‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 56 sur 341 · IG · texte numérisé non relu

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IX de VAmplisfîma roUectio du P. Martine :

il I st plein fio réilexioiis jiidicicusps; sa /rnduction fnnr.iise de la Morale et de la Foliliiric (i'Aristole, (ju'il entreprit, ainsi f]uc ia suivante, jiar ordre de Charles V; celle ilu trailL' de IVtrarjuc, ih^'i Rimrdes de l'une et de l'aulre fortune. On le fnil auteur d"uno version de la Bible, qii" dautres attribuent avec plus de vraisemblance à Guyarl des Moulins.

OKFANEL (Hyacinthe), dominicain esnagnol, né à Valence en 1578, fut brOlé vif (lins sa niissio I du Japon, eu \^y2L II e-t auteur d'une Ilistoin de la prédinUion de VEinnrjile au Japon, depuis 1()02 jusqu'en 1621, Ma Irid, lG;i3, in-V".

OKICHOVIL'S ou OREGHOTIUS (Stasis- LAS). Vni/. Okski.

ORIENTIUS, écrivain ecclésiastique, que l'on confond souve t avec un évoque d'Élvire en Espagne, vivait dans le v siècle. 11 était évèque d'Auch et mourut vers Fan Î50. Il culliva la mor.de et la poésie. Dans la Bibliothèque des Pires, et dans le Trésor du P. Martène, on trouve de lui des Avertissements aux fidèles {Commonitorium), en vers, dont la poésie faible est relevée par rexce'leuce des préceptes qu'il y donne. — Pour la puilicalion de ses OEurres par M. l'abbé .Migne, roij. Pàui.iN de Noie.

OHir.ÈNE, doi'teur de l'Ej^lise, naquit Ji Alexandrie l'an 185 de Jésus-Christ, et fut surnommé Adumantius, à cause de son assiduité infatigable au travail. Son père, Léonide, i'éleva avec soin dans la religi m chrétienne et dans les sciences, < t lui a|iprit de bonne heure l'Ecriture s.untc. Ori^ène donna des preuves de la grandeur de son génie dès sa [tlus tendre jeunesse. Clément Alexandrin fut son maître. Son père ayant été dénoncé comme chrétien et détenu dans les prisons, il l'exhorta à soiiQ'rir le maityre })lutùt que de renoncer au cliristianisme'. A 18 ans, il se trouva chargé du soin d'instruire les fidèles à Alexandrie. Les hommes et les femmes accouraient en foule à son école. La c.domnie j)0uvait l'attaquer : il crut lui fermer la bouche en se faisant eunuque, s'iiiia,..;inant être autorisé à celte barbarie par' un passage de l'Evangile pris selon la lettre, (/ui lue, comme s'ixprime saint Paul, au lieu de le saisir selon res])rit, qui vivifie. Après la mort de Septimc-Sévère, un des plus ardents persécuteurs du christianisme, arrivée en 211, Origène aila à Rome, et s'y lit d vs ,;dinira(euis et des amis. De retour h Alexandrie, il y rcjirit ses leçons, à la prière de Démétiius, qui en était évèque. Une sédition qui arriva dans celte ville le Ut retirer en secret dans ïa P.destine. Celti! retraite l'exposa au ressentiment de son évoque. Les prélats de la iiroviuce l'engagèrent, <i force il'instances, d'expliquer en puldic les divines Ecritures. Démétrius trouva si mauvais que cette fonction importante eilt été coniii'e h un homme (]ui n'était pas prêtre, qu'il ne put s'empècherd'cu écrire aux évoques de Palestine, conmie d'urle nouveauté inouïe. Alexandre, «■véquc de

Jérusalem, et Théoctiste de Césarée, justilièfent haulement leur conduite. Ils alléguèrent que c'était une coutume ancienne et générale, de voir des évoques se servir indiifi'remraeiit de ceux qui av.iient du talent et de la jiiété, et que c'était une espèce d'injustice de fermer la bouche à des gens à qui Dieu avait accordé le don de la parole. Déméli'iiis, insen.sible à leurs taisons, rappela Origène, qui continua d'étonner les iidéles j;ar ses lumières, par ses veitus, par ses vel!es, ses jeûnes et son zèle. L'Achaie se trouvant aOligée de diverses hérésies, il y fut appelé peu de temps après, et i'y rendit avec des lettres de recommandslinn de son évéqu;'. En passaiit à Cés.rée de Palestine, il fut ordonné prèire par Théoctiste, évéque de cette ville, avec l'approbation de saint Alexandre do Jérusalem et de plusieurs autres i)rélals de la province. Cette ordination occasionna de grands troub'es. Démétrius dépos-i Origène dans deux conciles, et l'excommunia. 11 alléguait : 1° qu'Origène s'était fait eunuque ; 2° qu'il avait été ordonné sans le consentement de son propre évéque ; 3" qu'il avait enseigné plusieurs erreurs, entre autres cho>es que le démon serait enlin sauvé et délivré des peines de l'enfer, etc. Origène se nlaignit k ses amis des accusations qu'on lormait contre lui, tlésavoua les erreurs qu'on lui imputad, et se retira, en 231, à Césarée en Palestine. Théoctiste l'y reçut comme son maître, et lui confia le soin d'interpréter les Ecritures. Démétrius étant mort en 231, Origène jouit du repos. Grégoire Thaumaturge et Athénodore son frère se rendirent auprès de lui, et en afiprirent Jes sciences humaines et les vérités sacrées. Une sanglante persécution s'élant allumée sous Maximin contre les chrétiens, et particulièrement contre les prélats et les doct. urs de l'Elglise, Origène demeura caché pendant deux ans. La paix fut rendue à l'Eglise par Gordien, l'an 237 ; Origène en i)rolita ))our faire un voyage en Grèce. Il demeura quelque temps à Athènes, et après être retourné à Césarée, il alla en Arabie à la prière des évêques de celte province. Leur iixjlif était (le retirer de l'erreur l'évéque de Bostre, nommé Bcnjlle, qui niait ipie (( Jésiis- « Chiist eût eu aucune existence avant l'in- « carnation, voulant qu'il n'eût commencé « cl être Dieu qu'en naissant de la Vierge. » Origène parla si éloquemment à Bérylle, qu'il rétracta son erreur et remercia depuis Origène. Les évéques d'Arabie l'appelèrent à un concile iiu'ils tenaient contre certains hérétiques, qui assuraient que « la mort « é ait commune au corps et à l'àme. » Origène y assista, et traita la question avec tant de force, rjuil l'amena au chemin de la vérité ceux qui s'en étaient écartés. Cette déférence des évèques pour Origène, sur un point qu'on croit être la princi; aie de ses erreurs, semble l'en justilier p!eiiiement. Dèce ayant smcédé, l'an 2V,t, à l'eiuiiereur Philippe, alluma une luiuvellc peis. cution. Oi'igène fut mis en iMison. On le chargea

