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la rpine-m5re à Blois. où clic était exilée. Cette princesse ét.iit lirou liée avec son lils ; Ricliclieu pr^'tita de cette division pour entrer en gPace. 11 ménagea raccoiiuuod^rnent de la mère et du tils, et sa iiominalioii au cardinalat fut 1,h réconvense d • ce service. Le duc lie Luyaes, qui l'avait d"a!>ord ex.i!é à Avignon, le lui piomil, rt lui tint par ilc, et donna son neveu Gonibalel à mademoiselle Wirjncrod , depuis duchesse d'Aiguillon. Ai)rès la mort tic ce fdvori, la reine, mise à la tète du conseil, y lit entrer Uiclie- Ji( u. Elle com;it(tit gouverner par lui, et ne ce.-sait de prcsseï- le roi de l'adineltre dans le ministère. Louis XIII lit (pii'hpies diliicultés ; ma. s Kichelieu vainquit tous l-'s obstacles, el sup|ilanta bientôt les autres ministres. Lcsurnit ndant La Vieuvillo, qui lui avait prêté la m:iin pour m .n'er h sa place, en fut écrasé le premier au boutdesixmois.Ce ministie avait coranieiicé la négociation d'un manag' entre la sœur de Louis X!II et le fils du ro) d'Angleterre. Le cadiu.il linit ce traité malgré les cour,-- de l'.ome et de Marlrid , au commencement Tie Ki-io. L'riinée d'aujiaravant il avait 1 1^ éievé aux |ilaces de principal ministre d'état, et de chef des cous ils, et deux ans après, il fut i oinmé su"ii tendant génér.d ue la navigation et du commerce. Ce fut par ses soins qie l'on conser-a l'année suivante l'de de Ré, et qu'on lecomuiença le siège de La Uorhr|,e. Cette place, le boûlevaid du caKinisme, était, pour ainsi ij re, un nouvel état dans l'état. Elle avait alors presque autant de vaiss aux qne le roi. i^iUe voulait imiter la Hollande et aurait pu y parvenir, si la Frani e ne s'* était opposée de la manié. 1^ la plus ferme et la plus vigoureuse. Le cardinal de Kichelieu, résolu dexteiminer le parti protestant, dont il jugeait l'existence incompaùble avec le re; os de la France, crut devoir commencer par sa plus forte place. Après un au du siège le plus vigoureiix, celte ville, dont la défeiis-.' a rendu son ma re Ciiuton célèbre, fut obligée de se rendre à discrétion. Le cardinal de Kichelieu avait tout em|i'oyé puur la soumettre : vaisseaux b;1tis à la h;Ue, digues, troupes de rcniort, artillerie, e.'iOn jusipi'aux secours de l'Espagne, profitant du zèl'de cette coui' pour la religion, et obtenant d'elle des vaisseaux, pour oter aux Rochellois ^e^pérance d'un nouveau secours d'Angleteri'e. Il coinmaudi pendant le sii'ge en qualité dégénérai -, ce fut son coup d'e-sai, et il montra que le génie peut sup|iléer à tout. La Kochelle réduite, en Itiii:^, il marcha vers les au res provinces, pour enlever aux calvinistes une partie de leurs plaides de sûreté. Après avoir mis la paix dans l'état, Kichel, eu songea è porier la guerre dans les états voisins: oubliant ,jie;iièt It lo.aleet gé::éreuse conduite de l'Espagne, il lui fit déclarer la guerre, et fut nommé géuéraliss me de l'armée envoyée en Italie, au secours du duc ne Nevers, à qui l'empereur refusa. t l'investiture du duché de Mantoue. il entra, en 1630, en Savoie, attaqua Hignerol, et secourut Casai. Louis XIll était alors mourant à Lyon,
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où la reine mère lui demandait la disgrâce d'un ministre qui le fai.-iait vaincre. Celte princes-io rame.ia son lils f\ Paris, après lui avoir fait promettre (pi'il renverrait le cardinal dès (jue la guen'e d'Italie serait terminée. Uiclielieu se croyait perdu et préparait sa retraite au Ilavre-de-di'Ace. Le caniinal de La Valette, secondé par le fameux capucin le P. Joseph, favori de Richeheu, lui conseilla de faire une dernière tentative auprès du roi. Il va trouver ce monaifjue à Versailles, (lù 1.1 reine-mère ne l'avait point .'uivi ; il a le bonheur ne le persiiailer de la nécessité de son ministère, el de l'inju.