‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 38 sur 341 · NOD · texte numérisé non relu

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vrages sérieux, — romanesques, — poétiques. Nous citerons seulement : Dissertations chronologiques de Vannée de la naissance de Jésus-Christ, Paris, 1693, in-12; le Bouclier de la France, ou les Sentiments de Gerson et des canonistes touchant les di/Jërends des papes et des rois de France; cet ouvrage a aussi paru sous le titre de V Esprit de Gerson. Tous ces l)oucliers, si mu'ti|iliés depuis, ne sont que des épouvantails d'enfants; comme si l'Egl se n'avait pas plus souffert et n'avait pas plus à craindre des entreprises de la puissance séculière que celle-ci de la part do l'Eglise. Si quelques jiontifes ont commis quelques fautes en étendant leur pouvoir au cielà de ses bornes, on s'en est venié sans modération, et pour maintenir quelque prérogative de l'autorité civile, on s'est efforcé de lenverser tout l'édilice de la puissance spirituelle. .< Dès que Home, oit le « comte d'Albon, a voulu exiger au delà de « qu'on lui devait, on lui a refusé njème ce « qui lui était dii; quand elle a donné dans « les abus, on l'a menacée de la jirivei' de « l'usage du pouvoir; quand à l'autorité elle « a jo.nt les prétentions, on lui afait crauidre « de violentes injustices. Le sacerdoce n'a « jamais lu lé contre l'empire, que l'empire « n'ait employé toutes ses forces pnur fouler « le sacerdoce; et au premier mouvement « que les pontifes ont semblé faire pour « porter la main au sceptre des Césars, les « Césars se sont efforcés pour s'élever jus- « qu'au trône des pontifes. » Voy. .'^enken- BERG. Une traduction des Psaumes, en prose et en vers, avec des réflexions et le texte latin à côté, ce qui forme un vol. in-S" à trois colonnes; un Poème sur la destruction du temple de Chaienton ; — sur la destruction de l'hérésie, distribué en quatre livres. Ses ouvrages historiques , ses rom.ins, ses traductions en vers de Perse et d'Horace, ses comédies et ses œuvres poétiques sont peu estimés.

NOBLETZ (Michel). Voy. Lenobletz.

NOCETI (Charles), jésuite, né vers 1695, à Pontremoli dans le Génois, enseigna la théologie au collège Romain, fut donné pour coadjuteur au P. Turano , pénitencier de Saint-Pieire, et fut un des examinateurs des évoques. Il m auut à Kome en 1759. On a de lui : Veritas vindicata, en 2 vol. C'est une critique de la Theologia christiana du P. Concina, qui fit beaucoup de bruit : il y venge avec force ses confrères, attaqués par le dominicain, qui parait avoir excédé en critique et en censure par un zèle cjuelquefois |ilus vif que réfléchi. Nocéti était bon poêle, comme an le voit par ses Eglogues et par les Poèmes sur VArc-en-ciel et VAurore boréale. C'est dans ses poésies qu(' le célèbre Boscowich trouva l'exhortation dont il fut frappé, el ii laquelle il lut si docile. On trouve des poésies latims et italiennes de Noceti ilans le Recueil des Arcades.

NODIER (Charles), écrivain polygraphe, membre de l'académie française, lié à Besançon le 29 avril 1783, mort à Paris le 27 janvier 18ii, étant bibliothécaire de l'Arsenal, s'exerça dans beaucoup de genres. Ses