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do cliaînos ; on lui mit au cou un carcan de fer et des entraves aux iiieds : on lui flt souiïrir jikisieurs autres tOiU'monts, et on le inen.'iça souvent du feu ; mais on ne le fil pas mourir, dans respérance d'en abattre ]ilusieuis fiar sa chute, et à la lin il fut élargi. Il mourut à Tyr, peu detem[)s af)rès, l'an i5i, dans sa GY anné •. Peu d'auteurs ont autant travaillé rpie lui; peu d'hommes ont été aulanl admir. s et aussi universelleiïient estimés qu'il le fut pen lant longtemps. Personne n'a été plus vivem nt attaqué et poursuivi avec plus de chaleur qu'il l'a été pendant sa vie et a|)rcs sa mort. On ne s'est pas contenté d'attaquer sa doctrine, on a attaqué sa conduit''. On a prétondu q' e* pour sortir de sa prison, il fit sembla t d'offrir de l'encens à l'idole Sérapis à Alexandrie; mais on peut croire que c'est une imposture lbr..;ée par ses ennemis, et rapportée trop léji,érement par saint Epiphane. Ses ouvrages sont : une Exhortation aa martyre, qu'il com()Os:i pour aiàuier ceux qui étaient dans les fei's avec lui ; des Commentaires sur l'Ecriture sa]nte. Il est peut-être le premier qui l'ait expliquée tout entière. Il semlile ce[ienilant qu'on peut douter si l'Exposition sur l'Epitre aux Romains es! de lui, puistju'eile parait être u'un auteur latin, counne on voit dans ce |)assage : « Scien- « dam primo est, ubi nos habemcs, omnibus « qui sunt inlcr vos i\ greco, n vbetlr « omni qui est inter vos. » Les explications étaient (ie truis sortes : des Notes abrégées sur les endroits diiliciles, des Commentaires étendus où il donnait l'essor à son génie, et des Homélies au peuple, où il se bornait aux explicaiions morales, [)oin' s'accommoder à la portée de ses auditeurs. 11 nous reste une grande partie des Commentaires d'Origène ; mais la plupart ne sont que des traductions fort libres. L'on y voit partout un grand fonds de <loctiine et de piété, il tr.ivaiila à une éd.tion de l'Ecriture à six colonnes. !1 l'uititula Hexaples. La première contenait le texte hébreu en lelires hébraïq .es ; 1 1 deuxièaie, le môme texte en lettres grecques, en faveur de ceux qui entendaient l'hébreu sans le savoir lire ; la troisième renfermait la version d'AquHa; la quatrième colonne, celle de Sijmmuque ; la cmquième, celle des Septante, et la sixième, celle de Théodotion. 11 re-;ardait la version dfis Septante comme la plus aulhentiqiie, et celle sur laquelle les autres devaient être corrigées. Les Octaples contenaient de plus deux versions grecques qui avaient été trouvées dei)uis ])eu, sans qu'on en connût les auteurs. Origèiie travailla à ren Ire 1 édition des Septante sullisante pour ceux qui n'étaient poiut en étal de se procurer l'édition à })lusieurs colonnes. On avait recueilli de lui plus de mille Sermons, dont il nous reste une grande partie. Ce sont des discours familiers qu'il prononçait sur-lecliamp, et des notaires écrivaient pendant qu'il parlait, par l'art des notes, qui s'est perdu. 11 avait ordinairement sept secrétaires, uniquement occupés à écrire ce qu'il