-tice de ses ennemis Louis, qui avait saciitié son ministre par faiblesse, se remii par faiblesse entre sps mains, et lui abandonna ceux qui avaient conspiré sa perte. Ce jour, qui est encore aujourd'hui nommé la Journée des dupes, fut celui du pouvoir absolu du cardnal. Le garde-des-sceaux, Mnrillac, et le maréchal Son frère, pmdirenl tous deux la vie, l'un eu [irison, et l'autre sur un échafaul. Au milieu de ces exécolions, il concluait avec CiUstave-Adol|ihe un traité pour défendre les protestants contre Ferdinand 1! ; conduite bien inconséquente, dans un homme qui avait montré tant de zèle contre hs protestants lie France. Mais tandis (ju'il s'occupait des affaires du Jeliors, il avait à couibatiro UDofoul^ d'ennemis au dedans. Gaston, duc d'Orléans, frère du loi, se relira eu Lorraine, en proicstaiil qu'il ne rentrerait point dans le ro, auine, tant que le car iiialy régneiait. Un arrêt duconseil déclara les amis deGasinn criminels de lèse-iuaj sté ; et la reine Alarie de Wédicis, qui était entrée dons ses vues, alla finir ses jours à Cologne, d..ns un exil volont.iire. 11 y eut une foule de poursuites : on voyait cliaque jour des poie aux chargés de l'elligie des hommes ou des femmes qui avaient suivi ou conseillé (îaston et ia reine. Le maréclial de Bassompie.re fut renfermé pendant le reste de la vie du minis'.re. Le maréchal duc de .VJontmorenci, gouverneur du Languedoc, crut jiouvoir braver la fortune du cardinal : il se tlalla d'é re chef de parti, et leva l'éten lard de la révolte, à la prière de Cas on il'Orléans, qui rabaii.lonna. Mfuitraorenci mourut sur un écliafa.id en lo32. Le garde-des-sce.mx fit mis en prison ; le commandeur liu Jai's, et d'aulres, accust^s d'avoir toujours des intelligences avec Gaston el la mère du roi, furent condamnés i>ar des commissaires .^ perdre la tète. Le commande ir eut sa grâce su. l'échatand ; nais les autres furent exéculés. On ne poursuivait pas seiilemeiu 1; s suj.'ts q l'on pouvait accuser d'être dans les in 1ère s doGa^^ton ; le duc de Lorraine, Charles iV, en fut la vicluir'. On le dé.oudla do ses états, parce qu'il avait consenti au mariage de ce prince avec Marguerite de Lorrain .Le cardnal voulait faiie ca-ser cette union , aiin que, s'il nais.sail un prince de Gaston et de Marguerite, c prince, hé itior du royaume, fût regardé comme un bâtard incapable d'hériter. La cour de Rome et les universités étrangères ayant décidé ^ue ce mariage était valide, 'r i? rtiual le ût
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di^clarcr nul par un nrrôt du parlement. Celle opini.llrel;'' h poursuivre le frère du roi jusque dans l'intérieur de sa maison, à lui oter sa l'i.Mume, et à dé|)ouiller son beaufrèi'e, excita de nouvelles conjurations. Le comte de Soissons et le duc de Bouillon y entrèrent : ils ne pouvaient choisir de circonstance iilus heureuse. Le mauvais succès qu'avait la gueire d'Allemagne, que le car.iii.al deRichelieu avait enlreiirise, l'exposait au ressenlinient du roi, qui avait donné à daston la lieulenance générale île sou armée. Son ennemi, découragé, voulut quitter le ministère, et il eu aurait fait la folie, dit Siri, sans le P. Joseph, qui le rassura. Les conjurés résoliu'ent d'as.