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rendit 'à l'Eglise dans les circonstances les plus difficiles, engagèrent Pie Ali à le créer cardinal (le 9 août 1802), et ^ le nommer préfet de la propagande ot patriarche de Jérusalem. Pietro accompagna Pie VII en France en 1804. Ce pontife , en ciuittant Rome en 1809, l'avait nommé son délégué; mais le cardinal Pietro fut forcé df» se rendre à Paris : il n'en continuait jws moins , autant qu'il le pouvait, ji pourvoir aux besoins de l'Eglise. Cette sollicitude , la croyance oîi le gouvernement impérial était qu'il avait rédigé le bref ailressé par le i)ape au cardinal Maury, en 1810, et surtuut son refus d'assister au mariage de Bonaparte avec l'archiduchesse Marie-Louise, le fit exiler ainsi que plusieurs de ses collègues, et |ieu après renfermer au donjon de Vincennes, oîi il resta jusqu'au commencement de 1813; on lui peruiil alors de rejoindre le pape à Fontainebleau. Il en fut sépaié et exilé de nouveau en 1814; mais les événements politiques le délivrèrent bientôt. De retour à Rome , le cai'dinal Pietro fut fait grand pénitencier et préfet de l'Index. Il fut ensuite nommé évoque d'Albano, puis de Porto et Sainte-Rufine. 11 estniort le 2 juillet 1821. Il joignait à l'amour de la religion une grande pureté de principes et une fermeté inéiiranlable. On le regardait comme une des lumièri's du sacré collège dont il était le sous-doyen, tant pour les connaissances tliéologiques que pour la capacité dans les affaii'cs. 11 eut part à plusieurs des écrits publiés pendant les troubles de l'Eglise. On liie de lui, dans la collection des brefs de Pie VI, une Lettre h l'évêiiue de Gra.s.se, et une décision sur le serment de haine à la TO\auté.
PIGHIUS (Albert)," mathématicien etcontroversiste, né à Kempen, pet te ville del'O- Aver-Yssel, vers l'an 1490, étudia h l-ouvain et à Cologne , et prit dans la première université le titre de bachriier , et dans la seconde celui de docteur. 11 était profondément versé dans les matliémaliques, dans les matières de théologie et d'antiqu'té. Il s'gnala son zèle pour la foi par plusieurs ouvragi'S contre Luther, Mélanchthon, Bucer et Calvin. La réputation qu'il se lit à Cologne s'étendit jusqu'à Rome, où le pape Adiien VI le fit venir vers l'an 1522. Clément VIII et Paul III, successeurs d'Adrien, n'eurent pas moins de considération pour Pighius ; ils le chargèrent de dilïérenles négociations pour le bien de la religion , à Worms et à Ratisbonne. Il mourut le 29 décembre 1542 à : Ulrecht, oîi il était prévôt de l'église de Saint- Jean-Baptiste. On a de lui un grand nombre •1'ouvrages. Le plus ciuisidérable est intitulé : Assertio hierarchiœ ecclesiasticœ, Cologne, 1544, 1572, in-fol.; 1583, in-8°. Son style n'est ni aussi pur, ni aussi élégant que celui de Sadolet , avec qui il était en relation , et des autres cicéroniens; mais il est moins barbare que celui des scolastiques de son temps. On a encore de lui un Traité De Gratia et llbero hominis arhitrio, contre Luther, Calvin et autres, Cologne, 1542, in-folio. Il montre dans ses écrits un grand dévoue-
ment au saint siège; peut-être le pousse-t-il même trop loin. On ne peut désavouer qu'il n'ait quelques sentiments singuliers; aussi le cardinal Bona disait en parlant de lui : Caute leqendus est, quod non semper solidam tradat doc/r/nnm. Il composa aussi jilusieurs ouvrages de mathématiques , entre autres : De ratione paschalis celebrationis, deque restitutionc calendarii ecclesiastici ; Deœqutnoctiorum sol stitior unique inventionc. Il éclairait la théorie par la pratique : il excellait à construire les sphères armillaires.
PIGNATELLI (Fabricio), savant jésuite napolitain, connu par une dissertation où il veut prouver que saint Bartludemi est le môme que Nathanaël, publiée sous ce titre : De apostointu B. Nuthanaclis Bartfiolomœi , Paris. 16()0.
PK.NATELLI. Yoy. Iwocent XII.
