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aux |irotestants , ils s'en alarmèrent et commencèrent à cette occasion une persécution contre les catholiques. L'auteur, pour ne pas les irriter davantage, retrancha du second volume plusieurs choses ii.téressantes.
PHILON, écrivain juif d'Alexandrie, né vers l'an 3J avant Jésu^-Chnst, d'une famille illuslre et sacerdotah', fut chi^f de la députation que les Juifs envoyèrent à !"■ mpereur Caligula, contr:> les Grecs, habitants de la mèine vile, vers l'an 40 de Jésus-Christ. S'il ne réussit pas dms si négoci.ition, les Ménîo'res qu'il nous a laissés à ce sujt't, intitulés Discours contre Flaccus, monlient néanmoins qu'il s'y comporta avec beaucoup d'espri', de piudence it de courage. Nous avons de Philon plusieurs aulres ouvrages, presque tou^ comi)Osés sur l'Ecriture sainte. Un des plus connus est son livre il;' la Vie corirtemplative, traduit par Montfaucon. Quelques savants, entre autres Hélyot et Moi.tfaucon, ont ap|.l que aux premiers chrétiens ce qu'il dt dans ce livre sur les tiiéra[ieutes D'autres savants ont prétendu que ces thérapeutes, dont il parle, n'étaient qu'une secte dEsséniens', si connus chez les Juifs, laquelle f.ii-ait profession d'une perfection jtlus grande que celle à laquelle t^'ndent les autres liommes. Parmi ses livres d'histoire, il y en a deux de cinq qu'il ava^t composés, sur les maux que les Juifs souffrirent sous l'empereur Caius. Il les lut à Rome en plein sénat, et ils y furent si ap[ilaudis, qu'on les lit mettre dans la bibliothèque publique. La meilleure édition des OEurres de Philon est celle de Londres, en grec et en lalin. en 1742, 2 vol. in-fol., traduite en français [larBelli r, 2 vol. in-8% 1312. On y aperçoit un certain penchant à l'idolâtrie, qui fait soupçonner ({u'ils ont été altérés, et qu'une main étrangère y a ajouté beaucoup de traits indignes de cet illustre écrivain. Philon écrit avec chaleur ; il est fécond en belles pensées et en sentences judicieises, et l'on seiit qu'il était familiarisé avec les ijons auteurs grecs et romains. On a dit de lui : Vel Plato philonizat, vel Philo platonizat. Son Traité de l'athéisme el de la superstition a été traduit en français, et imjirimé à Amsterdam en 1740, in-8". Philon convient que toute l'ancienne loi n'était que ligurative (conformément à ce que saint Paul enseigne d'une manière si touchante et si bien développée dans son Kpitre aux Ilébrcux). Cette assertion est d'autant plus remarquable, que, n'étant pas chrétien, il ne pouvait saisir l'application des ligures. Fiave Josèphe était dans la même peisuasion.
PHILOPONOS. Voy. Jean Puilopoxos.
PHII.OSTORGE, historien eccl siastique, né à Borisse en Capiiadoce vers l'an 364, était arien. On a de lui un Abrégé de l'histoire ecclésiastique, dans lequel il déchire les ortho ioxes, surtout saint Atharase. Ii y a des choses intéressantes pour les amateurs de l'antiquité ecclésia^tique; mais il écrit d'un slyle trop ampoulé. La meilleure édi- ; tion de cet auteur est celle de Henri de Va-
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lois, en grec et en latin, in-folio, Paris, 1673, avec Eusèbf. On estime aussi celle (le Goclefroy, 1G4-2, in-i", à cause dos savantes Dissertations dont elle est ornée. Philostorge florissait vers Tan i25. On lui attribue encore un livre contre Porphyre.
PHILOTHÉR, moine du mont Athos, dans le xiV siècle, se distingua par sa régularité et par ses connaissances dans les matières ecclésiastiques. Nous avons de lui plusieurs Traités, les uns dogmatiques, les autres ascétiques avec des Sermons. On trouve quelques-uns de ses ouvrages dans la Bibliothèque des Pères et dans ÏAuctuarium de Fronton du Duc.
