‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 83 sur 341 · PEZ · texte numérisé non relu

PEZ

sont très-curieux. Il a donné des Versions en latin d'Athéuarjore, des trois derniers livres lie l'Histoire ecclésiastique de Sozomêne, de quelques livres de Plutarque ; tontes ces versions sont enrichies de notes et de comvienlaires; De illvstribus Ecclesiw scriptoribus auctores prœcipui vetcres , dijogne, 1580; c'est une colle; tinn précieuse qui a été augmentée par Auiiert Le Mire et Jean- Albert Fabricius ; Gesta pontificum leodicnsiuin, dans les Gcsta, elc... de Chapeauville, ^ tom. III. Ce morceau de l'histoire de Liège î va depuis 1389 jusqu'en 1505. Outre ces ou- \ vrages, Sullrid .s en avait composé un très- .' grand nombre dont on a suj t de regretter ( la i)erte. Il écrivait bien en latin, possédait le grec, é ait versé dans l'histoire sacré' et ■ profane, dans le droit et la théologie; mais il manijuait de crili';ue.

PEThl (lUmnÈLEMY), docteur et chanoine de Di;uai , né h Lintré, près de Tiricmont, dans le B abanl, enseigna à Louvain , [lais à Douai, où il moniut on 1630, à 83 ans. On lui doit : le Commonitorium de Viment de Lérins, avec de savantes notes. Douai, 1611 et 16j1; des Commentaires sur les Actes des Apôtres, Douai , 1622 . in-4-°; l'Edition des OEuvres jjoslhumes d'Estius, auxquelles il a ajouté ce qui manquait des Epitres canoniques de saint Jean.

PETRONE (saint), évoque de Bologne, au V siècle, homme éminent en [)iété, écrivit la Vie des moines d'Egypte, pour servir de modèle à ceux d'Occident. 11 avait fait un voyage exprès pour les connaître : la relation qu'il nous a donnée est dans le second livre des Vies des Pères. \'oy. Uistoriaiitt.Eccl. aqitileien,sis, de Fontanini.

PEY (Jean), d'abord curé dans le diocèse de Toulon, devint chanoine de l'église métropolitaine de Paris. En 1791 il émigra pour ne point prêter le serment, et se retira en Flandre , puis en Allemagne. I! mourut à Constance en 1797. L'assemblée du clergé de 1775 avait donné des éloges à son zèle et à son talent. On a de l'abbé Poy un grand nombre décrits dont voici les [irincipaux : Vérité de la religion chrétienne prourée à an déiste, 1770, 2 vol.; Le Pliilosoplie catéchiste, ou Entretiens sur la religion entre le comte de*** et le chevalier de***, 1779, in-12 ; Observations sur la théologie de Lyon intitulée: Institutiones iheologica?, etc., Lugduni , les irères Périsse, 178i, 1785, in-8°; Le sage dans la solitude, imité d'Young, 1787, in-8"; />e l'autorité des deux puissances, Stra>bourg et Liège, 1781, 3 vol. in-8'; Strasbourg et Bruxelles , 1788 , 2 vol. in-8" : c'est le i>lus connu des ouvrages de l'abbé Pey, qui y réfute par des raisons solides les allégations des ennemis de l'autorité cie l'Eglise ; La loi de nature développée et perfectionnée par la loi évangéiique, Paris, 1789, in-8"; Le Philosophe chiéiien considérant les -grandeurs de Dieu dans ses attributs et dans les mystères de la religion, Louvam, 1793 .in-S"; Lettre pastorale du prince de Saxe, Venceslus, archevêque de Trêves, à son église d'Augsbourg , traduit de l'allemand. Paris, 1782, in-12; De

la tolérance chrétienne, opposée au tolérantisme philosophique; Dévouement du chrétien à la sainte Vierge.

PEYRERE (ïsàAc de La), né en 1594, à Bordeaux, de parents protestants , entra au service du prince de Condé, auquel il plut par la singularité de son espr.l. Il s'imaguia, en lisant le cliap. v de \'EpUre aux Romains de saint Paul, que Adam n'était pas le premier homme. Pour prouver cette op n.oii exiravagante , il mit au jour, en 1655, un livre imprimé en Hollande, in-i" et i -12, sous ce titre : Prœadamitœ , sire Exercitntio super versibus 12, 13, ik capitis 5 Epislolœ Pauli ad Romanos. Cet ouvrage fut condamné aux Hammes de Paris, et l'auteur mis en prisnn à Bruxelles, à la siilli>iiation de raichevè(|ue de .'.ialines. Le pr nce de Condé ayant obtenu sa liberté, il passa à Rome en 1636, et y abjura, entre les mains du pape Alexandre VÏl, le calvinisme et le préauamisme. On croit que sa conversion ne lut pas sincère, du moins par lapport à cette dernière hérésie. Il est certain qu'il avait envie d'être chef de secte. Son livre décèle son anibilion; il y ilatte les juifs, et les appelle son école. De retour à Paris, malgré les instances que lui avait faites le pont.fe jioiir le retenir à Rome , il rentra chez le prince de Condé en qualité de bibliothécaire. Quelque temps après, il se retira au séminaire des Vertus à Aubervilliers, près de Paris, où il mourut en 1676, à 82 ans, après avoir reçu les sacrements de l'Eglise. On rapporte néanmoins qu'ayant été pressé, à l'article de la mort, de réti-acter son ojiinion sur les préadamites, il répondit : Hi quœcumque ignorant , blasphémant. On le soupçonna toute sa vie de n'être attaché à aucune leligion, moins peut-être par conuption de cœur que par vanité et bizarrei ie u'esprit. 11 avait des connaissances, et il écrivait assez bien en latin. Outre l'ouvrage déjà cité, on a de lui un Ira lé aussi singulier que rare, intitulé : Du rappel des Juifs , 164-3 , m-H" ; une Relation du Groenland, i647,in-8°; celle de l'Islande, 1663, in-8°, aussi intéressante; une Lettre à Philotime, 1638, in-8% dans laquelle il expose les raisoi.s de son abjuration et de sa rélractation, etc. Sun ouvrage Prœadamitœ a été solidement réfuté par le Prieur. {Voy. ce nom.) Un poète lui fit cette épitaphe, rapportée par Moréri :

La Pcyrère ici gil, ce bon Israélite,

lluguenoi, Cailiolique, enfin Picadamile : i

Quatre religions lui plurent à la fois;

El son inilillèience était si peu commune.

Qu'après (luatre-vingis ans qu'il eut à faire un choix,

Le bonboujuie partit, et n'en cboisit pas une.

PEZ (dom Bernard), savant bénédictin, né l'an 1683 à Ips, petite ville de la Basse- Autriche, lit jirofession h l'Age de seize ans dans l'abbaye de Aiœlck, et entreprit d'écrire l'histoire littéraire de son ordre; il en publia le Prospectus, qui se lit dans les Acta eruditorum, année 1716, pag. 403. Ayant appris que des confrères l'avaient devancé dans ce projet, il s'appliqua à l'histoire civile du

Page 1