principaux titres littéraires paraissent être dans fes romnns, contas et nouvelles, tels que Trilhy, Smarra, Thérèse Auberl, Jean Sboyar, la Fée aux Miettes, Séraphine, etc., productions donl on vante le style, mais qui sont loin d'être toujours irréprochables au point de vue di,' la morale. Le Dernier chapitre de mon roman, livre cvniiiiie, mérite surtout une cond.nnnation s<?vère. Dans ses écrits d'histoire contemporaine. Souvenirs de jeunesse, Portraits, etc., Nodier a |)lus consulté son imagination que la vérité. 11 a tait aussi un volume de Poésies, Paris. Dclaiigle. 1827 et 1829, in-16. M. A. Barginct, de (irenoble, a recueilli ses Mélanges de littérature et decritiiiue, Paris, 18-20, 2 vol. in-8'. Nodier composa de plus des Notices pour une foule de publications diverses, cl des articles pour diU'érentcs revues ou feuilles périodiques. Ceux qu'il fournit au Bdjjiopliile ont été réunis sous ce titre : Notices bibliographiques,philologiques et littéraires, Paris, Tecliener, ISlii, 1 vol. in-8°. Nous avons cru devoir mentionner cet écrivain dans ce Dictionnaire, à cause d'une publication intitulée : Bibliothèque sacrée, grecque - latine , comprenant le tableau chronologique, biographique et bibliographique des auteurs inspirés et des auteurs ecclésiastiques , depuis Moïse jusqu'à saint Thomas d'Aquin, Paris, Thoinier-Desplaces, 1826, in-8", ouvrage rédigé d'après Mauro Boni et Gamba. L'académie de Besani;on, après avoir mis au concours l'éloge de Cliarles Nodier, voulut bien couronner, en lakQ, l'essai qui lui fut envoyé par l'auteur de cet article, et qui a été imjii'imé en tète de son volume intitulé : Les Noviciats littéraires, suivis de Lettres sur la littérature contemporaine, Paris, 18i7, in-8\ — Nous avons dû, pour être exact, bUlmer les écarts du romancier et du conteur; nous nous em[)rcs<ons d'ajouter que Nodier professa toujours le plus grand respi et pouiles cro^vances catholiqiies,[el qu'il iera[ilit, dans ses dernières heures, d une manière tout à fait exemplaire, ses devoirs de religion.

NOÉ {Repos, consolation), tils de Lamech, né lan 2ii78 avant J.-C, fut juste, et trouva grâce devant le Seigneur qui, voyant la malice des liommes et la dépravation générale des mœurs qui couvrait d'abominations toute la terre, résolut d'abolir les criminels par un déluge général. 11 ordonna à Noé de b;Uir une arche |)0ur se sauver du déluge, lui et toute sa famille, avec des bêles et des oiseaux de toute espèce, milles et femelles. 11 marqua lui-môme la forme, k^s mesures et les proportions de ce grand vaisseau; il devait être de la ligure d'un collre, long de 300 coudi'es, large de 50, et haut de 30; enduit de bitume, et distribué en trois étages, dont chacun devait avoir plusieurs loges. Noé crut à la parole de Dieu, et exécuta ce qu'il avait commandé. Après qu'il eut fait porter dans l'arche toutes les choses nécessaii|>s pour la vie des hommes et des animaux, sept jours avant le déluge. Dieu lui ordonna d'y entrer avec sa femme, ses trois (ils, leurs iemines et des animaux de toute