PHINÉES, fils d'Eléazar, etpetit-lils d'Aaron fut le 3' grand prêtre des Juifs. Il est cé'èhre dans FEcriture |iar son zèle [loiu' la gloire de Dieu. Vers l'an liSo avant Jé^sus- Christ, les Madianites avant envoyé leurs filles dans le camp d'Israël, pour faire tomber les Hébreux dans l;i fornication et dans l'idolâtrie; et Zamiiri, un d'entre eux, étant entré publiquement dans la tente d'une Madianite nommée Cozbi, Phinées le suivit la lance à la main, perça les deux coupables et les tua (i'un seul cmx]). Aior^ la maladi(! dont le Seigneur avait déjîi commencé a frapper les I>;r.iélites cessa. Dieu, pour récompenser le zèle de Phinées, lui promit d'i'tafciir la grande sacrilicature dans sa famille. Cette pi'omesse fut exactement accomplie. Le sacerdoce demeura à sa race pendant environ 333 ans, jusqu'à Héli, par lequel il passa à celle d'Itliamar. Mais cette interruption ne dura pas. Le pontilicat rentra bientôt dans la maison de Phinées [lar Sadoc, à qui Salomon le rendit. Les d-scendants de ce pontife en jouirent jusqu'à la ruine du temple, l'cspaie do lOSï ans.
PHINÉES. Voy. Ophm.
PHOCAS, eni[iereur ou plutôt tyran d'Orient, né dans le vr siècle à Clialcédoine d'une famille obscure, fut mis à mort en 010 par H^'raclius. exaiqiie d'Afrique. Le seul trait, dit Feller, ([ui honore son jugement et qui prouve de l'équité, est la défense faite à Cyriaq;ie , jiatriarche de Jérusdem , de prendre le titre d'evéquc œcuiiténit/iie ou universel, litre, disait-il, qui ne convenait qu'à l'évoque de Kome. Ce|>endant saint Grégoire le Grand juge:.it qu'il étiit équivoque, quoiqu'il eût été donné à saint Léon par le concile de Chalcédoine, et pouvait faire un sens faiiX, comme si le pape était l'évèque propre et ordinaire de tous les d'ocèses 11 jiréférait qu'on dît évéque de l'Eglise xmiversdle. Un écrivain leste et peu instruit, dans une dissertation imprimée à Strasbourg en 1785, a nié la réalité de ce déci'et de Phocas ; mais l'unanimité i.es ancii us et des modernes, des catholiques et des protesianls, est un argument cju'aucune suhtilité ne peut intirmer.
PHOEBADIUS. Yoy. Phébade
PHOTIN, hérésiarque du W siècle, avait été diacre et discif.le do Marcel d'Ancyre, et fut élevé sur le Siége de Sirmich avec applaudissement. Il avait beaucoup d'esjirit ,
de savoir et do d'éloquence, et menait une vie en apparence irréprochable, mais il donna dms des erreurs monstrueuses, renouvela l'hérés e de Sabellius, et soutint que Jésus- Christ était un pur homme. Il fui déposé dans un concile de Sirmich en 351, puis exdé par l'empereur Caistance. Julien ayant résolu d anéantir le christinnisme, en lui associant toutes les erreurs, rappela Phutin, et lui écrivit une lettre pleine d'éloges, mais il fut exilé de nouveau sous l'empire do Valentinien, et mourut en Galatie l'an 376. Il '' avait composé un grand nombre d'ouvrages qui ne sont point parvenus jusqu'à nous. ' Les principaux étaient un Traité contre les gentils et les livres adressés à l'empereur Valeniinien. Il écrivait bien en grec et en ■ latin. Ses sectateurs furent nommés Photiniens. C'est pour mieux repousser cett > erreur que dans le concile de Constanfinople, on ajouta aux paroles Et ex Pâtre natum, du symbole de Nicée, Ante omnia sœcula.
