‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 80 sur 341 · PEN · texte numérisé non relu

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pas. Le pfre, indigni', lo cliassn rie st miison. i'enn nll.i |iriV-hpr dans la cité ; il y fit beaucoup do prosélytes. Comme il était jeune, lienii et bien fait, les leiiunes de la cour et de Ifl ville accoui'aient dévotement pour l'entendre. Le jiatri.irclie des rjuakers, (îeorges Fox, vint du fond de l'Anglelerre ie voir "à Londres sur sa l'épiilation. Tous deux s'cmbar(|uèrent pour la Hollande, et curent des succès dans un pays oii toutes les religions sont autorisées, hormis la véritalde. .Mais ce (jui les encouragea le plus, ce fut la n'^ception rpie leur fit la princesse palalim; Elisabeth, tante de Georges II, roi d'Angleterre. Elle était alors retiri'e à La Htye, où elle vit les amis; car c'est ainsi qu'on appelait alors les quakers en Hollande. Elle eut plusieurs cont^rences avec eux; ils prêchèrent souvent chez elle, et s'ils ne liront pas d'elle une parfaite quakeresse, ils avouèrent au moins qu'elle n'était pas loin de penser comme eux. Les amis semèrent aussi en Allemagne, mais ils y recueillirent peu. Pena repas.sa bientôt en Angleterre, sur la nouve le de la maladie de son père, et vint recueillir «es derniers soupirs. Le vice-amir.d se réconcilia avec lui et lui laissa de grands biens, parmi lesquels il se trouvait des dettes de la couronne nour des avances f,ntes])ar le viceamiral dans des expéditions maritimes. 11 fut obligé d'aller tutoyer Charles II et ses ministres [ilus d'une fois, pour son paiement. Le gouvernement lui donna, en 1680, au lieu d'argent, la propriété et la souveraineté d'une province d'Amérique, au sud de Maryland. il partit avec deux vaisseaux chargés de quakers qui le suivirent. On appela dès lors ce pays Pensyli-tmie, du nom de Penn ; il y fonda la ville de Philadelphie, qui est aujourd'hui très-llorissante. Il commença par faire une ligue avec les Américains sauvages, ses voisins. Le nouveau souverain fut aussi le législateur de la Pensylvanie. Il donna des lois dont aucune n'a été changée depuis lui. Il revint en Angleterre pour les alfau-es de son nouveau pays, après la mort de Charles 11. Le roi Jacques II, qui avait aimé son père, eut la môme alfeution jiour le tils; Penn lui l'ut très-attaché. On l'accusa même de s'être l'ait jésuite, h l'imitation de ce prince, qui ne l'a jamais été plus que lui. Il se défendit avec tant d'éloquence en présence de ses juges et de ses accusateurs, qu'il fut renvoyé absous. Il se tint dans une espèce de solitude sous le roi (luillaumo, dans la crainte de doiuier lieu à de uouveaux soupçons. En 1009, il lit un secimd voyage avec sa l'i'unne cl .sa famille dans la Pi'ns>dvanie. De retour en Angleterre, en 1701, 'la reine Amie voulut souvent l'avoir à sa cour. Il vendit la Pensylvanie h la couronne d'Angleterre, eu 171-2, -280,000 livres sterling. L'air do Londres étant coîitrairc h sa santé, il s'était retiré en 1710 .^ lUiscliomh, i)rès de Twil'ord, dans la province de H ickingham. Il y passa le reste de sa vie, et mourut en 1718, h 74. ans. On a de lui plusieurs écrits en ati-lais, en faveur de la secte îles trcmbleurs, dont il fut comme le fondateur et le

législateur en Amérique, et le principal soutien en Europe. {Voij. Rakclay, Robert, et Fox, Georges'. Dans une de ses lettres, écrite en 1683, et insérée dans les Caspi~ nin's Letters, Londres, 1777, il avance et prouve asseî bien que quelques nations américaines desi^endent des anciens juifs. Voy. Menasseu Bex-Isbael. On a de Penn un grand nombre d'opuscules en anglais qui ont été recueillis en 1726, in-fol. : ils sont pré-t cédés de la Vie de l'auteur.

PENNA (François-Houace della), religieux capucin et zélé missionnaire, né l'an 1C80 à Mac Tata, fut envoyé au Tibet e;i i(jl9 avec douze religieux de son ordre. Lorsqu'il revint à Rome en lï35, il avait perdu, dans le cours de ses travaux apostoliques, neuf de ses laborieux compagnons, en remplacement desquels on lui adjoignit neuf autres capucins, qui partirent avec lui pour les m'ssions du Tibet, en 1738. Le P. della Penna mourut dans le Népdl le 28 juillet 174-7, h Patan ou Héla, dans un couvent de son ordie. H s'était rendu très-familière la langue tibétaine. D'après les renseignfMnaents par lui fiiurnis, la congrégation de la Propagande publia une Relation du commencement et de l élal présent du grand royaume du Tibet, et de deux autres royaumes voisins, home, 1742, in-V, en italien. On doit au P. della Penna la version tic loraison dominicale en tibétain, l'explication d'un tableau du système cosmogoiiique, une chronitjue et inythologie tibétaines, une description du Tibet, une Chroni([ue traduite de la langue de ce pays, une relation très-détaillée des mœurs et de la religion des habitants de cette contrée en p'us de 17 chapitres, et dvers autres morceaux restés manuscrits, mais dont le P. t.jiorgi a profité dans son Alphabetanum Tibetanum.

