‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 266 sur 341 · VIE · texte numérisé non relu

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le 28 août 1350, c-t la reine Jeanne de Bologne, son épouse, le 21 septembre suivant et ujO'irut ei 1351.

VIENNE ( «lora Charles-Jean-Baptiste d'Agneaux de). Voy. Agneaux.

VIENNE! (Esprit), fut, pendant 40 ans, cutd de la paroisse de Sainl-.Méry , à Paris, et prèla le serment à la rnnstitùtion civile du rlcrj!,é ; mais il refusa d'èire évè pie constilutioniiel de Paris, en disant qu'il n"occu|)erait jamais un siéj;e dont le titulaire élait vi\'a 11. Il mourut en 179G. après avoir fondé unliospici'da's le cloitrc même de son église.

VIEUVILLE (Mathlui\-Jules-An>e Mi- CAII.T DE La), né à Lamballe le 10 avril 1755, entra, en 1773, dans les gardes du corps du comte d'Artois, et fut jeté dans les [irisons pendant la révolution. Rendu h la liberté, il n'occupa aucune place justpih la restauration. 11 fut après cette époque, pendant quelque temps, oflicier dans les gardes du corps de Monsieur. Ce fut lui qui fonda à Montmartre, en IHOi, l Asile de ta Procidence, niais(ui dn retraite pmir les vieillards des doux sexes; il administra cet établisseiu nt qui fut reconnu par une oidonnance royale du 2V décembre 1817. La VieuvilLî était encore adaiinistrateur de la Société de la Providence, qui a pour objet de soutenir l'établissement que nous venons de nommer et qui place en o dre de jeunes orphelins. Il prit part aussi à la forinilioii de VAssocialiun paternelle des chevaliers de Siint-Louis. Sa mort, arrivée à Paris le 2i. déâ'.embre lo29, a élé chrétienne comme touti> sa vie.

A'IEUVILLE (dom Philippe Le Cekf de La). Voy. Cerf.

V1EVH.\ (Sébastien), né l'an 1570, à Castro d Ayre en Portugal, entra chez les jésuites à làge de 10 ans, passa aux Indes ea 1602, et au Ja|Kjn en 161i, avec un grand nombre de missionnaires. Il alla ensuite aux Philippines, et à Homo pour instruire le pape de l'état d-jiloiablede l'Eglise du Japon. Urbain VIII lui fit un accueil très-dislingué, lui donna des brefs pour plusieurs provin- Ci'S du Japon, dont les [lasteurs lui avaient écrit, et l'exhorta à combattre jusqu'à la mort les ennemis de la foi d uis ce champ nouvelli'inent défriché. Après bien d s dillicultés et des peines, il rentra au Japon, déguisé en matelot chinois, avec la ((ualité de provincial de sa compagnie et d'adminislialeur de l'évêclié du Ja|)on. Malgré toutes ses précautions pour n'être pas reconnu, il le fut d'ab ird, et fut mis en prison h Nangasacki, fiuis transporté à Omura. L'empereur le voulut voir, et on 1 ■ menaàledo.Ilyht un écrit pour prouver la religion catholique, dont le prince fui si frappé, que le bruit courut qu'il allait embrasser la religion chrétienne : mais ce tyran voluptueux et sanguinaire [Voy. Xo- GUNSAMA II) n'en était pas digne. Un de ses oncles, qui le gouvernait absolument, l'engagea à signer l'arrêt de mort contre le Père Vieyra etlesautres missionnaires qui avaient été arrêtés avec lui. Condamné au supplice de la fosse, le Père Vieyra, trouvé encore sain et saufaprès cinq jours, fut brûlé vif le 6

juin 103i. On a de lui quelques Lettres dans le Recueil des Missions, année 1013.

VIEYRA (Antoine), né à Lisbonne, le G février 10l)8, d'une famille illustre, ayant été mené par ses parents au Brésil, fut si frappé des (ravaux des jésuites pour la propagation de la foi dans cette contrée, qu'il entra dans leur société en 1C23. Envoyé en Portugal, il y prêcha avec une réputation exlraordinaire. Ph lippe IV, (jui lui connaissait encore d'autres talents , l'employa dans les ambassades de Hollande et d'Angleterre. Appelé à Rome, il y donna de nouveau l'essor à ses talents pourli chiire; mais la société des barbares du Brésil lui fut j lus chère que les applaudissements qu'il recevait dans la caj)!tale du monde chrétien. Il d' manda de retourner chez eux, et y arriva le 22 octobre 1052. Il parcourut ces vastes contrées en instruisant et en convertissant une mullitude incroyable de sauvages. Ses forces étant é[misées, et ayant iierdu la vue, il se retira à la Baie de tous les Saints, où, avec le secours d'un de ses confi-ères, il mit la dernièie main à un ouvrage qu'il avait commencé depuis longtemps, intitulé : Clavis prophetarum. Il mourut le 18 juillet 1097, âgé de 89 ans. Le chapitre cathédial assista à son enterrement, et son corps fut porté par le gouverneur du Brésil, son lils, l'évèque de Saint-Thomas et deux au très gi-ands seigneurs. Le recueil de ses OEuvres a été publié à Lisbonne de 1079 h 1718, 15 vol. in-V", dont les treize premiers ne renferment que des Sermons. Le quatorzième otfre divers opuscules, entre autres : une Dissertation sur les larmes d'Heraclite, lue h une assemblée de savants dans le palais de la reine Christine; un Discours sur une comète observée à Hahia en 169'i-; une intéressante Lettre an roi Alphonse VI sur les missions du .Maragnan, etc. Les sermons de P. Vieyr-a ont été ti'aduits plusieurs fois en espagnol, en italien et en latin; mais peu de ses écrits paraissent avoir passé dans notre langue. (Fo(/. Verjus. )Le P. Vieyra est regardé comme un des premiers écrivains portugais. Son Clavis propiietarum a paru à Rome en 1723, in-4".

VKIAND (Jean), né à Mansfeld en 1523, fut disciple de Luther et de Mélnnchthou, ministre à Mansfeld, et ensuite surintendant des églises de Poiiiéranie en Prusse. On a de lui un grand nombre d'ouvrages qui lui hrent un nom dans son parti. On le compte parmi les auteurs des Centuries de Maydehourg. {V. JuDEX.)Ce théologien mourut en 1587. Il était savant ; mais il n'avait ni l'art de comparer les faits ni celui de pesm- les témoignages.

