‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 64 sur 341 · Ï>AG · texte numérisé non relu

Ï>AG

fit de tnV'î-bonnos (5tudcs et apprit promptenient riii'hreu, le syiiaqie, le grec, le latin, l'an-ilais, l'espagnol, l'italien. Après qu'il eut reçu les ordres sacr(^s, il s'adonna ?i la prédication, et ses succès lui valurent un canonicat dans la catli(?dr.He de Saint-André à Bordeaux Chaque année il composait un noèl que l'on chantait dans cette éj^'lise ii la nicssi' de minuit. Ses connaissances en droit canoni(iuc lui tirent coiuiir ileux fois, par les chanoines ses confrères, radministrattou intérimaire du diocèse, d'abord en 170i) après la mort de M^çr de Lussan, ]>uis, en 1781, lorsque son successeur, Ferdinand dellohan, fut transféré sur le siéj;e de Caml)rai. Lors de la révolution, Pacarau [)rèta serment et fut noiniiié évè()ne constitutionnel de Bordeaux le U ma' s 1791 , en remplacement de Champion de Cicé. 11 mourut à Bordeaux, le 5 septembre 1797, âgé de 81 ans, laissant outre des Man lements : Noiivrlles considérations sur l'usure et te prêt à intérêt , Bordeaux, 178V, in-8", sans nom d'autiur; Mémoire expositif, ouldée succincte (les droits^ et de lajuridiction du chapitre de Snint-André de Bordeaux sur les cures de sa dépendance, et en particulier de son droit foncier et exclusif des fonts baptismaux, contre les prétentions de MM. les curés de cette ville, 1787, in-8°; Analyse d'une requête ou plainte au sujet du mémoire précédent , 1787, hi-8°; Réflexions sur le serment exigé du clergé, Bordeaux, 1791, in-8% sans nom d'au:eur; Ordo divini officii recitandi ad usum diœcesis, 1792.

PACAUD (Pierre), prôlre de l'Oratoire, né en Bretagne, mort le 3 mai 1700, s'acquit de la réputation en prêchant. On a de lui des Discoicrs de piété , ou Sermons sur les plus importants objets de la religion, Paris, 1745, 3 vol. in-12. Cet ouvrage parut avec une approbation du docteur Tamponnct ; mais ensuite on crut y voir des propositions jansénistes, et le gouvernement n'eu permit le débit qu'après v avoir fait mettre trentecinq cartons. Cotte afi'aire est détaillée dans les Nouvelles ecclésiastiques du 26 juin 17io.

PACCA (Barthélémy), cardinal , évèque d'Ostie et de Veilétri, doyen du sacré collège, né ;\ Bénévenl le 25 décembre 175(5, fut d'abord destiné au barreau; mais après avoir fait d'excellentes études, il s'appliqua à celle de la théologie et entra dans la carrière de l'Kglise. Décoré de la |iourpre romaine par le pape Pie Vil en 1801, il fut nommé peu de temps ai)i'ès prosecrélaiie d'état. Dans les démêlés du saint-siége avec Napoléon , il donna au souverain pontife des preuves d'un dévouement sans rôseivc. Il eut avec le général Miol is plusieurs discussions sérieuses , où i\ soutint avec autant de modération q'ie de dignité les drots du chef de l'iiglise. Celte courageuse condiile irrita le gouveriiem 'Ht fiançais , et le G septemi)re 18D8 il fut arrêté comme prévenu d'excitation à la révolte. Au moment où il allait être conduit à Bénévent, Pie \'ll iniercéda en sa fav/ur auprès dos auturités franga.ses, et obtint de le garder chez lui comme prisonnier. Le cardinal Pacca suivit le saint-père en France,

