, quoique l'ouviage ainsi augmenté n'eût presque plus rien de commun avec le livret que ce vertueux évèijue, mort depuis longues années, avait api)rouvé plus d.' 20 ans aujiaravant. Ainsi on n'a à cet égard rien à reprocher à sa mémoire.

VIANE. Voy. Van-Viane.

VIAUD ou WiARD, chartreux à Lngny, près de Chàtillon-sur-Seine, mort au couimencement du xiirsiè'de, futd'abird simple frère convers de la Cliar.reuse di." Lu^ iy. Se croyant appelé à une vie encore plus austère, il se retira dans une solitude à quatre lieues de Langres. Vn grand nombie de disciples, auxquels il imi)osa une règle très-austère , approuvée par Innocent 111, vinrent.se ranger sous sa disciplne. Les habitants du voisinage donnère U à ce monastère le nom de Val-des-Choux : devenu chef d'ordre, réuni dans la suite à l'abb:iye de Se])t-Foiits, inaisim réformée comme la Trappe, il reprit depuis son anciaiet véritable nom de Ynl-Siint-Lieu. Mais tou' ce qui lient à la piété et au spectaile des vertus chrétiennes a été détruit durant la révolution de 1789.

VIATOIŒ (le P.), savant capucin, né à Coccaglio, dans le Bressan, vers nO', se distingua dans son ordre par ses vei'ius et sa science. Opjiosé à la bulle Unigenitus, et attaché d s lors à u)i parti, il se vil en balte à tous ceux (jui tenaient pour l,i soumission, et il trouva parmi enx des adversaires redoutables. Le Père Viatore mourut à la fin de janvier 179.{, à Co ogne, dans le couvent de Saint Jérùme de soa ortlic, maison qu'il affeclionnail, et dont il avait beaucoep contribué à augmenter la bibliolhèque. Il était Agé de 87 ans. On a de lui : Tentamina theoloçiica-sckolnstica, quibus accedunt to:ni duo ilali ad Fcbroniuin, Bcrgame, 177i, 4 vol. \^^-8'' ; Synopsis tentaminum theologicorum in mornlibus, Ven se, 17i)l, 2 vi,l. ia- 4-° ; Lo spirito (ilosnfico di son Prospéra d'Aquilania ne' suoi epigramnii, Bre>eia , 1760, in-V" ; liicerca sistcntatirn sul testa e sutla mente di snn Prospéra d Aquitaniu nel sno poema degli Ingrati, Bresci i, 17Dà et 1762, 2 vol. in-i" ; In Storia de auxiliis dcl P. (iiacinto Si'rry, tradottn e compendiala, Brescia, 17V1, in-4" ; Zoppiramenti del canonico Luigi Mozzi sutla Icttnra d'un libro intilolato : Il falso discepoto dci santi Agostino e l'ommaîo, Brescia, j780. Le P. Viatore, dans cet ouvrage, avait pris pour guide

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un livre imprimé h Lugaiio, en 1759, a\ant pour titre : Lettern enciclica del sommo ponte fire Benedetto XIV, dirctta nlV assemblea générale del elero qallirnno, illustrata e difesn contro l'aiitore dri diibj e tjuesiti propnsti a' cnrdinnli e tcologi del la sacra coni/rrgazione di Propngaiula. L'écrit du Père Vi.tto-e parut coiiienir des choses injurieuses contre liois pa|ies et un cf>iicili\ ce fjui lionna lieu au célèb''e Père Zace-u-ia de puhliiT, sous le nom suppsMle Pislnfilo romano, un ouvrage cjn'il intitula' : Difrsa di trr snmmi ponlefici, Henedilto XIII, lienrdetlo XIV, e Clniienle XIII , e drl cnncilio roiiuino, tenuto hcl i72o, direlta al P. F. Viatore di Coeca'ilio, perche si rarveçin, Kave'uie ( Ve-iise), 1782 ( Voi/. Zaci:ari\ ) ; Lu bolla tl'iig"nilu^, no(( annunziala mai dalla S. Sede regol'i di fede; riposta di F. Vialore a Pistofilo romano in riposta alla difcsa dci tre soiinni Poritefici, etc., Bresein, 1782. On a eiKore du Père Viatore ciuekjucs autres 0]mfc;iles.