ViCENEKE (Blaise de), secrétaire du duc de Nevers, puis du roi Henri III, né le 5 avril 1523, h Saint-Pourçain en Bouibonnais, mort à Paris le 19 février 1590, à 73 ans, est un traducteur aussi maussade que tidèle. Ses versions sont méprisées aujourd'hui; cependant on fait quehjue cas des notes qui les accompagnent : les autres tivaducti'urs en ont |)rolité ; mais ils se sont bien gardés de faire connaître l'obligation qu'ils lui avaient. Les ouvrages de Vigenère sont :

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des Traductions des Commentaires de César, et (Je l'Histoire de Tite-Live; un Traité des Chiffres, 1586, in-'i°; ua autre des Comités, in-S°; un Iroisiôine du Feu cl du Sri, \n-h°; une Traduction de l'Arl inilitairc d'Onosander, 1G03, i'>i", devenui' rare; une Traduction de l'Histoire de Chalcondylo avec des remarques intéressantes, et une coniinuatiun de cette histoire par Arlus Tlioin <s, P.u'is, 16 {2, 2 vul. i;i-fol. avec fi^. Celle édition est justement estimée. On y trouve îles rétlexions sages et profondes sur la destinée des empires, la providence et la. justice de Dieu ; réflexions dignes d'avoir |)!ace dans la Politique de l'Ecriture, sainte par Bossuet. On voit, h la tin du W tome, des Tableaux proplie'tiques qui ne méritent [las le môme éloge, et où un esprit solide ne trouve pas où se rcjioser. Il est jilus reniarquable c^ue, dans la planche qui forme le frontispice, ■Vienne , '\'enise, Malte, soient désignées comme le nec u'tra des Turcs; ce qui, en 16-52, où ils étaient au comble de la puissance, n'ét.iit guère a ij-iarent, et ce que l'évinement néanmoins a bien vérifié, et vérifie tous les jours mieux. Cinquante ans après, ils fiirent sur le point île pr.nidie Vieiue et d'envahir toute l'Allemagne ; mais le nec ultra demeura vrai.

^'IGIliR iiu VifiER (François), en latin Yigerius, ji'suite de Rouen, enseigna la rhétori jue ;\ Paris, où il mourut en 16V7, à 57 ans. H s'était fait une juste réputation de savo'r |),ir ses ouvrages. On a de lui : une excellente Trnductionlal'tnv (]eh\ Préparation évangéli(/ue d Eusèbe, avec des notes, Paris, 1628, 2 vol. in-f"; un traité de Idiot ismis prœcipuis liiiyuœ (/rœcw, 1632, in- 12, et Le\ de, 1766, in-8°. Cet auteur était habile dans cette dernière langue. De Bure dit qu'il a aussi traduit la Démonstration d'Eusèbe, en quoi il est démenti par la Biographie univers, de Michaud.

VICIER (Gérard), carme déchaussé qui se nommait en religion Dominique de Jésus, mourut vn 1638, après avuir publié les deux ouvrages suivants : Histoire parénélique des trois saints protect''urs de la haute Auvergne, avec quelques remarqxics sur l'histoire ecclésiastique de cette province, P.'.ris, 1636, in-S° ; la Monarchie sainte et historique de France, trad. du latin en français par le P. Modeste de Saint-Amable, du' même ordre, Paris, 1670, 2 vol. in-8'. -( Cet ouvrage, dit « Tabaraud, contient les vies des saints et " bienheureux sortis de la première race de « nos rois, au nombre de quatre-vingts. Le « traducteur les a ornées de beaucoup d'ac- « cessoires pour la généalogie, la chronolo- « gie et l'histnire. »

Vi(;I!,\^'(]K ( Viqilanlius ), premier hérésiarque Caulois, et natif de Calaguri , petit boiu'g près de Comminges , devint curé d'une paroisse du diocèse de Barcelone dans la Catalogne. Son savoir et son esprit le lièrent avec saint Paulin , qui le rnut bien et qui le recommanda h sainl Jérôme. Ce Père de l'Eglise était alors en Palestine, où Vigilance avait dessein d'aller nour visiter les Saints-Lieux-. Le pieux et iflustro solitaire

ayant appris qu'il répandait des erreurs dangereuses, qu'il s'élevait contre les honneurs rendus aux martyrs, qu'il rejetait le célibat et calomniait la Virginité, etc., écrivit contre lui avec une force étonnante : c'est un des morceaux les plus véhéments des ouvrages de ce Père. Vigilance alfectait le bel esprit : c'était un homme qui .-liguisait un trait, et qui ne raisonnait pas, 11 j>référait un bon mot à une bonne raison, et il attaqua tous les objets dans lesquels il trouvait matière quelcomiue à de mauvaises plaisanteries. Sa vie se ressentait de ses erreurs : il ne philosojihait, dit saint Jérènie, qu'entre les i)ols et les verres et les mots fliands, et sas livres sont en quelque sorte le fruit de sa crapule. Un hérésiarque des derniers siècles lui ressemblait particulièrement en ce point, ainsi qu'à Jovi nien ( To!/. ce nom), et Von peut- appliquer à la plupart des sectaires dogmalisa-ns cet épiphonème du saint docteur : Taies habet advtrsarios Ecclesia, hi duces contra martyrum sanquinem dimicant , hujusmodi oratores contra apostotos pertonani !

VIGILE (saint) fut élevé sur le siège de Trenie en 385. Il écrivit à saint Ambroi^e, son métrojiolitain, pour lui demander des règles de conduite, et ce grand prélat le satislif. Vigile chargea Sisinnius, Martyrius et Alexandre de travailler à la conversion des idolâtres de son diocèse ; ils ne tardèrent pas à mériter la couronne du martyre, et le vertueux évinpie adressa la Relation d<- leur mort à saint Siinplicien, successeur de saint Ambroise, et à saint Chrysostome. On la trouve tians les Acta sincera martyrum de dom Kuinart, page C8i ; et dans les Acta sanctorum. Il envisageait leur gloire avec une sainte envie, et eut le bonheur de recevoir la même couronne vers l'an 400.