PENNEC (le Rév. P. Cvrille Le), du diocèse de Léon, lit profession, le 15 mai 1611, au couvent desCarmesde Saint-Pol-de-Léon, et devint, en 1618, prieur de la communauté d'Hennebon. Le P. de Villiers dit, dans sa Bibliothèque latine des Carmes, qu'il y fit renaître les beaux jours de la vie monastique. Revenu, vers 1630, au couvent de Saint- Pol-de-Léon, qu'il appelait son berceau, le P. Le Pennée y mourut le 1" mai 1649. On a de lui : Le dévot pèlerinage du Folgoet , avec le sommaire des pardons et indiilgenecs concédées à cette sai7icte chapelle, Morlaix, 1634, in-18. Il en a paru de nos jours un jirécis, sous ce titre : Le dévot pèlerinage de ISotre- Dmne du Folgoet, par te R. P. Cyrille Le Pennée, religieux carme, avec la liste des autres chapelles dédiées à la Vierge, dans l'évéché de Léon, Renues, 1825, in-18, rédigé par M. Miorcec de Kerdanet. L'ouvrage a rié reproduit en entier dans la nouvelle édition des Vies des saints de la Bretagne - Armorigue, par Alb. Legrand, Brest, 1837, in-i"; De la salutation angélique, adjoastée des saincts noms de Jésus et Marie, et autres œuvres de la Vierge, Jiorlaix, lî534, in-18; Calendrier des fêtes de la Vierge, Morlaii, 1647. in-32 de 22'i- pages. Le P. Le Pennée a de plus laissé en manuscrit: ViridariumCarmeli, siveindex

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chronologicus gravtssimorum patrum gêneralium sacri ordinis Carmeiitariim H nonnuilorum clarorum ac illustrium virnrum prmUcti ordinis, omusctiIc de 39 paires, (jui commençait h saint Bertliolde, élu premier général des Carmes en 1103, et finissait à Tl

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Théodore Le sacré fleuron (lu Mont- Carinel ; Le sacre bocage de Notre-Dame de Berren, chapelle située entre Lesnevcn et Saint-Pol-de-Léon ; Gi/mnasium Carmelitarum, sire Klogiu chirorum rirorum et scriptsruin pêne omnium sacri ordinis fratruni gloriosissimœ Deiparœ Virginis Maria; de Monte Carmelo, de 173 pagi'S.

PF.NNOTTI (Gabriel), de Novare, chanoine régulier de 8aint-Augustin, de la congrégation de Latran, s'est feiil oonnaiire par une histoire des chanoines ré;iuliers, sous le titre de Generalis lotius ordinis chricorum canonicorum Historia tripartila, curieuse et pleine de recherches. Elle fut imprimée à Rome en 162i, et h Cologne on IG'id; Propiignacuhim hnmanœ liberlatis, etc. L'autour vivait sous le pontificat d Urbain VIII. C'était un homme savant et vertueux, que son mérite éleva aux premières charges de sa congrégation.

PEQUIGNY. Voy. Beh^ardin.

PEUALDUS (Guii.LAoïiM, dominicain du Dauphiné, mort vers l'an 12G0, que plusieurs écrivains de son ordre ont cru à tort avoir été archevêque de Lyon, e-t auteur d'un traité imprimé plusieurs fois: De enuUtione ReUgiosoram. Voy. la Bihliothhjue des écrivains dominicains, par Kcharil et Qnétif.

PÉRAHD-CASTEL (François). Vay. Castel.

PERAU (Gabriel -Louis Calabre), diacre et licencié de la maison et société do 8orbonne, né à Semur en Auxois en 1700, mou- Fut le 31 mars 17G7, à 67 ans. Il fut sincèrement re.^retté, tant dos gens de lettres, dont il honorait la profession par ses mœurs, que des amis qu'il s'était faits en grand nomhre. Sa droiture et sa probité, son esprit ('gai et liant, sa franchise et sa gaité naturelles, la douceur de son caractère, rendaient soircommerce aussi faille que sûr. Il est principalement connu itar la continuation des Vies des hommes illustres de la France, commencées par d'Avrigny, tom. XIU ,\ XX.I1I. Les volumes qu'il a comjjosés, sont reconunandables par l'exactitude des recherches et par la netteté du style. On y désirerait quelquefois plus do chaleur et d'élégance. M.Turpin s'était chargé de continuer cet ouvrage, que Pérau fut obligé d'abandonnei' à cause de la perte de sa vue. Turpin est plus recherché , dans sa manière ; son style est affecté, et les faits sont souvent de son imagination. Pérau est encore éditeur d'un grand nom're d'ouvrages qu'il a retouchés, augmentés et enri- ' chis de notes et de préfaces. Son édition des ^ OEuvresde Bossuet, en 12 vol. in-4", ne ren-. ferme ni les sermons, ni les lettres. On a encore de lui : une Description des Invalides, 175!i, in-fol. ; la Vie de Jérôme Bignon, 1757, in-12, estimée. Elle forme le 27' v 1. des Vies des hommes illustres. Il a publié, en outre,

ues Editions de Boileau, de Saint-Réal, la Descripiion de Paris par Brice, la médecine des pauvres, de Hecqnet, etc., et a écrit le Secret des fi-ancs~Maçuns, [lïk, in-12. — Le Becueii A. B. C, qui est une collection de l>iècrs historiques, 17'io-62, 2'j vol. in-i2.