PKiNEAU DE Behaine (Piehre-Joseph- Georges), missionnaire en Cochinclnue, naquit en décembre 1741 au bourg d'Origny, dans le diocèse de Laon. Après qu'il eut terminé ses études dans le séminaire de la Sainte-Famille ou des Trente-Trois à Paris, craignant que ses parents ne s'op[iosassent au désir ardent qu'il éprouvait de suivre la carrière des missions étrangères, il alla secrètement s'embarquer au port de Lorient, vers la fin de 1765, et se rendit dans l'Inde pour se joindre aux autres missionnaires. Les contrariétés de tout genre auxquelles il fut en butte ne rebutèrent point son courage, et il fut nommé en 1770 par le pape, évêquc d'Adran in partibus et coadjutcur de 1 évéque de Canathe auquel il succéda l'année suivante comme vicaire apostolique. En 1774, Pigiieau alla à Macao, puis au Camboge, d'où il entra dans la basse Cochinchine dont deux rois avaient été mis h. mort successivement par des rebelles connus sous le nom de Tay-Son, mots qui signifient Montagnes de l'Occident. Ils étaient ainsi désignés, parce que leurs chefs étaient sortis des montagnes occidentales de la province de Qui-Nhon. Pigneau avait donné pendant nn mois un asile dans sa maison à Nguyen-Anh,frère cadet du monarque détrôné. Ce prince ayant vu son pai ti s'accroître chaque jour, parvint à se faire proclamer roi en 1779. Il n'oublia pas sur letrône lesei'viceque lui avait rendu le missionnaire; il l'appela près de lui, et il ne fai.-ail rien sans le consulter. Mais Nguyen-Anh fut aussi détrôné en 1782. Pigneau, obligé de quitter la Cochinchine, mena la vie la plus misérable dans le Camboge que désolaient à la fois la famine et une armée siamoise. 11 se rendit ensuite dans le royaume de Siam (1783). Il avait traîné jusqu'alors avec lui ses chers élèves du collège des missions, fondé en Cochinchine, et il espérait ijouvoir asseoir son établissement chez les Siamois, les alliés de son souverain adoptif. Mais il fut bientôt désabusé sur le compte de ce peuple perfide, qui n'avait |)aru s'unir au prince cochinchinois que pour entrer dans ses états et les ravager. Nguyen- Anh, que ses revers avaient réduit au désespoir, était sur le point de se jeter dans
les bras des Hollaiidaib ou des Portugais; mais l'évétfue d'Aciran ranima son courage et iui donna l'espoir d't'trc puissamment secouru par la France. Investi des pouvoirs illimités du prince cochincliinois, qui lui avait contlé son lils aîné, âgé de six ans, l'évoque d'Adran fit voile pour la France oîi il arriva au mois de février 1787. 11 parvint h triompher des préventions qu'on avait inspirées sur sa mission au ministre de la marine, le maréchal de Caslries, et obtint la conclusion d'un traité par lequel, entre autres clauses, le roi de France s'engageait à envoyer à son nouvel allié un secours d'hommes, de vaissenux, d'armes et de munitions, et le roi de Cochinchine à faire aui Français des concessions de territoire. L'évéque d'Adran arriva, au mois de mai 1788, h Pondichéri, apportant au comte de Conw ay, gouverneur général des établissements français dans riiule, le cordon rouge qu'il avait sollicité pour lui. Ccl.ii-ci était chargé de commander l'expéditian, avec la faculté d'en surseoir l'exécution. Ne pouvant olitenir sou concours, l'évéque d'Adran fut obligé de recourir à d'autics moyens. 11 lit un appel aux négociants français et aux habitants de Pondichéri dont il obtint quelques secours, avec lesquels le [yùnce cochinchinois, qui s'était déjà remis en possession des provinces voisines du Camboge (1789), obtint de nouveaux succès. L'évéque d'Adran, qui s'était fixé à la cour de ce souverain, mourut le 9 oct. 1799, vivement regretté du roi et de son fils, des mandarins et de toute l'armée. On peut consulter pour plus de détails sur la viei t lestravaux del'évéqued'.\dran,les.Vo«velles des missions c'trang'res publiées h Londres en 1797, et les Nouvelles lettres édifiantes. PILATE {Pontitis Pilatus), gouverneur de la Judée, cunmanda dans cette province pendant dix ans sous Tibère. L'historien Josèphe le peint comme un homme erai)orlé et avide. Ce fut à lui que les Juifs menèrent Jésus-Christ, pour le prier de faire exécuter le jugement de mort qu'ils avaient porté contre lui. Le gouverneur, qui reconnut son innocence, et qui remarquait en lui quelque chose d'extraordinaire, frappé surtout de sa tranquillité et de son silence, t;lcha de le sauver; il fut môme un moment occupé de la recherche de la vérité, si odieuse aux grands, et parut vouloir en être instruit. Mais à peine en avait-il formé la demande, qu'il alla, sans attendre de réponse, retrouver les insensés qui demandaient la mort du Juste, il crut les tléchir par un moyen barbare, et les satisfaire en faisant cruellement tlageller le Sauveur. Mais la rage de ses ennemis n'étunl pas assouvie, Pilate essaya de profiler de la fête de Pâques pour le'délivrer. Il voulut même se dispenser de prononcer le dernier jugement contre lui, en le renvoyant à Hérodf, roi de (;alilée. Lorsqu il vit que les Juifs ne se rendaient point, et qu ils le menaçaient de la colère de Cé- •sar, en lAche courtisan il abandonna Jésus- «-lirist aux bourreaux, croyant sepuritler de celte iniquité par la vaine cérémonie de se