ViC (doin Claude ne), bénédictin rie 1.i congrégition de Saiiit-Maur, naquit en 1(570, à So èze, petite ville de Taiicien d ocèso de Lavaur. Il professa d'abor.i la rhétorique dans l'abbaye de Saint-Sever, en Gascogne. Ses supérieurs, in-truits de sa capacité, renvo.yèreiit à Rome, en 170(, pour y s: rvir do cmpagiion au procureur-général de sa congi'égatiiiii. Ses comiaissance'*, sa jiolitess ', la douceur de soi caractère cl la pureté de ses mieurs bii concil èrent la bienveillance ilu pape Cli'nnent XI, de la reine de Pologne et de [ilusieurs cardinaux. On le rappela en France, en 1715, et il fut c'ioisi avi'C dom Vaisselte i)Our travailler à Yllistoire de Languedoc. Le 1" vol. de ce s ivani ouvrage était imprimé, lors(]u'il mourut à Paris à l'abbaye de Saint-(jermain des Pi es, le 23 janvier 173't, à G4 ans, après avoir été no iimé procureur-général de sa congrégation ;i Home. On a encore de lui une Traduction latini' de la Vie de dom Mabillon, par Huinart : cette version fut imprimée à Pauline, en 171-'i..

VICAÎHE {PHU.irpiî), doyen et ancien professeur de théologie dans l'université de C'Cn, sa naine, curé de Saint -Pierre de la même ville, naquil le 2ï décembre 1G89, et mourut le 7 avril 1775. 11 parut da*\s l'université lors pie les querelles du jansénisme y ét.iient dans la plus graniie ell'ervescence. Siin attacliement à la bulle Unigenitus nc^tiit pas équ.voque ; ce ipii le mit en butle aux gens du jiaiti, qui ne l'épargnèrent point. Il ne lit pas moins paraître de zèle pour la réunion des [iioteslanls à l'Eglise catholi(|ue, et gouverna sa par'oisse avec prudence. Nous avons de lui : Discours sur la naissance de monseigneur le Dauphin, Caen, 1729, iii-4° ; Oraison funèbre de M. le cardinal de Fleuri), \~ik'i, iii-i"; Demandes d'un protest'int faites à M. le cure' de '''*, arec les réponses, 1706, iu-I2; Exposition fidèle et preuves solides de la doctrine calholigue , adressées aux protestants, etc., Caen, 1770, 4 vol. in-12.