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espèce. Ce grand vaisseau les contint sans peine , et se trouva parfaitement proportionné au grand nombre de créatures qu'il devait renfermer. Yoy. Borrel, Pelletier. Noé était alors âgé de GOO ans. Le jour de la vengeance étant venu, la mer se déborda de tous côtés, et il tomba une pluie horrible pendant W jours et W nuits. La terre fut inondée, et tout périt, excepté ce qui était dans l'arche. — De mauvais physiciens ont prétendu qu'il n'y avait pas assez d'eau dans la nature pour former une telle inondation; mais le contraire a été plus d'une fois démontré. On sait que Butl'on, sans recourir à aucun agent surnaturel, a cru en trouver assez pour couvrir durant des siècles la surface du globe; si son hypothèse n'a pas été accueillie des savants, ce n'a pas été à raison du dé.aut d'eau. On peut voir tout ce qui regarde le déluge , ses etfets , ses monuments, etc., dans le Catéch. philos., n" 271; dans YExamen impartial des Epoques de la nature, n° 48; dans le Journ. hist. et litt., 1780, 1" mars et suiv. — Après que les eaux eurent couvert la face de la terre pendant 130 jours. Dieu lit souiller un grand vent, qui commença à faire diminuer les eaux. Sept mois après le commencement du déluge, l'arche se reposa sur le mont Araralh, près de la ville d'Erivan. Le dixième jour du dixième mois, les sommets des montagnes se découvrirent, et 40 jours s'étant passés depuis que l'on eut commencé à les apercevoir, Noé ouvrit la feneire de l'arche, et lâcha un corbeau qui ne rentra plus. 11 envoya la colombe qui, n'ayant pu trouver où asseoir son pied, revint dans l'arche. Sept jours après, il la renvoya de nouveau, et elle revint portant dans son bec un rameau d'olivier qui, dans ce chaos général, avait conservé la verdure de ses feuilles. Noé, déterminé à quitter l'arche, en sortit un an après [u'il y fut entré. On conçoit sans peine quel ut son étonnement quand il vit la surface de celle nouvelle terre ravagée et dégradée d'une manière qui la rendait méconnaissable, et qui vériiiait par son aspect l'oracle du Seigneur, qui avait annoncé qu'elle serait détruite avec les hommes : Dispergam eos cum terra, tien. vin. Le choc de tant de mers qui allaient et venaient, suivant l'expression de l'Ecriture, avec une impétuosité et une violence inconcevables, et cela l'espace d'une année entière, a dû détiuirc et produire des choses sans tin et sans nombre. Voyons seulement l'etlet d'une grande marée , ne celle, [lar exemple, qui, en 8(30, transporta le Rhin dans le lit de la Meuse , et réforma toute la surface de la Hollande; l'etlel d'un simple toui'billon ou courant d'air « qui, au rajiport de Butloii , creu- « sa une fosse énorme, et couvrit tout un « village de la terre emportée de cette fosse ; « en sorte que Tendron dont la terre avait « été enlevée, paraissait un tiou épouvanta- « ble, et que le village fui entièrement en- « terré jiar cette terre transportée. » Eh ! qu'est-ce qu'une marée, qu'est-ce qu'un courant d'air contre toute la masse de l'Océan,

iiniissi^ tout à coii|) hors de l'abîme qui lui servait de lil, grossi de tout ce qu'il y a d'eau dans l'air et dans la terre, et répandu sur le glolie entier avec toute la violence que la main de Dieu |ieut imprimer au |ilus fougueux (Mt^ment? — Le |iremipr soin de Nué fut de dresser un autel au Seigneur, et de lui ott'rir en holocauste un de tous les animaux [)urs qui étaient dans l'.irclie. Dieu lit une alliance éternelle avec lui, et voulut que l'arc-en-ciel en fût cnmme le signe : soit que ce météore n'existât point avant le déluge, comme quelques auteurs le prétendent, soit que ne paraissant que dans les tem|is pluvieux, il fût plus propre que tout autre signe à rappeler la promesse faite k Noé, et S le rassurer contre une nouvelle inondation. Cette grande catartrophe du glob", décrite dans les saintes lettres avec tous les caractères de la vérité, empreinte pour ainsi dire de tous les traits qui ferment le tableau de la nature actuelle, s'est conservée dans le souvenir de louies les nations. « Point de « vérité historique, dit un critique moderne, « mieux prouvée que celle du déluge. Bérose « le Clialdéen nous parle de l'arche qui s'ar- « rèta vers la tin du déluge sur une nionta- « gne d'Arménie. Nicolas de Damas, dans le « Oti' livre de ses Hisfoires, dit (|u'au terniis « du déluge il y eut un hnmme qui, arrivant « avec uni; arche ou un vaisseau sur une « haute montagne d'Arménie, érhappa à ce « lléau universel, et que les restes de cette « arche se sont longtemps conservés sur « cette montagne. Ahydène, auteur d'une « Histoire des Chaldéens et des Assyriens, « diunie de ce déluge quantité de détails « si'miilabh's k ceux qu'en donne Moisc. « Qu'on lise le traité de Lucien sur la déesse « syrii nne, on y trouvera toutes les circon- « stances de ce lerrible événement aussi clai- « ment etaussi énergiquemeut exposées que « dans le livre de la Genèse ; ce qui ne [leut « être que l'effet de la tradition générale éta- « blie alors chez les Orientaux. On verra les « mômes choses d;ins le [iremier livre des « Métamorphoses d'Ovide. Varron parle du « temps qui s'écoul:i depuis Adam jusqu'au « déluge, ab hominum. principio ad cataciys- « mum. Les Chinois disent qu'un certain « Puen-Cuus échappa seul avec sa famille du « déluge universel. Jean de Laët et Lescar- « bot rapportent la tradition constante du « déluge parmi les Indiens de l'Amérique. « Boulanger convieiit que la plupart des usa- « gis de l'antiquité sont autant de monu- « meiits de la révolution arrivée sur noire « globe [)ar le déluge. Les divers déluges, « dont les historiens et les mythologistes « oui fait mention, ne sont dans le fait que « celui de Noé, défiguré par des traits qui « n'empêchent pas qu'on ne le reconnaisse « très-distinctement, comme on peut voir ' « dans la savante dissertation que M. \^ alsch « a publiée sur ce sujet. » Après le déluge, Noé se mit à cultiver la terre et il planta la vigne. Elle était connue avant celemps-là, mais il fut le premier qui la planta avec ordre, et qui découvrit l'usage qu'on pouvait