dictait. Son livre des Principes. Il l'intitula ainsi, parce qu'il prétendait y établir des princiites auxriuels il faut s'en' tenir sur les matières de la reli^on, et qui doivent servir d'introduction à la thénlo:i;ie. Nous ne l'avons que de la ver ion de Hutiii, qui déclare lui-même y avoir ajouté ce qu'il lui a plu, et en avoir ôté tout c^ qui lui paraissait contraire à la doctrine de l'Eglise, principalement touchant la Trinité. On ne laisse pas d'y trouver encore des principes penicieux. On croit y découvrir un système fout fondé sur la philosophie de Platon, et dont le principe fondamental est, que toutes les peines sont médicinales. On l'a accusé d'avoir fait 'Dieu matériel, mais il réfute si bien cette erreur, qu'il est raisonnable de donner un sens orthodoxe à quelques expressions peu exactes. 11 dit que « Dieu n'est ni un corps, ni dans un corps, « qu'il es: une substance sim[>le, intelli- « geiite, exempte de toute composition ; « qui, sous qu Ique rapport qu'on l'cnvi- « sage, n'est qu'une âme et la source de « toutes les intelligences. Si Dieu, dit-il, « était un corps, counne tnut corps est com- « posé de ma ière, il faudrait ainsi dire que .( Dieu est matériel; e' la malièie étant es- « sentie'lement corruptible, il faudrait en- « core dire que Dieu est corruptible. » Le Tra/Ze contre Celse. Cet ennemi de la religion chrétienne avait publié contre elle son Discours de vérit^, (jui était rempli d'injures et de calomnies. Origène n'a fait paraître dans aucun de ses écrits autant de science chrétienne et profane que dans celui-ci, ni employé tant de preuves fortes et soliJes. On le regarde comme l'apologie du christianisme la plus achevée et la mieux écrite que nous ayons dans l'antiquité. Le style en est beau, vif et pressant ; les raisonnements, bien suivis et convaincants ; et s'il y lépète plusieurs fois les mêmes choses, c'est ()ue les objections de Celse l'y obligeaient, et qu'il n'en voulait laisser aucune sans les avoir entièrement détruites. Il e-t remirquable que ces objections sont presque toutes les mômes que les prétendus ])hilo^ophes du xvni' siècle ont ressassées : pauvres copistes qui n'ont pas même le funeste mérite d'imaginer des erreurs et des blasphèmes, et qui, se parant de cette triste gloii'e, sont obligés de recourir à des sophistes oul)lîés depuis dix siècles. A peine Origène était-il mort, que les disjmtes sur son orthodoxie païuient se f)rtiller. Dans le iv° siècle, les ariens se servirent de son autorité pour prouver leurs erreurs. Saint Athanase, saint Basile et Grégoire de Nazianze le défendirent, comme ayant parlé d'inie manière orthodoxe sur la divinité du Fils. Siint Hilaire, Tite de Bostres, Didyme, saint .\mbro!se, Eusèbe de Veiceil el saint ^ (irégoire de Nysse ont cité ses ouvrages ^ avec éloge ; mais Théodore de .Mopsueste, ApollinMire et Césaire ne lui ont pas été favorables ; et saint Basile dit expressément (de Spirita sancto, chap. 20) « qu'il n'a pas « pensé sainement sur la divinité du Saint ■

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« Esprit. » Il fut condamné dms le cinquième concile gf^néral. Le pape Vigile le condamna, de nouveau. Saint Kpiphane, Anastase le Sinaile, saint .lean Cliinacpie, Li^'once de Byzance, Sopliionius, patriar'ciie de Jérusalem, Antipaler, ('vôque do Bosires, s'élevf'cent avec vigueur contre sa doctrine ; le ])apc Pelage II dit que les iic'Téjiarqiies n'ont rien ensi).j,né de plus [)ernicieiix qn'Origène. On trouve dans les actes du sixième concile un édit de Constantin l'ogonat, et une lettre du pape Léon 11, où il est compté avec Did^me et Lvagrius parmi les tliéomagues, ou ennemis de Dipu. Le pape saint Martin I" le frappa d'aiiathème dans le premier concile de Latran, en Gkd. Saint Augustin, saint Jean de Damas et saint Jérôme ont écrit contre les origénistes. Dans le même siècle où s'éleva la dispute sur l'orthodoxie d'Origène, Jean de Jérusalem et Rulin firent son a, ologie, et saint Jean-Clirysoslome se joignit à eux. Saint Panipiiile prit aussi sa défense, Tliéotime de Tomi refusa de le condamner, et Didyme tàciade donner un sens catholique à ses passages sur la Trinité; d'autres, en condamnant les erreurs contenues dans ses livres, prétendirent qu'elles avaient été ajoutées par les hérétiques. 'riiéii|>hilc d'Alexanilrie accusa les moines de Nitrie d'origénisme, et les condanuia dans un concile d'Alexandrie.

Son jugement fut approuvé par le pape Anoslaso. Dans le iv s;ècle, l'empereur Justinien se déclara ennemi de sa mémoire, écrivit une lettre h Mennas contre sa doctrine, donna un édit contre lui l'an 6i0, le fit condamner dans un concile tenu la même amiée h Constanlinople, do it les Actes ont été recueillis avec ceux du cin(iuit'me concile général. On peut consulter sur ce sujet : la Vie de Tcrtullirn et d'Oriycne, par le siiur de la Mothe (c'est-à-dire par Thomas, sieur du Fossé), imprimée à Paris en 1(575 ; les Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique, de Tdlemont, tome III, où il justifie autant ([u'il |)eut Origène : il dit qu'il n'a jamais été obstiné dans ses sentiments, nie qu'il ait ollert de l'encens aux idoles, rejette la narration de saint Epi()hane, de même que Baronius ; mais le P. Pagi, Petau et Huet ont pensé bien ditléremment. Un théologien ascétique a cru « que la science « et les vertus précoces d'Origène, trop ad- « mirées et trop exaltées, la démarche in- « considérée do son père, qui allait baiser « avec respect la poitrine de son enfant, le « biuit que ses actions et que ses livres fi- « rent dans le monde, la considération que « lui témoignèrent les évoques, etc., lui « avaient entlé l'esprit et préparé une chute « contre laquelle il n'y a que l'humilité et « la crainte du Seigneur (jui puissent nré- « munir les hommes illustres par les dons « de la nature et de la grAce. » Du Pin, dans sa l{ililiolli'(/ne des dittcurs ecclésiastiques ; Ci'iWu'e, Histoire des auteurs sacrés tt ecclésiustit/ues, loines 11 et 111, article P\m- PUM.ii; Do .cm, jésuite. Il stuire de l'oriijénisine; VOriyenes defensus du P. Halloix;