au mois de juillet 1809. A peine arrivé à drenoble, il fut ar. été de nouveau et jonduit dans la forteresse de Fenostrelle en Pii mont, où il fut traité avec la plus grande rigueur. On espérait que les mauvais traitements l'amèneraient à user de son intlnenee sur l'esprit du saint-jière dans un sens favorable aux vues de l'empere'ir. On peut lire dans ses Mémoires les épreuves qu'il eut à subir. Ce ne fut qu'au mois de janvier 1813 que le cardinal recouvra la lilici té : îi cette époque un accommodement avait eu lieu entre l'einp.'-reur et le pape; mais le plaisir de sortir de prison après cette longue et pénible captiviié fut troublé, dit-il lui-même, par les inquiétudes que lui ins|iirait la nouvelle de ce concordat , qu'un ministre de Napoléon, connu par son aversion pour le saint-siége, avait qualifié de grai d et heureux événement. Le cardinal se dirigea sur Fontainebleau où se trouvait le pape : il passa par Paris où l'empereur lui fit un accueil bienveillant. '< J'allai aux Tuileries, dit-il dans ses Mé- « moires, à l'heure qui m'av.dt été indiquée, « et je fus conduit dans une grande chambre, « où je trouvai des ministres de l'empereur, « des militaires de haut rang et l'ai chevêquede « Tours. Ils étaient tous venus pour assister « k ce qu'on appelait le lever de l'empereur. « Peu après mon arrivée, tandis qu'avec un « battement de cœur je tenais les yeux fixés « sur la porte de l'appartement de Napoléon, « j'entendis annoncer l'arrivée de l'empereur, « et je le vis venir; il était vêtu très-sim- « plement. Il s'avança au milieu de la salle , « et après avoir jeté les yeux sur tous les ;< assistanls d'un air un peu hautain, il s'ap- « procIiH de la place où j'étai), et s'arrêta à « la distance de cinq ou six pas. Alors le « ministre des cultes, qui était à coté de moi, « lui dit ((ue j'étais le cardinal Pacca. — Le « cardinal Pacca! répéta l'empereur d'un air « sérieux; puis s'avançant d'un pas et ])re- « nant un ton agréable : Pacca , me dit-il , « êtes-vous resté longtemps dans le fort? — « Trois ans et demi, sire, lui répondis-je. « L'empereuT inclinant la tète , et faisant « avec la main droite le mouvement qu'on « fait pour écrire : — C'est vous, me dit-i! , « qui avez écrit la bulle d'e.vcommunication? « Il voulait [lar là justifier aux yeux du pu- « blic l'ordre qu'il avait don* é de uic faire en- « fermer. Je me tus, ne pensant pas qu'il fût « à propos de rien répondre pour me discul- « per. Mais maintenant, ajouta-t-il, to-it le « j)assé doit être oublié. J'atiribue ce bon « accueil à l'opinion où était l'empereur que « je pouvais beaucoup sur l'espr.t du paiie , « dont il voulait alors obtenir l'exécution du- « concordat. » Le ca "dinal se rendit ensuite auprès du souverain pontife à Fontainebleau, où il demeura just|u'en 1814. Après l'abdication de Napoléon, il tut rétabli dans ses dignit 'S, et re ourna à Rome; mais en 1815, à l'ajiproc'ie de l'armée de Murât, il se vit encore obligé de (piitter cette capitale. Avant de s'éloigner de Uome, il créa une junte d'Etai cliargée des alfaires du gouvernement pendant l'absence du souverain pontife. Le