-assiner le cardinal chez le roi même; mais Gaston, qui ne faisait jamais rien qu'à demi, effrayé de l'attentat, ne donna point le signal dont ils étaient convenus. Au milieu des agitations que lui causaient des craintes continuelles, Uichelieu fondait l'imprimerie royale , reh;\iissait la Sorbonne, élevait le Palais-Royal, et djli>sait le Jardin des plantes, appelé le Jardin du roi. .Mais l'objet auquel il dorma le plus de soin, ce fut l'académie française, dont il voulut être le fondaleiu' et le prolecteur, ne se doutant pas qu'il travaillait pour une ingrate. « La bonne politique, dit un philoso|ihe, ne « se trompe guère sur les événements futurs. « Celle du cardinal de Uichelieu, si vaste, si « prévoyante, ne lui (ît pas même pressentir « qu'un siècle philosophe pourrait succéder « un jour au sien, et que non-seulement le « nom du fondateur serait à peine prononcé « dans le sanctuaire qu'il avait é evé et con- « sacré aux Muses, mais encore que, loin d'y « brûler linéiques grains tl'encens en son « honneur, on oserait môme y blâmer sa « mémoire. Tel est l'esprit de ce siècle des- « tructeur : il abat les statues érigées au gj- « nie, i)Our en élever d'auiresau belesrit.» Tandis qu'il travaidait à orner et à cultiver l'ultérieur du royaume, sa politique s'occupait du dehors. Il fomeulait les troubles d'Angleterre comme ceux d'Allemagne, et il écrivait ce billet, avant-coureur des mal-
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heurs de Charles I" : « Le roi d'Aiiglelern
a qu il ne laut lu'il excitait la
« avant qu'il soit un an, verra « pas me méiiriser. » Tandis q haine des Angla s contre leur roi, il se formait de nouvea x complots eu France contre lui. Mademoiselle de La Fay tte, (|ue le roi honorait de sa conlia ice, fut obligée de se retirer de la cour. Li' jésuile Caussin, confesseur du roi, qui s'était servi d'elle pou'- faire ra.ipcler la rein"-mère, lut exilé en Basse- IJretagne. La reine, femme du roi, pour avoir éci'it à la duchesse de Clievreuse, ennemie du cardinal et fugitive, fut |)resque ti ailée comme crinuiielle. Ses papiers furent saisis, et on lui lit subir une espèce d'interrogatoire devant le chancelier SéoUier.
Madame d'Hautefort , aussi attachée à la reine qu'au roi, el donnant par sa faveur des inquiétudes au ministre, fut disgraciée. Lo jeune CiiKj-Mars, lils du maréchal d'Elliat, devenu «rand-écuyer, i)rétendit entrer dans le conseil; le cardinal ne voulait pas le souf-
frir, et Cinq-Mars trama sa perte. Ce jeune couili^an se lia avec Gaston 1 1 le duc de Bouillon. Leur but était de pcnlre le cardinal ; el, pour réussir plus facilement, i s faisaient un traité avec l'Espagne, qui devait envoer des troupes en France. Le bonheur du cardinal voulut encore que le complot fût découvert, et qu'une copie du traité lui tomb;U entre les mains. Cin [-Mars et (le Thon, sou ami, périrent par les derniers sup;)lices. Ou plaignit surtout ce dernier, confident du conspirateur, qu'il avait désappi-ouvé. La reine elle-même était dans le secret de la conspiration ; mais, n'étant point accusée, elle échappa aux mortilicalions qu'elle aurait essuyées. Le car.liual déploya, dans sa vengeance, toute sa rigueur. On le vit traîner Cinq-Mars à sa suite, de Tarascon à Lyon sur le Rhône, dans un l)ateau attaché au sien, tandis qu'il était f, api>é lui-même à mort. IL se lit poiter à Paris, sir l 's éj^aules de ses gardes, placé dms une es[)èce de chambre, od il pouvait tenir deux hommes à côté de son lit. Ses gardes se relayaient- on abattait des pans de murailles jiour le fdre entier plus commodément dans h s vilh-s. C'est ainsi qu'il alla mourir à Paris le k décemi)re 16'i-2- h 57 ans. Son confesseur lui ayant demandé, dans sa dernière maladie, s'il pardonnait h ses ennemis, il répondit : « Je n'en « ai jamais en d'autres que ceux de l'Etat; » et c'est sans doute sous ce point de vue qu'il faut envisager les opérations sévères qui eurent lieu sous son minisière : la France leur dut sa tranquillité el sa gloire. 11 légua au roi 3 millions, monnaie de France d'aujourd'hui, à 50 liv. le marc : somiue qu'il tenait toujours en réserve. La dépen-e de sa maison, depuis qu'il était premer ministre, montait à mille écus par jour. Tout chez lui était splendeur et fasie, tandis que chez le roi to;il était s'm;)licilé et négli ,ence. Ses gardes eut aieni jusqu'à la porle de la chambre, quand il allait chez son inailie. il lu'écédait [laiiout les princes du sang : il ne lui manquait que la couronne; el, même lo.squ'il était mourant, et qu'il se llattait encore (le survivre au roi, il [irenait des mesuies 1 ne faut ))Our être régent du royaume, et de plus, pa-
