‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 291 sur 341 · ZAB · texte numérisé non relu

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La liberté de conscience resserrée dans ses bornes légitimes, 175i-, in-8° ; Quinze lettres à J.-J. Rousseau, pour servir de réponse à sa lettre contre le mandement de rarchevéque de Paris, Amsterdam, 1760, in-8° : ce volume, le seul paru, n'en contient que deux ; Accord de la philosophie avec la religion, 1766, in-12; 1782, in-8°, et 1785. 2 vol'. in-8\ Ces ouvra^ ges sont extrêmement faibles et peu propres à diminuer le nombre des inciédules. On voit (jne l'auteur vent ménager les philosophes qu'il redoute. En plusieurs endroits il vante leurs lumières, leuis connaissances physiques et morales, leurs talents, leurs découvertes, et lorsqu'il les réfute, c'est tou-* jours avec une nonchalance qui dépite et indigne les lecteurs les moins zélés pour la cause dont il a entrepris la défense.

ZABARELLA (François de), ou Zabarel- I.IS, plus connu sous le nom de cardinal de Florence, étudia à I5olo.;ne le droit canonique, qu'il professa à Padoue, sa patrie. Cette ville, assiégée par les Vénitiens en 1406, députa Zabarella au roi do France , pour lui demander du secours ; mais il ne put en obtenir. De Padoue il passa à Florence. Jean XXil l'appela à sa cour, lui donna rarchevéché de Florence, l'honora de la pourpre, et l'envoya eu 14.1.3 vers l'empereur Sigismond , qui demandait la c invocation d'uii concile. On convint qu'il se tiendrait à Constance. Le cardinal de Florence signala son zèle et ses lumières dans cette assemblée, et mourut dans le cours du concile en 1417, k 78 am», un mois et demi avant l'élection de Martin V. L'empereur et tout le concile assistèrent à ses funérailles , et le Pogge prononça son oraison funèbre. On a de Z ibarella : des Commentaires sur les Dé^ crétales et sur les Clémentines, en lat., 6 vol. hi-f"; des Conseils en un vol.; des Harangitvs et des Lettres en un vol. iu-fol.; un tiaité De horis canonicis ; De Fclicitale libri III; Yariœ lerjuvi repctitiones ; Opuscnla de artibus iiberalibits ; De natura rerum divcrsariim; Commentarii in naturalcm et moralcm philosophiam; Historiœ sui tcmporis; Acta in conduis Pisano et Constanticnsi ; des notfs sur l'ancien et le nouveau Testament ; un Traité du schisme, BAle, 1503, in-fol. Les proteslants ont souvent fait imprimer ce Traité du .schisme, parce que Zabarella y parle avec beaucoup de liberté des papes et de la cour de Kome; et c'est aussi pour cette raison que ce livre a été mis à Vindex. Il attribvîo tous les maux de l'Eglise de son temps à la cessation des conciles, et ce dernier df-sordre aux papes ; deux assertions qu'il n'est point aisé de bien prouver. — Son neveu Barthélémy Zabarella, professa le droit canon à Padoue, fut ensu.it'e archevêque de Florence sous le pape Eugène IV. Il mourut h Sutri, le 12 août 1445, à 46 ans, avec une grande réputation de savoir et de piété. Il nous reste de ce savant prélat un traité intitulé :

Vf.jitr^patroâàfus, et tni assez grand nombre de discours et de dissertations. On peut voir Panziroli, De claris legum interpretibus, et VHistnria gymnasii Patavini, de Papadopoli.

ZABABÈLLA (Paul), célèbre prédicateur italien, désigné quelquefois sous le nom de Paul Bon, mourut le 25 juillet 1525. 11 avait les titres d'archevêque de Parium, de vicaire do l'évoque de Padoue, et de vice-chancelier de la faculté d'éloquence de cette ville. Il fut aussi visiteur général, pour l'Italie, de l'ordre des ermites augustins , dans lequel il avait lait profession de bonne heure. On a de lui : divers Discoiirs ; deux volumes de de Sermons italiens ; un traité De naturte inirabilibus ; une Fnarratio septem psahnorum pœnitcntialium ; enfin un livre intitulé : De rcformatione Ecclesiœ ad Clemcntem VIII , dans lequel il conseille au souverain ptmtife d'établir une réforme sévère dans la discipline ecclésiastique.