VICAT (BÉAT-PHiMPPE},néran 1715, à Ai-

gle, ville du pays de Vaud, mort en 1770, fat professeur de droit à Lausanne, et publia de nombreux ouvrages, dont la plupart ont pour objet la science qu'il enseignait. Nous ne citerons que les suivants : une trad. de la Défense de saint Renio contre Gènes, 1753, écrite h la réquisition des Ré nois, qui lui firent demander cette défense par un de leurs magistrats; une édition des Memorie spetlanti alla vila diFra Paolo,srrvitn, 17C0; les Libertés de l'Eglise helrétique. trad. de l'allemand, 1770, avec w^c préface inléressante. VICECO.MÈS ou ViscoNTi (Joseph), né à Milan, vers la Un du x.vr siècle, fut choisi parle cardinal Frédéric Borromée, pour Iravailler avec d'autres savants dans la fameuse bibliothèque ambrosionne, fondée à Milan par ce savant prélat. Sa tâche particulièie fut d'écrire sur les rites ecclésiastiques. 11 la remplit avec érudition, par un ouvrage imjirimé à Milan, en k vol. in-4°, sous ce titre: Observationes ecclesiasticœ de baptismo, de confirmatione et de missa. Le dernier volume, qui parut en 1(;26, contient ce qui regarde les cérémonies de la messe. Les anciens rites usités pendant lesacritice,et ceux qui leur servent de préparation, y sont détaillés avec étendue. Il est auteur de quelques autres ouvra es moins considérables. On en peut voir l'analyse dans la Biblioth. ecclés., de Du Pin, t. XVII, édit. in-4.°, 93-102. VICO (le P. FitANçois de), jésuite et savant astronome, naipiil le 19 mai 1805, à Macerata, d'une famille distinguée, et fut honoré, dans son enfance, de la protection de Mgr Slrambi, évoque de cette ville. Après avoir fait ses études chez les jésuites et chez les Pères des Ecoles Pies, chez lesquels il eut pour professeur de mathématiques le célèbre Inghirammi, il entra chez les jésuites pour embrasser leur institut, à Rome, au mois de décembre 1823. Il enseigna .'■uccessiveinent au collège romain les classes de troisième, de quatrième, et les humanités, et s'adonna pendant quatre années avec le ]ilus grand succès h l'étude de la théologie. 11 fut ensuite adjoint au P. Dumouchel, jésuite français, autrefois élève deMonge, à l'école polytechnique, qui dirigeait l'observatoire du collège romain, et il ne tarda pas f» se sig'valer j)ar de nombreuses et importantes découvertes. Lorsque la démagogie vint de nouveau bouleverser la ]/éninsule, le P. de Vico sortit du collège romain av c tous les jésuites, ses confrères, et vint en France pour se rendre au collège de Ceorge-Town, dans les Etats-Unis, où l'attendait un observatoire aussi riidie en instruments que celui qu'il venait d'abandonner. M. Arago, ministre à cette époque , essaya, mais sans succès, de le retenir h Pans, et à Londres il fut l'objet d'un empressement égal de la part des savants. Aux Etats-Unis, on l'engagea vivement à s'y fiver avec tous les jésuites italiens qu'il pourrait ré .nir. La généi'Osité publique vint à son secours dans cebnt; il avait repassé l'Océan pour venir che, cher en Europe ses frères errants, et il avait {)résidé à l'embarquement de vingt d'entre eux

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dans le poi-t do Liveri)Ool, lorsqu'il luourii du tj]>hus à Londres, le 15 octobre 1818. a Les connaissances du P. de Vico étaient « extrômenieiit variées, ditl'-lnn' de la Reli- « gion, du 25 janvier 18V9. Il avait brillé « dans ses couis de [ihilosophie et de théo- « ln,;ie. 11 était musicien distingué, et c'é- « lait pour lui un doux et p ouï délassement « de diriger, les jours de fête, le chœur des «ji'upesgens choisis parmi les élèves du a cdllé.AC romain. Son talent, comme compo- « silcur, était si remarquable, qut^ j-Jusieurs 0 de ses morceaux étaient exécutés dans les « églises de llome, aux j.ri'ieijiales Ictcs de « l'année. Kiitre autios comjios^ti ms musi- « cales, on cile de lui ]e.sLame)italions pour « la semaine sainte. L'air en est si religieux « et si touchant, qu'un Anglais protestant, « entré par curiosité dans l'église du col- « lége, ne put résister à l'é ' otion que ce « chant lui faisait éprouver. Il tomba à ge- « lioux, et se releva converti. »

VICTOU (saint), d'une illustre famille de Marseille, se si^iiida dans les armées romaines ju- qu'à l'an .'Î03, qu'il eut la tête tranchée pour la fiid.' Jésus-Chrisî. Les célèbres abliayes de Saint-Victor', à Marseille et à Paris, ont été fondées sous son invocation.

