‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 290 sur 341 · YOU · texte numérisé non relu

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que. Il mourut dans cette ville en 1805, âgé de 71 ans.

YON (saint), en latin Jonius ou Monius, fut un des plus célèbres disciples de saint Denjs, apôtre de la France ; mais ses actes sont peu connus. On sait seulement qu'il menait une vie extrêmement austère , et qu'il ^agna une niullilude do personnes à la foi. Il fut drcapité le 5 aoiit 290 sur une montagne près de Châtres, aujourd'hui Arpajon, et ses reliques ont été depuis honorées à Châtres et à Corbeil. C'est du nom de ce saint n)artyr que les frères des écoles chrétiennes ont pris le nom de Frères. de Saint-Yon, parce ([ue c'était k Snint-Yon, près de Rouen, que La Salle avait établi le noviciat et le chef-lieu de sa congrégation. On peut consulter sur la vie de saint Yon, Tiilemont, Adrien de Valois, etc.

YORK (Henri- Renoît- Marie- Clément , cardinal duc d"), né à Rome le 26 mars 1725 de Jacques Stuai t , connu sous le nom de Jacques III, et plus encore sous celui de Prétendant, était le dernier rejeton de l'illustre et infort\inée famille des Stuart, retirée à Rome, oli le pape avait généreusement pourvu à ses besoins. Après la bataille de Culloden perdue le 27 avril 17i6 par son frère aîné, qui s'était porté en Ecosse pour recouvrer le patrimoine de ses ancêtres, et qui ne parvint qu'avec peine à s'embarquer pour la France, il résokU, persuadé plus que jamais de l'instabilité des choses humaines, d'exécuter le projet qu'il avait conçu depuis longtemps d'embrasser l'état ecclésiastique. Après qu'il en eut obtenu la permission du roi son père, Benoît XIV lui donna la tonsure cléricale et le créa cardinal en 1747. Il lui confia ensuite les ordres minenrs et sacrés, le fit archiprêtre de la basiliijue de Saint-Pierre, et préfet de la fabrinue de cette église. Clément XIII, après la mort de Benoît XIV, le sacra évêque de Corinthe, et lui donna peu après l'évèché de Frascati, où, quoique ses charges lui donnassent le droit de résider à Rome, il passait la plus grande partie de l'année visitant souvent les par'oisses de son dioi'èse, maintenant la discipline parmi son clergé, instruisant son troupeau, portant des secours et des consolations aux malades, soulageant les pauvres, pacifiant les différends et remplissant avec l'exactitu le la plus exemplaire tous les devoirs que lui imposait sou titre d'archevêque. En 1763 , il convoqua un synode dont les actes sont imprimés sous ce titre : Consti^ tutiones synodales ecclesiœ Tusculanœ, etc., Rome, 1764, un gros vol. in-4", où sont traitées avec clarté et méthode toutes les matières qui furent l'objet du synode, savoir : la foi, la discipline et l'administration des sacrements. On y a joint un second volume intitulé : Appendix ad Tusculanam synoduin a cehitudine regia eminentissima IJenrici , Tiisculani episcopi, etc., 176'i', gros in-i°, renfermant des lettres pastorales du cardinal, des rè;^lements de discipline, des instructions de piélé, des constitutions et des brefs deditférenls papes. Le cardinal d'Vorl^,

possédait, outre les revenus de ses dignités dans l'Etat romain, les riches abbayes d'Anchin et de Saint-Amand, que le roi de France, qui avait voulu contribuer à la dotation d'un prélat aussi illustre , lui avait conférées , la première en 1751, la seconde en 1755, et une pension considérable de la cour d'Espajine, que la révolution lui enleva ; U'^anmoins il vendit tous ses bijoux de famille pour venir au secours du pape Pie VI, imjiosé par l'armée française h des contributions énormes.. La guerre l'obligea de se retirer à Venise» dans rinver de 1798. et il y ai riva dénué dotout. Le roi d'Anglet rre, informé de sa po^ sition, lui fit offrir avec toute la délicatesse' possible, par son ministre à Venise, une pension de qu.itre mille livres sterling, qu'il conserva jusqu'à sa mort. En 1801 , il retourna à Rome, et mourut à Frasciti le 13 juillet 1807, exirômement regretté des habitants; il se trouvait alors doyen du sacré collège, vice-chancilier de l'Eglise romaine-, et était devenu évêque d'Ostie et de Velletri. Son corps fut transporté à Rome et déposé avec beaucoup de pompe dans le caveau où reposaient les restes de Jacques Ht son père. Le prince régent lui fit élever ua monument en 1816.

