‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 73 sur 341 · PAO · texte numérisé non relu

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jusnii'h nous. On peut juger de la iiiunn re diiiit il cxpliqinit le texte s.icré par celle qu'ont suivie Clément d'Alexandrie, Origène et les élèves de celte école. Leurs couiinentaires sont pleins d'allé^jories; ils s'éloignent souvent de la lettre, et trouvent presque partout des mystères dont l'exiilication est mêlée de heaucriup d'érudition. (Toi/, .saint ("iiiÉcoiiŒ Lii r.KANu.) Saint Panlénus vivait encore en 211).

PANTIN (PiEi\KE),de Tielt en Flandre, se rendit habile dans les^langues, et les enseigna h Tolède et .î Saragosse; il devint ensuite chapelain de Pliilippe H, ehrtnoine d'Ypres, doven de Sainie-Gudule à Bruxelles, prévôt de Condé, et mouiut à Bruxelles en i611, à 56 ans. On a de lui : des Traductions de plusieurs auteurs et saints Pères grecs ; un traité de DigniUUibus et officiis rcgni ac domtis reçue (iothorum, da.is les Conciles de Loa.ysa, et dans YHhpania illuslrata, k vol. iu-fol. ; petit traité savant et uiile.

PANVINIO (O.nuphre), religieux augustin, célèbre historien et antitiuàire, né en 1529, à Vérone, mourut à Palerin(' en 15(58, à 39 ans, après avoir rempli divers emplois dans son ordi'e et avoir été bibliothécaire du Vatican; il avait eu celte place de Marcel 111, qu'il avait connu lorsque ce pape était cardinal. On dit qu'étant attaché au cardinal Alexandre Karnèse (Marcel 111 étant mort], et allant avec lui en Sicile, il en reçut, on ne siil à quel eo.'cas'on, quelque réiiriuiande, et qu'd en conçut tant de chagrin qu'il en mourut. Ses manières alfables, polies et prévenantes, le lirent aimer de ses confrères, autant que son érudition profonde le Ut estimer des savants. Paul Mniiuce l'appelle Helluonem antiquarum historiarum. 11 a .ail pris jiour devise : In utrumque paratus, avec un biéuf placé entre une charrue et un autel. 11 voulait dire qu'il était également prêt à supporter les fatigues du service divin et celles des sciences humaines. Nous avons de lui: nn Abrégé des vies des papes, en 1507, in-'i-°. L'auteur dédia son ouvrage à Pie V, qui honorait alors le siège romain par son zèle et ses vertus; De anliquis Hoinanorum noininibus, in-folio; De ritii scpclicndi mortuos aptid veicrcs vlnislianns, et de cœineteriis eonundem, in-8"; trad. en fiançais, ni-8'; De principibus romanis, in-folio ; De anliquo ritu baplizandi cnteiiiumenos, in-V et in-8'', sava:it; De rcpublica romuna, ui-8°, Paris, 1588, profond et inslr.c,if; Festorani Ubri V, iii-fol., Venise, 1557, livre pm comm ,n et utile pour 1 ancienne histoire et elle du moyen âge ; />e prtnmlu l'etri : Topoqraphia Rumw, Kranc- 1' il, .'Jvol. in-folio; Detriumplio et liidis circensiljus, Paduue, 1081, in-f lio ; Cltrunicon ecctesiitstinini a C. Jidii Cœsaris lempore usquc ad Mujiiniliununt 11, in-foliu ; ouvrage plein (le reelieirhes et bien jiropre à éclaircir l'histoire tant ecclésiastique ipie profane; De episeopatibus, tiliilis et diaconis cardina- Itum; Annutatiuncs et supplcmenla ad Platinum de vitls sanelis Pontiftcum; De septem prœcipuis urbis Ruuur basilicis.

PAOLl (D. Sébastien», littérateur et anti-

quaire, né dans le territoire de Lucques en 168 i, se lit religieux dans la congrégation des clercs réguliers de la Mère de Dieu, se distingua par sa science, s'acquit l'estime des savants, surtout du mirquis d'Orsi, de l'abbé Salvini et de Laz^iarini ; fut membre de plusieurs académies, et mourut d"a,\ dropisie en 1751. Il a enrichi les journaux d'Italie d'un grand nombre de dissertations pleines d'érudition, sur les antiquilés, l'histoiie, la critique sacrée, la physique, etc., entre autres sur le titre de Divin donné aux anciens empereurs, sur un 'médaille d"or de l'empereur Valens, sur VHistoirn de Naples de Pierre Giaiinone, etc. Plusieurs de ses Dissertations ont été imprimées à Luc jues et à Venise en 17'i.8 et 11 58. On a aussi de lui des Vies de plusieurs hommes illustres, entre autres (ÏAmbroise Salvio, évèquede Nardo; de Philippe Macchiarelli , relig eux camaldule. A ces ouvrages il faut ajouter: De la poésie des Pères grecs et latins dans les premiers siècles de l'Eglise, Naples, 1714, in-S"; un ■ Lettre sur trois manuscrits grecs; Code diplomatique de l'ordre de Saint-Jean ou de .}lalte, 1733, 2 vol. in-fol. Tous ces ouvrages sont en ilaiien.

PAPAl-PARIZ (FniNçois), né à Déez en Transylvanie eu lGi9, d'un ministre protestant, étudia en médecine à Francfort et à Marljourg, et fut fait docteur à Bâie. De retour dans sa [lalrie, il enseigna cette science pendant 40 ans, et mourut en 1716. On a de lui : une Traduction en latin de la Paix de l'âme de. Pierre du Moulin; un Abrégé de l'Histoire ecclésiastique de Hongrie et de Transylvanie, Zurich, 1723, in-8". On ne doit s'attendre à rien de tidèle sur cette matière de la part d'un protestant, surtout à l'égard d'une province que ceux- de la secte ont à différentes rejirises bouleversée de fond en comble. Paix du corps, livre de médecine, en hongrois. Dictionarium latino-hungaricum, Leutschau, 1708, ouvrage d.' 15 ans de travail ; Dictionarium hungarico-latinum ; il n'est que l'éditeur ce cet ouvrage, qu'il a augmenté el corrigé ; Ars heraldica, 16J6, in-12; des Poésies, etc.

PAPfiBaOCK, et plus exactement PAPE- BROiiCK. (Dani3l), né à Anvers en 1628, se lit jésuite eu 16i6, professa les belles-;eltres et la phiioso hie avec beaucoup de su. ces. Les PP. Bullaiidus et H nsclieidus, c; llecteuis des Actes des Slunls, l'assocèri nt îi leur immense travail. Il alla à Home av.'C Henschenius en IGIJO, et y amassa une ample collection de matériaux. De retour à Anvers sur la tin de 1G62, il se livra sa^is réserve au trava 1 auqu. 1 o;i l'avait ilestiiié. 11 élait éga emeni propre à rJtablir l'histoire dans les faits authentiques, et par sa sagicilé et [1 r ses rrcherches. il épura la légende des faussetés dont elle fourmillait. Le savant jésuite, ayant à fixer l'origine des carmes, ne donna dans aucune chimère. 11 la marqua au \ii' .siècle; il assigna, d'après Baroiiius < l Bellariniii, le bienheureux Berthold pour le premier général de l'ordre. Quelques carmes, qui faisaient remonter leur

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origine jusqu'à Elie, entrèrent en fureur. Ils inoiulèieiit les Pays-Bas de libelles épouvantables contie Papi bruck, et le traitèrent avec ce ton de hauteur qu'un noble allemand prend à l'égard d'un gcnlilhnnmie de deux jours. Le nouvel Isinael, le JesaiCc réduit en poudre, le Jcsuite Papcbrock historien conjectural et bombardant. Tirent beaucoup rire le public. Les descendants d'Elie ne s'en tinrent pas à des brocliures. lis dénoncèrent, en 1G90, le P. Paiiebrook au jiape Innocent X et à l'inqaisilion de Madrid, connue auteur des erreurs grossières qui remplissaient les li volumes des Actes des Saints de mars, avril et mai, à la tète desquels on voyait son nom. Ouelles étaient ces eireurs ? Celles-ci. 11 n'est [as certain que la face de Jésus-Chr;st ait été imprimée sur le mouchoir de sainte Véronique, ni même c[uil y ait jamais eu une tainte de ce nom. Le Mont- Carmel n était p<is anciennem nt un lieu de dévotion, et les carm s n'ont point eu le prophète Elie poiir leur inn-lateur, etc. Un P. Séuatien de Saint-Paul, caïuie, avait déjà d.vuilé une partie de ces erreurs dans un gros volume imprimé à Cologne en 1093.