VICTOR 1" (saint). Africain, monta sur la chaiie de saint Pierre, api es le pape Eleuthère, le l"juin 193. 11 y eut de son temps un grand différend dans l'Eglise pour la céléliialion de la fête de P.lques. 11 décida qu'on devait toujours la célébrer le dimanche après le 14' .ji'ur de l;i hiue de mars. On ne regarda point comme hérél ques ni schismatic|ues ceux qui observaient un • pratique conlraiie, jusqu'à ce (|ue la question eût été décidée par le concile de Nicée [Voy. Irénée); mais la décision du pape n'en piouve pas moins quelle était alors son autorité dans rivalise. « Le pape Victor, dit un des « |)lus illustres évoques de France, voulant « réunir toutes les églises sur le jour de la « solennité de Pàiiucs, ordonne qu'elle sera « célébrée partout le dimanche après le l'i-" « de la lune de mars ; et nonobstant la ré- « ciamation des évoques d'Asie pour retenir « l'usage contraire, ([u'ils prétendaient avoir « reçu de l'apôtre saint Jean, il charge Théo- « jih le, évèiiue de Césarée, en Palestine, w d'assemliler un concile, et d'y [)ublier son « décret. Il menace même d'excommunier « ceux qui dési obéiront, et saint Irénée, qui « désai)priiuve comme troji sévère une me- « nace qui n'eut point en elfet d'exécution, « ne lui reproche pourt uit pas d'avoir outre- « [lassé les bornes de son autorité (1). » Les moutanistcs essayèrent de se mettre bien dans res}iiit de ce pajie ; et, |)Our cet etlei, ils lui I nvoyèrenl des jjrésents ac(Oiiii>agnés de tiéL-larations catholiques en apparence : trom-

(I) Quelques savants préleiulent que là lettre de siiiut In'HL'C au pape, aiasi que cclii; qui pvirle le uiuu de l'alytnUu, suit suppds.'cs ou cdusidi'raldeluf m ail' ii'us. Ou peul voir sur l'i' siijo! une Dissertai Uni \\U;\ue lie Vf<'lii:r«li('s et d"()l)serv;UioiÉS soli les, p^r lel'èie iMaieelliu Mullveiibulu', récollel, Munster, l"95, iii-4".

pé par l'extérieur de leurs vertus et la sévérité de leur morale, il leur avait adressé des lettres de communion ; mais Praxéas, qui dans la suite fut hérésiarque lui-même, ne l'eut pas plutôt informé du véritable état des choses, qu'il refusa leurs présents et révoqua ses lettres de paix. Ce fait est attesté par Tertullien {Lih. contra Praxeam), qui ét;ut lui-même monta-ijste. Il ne nomma point le pape. Cave et quehjues autres écrivains pensent que ce pape était Eleuthère ; Buais d'autres critiques, ent:e lesquels Tillemont et Ceillier, soutiennent que c'est Victor I". Le pajie Victor scella de son sang la foi de Jésus-Christ, sous l'empire de Sévère, le 28 juillet 202. Nous avons de lui quelques Epîtres, et saint Ji'rùme le compte le premiei' parmi les auteurs ecclésiastiques qui ou! écrit en latin.

VICTOR II, appelé auparavant Gebehard, évéque d'Aiclistaedt en Allemagne, de int pape après Léon IX, le 13 avril 1055. Hildebrand, sous-diacre de l'Eglise romaine, avait été envoyé (au rapport de Léon d'Ostie, lil). II, cap. 90) par le clergé de celte Eglise, pour demander à l'empereurHenri III qu'il consentit que l'évêque d'Aichstaedt, son conseiller et son parent, fût élevé sur le siège de Rome : l'empereur eut de la peine à consentir qu'il fût éloigné de sa cour, parce qu'il l'affectonnait beiuicoiip ; mais l'envoyé vint à bout de vaincre sa résistanre et celle de l'évûque, qu'il emmena avec lui à Rome, oii Gebehard fut reconnu d'un consentement unanime. Martin de Pologne dit que c'est par la faveur de rem[iereur qu'il obtii t la tiare ; mais on sait qu'on ne peut guère se fier k cet auteur. Ce pape illustra le trône pontifical par ses vertus. Il déjiosa plusieurs évêques simoniaques, dans un concile qu'il tint à Florence, env03a Hildebrand en France, en qualité de légat, et tint un concile à Rome, l'an 1057. Son zèle pour la discipline lui attira la haine de quelques mauvais ecclésiastiques. Un sous-diacre attenta à .sa vie, et mit du poison dans le calice ; mais K> pape découvrit ce crime, les uns disent naturellement, les autres par un miracle. 11 mourut en Toscane, et vraisemblablement à Florence, en 10S7.

