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elle présentée aux chambres, elle assemble son parlement. Le projet est examiné, discuté, approuvé ou condannié par l'association. Dans ce dernier cas, une adresse au peuple en signale les dangers, et l'uivite à envoyer imraéliatement des pétitions pour demander son rejet. Un pauvre fermier est-il jeté en prison parce qu'il n'a pu acquitter la dime, l'association [laye sa dette et lui rend la liberté. Un électeur consciencieux est-il chassé de sa ferme pour avoir voté contre le désir de son landlord, l'association le loue de sou courage, le prend sous sa prot.'ction, lui accorde un secours, lui procure une fern-e, ei voue au mépris public le propriétaire oppresseur. L'association catiiolique formait un gouvernement au-dessus du gouvernement, car elle contrôlait les actes du pouvo r en même temps qu'elle dirigeait le peuple. — Cette autorité d'un nouveau genre ne travaillait pas seulement à l'éducation politique de l'Irlande ; elle faisait prendre au peuple des halntudes régulières et sociales; elle lui enseignait ses devoirs en l'instruisant de ses droits. Elle fondait des écoles , des établissements de bienfaisance; elle recommandait la tempérance. Quand, la veille d'une élection, elle défendait au peuple de s'enivrer, il n'était jias bu une seule goutte de Aviskey. L'autorité de l'association était telle, qu'un paysan, dans une élection à Waterford, se plaignait de toute la force de ses poumons d'avoir été battu. Et pourquoi n'avez-vous pas rendu les coups ? lui dit-on. Je croyais que Vassoviation l'avait défendu. Futil jamais un gouvernement qui ait exercé une pareille puissance? Or cette autorité, qui se substituait au pouvoir légal, s'était constituée, non dans l'ombre, mais au grand jour de la place publique. Ses lésolutions, ses actes, les paroles do ses membres étaient livrés à hi publicité. Elle avait rem[)lacé le meeting nocturne par le meeting en plein soleil. 'l'elle fut l'association qui gouvernait l'Irlande et qui était elle-même gouvernée par O'Connell , association qui portait le nom de catholique, bien ((u'ellefût ouverte à tous les [)rotestanfs amis sincères de la liberté de conscience. » A la fin de l'année 1824-, O'Conned fut traduit devant le jury de Dublin pour cause de sédition, mais il fut déchargé de l'accusation, et la défaite du gouvernement agrandit encore son ascendant. Enfin en 1628 le comté de Clare élut O'Connell pour son représentant au parlement : ragit:iteur se présenta [lour siégera la Chambre des communes, mais il lefusa de prêter le serment par lequel il lui fallait déclarer que le sacrdice de la messe et l'invocation de la biei\hcureuse Vierge Marie et des autres saints étaient des actes d'idolâtrie. Comme il l'avait prévu, il ne fut pas admis. Mais l'impulsion était donnée, l'agitation était devenue si menaçintedans toute l'Irlande, que, pour évitci- vnie guerre civile, le cabinet j.résenta au commencement de la session suivante le bill d'émancipation. O'Connell, réélu , put enfin siéger sans prêter un serment blasphématoire. Le 12 fé-
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vriert831,0'Connell, Stonl et Barrcit furont poursuivis devant les triliunaux pour avoir tenu des meetings publics contrairement à une prorlainnlion odicielle du lord lieutenant; mais le temps fixé pour la durée de la loi (jiii servait de base à ces poursuites ayant expiré dans les délais du procès, Tagitateur et ses amis ne jmrent être condamnés. A la mort de Georges IV, il fit partie du nouveau parlement comme re[irésenlant du comté de Waterlord; en 1831, il lut nou:nié par le comté de Kerry, puis il représenta la ville de Dublin depuis 1832 jusqu'en 1830. .Sa réélection par les électeurs de cette ville ayant été annulée, il reçut du bourg de kilivenny un nouveau mandat de rejirésentant; mais il fut élu à Dublin en 1837. Enfin, aux élections de 18il, il reçut son mandat de la ville de Cork, et il l'a conservé jus- (lu'à la fin de sa vie. Peu d'incidents ont marqué sa vie parlementaire ; le plus remarquable a été sa motion présentée au parleuienl le 22 avril 1831- pour solliciter le rappel de l'union. Le discours qu'il prononça à celte occasion ne dura jias moins de six heures. A|)rès un débat qui se prolongea pendant cinq séances, la motion fut repoussée par 523 voix contre 38. Un seul membie anglais avait voté pour. Les 30 à 40 Irlandais qui volaient constamment avec l'agitateur, et qu'on surnommait la queue d'O'ConneIt, exercèrent une certaine influence lorsque les forces des partis se balancèrent à la Chambre des communes. Les amis d'O'Coniiell soutinrent au ministère