faire du raisin en exprimant sa liqueur Ayant donc fait du vin, il en but : et counne il n'en avait point encore éprouvé la force, ij s'enivra et s'endormit dans sa tente. Cham, son fils, l'ayant trouvé découvert d'une manière indécente, s'en moqua, et en donna avis à ses frères, qui, marchant en arrière, couvrirent d'un manteau la nudité de leur |ière. Noé, à son réveil, ajiprenant ce qui s'était passé, maudit Chanaan , fils de Cham [voyez ces noms), dont les descendants furent dans la suite exterminés par les Israélites, et b:''nit Sem et Japhet. Ce saint homme vécut encore 330 ans depuis le déluge, et mourut l'an 2029 avant J.-C, à l'Age de 930 ans. La vie de ses descendants est restée beaucoup au-dessous de son terme, tant par une suite naturelle des altérations que la terre avait essuyées dans toutes ses productions, que pir une volonté directe du Seigneur, (]ui resserra les bornes d'une vie dont l'homme avait si étrangement abusé. (Entre autres nombreux ouvrages écrits sur ce suji't, voyez his R('ponses critkptes de Bullet, où sont rapportées et combattues la plup irt des dillicultés présentées par les incrédules, et le Dict. de la Bible de Calmet, édité par M. Migne.) NOE (.VIauc-Antoine de), évèijue <ie Lescar, était issu d'une ancienne famille de (îascogne, et naquit en 1724., au château de la (Iriraaudière, près de La Rochelle. H fit ses études à Paris où il eut pour maître le célèbre Le Beau, |)uis sa théologie en Sorbonue. Au sortir de sa licence, il devint grand vicaire de Rouen, et fut élu député ;i l'assemblée du clergé en 1762. Peu de temps après (en 17G3), le roi le nomma a l'évécliéde Lescir ; il était à ce titre pi'ésident des Etats du Béarn. I! se distingua par ses vertus comme par ses talents, et tit preuve de zèle et do charité pendant une effrayante épizootie qui vint désoler son diocèse. A l'époque de la révolution, il fut nommé défiuté aux Etatsgénéraux par les états particuhers du Béarn : il s'y rendit. Bientôt il s'aperçut de l'esprit qui allait y régner. Il protesta contre la réunion des trois ordres; et, fidèle à son mandat, il se retira dans son diocèse, dès qu'il crut que les instructio is qu'il avait reçues de ses commettants étaient compromises. Bientôt son siège fut supprimé. Un bénédictin, nommé Sanadon, professeur de rhétorique à Pau, fut nommé évoque du département des Basses-P.) rénées , dans bq lel est enclavé Lescar, et le siège fut transporté à Oléron. M. de Noi' alla d'abord en Espagne. La guerre l'ayant foicé d'en sortir, il se retira en Angleterre. En 1801, il donna sa démission de son siège pour faciliter l'exécution du concordat. Il revint en France, et fut nommé, en avril 1802, évèque de Troyes. A pein.' eut-il letemps de prendre possession de cetévôché, la mort l'ayant enlevé le 22 sefitembre de la même année, au mome.it où le gt)uvernement français venait de le présenter pour un chapeau de cardinal. Quoiqu'il n'ait fait que |iarailre dans le diocèse de Troyes, il y tut vivement i egretté. 11 était d'un caractère aimable, et joignait à de grandes vertus, à