VICTOR III, ajipelé auparavant Didier, était caidinal et abbé du Jlont-Cassin, lorsqu'il fut [ilacé, malgré sa résistance, sur la chaire de saint Pierre, le IV mai 1080. Il assembla, au mois d'aoLlt de l'année sui\ante, un concile des évêques de la Pouille et de la Calabre, à Bénévent : il v prononça la déposition de rantijiape Guiberl, qui voulait toujours se mainti nir à Rome, et renouvela le décret contre les investitures. Victor tomba malade pendant ce concile ; il se lit tra;isporter au Mont-Cassin, où il mourut au milieu de ses frèies, le IG seiitembre 1087. Queliiues auteurs, entre autres saint Antonio, Stella, Cara iza, disent qu'il mourut d'un poison qui lui fut donné par des ministres de rempereiir Henri IV ; mais cette assertion, dit le P. de Longueval, est dénuée de preuves. Grégoire VII l'avait dé-

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s'rgné pour son successeur. Victor ressemblait à ce pontife par ses vertus. Il s'était principalement signalé par la magnifique église qu'il fit élever au Mout-Cassin. On a de lui, dans la Bibliothèque dus Pères, des Epitres, des Dialogues, et un Traité des miracles de saint Benoit. Urbain II lui succéda. — 11 ne faut pas le confondre avec l'antipape Victor, l'an 1138, après la mort d'Anach t, et qui presque aussitôt quitta le siège qu'il avait usurpé. [Voy. Innocent II.)

VICTOR DE Vite, ou d'Utique, était évoque de Vite, dans la Byzacène en Afri ;ue. Le roi Hunéric, prince arien, alluma une persécution contre les catlioli(}ues, pendant laquelle Victor eut beaucoup à soullrir. Le saint évoque écrivit, vers l'an 'i-87, les détails de cette persécution dans son histoire de Persecutione Wandalica, et mourut vers l';'.-! 490. Son ouvrage (donné au pul)lic par le P. Chilïlel, Dijon, 16G5, in-k% par dom Ruinarl, Paris, 1004-, m-k°) peut servir nonseulement fiour l'histoire de FE^lise. mais môme pour celle des Vandales. Beatus Uhenanus en donna la première édition à Bâle, 1537, in-8". Elle est écrite d'un style simple, mais correct, et attache singulièrement le lecteur; Arnauld d'Audilly i'a traduite en français. On y trouve des preuves précieuses de la doctrine cathulique sur la confession et autres articles attaqués par les sectaires modernes, ainsi que beaucoup de faits édifiants et curieux. Victor raconte que Hunéric avait fait couper la langue jusqu'à ki racine à plusieurs catholiques, qui parlèrent encore après l'exécution. « Si quelqu'un en « doute, dit le saint évêque, qu'il aille à « Constantinople, et il y trouvera, entre au- « très, un sous-diacre, nommé Réparât, qui « parle nettement, sans aucune peine, et « qui, par cette raison , est singulièrement « honoré dans le palais de l'empereur Zé- « non, et principalement do l'impératrice. » Il n'y a pas de fait mieux prouvé dans l'histoire. Enée de Gaze, l'empereur Justinien, l'historien Procope, le comte Marcellin l'attestent également sur le témoignage de leurs yeux. On ht dans le ui' livre une tiès-belle prière, Pro afpicta provinria, excellemment propre à des temps de souffrance et de persécution: elle a été souvent imprimée, nommément en 1789, dans le 14-" vol. des Réclamations belgiques, p. 303. Victor est honoré comme confesseur, le 23 août. — Les OEuvres de Victor de Vite ont été réimp. ]iarM. Migne, eu 847. Voy. saint Hilauie, pape, et Rosuce.