PERBOYKK (Jea"v-Gabriei.), missionnaire, né le (i janvier 1802, d'une famille de cultivateurs, à Puecli, petit hameau v.e la iiaroisse de Mongesty, diocèse de Cahors, était neveu du vénérable lazariste, M. Perbcyre, qui s'e.st fait connaître ))ar lus services qu'il a rendus au diiicèse de Montauban, comme supérieur du petit séminaire. Deux de ses fièrus furent lazaristes comme lui, et l'un de ceux-ci mourut à Batavia, étant sur le point de commencer ses travaux apostoliques dans la Chine. Deux de ses. sœurs et inie de ses cousines tirent profession chez les sublimes filles (le Saint-Vincent de Paul. C'est par la raison même que plusieurs membres de sa famille étaient entrés dans l'état ecclésiastique, que Jean-Gabriel ne fui [loint destiné d'abord à cette sainte cari'ière, ses parents désirant de le retenir auprès d'eux pour les aider dans leurs travaux. La Providence en disposa aulrement. Ayant accom[iagné sou frère Louis qui se rendait au séminaire de Monlauban, il r passa quelques semaines, et il donna dès lors des martjues si visibles de sa vocation religieuse, que le cligne supérieur, son oncle, et tous les maîlres, voulurent le retenir, et obtinrent à cet eifet le consentement de ses père et mère. A l'issue d'un sermon de l'abbé de Chièzes, qu'il entendit en li^l7, il dit : Je veux être missionnaire, et cette espèce d'engagement, il l'a glorieusement lenu jusqu'au bout. M. Thieys, qui fut l'un de ses maîtres, raconte, dans une lettre, qu'à la tin de son cours de rhétorique, dans les exercices publics qui précédèrent la distribution des [;rix, il lut un morieau dont le titre était : La croix est le plus beau des mo-^ Huments. « Quelle est belle, s"écriait-il, celte « croix plantée au milieu des leriesinlidèles, « et souvent arrosée du sang des a|iôtres de « Jésus-Christ ! » En 1820, le 28 décembre, le jeune Perboyra piononça ses vœux dans la congrégation de Saint-Lazare. 11 fut ordonné prêtre le 23 septembre 1820, et fut envoyé comme directeur au collège doMontdidier (Somme), juiis à Saint-Flour, comme [irofesseur de philosophie. H devint ensuite supérieur du petit séminaire. Ses..austérités et son zèle ayant altéié sa santé, ses supérieurs ra[)pelèrenî, en 1832, à la \)\iic<i de sous-directeur dunovicial do- la congrégation à Paris. Sa piété fervente, sa doucii charité, lui gagnèrent les cœurs, et il opéra d'heureuses conversions. Ayant obtenu, à force d'instance, de partir pour les missinns de la Chine avec deux missionnaires qui étaient sur le point di; s'y reuthe, l'abbé Perbpyre s'embarqua au mois de nuus lij3a pnurMacao. L'année suivante, au moment de j;énétro!" dans rinti'rleur du pays, il écrivait à sa sn'ur: « J'espère que le bon Dieu me proté- <( géra dans tout ce pèlerinage. Je pars bjen « portant et bien content. Si vous pouviez

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« me voir un peu maintenant, je vous offri- « rais un spectaclo int(Tessant avec mon ac- X coiilifiiiont cliinois, ma tète rasée, ma lon- » i;ue (lucue t't mi'S moustadies, balbutiant « une nouvelle lan{.Mie, mangeant avec des (. h.llonnols qui seivent de couteaux , de « (iiillrrs et (le lourclieltes. On dit que je ne i( rcjirésfnte pas mal un Chinois ; c'est par a \h qu'il faut couimencer h se faire tout h « tous. Puissions-nous les gagner tous ainsi à « Jrsus-r.lirist 1 « A son arrivée dans la mission, il s'ai>pliqua avec ardeur à instruire les inlidèles; m.iis le terme de ses travaux n'était |ias éloigné. Tao-Kouan, empereur de la CJiine, qui jiis(|u'alors s'était borné à d(''nigrer et ridiculiser les chrétiens, qu'il confondait dans la classe des escrocs et des filous, changea tout à coup de système. La persécution fut organisée le 15 septembre 18."J9 à Kou-ln-Tan, dans la |)rovince du Hou-Pé, où plusieurs missionnaires s'étaient réunis pour célébrer la fête du saint nom de Marie. Ces missionnaires étaient MM.

Hameaux, Baldus, Perbo.vre, le P. Clausetto, missionnaire italien de la Propagande, etc. l/i messe Unissait, lorsqu'on apprit que le préfet civil, un mandarin militaire et le ■ iimuiissaire du vice-roi, arrivaient en toute liàte de Kou-Tchen-Kien avec 125 satellites, qui mirent le feu au séminaire de Kou-In- Tan. Ils massacrèrent les fidèles qu'ils purent saisir, et leur rage s'exerça même sur les enfants, dont un certain nombre fut jeté dans la jirison de Rou-Tchen. Les missoniiaires s'étaient dispersés, et l'abhé Perboyre, en proie à d'intolérables souÛ'rances, errait depuis trois jours dans les montagnes, accompagné d un catéchumène, lorsqu'ds rencontrèrent des soldats : « Nous cherchons un européen ; pourriez - vous nous en donner des nouvelles? dirent ceuxci. — Vous cherchez un euro])éen? reprit le catéchumène. — Oui, c'est uo chef de la religion du Maître du ciel. — Et combien a-t-on (iromis ii celui qui le livrera? — Trente tuéls. — Eh bien 1 cet homme est l'euroiiéen que vous cherchez, » dit le misérable en montianl le missionnaire. Les satellites se précipitent sui' le s.iint lazariste, et le traînent à Kou-Tcheii, les mains liées et le cou chargé de chaînes. Avant d'entendre sa ilernièrc! sentence, il eut eiicoïc à soulfrir d'horribles tortures. A Sian-Yan-Fou, le mandarin (jui le questionna voulut donner ii son interrogatoire un appared inoui. Il est d'usage (jue le pré'venu se tienne constamment à genoux devant son juge. On étendit des ihaînes et des débris de jiols cassés au milieu d(! la salle, et ce fut, suivant rex[)ression de .\L Hue, sur ce rude prie-dieu qu'on le lit s'agenouiller à nu. Pour qu'il |)iU conserver cette horrible position, il élait suspendu par la machine lianl-t;t), c'est-îi-diro par une m.ielune placée au-dessus de sa lète ei il l.iquelle étaient attachés les deux pouces réunis de ses deux mains et sa <|ueue, lie manière iiourtant que tout le j)oids du corps se porl.U sur les chaînes. On phiea ïur ses mollets une largo traverse