les Origeniana de l'illustre Huet, qui a publié ce qui reste des commentaires d'Origène sur le Nouveau Testament, en uie(^ et en latin, 2 vol. in-fol., avec la Vie d'Orii/ène, et des notes estimées. Dom de Montfau.on a donné les Hexaples en 1713, en deux vol. in-fol. On a actuellement une édition complète des OEuvres d'Origène, en 4- vol. infol. Cette édition a été commencée par le P. Charles de La Rue, bénédictin, mort en 1739, et continuée par dom Charles- ■Vincent de La Ru , son neveu, qui a donné le quatrième et dernier volume à Paris, en 1759, avec des notes sur plusieurs endroits des Orifjeniann de Huet. On trouve aus-i les 'OEuvres d'Ori,;ène dans la Bibtinthèque des saints Pères, publiée <i Paris, 1820-1827.

OKICÈNE, (itrimpur, était Egyptien. Il ense gna, vers l'an 290, que 'e mariage était de l'invention du démon; qu'il était permis de suivre tout ce que la pas.^ion pouvait suggérer de ]ilus infihne, afin que l'on (mpècliàt lagénérationparte:levoiei|U. l'on pourrait inventer, même par les plus exécral)lesmiiyins. L'Impur eut des sectateurs qui furent rejelés avec hoiaeur par toutes les églises. Ls se pei-pétuèrent cependant jusqu'au v siècle.

OlllCNY (Jean d'J, jésuite, né à Reims, vivail sur la fin du xvir siècle et au commencement du xviii'. Il s'appliqua tour à tour à l'enseignement et à la direction des âmes, et composa plusieurs ouvrages, entre autres : Vie du P. Canisius, Paris, 1707, in-I2 de 438 pages; Iraduile en latin par P. Python , Munich , 1710 , in-8"; Vie du P. Anl. Pussevin, \b\d., 1712, in-12, curieuse et recherchée; Vie de saint Rémi, Chàlons (l'aris), 1714, in-12; Vie du P. Edmond Auger, confesseur et prédicateur du roi Ihnri , II, Lyon, 171(i, in-12; Histoire de l'institution de la congrégation de Notre-Dame, iNancy, 1719, in-12.

ORIOL (Pierke), en latin Am-eolus, natif de Verberie-sur-Oise en Picardie , chanouie régulier du Val-des-Ecoliers à Royall.eu, dans la forêt de Cuyse,à trois lieues de Compiègne, prieur de son ordre à Troyes, enseigna la théologie à Paris avec taiit de réputation qu'il fut surnommé le Docteur éloquent. On a de lui des Cotnmentaires fort subtils sur le Maître des sentences, Rome, 1595 et 1605, 2 vol. in-fol., et un abrégé de la Bible, intitulé Breviarium Bibliorum, Paris, 1508 et 1685, in-8°. Oriol fut archevêque d'Aix en 1321 ; il vivait encore en 1345. . ORLANDIM (Nicolas), jésuite, né à Florence en 1554, fut recteur du collège de Noie, et mourut à Rome le 27 mai 1606. lia composé en latin l'Histoire de ta compagnie de Jésus, imprunée à Colog.ue en 161o. et à Rome en iG20, en 2 vol. in-fol. Pou. compléter cet ouvrage, il faut yjoindre les quatre volumes du P. Sacchinî, le volume du P. Jouvenci, 1710, in-fol., et le vo urne du P. Cordara, 1750, in-fol. Le latin d Orlandini est pur et trè.s-élégant, son sty e nombreux et liche, |)lein de di^^ndé et d'une cadence agréalde. Comme l'auteur, homme ne probité et d'uu esjirit juste, n'a travaillé qua

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sur des mémoires fournis par des gens instruits, et ordinairement par des témoins oculaires, sa narration ne doit pas être suspecte. ORLÉANS DE La MOTTE (Louis-François- (ÎAiiRiEL d'), l'un des plus vertueux évoques du xviii' siècle, naquit à Carpentras, l'an 1G83, d'une famille noble. Successivement clianoine-théoloy;al de l'église de cette ville, grand vicaire d'Arles, administrateur du , diocèse de Senez , il fut nommé l'an 1733 évéque d'Amiens. Il ne dut cette dignité qu'à ses qualités personnelles; jamais, en ell'et, il n'avait ajiproclié de la cour, .et la capitale (chose ])eut-ôlre unique dans ce siècle) ne l'avait pas vu une seule fois. Ses vertus se manifestèrent avec un nouvel éclat après sa promotion. La principale fut son humilité. « Les hommes (disait-il) nous louent |)our « la moitié de notre devoir t|ue nous faisons, « et nous devons tremhler [)Our l'autre moi- « tié que nous ne faisons pas. » Vivaijtsans fasie et comme un simple prêtre, à peine avait-il les meubles nécessaires pour ses besoins. 11 n'était que dépositaire de ses revenus, dont les pauvres étaient les usufruitiers, pour la jilus grande partie. Dans les saisons les plus rudes, il rejetait tout adoucissement. « L'aspérité des saisons ( selon lui ) est une <i espèce de pénitence publique que Dieu « impose aux hommes; il n'y a qu'une dis- « position anticlirélienne qui peut seule « chercher à en éviter les rigueurs. » Ses visites pasto;-alcs dans les cam|iagnes étaient pour lui une mission continuelle. 11 prenait plaisir à s'entretenir avec le peuple laborieux, cjui, selon un auteur moderne , expie les crimes des grands. Dans le temps des atl'aires des jésuites, il se distingua beaucoup en faveur de ces religieux. Ce digne évoque, accablé sous le poids des années et des inhrmilés, mourut à l'âge de 91 ans, le 10 juillet 1774. Comme un nouveau François de Sales, il alliait à l'aménité du caractère la vivacité de l'esprit le plus aimable : bienfaisant, charitable comme lui, le plaisir de soulager les malheureux était un besoin pour son cœur : comme lui enlin, homme sans préjugés, prélat sans ambition, M. d'Orléans de La Motte fut tout à la fois le modèle des pasteurs, l'exemple de son clergé, l'apùlre de son diocèse, et les délices des gens de bien. La graviié |)as(orale et l'austérité chrétienne n'avaient point étouUe en lui la plaisanterie honnête, et même piquante , que ' l'occasion faisait briller pour un moment, comme une lueur rapide, sur sa bouche ingénue. Entre autres saillies vivi's qu'on lui t attribue , nous ra.iporterons celles-ci. Des 1 I personnes accoutumées à venir chez lui, f I avaient pris l'habitude de se tourner le der- \ rière vers la cheminée, après avoir relevé les basques de leurs habits, pour se chautî'er plus à leur aise. Cette habitude, si fort adoptée par nos petits-maîtres, parut indécente au prélat. « Je savais bien (leur dit-il avec « son air enjoué) que les Picaids avaient la « tète chaude, mais je ne savais pas qu'ils « eussent le derrière froid. » — Le cardin .1 de Fleury, auquel Al. de La Molt.' faisait une DiCT. DE Biographie kelig. III.

