‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 36 sur 341 · NOB · texte numérisé non relu

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L'archevêque renouvela son appel en 1718, et, le li janvier 1719, il donna une Instruction pastorale qui fut condamnre à Rome, le 3 aoill 1719, p.ir un décret du pape. Le régent, coiifon laiil l'erreur et la vérité, ordonna le silence aux deux partis. Cette loi du s lenre, toujours recommandée et tonj.inrs violi'cne fil qu'cncoura,'erl''Sop[)Osants. L'expérience de tous les siècles apprend (ji;e c'est toujours cl l'omljre du silence que les sectaires se fortifient: bien résolus de ne pas le garder, ils envisagent comme un lriom|)he Tordre qui rimpo<e à leurs advei-saires ; et c'en est véritalilemeini nt uti [tour rerreur,que de voir la V(''rité captive. Ce|ipndant le niomei.t du Seigneur arriva pour le cardinal. 11 reconnut tout à coup, comme il s'en ex{)li(]ua hautement, qu'on l'avait engagé dans un parti de factieux. Les remords (ju'il éprouvait depuis longtemps, joints à près de 80 ans d'âge qui le menaçaient d'une mort piocliaine, le déterminèrent îi écrire au pape Benoît XIII, en termes trop édifiants, pour qu'on les tiouve déplacés, quel que soit l'endroit oii on les rapporte. A près avoir dit que son grand âge ne lui permettait guère de com; ter sur une vie plus loi:gue, et que les aj)proches de l'éternité demandaient de lui qii'U se rendit enfin aux désirs du dief de l'Eglise : « Dans « cette vue, poursuivait-il, je vous atteste en « présence de Jésus Christ que je me sou- « mets sincèrement ii la bulle Unii/enitus, i< que je condanjne le livre des Réflexions « morales, et les 101 propositions (|ui en ont « été extraites, de la même manière qu'elles « sont condamnées parla constitution; et que « je révoque mon Instruction pastorale, avec « tiiut ce qui apaiu sous mon nom contre « cette bulle. Je promets à Votre Sainteté, « cootinue t-il, de publier au jlus tôt un « Mandement pour la faire observer dans « mon diocèse. Je dois encore lui avouer « que depuis que, par la grAee du Seigneur, « j'ai pris cette résolution, je me sens inlini- « meut soulagé; que les jours sont devenus « plus sereins pour moi; que mon âme jouit « d'une paix et d'une tranquillité que je ne « goiitais plus depuis longtemis. » Toutes ces promesses furent ponctuellement remplies. Le cardinal-:irchevôque se prêta à tout; il retracta son appel, et son mandement de rétractation fut affiché le 11 octobre 1728. Il ino.uut en 17.9, c'i 78 ans. Ses charités étaient immenses; ses meubles vendus et toutesles autres dépenses pajées, il ne laissa pas plus de 500 livres. Il aimait le bien et le fusait. Doux, agréable dans la société, brillant même dans la conversation, sensible M'amitié, plein de candeur et de franchise, il attachait lo cœur et l'esprit. S'il se lôissa quel(]uefois prévenir, c'est qu'il jugeait des autres par 1 él-'^vatiou de son ûme, et cette Ame était incapable de trouiper. Ses adveisaires crurent von- en lui un mélange de grandeur et de faiblesse, de courage et d'irrésolution. Plein de bonne foi, il soutenait des gens qu'on accusait d'en manquer. Il favorisait les jansénistes sans l'être lui-même. Quoiqu'il luttût contrôle pape et contre tous les évoques du

monde catholique,à quelques appelants près, on était parvenu à lui persuader qu'il n'avait pour adversaires que les jésuites ; ce qui par.iîtrait incrovable, si on ne voyait cetlesingulièie persuasion consignée d msses pro[iri s lettre s et celles de ses correspordants. ( 1! « n'y a contre vous qu'ini soupçon >< { lui écrivait M'"' de Maintenon, en ré|)On<latit à une de ses lettres], « est-d possible de l'effacer? « Tout ce qu'on dit contre vo;iS se réduit à « la protection secrète que vous accorde/ au « parti j mséniste. Personne ne vous accuse « de l'être ; voudriez vous plus longlemi s « être le chef et le mait.r d'un corps dont « vous rou:j;iiic< d'être membre? Jamais les « jésuites n'ont été plus faibles qu'ils le sont. « Je vois la force que vous auriez si ce nuage « de jansénisme pouvait se dissi|)"r. On est « averti que vous ave/, des commerces directs « et indiiects à Rome, a^ec des gens qui ont « été les plus acharnés pour Jansénius, et « contre le roi. Croyez, nionsei:;neur, que « tout lui revient, et qu'il n'a aucun tort de « vous soupçonner. Ce n'est point sur les « discours de vo're père de la Chai- e, etc. » — Gasiou-Jean-Bapt ste-Louis de Noailles, son f ère, qui lui succéda dans l'évêché de Chàlons, a témoigné la même opposition à la bulle Unigenitus, et n'a point imité son frère dans sa réunion avec le co ps des pasteurs. Il mourut en 1720, à 52 ans.

NOBILIBl S (Robert Nobili ou de), mi.ssionnaire jésuite, né h iMontepulciana en Toscane, en septembre IST?, fit ses études à Naples et à Rome, et fut envoyé par ses supérieurs dans les missions des Indes orientales. Arrivé dans le royaume de Maduré, qui est dans la presqu'île en deçà du dange, il se fut bientôt rendu familières les trois ))rincipales langues du pays, qui sont le tainoul, lo badaga et le malahare. Il s assujettit aux usages souvent si étranges et si pénibles des brahmanes, se conforma scru- (uileusement aux coutumes du pays, adopta leur genre austère de vie, après en avoir obtenu la | ermisîion de s: s supérieurs, et eut la satisfaction de gagner Ji la foi chrétienne un certain nombre de bralimanes. La conduite du P. de Nobilibus lut rependant dénoncée à Rome, et le cardinal de Bellarniin , qui était son oncle, lui écrivit pour l'engager à ne pas persévérer dans des prati(iues qui semblaient le rapprocher des idolâtres. Le missionnaire lui représenta que l'arclievcque d'Angamala ou Cranganor, et les inquisiteurs de Goa lui avaient donné leur a| probation. L'affaire fut soumise au jugement du pape : Grégoire XV déc ara par un bref spécial qu'il était licite aux brahmanes devenus chrétiens de continuer à tracer sur leur front ou sur d'autres {larties de leur corps des lignes de couleur, h porter en bandoulière de l'épaule gauche à la hanche droite un cordon de fil qui est leur signe disiinctif, et à se conformer également h des usages qui, se rapportant à la vie civile, sont exempts de toute superstition. De graves intirmités, suite de ses longs travaux, lui rendant la retraite nécessaire, le P.

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