‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 60 sur 341 · OLE · texte numérisé non relu

OLE

passant par l'abbave de Bucilli en Cliampngne, Ouiiin, chargé île le complimenter, plut A ce prince, mais n'ayant pas soutenu, dans la suite de la conversation, l'idée (pie son compliment avait donnée de lui, cet heuroux début n'eut point de suite. Son gémirai le chargea ensuite de visiter toutes les abhayes do son ordre, pour tirer des archives ce i;ui pourrait servira son histoire. 11 s'en acijiiitta avec succès, et vint à Paris en lt)83, où il se lia avec plusieurs savants. Oudin ayant, par sa vanité et sa dissipation, perdu l'esprit de son état, et m^^nie de sa religion, se retira à Leyde en ItiîK), embrassa la prétendue réforme, et y fut sous-bibliothécaire de l'université. Ses principaux ouvrages sont : (yn>mentarius de scriptorihus Ecclesiœ (Ditit/uis illoriimque scriptis, etc., Leipzig, ili'I, 3 vol. in-fol. : compilation pleine de fautes et d'inexactitudes, qui viennent en partie de ce qu'il ne savait pas assez de grec et de latin. En bon apostat, il n'a pas oi.blié d'y entasser des injures contre l'E-lise et contre l'ordre religieux qu'il avait abandonné. Velerum aliguot Galliœ cl lielgii si-riplorum opiiscula sacra nunquam édita, 1092, in-8"; un Supplément des auteurs eccle'siastiques omis par Bellarmin, in-8% 1C88, en latin; Le prémontre défroqué, etc. Il linit sa c.u-rièr ■ ;i Leyde en 171", à 79 ans. Il avait de la chaleur dans l'espiit, dL' l'inqu, élude et de la méchanceté dans le caractère.

OUDIN (François), né l'an 1673 à Vignory en Champagne, lit ses études à Langrcs, et entra chez les jésuites en !6îtl. .\près avoir professé les human tés et la théologie avec un succès distingué, il se lixa à Dijon et y passa le reste de ses jours, partagé entre l'étude et le commerce des gens de lettres. C'est dans cette ville qu'il mourut le 28 avril 1752, ;1gé de 79 ans. Le P. Oudin avait fait une étude profonde d.' J'Eciiture sainte, des conciles et des Pères, surtout de saint Chrysostome, de saint .\ugustin et de saint Tiiômas, pour lesque's il avait un attrait particulier. Les vertus du religieux ne le cédaient po;nt en lui aux ccumaissancos du savant. 11 était si zélé pour l'éducation de ses écoliers, qu'il consacrait souvent une jiartie de sa pension piTur le soulagenu-nt de ceux qui étaient dans la misère. Il employait le reste à acheter des livres en tout genre de littérature. Le latin, le grec, l'espagnol, le p(irtugais, l'italien et l'anglais lui étaient familiers. 11 était profondément versé dans la connaissance des antiquités profaui s et sacrées, et des uiédaill. s. Il joignait à une érudition éten ue les grâces de la b-lle littérature, beaucoup de justesse dans l'esprit, luie ardeur infatigable pour le travail, et une facilité merveilleuse à l'aire des vers latins. Ses jirincipaux ouvrages en ce genci' sont : une pièce intitulée Somnia. imprimée in-8° et in-12, pleine d'élégance et de bonne [loésie, qu'il composa h 22 ans; une autre sur le feu, des Odes, des Mimes, des Elétjies, dont la plu- (lart sont im|irimées dans le recueil intitulé l'oemata didascalicn, en 3 vol. in-12, et les autres sont digues de l'être. Ses ouvrages en

prose sont plus considérables. Les filus connus sont : Bibliotheca scriplorum societatis J^su. Il en avait achevé les quatre premières lettr.'S quand il est mort; il a laissé plus de 70J articles pour le reste de l'ouvrage. Ce livre, bien exécuté, est désiré par tous les aniateurs de l'histoire Uttéraire. La Bibliothèque des écrivains jésuites avait été commencée par le P. Ribadeneira, et poussée jusqu'en 1618. Elle fut cont nuée jiar le P. Philippe Alegambe jusqu'en Hiï3, et par Sot>^el jusq l'en 167.1 Les PP. Bonanni, de Tournemine et Rervillnrs, furent ensuite successivement chargés d'en composer la suite; mais n'ayant rien donné au public, et ayant seulement recueilli quelques Mémoires informes, on crut que le P. Oudin s'en acquitterait mieux, et on ne se trompa point. Après la mort du P. Oudin, le P. Jean-Louis Courtois, natif de Charleville, eut ordre de revoir et d'achever l'ouvrage de son ci;uirère; mais la destruction de la so iété a arrêté lexécuiion de cette entreprise confirmée à Rome par le pape. Un Commentaire latin sur l'Epitre de saint Paul aux Romains, in-12, où il a princijialement suivi les explications de saint Chrysostome; des Etymologies celtiques: un bon Eloge du pré.udent Bouhier, en latin ; des Commentaires sur les Psaumes, sur saint .Malt ieu et sur toutes les Epitres île saint Paul, qui sont restés manuscrits; llistoria dogmatica conciliorum, in-12; les vies d'Antoine Vieyra, de Melchior Inchcfer, de Denijs Petau, de Fronton du Duc, de Jules Clément Scotti, de Jacques Billij et i:e Jean Garnier. Ces sept vies sont imprimées dans Us Mémoires du P. Nicéron. Un Petit Office de saint François-Xavier, très-bien composé, dont les hymnes sont dans le grand genre lyrique, pk'ines d'idées vastes et sublimt's, énoncées avec toute la noblfss ■ et l'énergie de l'ode. La conversation de l'auteur de tant de savants ouvrages ne pouvait être qu'instructive et variée. Sa mémoire lui rappelait une infini é de faits, son es irit lui fournissait d'S pensées fines et ingénieuses. 11 paclait volontiers des savants et d s ouvrages; il citait surtout avec une justesse ailmirable les plus beaux endroits des anciens poètes qu'il avait remarqués. \\ disait quelquefois, que « dans sa jeunesse les « belles-lettres avaient eu pour lui des ch:ir- « mes inexprimables, et que dans sa vieil- « lessc elles adoucissaient encore les infir- « mités et les chagrins attachés à cet âge. » Cicéron avait dit : Studia adolescentiam alunt, senecltitem oblectant. .M. Michault. célèbre littératcui' de Dijon, ami du P. Oudin, a consacré à la mémoire de ce savant jésuite une partie du 2' volume de ses Mélanges historiques et philosophiques, imprimés à Paris en 175'>, en 2 vol. in-12. Le P. Oudin écrivit ])our l'amusement de ses élèves plusieurs Tragédies tirées de sujets sacn's, et une comédie, Le Joueur, qui mériterait l'attention. OL'EN (saint), Audoenus, évêque de Ri^uen, connu aussi sous le nom de Dodon, était ué vers 609 à Sanci près de Soissons, d'une famille illustre. Il parut avec distinction dans

ous

Page 1