VIGILE DE Tapse, évêque de cette ville, dans la province de Byzacène en Afrique, au VI' siècle, prit le nom des Pères les plus illustres, et réfuta sous ce masque les hérétiques de son temps, soit [>our cacher son Jiom, qu'il n'est pas toujours prudent de révéler aux gens de secte, soit pour marquer par là l'opiiosition des doctrines hérétiques avec celle des Pères. Ce pieux artifice produisit depuis une grande confusion dans les ouvrages des premiers écrivains ecclésiastiques, et l'on eut lieaucoup de peine à l'ecoiuiaîlre ceux qui étaient véritablenu'nt de Vigile. Les cinq livres contre Eut>chèslui ont toujours été attribués. Il les composa étant à tT.onslanlinople, et comme il y jouissait d'une liberté entière, il ne crut pas di'voird.''guiser son nom. Le P. Quesnel le fait auteur du Symbole qui porte le nom de saint Athanase, et ce n'est pas sans fondement. Ses ouvrages, et ceux ipi'on lui attribue furent impiimés à Dijon, 1665, in-i°. M. l'abbé Migne a publié les OEuvies de Vigile de Tapse avec celles di' saint Symmaque, pa;ie, d'Eugippius, de Paschasins, de Pierre, diacre, et de Itusticus Helpidius, Paris, 18i8, 1 vol. in-V, forma"! le tome LXII du Cursus completus Patrologiœ.

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VIGILK, pape, ut Romain de nation, n'était encore que diacre lorsqu'il accompagna le pape Agîtpet à Coastanlino|jle. Théodora, femme de l'empereur Jusfinien, lui promit de le mettre sur le sié-^je de sai-it Pierre , pourvu qu'il s'enga;:;Ldt de casstT les actes du concile de Coi.staiitinofile de l'an o3G, contre Anthirae de Constatitinople, SH'ère d'Anti chn et Théodose d'Alexandrie, qui avaient élé déposés à cause de leur attachement à l'eutychianisme. Vi.j;ile promit tout, et fut élu pape en 537, du vivant même de Silvcre. qui fut envoyé en exil. Celte élection, évidemment nulle, fut ratifiée après la mort du véi'itable chef de l'Ei^lise arrivée en 538. {Voij. SiLVÈuE.) V'ig le parut d'abord approuver la doctrine d'Anlhime et des acéphales, par une lettre particulière adressée à Th'''odose d'Alexandrie ; mais en pub'ic il professa toujours hautement la foi catholique; il écrivit môme à l'impératrice, nu rapport d'Anastise, dans des termes très-'ncrgiipies ; « J'ai ci-devant mal pai'ié et d'une « manière insensée. Maintenant je ne con- « sens nullement Ji ce que vous avez exigé « de moi :je ne rappellerai pas un loinnie « héréti(iue et auHlliématisé. » 11 alla àConst.in;inoi le, en 3V7, et y montra la même fermeté. Ayant publié une sentence dp condamnation contre Tliéodora et les .icéiihales, il essuya les ressentiments de l'impératrice, et fut, selon Anasiase, traîné dans 1rs rues de Conslantii'opie ; nr le moyen d'une cor. le qu'on lui avait mise au cou, et enfermé dai^s un cachot. La mort d'Anthime mit fin à cette scène Cioelle, qui ne tarda pas h être renouvelée k l'occasion de la condam.nation diS Trois-Chapitres. L'empereur Justinien les avait condamnés par un édit publié en 545. Il voulut forcer le pape à en faire autant; mais il refusa, dans la crainte d'encourager les eutychiens , et de paraître accuser d'hérésie des [lersonnes dfmt l'orlhodoxie personnelle , malgré quelques défauts de leurs écrits, avait paru avoir élé reconnue au concile de Chalcédoine. (Voi/. Ibas, Pelage.) Pour terminer celte affaire, il convint cependant avec l'empereur de convoquer \\n concile .'i Conslanlinoi)le, et qu'en aliendant on ne prononcerait jjas sur cette quesiion ; miis au préjudice de cette sursér.nce, on en ■vint à une telle extrémité, que '^'igile, pour mettre sa vie en sûreté, fut obligé de se réfugier dans une église. Le préteur y entra avec des soldats armés, et voulut en arracher le pape qui avait embrassé h^s piliers qui soutenaient l'aulel ; mais le peuple contraignit le préteur de se retirer. C'est pendant Cl s violences que le poitife s'écria : Je vous déclare que, quoic/uc vous me teniez captif, vous ne tenez pas saint Pierre. Le, coucile se tint en 553, et condamna les Trois- Chajiilres. Le pape, qui ne voulut ]ias être présent au concile, parce qu'il n'était presque composé que de prélits orientaux, promit de donner son avis en particulier. Il dressa un grand décret qu'on nomme Conslitutum , par lequel il condamna les Trois-Chapitres, en éi;argnant les personnes. 11 confirma en-