des talents rares, une modestie encore pius grande et plus rare. Il aimnil les lettres, et les avait culliveesavecfrLiit.il savait i'li>''breu et le grec, avait tudié à fond it-sgrands modèles de l'antiquité ; il leur devait rette élégance de style, cette pureté (jui fait le cli.iime du ()eu d'ouvrages qu'il a lais^sés. On a de lui -.Discours sur le Jubilé de 1775. Il est sagement écrit. On ignore s'il a été prononcé, ou seulement distribué coiuuie une instruction pasto aie. Discours prononcé à Aach, pour la distribution des guidons du réijiimnt du roi, 1781. C'est le chef-d'œuvre de l'auteur. Les pensées en sont nobles cl justes, le style grave et élégam, le fond éminemment religieux. Le patriotisme y r.'spire ; mais c'est celui qui est fondé sur l'amour de l'ordre et sur la soumission aux lois. Discours sur l'état futur de l'Eglise. Il avait été composé |iour être prononcé devant rassemblée du clergé en 1785. On sut qu'il contenait des idées sing;iliôres, qu'il y était question d'un renouvellement de la défection delà gcntilité, d'un nouveau règne de Jésus-Christ. Cette doclrire, revêtue d'aiJiHirs de couleurs séduisantes, présentée sous l'appAt dune attiayaule éloquence, se rapprocha 1 1 op du millénarisme pour pouvoir être souH'erte. Ou invita M. de Nué h ne point pr.jnoiicer sou discours. Depuis, il fut iniiirimé, suivi d un Recueil de passages sur l'avènement inlermédi;dre de J.-C., avec des Remarques. Le P. Larabe t, défenseur ardent du môme système, avait fourni les passages et les remarques au chevaiier de Noé, frère de 1 évêque de Lesrar, éditeu • du discours. Voy. Dictionnaire des anonymes, n" Wvd, <•< L\m- BEUT. Lettre pastorale sur Vépizootie, etc. Il l'écrivit au sujet de ce iléau, duquel il a été parlé ci-dessus. Elle est pleine d'onction; c'est le cœur, et un cœur pleui du léu de la char. té, qui y parle. On a vu l'heureux résultat qu'elle obtint. Discours pour la conjirmatiun, i)rononcé à Londres en 1779. Il lit un grand ell'et, et a le môme genre de mérite que les précédents. Traduction d'un discouis de Périclès, conservé par Thucydide, Inséré d ms la traduction d'Isocrate de l'abbé .\uger; des Mandements, parmi lesquels il faut distinguer celui du 10 mai 1791, au sujet de l'élection de l'évéque constituiionncl qui lui siiccéd lit. Il y pcéinunit son lrou;)eau conlreles dan.^ers de l'intrusion et des luiiovatioiis ; il y explique les règles de l'Kglise. Tout cela est accompagné des exhortations les plus tendres e les [tlus paternelles. 11 y prédit pour ainsi dire, le^ maux dont la religion depuis ce temps a été allli.^ée. Les souvenirs que M. de Noé avait lassés à Troyes engagèrent l'acad.'inie du déparlement de l'Aube à faire de son élo^e le sujet d'un de ses concours. Le prix fut rempurlé par Luce de Laiicival, qii lui avait été attaclié, et son discours est imprimé. On a réuni les Oeuvres d • ce prélat dans une édition donnée à Londres, 1801, in-1:». Il en a été fait une nouvelle à "Paris, avec ce titre : OEuvrcs de Noé, ancien évéque de Lescar, mort évéque de Troyes, contenant ses discours, mandements

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et traductions, précédées d'une notice sur la vie et les écrits de ceprélat, avec un fac-similé de son écriture, 1818,1 vol.in-8". M. de Noé, tamlis qu'il était sur le siège de Lescar. avait été un des quatre évoques qui n'a Ihérèrent point aux actes du clergé de 1765, concernant la bulle Unigenitus ; mais on ne voit pas qu'il ait d'ailleurs rien fait en faveur du parti qui refusa de la reconnaître.