(Voy. son aiticle.) Toute rEuro|)e savante attendait avec impatience le jugement de Rome et de Madrid. L'inquis tion d'Espagne prononça enlin, en loDo, son anatlième contre les qualorze volumes d.s Actes des Saints. Le triomphe des c rmes était complet; mais un incident vint affaiblir leur glo.re. Un leli^ieux de la congrégation de Saint-Jean de Dieu disputa d'ancienneté avec eux. il prétendit que l'ordre des frères de la charité avait 900 ans de primauté sur celui des carmes. Son raisonnement était tout simple.

Abraham a été le premier général de^ frères de la charité : ce grand |iatriarche fonda l'ordre dans la vallée de Mambré, laisant de sa maison un liôpital. Cej)endant les jésuites furent aduiis à sejustilier au tribunal de l'inquisition. Le P. Papebrock défendit, article par article, les propositions dénoncées au saiiit-ofdce. Ce tribunal, fatigué de cette aîfaire, défendit seulement les écrits faits pour et contre ; le papeconhrnia ce sage décret par un bref qui faisait défense de tiaiter ue l'insiitution primiiive et de la suce ssiiin de 1 ordre des cannes par li'S [irophètes Elie et Elisée. Voy. saint Albert. Le P. PapebiOi'k continua à travailler à son ouvrage, et à bien mériter df la république des lettres jiisquà sa mort arrivée en 171i, à SG ans. Ce savant laborieux a eu grande part aux Acta Sanctorum des mois de mais, d'avril, de mai et de juin; et les volumes qui contiennent ces mois passent pour les [ilus exacts et les plus judicieux de c t^e vaste compilation. 11 est .luteur du Propylœtim ad Acta Sanctorum Mail, in-fol. C'est un catalogue chronique - historique des souverains pontifes. Les exemplaires i\\ii contiennent l'Histoire des conclaves ont été défendus à Rome. Ses Réponses aux carmes sont en k volumes in4°.

PAPENDRECHT (Corneille-Paul Hoynck van), théologien allemand, né à Dordrecht

en 1686, d'une famille noble et illustre, surtout par son atiachement inviolanle à la religion de ses pères. Il s'engagea dans l'état ecclésiastique, exerça le saint ministère à la Haye, et devint secret nre du cardinal d'Alsace, archevêque de Mnlines. Il exerça cet emploi avec zèle pendant ving -quatre ans, et fut nommé vicaire général de ce diocèse pen.lant le voyage que le cardinal fit à Rome. En 1717, il fut pourvu d'un canonicat de la métrO[iol ■ de Malii.es, admis ai nombre des gradués en 1731, et fait archipretre de Cl. tte église en 1732. Son attention fut toujours tournée vers les devoirs de ses charges; cependa .t il sut trouver des moments de loisir qu'il consacra à l'élude , surtout de l'histo.re ecclésiastique, et à dévoiler toutes les menées d'un cerlain parti. Epuisé de travaux et accablé de vieille-se, il mourut à Malines le 13 décembre 1753, regretté de tous les bons catiioiiqnes. On a de lui: llistoria Ecclesiœ ultrajectinœ a tempore mutatœ rcligionis in fœderato Behjio, Malines, 17:25, in-fol. T'est une histoire de la petite Eglise, ti-aduite ensuite en flamand et imprimée en celte langue en Hollande, l'an 1728, in-fol.; Sex epistolœ de hœresi et schismate aliquot presbyterorum ul~ trajectensium. Mal. nés , 1729 , in-4-°; Spécimen eruditionis broedersianœ , Malines , 1730, in-i". C'est l'examen ou la critique d'un ouvrage que Nicolas Broedersen, prêtre schismatiqtie d'Utrectit, avait pulîlié sous ce titre : Tractatus liistoricus primus de capitula catliedrali ecclesiœ metropolilanœ ultrajectinœ; Analecta beU/ica, La Haye, 1743, G vol. iii-i°. On y trouve la Vie du président Viglius, écrite par lui-même, et d'autres pièces relatives à l'histoire des Pays-Bas, avec des notes judicieuses et intéressantes de l'éditeur. Il y a toute apparence que Papendieciit eut beaucoup de part à un rescrit du cardinal d'Alsace contre Van-Der- Croon, archevêque d'Utrecht, et auquel Varlet, évèque de Babylmie, répondit en composant sa 2' Apoloyie.

PAPHNUCE (salnlj, disciple de saint Antoine, puis évèque dans la Haute-Thébaide, confessa Jésus-Christ durant la persécution de Galère et de Maximin. 11 eut le jarret gauche coupé, l'œ.l droit arraché, et fut condamné aux mines. Ce généreux confesseur assista, dit-on, au concile de Nicée en 325, et y reçut de grands honneurs. L'empereur Constantin le faisait venir presque tous les jours dans son palais, et lui baisait la place de l'œil qu'il avait perdu pour la foi. Socrate et Sozoïuèiie, pour l'ordinaire son copiste, rappor.ent que quelques évêques ayant pro.'osé uaiis ce concile d'obliger ceux qui étaient dans les ordres sacrés à ne poiit vivre avec les femmes qu'ils avaient épousées avant leur ordination, Pajjhnuce s'y opposa, en disant qu'il fallait s'en tenir à l'ancienne trauiiion de l'Eglise, qui défendait seulement aux clercs de se marier après leur ordination. Mais Baronius et d'autres savants ont contesté avec raison ce trait d'histoire, et s'appuient sur le silence desautre.s

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écrivnins. ainsi que sur l'autorité de saint Jérùmopi de s.iinl K|ii[iliaiic'. Le premier assure (A'Ii'- yiniliitiliiini] qnc les E^^lisivs d'Orient, d'iîgvpte et de Home, n'admettaient au noujbre des clercs que ceux qui gardaient ]a contineiii'e, ou qui, étant mariés, promettaient de regarder leurs femmes comme leurs sœurs. Saint Epiphane s'exprime presque dans les mômes termes. De manière que pour tenir ce discours, Paphnuce eilt dû Ignorer la discipline de l'Eglise d'Orient et d Occident, ce qui n'a aucune vraisemblance, et ipii ei1t paru fort étrange aux Pères du concile. Il parait nièm" douieuxsi Paphnuce assista K ce concile ; car son nom ne se trouve dans aucune des diverses listes qui nous donnent le nom et la signature des Pères de Nicée. L'abbé Barruel a ilonné sur ce sujet une savante et ample dissertation. qu'il conclut de la sorte : « Socrale a contre « lui le silence de 120 ans, sur un fait qu'une « foule d hisloriens, de saints Pères et de « conciles auraient eu cent fois occasion de « raconter avant lui, qu'ils aurai-^nt même « dû raconter, s'il éait vrai. Il a contre lui « tous les saints Pères, tous les hisloriens « (fui regardent le célibat des prêtres comme « prescrit par les lois de l'Eglise longtemps « avant le concile de Nicéc. Il a co tre lui « les actes do ce concile, qui ne foiit pas la « moindre mention de ce tait, et toutes les n listes des Pères présents à ce concile , « dans lesquelles on ne trouve pas môme le « nom (le cet évêque ; et surtout le canon de « ce concile, qui ne m> t pas même l'épouse « au nombre des femmes qui peuvent vivie « sous le môme toit que le prêtre. 11 a con- « Ire lui tous les conciles qui, [leu de temps « après celui de Niréo, ont renouvelé i)0in' « les prêtres la loi du célibat, sans le moin- « die éj,arJ pour le |irétendu fait de Papli- « nuce. 11 a contre lui tome la crédulité, « tout le défaut de connaissances histori.jues, « critiques, théolo^iq^ies , canouii]ues, que « ses adhérente mêmes lui reprochent. 11 a « contre lui toutes les impostures do son « vieillard h'-rétique, Novaten, seul témoin « (pi'il produise, et toute l'absurdité du fait '( des raisonnements qu'il prête à Paphnuce. « Si ce n'est pas lîi une démonstration en « fait de critique, nous prions nos lecteurs « de nousdire quelle seradmc l'absurdité, en « fait d'Insloire, dont la fausseté soit déiuon- « Irée. » Paphnuce soutint avec zèle , au concile de Tyr, la causv! de saint Alhanase, son ami, et engagea Alaxime, évêque de Jérus-dem, h prendie sa défense.

