‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 88 sur 341 · PIL · texte numérisé non relu

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laver les mains, et de se déclarer wnocent de l'efl'usion du sang de cet homme juste. Environ un an après la mort du Sauveur, Pilate prit l'argent du sacré trésor, pour faire travailler à un aqueduc. Le peuple se souleva contre lui, et le gouverneur employa des voies extrêmes pour apaiser la sédi ion. 11 exerça des cruautés encore p'us horribles contre les habitants de Samarie, qui s'en plaignirent à Tibère : sur ces plaintes, il fut mandé à Rome, oii il arriva l'an .37 de Jésus- Christ, au commencement du règne de Caligula. Envoyé en exil près de Vienne en Dauphiné, il se tua de désespoir deux ans afirès. Nous avons sous son nom une lettre à Tibère, dans laquelle il lui r nd compte des mii'acles eldela résurrectionde Jésus-Christ; mais c'est un écrit supposé. On doit porter le même jugement du Tn'sor admirable de la sentence de Poncc-Pitute contre Jésus-Christ, trouvée écrite sur parchemin en lettres hébraïques dans la ville d'Aqnila. Cette pièce fut traduite de l'italien en français, et imprim;-o à Paris, en 1581, iu-8°.

PILÉ (Dems), prêtre du diocèse de Paris, appelant et connu par son attachement au parti, et par diveis ouvrages composés pour le soutenir. 11 a donné : Réponse aux lettres théolof/iques de dom La Taste, qui sont au nombre de 21. Ce savant religieux s'y moquait des convulsions, ainsi que des miracles du cimetière de Saint-Médard, et en montrait le ridicule. [Voy. Taste.) Un écrit en Vhonneur du diacre Paris; une Lettre sur le discours de J.-J. Rousseau, De l'origine et des fondements de l'inégalité; la Lettre d'un Parisien à M. l'archevêque; une Traduction des livres de saint Augustin à Pollentius; une dissertation de l'indissolubilité absolue du lien conjugal, 2 vol. Cet ouvrage ne parut qu'après la mort de l'auteur. On dit que l'abbé Pilé, à l'exemple de Jubé, cnré d'Asnières, et de quelques autres jansénistes, se |iermettait, de son propre chef, dans la liturgie et dans la célébration de la messe, des changemei)ts et des in'novations qu'aucune autorité privée n'a droit d'introduire et qui ne pouvaient que scandaliser les fidèles. Pilé mourut le 5 juin 1772.

PILLET (le P. Etienne), religieux de l'ordre des Frères-Mineurs, né à Saint-Malo, mort en 1499, suivant Luc Wading, ou en 1502, au couvent de Bernon en Bretagne, suivant Cave, fut reçu docteur à l'Université de Paris, et professa la théologie à Mayence et à Metz. Le surnom de Brûlefcr que lui donnèrent ses confrères, tut dû sans doute à l'ardeur qu'il a|i"ortait dans la controverse. Lors(iuc le P. Pillet eut vu l'étroite observance bien établie dans le monastère de Césambre, il s'y attacha et il concourut à la propager. Disciple de Forléon, cordclier de Dinan, que le pape Pie II avait appelé à Rome pour soutenir le parti de son ordre dans la f;imeuse querelle entre les Cordeliers et les Dominicains, sur la nature du sang de Jésus-Christ, lo P. Pillet, dit un biographe, puisa à l'école de ce maitre le goût do la scolaslique dont tous ses écrits sont em-