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de bois, et, aux deux extrémités, deux satellites se balançaient, pendant que le mandarin cherchait ii lui arracher une parole d'apostasie. A Ou-Tchan-Fou, métropole de la province du Hou-Pé, la cruauté fut pire encore. Enfui il fut condamné à la mort par la strangulation. Lorsqu'on le conduisit au lieu du supplice, il était nu-pieds et avait jiour tout vêtement un caleçon recouvert de la robe rouge des condam'nés. Ses bras étaient attachés derrière le dos, et dans ses mains était lixée une longue perche au haut de laquelle tlottait une esjièce de drapeau |)Oitant sa sentence. Cinq malfaiteurs furent décapités en jjunition de leurs crimes ; son tour étant venu, il se mit à genoux et fit sa prière. Le bourreau l'ayant saisi lui attacha les pieds derrière le dos, le lia au poteau et se mit en position de l'étrangler. Il s'y reprit à trois fois ; et, comme a|)rès la troisième torsion, le corps semblait conserver un souille de vie, un satellite l'acheva en lui lançant un couji de pied. C'est le 11 septembre 1840, que l'abbé Perboyre remportait ainsi la palme du martyre. Les chrétiens gagnèrent les fossoyeurs qui leur remirent le corps du saint prêtre, et ils le placèrent à côté des restes vénérables de Clet, prêtre de la même congrégation, qui avait été martyrisé en 1820. Le père de Perboyre, en apprenant la mort de son fils, fléchit les genoux en répétant les paroles de Job : Dieu me l'avait donné, etc., et sa mère exprima sa pieuse résignation par ces paroles : « Pourquoi hésiterais-je à faire à Dieu le « sacrifice de mon fils ? La sainte Vierge « n'a-t-elle pas généreusement sacrifié le « sien pour mon salut ?» On a cité une foule de guérisons miraculeuses obtenues ])ar l'intercession du martyr. On a publié une Notice sur la vie et la mort de Jean- Gabr. Perboyre, etc., 184-2, 1 vol in-8% orné du portrait du martyr.

PERCIN. Yoy. Motgaillard.

PERCOTO (Jea^- Marie), missionnaire, né l'an 1729 à Udine, entra dans la congrégation de Saint-Paul, et devint vicaire apostolique et évêque de Maxula. Il porta la parole de Dieu dans le royaume d'Ava, où il mourut en 1770. La Vie de Percoto a été écrite par M. A. Grilfini , son confrère , Udine, 1782, in-4°. On y trouve d'intéressants détails sur les royaumes d'Ava et de Pégu. Percoto avait traduit en birman plusieurs livres de l'Ecriture sainte, et composé une grammaire ainsi qu'un dictionnaire de cette langue ; il traduisit en italien des livres dogmatiques des Birmans, qui furent déposés dans les archives de la Propagande à Rouie.

^PERCY ( TuoMAs), prélat anglais, né l'au 1728 à Rridgeiiortii en Shropshire, d'une famille qui descendait des anciens comtes de Northumbertand, devint eu 1782 évêque de Dromore en Irlande, et mourut dans cette ville le 28 seiiteinbre 1811, ;^gé de , 83 ans. On a do cet évêque plusieurs ouvrages estimés en Angleterre : Hun-Kiou- Cliouan, roman traduit du ciiiuois, 1701,

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h- vol. in-12; Mélanges chinois, 1762, 2 vol. iii-12 ; Cinq morceaux de poésie runique, iraii. de l'irlandais, 17G3, in-4°; Cantique de Salomon avec un Commentaire et des Notes, 176'i-, in-8° ; Clef du Nouveau Testament, 17Ci, in-S" : c'est un manuel concis, composé en faveur de ceux qui s'appliquent à la littérature sacrée ; il a été adopté dans les universités et réimprimé plusieurs fois; Reliques d'ancienne poésie anglaise, 1775, 3 vol. in-12; k' édition, 1812, 3 vol. in-8°. Cos Reliques sont composées de ballades héroïques, et de quelques autres plus récentes du même genre : elles font éjtoque dans l'histoire de la littérature an;^laise du ■sviii' siècle ; un Sermon prêché devant les enfants du clergé, lors de leur réunion anniversaire à Saint-Paul, 1769 ; une traduction des Antiquités septentrionales de Mallet, 1806, in-i- ; etc.