visite en passant par Versailles, lui demandait s'il venait do bien loin : « Sans faire « beaucoup de chemin (répondit-il), j'ai vu « en deux jours les deux bouts du inonde, « la Trappe et la cour. » Gresset lui ayant demandé h quelle cause il fallait atîribuer l'esprit irréfigieux des écrivains du siècle : Cest le cœur, dit-il, qui leur fait mal A la le'le.

— Il domaniiait un jour à un prédicateur s'il faisait ses sermons. Celui-ci parut sur|)iis et en .quelque sorte olfensé de ce que le prélat semblait le soupçonner de prêcher /es sermons d'autrui. « Je" vois bien, mon clicr « abbé (lui dit alors M. de La Motte) , que « vous ne comprenez pas ma pensée : je v(jus « demande si vous faites ce que vous dites? « Voilà ce que j'appelle faire ses sermons. »

— Le saint évêque, dans sa vieillesse, avait la tête fort chauve. Un jour qu'il dinait chez lin maréchal de France, ce seigneur, en le plaisantant sur le ton de l'amitié, lui conseillait d.~ prendre perruque. « Je voudrais au- « paravant (répondit M. de La Motte) savoir « ce qu'en |>ense madame la maréchale. » La dame répondit que la plus bridante per ruipie, à son avis, lui irait bien moins que son peu de cheveux « S'il s'agissait de quel- « ques dis|)Ositions miliiaires (reprit alors le « prélat), je ne voudrais prendre conseil que « de M. le maréchal; mais, en fait de toi- « lette, on conviendra que je puis m'en tenir « à l'avis des daines. » Une dame lui exposait ses inquiétu les occasionnées par les diverses décisions des casuistes qu'elle avait consultés sur l'usage du rouge. « Je vous « entends, madame, lui réjiondit le saint « évoque. Les uns vous l'interdisent absoluci ment, et ils vous paraissent bien sévères, «je le crois; les autres vous le permettent « sans difhculté, et vous les trouvez bien « reklchés, cela est juste : pour moi , qui '< aime qu'en toute chose on garde un juste « milieu, je vous permets d'en mettre d'un « côté. )' Ses Lettres spirituelles ont été imprimées à Paris, 1777, en 1 vol. in-12. Elles renferment le double avantage de l'instruction et de l'agrément. Tout y respire la candeur, la droiture, le désir du bien, et surtout de cette noble simplicité qui caractérisait cet illustre évêque. Ceux qui souhaitent de voir plus de détails sur la vie de ce respectable prélat, doivent lire l'Eloge qu'en a l'ait Louis-Charles de Machault, son successeur dans l'évêché d'Amiens, Mons, 177i, in-4-°, ainsi que les Mémoires pour servir à sa Vie, Paris, 1783, 2 vol. in-12; et sa Vie par l'abbé Proyart, Paris, 1788, 1 vol. in-12.

ORLE.VNS (Louis, duc d'), premier prince du sang, tils du régent , né à Versailles le k aoilt 1703, mort le k février 1752, eut une jeunesse assez dissipée : mais après la mort de son père et celle de sa femme, il quitta je monde pour se consacrer à l'étude de la religion et des sciences. Les œuvres de charité remplirent tous ses instants, ce qui fit dire à la reine que « c'était un bienheureux « qui laisserait après lui beaucoup de malci heur 'ux.» On a dcluifilusieurs ouvrages en manuscrit. Li Traduction lillérale des Psau-

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mes, faito sur l'hébreu, nvec une Paraphrase et des Notes , e-il l'un di-s plus complets.

OULKANS le Père d'). Voi/. Dori.é\>s.