ZABARELLA (Jacques), de la nièrae famille que le précédent, vit lejour h Padoue en 15.33, y enseigna la philosophie d'Arislote, et y mourut en 1589, k 56 ans. On a de lui des Commentaires sur Arislole, qu'on range dans l'indre suivant : Loqica, 1597, in-fol ; de Anima, iCM, in-fol. ; Physica, 1601, in-fol.; De rébus naturalibus, 1394, in-4°. Zabarella soutient dans ces Commentaires, mais plus particulièrement dans un petit traité De inventione œtcrni motoris, qui fait partie de ses OEuvres, Francfort, 1618, in-4°, que, par lesprincipesd'Aristote, on ne itcut pasdonner de preuves de l'immortalité de l'âme Voy. PoMPONACE et Obeoius. Son esprit était capable de débrouiller les plus grandes difTicultés, et de comprendre les questions les plus obscures; mais il donnait souvent dans le faux, et on ne peut excuser sa passion pour l'astrologie, et sa manie de tirer les horoscopes.

ZABATHAI SCEVI ou SABATAi-SEVl, né à Smyrne en 1625 du courtier juif de la fatitorerie anglaise, forma le dessein de se faire passer pour le Messie. Il alla d'abord à Coiistantinople, d'oi^ il fut chassé par les rabbins ; de là il se rendit h Jérusalem, où il reçut un

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accueil tout contraire. Il se fit des partisans, qui l'envoyèrent dans divers pays pour recueillir les aumônes de leurs frères. En passant par Gaza , il trouva un Juif nommé Nathan, homme de quelque considération , qui en imposa au peuple, et fit reconnaître Zabathai vrai Messie et roi des Hébreux. On prétend qu'il fit alors dresser deux trônes, un pour lui et l'autre pour son épouse favorite ; qu'il prit le nom de roi des rois, et qu'il promit aux Juifs la conquête de l'empire ottoman. Le grand visii- Achmet-Cuprog!i, craignant que cette folie n'eût des suites, le fit arrêter en 1666 et mettre en prison aux Dardanelles. Le grand -seigneur voulut le voir . et après l'avoir interrogé, il lui dit « qu'il allait le faire attacher tout nu à un « poteau pour servir de but k ses plus ha- « biles archers ; et que si Fon corps était « impénétrable ii leurs tlèches, il reconnaî- 1 trait sa qualité de Messie et embrasserait « le judaïsme. >> Zabalhai, n'osant s'exposer à une pareille épreuve , avoua son imposture, et se fit mahométan. Son changement de religion lui procura des honneurs et une pension ; mais le sultan ayant appris qu'il ne laissait pas de faire, quoique musulman, des fêtes avec les Juifs , le fit conduire au château de Dulcigno, sur les côtes d'Albanie. C'est dans cette prison qu'il mourut en 1676, cl 51 ans. L'auteur du fameux Dictionnaire philosophique dit que Zabathai est le dernier faux Messie qui ait paru. 11 aurait dû dire que c'est le dernier qui ait fait un certain bruit ; car on vit un aulre imposteur de ce genre dans le xvn' siècle, et on en a vu même dans le xviii'. Cette longue chaîne d'illusions montre l'évidence des prophéties touchant un Messie attendu par les Juifs, en même temps qu'elle (irouve qu'il est bien réellement venu. On peut consulter sur ce sujet l'ouvrage de l'nbbé Rossi, écrit en italien : De t'attente vaine des Juifs concernant la venue du Messie, Parme, 1774.. {Voy. An-

DRÉI, BaRCOCHEBAS.)