PÉUÉFIXE, (Hardolin de Beaumont de), archevêque de Paris et historien, d'une ancienne maison de Poitou, où il naquit en 1605, était fils du maître d'hùtel du cardinal de Richelieu. 11 fut élevé par ce ministre, se distingua dans ses études, fut reyu docteur de la maison de Sorbonne, et prêcha avec applaudissement. Il devint ensuite précepteur de Louis XIV, puis évêque de Rodez et confesseur du roi ; mais, croyant ne pouvoir en conscience remplir en même temps les obligations de la rési'ience et celle de l'éducation de son auguste élève, il donna volontairement la démission de cet évèché. Il tut fait archevêque de Pans en 1664-. Son zèle pour le repos de l'Eglise et l'unité de la doctrine lui lit publier un Mandement pour la signature pure et simple du Formulaire d'Alexandre VII. On seul bien qu'après cela les jansénistes ne l'ont pas épargné. L'auteur du Dictionnaire critique le traite (ïhomme de peu de sens, d'une petitesse d'esprit et d'une obstination invincible. Le caractère doux et aimable de Pérélixe, et ses autres qualités, auraient dû fermer la bouche à ses ennemis môme ; mais c'est le propre du fanatisme de ne voir que l'ignorance et le vice dans ceux qui le combattent, tandis qu'il ne découvre que des lumières et des vertus chez ses partisans. Cet illustre prélat termina sa carrière en 1670. Il avait été reçu de l'académie française en 16oi. On a de lui : une excellente Histoire du roi Henri IV, dont la meilleure édition est d'Elzévir, 1661, in-12; elle a été depuis trèssouvent réimprirûée. Cette histoire , qui n'est qu'un abrégé, fait mieux connaître Henri IV que celle de Daniel. On croit que Mézerai y eut part, et il s'en vantait publiquement ; mais cet historien incorrect ne fournit sans doute que les matériaux. Il n'avait point ce style toucliant de Pérétixe, qui donne tant de charme à son récit, et qui a fait dire à un critique moderne que « Henri IV devait plus à cette histoire qu'à « la Henriade; i)arce qu'elle est écrite d'un « ton de sentiment et de dignité qui la rend « bien plus intéressante. « Un livre intitulé : Jnstilutio principis, 16i7, iu-16, qui con-

tient un recueil de maximes sur les devoirs d'un roi enfant. On trouve l'Eloge historique de ce prélat composé par Marlignac, dans le Journal des Savants, de 1698, p. 191.

PEREIRA (Benoît), Pererius, savant jésuite espagnol, né en 1535 à Valence, mort à Rome en 1610, à 75 ans, professa avec succès dans son ordre. On a de lui : des Commentaires latins sur la Genèse, in-folio, à Anvers, et sur Daniel. 11 y a beaucoup de recherches dans l'un et dans l'autre ouviages. On a encore de lui : De magia, observatione somniorum et divinatione astrologica libri III. Il y combat et dévoile les prestiges de ces arts funestes.

PEREIRA DE CASTRO (Gabriel), jurisconsulte portugais, membre du collège de Saint-Paul dans l'université de Coimbre, expéditeur des appels, sénateur du concile suprême de Portugal, né k Rrague d'une famille illustre dans le barreau, était encore en vie en 1623, dans un dge avancé. 11 est auteur d'un ouvrage de droit intitulé : De manu regia, seu de legibus regiis quibus regni Portugalliœ in causis ecclesiasticis cognitio est ex jure, privilégia, consuetudine, Lisbonne, 1622, in-folio. Il a paru à Lyon, en 1673, in-folio ; l'édition qui porte 1698 n'a rien de nouveau que le frontjspice. Cet ouvrage, divisé en deux parties, est estimé : il contient un grand nombre de diplômes sur les matières ecclésiastiques, recueilles avec soin et tirés des archives de la couronne, appelées Torre de ïombo. Ces diplômes concernent les concordats faits entre la jiuissance ecclésiastique et le roi, et servent très-bien à terminer les différends qui s'élèvent entre les deux puissances. Toutes les matières qui divisent souvent le trône et l'autel y sont discutées avec beaucoup d'érudition.

PEREIRA (Joseph), carme portugais, était encore en vie l'an 1731, mais d'un âge avancé. Nous avons de lui : Dissertation apologétique, historique, dogmatique et politique des Rites sacrés, en portugais, Lisbonne, 1751, in-i" ; Chronique des Carmes portugais de la stricte observance, Lisbonne, 174.7, 2 vol. in-fol.

PEREIRA. Yoy. Figueiredo.

PERERINYI (François), jésuite hongrois, s'appliqua à faire tleurir les lettres dans sa patrie. On a de lui : Archi-Laurus strigoniensis, Tyrnau, 1655, in-8°; c'est l'éloge en vers d<'S 58 archevêques de Strigonie.

PÉRÈS (Jean-Baptiste), oratorien et professeur de mathématiques et de physique à Lyon, devint bibliothécaire <le la ville d'Agen, où il est mort le 4- janvier 1840. On a de lui une brochure intitulée : Comme quoi Napoléon n'a jamais existé, sans nom d'auteur, 1827; 5' édition, Paris, 1842, in-32, avec le nom de l'autour. Cette [letite brochure présente sous la forme d'un piquant paradoxe une critique assez ingénieuse de l'ouvrage de Dupuis, intitulé : Origine de toiis les cultes, et de tous les écrits dans lesquels on s'étaie, pour soutenir des systèmes faux, d'analogies ou de rapprochements astrono-

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niiques, nivHiologiqucs, historiques , auxquels, avec un peu u'iidiesse, on fait siguifiiT (mit ce (jue l'on veut.