NOËL (François^, savant jésuite allemand, missionnaire à la Chine, né vers 16V0, enseigna qu ique temps les bel es-lettres d.ins sa patrie, et s'embarqua à Lisbonne, en 1667, ])0ur l'empire de la Chine, que ses travaux ont cont ibné à faire connaître. On ignore l'époque de sa mort. On a de lui : des Observations astronomiques faites à la Chine, insérées jinr le P. Gouye dans le recueil qui contient celles du P. Kichaud et de quelq.ies autres missionnaires ; Obsenmtiones malhematicœ et phijsicœ in India et China factœ ab anno 1684 usque ad annum 1708, Prague, 1710, in-4-°. Cet important recueil renferme une foule de documents intéressants. Le catalogue des noms chinois, ties étoiles et constellations, donné par Deguigiies lils, en 1781, dans le tome X des Mémoires des savants étrangers, n'est qu'une copie faite sur l'ouvrage du P. Noi'l ; Sinensis impcrii libri classici scx, Prague, 1711, iii-i", ou six Livres classi([ues des Chinois, pris parmi ceux du second oïd.e, et que doivent apprendre p;ir cœur tous ceux qui courent la carrière des lettres et cède de l'administration; Philosophia sinica, Prague, 1711, in-l": c'est un recueil d'extraits des plus célèbres pliilosophes de la Chine sur la connaissance du vrai Dieu, sur l'esprit et le sens des cérémonies parles pielles ils honorent les morts, sur la mo aie et les devoirs de J'homme ; Opuscula poetica, Francfort, 1717, in-12 ; Theologiœ Summa seu Compendium, Genève, 1732, 2 vol. in-folio. C'est un abrégé des traités du P. Suarez, dont le recueil, difficile à réunir, formait 23 vol. jn-foho.

NOËL (Alexandre). Voy. Alexandre.

NOEMA, tille de Lamech et de Sella, sa deuxième femme, [lasse pour avoir inventé la minière de tiler la laine et de faire la toile. Quelques-uns ont cru qu'elle avait épousé Noé, et d'autres, iju'elle était la même que la Minerve des Grecs, nommée aussi Nemanoua.

NOÉMI, femme d'Elimélech, de la tribu de Benjamin, ayant été obligée de suivre sou mari dans le pays des ALjatdtes, l'y perdit, et maria ses deux lilsChélion et Mahalon à Orpha et à Ilutli, filles moabites. Ces deux jeunes époux étant morts sans laisser d'enfants, Noémi résolut de retourner dans la Judée. Huth ne voulut point la quiit r, et elles arrivèrent ensemble à Bethléem, dans le temps (pi'on commençait à couper les orges. Uutli alla gfmer dans le champ de Bc):i/, homme fort riche, et le proche parent d'I'Jimél'ch, qui l'invita à suivie ses moissonneurs et ù manger avec ses gens. lUith, de retour à la maison, ayant apinis à Noémi ce qui s'était passé, celle-ci l'avertit que

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Booz était son proche parent, et elle lui donna un expédient pour le déterminer à l'épouser. Rulh suivit le conseil de sa bellemère, et vint à bout de se marier avec Booz, dont elle eut un lils noraoaé Ohed, qui fut un des nncêlres de Jésus-Christ. Voy. Rcth.

NOESSELï ( Jean-Auglste ) , doyen de l'université de Halle, où il était né l'an 1734-, mort le 11 mars 1807, professa longtemps avec distinction la jihilosophie et la théologie, et fut nommé conseiller privé du roi de Prusse eu 180G. On a de lui : Défense de la vérité et de la divinité de la religion chrétienne, 5' édition, Augsbourg, 178i, in-8' ; sur le mérite de la morale. Halle, 1777 et 1783, in-8° ; Instruction pour la connaissance des meilleurs livres de théologie, Leipzig, k' édition, 1800, in-8° : cet ouvrage a été continué par Simon ; Instruction pour les élèves en théologie, Halle, 1783-89, 1791, 3 vol. in-8", et plusieurs autres traités de murale et de religion. Le chancelier Niemeyer lui a consacré une iVotice. Halle, 1809, in-8°.