PAPIAS, évêque d'Hiéraple, ville de Phrygie, l'ut di^ci))le de saint Jean l'Evangéliste, avec saint Polycaipe. 11 composa un ouvrage en Cinq livres (pi'il intitula : l-^xpliailiondt's discours ilii Svii/iinir. Il ni' nous levte de cet ouviage que des fragments qui, au jugement u'Eusèhe, donnent une mauvaise idée de sa crili jiie et dr son goût. 11 fut auteur de l'erreur des millénaires qui ]iiéiendaii'nt que JéM.is-(;hrist viendrait régnei' sur la terro d'une manière coriinrelle, mille ans avant le jugement, pour assembler les élus, «près

la résurrection, dans la ville de Jérusalem. Cette opinion était fondée sur le chapitre XX de l'Apocalypse, où il est dit que les martyrs régneront avec Jésus-Christ pendant mille ans; mais il est aisé de voir que celte espèce de prophétie, qui est très-obscure en elle-même , ne doit pas être prise à la lettre. Il est essentiel de remaïquer qu'il y a eu des millénaires de deux e,-pèces. Les uns, comme Cérinthe et ses disciples, enseignaient que, sous le règnede Jésus-Christ sir la terre, les justes jouiraient dune félicilé corporelle, qui consistait d ms les plaisirs des sens. Les autres croyaient que, soi s le règne de mille ans les saints jouiraient d'une félicité plutôt çniritiiele que corjiorelle, et en excluaient les voluptés des sons. Quelques Pères ont endirassé celte oiiinion ; mais il est faux qu'ils l'aiiMit jannis regardée comme un dogme de foi. Saint Ju4in, qui la suivait, dit formellement q .'il y avait plusieurs ch étiens pieux, et d'une foi pure, qui étaient du sentiment contraire. Si dans la suite du dialogue il ajoute que tous les chrétiens qui pensent juste sont de même avis, il parle delà résurrectiiiu future, et non du règne de mille ans, comme l'ont très-bii'n remarqué les éditeurs de saint Justin. Barbeyiac et ceux qu'il cile oni donc bien tort de dire que les Pères soutenaient le règne de mille ans, comme une vérité apostolique. Il s'en faut de beaucoup que ce sentiment ait été unanime parmi les Pères. Origène, Denys d'Alexandrie, son uiscipo, Chïus, prêtre de Rome , saint Jérôme, et d'autres, ont écrit contre ce préten.iu règne, et l'ont rejeté comme une fable. Il n'est donc |)as vrai que celte opinion ait été établie sur la tradition la plus respectab e ; les Pères ne font point traditioi', lorsqu'ils disputent sur une queslion quelconque. « Les « protestants, dit un théologien, ont mal « choisi cet exemple pour dépr mer l'auto- « rité des Pères et de la tradition; et les in- « crédules qui ont copié les [iroiestants ont « montré bien peu de discernement. Mos- « heim a fait voir qu'il y avait parmi les « Pères au moins quatre opinions dilîérentes « sur ce prétendu règne de mille ans. »

PAPILLON (Philibert), naquit à Dijon le 1" mai 1656, de Phili[)pe Pa(iillon, avocat distingué. Après avoir fiit avec succès ses études au coUégî' des jésuites de Dijon, il vint à Paris, et fut reçu docteur de Sorbomie en lëDi. De rc'.our d'ans sa [latrie. il y fut poirvu d'un canonicat de la Chapelle-aiix- Riches, bénétice d'un revenu n.éihocre, maissuliîsantpouruii homme(|ui n'avaitd'autre ainbi.ion que cel'e de cultiver les letii-es, et qui d'ailleurs jouissait d'un patrimoine considérable. Une grande liilliculté il s'énoncer, qu'il ne put jamais vaincre, lui lit quitter la chaire et les f inctions de confesseur. L'histoire littéraire de sa province fut le princiiKil objet de ses savanles recherches. Après sa mort, arrivée à Dijon le 23 février 17:18, à l'Age de 72 ans, le- fruit de son travail parut sous le titre de Bibliolhù- (juc des auteurs de Bourgogne , en 174-2 et

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174-5, en 2 vol. in fol., par les soins de Pa- pillon'de Flavignerot, son frère, inaîtrc en Ja c!iainbre des comptes de Dijon. Cet ouvrage a coûté beaucoup de recherches, mais il est écrit d'un style faible et lAche. Il y a quelques discussions qui pourraient paraître minutieuses à un philosophe, niais qui sont nécessaires dansées sortes délivres. La république des leltres est redevable à l'abbé Papillon, savant coramunicatif, d'un grand nombre de Mémoires intéressants, que le P. Le Long a insérés dans sa Bibliothèque des historiens de France, imprimée en 1719. 11 fournit au même auteur beaucoup d'observations, dont il a fait usage dans sa Bibliothèque sacrée, composée en latin et imprimée en 1723. Le P. Desmolets de l'Oratoire, successeur du P. Le Long, enrichit ses Mémoires d'histoire et de littératitre de divers morceaux précieux que lui avait communiqués l'abbé Pai)illon. Ce dernier est encore auteur de la Vie de Pierre Abailard, et de ceUe de Jacques Ami/ot, écéque d'Auxerre, toutes deux imprimées en 1702. Il dirigea, par ses recherches et ses lumières, l'ouviage de M. Carreau qui a pour titre, Description du gouvernement de Bourgogne, imprimée à Dijon en 1717, et réimprimée en llSk. L'abbé Papillon fut intiuiement lié avec le président Bouhier, le savant P. Oudin et le célèbre La Monnoye, et a aidé de ses lumières beaucoup d'autres savants. La mort l'empéclia de mettre en ordre les matériaux qu'il avait recueillis avec soin pour l'histoire de sa province. L'abbé Papillon fut l'éditeur de l'Histoire de la conquête de la Franche- Comté, composée jiar Pélisson.

PAPILLON DU RIVjET (Nicolas-Gabriel), jésuite, né à Paris le 19 janvier 1717, mort à Tournai en 1782, a traduit plusieurs Discours latins du P. La Saute , et a fait quelques poèmes latins, entre autres : Tempium assentationis , et Mundus phijsicus , effigies mundi moralis, où il prétend trouver en morale l'image des tourbillons physiques de Descartes. Parmi ses jioésies françaises on distingue VEpitaphe de Voltaire, et VEpitre au comte de Falckenstein; il y a des détails intéressants, d'utiles leçons, et quelques louanges précoces. Ses Sermons, imprimés à Tournai, 1770, k vol. in-12 , ont eu du succès. Son éloquence est féconde, douce, coulante; son style chûtié et correct; mais il ne s'anime et ne s'échaulfe pas assez : c'est un fleuve qui coule toujours d'une manière uniforme , sans agiter ses eaux. Son teuipérament était si délicat, que pendant trente ans il n'a vécu que d'un peu de lait et de pain blanc. 11 avait confié au P. Véron des manuscrits pouvant former 2 vol. in-8° : c'étaient des pièces fugitives, deux ou trois pièces dramatiques qu'il avait composées durant sa régence. Le P. Véron périt dans les massacres du 2 septembre 1792.

PAPIN (IsAAc), né à Blois en 1G57, étudia la philosophie et la théologie à (lenève. 11 apprit le grec et l'hébreu à Orléans, sous le mniistre Pajon, sou oncle malernel , connu par ses opinions signalées sous le nom de pa- DicT. DE Biographie relig. III.

jonisme. Ce ministre admettait le dogme de la grâce ellicace ; mais il ne rexpli([uail pas d'une manière aussi dure f[ue les prétendus réformés en général, et Jurieu en particulier. Papin embrassa le sentiment de son oncle, et le défendit avec chaleur contre Jurieu; celui-ci sonna le tocsin coiilre Pa|)in , tjui se vit contraint de j)asser en Angleterre et de là en Allemagne. 11 prêcha avec succès à Hambourg et à Dantzick. Dès que son adversaire le sut en Allemagne, il éciivit partout qu'on ne devait point lui donner de chaire. C'était, selon lui, un ministre indulgent et faible, qui soutenait que, les catholiques se faisant gloire de suivre l'Ecriture, les protestants les |)lus zélés devaient les tolérer. Pa|iiii, maltraité par ceux de sa secte, revint en France abjurer le calvinisme entre les mains du grand Bossuet, en ICiiO. Le fougueux Jurieu écrivit à ce sujet une lettre pastorale , bien digne de lui. Il y pi'étendait que le nouveau converti avait toujours regardé toutes les religions comme inditférentes , et que c'était dans cet esprit qu'il était rentré dans l'Eglise catholique. Mais sa conversion fut si sincère que Papin, étant allé passer (juelque temps chez sa tante, veuve de Pajon , contribua beaucou[) à fortitier dans la foi trois jeunes fils de celte da'me, ses cousins germains. 11 mourut à Paris, en 1709. Le P. Pajon, de l'Oratoire, son cousin, publia en 1723, en 3 vol. in-12, le recueil des Ouvrages composés par feu M. Papin en faveur de la religion. Cette collection oflre plusieurs traités : La Foi réduite à ses justes bornes; de la tolérance des protestants , et de l'autorité de l'Eglise, où il réfute la prétendue lettre pastorale de Jurieu. On changea quelque temps après le titre de cet ouvrage, en l'intitulant : Les deux chemins opposés en matière de-religion : l'examen particulier et le poids de l'autorité, Liège, 1713, in-12. C'est là qu'il faut apprendre à penser et à parler couime il convient sur la tolérance. Un auteur qui en avait eu besoin autrefois est plus croyable que personne sur les sentiments que la religion, l'humanité et la politique prescrivent à l'égard des disciples de l'erreur. La cause des hérétiques instruite et jugée par la méthode du droit, etc. Tous ces traités sont solidement écrits.