PKIIKZ (Antoim;), airlievùque de Tarragone, mort à iMadriil le 1" uiai J637, à 08 ans, a laissé dos Serinons et des Trailés sur l'Ki^lisi', sur les Concilps, sur l'Ecriture, sur In Tradition, publiés sous ce titre : Pc/z^a- Iniefius pdei, sivc voluininn V de Ecclcsia, de Conciliis, de Scripliini sacra, de Traditionihiiii sacris , de Romano Pontifice, Madrid, 1():Î0 ou 1G2I, in-fol. Ce voiiuue se trouve (lifTicilcraent complut. Quelijues (rails de l;i o' partie, ayant éveillé la susceptibilité do la cour do Home, occisioiinèrenl la suppression tacite de l'ouvrage, dit un biographe, et il n'a point été réimprimé. — Un aub-e Antoine PÉupz, jésuite, mort en 1651, enseigna la théologie à Salamanque, à Rome, et puiilia divers Traités de théologie seolastique et morale. Le cardinal Pallavicin l'aiipelle virum inçjenio mortaliuin inilli sccundum, simuU/ue rcligionc ac pielate incli/- <!<m.— Joseph Pèruz, bénédictin espagnol , professeur en théologie dans l'univorsilé de Salamanque, s'appliqua à éc'aircir l'histoire d'Espagne et surtout celle de son ordre. Il publia en 1G88 des dissertations latines contre le P. Papebroch. Mais il convient en même temps que l'on faisait bien de purger l'histoire des saints des contes absurdes qui la défiguraient. Il mourut vers l'an 169G

PEKEZ (le P. André), théologien espagnol, et religieux dominicain, né vers 1570 dans le Vojaume de Léon, se fit une réputation dans son ordre comme prédicateur, devint suiiérieur (le son couvent à Madrid, et mourut vers IGliO. On a de ce religieux des Sermons, 2 vol. in-4"; Vie de saint Raymond de Petjnafort. Mais le P. André Pérez est encore jilus connu jtar un roman intitulé : La Picaru Justina, qui fut iuipiimé pour la première fois à Bruxelles en 1608, in-8% sous le pseudonyme de François Ubcda Toledan. Une traduction française, que l'on atlrilnic à l'abbé de Boisrobert ou à son frère d'Ouville, en a été imprimée à Paris; elle est intitulée : La Narquoise Justine, lecture pleine de récréatives aientures et de morales railh-ries, etc., 1()35, in-8°. On y trouve un tableau naïf des mœurs espagnoles au coinmonceuient du xvir siècle. L'auteur paruil avoir pris jiour modèle le Guzmun d'Alfarache d'Aloman, que Lesagc a popularisi' en France.

PE1UERUS(J|:anK jésuile, natif do Cuurtrai, se distingua dans l'étude de l'antiquité ecclésiastique, et mérita d'être associé aux .savants hagiographes d'Anvers qui ont écrit les Acta aancturum. Il mourut l'an 1702, à 51 ans.

PEUION (Joiciini), docteur de Sorbonne, né, vers la lin du xv' siècle, à Cormory on Touraino, se lit bénédictin dans l'abbaye do ce nom en 1517, ot mourut dans si.n monastère vers lolil». On a de lui : quatre Dialogues latins sur l'urii/ine de la lunijuc franf«'Jf, et sa conformité arec la tjrec<jue, Paris, IJSa, in-8'; Topicurum Iheoloijicorum libri «Jto, in (quorum secundo a(jitur de iis omni-

bus quœ hodie ao hœreticis defenduntur, Paris, 15V9, in-8"; Cologne, 1559, in-8"; De rilis et rchus gestis Apostolorum, Paris, 1551, in-lG ; réimprimé plusieurs fois et (raduil en français par Jean de La Fosse, ibid., 1552, in-10; des traductions latines de quelques livres de Platon , d'Aristolc, de saint Jean DamascH'me, de Jus(in, il'Origène, et de saint Basile. Son latin i st élégant, mais l'auteur manquait de critique

PEBKINS (CiLii.lalme), théologien anglican, né en 1558 à MoiSton dans le comié i,-i 'NYarwick, se rendit hibile dans l'Ecrituty sainte. Il devint profe.-seur do théologie à Cambridge, où il mourut en 1602, à 'i-3 ans. On a de lui : Conuncntuircs sur une partie de la Bilile ; un grand nomlire le Traités théologiques iiunrimés en 3 vol. in-folio.

PERPÉTUE et FÉLICITÉ (saintes), martyres, ont souffert la mort à Carthage pour la foi de Jésus-Christ, eu 203, 20i, ou 205. Dom Ruinart a donné des actes de leur martyre. Ces actes sont authentiques et oui été cités par Tertullieu et par saint Augustin. La première partie de ces actes, qui va jusqu'à ia veille de leur martyre, a été écrite par sainte Perpétue ; saint Sature et un témoin oculaire ont ajouté le reste. Ou y admire surtout la vision qu'elle eut peu de jours avant sa mort. Sollicitée par Sature, un des compagnons tic son futur martyre, de demander à Dieu de quelle manière finirait leur confession, elle vil en songe une échelle d'or si haute qu'elle tour.liait de la terre au ciel, mais si ctniilc ([u'il n'y pouvait monter qu'une personne ii la fois. Aux côtés de cette échelle étaient altachés des crocs, des lames d'épées, des couteaux, des pointes de fer et autres ferrements, disposés de manière qvre celui qui .Y serait monté sans prendre garde à soi , en aurait été percé et déchiré. Au pied de réchello était un dragon etfroyable qui semblait en défendre l'approche. Sature monta le premier et invita Perpétue à le suivre. Arrivée au haut de réchello, elle vit un jardin Ibrt spacieux, et au milieu de ce janiin un grand homme habillé en berger, qui tirait le lait de ses brebis au luiliou d'une foule de jiersonnes vêtues do blanc. Soyez la bienvenue, ma fille, dit-il à la sain(e, et en luùiuo temps il lui donna connue un morceau de fromage fait avec le lait qu'il tirait. Après qu'elle l'eut mangé, tout le moiule ayant répojulu Amen, elle s'éveilla à ce bruit, sentant encore quelque chose de doux dans sa bouche. Elle se crut alors deslinéo au martyre, ot Sature consomma ellectivemont son sacrifice quil- (pies insiauls avant elle. (Voy. Vindiciœ uctorum sancturum Perfteluœ et pçticilatis, dy cardinal Orsi, in-V'.j — 11 y a une autre sainte Félicité (Voy. ce nom) qui a souffert le martyre avec ses sept fils, sous Marc- Aurèle, dont certains écrivains ont tant exalté l'humanité.