suite les décisions du concile, et dit qu'il n'avait pas honte de rétracter ce qu'il avait pu dire en faveur desTrois-Chapitres, et qu'ayant mieux examiné l'allaire, il les trouvait condamnables. 11 donna encore une constitution dont le résultat est le môme, qui a été publiée avecune savante Dissertation parMarca. PIusieursEglises d'Occiient se scandalisèrent de cette décision. Aurélien , archevêque d Arles, s'en plaignit fortement au pape, qui lui répondit: « Soyez assuré qm nous n'a- « vons rien fait qui puisse être contraire aux « constitutions de nos prédécesseurs, hlafoi « des quatre conciles, savoir : de Nicée, de « Conslantinople, du premier d'E[)hèse, et de « celui lie Clialcé;loine ; ou qui puisse inté- « resser l'honneur des personnes qui ont « souscrit cette foi, de Célestin, de Sixte, « de Léon en jiarticulier; qu'au contraire « nous rejetons tous ceux qui n'adhèrent pas « à la foi de ces quatre conciles. Que votre « fraternité, en qualité de vicaire du saint- « siège, avertisse tous les évêques qu'ils ne « doivent point se laisser surprendre parles « écrits supposés qu'on ré] and; ou parles « faux bruits qu'on débite. » Il y eut néanmoins i:ne es|ièce de scission de quelques Eglises avec le pape ; mais Pelage et Gi égoire le Grand la firent cesser. « C'est h tort, dit un « critique, que les ennemis de l'Eglise se « sont i-éci'iés contre cette espèce de vària- « lion ou d'incerliludedans l'affaire des Trois- « Ciiap 1res. Vigile refusa de regardercomme « héréliqui's des hommes dont la foi lui pa- « laissait pure, quoique leurs écrits prêias- « sent à la censure. Pelage approuva la con- « damnatimi do leurs écrits dans des circons- « tances où leurs personnes semblaient n'é- « tre plus compromises, et où les eulycliiens « ne paraissaient plus pouvoir tirer avantage « de cette condamnation. Dans l'attaque des « erreurs dominantes, il arrive très-naturelle- « ment que les personnes les mieux inten- « tionnées semblent donner dans une exîré- « mile contraire, et s'écarter de ce milieu si « étroitement circonscrit, où se tient la vé- « lité. Or rien n'est plus raisonnable que de « ne pas confondre les défenseurs p,ul-ét're « trop ardents de l'orthodoxie, avec les par- « tisans d'une erreur reconnue. El c'est sur « ce point de vue qu'il faut envisager la con- « dnile quelquefois inégale, quelquefois « même opposée, mais toujours conséquente, « que les i)ontif'es et les conciles ont tenue à «l'égard des doctrines et des docteurs.» A son retour en Italie, Vigile mourut de la pierre ?i Syracuse en Sicilr, en 555, (pielquesuns disent de poison. On croit qu'il expia les crimes qu'il avait commis pour monter surla chairede saint Pierre, par tout ce qu'il souffrit depuis ; mais le trouble qui est la suite naturelle d'une telle démarche sembla l'agiter tout le teini>sde son pontificat, et lui impriina un caractère d'irrésolution peu digne du premier pasteur des chrétiens. Il est vrai cependant que quelques écrivains l'ont trop sévèrement jugé; mais les moindres fautes ou défauts dans les hommes placés sur un siège constamment illustré par de

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grandes qualités, se font remarquer d'une manière p'us saillante (jue dans toute autre place, quoique (''minente qu'elle soit. Or e'esi bien h le cas du ^ié.^ede Home. « Il n'y « a pas eu d'em;)irt', dit un auli'ur niodcrne, « ni de gouvi>rncnient (luelconque , depuis « le connuenceruent du uiondc, qui ait eu, à « beau'ioup jirès, tant de cliels illustrés par « la science, laju<tice, li sagesse, la piété, « que l'E .lise romaine. Dom duistant, dans « sa .-avaule Dissertalinti qui |)r6cède les a Lettres des pap^s, prouve (jue I on lionore « d'un e;dte pu'j'ic tous l.'s papes qui ont « siéj;é jusqu'au commctir^L'uient du G'siôilo, « à l'exception de Libère ; encore celui-ci « se releva-t-il de sa chuli; avec tant de cou- « r:ige, que sîiint Ambroise ne parb> de lui « qu'avec adurratif^n. Et dans ces derniers « temps, où lo lit s'est ressenti de la déca- « denc'! d:'S ve tus, le sié^i^e de Kouien'a eu, 1 si on en excepte un ou deux, que des a pontif'S irré|)rocli ible<, la plnpail distiu- « gués par tout ci^qiii peut faire personnelle- « ment respecter le chef de l'Ejlise. « On a de Vigile dix-huit lîpîlrcs, Paris. IG'tii, in-8". Pdla^e lui succéda, yoy. la savanie Dis'iertan'oji du P. Pap brocli da'is \e Propylipum ; Bellarmin, De lionvinis Poiilifirihnsjihro III, Cfip. 2, etc. M. l'abbé Mi, ne a publié les Epistolœ et derretn du pape Vigile, suivis du Livre ou plutôt de la Lettre de l'empereur Justinieii contre Orifjèiie, approuvée pai' ce ]Vip(i, avecles OEiivres très-complètes de Cassiodore, et celles du pape Pi'dage 1'', et de (jildas le Sage, d'api'ès les éditions de daret, de Galland, de Mansi, et .de SMpion Mdfei, Paris, 18i8, 2 vol. in-i°, formant les tomes LXIX. et L\X du Cursus completus Patrolrtgire, publii'' par le même éditeur.

VIGNES PiEitaE DKsj, s'éleva de la naissance 1 1 [)lus b isse à la charge de chancelier de l'empereur Fr'déric II. On ignore qui était soi père; la mère mendiait son 1 an pour elle et pour son fils. Le liasai-d l'<0'ant conduit aupr'ès rie l'empereur, il plut par son gi'niie, obtint une place dans le palais, et ne tarda pas h s'avancer. Son élévalioii fui rapide; il fut pi'otonotaire, c juse lier, chancelier, et entra dans tontes les alfaii-es se^rèles de Frédér'ic. Il servit avec ardeur ce priice dans li'S dilfércnids (pi'il eut avec les papes (iré;;oire IX el Innocent IV, et fut déjuit'", en 12^3, au concile de Lyon, pour empêcher que Frédéric n'y fût condainué. 11 jouit longlenips d'une laveur distinguée; mais il ne païaîl pas qu'il y ait i-épondu par beaucoup de reconnaissanc(!. On l'accusa d'avoir voulu ein|)oisonner l'empereur [lar les mains de sou uu''dec n. Il eut les yi'ux crevés, et fut enfermé dans une étroile |)rison, où il se doima la inoiteii 12V!). Quelques auteurs prétendent q l'une intrigue de (uiur fut la oauscde sa disgjlce. Ou a de lui : Lpistolœ,dnn[ la nuhlleure é ;ilion e t celle de B'de, nVO, 2 vol. in 8"; un traité De potest'Ue imperiali: un autieA^c cnnsolaliane, ci.'.; Querimnnia Frédéric! Il . proliibé par Vlndrx du ( oncile (le Trente. On a alliibué à Frédéric 11 et à Pierre des Vignes le livre De tri-

bus tmpostoribus, qui a été attribué aussi à Poslel et à beaucoiqj d'autre?, (^e (|ui a pu y donner lieu est la lettre de Grégoire IX que nous avons citée (artii;le de Frédéric IIj; mais je [)a)) ' ne dit pas (pie Frédéric a fait un livi'c sur' celle matièr-(% mais seulement qu'il a avancé le blasphème i]ui fait de i sus-Clu'ist un imposteur. {'«//. r///s<ot/c ecc/ci-. de Noél Alexandre, Dissert. 5, swc. \iii et xiv ) Si ce livre a exist(', il parait (pi'il s'est perdu; du moins a-t-il échappé aux rei lu relies des savants 11)0 Unnes. Celui (ju'on voit dans quelques bi: liothè(]ues sous ce titre est, selon louti' appar-ence, fort postérieur- au siècle de Frédéric 11, el peut-ètr'c plus l'éceiit même que ne le ))oi-te la date d'iiiqiression.