triarche, ce qui menaçait la France d'un schisme {Voy. Hersent et Rabaudeac, : mais ces projets s'anéantirent par sa mod. Il choisit, pour le lieu de son tombeau, l'égiise de Sorbonne, tiu'il avait rebâtie avec une inagnilicence vraiment royale. On lui éleva dejiuis un mausolée, chef-d'œuvre du céièb.e Girardon. Ce qu'on a dit à l'occasion lie ce moniiinenl, muyiuim (lispalaiuli (iryumcntniii, est le vrai caractère de son génie et de ses actions. Il est trcs-dillicile île connaître un lionnue (iont s s llalleurs ont dit tant de bien, et ses ennemis tant de mal. Il eut à combaltrela maison d'Autriche, les calvinistes, les grands du l'oyaume, la reini!-mère sa bienfaiti'ice, le fière du roi, la reine régnante, eiilin le roi lui-même, auquel il fut toujours nécessaire et souvent odieux Malgré tant d'ennemis réunis, il lut tout en même temps, au dedans et au dehors du
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royaume. Mnbile invisible de toutes 'es cours, il en rt'g'ait la politique sur lesin c^riMsde la France. Parce principe, il retenait ou relâchait les rônes, qu'il maniait en maître. Il est diiricile d'expliquer comment un ministre, prèlre, évêqiie et cardinal, se soit lii:^uL^ avec les protestants, et se soit etforcé d'alTermir ce j)arti en .Allemagne etilans toute l'Europe, uniquement dans la vue d'affaiblir la maison d'.Vutriche. En réussissant momentanément dans son dessein, peut-être a-t-il prépan'' la deslinée que subit la France dans le siècle suivant. « Politique humaine, dit un vrai « [ihiiosophe, vous saisissez très-bien les « rappr>rt>i du moment; mais ce qui est au « delà vous échappe Tandis que vous triom- « j)liez du court succès de vos spéculations, « dé.i'i le redoutable avenir tient en main la « l'éfutation de vos systèmes et la punition « de vos artilices. » La terre de Richelieu fut érinée, en sa faveur, en duché-pairie au mois d'août 1G.31. Il fut aussi duc de Fronsac, gouverneur de Breta,.;ne, amiral de France, abbé gi'néral de Cluny, de Cîteaux, de Prémoulré, etc. On a île lui : son Testament politique, qui se trouve en manuscrit dans la bibliothèque^ de Sorbonne, et qui a été légué à cette bibliothèque par l'abbé Des Roch's, secrétaire du cardinal. On en trouve un autre exemplaire dans la bibliothèque du roi, avec une Relation sticeincte apostillée. On n'a découvert, dit Feller, ce dernier exemplaire que depuis quelques années. Les meilleures éditions de cet ouvrage sont celles de 1737, par l'abbé de Saint-Pieire, en 2 vol. in-12; et de nO'i., à Paris, en 2 vol. in-8°. M. de Foncemagne, qui a dirigé cette nouvelle édition, prouve l'authenticité de ce testament dans une préface écrite avec beaucoup de précision et de netteté. Le P. Griffet l'a prouvée aussi d'une manière très-satisfaisante : \'ol taire a eu beau la contester, ses raisons n'ont eu ni p irtisans, ni défenseurs. Méthode de controverses sur tous les points de la foi, in-4". Cet ouvrage solide, un des meilleurs en ce genre, avant que Bossuet, ÏNicole et Arnauld eussent écrit contre les calvinistes, fut le fruit de sa retraite h Avignon. Les Principaux points de la foi catholique défendus, etc. David Blondel a écrit contre cet ouvra;e ; Instructions du chrétien, in-8" et in-12; Perfection du chrétien, in-i" et in-8"; un Journal, très-curieux, in-8% et en 2 vol. in-12; ses Lettres, dont la plus ample ('dition est de 1696, en 2 vol. in-r2. Elles sont intéressantes , mais ce recueil