PEUPINIACO ,Gliuo de), ainsi appelé p.ine qu'il était de Por|iign,in, se lit carme, et fut g''néial de son ordie l'an l.'>!8, évèiiuo de Majorque en 1321, et mourut à Avignon

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le 21 août I3fi-2. On a de lui : une Concordance des Ei'angc'listes ; une Somme des h'-résies avec leur réfutation; tles Statuls synodaux fl plusieurs autres ouvrages.

PERPINIEN (Pieure-Jean) , Perpinianus, jésuite, né vers 1330 à Elclie au royaume cte Valence, fut le premier de sa compagnie qui fut professeur d'éloquence à Coïmhre. Il y reçut de grands aiiplaudissements, surtout lorsqu'il y [irononç.i son (Wscovivs De (rijmnasiis socieiatis Jesu. Il enseigna ensuite la rh(''tori(iue à Rome, |>uis l'Ecritui'e sainte dans Je collège de la Trinité h Lyon, et enfin à Paris, où il mourut en 13G6, Agé d'environ 36 ans. Muret et Paul Wanuce font un grand éloge de la pureté de son langage et de celle de si'S mœurs. Il est compté parmi les bons latinistes modernes. Le père Lazery,, jésuite, a publié le recueil de ses ouvrages, K Rome, en 17'i.9, en h vol. in-8". Ils contiennent: dixneuf 7/o/vn;(/((f.s d'une belle et riche latinité, d'un style nombreux, sonore, imjiosint et agréable ; c'est un des écrivains espagnols qui ont le mieux rendu le ton île l'éloqu.'nce; la Vie de sainte Elisabeth, reine de Portugal ; un Recueil de 33 Lettres, dont ii de Perpinien et 11 de ses amis; seize |)etits/>«.scoi(/\<, intitulés : Proœmia et gratiarum actionrs ad Viiblicas pliilosopliiœ, théologies, jurisprudentiœ dispulaliones.

PERPOiXCHER (W.-E. de), écrivain et poëte hollandiis, issu d'une famille noble, se lîiontra, pendan.t la lévolulion française, fidèle à son ancien gouvernement. Il fut du nombre dos ot.-iges (lue 1 • général Molitor

chargé d' la défense de la Hollande, envoya en 1813 à Paris ; c:>s otages, comme ceux du Piémont et de quelques autres pays, ne revirent leur |)atrie qu'après la chute du gouvernement impérial. Perponcher mourut en 1819, à Utrecht, dans un Age avancé. 11 avait publié jikisicurs ouviages de morale et de théologie estimés des protestants, notamment diS Observations sur les EpUres de suint Paul, avec des notes, et une traduction en langue hollandaise de l'Ancien Testament de Michaélis. On a aussi de lui un volume de Pot'sics hollan laises, Utrecht, 1808.

PERRAULT (Nicolas), docteur en Sorbonne, frère de Claud>' Perrault, le célèbre architecle de la façade du Louvre, et de Charles Perrault, l'auteur du Parallèle des anciens et des modernes, qui fut membre de l'a'cadémie française, donna en 1(51)7 1 vol. in-'»", sous le t. Ire de Théologie morale des Jésuites, ouvi âge do parti, uui ne prouve ni sou équité ni sa mo.l ration.

PERRAY. Yoy. Duperray.

PERREAU (Pierre), ecclésiastique, né le 22 se])tembrc 17GG à Savigny-sur-Beauno , tut accusé, lors des démêlés de Napoléon avec le pape, d'avoir répandu le bref au cardinal Mauiy et la bulle (l'excommunication. Arrêté et enfermé à Vincennes, il montra jusqu'à la liu une fermeté dig'ie d'éloges. En 1814 , l'abbé Perreau devint membre d'une commission ecclésiastique chargée des affaires de l'Eglise, et peu de temps après il fut attaché à la chapelle du roi en ([ualité

ûe chapelain. Mgr de Croï le nomma, en ISii, vicaire général de la grande aumônerio, et il conserva ces fonctions jusqu'en 1830. Alors if ([uitta la France; il rentra dans sa patrie en I83i, et mourut le 5 mai 1837, âgé de 71 ans.