VIGMEU (Nicolas), né en lolJO, à Troyes en Champagne selon Ladvoial, et à Bar-siir- Seine, suivant de Thon, mort h P;irns en laito, fut pr'Otes:aut îi la cour- de plisieur'S princes d'Alhnnagne, el devint calholiipie en France, où il fut médecin île Heni-i 111 et hisloiiogi'apliiï. On a de lui un grand nombre d'ouvr-a;es en latin et en frangiis, qu'on ne lit )iliis, mais que les savants consulle''t avec fruit. Le plus curicnrx est son Traite del'uri- (jine el demeure des anciens Français, Troyes, 1382, in-V'. Le labnr eux compilateur Andr-é du Chesue tiMduisil ce livre en latin, pour le mettre h la tète de sa collection des anciens hisloiiens Ira içais. On a eircore de lui: Clironifiue de Bourgogne, in-'i-"; So.'umairc de l'histoire des Françiis, in-fol. ; De la noblesse et ancienneté de la [Vmiiison de France, in-8°; De l'ancien état de lu petite liretagne, ii-i"; Préséance entre In France et l'Fspngne. in-8'; Fastes des anciens Hébreux, Grecs et Romains, in-'i-", estimés; liibliotltèiiHchistoriale,i'n'i-\i)\. in-f ; Recueil de l'Iiistoire de l'EijUse, Leyde, IGOI, in-f', peu estimé. — Son lils, Nicolas Vi- GMiiH, fiit ministr'e à B ois au commencement du xvir siècle, et renlr'a, après l'an IG31, dans l'Eglise catlmlique, comme av it fait so'i père avant de moui-ir. 11 a lait plusieurs écr-iis de co itroveise, enlièreiueiil oubliés.

VIGNIEK (Jékùmi;), liN du secon.l Nico'as \'igiier, dont nous venons de parler, né à Blois e'i IGtiG, fut élevé dans le calvinisme, et deviit bailli de lîeaugency. .\yarit abjuié la religion protestante, il entra dans la congrégation de l'Oratoire, et fut supérieur' de dilférenles maisons, où il édilia aulaul jiar sa piété (|u'il étonna pai' la variété de ses lumières. Il excella surtout dans la cimnaissan e des langues , des médailles, des an iquités , et de l'origine des maisons ••ouvcl'ciines de l'Euiope. Ce savant mourut à la maiso'i de Saint-Maglo re à Paris, ei 16GI. Tout ce ([ue nonsaviUis de lui ejt plein de gr'a'ides r'echerches; lU'us le style de ses ouvr'ages est lebutant. Les jir'incipaux sont : la Généalogie des seigneurs d Alsace, lG't-9,i i-fol.; lin Supplément aux 0/iurres ûl' saint Augustin, dont il trouva A Clairvaux des ma'iuscr'its qui n'avaient poiit été im uimés; u'ie Concordance fianç ise des Evangiles ; l'Or/^fn» des rois de Bourgogne; la Généalogie des comtes de Champagne ; Stemma Austriacum, 1G30, in-fol. On lui est encore redevable de 2 vol

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dp vnistoire ecclésiastique fjallicane , ae plusieurs pièces de poésie, (le quelques Paraphrases d'^s P.iaumes en lalin, d'une Oraison funèbre, c'c.

VK'iNIKK (Jacques), de la môme famille que les précédents, natif de Bar-sur-Seine, entra chez les jésuites malgré ses parents qui ri'ofes-aient le calvinisme, et mmuiit à Dijnn en Kitil), après «voir honorahlcnicnt riuiipli les divers eniplns >ie la régence et du ministère. Outre quelques ouvrages de dévolioi qu'il lit imprimer, et de nomlireuï éc-rils histnriques (pii n'ont ])as vu le jour, le P. Jacques 'V'ignier avait composé une Histoire du diocèse di^ Langres, dont il pidjlia le prospectus sous le titre de Décade: mais de l'ouvrage, conservé en manuscrit dans la bihliothè(pie d;i collège de Dijon, il n'a paru qu'un ahrégi'î intiiulé : Clironicon Lini/o)iense, Lingres, ItiGo , in-8", où l'auteur s'attache principalement h la partie ecclésiastique.

AlliNlEH (Henui), oratorien, de la luème famille que les précédents, né l'an IGil, à Bar-sur-Seine, fut curé pendant six ans h La Rochelle , puis obtint un canonicat à Langres, où le siège épis,:0|)al était occupé f)ar M. de Cicrmont-To. nerre, son pare U. Plus tard il se retira dans la maison do Saird- H 'noré, à Paris, et il v mourut en n07. On a de Heiiii \"ignier: La connaissance de Jésus- Christ, nO.'J, iu-12 ; d s Exercices de piété, 1703, m-12; des Psaumes de David, en trois colonnes, 170'J, in-12.

VKINOLES (Alphonse des), fils d'un maréchal de camp , d'une i'anulle ancienne, naquit au château d'Auba s, en Languedoc, le 2D octobre UiV9, dans lesenidu calvinisme. Api'ès la révo alion de l'édit de Nantes , en iéio, il se r'd'ugia dans Brandebourg, et devint successivement ministre de Schwedt, de Hill et de Brandebourg. 1 se rendit à Berlin, en 1703, et devint directeur de l'académie di'S sciences, e i 1727. Des Vignoles s'était annoncé dans la ré[)ubliqne des lettres par plusieurs ouvrages. Le plus connu est la Chronologie de l histoire sainte et des histoires élranf/ères f/ui ta concernent drjiuis la sortie d'Emjpte jusqu'à la captivité de Jiahi/lone, Berlin, I73S, en 2 vol. in-4-". On en trouve des extraits dans la nouvelle édition des Tablettes de labbé Lenglet du Fresnoy. On a de Des V'ignoles nombre d'écrits et dedissertalions dms la /iihliolhèque (jernianique,ûa\\s les Méotoires de la Société roi/nle île Berlin, dans Vllistoire critique de la répulilique des lettres, |iar .\iasson, etc. Voy. Lenfant (Jacques). Il mourut à Berlin, le 2i juillet 1744,

à l'Age (le 93 ans.