NOET, Noetus, hérésiarque du m' siècle, fut maître de Sabellius. 11 enseigna que Jésus-Christ n'était pas différent du Père ; qu'il n'y avait qu'une seule persoiuie en Dieu, qui prenait tantôt le nom de Père, tantôt celui de Fils; qui s'était incarnée, qui était née delà Vierge, et avait soutfert sur la croix. Ayant été cité devant les prêtres, il désavoua d'abord ses erreurs. Il ne changea cependant pas d'avis, et ayant trouvé le moyen de faire ado|iter ses rêveries par une douzaine de personnes, il les professa hautement et se lit chef de secte ; il prit le nom de Moijse, et donna le nom d'Anro» à son confrère. Ses sectateurs s'appelèrent Noétiens. Leurs erreurs étaient les mêmes que celles de Praxéas et de Sabellius.

NOGARET ((iuiLLAUME de), né au xiu" siècle à Saint-Félix de Caraman,dans leLauragais, d'une famille qui a été la tige des ducs d'Epernon, fut chancelier de Philippe le Bel, qui le chargea d'aller signitier au pape Bonifece Vlll l'appel au futur concile des bulles dont le roi se fjlaignait. 11 s'acquitta de sa commission avec beaucoup de liauteur, de dureté [Voy. Boimiface VIII), et d'une manière trés-j)ropre à faire oublier les torts du pape, quoique, par une injustice devenue générale, on s'obstine à déclamer contre les fautes des pontifes, et qu'on alfecte de taire celles des rois. Les prétentions exorbitantes des uns sont-elles donc plus criminelles que les violences des autres? [Voy. Gé- LASE II, Le Noble.) Nogaret, accompagné de Sciarra-Colonne ennemi personnel du pape, et de trois cents chevaux, s'était rendu à Anagui, où Boniiace s'était réfugié, afin de l'enlever et de le conduire au concile de Lyon, pour y être jugé : c'était la veille même du jour où le pape devait publier une bulle qui déliait les sujets de Philippe du serment (le fidélité. Les habitants d'Anagni défendirent le pontife et repoussèrent la troupe de Nogaret. Celui-ci revint en France, où il eut les sceaux en 1307, et la place de chancelier l'année suivante. Il sollicita l'absolu-

DlCTIOJiN. DE BlOGRAPUIE KEUG. 111.

tion pour les violences qu'il avait commises contre le pape : et il ne l'obtint qu'à condition de passer en Terre-Sainte, et de n'en lias revenir; mais il mourut avant que de parlir. « S'étant trouvé, comme par hasard, « dit un historien estimé, à la rencontre de « (luelques clievaliers que l'on conduisait à « la mort, un de ceux-ci, qui passait les au- « très de la tète, l'aperçut et lui cria de tou- « tes ses forces : Consid're, indigne ministre, « l'effet de tes calomnies et de tes injustices « criantes: nous ne pouvons en appeler à ton « maître, puisqu'il est devenu, avec le pape, « notre plus redoutable ennemi ; mais nous en n appelons au Juge des vivants et des morts, « plus équitable que ceux qui abusent de son « autorité ; c'est à son tribunal que nous te « citons aujourd'hui, pour y comparaître « dans la huitaine. Effet sui prenant de la « vengeance divine ! Nogaret mourut siibite- « ment le huitième jour, sans avoir été atta- « que ni frai^pé de personne. » L'historien dont nous rapportons ici les jjaroles ajoute : « Ce n'est ni d'a[irès le seul Meier, ni d'après « aucun écrivain ennemi île la France, que « nous rappelons la fin tragique de Nogaret : « d'autres en ont parlé. Belle-Forest dit que, « s'il fut absous parle pape, il u'échap|ia pas « à la colère de Dieu, et qu'il périt misér.i- « blement. L'auteur de la Chronique d'Asti, « loué pour sa candeur et sa sincérité jiar « Muratori, et qui était contemporain, rap- « j)orte cette mort ainsi que nous l'avons « racontée. Meïer se tromiie en la plaçant à « l'année 1307; car il est [)bis que prouvé « que Nogaret vivait encore en 1312. » Voy.

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