ZABUL0N,-6' fils de Jacob et de Lia, naquit dans la Mésopotamie vers l'an 1748 avant Jésus-Christ. Jacob donnant, au lit de la mort, sa dernière bénédiction h ses enfants , dit à Zabulon qa'il habiterait sur le bord de la mer et dans le port des vaisseaux, et qu'il s'étendrait jusqu'à Sidon. La tribu de Zabulon eut en effet son partage dans le pays qui s'étend depuis la mer deGalilée à l'orient, jusqu'à la mer Méditerranée à l'occident.

ZACAGNI (Laurent-Alexandre), critique et littérateur italien, mort à Rome le 17 janvier 1712, âgé de 55 ans, eut un goût décidé pour l'étude ecclésiastique. 11 entra de bonne heure dans les ordres, qui, en le débarrassant des soins du siècle, lui laissaient plus de loisir pour vaquer à l'étude. Il regarda les langues comme un moyen pour réussir, les apprit, et ayant fait connaître son érudition par ([uelques ouvrages, il fut placé on qualité de garde dans la bibliothèque vaticane. Cet emploi, le mit à portée de déterrer plusii'urs monuments ecclésiastiques, dont il publia le recueil sous ce tilie : Vollecta-

nea monumentorum veteruan Ecclesiœ grœcœ et latinœ, quœ hactemis in bihliotheca Vaticana delituerunt, Laurent ius-Alex. Zacagnius Vat. bihl. Prœfectus e scriptis cudicibus nunc primum edidit, grœca latina fecit, notis illustravil, 1 vol. \n-k% Home, 1698. On a encore de Zacagni : Dissertatio de summo apostoiicœ sedis imperio in urbem comitatutnque Comachi , cum appendice auctorum vcterum hactenus majori ex parte ineditorum ad prœcedentem dissertationem pertinentium, Rome, 1709, in-4°, où il se propose de prouver que la ville de Comacchio appartenait au saint-siége avant le règne de Charlemagne.

ZACCARIA (François-Antoine), savant jésuite du siècle dernier, naquit à Venise le 27 mars 1714 , et entra jeune dans la compagnie de Jésus, que ses talents honorèrent. Il habita successivement Modène , Pisloie et Turin. Dans la première de ces villes, il fut jugé digne de succéder au célèbre Muratori , en qualité de bibliothécaire du duc. Lorsque 1 institut qu'il avait embrassé fut attaqué, il composa divers écrits où il en prenait la défense. Après sa suppression, il continua ses doctes occupations sous l'habit d'ecclésiastique séculier. Pie VI, qui connaissait son mérite, l'appela à Rome, et le nomma professeur au collège de la Sapience. Ses ouvrages sont extrêmement nombreux. La liste suivante, qui n'en contient qu'une partie, donnera une idée de la nature de ses travaux. On a de lui : la Suite des évéques de Crémone, 1749 ; une édition des OEuvres du P. Tamburini, 1755, 3 vol. in-fol., avec des notes et une réfutation de Concina et de Dinelli ; un projet d'édition des Œuvres de saint Isidore de Séville, en 5 vol. in-fol.; une Apologie de la théologie de Busembaum. Du moins on l'attribue au P. Zaccaria, et l'édition qu'il donna bientôt après de cette théologie, fortifie cette opinion. L'Apologie fut condamnée au feu par arrêt du parlement de Paris, du 10 mars 1758; une édition de la Théologie du P. Busembaum, 1760. On sait que dans cette théologie il se trouve beaucoup de choses répréhensibles ; il est à souhaiter que le P. Zaccaria les ait fait disparaître. Voy. Busembaum. Anti-Febronius, en italien, 1768, 2 vol. in-4°, contre le livre de Hontheim. Anti- Febronius vindicatus , seu de suprema poteslate romani pontificis adversus Febronium, ejusque vindicem Theodorutn a Palude, Césène, 1771, 4 vol. in 8°; et Francfort, 1772, 2 vol. in-S". L'ouvrage de ce Théodore de Palude, ou plutôt de l'écrivain caché sous ce nom est resté inconnu (1) ; il a pour titre : Flores sparsi ad Justini Febronii librum de statu Ecclesiœ adversus P. Antonium Zaccaria soeietatis Jesu ; De doctis catholicis viris qui de Juslino Febronio , in scriptis suis relraclandis ab anno 1580, laubabili exemplo prœiverunt , liber singularis , sous le nom supfiosé de Thcotimiis Eupislinus, Rome, 1791, in-8°. Il ne manquait point à

(I) Vovoî Dicliominirc des anonyme» , tome Bï , Supp. pagf S 18, n" l-2'2r>l.