YOUNG (Edouard) , poète anglais, -naquit en 1681, à Upham, dans le comté d.e Hampt, où son père était recteur. Après avoir étudié en droit, science pour laquelle il avait t[èH'eu de goût, il se tourna du côté de la théologie et de la morale, et réussit beaucoup mieux. Il prit les ordres, fut nommé chapelain du roi, et ensuite curé de Wellwyn, dans le Herfordshire. Sa vie fut fort occupée et assez triste. Il se maria en 1731 avec la fille du comte de Lichtfield , veuve du colonel Lée. Elle avait deux enfants qui moururent, ainsi que leur mère, vers 1741. Un fils unique consola Young de ces pertes ; mais il ne le retira pas de cette profonde tristesse que lui avait causée la mort de sa fille aînée au moment (|u"elle allait se marier. Ce sont les accès de cette tristesse qui nous ont valu son beau poéine (les Nuits, traduit en français avee tant de force et d'élégance par Le Tourneur, Paris, 1769 et 1788, 2 vol. in-8" et in-12, et dont on a quelques imitations ea beaux vers français par Colardeau. Cet ouvrage est le plus original de ceux qui sont sortis de sa plume. On ne saurait trop admirer le sombre, le terril)le d'une partie de ses tableaux, la hardiesse de son pinceau, la marche rapide de ses idées, et surtout la lorce irrésistible de raison avec laquelle il établit la grande et consolante vérité de l'immortalité de l'âme, et tire du fond des tombeaux cette lumière pure et vive, qui rend à l'homme consterné l'espérance et la vie. Vainement l'abbé Romi et M. Clément ont exercé une froide critique sur cet ouvrage justement admiré. Il faut convenir cependant que le faux bel esprit, le gigantesque, 1< trivial, gâtent quelquefois les beautés que ce génie sublime a ré.naudues dans ses Nuits. Oi\ a mis à la tèle de la tra-

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duction lie Le Tourneur un Avis portant a quTouug jiousso trop loin les conséquen- « CCS de riunuorlalité de Tàme ; et que quand « l'àioe sc'i'ail mortelle, il y auiait encore « des devoirs ii remplir. » Mais le donneur à'avis se trompe très-fort. Le dogme de l'immortalité tient intimement à celui do l'existence de Di.u, c'est-à-dire du grafid législateur, sans lequel il n'y a ni loi, ni devoir. On a de lui daulres productions poétiques : trois drames, Busiris, la Vengeance, et les Frères (Démétrins et Pers(?e), un traité sur Vàcompofitinn originale, des piésies morales, etc., Dabi il, l/fli, dont Le Tourneur nous a donné é^'ah-ment la traduction (Paris, 1770, 2 v(.|. n)-8' et in-12), sous le titre d'Œuvres diverses du docteur i'oung,

Îui font la suite de ses Nuits; des Satires, ont Beitin a donné une traduction libre, Paris, 1787, 2 vol. in-12. L'auteur des Nuits mourut en 17l>j, au mois d";ivril, dans sa maison presbylérale de Welhvyn, avec la réputation d'un honnnedegiwie, mais dénué de cette fermeté de principes qui fait l'-s âraos fortes et conséquentes. Pans ses Poèmes funèbres, il no paraît occupé que de l'éternité ; dans sa vie, on voit u;i homme qui llatte continuellement les grands par les élOj^es les moins mesurés. Ses haines, comme ses préiHIections, étaient sans motif fixe et sans consistance. On sait avec quelle hlcJjeté il encensa Voltaire ; et c'est le même homme qu'il légala un jour de l'épii^ranmie la [)lus san^danie. Fàrlîé de leniemire rabaisstn- la talent de Milton, et j)laisanter sur le diable, la mort et le péelté, mis en action dans le Paradis perdu, Youn,;; lui adressa sur-lechamp deux vers anj^lais dont le sens est : Tu es si spirituel, si maigre et si laid, qu'on trouve réunis en toi le diable, la mort, et le péché. Voltaire, déconcerté de cette vigoureuse a[>ostro[ihe, n'eut pas la force de balbutier un mut de réiilique.

Y VAN (.Vntoine), naquit à Rians, petite ville de Provence, le 10 novembre 157(5, d'une famille très-obscure. Après avoir fait ses études avec beaucoup de peine, à cause de sa pauvreté, il entia dans la congrégation de de l'Oratoire, et alla demeurer à Âix. C'est là qu'il connut Marii'-Mail-lciiie ûc la Trinité. Il fonda avec elle, en 10 H, l'ordre des religieuses de Notre-Dainede la .vliséricorde, dont il fut le jiremier directeur et le premier coid'esseui'. (^i.'t honuneaposloli que joignit aux ti'avaux (i'iui ministre do rEvangiie les a Listérii es d'un anachorète. Il contribua beaucoup à li réformalion d'S mœurs par ses sermons, et surtout par ses exemples. Sa modestie était telle, qu'il ne voulut jamais acccjiter a\u'un bénéiiie. Ce saint homme nmurut à l*aris le 8 octobie 1633. On a de lui: des Lettres; un livre de piét '■ intitulé : Conduite à In perfection chrétienne ; quelques auîr.'S ouvrages qui donn^ml une faible idée de ses talents littéraires. Gilles tiondon a donn ^ sa

fi*. Paris, lt)ti2, h\-k° : Le P. Léon, carme, en a puijlié une autre, IGo't. Il en a paru une

plus nouvelle et mieux écrite par l'abbé

de Moules, Paris, 1787, in-12.