PAPIRE-MASSON (Jean), né à Saint-Germain-Laval en Forez, en 15i'i-, prit l'Iia+jit de jésuite, et le quitta après avoir enseigné avec réputation en Italie et en France. Il se consacra à l'étude du droit à Angers , et se fit recevoir avocat au parlement de Paris. Ses connaissances et son intégrité lui méritèrent la cliarge de substitut du procureur général. 11 l'exerça avec honneur , et mourut à Paris en IGlt, à 67 ans, vivement regretté des gens de lettres , dont la plupart étaient ses amis. Ses ouvrages sont : Annalium libri IV, Paris, 1398, in-i" , où l'on trouve des choses curieuses sur l'histoire de France; Notitia episcoputuum Galliœ, ibid., 1606, in-8°. Il y a des recherches et des inexactitudes; Vita Joannis Culvini, in-4°. Cette histoire, qui est assez bien écrite, appartient, suivant quelques

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uns. h Jar^iies Gillot; <ifs Elor/es latins des Jèoriiiiu's illustrius, recueillis jiar Hiilosdens, do r;ifnil<''mie ir.nii.aisc, 1()d6, in-8" : ils sont i.ius ciii|)li.iti(iiii-s qu'inslniLliis: une Histoire lies p.ipcs S'.>us te I Ire : Dv episcopis mbis, 15 S, in-4-"; uue Description de la Urance par Irx rivitrrs. L'alibé Baudraiicl ena doiiiii- une r.lilion avec ili's noie-, HiS'6, in-8'. en latin. De 'l'hou a iVrit sa Vie: elle se tiouve à la tète (les Eloqes. ,

PAPPE i>K TllKVEKiN' (Jea\-Fr4\çoi8-Mauic I.E), évèquo (le Strasljoursj;, né le ±2 octobre 175V, à AJorlais, d'une famille lionorablc do la Dusse-Bretagne, lit ses études au collège deO'ii'i'P'''"' Pi^i* au collège du Plessi? à Paris. En 1775 il entra au séminaire de Saint-Mnt,'loire où , après avoir lait quatre années de théologie, il présida pendant trois ans aux exercices théologiques des séminaristes en qualité de maître des conlérences. Il suivit ensuite le cours de la Sorhonne , et fut fait flocteur en théologie en 178i. Ayant reçu la même année la prêtrise, il fut nommé vicaire général de l'évêque do Langres, La Luzerne. Il ne voulut point prêter le serment à la constitution civile du cl.'rgé , et passa en Angleterre. Après avoir refusé riiospilalité généreuse que lui otl'rait loid Cariisie, parce quebeaucoupde sosconlrères, disait-il , en avaient plus besoin qoe lui, il se décida enlin k Taccepler , et eut occasion de voir dans cette maison toute la haute société de Londifs. C'est alors que pour dissiper les préjugés que ces hauts personnages tiourrissaient'contre la religion caihulique , il entrepiit un ouvrage oiu'il publia plus tard sous le titre de Discussion amicale. 11 en avait amassé presque tous les matériaux lorsqu'il quitta Londres , pour aller se charger de léducation du prince Paul Esterliazy, en Autriche. Il y lermin:i l'ouvrage dont nous venons de parler , et le lit paruitie à Londres. Le succès en fut grand ; aussi les membres de l'Eglise anglicane s'en émurent, et Stanley Vai)cr , recteur do Long-Newton-Durh-sin , essaya d'y répondre dans un écrit intitulé: hifjicuUis du romanisme. Mais au lieu de discuter franchement les questions tiaitées dans la Discussion amicale, le ministio anglican s'ellorijait de les tourner . Monseigneur Le Papjie de 'frévern lui lit une réplique concise et péiem|itoire sous le titre do Défense de lu Discussion amicale. En 181V , le prélat rentra en France ; il s'en éloigna de nouveau dans les cpnt-jours , et n'y retourna qu'en 1818. Il vint î» Strasbourg en 18-22, et y donna des conférences qui furent ensuite publiées sous le liire de Discours sur llneréitulilé et sur la certitude ilc la révélation chrétienne. Nommé évoque d'Aix en 1823 , il fut transféré, en 1827, sur h; siège de Strasbourg, et ramièe suivante il reçut le titre de conseillerd'El.it. Le jirèlat porta princJiwilement sou attention sur l'instruction du ciergi'; il lit un apjiel ii la générosité de ses dioiésaius, et s'imposa à lui-même degivuids sacrilices pour donner au grand et au petit séminaires de Strasboiu'g les bâtiments qui leur manquaieul, el pour leur fournir des

ressources qui en assurassent l'avenir^ Monseigneur Le Pap|ie de Ti'évern , toujours vigilant pour la défense des saines doctrines , fut un des |)remiers à combattre le système de Lamennais, et plus tard il signala et condamna des erreurs funestes que des hommes, animés d'ailleurs des meilleures intentions, avaient produites dans siin diocèse. Son grand âge ne lui permettant plus d'adminis- Iror par lui-même, un coadjuteur lui fut donné. Le Pappc de Trévern mourut le 27 août 18i2, âgé de 88 ans, à Marlenheim, où il avait lixé sa résidence.

PAPPUS (Jean), théologien protestant, né à Lindau en 15i9, devint, dès l'âge de 21 ans, ministre et professeur à Strasbourg, et mourut en ItîlO. On a de lui en latin un Abrégé de l'histoire ecclésiastique , 158i , in-8° ; et quelques livres de controverse, in-i% (jui eurent de la vogue dans le temps , mais dans son parti seulement.

PAt^UOT (Jeav-Noiîl), né l'an 1722, à Florennes, petite ville de lu princijiauté de Liège, étudia chez les jésuites de Liège, et devint ]irofesseur de langue hébraïque dans l'université de Louvain. L'im|)ératriee Marie- Thérèse lui conféra le titre de conseiller historiographe. 11 occupa ensuite la chaire d'Jîcriture sainte au séminaire de Liège, où il connut l'abbé de Follcr, qu'il aida dans la com, osilion de sou Dictioni aire historique. Sur la fin de ses .jours il fut disgracié , et perdit ses emplois, parce que, en sa qualité d'historiographe, il avait refusé de seconder quelques piétentions injustes de la maison d'Autriche. 11 trouva un refuge dans la maison d'un ami généreux de Liège, et c'est là qu'il mourut en 1803, âgé de 81 ans. En 1812, un journal de Liège donna sur P,;quot une notice dans laquelle on loue son attachement au siège de Rome el au souverain pontife , et le zèle avec lequel il combattait les erreurs philosophiques de son temps. Il a donné un assez grand nombre d ouvrages oomme éditeur, et il a traité avec un son particulier ceux qui ont rappoi't à l'histoire. Paquot est auteur de Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, delà principautedeLiége, el de quelques contrées voisines, Louvain, 1765-1770 , â vol. in-folio , ou 18 vol, in-12, ouvrage peu agréable à lire, mais utile, et qui fait regretter qiie l'aute ir ne l'ait jias continué.