lord Melbourne et les wighs de 1835 à 1841, et il en résulta pour O'Conncll une certaine autorité sur le gouvernement de l'Irlande. Aussi le cabinet montrait-il des dispositions i)lus conciliantes, lorsque Uobert Peel jwrvint au pijuvoir. L'agitation irlandaise avait recommencé sur une plus vaste échelle, et O'Connell, réorganisant l'association sous le nom de société nationale, apparut plus menaçant que jamais aux regards de l'Angleterre. Il était un jour en Irlande haranguant les meetings , et le lendemain h la Chambre des communes, luttant cor|)S à corps avec lord Stanley, son antagoniste personnel, qui venait de jeter à l'Irlande une violente provocation en présentant un bill sur l'enregistrement des électeurs irlandais, bili dont le but était, disait 0'Coiniell,d(! livrer l'Irlande, pieds et poings liés, à la fureur des tories (18U)). La victoire resta à O'Connell, et lord Stanley, qu'il surnommait le Scorpion, dut retirer son projet après en avoir, pendant plus de la moitié d(! la session, occupé la Cluunbre. L'année 18V3 vit se prnduue les meetings monstres de Tara , de Curragh , de Kildare, de Mullaghmast. Le peuple irlandais marchait ct)iume un seul homme, avec une précision, une disci|)line dont on ne l'aurait pas cru ca|)able , et le nouveau roi de la verte Krin annonçait à l'Kurope (ju'il était à la tète de 50O,O0li sujeis loyaux, mais prêts à mourir ])')ur la cause du rap|)el. Le gouvernement, s'uiquiélai;! d'un mouvement aussi foruiida- Lle, défendu le grand meeting de Clontart
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qui devait se tenir le 8 octobre 1843, et, le 14 du même mois, O'Connell fut mis en accusation. Il fut condamné à un an de prison et à deux mille livres d'amende ; mais trois mois plus tard la cour des lords cassa cet arrêt. —Le 1" novembre 1841, l'Irlande était entrée en jouissance du bill qui réformait ses corporations municipales, et O'Connell fut nommé lord-maire. Ce fut, dit l'auteur déjà cité, un grand jour pour l'Irlande que le jour où le cham[)ion des droits populaires put revêtir l'écarlate et l'hermine, insignes de l'autorité qui lui était confiée par les deux cent mille citoyens de Dublin. Il y avait plus de deux siècles qu'aucune ville n'avait eu un catholique à la tête de son administration. Les dernières années de l'agitateur furent troublées par d'amers chagrins. La disette de 1844 plongea le peuple irlandais dans une extrême détresse. D'une autre part, au moment oîi la bonne harmonie devenait plus nécessaire que jamais pour atteindre le but de tant de fatigues, de travaux, de luttes de toute espèce, il eut la douleur de voir la division affaiblir la vigueur de ce parti national d'Irlande dont la force et l'ascendant étaient presque exclusivement son œuvre. Le parti de la Jeune-Irlande eut l'ingratitude et commit la faute de se séparer de lui, et de se donner d'autres chefs, parmi lesquels il faut distinguer Smith O'Brien, que lui-même avait désigné pour être son liéritier présomptif. 11 se préparait à remédier au mal que causaient ces luttes intestines, cjui de tout temps ont facilité les victoires de 1 Angleterre, lorsqu'il sentit pour la première fois ses forces défaillir. Les années s'étaient accumulées sur sa tête , et les maladies venaient à la suite. Les médecins durent lui interdire toute occupation sérieuse, et il entreprit un pèlerinage à Rome. Après avoir traversé la France et Paris, il était arrivé par Marseille à Gênes , et c'est dans cette ville que l'illustre agitateur succomba le 15 mai 1847, âgé de 72 ans, après avoir reçu tous les secours de la religion. Il avait légué son cœur à Rome , et son corps fut rapporté en Irlande. O'Connell avait épousé, à l'âge de 28 ans, une cousine, fille du docteur O'Connell de Tralee. Le mariage s'était fait secrètement, parce que sa famille lui proposait de brillants partis. II a laissé quatre fils, Morgan, Maurice, John et Daniel ; les trois derniers font partie du Parlement britannique. John, qui l'accompagnait dans sou voyage, se rendit à Rome, où il reçut de Pie IX l'accueil distingué que ce grand' pontife réservait au père. — Le P. Ventura, à Rome, et le P. Lacordaire, à Paris, prononcèrent son Eloge funèbre. On a une Biographie de Daniel O'Connell, par Jules Goiidon, Paris, 1847, gr. in-18de 131 pages. — Nous avons pensé | qu'on nous excuserait d'avoir donné un cer- ' taindévelo|(p('ment à la notice de cet homme illustre, {larce que sa vie est l'époque d'une phase nouvelle dans l'histoire religieuse de l'Angleterre et de i iilaiide; que les circonstances ilans lesquelles il se trouva ouvrirent à ses pas une voie exceptionnelle, et qu'il