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preints. On a de lui : une Dissertation curieuse contre ceux qui font des peintures immodestes des personnes de la Sniute-Trinité ; Formalitates cum arijummtutionibus ad eas, .Milan, IWiJ, in-i°; De rcnerabili Sacramenlo et Yalore missarum, Paris, L'i-97, petit ;n-l", discours ])rou ncé dans un synode de iVlayence; Opuscula rarin, Pars, Je.iu Petit, 1499, in-8°; Venise, 1310, in-8- : on y renia que un Traité de la crainte servilc et des dons de Dieu, et une Apoloj,ie rontre un évêque de l'ordre des Frères-M neurs qui hlàiiiait les Frères de FOliservance de ce qu'ils [irenaicnt un nom dillï-rent de c lui que la règle leur indiquait; Sermons sur la pauvreté de Jésus- Christ et des apôtres, Paris, loOO, in-4"; Trartatus identitatum, B.île, 1501 et 1307 : c'est une explicatiou des identités et des distinctions des choses, d'après Scot; In (juatuor sententiarum libros sancti Bonavenlurœ intcrpretatio subtiiissima, in-4°, gothique, sans date et sans nom d'imprimeur; 2' édit., Paris, 1500, in-S"; B.11e, 1501; Venise, ISO'*; Paris, 15:)7, in-8°. PIN (Louis-Ellies du), né à Paris en 1057 d'une famille ancienne, originaire de Normandie, fut élevé avec soin par son père. 11 lit paraître, dès son enfance, beaucoup d'inclination pour les l)e!les-l ttres et (lour les sciences. Après avoir fait son cours d'humanités et de philosoniiie au collège d'Harcourt, il embrassa l'état ecclésiastique, et reçut le bonnet de docteur de Sorbonne en ICSi. Il avait déjô préparé des matériaux pour sa Bibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques, dont le premier volume parut in-S" en 1086. Les huit premiers siècles étaient achevés lorsque la liberté avec laquelle il portait son jugement sur le style, la doctrine et les autres (jualités des écrivains ecclésiastiques, déplut à Bossuet, qui en])orta ses plaintes à Harlay, archevêque de Paris. Ce prélat obligea du Pin à rétracter un grand nombre de propositions, dont quelques-unes étaient néanmoins susceptibles u'un sens favorable. L'auteur, en se soumettant à tout ce qu'on voulut, espérait que son ouvrage ne serait pas supprimé. 11 le fut cependant par un décret du prélat, le 16 avril 169-3; mais on lui accorda la liberté de le continuer en changeant le titre. Son repos fut encore troublé par l'atl'aire du Cas de conscience, il fut l'un des docteurs qui le signèrent. Cette décision lui tit |)erdre sa chaire et le força de quitter la capitale. Exilé h Chûtellerault en 1703, en se rétractant U obtint son rappel ; mais il ne put jamais recouvrer sa place de |irofesseur-royal. Clément XI remercia Louis XIV de ce chàlmieut, et dans le bref qu'il adressa à ce monarque, il appela ce docteur, « un homme d'une très-mauvaise doctrine et coupable de plusieurs excès envers le siège apostolique. » Du Pin ne fut pas plus heureux sous la régence ; il était dans une étroite liaison avec Guillaume Wake, archevêque de Cantorbéry, et même dans une relation continuelle. 'On soupçonna du mystère dans ce commerce, et le 10 février 1719, ya Ut enlever tous ses papiers. « Je me irou-

« vai au Palais-Boyal au moment qu'on les « y apporta, dit Latitau, évêque de Sisteron; « il y était dit que les princiiK'S de notre foi « peuvent s'accorder avec les principes de la « religion anglicane. On y avançait que sans 'i altérer l'intégrité des dogmes, on peut « abolir 11 conf ssion auricuiaire et ne plus « p.arler de la transsubstantia'ion dans le sa- « cremnnt de l'Eucharistie, anéantir les vœux « de religion, retrancher le jeûne et l'absti- « ncnce du carême, se passer du pape, et « permettre le mariage des prêtres. » Les gens qui se croient bien instruits assurent que sa conduite était conforme à sadocirine; qu'il était marié, et que sa veuve se présenta j)Our recueillir sa succession. Si ce docteiu' était tel qu'ils nous h- présentent, le pape devaii paraître modéré dans les qualifications dont il le charge. Ses amis ont voulu faire regarder son pi'ojet de réunion de l'église anglicane avec l'Eglise romaine, plutôt comme le fruit de son esprit conciliant, que comme une suite de son |)encliant pour l'erreur; mais comment accorder ce jugement avec ce que l'évèque de Sisteron dit avoir lu de ses propres yeux dans les écrits de du Pin? On sait d'ailleurs qu'il était partisan de Richer, et qu'il prônait son d(''mocratique système, totalement destructif de la hii'-rarchie et de l'unité de l'Eglise : et cela môme après que le syndiceutsolennellement abjuré ses erreurs. Du reste queh[ue idée que l'on se. fasse de sa façon de penser et de sa conduite, on ne peut lui refuser un es[n-it net, précis, méthodique, une lecture immense, une mémoire heureuse, un style à la vérité peu correct, mais facile et assez noble, et un caractère moins ardent que celui qu'on attribue d'ordinaire aux écrivains du parti avec lequel il était lié. Il mourut à Paris en 1719, à 62 ans. Vincent, son libraire, honora son toujbeau d'une pierre de marbre, avec une épitaphe de la composition du célèbre RoUin. Les ])rincipaux ouvrages de ce laborieux écrivain sont : Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, contenant l'histoire de leur vie, le catalogue, la critique, la chronologie de leurs ouvrages, tant de ceux que nous avons, que de ceux qui se sont perdus, le sommaire de ce qu'ils contiennent, un jugement sur leur doctrine, et le dénombrement des dilférenles éditions de leurs ouvrages; en 33 vol. in-8"; réimprimée en Hollande en 19 vol. in-i°. Dom CeilMer a donné dans le même genre un ouvrage qui est plus exact, mais qui se fait lire avec moins de plaisir. L'abbé du Pin juge assez souvent sans partialité et sans prévention; mais la vitesse avec laquelle il travaillait, son esprit su|ierticiel et peu capable de rétlexions soutenues, lui ont fuit commettre bien des fautes ; quelcfues-unes ceiiendant sont de na ure à ne pouvoir être attribuées à la préci[.itation et à la distraction, et l'on ne peut guère les concilier avec la bonne foi (Voy. le Journ. hist. et litiéi'., 15 novembre 1791, pag. 'i-^O). Les ]irinc pales erreurs qu'on lui reprocha en tîétrissant son ouvrage étaient : 1° d'affaiblir la i)iété des fidèles envers la sainte

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