PERRENOT (Antoine), ministre de Charles-Quint et de Philippe 1!, plus connu sous le nom de cardinal de Granvelle, était lils de Nicolas Perrenot, seigneur de (àranv elle, et chancelier de l'empereur Clunles-Unint. 11 na([uit lo 20 août lol7, à Ornans, dans le comté de Bourgogne. 11 fit ses études à Pa^ doue et puis à Louvain avec beaucoup de succès, et a()prit le latin, le grec, l'allemand, l'italien, l'espagnol. Après avoir brillé dans l'université de Padouc et de Louvain, il entra dans les ordres sacrés. Son père le mena à la cour de Chailes-Quint, qui ne tarda [las à rem[)loyer dans les négociations. Le jeune Granveile s'en acquitta avec autant de facilité (jue d'honneur. Semblable à César, il occupait cinq secrétaires à la fois, en leur dictant des lettres en thÏÏ'ércntes lan,j,ues; il en savait sept parfaitement. A l'Age de 25 ans, il fut sacré évèque d'Arras. Il assista an concile de Trente, et y soutint avec tant de zèle les intérêts de l'emperenr. qu'il en fut nVompeiiié par une charge de conseiller d'état. Son maître le chargea plus d'une fois d'alfaires importantes, dont il se tira avec succès. Dans la gui rre contre les protestants de l'Allemagne, Granvelle prit Constance |)ar surprise. Cette ville était devenue l'asile des protestants, et penlant les dernières guerres do Cliarles-Quint, Cranvelle le servit do la plume et de l'épée : il se tenait à cheval, armé de pied on cap, à côté de la litière où élait l'empereur, qui "souvent soutirait de la gimtte. Une éloquence douce et peisuiisive lui donnait un grand ascendant sur les esprits. Il conclut le traité de Passau> qui fut très-favorable à l'Allemagne; et il négocia, en I5.j3, le mariage de l'infant don Philippe avec Marie, reine d'Angietere, ce qui rendit pour quelque temps l'Espagne arbitre de toute l'Euiope. Charles-Quait, en abtlitiuaiit l'autorité souveraine, recommanda Granvelle à son successeur. L'évèque d'Arras mérita les bonnes grâces de Phili[)pe li, qui le consultait en toute occasion. Granvelle fut fait archevêque de Matines en 1339, année où cette église fut érigée eu métro[)ole, et il obtint la dignité de chancelier ijuavait eue son père. La duchesi^e de Parme (Marguerite d'Autriche), chargée du gouveruemcnt des Pays-Bas, accorda toute sa conliauce à (jranvelle, qu'on lui avait donné comme minisire et conseil. Cette princesse bu procura le chapeau de cardinal en 1561. Mais riiéré>ie, et la révolte (jui en est une suite naturelle, ayant mis le trouble dans les provinces bilgiques, les factieux cabalèrent si fortemont contre le cardinal, qu'il craignit ponr sa personne. Il demanda au roi la permission de se retirer h Besançon pour quelque temps, ce qu'il obtint en 1564. Le séjour qu'il y fit pendant 5 àC ans forme une des belles éiioqiies de sa vie. Le cardinal de

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Granvelle avait pour secrétaire le célèbre Jusle-l-i|ise, au'il amena avec lui, ainsi que Pelri. habile helléniste. Il s'y occupa de l'étude des lettres, attira des hommes savants auprès de sa personne, établit une académie littéraire, et engagea Arias Montanus à prendre soin de la Polyglotte d'Anvers. Granvelle avait fait f.iire à ses frais les copies des exemplaires grecs de la Bible du Vatican, qu'il donna à Planiin. En 1571, Philippe 11, lui donna la vice-royauté de Naples, où il se conduisit avec beaucoup de prudence et de discernement. En 1575, il fut appelé à Madrid, et y jouit de la plus grande considération. Quoiqu'il ne fût pas décoré du titre de premier ministre, il en remplit toutes les fonctions ; et pendant ie voyage que Philipjie II fit en Portugal, pour prenilre possession de ce royaume, Granvelle fut fait régent d'Esagne. La suite de sa vie fut constamment irillante, et il posséda jusqu'à la fin les bonnes grâces de son maître. En 1384, l'archevêché de Besançon vaqua par la mort du cardinal Claude delà Baume; le chapitre de cette église élut le cardinal de Granvelle à sa place, et lui envoya l'acte de son éle; tion à Madrid. Ce n'était pas un objet d'ambition pour lui ; sa saufé s'ail'aiblissait, et il ne vit dans cette élection qu'iin moyen d'exécuter le projet de retraite ip-'il méditait. Philippe II lui permit do l'acceitter, et reçut sa démission de l'archevêché de Maliiies ; mais il lui refusa la permission de se retirer, par des motifs qui prouvaient l'estime et la confiance qu'il avait pour son ministre. Granvelle mourut à Madrid le 21 septembre 1586, et son corps fut transporté à Besançon. Le cardinal de Granvelle était un homme d'un grand sens, d'un esprit aussi pénétrant que solide, qui avait des vues sûres et étendues, autant de fermeté que de prudence. Il était d'un caractère complaisant, sans flatterie, sensible aux injustices, et les sachant dissimuler, mais sans trahison ; fidèle aux devoirs de l'amitié, bon par tempérament et par principes, sévère par zèle pour l'ordre et la justice, attaché à sa religion et à son roi. Nous avons des Mémoires pour servir à l'histoire du cardinal de Granvelle, publiés à Paris, en 1753, en 2 Vdl. in-12, par dom Prosper Lévesquf, bénédictin de la congrégation de Saint-\annes, à (pii l'abbéBoisotdeFranche- Comté avait légué les documents qu'il avait rassemblés par des recherches très-laborieuses, de même que ses i)r()pres manuscrits, ijui contenaient entre autres choses un [irojet (le la Vie du cardinal de Granvelle, qui n'a pas peu servi au H. P. bénédictin. LucCourchetet d'Esnans a donné une Histoire de ce cardinal, Paris, 17til, in-t2 ; Bruxelles, 1784. (iranvelle est jieint avec vérité dans un manuscrit précieux, intitulé: Ve la guerre civile des Pays-lias depuis 1550 jusqu'en 1567. Ce manuscrit se trouvait dans le catalogue des livres délaissés par l'abbé Charles Michels, et vendus à Anvers le 10 sei)tembre 1781, 11" ;W5. • L'auteur , contemporain des événements (]\i"il rapjiorte, nous apprend touchant Granvelle bien des oarlicularités

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