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YVES-Hélori ou YVON (saint), ho, né à Kermartin, à un quart de lieue de Tréguier, en 1233, d'une famille noble, étudia à Paris en philosO[)hie, en théologie et en droit canon, et alla ensuite faire ses étuiles de droit civil à Orléans. De retour on Bretagne, il se rendit à Rennes pour îe m: ttre sous la discij)line d'un pieux et savant religieux, et devint, peu de tenqis apj'ès, oîllcial du diocèse de cet e ville. 11 exerça cet emploi avec tant do sagesse et de désinléi-esseinent que l'évôqui». de Tréguier le rappela, le fit son olTiLnal, et le chargea de la cure de Tredrez, puis dô celle de Loiifliinec. Saint Yves s'y montra un pasteur zélé et un bienfaiteur libéral. Il termina sa sainte carrière eu 1303, à 50 ans, et fut canonisé par Clément VI, en 13i7. Les avocats, les procureurs et autres gens de loi ont pris saint Y. es pour patron. « Mais, dit un « h storien, la manière de penser de ce saint « était bien ditférente de celle de nos juris- « consultes modernes. Son but était d'éciair- « cir les cause> obscures, de faire triompher « la raison et l'équité ; les moyens en élaifuit « simples et assortis à l'esprit des temps. « Tout cela est tellemeni changé en sens « contraire, que, -lès le w siècle, l'iliusire « Ma.hias Coivin fat obligé de chasser tous « les avocats de la Hongrie, pciur y conser- « ver les notions et les droits de la justice.»

YVES DE PiRis, né dans celte ville , y exerça d'abord les fonctions d'avocat. Détpomjié des vains plaisirs du s èile, il se fit capucin, et se consacra à la conversion deS pécheurs et des hérétiques. Après avoir rempli pendant soixante ans ciHte noble et pénible carrière, il mourut en 1678, à 83 ans. Le P.Yves avait plus de zèle que de lumières. On a de lui j lusieurs ouvrages de piété, dont le style est guindé, et quelques autres protiuctionsqui iirent du bruit d ms le temps. Heureux succès de la piété, et triomphe de là vie religieuse. Cet ouvrage dans lequel l'auteur élève le clergé régulier sur les débris du séculier, fut censuré. On lui attribue : Astrologiœ nova Mcthodas , sous le nom iVAUœus, arabe chrétien, Rennes, 1654, in-fol- ; Fatum univcrsi, sous le môme nod et la même date ; enlin une Dissertation sur le livre du Destin, 1633, in-fol. Tous ces écrits sont pleins d'idées bizarres et quelquefois extravagantes.

YVES DE Chartres (saint). Voy. tvES.

YVON (l'abbé N.), docteur de Smtonne, né au conunencement du \\m' siècle, travailla k VFncyclopcdie, et fut soupçonné d'avoir eu part aux thèses de l'abbé deBrienne et de l'abbé de Prades. Le biuit que fit cette dernière l'engagea à faire un voyage en Hollande. Il ne revint à Paris qu'en i'ainiée 1762, et il lixa son séjour aux Eudistes. 11 parut avoir abjuré ses erreurs. Il écrivit quelques ouvrages en faveur de la religio i, qui lui valurent une pension do \\. de Beaumont, archevêque de l'aiis. Elle lui fut ensuite supprimée, parce qu'on Irouva (pi'il ménageait enco.e les philosophes; mais l'évêque de Coutance, qui le connaissait et le savait dans le besoin, l'ai>pola dans son diocèse et lui

donna un canonicnt dans sa cathédrale. Il mourut vers 178i. On a de lui : les artirles Dieu, Aiie et Athée, qu'il a fournis à VEnci/clopédie, et qui excitèrent contre lui les murmures des théologiens. « Pour peu qu'on « lise ces articles avec réflexion, dit l'abbé « Sabatier, il est évident qu'ils tendent à fat( voriser le matérialisme et qu'ils combat- « tenl l'existence de Dieu. L'auteur, par une « ruse assez commune aux philosophes, s'est « nlu à rassendjler les objections les plus « fortes, et à accumuler une infinilé de so- « fihisnies co'Ure l'immortalité de l'dme et en « faveur de l'aihéismo. Il les expose avec « une complaisance marquée ; et après les u avoir pi ésentés sous un jour aussi faux « que séduisant, il se contonte de les con-^ « damnei' froidement ôt en très-peu de mots.»

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