ne les renferme pas toutes ; on en trouve d'autres dans le Recueil de diverses pièces pour servira l'histoire, etc., in-fol.,de Paul Hay, sieur du ChAtelet; des Relations, des Discours, des Mémoires, des Haranques, etc. On lui attribue VHistoire de la mère et du fils, qui a paru en 1731, en 2 vol. in-12, sous le nom de Mézerai. On peut consulter son Uistoire par Antoine Aubery : quoique assez mal écrite et trop louangeuse, elle présente les faits avec assez de fidélité. Sa Vie écrite par Jean Le Clerc, 1696, 2 vol. in-12, réimprimée avec d'autres pièces en 5 vol.,
est remplie des préjugés de l'auteur, dont le but était de faire l'apologie des protestants, bien plus que de faire connaître la personne et l'administration du cardinal. Indépendamment des préventions de secte, i n croit lire souvent un philosophe du jour, c'est-à-dire un de ces hommes qui fait de l'histoire le dépôt de ses spéculations et de ses erreurs personnelles. Il faut bien plus encore se garder de juger ce cardinal célèbre d'après les histoires qui ont paru dans ces dernières années, depuis la subversion générale des priiici!)es, et pendant la persécution du christianisme en France: ouvrages de la haine et de la calomnie, où les hommes illustres sont déchirés à proportion qu'ils étaient chrétiens, oiiles prêtres surtout et les pontifes sont immolés au fanatisme de l'impiété dominante. Ce ministre jirotégea les lettres; il encouragea le génie de Corm-ille, et en devint, dit-on, ensuite jaloux. Il composa luimême une espère de drame, intitulé Mirame, joué à grands frais et devant la cour, dans le thé itre qui existe encore, et i[u"il avait fait bUir auiirès du Palais-Cardinal. C'est Richelieu qui, le premier, introduisit en France les spectacles piofanes; et on cessa depuis lors de représenter \c!iMi/stères de la Passion, PLESSIS - RICHELIEU ( Alphonse - Louis du), frère du jirécédent, était doyen de Saint- Martin de Tours, lorsqu'il fut nonuné à l'évêché de Luçon, par le roi Henri IV, à la place de Jacques du Plessis, son oncle; mais, avant d'être sacré, il céda cet évêché à son frère cadet, dont on vient de parler, et se tlt chartreux. Il prit alors le nom d'Alphonse-Louis. Il fit profession à la grande Chartreuse, en 16015, et y vécut plus de vingt ans, sans montr r aucun désir de rentrer dans le siècle. Mais lorsque son frère fut en crédit à la cour de France, il accepta l'archevêché d'Aix en 1626, et, deux ans après, il passa à celui de Lyon. En 1629, le pape Uibain VIII le nomma cardinal-|)rêtre, quoique, selon l'ordonnance de Sixie-Quint, deux frères ne dussent jamais porter la [touipre en même temps. ¥.n 1632, il fut grand aumônier de France, connnandeur de l'ordre du Saint-Esprit, et obtint plusieurs abbayes fort riches. En 1635, le roi de France l'envoya à Rome pour des aff.dres très-importantes, dont il s'acquitta avec s'iccès. Après son retour à Lyon, en 1638, la peste ravageant son diocèse, il se signala par son zèle et par sa charité pour son troupeau, qu'il n'abandonna point. Il se trouva h l'élection du pape Innocent X, en 16'i-4-; et, l'année d'après, il présida l'assemblée du clergé de France, tenue à Paris. Il mourut d'hydropisie, le 25 mars 1653, âgé de 71 ans. Attaché aux. devoirs de son état, il ne se mêla que des affaires de son diocèse, et très-peu des intrigues de la cour. Il fut enterré à la Charité de Lyon, comme il l'avait demandé.
Voici l'épitaphe qu'il se lit lui-môme : Pauper natus sum, paupertateni vovi, pauper morior, et intcr pauperes sepeliri volo. Ce fut à l'abbé de Pont-Château qu'il dit dans sa dernière maladie , « qu'il aimerait beaucoup
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mieux mourir doni Alphonse. f(iic cirlinal de Lvoii. « L'n' hé de Pure a écrit sa Vie en !ati I, Piiris. l(>o3, iii-12.