VlGOK (Simon), fit ses études à Paris, et fut recteur de l'univers té, en 15'i-0. 11 devint ensuite pénitencier d'Evreux, sa [latrie, et accom|)agna r('vèque de cette ville au concile de Trente, où il mérita l'esliiue des Pères par sou savoir. No.nnié curé de S:iint-Paul ;i Paris, il prêcha avec tant de zèle contre les calvinistes, qu'il fut fait arclievè :ue de Narbonne, en 1570. 11 continu;; de se signaler et coiinnocontroversiste et comme prédicateur. Sas Sermons ont été imprimés, en 1584, h

vol. in-4°. C'est lui et Claude de Saintes, qui eurent, en 1566, une fameuse conférence de controverse avec les ministres de l'Espine et Sureau du Rosier. Les Actes do cette cnférence parurent en 1508, in-8\ Pierre Pithou fut une des conquêtes de cet illustre prélat, qui iiiourui .^ Caicassonne, en 1575.

VKIOR (Simon), neveu du précédent, né l'an 1556, mourut en 1624, conseiller au grand conseil. On lui attribue une histoire peu commun ', imprimée sous ce titre : Uisloria eorinn (juœ (Ida suiit inter Philippuin pulchriun, regein christiauissimum et lionifaciuin ) Ul, ex variis scriptorihus , Paris, 1613, iii-V'. 11 n'y tiiMd pas la ha'ance égale, et aggrave les torts du pontife pouralléger ceux du roi. 11 prit la (léfmise du docteur llicher avec beaucoup do clialeurdaes les ouviages suivants : Apologia de monarchia, etc., contre André Duval; de VEtat et gouvernement de l'Eglise; prolixe et indigi'Ste compilation qu'on a réduite en un volunu! in-4°, 1683. « Cet ouvrage, dit un « critique, est plein de cette érudition qu'dU « trouve à peu de fiais dans la |ilii|iait des « livres des protestants contre le souverain « pontife et l'Eglise. L'auteur a surtout lail !< un ouvrage lamilier de^ Institutions de « Calvin. C'est dans de pareilles sources qu'il « a luiisé ses connaissances en matières ec- '< clésiastiipies. Il no dit rien niéthodique- « ment, rien de précis, il iianche et t.iille « avec assi.rance dans c('rtaint;s matières où « les vrais théol igiens se croient obli.és « d'user de beaucoup de circonspection : à « la fiçon des novateurs, il [irète aisément à « ses adversaires ce qu'ils ne di.-ent jas, et >< paraii dai s certains «ndioits contedire ce « (pi'il a avancé dans d'auln s. » Si on en ci'oit railleur du Projet de /(ourgfontaine, il fut un dos asscsseuis de celte famense conférence, et son lot fut d'attaquer la hiérarchie. {Voj/. FiLLEAu.) 11 faut (onvenir q e si etfectivement cetie tAche lui e^t échue, il ne s'en est que trop bien acquitté; car le personnage désigné dans la relation i e Filleau, par les lettres inltlale^ S. V"., et chargé d'abattre la [)U s-ance de l'Eglise, quel qu'il l)uiss!' être, n'in'it pu cerlai lement al r h ce but d'une manière plus directe que Simon Vigor, dans ^es volumineux écrits, qui ne respirent que le dési^rdre et l'aiiarch e du gouvernement ecclésiastique, et réi)andent lincertitiide sur les principes les mieux établ s de la hiéiarchie.

VKiUlER ( le P. Piebue-François), savant orientaliste, né ii Besançon le 20juillet 1745, lit ses études au sémuiaiiede cette ville, où, ajirès avoir reçu les oïd es sacrés, il professa la rhétorique. Il entra dans la congrégation de Saint-Lazare, dont les su[)ér.euis l'envoyèrent enseigner la théologie au(ollégedo Sens. Plein d'aideur pour le bie I de la religion, il demanda, en 1772, et o.'itint d aller à Alger assister les escl:;ves c retiens. Rappelé d'Alger, Viguier jiartit, en qualité de p éfet apostolique, pour Constanlnopie. il y séjourna seize années, et, pindantce temps, il a -quit des connaissance? précieuses sur l'élal de la religion, en Orient , et travailla à

ièal viL

faciliter l'étude des langues de l'Asie. Cependniit la révolution avait éclaté en France : le P. Vigiiier, contraint de revenir dans sa patrie, vécut dans la retraite, occupé de rechcrchi's savantes, dont la religion était le principal objet. La congrégation de Saint- Lazare se leibrnui depuis la révolution; mais Viguier obtint de rester dans sa pieuse retraite ; ce qui ne l'cmpècliait pas d'entretenir des rapports iannédials avec les membiesde sa congrégalion, d'assisté'- à leurs assein- Jjlées, et de suivre constaniinent .'es usages et la discipline de sononlre. Il mourut à l'aris, le 7 février 18-21, dans les senliments de la piété la plus siiuère ; il était ùgc de 16 r.ns. Il a laissé: Eldmenls de lani/ue turque, CoilStanti'iople, deriiiipriiuerie du p.ilais de l'eiubassadeur de France, 1770, in-i" ; ouvrage dédié à Louis XVI ; De la disliiution primitive des psaumes, en moiiolofjucs et dialogues, ou Expusilion de ces divins cantiques, tels qu'ils étaient exécutés par les léciles dans le temple de Jérusalem ; nouvelle traduction, accompagnée de notes, Paris, veuve Nyoïi, 1808 et 1807, 2 vcl. in-1-2, réimpr. s -us ce titre: Exposition du sens primitif des psaumes ; seconde édition, revue, améliorée, et considérablement augmentée, Paris, 1818-1819, 2 vol. in-8° ; La véritable prophétie du vénérable nolzliauser,eU-., arec l'applicat ion, Piins,lSl6, in 12; Prophétie du pnpe Innocent IV, etc., avec l'explication, 1816, in-12; Le vrai sens du Psaume LAT//, Exsurgat Dcus, conservé totalement dans le texte latin de la Vulgate, traduit par Viguier, mais nullement conservé dans les nombreux passages où ce cantique, traduit de l'hébreu moderne par M. Genoude, n'est point d'accord avec la traduction précédente, Paris, Duinonviile, 1819, iii-8% d'une feuille. L'abbé Viguier a dnniié eu outre les éditions suivantes: Le sacrifice perpétuel de foi et d'amour au saint Sacrement de l'autel, par Simon Lourdcaux, dix-neuvième édition, Pari-s, 1820, in-12. L'éditeur y a fait jilus de six. mille corr^'Ctions et amélioratiois. Discours de M. BuUet sur la vérité de la religion chrétienne, Paris, 1817, in-12; Abrégé de la vie de saint Joseph deCnperti o, thaumaturge et prophète en 1003, corrigé par Clément XII J, traduction de M. Denys, revue par Viguier, Paris, .\drlen Lecléir, 1820, 1 vol. ia-12.