PHOTIUS, patriarche de Constantinopie, né dans le ix' siècle, sortait d'une des plus illustres et des plus riches maisons de cette ville. 11 était petit-neveu du patriarche l'araise et frère du patrice Sergius, qui avait éjiousé une des sœurs de l'empereur. Ses parents cultivèrent avec soin les heureuses dispositions dont la nature l'avait favorisé. Bardas, le restaurateur des lettres, fut le directeur de ses études, et les progrès du jeune disciiile étonnèrent ses maîtres. Il devint à la fois grammairien, poète, orateur, critique, philologue, mathématicien , philoso'ihe, médecin, astronome. Ses talents contribuèrent autant que sa naissance à l'élever aux plus ha tes dignités. Il fut grand écuyer, capitaine des gardes, amb 'ssadeur en Perse, et premier secrétaire d'Etat. Ce fut après avoir passé par toutes ces charges qu'il embrassa l'état ecclésiastique. Alors ses études changèient .('objet. Il se consacra à la théologie et ce ne fut point sans quelque succès. Mais s'il fut aus-i savant qu'on le dit, il fut encore plus vain et plus orgue.lleux. Parvenu jiar ses intrigues à faire déposer d'une manière illégitime et odieuse Ignace patriarche deContantinople, il s'empara de sa [liaee en 857. Par ce te manœuvre la ville impér a!e paraissait avoir i\tu\ patriarc'ies; mais le p.iSleur in'rus mit bientôt en œuvre l'artilice et la violence pour perdre le pastoui- légitime. Maître de l'esprit de l'empereur Michel, d ne craignait point les contradicteurs; il ne leur répondait qu'en les faisant frapper de verges, jusqu'à ce qu'ils eussent souscrit à la condamnation de l(!ur patriarche. Tel est l'esprit de l'hérésie et du schisme : d'abord souple et intrigant, il linit par la violence et la tyrannie. Les cruautés qu'il exerçait contre ses adversaires lui hrent craindre une révolte. Il crut en prévimir les elfeis en écrivant au pape Nicolas 1" une lettre artilicieuse, dans laquelle il prodiguait les mensonges et les tlattcries. «Il gémissait, disait-il, de ce « qu'on avait mis sur ses épaules le fardeau « de l'épiscopat, et de ce que le patriarche
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« Ijnacfi s'en était dëcliargd. » Il priait ensuite le pape (l'cnvoi or si'S légats à Coristantinoplc iiour détruire le reste des iconoclastes, ou pluti'it |)oin' conririuer la déposition d'IcÇnace. Les l/gits étant arrivés furent mallraiiés : la ciainle et le respect liuninin sul)ju.';uèrent leur courage, et firent naître l'oubli du devoir; ils assistèrent avec une lAche connivence au cunciliabule de Constantin'iple en 801, où Photius triompha. Nicolas, irrité d'avoir été joué, rétablit le patriarche légitime <lans tous ses druits, et pronom^a anatlièiiie contre l'antipatriarche. Photius, ayant fait (le vains efforts pour g igner le pape, résolut enfin de s'en venger, îl assembla un synode à Constantinop e en 8fiG, et y prononça une sentence de dé, losilion et d'excoinmunica ion contre le souverain pontife. C'est la prem ère origine du schisme des Grecs. Le tiioniphe de ce prélat amb tieux ne fui pas de longue durée. Basile 1j Micé(lon:en, ayant sucédé à Michel, chassa Plioti:is du siège patriarcal et y tit asseoir Ignace. Ronu* prolita de cette conjoncture favorable pour fan-e assMublef à Constanlinople le 8" concile œcuméniq ;e , conv.iqiié en 8(39 : Photius y fut anatliématisé, et avec lui tous ceux ciui ne voulurent
fias .''bandonner sa cause. Les évêques, seon Nicéias David, liistoiicn cont niporain, auteur de la Vie de saint Ignace souscrivirent au décret avec le sang ue Jésus-C irist qu'on venait de consacrer^ mais les actes du concile n'en disent rien. Photius disgracié se servit de toute la finesse de son es- P'it pour se faire rétablir. L'empereiu' Basile, né dans l'obscurifi'-, voulait faire croire qu'il était d'irn sang illustre : Pîiolius le prit par ce faible, il composa une histoiie chiméri Mje dans laquelle il le fa sait uescendce en droite ligne oucé ébrf Tin^late, roi d'.\rniénie. Ce prince, sédu t par cette basse flatie ie. lui accorda se? bonnes grâces, et le rétablit l'an 877, d'autant plu^ voloutieiS que le pa'riarcli ■ Ignace venait de mourir. Le papt^ Jean Vlll se laissa sun rendre par les instances de l'empereui- Basdo et par hîs artifices de Photii.s : d le regut ii sa communion et envoya s s légats à un .mîre ciuicile de Constant nople, dans 1 'quel Photius se lit reconnaît, c pour patiiai-clic l^'g tiin' pai' ses fourberies, et en fa silianl les lettres (iu fiape; mais Jean, ayant aj>piis ce niislcre d'iniipiité, déclara nul ce synode et excoru- Uiunia le faussaire. {Voij. Ji;a\ VUl.) Les iiapes .Martin, Adrien et Km-nuc se décla èrent succ^s^ivom nt contre lui, et la paix fut rompue. Photius é( laia ce trc l'Eg ise romairri', l.i trait i d'héiéti<|ue au s.ijet (ie l'article uu s\m lole h'iltu(/ac i>roccdit, er de queirpres autr'cs articl s, auxquels Michel Cérularius ajouta ensuite le [raiii a.iynie. L'empereur- Léon le Pi lilo.so he, frappé des Jilaintes que les pontiles de Uoure avaierrt formées contre Photius, les lit ex iininor. On les trouva fondées, et il fut enlevé de nouveau, l'an 88G, du siège ])alriarc.il, pour ( ti'O cnienné le reste de ses jour-s dans un monastère d'Arménie, où il mourut l'an 891.