PAC

i»AC

r.itdinal sf^journa quelques mois à Gênes, d'où il revint il Kome, l't continua d'adrjiiuistrer les Etals du jiape. En 1816, il fut iioniiiié iiieiubr ■ de la (•ongrt'j.atiou instituée nijur onlrotenir des relations avec la Chine, et au mois de mars de la même année , le iiape l'i nvoya à Vienne avec une mission diplomatique. Pacca prit une part active aux travaux de la congrégation chargée de présenter un nouveau plan d'étu les pour les univer-ités, et de désigner les villes où seraient étahlies les maisons d'éducation. En 1817, il devini gouverneur de Uome, et en 18f9, président de la commission c largé© de faire des recherches sur la situation financière des Etats de l'Eglise. Plus tard, Pacca fut nommé successive nent protecteur de l'académie archéologique de Rome , évèq e de Velli'iri, i)réfetdes études, doyen du sacré collège. Sou dévouement pour le saiiit-pèie, la noble constance qu'il montra dans ses adversités, son abnégation toute chrétienne, l'ont placé au premier rang des coutésseurs do la foi dans notre siôcl.'. Un an avant sa mort 1(^ prélat [irononça devant l'Acailémie do la Religion catliiilii|ue u e allocution dev nue célèbre, et qui a été publiée sous ce tilre : Nclla soU'Tinc ajjerlnra tleiraniio XLIII detl'- (icadniiiu di, rili(jione catlolica , discorso del cardinale liartolomeo Pacca, decaiio dcl sucro collryio, vescovo e Icgato di VclU'lri, prodatario, aie. Pacca présente dans ce discours îa situation de la religion catholique dans les divers pays de l'Eu; ope, il montre les dangers qui la menacent, indique les remèdes il api orter au mal, et constate les heureux synijitùmesd'un retour prochain des peufiles yi rs la foi, notamment en France. Le cirdijial Pacca est moit à Rome le 19 avril 1844, dans sa 88' année. Ses Mémoires ont paru eu divers lieux, noiamment à Lyon et à Paris. On les retrouve dans la publication suivante : OEnvres complètes du cardinal Pacca, contenant deux parties entièrement inédites ajoutées aux premiers Mémoires sur le poniiiiiat de Pie Vil, les >.ié:uoires sur les nonciatures, l'Apijendice sur les nonces, le Rapport siir l'introduction du prot stantisme dans les provinces rhénanes, quelques Dissertations liiéologiques , une Notice sur Mgr Pacca, arciievéque de Bénévent, des Consi(rérati(jns historiques, le Discours piononcé devant l'Académie de la Religion catholique de Rome; traduites et mises en ordre par M. Queyras, auteur de la traduction des premiers .Mémou'es imprimés à Lyon, avec des portraits du [lape P,e VII et du cardinal Pacca , Paris, 1845, 2 vol. in-8'.

PACCA (FuANÇois), archevêque de Bénévent, mort en ls32, était oncle du cardinal qui a fait son éloge dans un opuscule intitulé : Notizie storiche intorno alla vila ed (tgli scritti di monsignor Francesco Pacca, arcivescovo di Benevento, pubblicale dal cardinale li. Pacca, Modène, 1838, in-8°. On a de hii (juehjues ouvrages. — Tibère Pacca, était neveu du cardinal, qui parle de lui dans ses .Mémoires, à l'occasion des scènes de l'enlèvement ue Pie VIL Arrêté avec son

oncle , il put rendre quelques services à celui-ci pendant sa capt.vité dans la forteresse de Feuestrelle. Il remplit les foD3tions de gouverneur do Civita-Veccliia ajirès le retour de Pie VU, et p.us tard il devint gouvej-nour de Rome. Son administiation ayant été l'objet de plaintes assez vives et, dit-on, f irt exagérées, il se vit retirer ce poste, et il se rendit en France où il subsistait des secours que le caruinal lui envoyait. Il est mort dans le Piémont. On a remarqué iju'iï avait une grande rissemblance de traits et de physionomie avec Napoléon. On hii conseilla t de tirer parti, dans l'état de gène oii il se trouvait , de la connaissant! j)arlaite qu'il avait des actes les plus secrets du gouvernement pontifical ; mais il sut donner toujours l'exemple de la discrétion la plus inviolable.

