‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 45 sur 341 · OCC · texte numérisé non relu

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pour iprétendre que les apôtres n'avaient rien possédé en propre, el il sévit contr.- les réfraetnires avec plus de rigueur que la fliose ne .'emlilait l'exiger. Occam mourut à Munieh le 7 avril 13V7, ahsous , h ce que l'on croil, des censures ecclésiastiques. 11 laissa des Cninmcntairrs sur le Maître des sentences , un Traité du sacrement de l'autel, et d'aulres ouvrages, Paris, 1V7G, 2 vol. in-fol., ([ui prouvent vni esprit subtil, mais bizarre. OCHIN (Bkhnaiu)i>), moine ambitieux et apostat, appelé en laîin Ochinus, et en italien Occliini (on l'appelle quel(|uefois Okin, ]iour conserver la prononciation de l'italien et du latin), né à Sienne en 1487, entra jeune chez les religieux de l'observance de Saint- Fran';ois; mais il les quitta bientôt, et s'appliiiu'a h l'étude do la médecine. Touclié, au moins en apparence, d'un nouveau désir de faire pénitence, il rentra dans l'ordre qu'il avait abandonné, et s'y distingua par son zèle, sa piélé et ses talents. La réforme des capucins venait d'être approuvée (Voy. Bas- CHi) ; il l'embrassa en 153.'i-, contribua beaucoup au progrès de cet ordre naissant, et en fut général. Sa vie paraissait régulière et sa conduite édifiante. Ses austérités, son habit grossier, sa longue barbe, qui descendait jusqu'au-dessous de sa poitrine, son visage pAle et décbarné, une certaine apparence d'infirmité et de faiblesse affectée avec beaucoup d'art, et l'idée que tout le monde avait de sa sainteté, le faisaient regarder comme un honnne merveilleux. Ce n'était pas seuleinenl le |ieuple qui en portait ce jugement; les plus grands seigneurs et les princes souverains le révéraient comme un saint. Lorsqu'il venait dans leurs pafiis, ils allaient au devant de lui, et lui rendaient de grands hoimeurs, qu'ils accompagnaient demaripies distinguées d'affection et de confiance. Cet hypocrite avait recours à toutes sortes d'artifices |iour confirmer l'opinion si avantageuse que l'on avait contjue de lui. Il allait toujours à jiied dans ses voyages, et lorsque les princes le forçaient de loger chez eux, la magnificence des "palais, le luxe des habits et toute la pompe du siècle semblaient ne lui rien faire jierdre de son amour pour la pauvreté et la mortification. On ne jiarlait que do sa vertu dans toute l'Italie, et cette réputation facilitait le progiès du nouvel ordre. II était savant, quoi(iu'il ne silt pas beaucoup de latin ; et (piand il parlait sa langue naturel :e, il s'énonçait avec tant de grâce et de facilité, que ses discmirs ravissaient ses auditeurs. Lorsqu'il devait prêcher en quelque endroit, le peuple s'y assemblait enfouie: lis villes entières venaient pour l'entendre. On fut très-surpris quand on vit fout d'un coup cet liomme si renommé quitter le généralat des capucins, embrasser l'hérésie de Luther, el aller à (lenève épouser une fille de Liicques, qu'il avait séduite en passant [lar celte ville. L'orgueil le [iréci[)ita dans cet ahimc. Il ne put résister au dépit de n'avoir point obtenu un chapeau de (ardinal qui avait toujours été l'objet de son ambilion; il devint apostat et ennemi forcené du cliris-

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tianisine. Il assista à la fameuse conférence des déistes ou athées, à Vicence, en 15!i6, où l'on convint des moyens de détruire la religion de Jésus-Christ, en formai/t une société qui, jiar des succès progressifs, amena à la fin du xvni' siècle une apostasie presque générale. ( Voy. les ouvrages intitulés : Le Voile levé, la Conjuration contre l'Eglise catholique, al le Journ. hist. et litlér., 1" juin 1792, |iage 171.) Lorsque la république de A'enise, informée de cette conjuration, fit saisir Jules Trévisan et François de Rugo, cpii furent étouffés, Ochin se sauva avec les autres. La société, ainsi dispersée, n'en devint que plus dangereuse, et c'est celle qu'on connaît aujourd'hui sous le nom û' Illumine' s, comme le prouve l'auteur des ouvrages que nous venons de citer {Voy Maier Michel). Ochin fut un de ceux qui se signalèrent le plus dans l'exécution du projet arrêté. Il versa des flots de bile sur tous ceux qui l'attaquèrent, comme on peut en juger par un écrit de Catarin contre lui, et par la réponse. Voici le titre de l'un et de l'autre : Rimedio alla peslilente dottrina di Bern. Ochino,. da Ambr. Catarino, Rome, lWt;in-8\.. Riposta d'Ochino aile bestemmie d'Ambr. Catarino , 1546, in-S". Ce séducteur passa ensuite en Angleterre, oiî il inspira aux jeunes gens du goût pour les nouvelles erreurs, et du mépris pour les plus anciennes pratiques de l'Eglise. La religion catholique étant rentrée dans ce royaume avec la reine IMarie, il fut obligé de se retirer à Strasbourg, et de là, en 1555, à Zurich, où il fut ministre de l'Eglise italienne. Ses Dialogues en faveur de la polygaïuie lui firent perdre sa place. Après avoir erré de pays en pays, il se retira en Pologne, d'où il fut chassé en 1564. Il chercha un asile h Slaucow dans la Moravie, et il n'y trouva que la misère et l'opprobre. Il y mourut la même année, delà peste, à 77 ans, également haï des protestants et des catho' liques. Un an avant sa mort, il avait publié trente Dialogues, traduits en latin par Castalion, Râle, 1563, 2 vol. in-8°, dans lesquels il parle fortement en faveur de la pojygamie. Une telle opinion, soutenue par un vieillard plus que septuagénaire, est assez singulière. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, dont il n'est pas fort nécessaire de donner le catalogue. Les principaux sont: des Sermons italiens, en 5 vol. in-8°, IWle, 1562, très- rares et chers; des Commentaires surles Epîtres de saint Paul ; Dialogo del purgatorio, 1556, in-8°. Il est traduit en français et en latin; mais l'édition italienne est plus recherchée. Disputa intorno alla presenza dcl cnrpo di G. C. net sacramento délia cena, Râle, Î561, in-S" ; le môme en latin, avec un Traité du libre arbitre, in-8° ; Smcerœ cl verœ doctrinœ de cœna Dumini defensio, Zurich, 1556, in-8° ; Il Cutccliismo, 1561, in-8"; Liber adiersus papam, 15't9, in-4" ; u'autrcs Satires sanglantes contre la cour de Home et contre les i.ogmes catholiques. Tous les ouvrages de cel apostat sont peu communs. On ]ieut en voir une liste plus détaillée dans le Dictionnaire typographique.

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