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Fleiiry trace en oeux mots le portait de ce fameux schismatiqne : « Celait, dit-il, le « plus giaml espri! et le plus savant homme « de son siècle; mais c'étiit unparf=^it hypo- « ciite, agis-ani eir scélérat et cariant en « saint. >' C'est à lui, et à Michel Cértil, rius, qui a consommé le schisme, qu'il faut altiibuer l'i'tat dé.ilorable où est toiirbée l'église gr'ecque. L'ignorance prodigieuse, la stu[)ide superstition où sont rédirits les peuj)les et les ministres de cette église isolée, entraîii'nt nécessiiirement les grands abus et les désordres énormes qu'on lui reproche en mU è'"e de relii;ion. Depuis cette é|)oque, elle n'a pas eu de docteur célèbre, ni de concile qui ait mérité quelque attention. Les derniers Grecs savants, tels que Bes arion, Alaties, -\rcud;us , etc., ont été allachés à l'Egli'^e romaine. « Si on fait le par'allèle du « clergé grec avec le clergé latin, dit M ^n- « tesquieu;si 1 on comiraie la conduite des pa- « pes avec celle des i atriar-ches de Constan- « liiio le, l'o 1 verra des gens au^si sages que « 1 s autres et ient peu sensés." Un autre coustrasie sont ]es triom|ihes de l'Eglise romaine et ses coru|uète^ dans les deux nrondes, tandis qu" l'é .lise grecque est toujours restée dans les limites de sa serv tude, dépouil ée du priiicijie de fécondité que Jésirs-Christ a laissé à ses apôtres. Nous avons de Photius un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : Mi/riobiblon ou sa Utbliotlièque. C'est rn des plus [>récieux monuments de littérature qui nous soit reslé de l'.uitiquité. On y trouve des extraits de i80 auteurs dont la |i^lu art o t élé per .us. Il lit cet ouvrage àl'imiration du grammanien Télè.ihe, qui, pour faire coiuK.îlre les bons livres, coiiipo;^a i'Arl dfs bibliothèques, soiis l'empereur Anlonin le Peux. On ne jieut que louer Photius en qualitii de bibliothécaiie. Ses anal.vses s (lit la, tes avec art, et ses jugements sur le style et le fond des ouvr-.ges sont ])resqiie r"oujnurs dictés par le u.oùt; mais on y vo.t aisément que Piiotius n'ét.dt [)as a ssi versé dai s la théologie que dans la critique et les be'les-lettres. Ce livre utile qu'on i)e'it regarder comme le père de nos jcrnaus 1 Itérai. es, ne se soutient pas sur la fin; on n'v trouve pins cette i)iécisioii et celt- justessi' qu: ( ar-actérisent le lommencemcnt. F.djricius prétend que cette dilféience vient de ce ([u cet ouvrage a été recueil i par jduôieurs mains, et que ceux q li orit voulu reurplrrl.s laciuies l'oirt g'té. En eilet.le stylo en est si dilfér'ciit dans plusieurs ei.dr-oits que l'on ser-rt porté à adoiiter cette c. iijectur-e. Oir en a dorin ■ une bonne édition à Rou -rr, en KioJ, in-foho, avec la vcr>ion d^André Schot et 1 s notes d Ho schelius. NoinocanoH : c'e>l uir recueil qui compren I, sous l'i- titres, tousl-^s canons ivco: ru-; dairs l'Eglise, depuis ceux des aj.rjfres jusqu'au se[)lièrrre concile œcuméiii.jue et les lois des empei-eurs sur les matières ecc ésinsliqncs. On sent combien une pareille collection est utile. On la trouve dans la Bibliothèque du droit de Justel, et on l'a imprimée séparément à Oxford , 1672, iu-fol.; un recueil de