.PACCANARI (Nicolas), né d'une famille honnête, mais peu aisée, liuVal Suzannadans les environs de Trente, suivit d'abord la carrière du commerce à Veirse, puis la carrière militaire à Rome, et fut sergent dans la garnison du château Saint- Ange; plus tard il fut réduit a aller montrer quelques curiosités de ville en ville. Il paraît qu'il conserva ses habitudes religieuses dans ces divers genres dji vie. Revenu a Rome, il se fit confrère de l'oratoire (association pieuse) du P. Caravita, ancien jésuite. Le but de la nimvelle société était de catéchiser et d'instruire les gens de la campagne. Paccanari conçut l'idée de faire revivre l'ancienne compagnie de Jésus sous le nom de société de la Foi. Il s'adjoignit quelques prêtres qui consentirent à le reconnaître pour leur chef, quoique Paccanaii ne lût encore que simple laïque. Après une retraite d'un mois qu'il voulut faire à Lorette , il s'installa , en 1798 , avec ses associés, au nombre de douze, dans une maison de camjiagne située près de Spolette et qui appartenait à un gentilhomme ue cette ville. Ils ado])tèrent la lègle du noviciat des jésudes , et se lièrent par les trois vœux simples de la compagnie de Jésus, auxquels ils ajoutèrent plus tard celui d'une entière soumission au jugement du pape. Paccanari et plusieurs de ses compagnons se crurent, dans ces commencements, favorisés de révélations, qui n'a» aient peut-être d'autre cause que leur imagination exaltée. Le pape Pie VI, à qui ils fu/ent recommandés par quelques anciens jésuites de réimtation, les encouiagea et leur donna le nom de Compagnie de la foi de Jésus. Cela se passait à la Chartreuse, près de Florence, que le pape habitait alois. Paccanari s'étant rendu à Rome pour recueillir les élèves de la Propagande que le nouveau gouvernement venait d'expulser de leur collège, fut arrèié comme suspect et enfermé au château Saint-Ange. Ses compagnons de Spolette furent aussi arrêtés et amenés dans la même prison. La liherti' leur ayant été rendue parce qu'on reconnut qu'ils ne s'étaient nullement occupés de politique, ils se réfugièrent dans le duché de Parme, où les attendait ia protection du duc Ferdinand. CepenUant une so-

PAC

PAC

SùO

c\6\.6, qui avait à peu près le môme but.que celii; de Paccanari, s'était formée en Belgique sous le nom de société du Sacré-Cœur ; sur riiivitalion du souverain pontife les deux sociétés se réunirent dans la chapelle d'Hagoiibrunn le 18 avril 1790, pour n'en plus Siirc (jn'une seule, dont Paccanari restait le chef. D'Hageid)runn , Paccanari se rendit à Prague, où l'arciiiducliossc Marie-Anne, sœur de rt-mnerein- d'Autriche, et les demoiselles Léopoldine ol Louise Naudet, ses demoiselles d'iionncur, s'unirent par des vœux et se mirent sous l'obéissance du général de la compagnie de la Foi. Plusieurs anciens jésuitt's virent dans celte démarche une iunovatioH dangereuse. Après son retour à A'ienne, il reçut des mains du nonce le sousdiaconat et le diaconat. Cherchant à éloigner de iitm inslitut les manières monacales, il y introduisit un ton de dissipation et des récréations peu compatibles avec le recueillement et la piété. La société des Pères de la Foi se |)ropa.^ea, l'an 1800, en 'France et en Angleterre, et Amiens vit se Ibrnier un pensionnat dirigé par eux. Mais en 180i et en 1807 le goiivernemeut français leur ordonna de se séparer, et en Allemagne ils furent aussi obligés de se dispersi'r. Paccanari avait déjà perJu de son cr(''dit, et le nonce du pape à Vienne refusa de lui conférer la prêtrise, à cause du mécontentement que lui donnaient quelques démarches irri'gulières. II vint à Padoue sur la fui de l'année 179i), et ce fut dans cette ville qu'il fut ordonné prêtre, au commencement de 1800, par l'évéque de Crémone, en vertu des pouvon-s accoraés par Pie VI à la société de la Foi. Pie VII, qui fut élu, comme on sait, à Venise, le li mars 1800, ne leur montra pas la mémo bienveillance que son prédécesseur, et d'un autre côté les anciens jésuites s'éloignaient de plus en plus de Paccanari, qui reçut du pape l'ordre de quitter l'habit de leur institut. Ses propres associés d'Angleterre, de Franco et des autres pavs se séparèrent aussi successivement de lui, ce qui semblerait témoigner que les déliances qui se formaient à son égard n'étaient pas sans fondement. Lorsqu'en 180'i. parut le bref qui rétablissait les jésuites dans le royaume de Naplcs, un grand nombre de pac(!anaristes de ce pays abandonna la société de la Foi pour se joindre à , eux. De nouvelles plaintes, dont quelques- • unes étaient graves, s'éiant élevées contre Paccanari, ou lui intenta un procès à la suite duquel il fui jugé coupable d'immoralité et d'escroquerie, et condamné à la prison. Ce procès était de juridiction civile: on lit une nouvelle information, et une "commission com|iosée des cardinaux Consalvi , Pacca , Morozzo, etc., ie jugea atteint de démence; en conséquence on le mit dans une prison de fous. L'invasion des Français lui rendit la liberté , mais ses prêtres,' qui se tirent plus tard admettre tous dans les maisons des jésuites, ne voulurent avoir aucune relation avec lui. Des bruits contradictoires ont couru sur la tin de Paccanari : suivant quelques-uns, il aurait été poignardé par un

