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était si fraîche et si oien conservée qu'on eût (lit que le saint ne venait que d'expirer. On la garde avec beaucoup de respect dans la cathédrale de Prague, oli un voyageur, qui observe bien, l'a vue encore, en 1769, trèsentière, mais commençant à prendre quelque apparence d'altération et de moisissure. Ce saint avait été honoré comme martyr en Bohême, depuis sa mort ; mais, pour rendre son culte plus authentique et plus universel, l'empereur Charles VI sollicita sa canonisation, et l'obtint du pape Benoit XIII, l'an 1729. On a institué une Confrérie sous son nom, pour demander le bon usage de la langue On le regarde comme le patron de la réputation et de l'honneur, et on réclame son intercession contre les calomniateurs et les détracteurs. Les protestants mêmes ont rendu hommage à ses vertus. « Saint .lean Népomucène « (écrivait en 1687 Martin Borecq) était con- « fesseiir de la reine Jeaiuie. L'autorité de « Wenceslas, ni les menaces, ni la prison, ne « purent l'engager à révéler le secret de la « confession. » Sa Vie a été écrite en latin par le I*. Balbin, jésuite, et publiée avec des remar(pies [lar le P. Papebrocli; le P. de Mai ne, jésuite , l'a [lubliée en français. Le P. Wielens, le P. Le Chapelain, ont écrit aussi l'histoire do ce saint. En 1784, le P. Nicolas Herman a donné un abrégé ou sommaire de ces divers écrits, en allemand, Luxembourg, 178'i-. in-1-2. Nous finirons cet article par une réilexion dont les bons esprits sentiront la justesse. « Une chose inli- « niment remarquable, et qu'on peut être « porté à regarder comme surnaturelle etmi- « raculeuse, est le secret de la confession, « conlié tous les jours à des milliers de prô- « 1res, souvent, hélas! peu dignes de leur « étal, et capalilos de toute autre prévarica- « tion, et toujours si fidèlement gardé. A « peine toute l'histoire ecclésiastitjue fourci nit-ello (juehiue exemple d'inlidélité en ce « genre. Si, en laisant cette oliservation, on « réllécliilun momentsur l'inconsistance lui- « maine, sur la curiosité des uns et la lo- « quacilé des autres, sur la nature et l'impor- « lanco des matières dont les ministres de ce « sacrement sont déiiositaires, et dont la ré- « vélalion produirait souvent d'étonnants ef- « fels; sur les moyens ([ue les intérêts divers, « que la cu[)idilé, la jalousie et d'autres pas- « sions, ne manquent pas d'essayer pour at- « teindre leur but, etc.; on ne doutera pas « que Dieu ne veille à la conservation de son « ouvrage. »
NÉPOTIEN, prêtre italien, ami de saint Jérôme, fut élevé par son oncle Héliodore, évoque d'Altino, qui lui conféra les ordres sacrés. Sauit Jérôme lui a écrit une lettre sur les devoirs des clercs, que Népotien pratiquait avec un zèle et une exactitude surprenante. Il mourut vers la lin du iv' siècle. Son saint et savant ami lui consacra un Eloge, que nous avons, sous le titre A' Epilapbium Nepotiani ; il se trouve parmi les Epitres du saint docteur, et c'est un de ses plus beaux écrits. Les louanges du défunt sont entremêlées de pensées grandes et fortes, qui, dans un sujet
somore et douloureux, font une mpression toute particulière. C'est là qu'on trouve le mot si admiré de Perse : Fugit fiora : hoc quod loquor, indeest, exprimé d'une manière à la vérité moins laconique, mais plus touchante et pleine d'images: Iloe ipsum quod dico, quod scribo, quod emcndo, de mea vita tollitur. Quot puncta notatu', tôt mcorum damna sunt tcmporum. Scribimus atque rescribiinus, transeunt maria epistolœ, et scindente sulcum carina, per fluctus singulos œtatis nostra momenla minuuntur .
NEPVEU (François), né à Saint-Malo en 16.39 , embrassa l'institut des jésuites en 165'i-. 11 professa les humanités et la rhétorique durant six ans, et la |)hilosophic l'espace de huit. Il était à la tête du collège de Bennes, lorsqu'il mourut en 1708. Tous les ouvrages du P. Nepveu ont la piété et la morale pour objet ; tels sont : De la connaissance et de l'amour de Noire-Seigneur Je'sus^ Christ, Nantes, 1681, in-12, réimprimé plusieurs fois; Jl/e'ï/»orfe d'oraison, in-12, Paris, 1691 et 1698. Le P. Segneri a traduit cet ouvrage en italien. Exercices intérieurs pour honorer les mystères de Notre-Seigncur Jc'sus- Cluist, Paris, 1691, in-12; Retraite selon Tespr'et et la méthode de saint Ignace, Paris, 1087, in-12, et encore en 1710, ouvrage qui a été traduit eu latin, et imprimé à Ingolsladt, en 1707, in-8" ; La manière de se préparer à la mort, Paris, 1693, in-12; en italien, Venise, 1713, in 12; Pensées et réflexions chrétiennes pour tous les jours de Vannée, Paris, 1699, i vol. in-12, ouvrage qui a été traduit en latin, Munich, 1709, k tom. in-12; et en italien, Venise, 1715, aussi 4- tom. in-12; L'Esprit du christianisme, ou la conformité du chrétien avec Jésus Christ, Paris, 1700, in-12. Tous ces ouvrages sont bien écrits en français; l'auteur a su joindre les agréments du langage à l'onction de la morale chrétienne. La liste des autres ouvrages de ce jésuite se trouve dans le Dictionnaire de Moréri, édition de 1759.
NÉKI (saint Philippe de), fondateur de la congrégation des prêtres de l'Oratoire en Italie, naquit à Florence, en 1515, d'une famille noble. Elevé dans la piété et dans les lettres, il se distingua par sa science et sa vertu. A l'Age de 19 ans, il alla à Rome, où il orna son esprit, servit les malades, et donna des exemples de mortilicatiou et d'humilité. Philippe, élevé au sacerdoce à l'Age de 38 ans, fonda, en 1550, une célèbre confr('rie dans l'église de Saint-Sauveur-del-Campo, pour le soulagement des pauvres étrangers, des pèlerins, des convalescents qui n'avaient poiut lie retraite. Cette conhérie fut comme le berceau de la congrégation de l'Oratoire. Le saint instituteur ayant gagné à Dieu Salviati, frère du cardinal du même nom, Tarugio, depuis cardinal, le célèbre Baronius et plusieurs autres excellents sujets, ils commencèrent à former un corps en 1564. Les exercices spirituels avaient été transférés, en 1558, de Saint-Jérôme de la Charité, que Philippe ne ciuitta qu'en 1574, pour aller demeurer à Saint-Jean des Florentins. Le pap©