OKOIUO (IsAAC DE Castro] , fameux juif es!)ai;;MOl, ué au commcnccdient du xvir sièc:ê, fut élevé dans la religion jii laïque p^T son père et par sa mère, q oiqu'iN tissent profession extérieure de la religion callioli- (jue. Il étudia la pliilosiiijliie seolastique, et y lit de si gr.in.is progrès, ipi'il fit fait l'Cteur en niailiéniatiques dans l'université de Sahnuanque. Orobio s'appliqua à la médecine, et 1 ex rçaavec succès ; mais ayant été accusé de judaïsme, il fut mis (hns 1rs prisoi s de l'inquisition, où il resta pendant trois ans sans rien avuuer. Sa liberté lui ayant été rendue, il passa en France, et de.ueura que'iiue temps à Toulouse, exerçant la médecine et prof ssant exiérieurement la religion catholique. Orubio, las de porter le masque, se retira à Amslerdam , quitta le nom de don Baltliasar, qu'il avait porté jusqu'alors, prit celui d'Isaac, reçut la circoncision, et mourut en 1C87, dans l'indifférence de toutes les religions. Les trois petits éciits qu'il composa en latin, à l'occasion de la lamciise confér.'nce qu'il eut avec Philippe de Lunborch sur la ndigion chrétienne , .«ont imiirimés dans l'ouvrage de ce dernier, intitulé : De veritate rtligionis cliristianœ arnica collntio cum erudilo Judœo , tlouda, 1687, in-V"; Bàle, 17i(), in-8°. Voy. Limbouch. On a d'Orobio : Certamen plnlosuphiruni adversus Spinosam, Amsterdam, 1681, lo8i, 170;J et 1730, in-12; Prevenciones divbuis contra la vuna idolatria de las ç/eiiles (contre le système de Spino-a), et d'autres ouvrages niss.

OROSK (Paul', historien, piètre de Tarragone, en Catalogne, fut envoyé jiar deux évoques espagnols, l'an 414, vers saint Augustin. 11 demeura un an avec le saint docteur, et lit auprès de lui de grands progrès dans la science des Ecritures. Il alla de sa part, en 415, à Jérusalem, [loar consulter Jérôme sur l'origine de l'jime. A sou retour, il composa, par le conseil de l'illuslrc évoque d'Hippone, son Histoire en sept livres (7//storiaram adversus paijanos libri Vit ), depuis le commencement du monde jusqu'à l'an 316 de Jésus-Christ. Le style en e-t clair et coulant. H s'y applique surtout h jirouver contre les paiens, que les malheurs qui aflligeaieni le niond.; ne venaient point do ce que l'on nii''prisait les anciennes superstitions de l'idoiAtiie. L'ai.teur n'est pas en garde contre los fables et les b uits populaires. La première édition est de 1471 , Augsbourg, in-fol. Les meilleures sont celles de 1615, in-l-2, Majence, par le P. André Scliott, avec les n .tes de Laurent Lautius et d'^ François Fabricius, mort en 1573, recteur de Uusscldorf, et d(jnt on a des Editions et des Notes ou Commentaires de divers auteurs latins; de 17;i8,pui)liéc àLeyde par Havercam[>, et de 1707, iii-4". L'histoire d'OrosC a été traduite dans presque toutes les l.ingucs de i'Kurope.On a en français une version publiée à Paris en 1491, m-fol. , et attribuée à Claude deSeissel. Ou a encore de Paul Orose :

ORt

une Apotogie du libre arbitre contre Pelage ; une Lettre à saint Augustin sur les erreurs des priscillianistes et des origénisl?s. — M. .Vligne a publié les OEurres très complètes de Drxter et d'Orose , chronologues espag ois, reproduites d'après les éd. lions de Bivarius et d'ILivercamp, revues et corrigées d après les plus anciens manuscrits; euricliics des notes et de-; commentaires de divers aut.mrs, de fac-similé de m'>(laill 'S anciennes, suivies des opuscules de Leporius, etde.livers écrivains cuitemporains de saint Au.uistiii, 18V6, 1 vol. in-4°.

OllSI ( Josi;pH-Aur,LSTiN), cardinal, né à Floreicele!) mai 1692, (irit l'habit de Saint- Domiiiii[ue, et prolita des leçons et des exemples des hommes pieux et savants que reiKeriiiait cet ordre. Ap;ès avoir professé la théologie et rempli l'emploi de maître du sacré palais, il fut himoré de la pourpre romaine par Clément XIII, en 1759. Son élévation ne changea rien au caractère de son Ame siiuiile et modeste, ni à celui de son esprit uniquement occupé de l'étude, et de son zèle pour la gloire de l'Eglise. 11 est principalement co nu par une Histoire ecclésiastique, en ^0 vol. in-4° et ùi-S', un [)eu prolixe, mais très-bien écri e, en italien. Le 20' volume de ce savant ouvrage a été pulilié en 1761, année de la mort ue cet illustre cardinal. H contient la fin du vr siècle, depuis l'an 587 jusiju'à l'an 600. On voit quelle aurait été l'i tendue de ce livre, si l'auteur l'avait poussé jusqu'à son temps. Cette histoire a étéconiiniiéepar le P. Philiiipe-Ange Becchetti, du môme ordre. Le tome XXI de celle continuation a paru à Rome en 1779, in-4°, et renferme i'iiistoire de l'Eglise jusqu'à l'an 1179. On a encore de lui : Infallibilitas romani pontifias, 1741, 3 vol. in-4°. Il a donné, en outre, plusieurs Dissertations savantes sur des matières de religion et de controverse.