domestique et jeté dans le Tibre; selon d'autres, il aurait passé en Suisse, où il aurait terminé sa carrière si agitée par une mort édifiante dont on n'indique pas l'époque. Quant h la princesse Marie-Anne, après avoir en vain tenté de soutenir à grands frais la société de femmes qui avait été créée à Rome, elle retourna à Vienne en 1809, et mourut saintement à Neudorf en Hongrie, au mois d'octobre de la môme année.

PACCORI (Ambroise), né de parents obscurs, à Céaucé, dans le bas Maine, devint principal du collège de cette ville. Son caractère dur et sévère lui causa des désagréments qui l'obligèrent de se retirer en Anjou. Peu de tenqis après, le cardinal de Coislin, évêque d'Orléans, le chargea de son petit séminaire de Meung. Après la mort du prélat, il fut obligé de sortir du diocèse à raison de son opposition aux décrets de l'Eglise, opposition qui donna quelque soupçon sur l'orthodoxie du prélat qui l'avait employé; mais on prétend que Paccori avait su lui cacher ses sentiments. Il \int alors à Paris, où il mourut en 1730, à l'Age d'environ 81 ans. Selon un usage assez commun parmi les disciples de l'évèqne d'Ypres, il ne voulut pas recevoir le sacerdoce, quoiqu'il eût été élevé au diaconat. Ou a de lui un grand nombre de livres de piété. Les principaux sont : Avis salulaires aux pores et aux mères pour bien élever leurs enfants ; Entretiens sur la snncli/ication des dimanches et des fêtes; Rèijles cltrctiennes pour faire saintement toutes ses actions; Journée chrétienne, qu'il ne faut pas confondre avec la Journée du chrétien, excellent livie de prières; les Regrets de l'abus du Pater: Pensées chrétiennes ; une édition augmentée des Histoires choisies, et une nouvelle édition des Epitres et Evangiles eu 4 vol., etc. Ces ouvrages eurent beaucoup de cours parmi les gens du parti, quoique écrits d'un styli- pesant et prolixe.