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cette époque de personnes qui vissent avec joie l'autorité papale, li plus légitime, attaquée : aussi la rétractation «le l'auteur du Febionius, qui eut lieu on 1778 (Voy. Hontheim) , trouva-t-el!o des iniprotiateurs (1). Zaccaria crut qu'il ne serait pas inutile de prouver, par des exemples imposants, que ce qu'on pouvait faire de plus sage, quand on s'était trompé, était de revenir de son erreur. Néaninouis l'impression de ce livre souffrit quelque dilliculti' , quoique le cardinal Albani y prit intérêt. L'examen en avait été confié au P. Schinra, dominicain et maître du sacré palais, qui écrivit au cardinal, en 1779, que l'ouvi'nge contenait des choses fausses, et d'autres hasardées. Cependant la permission fut accordée. Dlfaa di Ire sommi pontefici , RennUtlo XIII, Ilenedclto XIV e Clemetite XIH, e dri covcilio romano tcnulo ncl 1725, direttaal P. F. Viatore di foccaglio , perche si ravveçjgn, Rsvunne (Venise), 1782, sons le nom su;ipo<é de IHniofilo romano. Le P. Viatore, sava'^t cii|)acin, mais opposé J» la bulle Unigeuilus, dans un ouvrage où il étaii quest;oii de cette b'dle, avait laissé échapper quelques expressions injurieuses, dit-on, pour les trois papes et le concile mentionnés ci-dessus. Dms son ouvrage , le P. Zac.aria prend leur défense, et rappelle le P. \iatore au respect dont d n'aurait pas dû s'écarter. Le P. Viatore répondit à l'ouvrage de Zaccaria. Voy. Viatore. On ne parle point ici d'un grand nombre de Dissertations et d'Opuscules sur divers sujets, ni des démêlés théologiques ou littéraires, qui s'élevèrent du temps du P. Zaccaria , et dans lesquels il intervint. Pie VI employait souvent sa plume. Ce Père aida Mansi, jésuite, dans son travail de la CoUection des conciles. On lui attribue un Supplément à l'histoire ecclésiastique du P. Alexandre, 1776. Pendant qu'il était à Modéne, il en rédigeait le journal. Il coopéra avec Cucagni et Marquetti au Journal ecclésiastique de Rome, en ojiposition aux Nouvelles ecclésiastiques de Vienne, aux Annales ecclésiastiques de Florence, et au Journal littéraire de Milan, dans lesquels se trouvaient favorisées les innovations qu'on f.dsait alors. Peu d'hommes ont été plus féconds et plus laborieux que Zaccaria; peu ont montré plus d'attachement au saint-siége, et plus de zèle h en défendre les prérogatives. Il mourut le 10 octobre 1795, ûgé de 82 ans.

ZACCARIA, ou Zacharias Chrysopolitanus, écrivain ecclésiastique, chanoine régu- ' lier de l'ordre de Prémontré, profès de l'abbaye de Saint-Martin de L;ion, était né à Goldsborough en Angleterre, et florissait en 1157. Aussi distingué par sa piété que par son savoir, il mérita d'être élevé à l'épiscopat. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Monotessaron, scu Commentarius in concordiam evangelicam Ammonii Alexandrini iibros quatuor coniplexus, Cologne, 15-35, in-l'ol. 11 a été inséré dans la Ribliolhèque des Pères, tome XII de l'édition de Cologne, et

(1) Ibid., pag. ôoO, à la noie du ii° 12397.

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