VILATE (Joachim), l'un des agents du comité de salut pu;ilic, né à Aliuu, département de la Creuse, en I7G8, prit les ordres, et eut d'abord une conduite irréj)rochab]e dans les places do professeur qu'il remplit à (inéret et à Limoges. Etant venu à Paris, jeu le et sans eX|iérience, il y lit de dangereuses connai.ssanccs, et se laissa eitrai ler par le torrent révolutionnaire. Sous le règne de la Terreur, il jjril le suruoiu de Sempronius Gracchns, et devint un des jurés du tribunal révolutionnaire. A la cliuio de Robespierre, son protecte.n-, il crut écliapper à sa juste fiunition en dévoilant (ilusieuis crimes projetés par le tyran. Arrêté avec Fou(iuier- TinvUle et autres scélérats, il fut coidomné à mort et C5.écuté le 7 mai 1793, à l'âge de 26 ans. 11 a laissé : (muscs secrètes de la révo-

l.'.Of.

luiion du 9 thermidor, 1793, in-S"; réimpr. dans la Collect. des Mém. rclat. à l'Hist. de ta liévol. ; Continuation des Causes srcrètes, 1 793; Mi/slères de la Mère de Dieu (C.th. Tlléos^ dévoilés, etc. On trouve dans ses écrits des détads curieux relativement aux événements et à l'époque qui en forment le sujet.

VILLALPANDE (Juan-Baptiste), jésuite de Cordoue, habile dans l'inJellijience de l'Ecriture sainte, mourut en lG08,àRorae, à Stj ans, après avoir composé avec le P. Jérôme Prado, jésuite (Voy. ce nom), uu Commentaire savant sur Ezéchiel, en 3 tomes in-tol., Rome, lo9(>. La description de la ville et du temple de Jérusalem est ce qu'il y a de plus estimé dans cet ouvrage. —11 ne faut pas le confondre avec Gaspard Villai.- PANDE, théologien de Ségovie, et docteur dans l'université d'Alcala, qui parut avec éclat au concile de 'i'reute, et opposa aux hérési. s de son siècle divers ouvrages de controverse.— Ni avec François ToRREBLANCà \iLLALPA\nE, auteur d'un livre rare et curieux, intitulé : Epitome dclictorum, seu libri IV de invocationc dwmonum occulta et aperta, Sévillo, 1018, in-fol. Cette édition orig.iiale est munie de quatre approbations, entre autres de celle de l'inquisition. Voy. Delbio.

VILLAF.PANDE (Jean de), chef d'une secïe d'illuminés, en Espagne, dans le xvi" siècle, était originaire de 1 ile de Ténériife. 11 vint s'établir en Andalons e. Né avec une tête ardente, il donna dans les erreurs les plus étranges en inaiièie de reLgion. La ' principale était « que l'oraison pouvait met- « tre les homnvs dans un état si parla- 1, « qu'ils n'avaient plus besoin de saeri-ments « ni de bonnes œuvres, <■! qu'ils i cuvaient « même se livrer aux plaisirs les plus inP- « mes sans pécher. » Il ne pensa plus qu'à propager sa doctrine, et il fut aidé en cela par une religieuse carmélite, nommée Catherine de Jésus. Il forma bientôt de nombreux adeptes, qui commencèrent à paraître dans le diocèse de Séville, et se répandireit dans plusieurs provinces de la péninsule. On ignore le sort de 'Villalpunde et de sa com[Higno; mais plusieurs de ses disciples furent poursuivis par l'inqnisit on : ceux qui se rétractèrent furent parionnés, les autres punis de mort à Cordoue.

VILLAR (Gabriel - NoEL -Luce), ancien évoque constitutionnel, ;nembre de Facadémie française, naquit à Toulouse le 13 déceuibre i7i8. 11 entra dans la co'igrégalion des Doctrinaires et tievint principal du collège d.' La Flèche, |)lace qu'il co. serva jusqu'à la révolution de 1789. L'abbé des Vauxponts ayant refusé le si.-ge épiscopal de la Mayenne, auquel les électeui's l'avaient appelé, ceux-ci ri'portôrent leur choix sur'ie P. Villar, qui fut sacré à Paris le 22 mai 1791. Nommé membre de la Conventioa, il vota pour la détention de Louis XVJ et son bannissement à la paix. Comme il ne voulut plus reprendre ses fonctioris ecclésiastiques après la Terreur, ses confrères le remplacé-

ML

rent par l'abbé Dorlodot, en 1799. Villar fut encore tueiiibre du Cori-'S lùôislatif qui suivit la Conve;ition, et lui iipjiolé, eu 1793, à faire partie tle la classe de l'iustilut qui deviut ensuite l'Académie lïanyaise. Lors de la création de l'université, il lut uouiuié inspecteur général dus études. Lorsque i'àc,'e raie itit aou activité, il obtint sa letiaite et euiploja ses loisirs à des travau.v liltéi aires. 11 était un des uieiubres les plus UiborieuK de la commission formée dans l'Académie française pour la lédaclion du nouveau Uiutionuaire. Villar ^)al■ait être toujours resté attaché aux croyances et aux pratiques religieuses : il ue disait pas la messe, mais il y assistait régulièrement et s'apiirocliait de la sainte table. Il succomba à u le attaiiue d'apoplexie le lundi iS août ISâtt, et lut remplacé par Feletz à l'Académie française. On a de lui des Lettres pastorales, des Rapports à Ja Convention, et plusieurs JSotices dans les Mémoires de l'Institut. U s'ctait aussi occupé de poésie, comme li; témoigne une ode sur le Despotisme oriental, qui fut couronnée par l'académie des Jeux Floraux, et des fragments d'une traduction en veis de l'Iliade, lus (lar lui dans les séances académiques. Villar était un homme de savoir et d'un caractère bienveillant ; mais, eu général, ses productioas no s'élèvent guère audessus de la méditicrité.