PACHY.MÈliE (Georges), historien distingué et un lies premiers qui se soient occupés de Vhistoire bijzantine, naquit à Nicée en 12i2, et se distingua de bonne heure par ses talents. Michel Paléologue l'emmena avec lui à Constantinople, lorsqu'il reprit celte ville sur les Français. Il parvint aux ]iremièros dignités de l'Eglise et de 1 Fiat, et mourut vers 1310. Nous avons de lui une Histoire d'Orient, qui commence à l'an 1258 et linit à l'an 1308. Cet ouvrage est estimable. L'historien a été non-seulement témoin des affaires dont il parle, mais il y a eu très-i grande [lart. Son style est à la vérité obscur, pesant et chargé de digressions; mais il est jtlus sincère que les autres historiens grecs. Son ouvrage est une suite de l'Histoire d'Orient i)ar Acropolile. Le père Poussines, jésuite, le donna au |)ublic en 1666 et 1669, à Rome, 2 vol. in-fol., avec une traduction latine et desavanies notes. Le président Cou- , sin l'a aussi traduit en français. Quelquesuns le font auteur d'une Paraphrase des ouvrages faussement attribués à sainlDenys l'Aréo;iagile. Le P. Cordier l'a insérée avec les Scolies de saint Maxime, dans l'édilioD

PAC-

PAC

qii"il a donnée de saint Denys. On trouve dans le recueil d'All;ilius, Uonu^, 1631 et 1039, 1 vol. in-4°, un Traité sur la procession du Saint-Esprit, de Pnchymère, qui, quoique sel ismatique, dit que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Pacliyuière forma plusieurs élèves, parmi lesquels on cite Manuel Philé.

PACIAUDI (Paul-Marie), laborieux antiquaire, membre de la |ilupart des sociétés littéraires d'Italie, de France et d'Allemagne, et as.socié étranger de l'académie des inscriptions, naquit à Turin en 1710. Il embrassa la vie religieuse, et entia, vers 1730, chez les théatins. Devenu piofesseur de philosoj)hie à Gènes, il expliqua l'un des jn-emiers en Itilie le système de Ne^vton. Appelé à li'autres fonctions, il rem|ilit avec éclat pen- ('aiit dix ans, dans les Etals Vénitiens et en Lombardie, la carrière de la prédication, passa par les premières dignités de son ordre, et fut enfin nommé, en 1761, bibiiotliécaire de don Philij.'pe, duc de Parnie. Plusieurs socif'tés savantes l'admirent dans leur sein, et il fut correspondant de celles des inscriptions et be les-lettres de Paris. Le P. Paciaudi, dont la santé était aiïaib!ic par ses longs travaux, mourut d'une attaque d'apoplexie le 2 février 1783. AJ. Dacier, secrétaire perpétuel de l'acailémie des inscriptions et belles-lettres, prononça son Eloge dans la séance du 23 avril 1783. Ses principaux ouvrages sont : De sacris christiaiioruinbaineisjlXome, 2' édit., 1738, in-l°; De atliletarum cubistesi in pahcslra Grœcorum commmtarius, Rome, 1756; Momiinenta peloponesiaca, ibid., 17()1, 2 vol. in-i", fig.; Memorie de gran maëstri delT ordineGerosoiiinilano, Parme, 1780, 3 vol. in-4% fig. Ces trois volumes contiennent les vies des fondateurs et des flix premiei's grands maîtres de l'or.lre de Malte, dont le P. Paciaudi était historiographe. De libris eroticis antiquorum. Cette savante dissertation, insérée d'aboid dans l'édition de Longus de Bodoni, a paru à Leip ig en 1803, in-8°, tig. Lettres au comte de Caijlus, Pans, 18;^2, iii-8" avec une notice sur le P. Paciaudi par Serieys. Elles contiennent des anrcdotes littéraires, des détails sur diflercnts monuments d'antiquité, et quelques épigrammes contre les Jésuites, que le théalin n'aimait pas. On a encore d'autres écrits du P. Paciaudi, dont on "trouve la liste dans {'Histoire littéraire des théa'ins par le P. Vezzosi.