PLESSIS-HKSTÉ (GLir.LAUME de L\ Rru- NETiÈRE RL'), ur ep Aujou Gu Ifl.'JD, é!u(ii 1 à Paris, et y prit le honn-l de docleur do N.ivnr e. Il tut nommé év(V|ue de Saintes en 167G. Lo 'is \IV, aprc^'s l'.ivoir cliiisi |)our rel évôrhé, dit : « Je viens de donner un évè- « c!ié h un homme que je n'.ii jamais vu; « mais je n'en parle à personne qu'où no « m'en liiso du bien. » Lorsque le prélat alla rem.ereier le roi, ce prince lui dit : « Quand « je n'.uirais pas donné cet évéelié à votie « mérite,je l'aurnis accordé à votre personne, « apiès vous avoir VII. » Le nouvel évéïjue, ayant trouvé son diocèse rempli d'hérétiques, s'appliqua à 1 's instruire, et lit venir des inissionnaii'os zélés pour l'ai :er dans cette œuvre. Il k's visitait lui-même fréqu mmeiit, et les secourait de livres et d'argent. Il fonda un hôi)ital général à Sa'nles, où il mourut eu 1702, en odeur de sainteté.
PLJlSSîS (dom Toissaint-Chiiétiex du),
fondions de cntéchisto, qu'il avait déjà exercées à Sa'nt-Etienne-du-Mont ; mais le curé de cette paroisse le for(;a de renonrer à cet ein|iloi. Il se borna de|iuis à faire ■ es ins- Iruitions dans des maisons paiticut ères, sans vouloir se soumettre aux con liions néce saires jiour obtenir (Us pouvoirs, il mou- Piit dans la maison des doctrinaiies en 1788. On a de lui : Traité du sacrifice de Jésus- Christ, Paris, 1778, 3 vol. in-12, où il enseigna t que la réalité de ce «acriiice consistait, niui dans 1 immolation, mais dans l'offrande fait'^ à Dieu (*e la viciime immolée, et (jub le sacrifice n'était qu'une simple oifrande del'iiurnolation futi- sur la croix. Yoy. Pelvert. Ce livre excita (|U"l(pus divisions parmi les jM-étres appelants seulement, et donna lieu k plusieurs écrits' pour et contre. Il a encor& laissé : Elévations sur In vie et les mystères de Jésus-Christ, œuvre posthume, Paiis, 1804, i vol. in-12.
PLOWDEN (Charles), jésuite, parent du précédent, né en Angleterre le 1" mai 17i3, mort subitement le 13 juin 1821, à Jougne,
Parisien, sortit de la maison do lOratoiro en Franche-Comté, reçut sa première édupour entrer dans la congrégation de Saint iMaur, où il pr'Jionça ses vœux l'an 17!3
Après avoir été chargé du soin de la biblio tuèque publique de Bonne -Nouvelle à Orléans, il |)assa à Saint-riirmain-des-Prés, puis à Saint-Kemi de Ueims, enllu à Saint- Denis en France, où il mourut en nfi'i-, h 73 ans. On a de lui : Histoire de la ville et des St-i;/nciirs de Coucy, Paris, 1728, in-V' ; — de l'étjlise de Meaux, !731, 2 vol. iii-4°; Description de la ville dOrlénns, 173(i, in-8"; — de la Ilatitc-Normatidie, 1740, 2 vo\. in-'i"; Histoire de Jacques II, 1740, in-!2; Nouvelles annales de Paris, 173.'î, in-4''; des Lettres et des Dissertations dans les .lournaux de Trévoux et le -Mercure ne France. Dom du Piessis avança, ilans sou Histoire de Meaux, comme uii lait presque certain, que l'art do fabriquer d^'s litres était, vers le xi' siècle, un vice u iversel, qui inlectait i>resque toutes les abbayes, les corps de ville, les com.munaulés et bs catlié:lrales même : idée rijuiatiesque et fausse, (|ui a bcaucouj) d'analogie avec c(>lles qi.e le P. Haniouin avait adoptées sur tous les genres dantiiiuités. Sa tém.'iité lui altua une foule de critiques et de tracasserii s méritées.