VlLLARKi' (l''oui.Quiis de), grand maître de l'ordre de iSaint-Jean de Jéru:^aletu, l'an 1308, entrepiit d'exécuter le dessein que Guillaume <ie 'V'illaiet, son frère et sou prédécesseur, avait formé de s'eiiqiarer i.je l'rle de Rhodes. A l'aide d'uue croisade qu'il obtint de Clément \ , il en vint à bout, l'an lolO, chassa les Sarrasins, et se rendit encore maître de jiiusieurs iles de l'Ai-chipel. Le couvent de l'ordre fut transféré à lUiodes, et les hospitaliers furent depuis ajipelés Rhodiens ou chevaliers de ÎUiodes. Les 1 urcs ayant assiégé celle île en 1313, le grand maître les obligL'a de se retirer. Malgré lus services qu'il avait rendus à l'oid. e, il fut accusé de négliger les iniérèis publics j.'our ne songer qu'a.;x siens propres. Les chevaliers, indignés de son despotisme et de sou luxe, l'obligèrent de se démeltre, l'an 1319, entre les mains du pape, pour éviter la honte d'une déposilion. U se retira aupiès de sa sœur, dame de Teiran, en Languedoc, où il mourul en 13:ii).

VILLAKS (l'abbé ue Montfaucon de), naquit en 1633, d'une famille noble du Languedoc, et était parent du célènre bénédictin de Moitfaucun. 11 embrassa l'étal ecclésiastique, vint à Paris, et se Ot connaître par SQS È^utretiens du conUe de Gabalis, sur les sciences, 1670, 2 vol. in-12. L'auteur y dévoile trop agréablement les mystères de la cabale des frères de la Uose-Croix. Voy. Fluo et Maier (Uichelj. Cet ouvrage lui lit interdire la chaire. Il tut tué d'un coup de pistolet, à l'âge d'environ 40 ans, vers la liu de l'auuée 1(373, par un de ses parents, sur le shemin de Paris à Lyon. Ou a encore de lui un Traité de la délicatesse, in-12, eu fa-

veur des Entretiens d'Ariste et d'Eugène du P. Bonheurs, contre Barbier d'Aucour, qui avait fait une critique de cet ouvrage, el un roman en 3 vol. ili-J2, sous le tilie d'ylmour sans faiblesse, qui n'est pas grand'chose. Il publia en outre des Re flexions sur la vie de la Trappe; une Lctln; contre M. Arnauld, et Criîi(jue sur les Pensées de Pascal.

yiLLAKS (PiEKRE de), évèque de Mirepok eu 1300, puis archevêque Ue Vienne on 1370, issu d'une maison originaire de Lyon qui a donné cinq prélats à cette métiopole, naquit eu 1317, et fut d'al)ord attaché au cardinal de Tournon qui lui confia plusieurs missions importautes. L'assemblée d. s Etats de Ulois do 1377 ayant décidé qu'elle enverrait un député de chaque ordre vers le roi de iNavarru, depuis Henri IV, pour l'exhorter à se faire catholique, Piorre de Villars fut nomme uéjiuié pour le clergé. On sait que celte mission n'eut aucun résultat, et que la guc.re civile reprit après une liève Ue courte durée. L'archuvèque de Vienne se démit de son archevêché, l'iiii 1588, en faveur de son neviu, nommé aussi Pierre de Vniars, et mourut le 4 noveinure lo9i, dans le couvent de JVlontcalier en Piémont, laissant trois ouviages ascétiques, en lalin : le piemier sur les qualités de l'homme, le second sur les Fins de l'homme; el le troisième, De inslitutioneparochorum. — Son neveu Pierre de Villaus, né le 3 mars 1543, mourut dans la retraitu à Saint-Genis, près de Lyon, le 12 juillet 1013, après s'être démis de son siège, eu 1399, eu laveur de Jérôme de V illars, son frère. On a de lui deux vol. in-folio, imprimés à Lyon, renfermant divers traités eu latiu sur la direction, la résidence et les devoirs du médecin envei s les malades, sur la londation des chapelles, sur la célébration du mariage, sur les jurements, les blasphèmes, eic— ualthasar de Villars, irèie de Pierre et de Jérôme, fut premier président uu parlement de Dombes, deux fois prévôt ues marchands de L)-ûu, et mourut le 12 avril 1029. il avait publié un Abréyé très-utile contenant la doctrine chrétienne et caliioliqae de l'institution, realité, iranssubstaïUiation, mandacation, sacrifice et préparation du très-saint et très-auguste sacre:nc,it de l'autel, 1394. — Un troisième Pierre de Villaus, succéda à son cousin Jérôme sur le siège de Vienne, eu 1620, et mourut en 1003, le plus ancien diis evéaues de France. Le siège fut occupé a[ires lui" par son neveu Henri Ue Villaks, qui mourut en 1093, âgé de 72 uns. Dup as cent dix-sept an.s, le siège archiépiscopal de Menue était occupé par un meiubre de la même famille. Henri parvint à extirper par la persuasion quelques restes de l'hérésie des Albigeois dans certains canluus du Dauphiné, et contribua à fonder plusieurs établissements de retraite pour l'iudigeuce. Le vainqueur de Deriaiu était Sun neveu.

VlLLEDiEU (J.-G.) curé dans le diocèse de Mende, est mort dans le mois de janvier 1824, laissant un volume de Sermons sw les fins dernières, Avignon, 1816, in-12. {Voy.

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