VICTOR deCapoue, évèque de cette ville, se rendit illustre [tar sa doctrine et par ses vertus. 11 composa un Cycle pascal vers l'an 545, et une Préface sur l'Harmonie des quatre évangélisles par Auimonius. Cet ouvrage se trouve dans laBibliothèque des Pères. Le vénérable Bède nous a conservé quelques fragments de son Cycle pascal.

VICTOR DK TuNONES, évoque de cette ville en Afrique, fut l'un des ])rincipaux défenseurs des Trois-Chapiti'es. La chaleur avec laquelle il les défe'idit le lit exiler en 553. Il fut ensuite renfermé dans un monastère

de Constantinople, où il mourut en 566. Nous avons de lui une Chronique, qui contient les événements considérables arrivés dans l'Eglise et dans l'Etat. Le discernement, l'exactitude, le choix des matières, n'y président pas toujours; mais elle peut servir pour les v° et vi' siècles de l'Eglise. Cette Chronique finit à l'an 563. Jean de Biclaire, évèque de Girn-'ne en Catalogne, né à Scalabi (aujourd'hui Santarem en Portugal), a continué celte ch onique jusqu'en 594. On la trouve dans le lliesaiirus temporum, de Scaliger, et en partie dans Henri Canisius. Plusieurs lui attribuent un Traité de la pénitence, qui se trouve ordinairement avec les ouvrag"S de saint Ambroise.

VICTOR, qu'on ap|)elle aussi Victorin ou Victorius (Mahianusj, célèbre mathématicien du v' siècle, était né dans l'Aquitaine. 11 fut l'inventeur du Cycle pascal, appelé de son nom Période victorienne, qu'il conqjosa d'après les. calculs d'Hippolyte, d'Eusèbe, de Théophile et de saint Prospcr. Les astronomes faisaient usage de ce comput avant la réforme du calendrier grégorien. On lui doit aussi Canon paschaiis, Anvers, 1G34, in-fol. Les travaux de cet auteur sont beaucouf) cités en chronologie. Voy. Boicuer (Gilles).

VICTOR (Amrroise).'Foj/. Mautln (André), tom. 11, col. 1413.

VICTORIN (saint), évêque de Pettau, dans la Haute-Pannonie (aujourd'hui la Slyrie), reçut la palme du martyre sous Dioclétien, vers l'an :Wâ. Il a beaucoup écrit sur l'Ecriture .sainte ; mais il ne nous reste qu'un petit ouvrage en latin, de F.ibrica mitndi, publié par GuillaïuueCave, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Lambeth, Ribliot. lat., t. I, p. 148. Ce livre fait regretter ceux qui ne nous sont point parvenus. Quoique écrit d'un style simple, il est intéressant et plein d'érudition. On a publié sous son nom un Commentaire sur l'Apocalypse ; mais les plus habiles critir^ues croient que ce n'est pas celui dont saint Jérôme fait mention, ou si c'est celui-là, il est certainement interpolé. — Sur l'édition de ses OEuvres par M. Migne, voy. Magnés.

VICTRlCirS (saint), évêque de Rouen, et patron des marins, né vers l'an 330, dans les Gaules, fut d'al)ord soldat dans les armées romaines, et païen. S'étant fait chrélien , il fut condamné à avoir la tête tranchée; mais le bourreau, dit saint Paulin, fut frap|>é de cécité au moment de l'exécution. Victricius, à qui ce [)rodige valut sa liberté, se retira dans une solitude; jniis il prêcha dans le pays des Morins et des Nerviens (Flandre et Picardie), etdevint, en 385, évèque de Rouen. Ou l'accusa d'errer dans la foi : il se rendit à Rome pour se justifier, et reçut du pape Innocent l" un lecueil des canons et décrets suivis par l'Eglise romaine. L'Eglise d'Angleterre étant troublée par des hérésies, saint Victricius passa dans ce pays, pour y rétaljlir la paix, vers l'an 394. Sa mort arriva l'an 410, et sa fête est célébrée le 19 du mois d'août. 11 reste de lui un ouvrage intitulé : De laude sanctorum, que l'abbé Lebeuf tira

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