ORTIZ (Alphoxse), chanoine, né à Tolô'le , au milieu du xv' siècle, mort vers 1530, s'appliqua à l'étude des matières ecclésiast qui's. Sa science et son mérite lui procurèrent un canonicat dans la m 'tropole de sa p.itrie. Le ca.dinal Ximénès l'honora de sa co .iiance, et le chargea de rédiger l'Office mozarabe : Ortiz s'en acquitta avec intelligence. Le rit ro.uaiu avait été d'abord int.oduit en Espagne; les Coths su.islituèrent à la liturgie de Rome ceile qu'Ulphilas avait composée d'après les litu gies orientales. Saiut Léandre en lit un.j nouvelle d'après eesd.:'iix |) emières et d'après celle des Gaulois ; e le fut perfectionnée par saint Isidore, son frère. L'Espagne ayant ensuite passé sous la domin tion des S.nasiiisou Ar.ibes, on donna le nom de Mozarabique à cette liturgie : elle tit place à celle di; Rome da..s le xr et le xur siècle. Le cardinal \iniénè-. voulant perpétuer la mémoire de ce rit particulier, qui était presque tombé dans l'ounli, el (lui, comme toutes les anciennes litu gies, est une preuve sans réplique de la croyance et d.'s usages de ces siècles reculés, lit imprimer à Tolède, en 1500, le

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Missel mor.arabe, et en 1502 ]e Bréviaire ; ce ~ sont deux petits volumes in-ful. , très-rares. Orti7, en dirigea IVdition, et orna chacun de ces ouvrages d'une préface aussi savante ipie curieuse. 11 faut y joindre, pour la jiarfaite connaissance de cet ollice : VUistoire du rit mozarabe, en espa^nul, sous le litre : Brève suma y relncion de Vofficio gotico mozarabe, Tolède, IGOi, in-i°, de 23 feuillets. 11 est extrêmement rare ; Joannis Pinii liturgia mozarabica, Rome , 17i6, 2 vol. in-fol. Le P. Lesley, jésuite écossais, en avait donné une édition h Home, en t7i0, in-fol.

ORTIZ (Blaise), parent ei contemporain du précédent, chanoine de Tolède comme lui, né au village de Villa Robledo, s'est rendu célèbre par un ouvrage très-curieux et |ieu commun, dont voici le titre -.Descriptio geographiea suinmi templi Tuletani, Tolède, loW, in-8°. On trouve dans cette description un détail intéressant de tout ce qui concerne la magnificence, les ornements, les rites et les usages de cette église fameuse. L'ouvrage est cuiieux, surtout dans la partie où l'auteur ilécrit la chapelle que le cardinal Ximénès lit bâtir tout aujirès, et dans laquelle il fonda des chanoines et des clercs pour célèbrei- journellement l'ollice mo/arabe. On a encore de lui : llinerarium Adriani VI, ab Hispania Romamitsquc, ac ipsius piinti/icalus erenlus, Tolèile, 15*6, in-8", et dans IvsMiscellanea de Baluze, tom. 111, ouvrage curieux. OKTON (Job), théologien angla s, nonconloimisle, naquit à Slirewsbui-y en 1717. Il embrassa d'abord l'état ecclésiastique, et exerça les fonctions j)a>tor;iIes pendant quelques'années, dans deux congrégations; il renonça ensuiie au min, stère. Il est auteur de beancou)! d ouvrages, dont les principaux sont: Vie du docteur Doddridge; Sermon pour les vieillards, iu-12; Discours sur les devoirs du chrétien, in-12; Discours sur plusieurs sujets de pratique, in-8"; jiJédilations sur les sucreiiicnts , iii-12 ; Exposition pratique de l'Ancien Testament, G vol. in-8°. Cet ouvrage ne fut publié qu'après la ujort de son auteur ; Lettres pour l'édification des fidèles. Orton mourut en 1783.

ORVAL (Gilles d'), né à Liège, fut ainsi nommé parce qu'il se fit religieux à Orval, célèbre monastère de l'o dre de Citeaux réforihé, dans le duché de Luxembourg. 11 Qorissait daiis le xui' siècle. Nous avons de lui une Histoire des évèques de Tongres et de L ége, depuis saint Malcrue jusqu'à l'an 12+G. ELe fait partie de la Collection des histoires de Liège qu'a donnée Chapeauville en 1C22.

OSÉK, tils de Beeri, un des douze petits prophètes, et le plus ancien de ceux qui propliétisèrent sous Jéroboam 11, roi d'Israël, et sous O^ias, Joathan, Achaz et Ezéchias, ■ rois de Juda, l'an 800 avant Jésus-Lhrist. 11 fut choisi de Dieu pour annoncer ses jugements aux dix-tribus d'is.aèl, it il le lit par des paroles et des actions prophéiiquiS. Lorsque le Seigneur commença a pailer à Osée, il lui cummaada de prendie [lour lemme une prostituée. C'était pour ligurer

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J'infidèle maison d'Israël, qui avait quitté le vrai Dieu pour se prostituer au crite des i loles. Le langage typique était al ts en usage chez les Juifs et d'autres nations, et faisait une tout autre impression que de sim les paroles. Vog. Ezéchiel. Osée épousa doue Gomer, fille de Debelaim, dont il eut trois enfants , auxquels il donna des noms qui signifiaient ce qui devait arriver au royaume d'Israël. Le commandement fait à Osée a paru si extraordinaire a plusieurs inter, rètes, qu'ils ont cru que ce n'était qu'une parabole, et que cet ordre s'était passé en vision. Cependant saint Augustin l'ex|ilique comme un mariage réel avec une femme qui avait d'abord vécu dans le désordre, mais qui liepuis s'était r tirée de tout mauvais comuierce. La Prophétie d'Osée est divisée en quatorze chapitres. Il y représente la synagogue répudiée, prédit sa ruina et la vocation des Gentils; il parle fortement contre les désordres cj^ui régnaient alors dans le royaume des dix tribus. Il s'élève aussi contre les dérèglements de Juda, et annonce la venue de Sennachérib et la captivité du peuple. 11 finit par tracer admirablement les caractères de la fausse et de la véri;able conversion. Le style de ce prophète est pathétique et plein de sentences courtes et vives, très-éloquent en plusieurs endroits, quelquefois obscur, par l'ignorance où nous sommes d^ l'histoire de son temps. Osée mourut à l'âge de plus de 80 ans, vers l'année 78i avant Jésus-Christ.