PACIEN (saint), évèque de Barcelone, florissait sous le règne de Valens. Il mourut, veis l'an 390, sous celui de Théodose, après avoir gouverné saintement son troupeau, et s'être distmgué par ses vertus, son savoir et sou éloquence. Il nous l'csle de lui : trois Lettres au douatisle Sympronien, dans la première desquelles ou trouve ces paroles si connues : Chrétien est mon nom, et Catholique mon surnom ; une Exhortation à la pénitence; un Discours sur le baptême. Son latin est pur et élégant, ses raisonnements justes, ses pensées nobles. L'auteur sait à la fois inspirer la vertu et détourner DiCTiONN. DE Biographie relig. III.

du vice. Ses oiivrages ont été mis au jour par Jean du Tillet, à Paris, en 1338, in-4°. On les trouve aussi dans la Bibliothèque des Pères et dans le second tome des Conciles d'E<pagne par le cardinal d'Aguirre, Rome, 1694. Saint Pacien, avant de s'attacher au service de l'Egbse, avait éié marié et avait eu un fils nommé Dexter. [Voyez ce nom.) — M. Migne a donné dans son Cours complet de Patrologie les OEurrcs très-complètes de saint Damase, de saint Pacien et de L^ucifer de Cagliari, revues et corrigées d'ajirès les Bibliothèques de Galiand et des frères Colets, suivies de ce que l'anliquité nous a conservé des OEuvres du pape Félix II, de Faustin, de Marcellin, de Théodosc le Grand, de Pacatus, des Monuments bistori-: ques qui ont rapport à l'arianisme, par divers auteurs; des calendriers di' Filocalus et de Sylvius, des OEuvres de saint Vigile de Trente, de Jules Hilarien et de saint Sirice, 1 vol. in-4°.

PACIFICO, religieux franciscain de Novare, qui vivait au xv' siècle, est auteur d'iuje Somme des cas de conscience, intitulée : Summa Pacifica. Cet ouvra;;e que François Tarvisini, religieux de l'ordre des Carme-, traduisit en italien , parut chez Jean Sommasque, à Venise, en 1574 et en

PACIFIQUE DE PROVINS (le Père), missionnaire capucin, né sans doute dans la ville dont il portait le nom, fut envoyé, en 1622, dans le Levant. Il passa par Constantinople, visita l'Egypte et la terre sainte, examin?)nt sur sa route les lieux oiî l'on pourrait plus utilement établir des Cduvents de son ordre. Il en informa le pape à son retour, et la congrégation de la Propagande ayant approuvé ses projets nomn;n "deux commissaires poui' travailler avec lui à fonder cette mission. En 1627, i-l se rendit à Alep, où la proteclion du giand visir Calif pacha lui facilita les moyens de créer un couvent. En 1628, il jiartit pom- la Perse avec deux religieux de son ordre.. Chah Abbas reçut les missionnaires avec honneur, et lui permit de fonder un couvent à Ispahan et un au!re à Bagdad. A son retour, le P. Pacifique fut chargé par Chah Abbas d'une lettre pour Louis XIII, en réponse h cell • qu'il avait apportée de la part du roi de France, et il la remit au monarque au camp d'Alais. Il fut ensuite envoyé daos les Antilles Irançaises comme supérieur- préfet des missions de son ordre en Amérique, puis revint à Paris, oii il mourut en 1633. On a du P. Pacifique : Lettre sur l'étrange mort du grand turc, empereur de Constantinople , Paris, 1622, in-12 : l'auteur y raconte la déposition et l'assassinat d'Osman il; Voyage de Perse, contenant les remarques particulières de la terre sainte et le testament de Mahomet, Paris, 1631, in-4.% et 1642, in-i2 : la description des lieux saints occupe la plus grande partie du livrée. Relation ou Description des îles Saint-Christophe et de la Guadeloupe, en Amérique, ibid., 1648, in-12; la Biblioth. des Capucins lui attribue une Apo-

Page 1