PARA DU PHANJAS (l'abbé François), une des intelligences les plus remarquables du xvifi' siècle, a été cependant oublié dans la plupart des Dictioni'aues. M. Madrollelui a enfin consacré, dans le Supplément à la Biographie universelle de Michaud, un remarquable article dont nous profiterons pour composer cette notice. Para du Phanjas naquit le ISjanvier 172V, au château du Phanjas, petit hameau du village deChabottes en Champsaur, et fut placé de bonne heure au collège des jésuites alùubrun. 11 lut adsiis dans leursK-iété avant même d'avoir lini ses études, et il se distingua comme professeur dans les ètai-.lisseuients du Marseille , lie Grenoble, de Besançon. 11 fonda dans cette

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dernière ville un cours de philosophie d'oii sortirent des sujets éminents, tels que d'Oiivet, Bnllet, leJP. Elisée, Nonotte, Le François, .loly, Viguier, eti;. Le premier écrit de JPora fut (iidiliéen 17G7, chez Daclin, imprimeur du roi, sous le titre d'Eléments de métaphysique sacrée et profane, ou Théorie des Etres insensibles, variante que l'aut'Mir devait préférer un jour jiour la nouvelle édition de sa Philosophie , et qu'il devait étendre à la Physique, sous la î'^rmule de Théorie des Etres sensibles. L'auteur expose ainsi son but dans une Introduction : « La philosophie « a pour obj"t et les ôtres sensibles (jui af- « fectent nos sens, et les êtres insensibles « qui ne donnent prise qu'à notre esprit. « Les ôtres sensibles sont Tobj 1 de la phy- « sique ; les êtres insensibles sont l'objet de « la métaphysique. La métaphysique ainsi « conçue est évidemment la plus intéres- « santé de toutes les sciences, puis(iu'elle « ombrasse, comme on le verra en détail « dans les traités suivants, toutes les con- « lia ssances qui doivent le plus intéresser « l'homme. Ne serait-il |)as évi lemuient et « |)l!is important et plus satisfaisant pour « moi de bien connaître mou âme , qui fait « la piincipale partie de moi-môme ; de bien « connaître messensati.jns et mes idées, par « lesquelles je vis et avec moi et avec mes « semblables; de bien connaître l'Auteur de « mon existence, avecquijedois avoirdesrap- « ports si intimes et si essentiels; debiencori- « naître ma lin ou ma destination, mes devoirs « ou mes oblit^ationsqui doivent régler ma 0 conduite et mes mœurs , d'oiî dépend « sans doute mon bonheur ou mon malheur , « que de connaili e les courbes célestes, la « nirtrche des astres, les lois du mouvement, « toute la théorie de la nature visible ; cho- « ses qui, m'étant plus étiangèros, doivent « constquemment in'ètre plus iiiditrérentes? «Une théorie complète de uiétapliysiijue, où « toutes les {larties de cette science seraii:^nt « clairement et solidement enchaînées à un «petit noiubie de princij)es bien étiblis « et faciles à saisir, où l'on ne trouverait ni « la triste sécbei esse, qui éne ve et étoulle «le génie, en voulant l'instruire et le fui- «iner; ni la pédantesque subtilité q,ii le « npelisse et l'abâtard't, ni l'ennuyeuse «prolixité qui le rebute, l'emb ouille et « l'a|ipauvrlt, en [laraissiuit l'étendre et l'en- « riihir ; où de l'euseiuble de (outiîs les «connaissances niétaphj3;ques se formerait « un tout organisé et solid', un système « géûéial de lumière, également intéressant «et stuisible, une telle théo.ie serait évi- « derament un ouvrage iniiniuient utile à « l'esprit humain, dont il réglerait la marche « dans la recherche de la vérité, qu'il déli- « vrerail du ténébreux, chaos où le plongent « de nos jours les sciences destinées ii l'éclai- «rer. Telle est l'idée que nous nous somiues « forniije d'un utile cours de métaphysique ; « telle est l'idée que nous avons tâché de <« rendre et de remplir dans l'ouvrage que « nous donnons au public ; ouvrage dont «l'utilité regarde également, et cette nom-

«breuse partie de la jeunesse nationale qui « s'occupe utilement des études philosophi- « ques, et le commun des chrétiens qui aime «à s'instruire des grands objets de sa rei- « giou , et un petit noudjre de femmes du « monde qui, nées avec un esjirit capable de « connaissances systématiquement liées et «approfondies, se plaignent quelquefois «qu'une langue morte leur ferme la carrière «philosophique, et lôs éloigne d'une science « qui occuperait plus utilement leur loisir « que la science des romans langoureux ou « de la petite gazette médisante. » Les Eléments de métaphysique firent à leur auteur une grande réputation. 11 se rendit à Paiis, où ,\L de Beaumont, archevêque, et la [irincesse Adélaïde, tante de Louis XVI, lui firent une [lension suffisante pour qu'il pAtse livrer à ses travaux en toute liberté. En 1774, parurent Les principes de la saine philosophie conciliés avec ceux de la religion, ou La philosophie de la religion, 2 vol. in-12, dont il parut une nouvelle édition en 1792. Sa Théorie des Etres insensibles, développée et perfectionnée, fut réim(iriraéo en VHd, en 3 vol. iu-8°, et une autre édition en lut donnée plus t.ird à Lyon. En 1782, il ht ]iaiaître, en latin, ses Jnstitutiones philosophicœ, h 1 usage des séminaires. Para du Phanjas voulut faire pour les sciences dites exactes ce qu'il avait fait pour les autres , un ensemble , une Samme, et il publia, en 1786 d'abord, puis en 178S, cinq vol. in-8% qui forment, avec les Principes du calcul {V édit., 1773, 2' édit. augm., 1783], un ouvrnge sans exemple et fondamental. En 1780 et 1788, il pul)lia de nouxcaux Eléments de sa Métaphysique, et, en 1787 et 1788, deS Eléments de Physique. puis il donna une Théorie des nouvelles dé fiouvertcs, relative à la chimie. Après avoii commi ncé par la religion , dit M. MadroUe, Para du Phanjas voulut finir par elle et pour elle. Il avait, dans les Etres insensibles et la Philosophie de la Religion, plutôt établi la théniic du chrisiicinisme; il voulu! y ajouter Vllistoire de la Religion, ou plutôt la vraie jibilosoph e de son histoiie, que Bossuet, ainsi qu'il Ta oue lui-môme, eut à peine le temps d'essayer dans son Discours. L'abbé Para publia, en 1784,1e premier volume de son nouvel et dernier ouvrage, sous le titre de Tableau historique et philosophique de la Religion, depuis l'origine des temps et des choses, 1 vol. in-8", orné de cartes astronomiques, géographiques et géologiques. 11 a pour objtt la religion primitive du genre humain. C'est un morceau sans égal dans la littérature chrétienne, et qui fera toujours regretter la peito probable du second : la Rdigion de Moise et la Religion primitive ; et du troisième : la Religion évangélique. Il paraît que, sous la révolution, Para crut pou voir prêter le serment de soumission demandé au clergé ; mais il s'empressa de se rétracter dès qu'il connut les intentions du souvorai;! pontife, à qui il écrivit une longue lettpe à ce sujet. Sa murl, arrivée au mois de mai 1797, à Paris, fut édifiante. Sa . Philosophie de la religion fait partie du

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lomp X de la grande collection des Démonstrnlions évanqéliques , publiées par M. Migiie, 18V;}-1«V0, en 18 vol. in-4.°. PAKADES DU PAKADISO. Voy. Cluse.

PAKADIN ((Iiillaume) , laborieux écrivain, né vers 1510 à Cuisf-aux dans la Bresse dullonaise, est auteur d'un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : l'Histoire d'Arislée, touchant la version du Pcntateuque , in-i° (Voy. Aristée et Palmieui) ; l'Histoire de notre temps, faite en latin par Guillaume Paradin, et par lui mise en français, Lyon, 155-2, in-16. C'est la traduction de VHistoria Galliœ, dont nous parlons plus bas. Elle est assez, estimée, mais il est difficile d'écrire l'histoire du temps sans flntter plus ou moins; Annales Burçjundiœ, in-i° ; J)e moribus Galliœ historia, in-i° ; Mémoires de l'histoire de Lyon, 1G25, in-folio ; De rébus in Bclgio anno 15i3 gestis, 15i3, in-4° ; La chronique de Savoie, 1602, in-folio ; Historia Galliœ a Francisci I coronatione ad anuum 1550; Historia Ecclesiœ gallicanœ ; Mcmorialia insignium Franciœ familiarum... P.iradin était doyen de Beaujeu ; il mourut en 1590 dms un â?,"e très-avancé.