OSÉE, fils d'Ela, ayant conspiré contre Phacée, loi d'Israël, le tua et s'empara de son royaume ; usais il n'en jouit pleinement que ne. fans après l'assassaiat de ce prince. Salmanasar, roi d'Assyrie, dont Osée était tributaire, ayant appris qu'il pensait à se révolter, et que, pour s'atfanchir de ce tribut, il av dt fait alliance avec Sua, roi d'Egypte, vint fondresurIsrael.il ravagea tout le pays et l«remi)lit de carnage, de désolation et de larmes. Osée se renferma dans Samaiie ; mais il y fut oientôt assiégé par le monarque as-yrien, qu;, après trois ans d'un siège où la famine et la mortalité se firent cruellement sentii-, prit la ville, massac a tous ses habitants, et la rJ'diisit en un monceau de pierres. Osée fut pris, chargé de cbaiiies, et envoyé en prison. Les Israélites furent transférés en Assyrie, à Hala et à Habor, vdies du jiays des .Mèdes, près la rivière de Gozan, où ils furent dispersés parmi des nations barbares et idof.tres, sans espérance de réunion. C'est ainsi que finit le royaume d'Israël, l'an 721 avant Jésus-Christ, 250 ans après sa séparation de celui de Juda.

OSLVNDÉK (André), né en Bavière ou en Franconie l'an liOS, apprit les langues et la théologie ;\ Witleuberg et à Nuremlierg, et fut un des premiers liisciples de Luther. Il deviiit ensuite professeur et ministre de l'univer-ité de Kueuigsberg. Il se signala parmi les luiliériens par une opin on uouville sur la justification. Il ne voulait pas, comme les autres protestants, qu'elle se fit par l'imputation de la justice de Jésus-Christ, mais par

i'o osi

l'intime union de la juslice substantielle de Dieu avec nos âmes. Il se fondait sur ces patdlcs, souvent répétées dans Isaie et dans Jéréinie : Le Seigneur esC votre justice. Car telle est la suite naturelle des explications arbitraires de l'Ecriture sainte, et de l'esprit

F rivé qui les dicte, i|u'on.v voit tout ce que on iniaoiiie- Selon Osiander, de même que nous vivons par la vie subslantielle de Dieu, et que nous aimons par l'amour essentiel qu'il a pour lui-môme, nous sommes justes par la justice essenlii'lle qui nous est communujuée, et par la substance du Verbe inc irné, qui est en nous par la foi, par la parole et par I s sacrements. Dès le temps qu'on dressa la confession d'Augsbourg, il avait fait les derniers elforls pour faire embrasser cette doctrine par tout le parti, et il la soutint 'i la f ice de Luther, dans l'assemblée de Smalkalde. On fjt étonné de sa hardiesse (comme si un seciaire n'avait pas tout le di'oit d'opposer ses opinions à celles d'un autre sectaire); mais comme on craignait de f dre éclater de nnuvelles divisions dans le parti, où il tenait un rang considérable |)ar son savoir, on le toléra. Il avait un talent particidier pour divertir Luther. Il faisait le plaisant h table, et y disait des bons mots souvent très-indécents et même impies. Calvin dit que, toutes les fois qu'il trouvait le vin bon, il en faisait l'éloge en lui appliquant cette partile que Dieu disait de luimême : Je suis celui qui sais, Eoo sim qii suM, ou ces autres mots : Voici le Fils du Dieu vivant. Il ne fut pas plutôt en Prusse, qu'il mit en feu l'université de K(enigs|)erg, par sa nouvelle doctrine sur la justilicatiou. Cet hounue turbulent, que Calvin ri|)résente comme un athéss mourut le 17 octobre lo32, à 5i ans. Son caractère emporté ressemblait à celui de Lu her, auquel il plaisait beaucoup. Il traitait d'ânes tous les théologiens qui n'étaient pas de son avis, et il disait orgueilleusement qu'(7i- n'étaient pas dignes de porter ses souliers. Voilà les fondateurs du nouvel Evangile. Ses principaux ouvrages sont : Uarmonia vvangelica, in-fol.; Epistola ad Zwinglium de Eucharislia ; Disserlationes duœ, de Lege et Evangelio et Justificatione; Liber de imagine Dvi, quid sit. Il est inutile de donner une avoir donné celle de l'auteur

OSIANDEK (Luc), tils du précédent, né en 132i, fut comme lui ministre luthérien, et hérita de son savoir et de son orgueil. Ses princi[)aux oiivra.;cs sont : dos Commentaires sur la lîible, en lutin; des Institutions delà religion chrétienne ; un Abrégé en latin des Centur aieurs de Maglebourg, lol»2 et 1002, in-'*". {Vog. Ji:i)E\.) lùtchiriilia cunlrorersiarum religionis cum ponti/iciis c(dfinianis et anabaplistis,h'l'u\)\\.ff^i], ItiO;», in-8'. il mourut en KiO'i. — Il f.tut le distinguer de Luc OsiANDiKu, ■•hancelier de l'université de ïubingen, mort en 1038, à G8 ans. Il est auteur U'un grand nombre d'ouvrages, entre aulics : Justa defensio de quatuor quœslionibus quoad omniprwsentiam hunianœ Cnnisri naturœ. C'est une défense do ïubiquismc,

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