PAKADIS de HAYMONDIS (Jean-Zacha- Rn;), homme de lettres, naquit à Bourg en Bresse, le 6 janvier 1746. Sou père exerçait diins cette ville la cliargcdc lieutenant général du bailliage, dans laquelle Jean-Zacharie lui succéda fort jeune. Cependant il se vit contraint de s'en démettre à cause de la faiblesse de sa santé ; et, d'après l'avis des médecins, il passait tous les hivers k Nice. Il y connut Thomas, avec lequel il se lia d'une amitié sincèr ■, et dont il déplora la mort arrivée en 1785. Paradis se trouvait à Nice, en septemLire 1792, lorsque le général français Anseline, ayant passé le Var, vint attaquer les Piémontais , et s'empara du comté de Nice. Opposé aux maximes révolutionnaires. Paradis se retira à Udine, dans le Frioul. Quand il eut apprisque Louis XVI allait être mis en jugement, il sollicita l'honneur de le défendre ; la Convention n'eut aucun égard à sa demande. En 1797, il revint en Frsnce, resta quelque temps à Paris, où. il publia son ouvrage des Prêtres et des Cultes, et bientôt aj^rès il retourna dans son pays, où il se livra à l'élude de l'agriculture. Il tit un voyage à Lyon, et y mourut le 15 décemb'c 18!)0, à l'dge de cini|uanle-quatre ans. On a de lui : des Opuscules sur l'amélioration des terres, sur la cultunï des nommes de torrv', etc.; un Traité élémentaire delà morale rt du bonheur (sans nom d'auteur), 2° édition 1795; Des prêtres et des Cultes, Paris, 1797 : ouvrage tiès-estimé. Un journaliste qui en rendit compte, dit : « Personne n'a vanté ce «livre; mais son mérite a percé, comme 0 l'odeur de la violette s'élève du sein de « l'herbe. La renomuiéeatteindral'auteur dans « son obscurité et sa retraite, où il mérite de « lrouv(!r le bonheur dont il a si bien enci seigné la recherche. » Paradis de Uaymoudis était doux, bienfaisant et modeste.

PARADIS (Léonard:, curé <ie Notre-Dame de Bonnô-Nouville, nn à Moulins d'une fa-

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• mille honnête et nombreuse, fit ses éludes avec succès aux Kobertins à Paris , et fut vicaire dans le diocèse d'Autun dont Moulins dépendait alors. 11 revint ensuite à Paris et fit partie du clergé de Saint-Roch pendant quarante ans, à l'exception des six années qu'il passa dans l'exil sous la révolution. Depuis longtemps il était vicaire de cette paroisse , lorsqu'en 1830 il fut appelé à la piroisse de Bonne-Nouvelle, dont la cure était vacante par la mort de son frère. L'abl)é Paradis est mort le 18 mars 1831, après avoir publié depuis la restauration plusieurs écrits : De l'obéissance due au pape, ou Réfutation de l'adresse aux deux chambres de l'abbé Vinson, 1815, in-8° : l'abbé Vinson était un prêtre anti-concordataire : son adversaire lui prouva de la manière la plus évidente par l'Ecriture, la tradition et le témoignage d'un grand nombre d'évêques français, que le nape n'avait fait qu'user de son droit en signant le concordat de 1801. Tradition de l'Église sur l'infaillibilité du pape, 1820, in-8". Si l'on peut dire que l'abbé Paradis était un ultramontain, il faut avouer qu'il professait un ultramontanisme bien modéré. — Paradis (Jean-Baptiste), frère du précédent, curé de Bonne-Nouvelle pendant les quatre dernières années de sa vie, est mort le 5 mars 1830. Né près de Moulins, il avait été curé de Dorne dans le diocèse de Nevers, puis vicaire à Notre-Dame et successivement curé de Sainte-Valère et de Bonne-Nouvelle.

C'était un ecclésiaslique très-distingué.

PARAMO (Louis de) inquisiteur espagnol, publia à Madrid, en 1597, in-fol., l'ouvrage le plus rare et le plus curieux que nous avons sur le tribunal appelé le Saint-Office. Ce livre est intitulé : De origine et progressu officit sanctœ inquisitionis ejusque utilitate et dignitate, libri 111. Il a été traduit en français par Morellet sous le titre de Manuel des inquisiteurs. L'auteur était parfaitement instruit de la matière qu'il traitait ; il est exact dans les faits et les dates. Quant au tribunal dont il fait l'histoire, voy. Isabelle de Castille, Lim- BORCH, Nicolas Eymerick, Torqcemada, etc.

PARCTELAINE. Voy. Quatresoux.

PAKENNIN. Voy. Parrenin.

' PARES ou PÉRÈS (Jacques), théologien espagnol, connu sous le nom de Jacques de Valence, sa patrie, se tit religieux parmi les ermites de saint Augustin, et devint évêque de Christopole. Son zèle et sa charité le rendirent l'objet de l'amour et du respect de ses ouailles, qui le perdirent en 1491. On a de lui des Commentaires sur les Psaumes, sur le Cantique des cantiques, etc. ; un livre contre les juifs. De Christo reparatore generis humani. Pans, 1518, in-fol.

PAREUS ( Dav» W*;ngler , plus connu sous le nom de), né à Franckeinstein dans la Silésie, en 1548, fut mis d'abord en apprentissage chez un cordonnier ; mais son maître le tira de cet état pour le faire étudier. Son professeur, do luthérien le rendit calviniste, et lui procura une place dans l'académie d'Hei- (lelbcrg. Pareusy obtint ensuite une chaire de théologie , et mourut en 1623, à 74 ans

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Sa vie ne fut guère tranquille : sans cesse occupé de disputes contre les catholiques, il ne sut ni faire des heureux, ni l'ôtre luimême. On a de lui différents traités contre Bellarmin, et d'autres ouvrages de controverse, qui se trouvent dans le Recueil de ses OEuvres, publiées par son fds à Francfort, en 1647, en h vol. in-fo). Ce recueil renferme aussi des Commentaires sur VAncien et le Nouveau Testament. Son Commentaire sur l'Epitre de saint Paul aux Romains fut brûlé en Angleterre par la main du bourreau, comme contenant des maximes contraires aux droits des souverains.

PAREUS (Jean-Philippe), fils du précédent, né à Hemsbach, près de Worms, en 1570, a été un des plus laborieux grammairiens de l'Allemagne. 11 fut recteur de divers collèges, et en dernier lieu de celui de Hanau , où il mourut vers 16V8. Nous avons de lui : Lcxicon criticon, Nuremberg : ce n'est qu'un gros in-8°, mais qui lui coûta des recherches ; Lexicon plautinum, 161t, in-8° ; c'est un vocabulaire des comédies de Plante ; Electa plautina, 1617, in-8°. Il s'était élevé entre Pareus et Gruter une querelle furieuse à l'occasion de Plante. On en voit des traces dons ce livre, assaisonné de toutes les élégantes saillies des crocheteurs. Une nouvelle Edition de Plante en 1619, avec de savantes remarques ; Electa aymmachiana, in-8* ; Calligraphia Romana , in-8° ; des Commentaires sur l'Ecriture sainte, et d'autres ouvrages.

PAREUS (Daniel), fils du précédent, marcha sur les traces de son père. Il fut tué par des voleurs de grand chemin vers l'an 1645. Vossius en faisait beaucoup de cas. On a de lui un grand in-4°, intitulé : Mellificium atticum : c'est un recueil de lieux communs tirés des auteurs grecs; Historia palatina, Francfort, 1717, iii-4° : c'est un assez bon abrégé; Medulla historiée ecclesiasticœ, 1633, in-12; Medulla historiée univer salis, in-12; un Lexicon, avec des notes sur Lucrèce , in-8°. PARHAMMER (François) , jésuite de la province d'Autriche, se consacra à l'instruction des paysans, et parcourut un grand nombre de provinces avec des travaux et des succès extraordinaires. L'empereur François I" l'obligea d'abandonner une carrière qui lui était si chère, et d'être son confesseur. Il s'occupa en même temps à former des établissements utiles de plus d'un genre. La forme qu'il donna k la maison des orphelins et i-auvres enfants de soldats, l'exercice militaire qu'il y introduisit , l'ordre exact et sévère qui y régnait, en avaient fait un objet de curiosité pour les étrangers. Après l'extinction de la société, il continua d'avoir la direction de cette maison. L'empereur Joseph II respectait ses vertus et son zèle. Peu de jours avant sa mort , il lui avait offert un éyôché ; sur un refus du modeste ex-religieux, le monarque lui donna deux mois pour délibérer. La Providence décida la chose d'une manière [ilus prompte. Avant que ce temps fût révolu, il mourut à Vienne le 1'mars 1786.

PARIS (Matthieu) , bénédictin anglais, au

monastère de Saint-Alban, mort eu 1259, possédait à la fois l'art de la poésie, celui de l'éloquence, la peinture, l'architecture, les mathématiques , l'histoire et la théologie. Il fit paraître tant de régularité, qu'on le chargea de réformer les monastères. 11 s'en acquitta avec zèle et avec succès. Son principal ouvrage est : Historia major, sive rerum anglicarum historia a Guillelmi conquœstoris adventu (1066) ad annum 43 Henrici lll (1259] , editastudio Matthœi Parkeri, Londres, 1571, in-fol. ;avecdes additions parGuillaumeWats, Londres, 1640, 2 vol . in-fol . Il y a une appendice qui commence en 1260, et finit en 1273. Il est de Guillaume de Rishanger, moine de Saint- Alban, et historiographe du roi Edouard. Guillaume Cave assure que Matthieu Paris a copié de la Chronique de Roger de Vendover, ce qu'il rapporte jusqu'à l'année 1235. Le style en est pesant et lourd ; l'auleur écrit avec beaucoup de sincérité le bien et le mal, à moins qu'il ne prenne parti dans une affaire : C'est alors, dit un critique, le moins croyable de tous les historiens. Matthieu avait fait un abrégé de cet ouvrage, qu'il intitula Historia minor, par opposition à sa grande Histoire, qu'il appelait Historia major.

PARIS (François), né à ChAtillon, près Paris, d'une famille pauvre, fut domestique de l'abbé Varel, grand vicaire de Sens, qui le fit élever au sacerdoce. Il desservit la cure de Saint-Lambert, travailla ensuite dans une autre, et vint se fixera Paris, où il mourut fort âgé en 1718, sous-vicaire de S,;int- Etienne-du-Mont. On a ûv lui divers ouvrages do piété ; les principaux sont : les Psaumes en forme de prières, in-12; Prières tirées de l'Ecriture sainte, paraphrasées, in-12; uu Metrtyrologe, ou Idée de la vie des Suints, ht-8" ; Traité de l'usage des sacrements de pénitence et d'eucharistie, imprimé en 1673, par ordre de Gondrin, archevêque de Sens ; revu et corrigé par MM. Arnauld et Nicole ; Règles chrétiennes pour la conduite de la vie, etc. , in-12 ; quelques écrits pour prouver, contre Bocquiilot, « que les auteurs peuvent légitime- « ment retirer quelque profit honnête des « ouvrages qu'ils font im|irimer sur la théo- « logie et la morale. » L'abbé Bocquillot soutenait le contraire, et agissait d'après ces principes : il faut convenir que s'ils sont sévères en ce point, ils sont plus nobles et plus généreux que ceux de son adversaire.

PARIS (François de), fameux diacre, était fils aîné d'un conseiller au parlement île Paris, où il naquit le 30 juin 1690. Il devait naturellement succéder à sa charge, mais il aima mieux embrasser l'état ecclésiastique. Après la mort de son père, il abandonna ses biens à son frère. Il lit pendant quelque temps des catéchismes à la jiaroisse de Saint- Côme, se chargea de la conduite îles clercs, et leur fit des conférences. Le cardinal de Noailles, à la cause duquel il était attaché, voulut le faire nommer curé de cette paroisse ; mais un obstacle imprévu rompit ses mesures. L'abbé Paris, après avoir essayé do diverses solitudes , se confina dans une maison du faubgurg Saiqt-Marcel. Il s'y

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livra au travail des nmins, et faisait des bas au mëlier |ii)iir les |)auvri'S. Il mourut dans cet asile en 1727, à 37 ans. L'abbfj Punis avait adhéré à l'appel iîe la bulle Uingeniliis , interjeU' par les quatre évoques; il avait renouvelé son apjiel en 1720. Avant de l'aire des lias, il avait enfanté des livres assez médiocres. Quelques-uns disent qu'on les lui a supposés pour lui fiire un nom. Ce sont des Explications sur VEpitre de saint Paul aux Romains, sur celle aux Gniates, et une Anali/se de l'EpUreaux Jlélircux, explications que peu d<' p'-rsonnes lisent. Son frère lui ayant fait ériger un tombeau dans le petit cimetière (le Saint-Médard , tous h's dévots du parti allèient y faire leurs prières. Il y eut des guérisons qu'on disait merveilleuses, il y eut des convulsions qu'on trouva dangereuses et ridicules. L;i cour fut enfin obligée de faire cesser ce spectacle, en ordonnant la clôture tiu cimetière, le 27 janvier 1732. Comment, après un tel éclat, les jansénistes ontils prétendu passer pour un fanlùme , pour une secte qui n'existait que dans l'imagination des jésuites ? Leur séjiaration n'est-elle d'ailleurs pas manifeste dans la prétendue église d'Utrecbt, méconnue de tous les catholiques de l'univers? Ce tombeau du diacre Pi'iris fut le tombeau du jansénisme dans l'esprit de bien des gens. Le célèbre Duguet, quoique d'aill 'urs très-attaché au parti, regardait ces farces avec indignation et avec mépris. Petil-Pied en fit voir la sottise dans un ouvrage composé exprès. {Voy. son article.) Le fanatique Mésenguy, au conlraire, ne craint jias de les associer aux miracles de l'Evangile, et à ceux qui dans tous les siècles ont illustré l'Eglise catholique. Un philosophe anglais, de déiste redevenu chrétien par des rétlexions faites sur la conversion et l'apostolat de saint Paul, mylord Georges Litileton (Voy. ce noui), a parlé ainsi de ces prétendus miraeles : « Ils étaient soute- « nus de tout le parti janséniste, qui est fort « nombreux et fort puissant en France, et « composé d'un côté de gens sages et habi- « les, et de l'autre de bigots et d'enthou- « siastes. Tout ce corps entier se réunit et « se ligua pour accréditer les miracles que « l'on disait s'o|iérer eu faveur de leur parti; « et ceux (|ui y aj(mlèrent foi étaient cstrû- « mement disposés à les croire. Ce|)endant, « malgré tous ces avantages, avec quelle face cilité ces prétendus miracles n'ont-ils pas « été supprunés ? Il ne fallut pour réussir « que murer simplement l'endroit où celte

<' tombe était placée Si Dieu ertt réel-

« lement 0|)(''ré ces miracles, aurail-il souffert « qii'une mi--érable nuiraille eût traversé ses 0 desseins '? Ne vit-on pas des anges descen- « «ire autrefois dans la prison des afiôtres, « et les en tirer, lorsqu'ils y furent renfermi-s « pour les empocher de faire des miracles? « Mais l'abbé Paris a été dans l'impuissance « d'abattre le petit mur qui le sépai-ait de « ses dévots, et sa vertu miraculeuse n'a pu « opérer au del^ de ce nmr. Kt sied-il bien « après cela à nos incrédules modernes de • comparer et d'opposer de tels miracles à

« ceux de Jésus-Christ et des apôtres? Aussi « n'est-ce que pour leur fermer la bouche « à cet égard que j'ai attaqué l'exemple « en question, et qi\e je m'y suis arrêté. » Voy. MoNTGERo\. On a ditl'érentes Ki'ps imprimées de ce diacre, dont on n'aurait peutêtre j unais parlé si l'on n'avait voulu en faire un thaumaturge. Ces farces, dit Feller, subsistent encore aujourd'hui, quoique avec moins île publicité. Voy. Montazet, ]eJourn. hist. et litt.. 1" sept. 1787, p. 19; Voy. aussi les Mémoires pour sej-vir à l'histoire ecclésiastique pendant te %ix' siècle, dans lesquels on raconte les tentatives de qui'lques convtdsionnaires qui ont essayé, depuis la révoluiion.de renouveler leurs excès. Ils n'ont pas fini avec la secte, qui, si on excepte quelques-uns de ses docteurs , s'est no.\ ée dans le huguenotisme et le philosophisme , avec lesquels elle a consommé la révolution de 1789, détruit la religion catholique en France, et rougi le sol de cette région , autrefois si chrétienne, du sang de ses prêtres et de ses pontifes. Voy. Lafitau.

PARIS (dom Anselme), chanoine de Sainte- Geneviève, oncle du précédent, na(pji! en 1631 , à Reims, et mourut en 1083 dans son abbaye. Il était aussi pieux que savant. 11 fit paraître d'abord une dissertation , sans nom d'auteur, sur un traité de Ralramne , mnine de Corbie, contemporain d'Hincmar, traité que l'on trouve dans le troisième volume de la Perpétuité de la Foi. En 1675 et 1676, il publia deux volumes dans lesquels il s'attachait à fortifier l'argument de la perpétuité relativement k la créance de l'Eglise grecque, en montrant que dans toi:.sles temps cette église s'est accordée sur la transsubstantiation avec l'Eglise latine. Il avait en outre composé plusieurs ouvrages que la bibliothèque de son ordre conservait en manuscrits.

P.VRIS (JÉRÔME de), aBcien grand vicaire et officiai de Nevers, qui vivait sur la tin du xvii' siècle et au commencement du xviii', a publié des Sermons et Homélies, en 16 volumes in-12, sur les mystères de Notre-Seigneur ; sur les mystères de la sainte Vierge et des Panégyriques des saints, 3 vol. , 1738 et années suivantes ; sur les évangiles de carême, 3 vol., Pa:is,17i9. Tous ces discours peuvent encore être très-utiles.

P.\KISETri (Locis), surnommé le Jeune , pour le distinguer d'un de ses p.irents, né à Reggio en 1503, étudia d'abord le dioit et fut re(;u docteur. Mais il s'adonna ensuite à la culture des lettres et de la poésie, renij lit plusieurs fonctions munici|iales dans sa patrii\ et mourut en 1570. Farisetli s'était concilié l'estime et l'amitié des écrivains les plus illu-tres de son temps, tels que Giraldi, Bembo, Sadolet , Calcagnini , etc. On peut consulter pour plus anq)lês détails Tiraboschi , Hiblioteca modenese , tome IV , p. 48-5S. Nous citerons de lui : De immortalilate animw , Reggio, 15'^l, in-l", poème en trois livres; Epistolarumiihri sex, ibid.,15H, in-'i". Les trois | reniiei's li\res furent réiiupiimés à Bologne, en 1560, in-8% les trois

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derniers l'avaient été à Venise, en 1553, in-8*, par les Aide ; Theopeiœ libri sex , Venise , Aide, 1550-1551 , in-8", poème dont le sujet est la création du monde ; De divisa in fiominiim brnevolentia alque beneficcntia orationes très, ibid.. Aide, 1552, in-S"; édition reproduite on 1559 avec un nouveau frontispice.

PARISIÈKE (Je \\-C,ÉSAR Roisseau de La), né en 16t)7, à Poitiers, d'une des plus anciennes familles du Poitou, évèque de Nîmes, mourut dans cette ville en 1736. Il assista comme député à l'assemblée du clergé de 1730. Dans le discours de clôture, il dit au roi que « son règne était fondé sur la ca- « tholirité et qu'il devait se soutenir |)ar les « mêmes principes. » Ce passage fut mal interprété et lui occasionna des chagrins ; ils cessèrent quand on eut connu les jmres intentions du prélat. On a publié, ennW, le recueil de ses Harangues, Panctjyriqiies , Sermons de morale et Mandements, 1 vol. in-12. La modestie ou l'amour-propre éclairé de ce prélat le porta h brûler presque tous les ouvrages qu'il avait composés dans un ;1ge moins mûr. Les pièces contenues dans les deux volumes dont nous avons parlé échappèrent à ses perquisitions. La Fable allégorique sur le bonheur et Vimaginalion qu'on trouve dans le recueil des ouvrages de mademoiselle Bernard, est de ce prélat : elle est ingénieuse. Cet auteur a employé dans sa prose un style serré et concis, qui nuit quelquefois à la clarté de ses pensées. Quelquesunes de ses pièces offrent néanmoins de temps en temps des traits de la plus grande force. Le prélat était plus estimable en lui que l'auteur. Il appuyait la morale qu'il prêchait par l'e-seinpie d'une régularité vraiment épiscopale.

PARISOï (Jean-Patrocle) , maître des comptes au parlement de Paris, est connu par un mauvais ouvrage publié sous le titre de La. foi dévoilée par la raison , Paris, 16S1, iii-8". L'auteur prétend que Dieu a voulu établir la religion en un teuips par la foi, et en un autre par la raison , et qu'il était suscité de Dieu pour donner h l'Eglise de nouvelles lumières. Ce livre est la production d'une tête échauffée plutôt qu'incrédule.

PARISOT. Voy. NoRBERt (le Père).

PARKER (Matthieu), né à Norwich en 1504 , fut élevé à Cambridge au collège de Bennet. Il devint ensuite doyen de l'église de Lincoln, puis archevêquede Cantorbéry en 1559. Si on en croit la plupart des auteurs catholiques, il fut ordonné dans un cabaret. Courayer, dont le témoignage est [iliis que suspect, l'a nié; mais il est toujours certain que l'ordination de Parker est nulle, connue toutes celles qui se sont faites sous Elisabeth. C'est le sentiment de tous les catholiques; Courayer en convient lui-même. « Il est « constant, dit-il, que sous Elisabeth, les « eathuli lues anglais refusèrent de recon- « naître Parker pour évèque, aussi bien que « ceux qu'il avait consacrés. Sanderus , « Stapleton , Haiding, en fournissent des « preuves authentiques. » {Voy. lexcellent . Traité de Hardouin contre cet écrivain apos-

tat.) Parker avait été protégé par l'archevêque Cranmer, et fut chapelain d'Anne Boleyn, seconde femme do Henri VIII, qui , en mourant, recommanda à ses soins l'éducation de sa fdle Elisabeth , depuis reine. Nommé, en 1534, doyen du collège de Stoke près de Clark, dans le comté de Sutfolk, il y établit une école, et commença h y montrer sa haine contre les catholiques. Il jouit do la faveur de Henri VIII et d'Edouard VI. Mais sous celui de Marie, il fut contraint de se tenir caché et il employa les loisirs de sa rctraiin forcée à traduire les Psaumes en vers anglais. Sous le gouvernement d'Elisabeth, il obtint le siège de Cantorbéry; il en était le second évèque protestant. Parker déclara la guerre aux crucifix, aux cierges, aux images, et il montra un zèle si impolitique et si inhumain, en 1575, dans une visite métropolitaine qu'il fit h l'île de Wight, qu'il s'attira les reproches d'Elisabeth elle-même. On a de lui : un traité De antiquitate brilannicœ Ecclesiœ , in-fol. Mais cette antique église lu'ifanniijue, dont il fait l'histoire, n'est pas celle dont il était prélat, laquelle ne datait tout au plus que du règne de Henri. VIll. Une édition de VHistoria major de Matthieu Pàiis, Londres, 1571, in-fol.; de la Chronique do Matthieu de Westminster, Londres, 1570, in-fol. Jean Stype publia, en 1711, en un vol. in-lbl., la Vie de Parker, mort de la pierre en 1575. C'est un éloge qui n'est d'accord ni avec les faits que l'auteur avoue, ni avec ceux qui, pour en être rejetés, n'en sont pas moins certains,

PARKER (Samuel), né h Northampton en 1040, d'une famille noble, fut élevé au collège de Vadham II Oxford, puis h celui de la Trinité. Il devint archidiacre de Cantorbéry , puis évèque d'Oxford, en 1686. On a de lui un grand nombre d'ouvrages en latin et en anglais, sur des matières de controverse et de thérdngie. Les catholiques remarquent surtout un écrit qu'il publia pour montrer l'injustice et l'inconvenance du fameux serment du test. Il mourut en 1687. Ses [>roductions n'ont pas passé la mer. Les principales sont : Tentamina physico-theologica ; Disputationes de Deo et providcntia, Londres, 1678, in-4"; Démonstration de l'autorité divine, de la loi naturelle et de la religion chrétienne, en anglais, ainsi que les suivants; Discours sur le gouvernement ecclésiastique; Discours apologétique pour l'évéque Bramhall, etc.

PARKHURST (Jean), ♦héologien anglais, né en 1728, à Catesby-House , comté de Northampton, mort le 21 février 1797, à Epsom en Surrey, est auteur : ù\\\\Ç: Adresse amicale à Wesley sur sa doctrine; d'un Lexicon hébreu et anglais, sans points, suivi d'une Grammaireméthodiquedel'hébrcu,sanspoi)Hs, à l'usage des commençants, 1762; réimprimé en 1778 et 1792, avec des augmentations considérables; i\'\xn Lexicon grec et anglais , précédé d'une grammaire grecque, claire et facile, 1769 et 1794, iri-8;' d'une réponse à Priesîloy, sous le titre de La divinité et la préexistence du Sauveur, démontrée d'après l'Ecriture, 1787, in-8'.

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