PLOWDEN FrxANçois), eccl''siasliquo, origina re d'Angleterre, tils d'une dame dhouneui' de l'éjiouse du r à Jacques 11, qui l'avait accompagné en France lors de la révolution de l()88, fut élevé .^ Saiiil-dermainen-La> e, |)u:s au séminaire an^ilais à Paris. La |irot('Clion des Stuarls pouvait conli'ibuer à son éleva ion ; mais s'é;ant lié avec Boursier, prêtre appelaul, il leliuu de signei' de nouveau le l'orumlaire et de doiin u- son adhésion à la bulle Lnigenitus, ce qui le ()riva, dit-on, ilu chapeau de cardinal i|ue lo prétendant lui destinait. Le méiue refus oiiipèc!ia de l'employer dans les missions de l'.Sngleleire, où il i'étail retiré.. \loi:s il revint en Fiauce et se logea dans la maison des doilii- ÏJcdres de Saint-f'-liarles ;i Paris j il reprit les
caiion au collège anglais de Saint-Onier. et t< rmina ses études ii Rome, où il était entré dans la compagnie en 1739. De retour dans sa patrie, il fut quelque tem|>s directeur du séminaire catholirpie de Ston\shur-t. dans b; comté de L:uicasti'e, d'où il passa à la direction de la chapelle de Bristol, il prit une •part fort acive aux divisions qui agitèrent les ralholiques anglais sur les mesures à prendre pour obtenir b^ur émancipation, et il se montra toujours très-zélé pour le saiutsi.'-e. Dais les disputes qui éclatèrent en 1790 et 1791 pour le serment, il se rang.-a du côté des évoques, et s éleva avec force contre les opératioi;s du comité catholique. On a de lui : Discours prononcé lors du sacre de M.Doufjlas, 1791, in-8°; Considérations sur l'opinion moderne de ta faillihilité du saintsiége dans la décision des f/uestioiis dogmatif/ues, Londres, 1790; Observations sur les questions proposées aux catholiques anqlnis, l'.9l ; Répi.nse au second livre hlru, 1791 ; Lettre de M. C. IHowden aux catholiques pour justifier sa conduite ; Remarques sur les écrits de M. Joseph Berinqton, 1792, in-^"; Remarques sur les mémoires de Grég. Panznni, précédées d'une lettre à M. Berinqton, 1794 , Lettre à M. C. Butler sur la protestat-on des catholiques, 1796, ie-8": tous ces ouvrages sont écrits en anglais; ils sont esiimés.
PlOWDEN (Fravcisi, publiciste irlandais catholique, frère du précédent, fui élevé, comme lui, au collège de S,iin!-Omor, et lorsque les lois anglaises s'adoucirent en faveur des catholiqit'S, il fut un lie ceux qui usèrent de la lil.er.é q d leur fut acior.lée d'entrer au barreau. Il exerça, avec h aucoup de distiiictioii, pendant plusieurs années, les fonctions d'avocat Jv Londres, et couiposaen faveur de la eons.'itution anglaise plusieurs ouvrages qui lui valurent le grade de docteur ès-lois à l'université d'Oxford en 1793. Ayant attaqué dans quelques écrits la conduite de [ilusieurs agents du gouviTucmenl,
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ceiix-ci le poursuivirent en calomnie , et connue il ne put apporter ptxir toiites ses assertions, dont la vérit'i était ass \z gônéralem.înt reconnue, les preuves jùiici.iires requises par la loi, il fut condamné à uie ainenile de cinq mille livres sterling. Pour se soustrHJre aux su tes de cette condamnation il se retira en France, et se ti\:\ a. Paris,où il mourut le V janvier 1829. Ses principaux écrits soîit : Examen des droits naturels des sujets britanniques, 178V, in-8°; Histoire abreqée de l'empire britannique pendant (es vinql derniers mois, 17!)'t, in-â° ; Histoire abrégée de l'empire britannique pendant l'année i79'i., in-8°, 179.Ï : traduit en français par André, in-S" ; L'Eglise et l'Etat, ou Recherches sur l'oriqine, la nature et l'étendue de l'autorité ecclésiastique et civile dans ses rap ports avec la constitution britannique, 17:)o, îB-i" ; Revue historique de l'état de l'Irlande, depuis l'invasion de ce pays sous Henri II, jusqu'à son union avec la Grande-Bretagne, 1803, 3 vol. in-i° ; Histoire d'Irlande depuis in-À jusqu'en 1810, 5 vol. in-S°, 1812; Deux lettres historiques à sir John Cox Ilippisiei/, ii\-8"; Deux lettres historiques à sir John O'Connor Columbanus, 1^12 ot 181.3; Sibordinat'ion humaine, Pai'is, 182i, in-8', etc. Los premiers écrits de Plowden sont iniinitneut sui'ér eurs aux d.'ruiers, qui se ressentent des eifets de l'd^e et de Texd.
PLUCHiî (Antoini;), né à Reims en 1088 ou à R Hhe , diocèse de Heims, selon la France littéraire de 17()9, mérita, [)ar la douceur do ses moeurs et ses progrès uans les belles-letti'es, u'eire nimmé professeur d'humanités dans l'uniViTsité de c "te ville. Deux ans après, il [lassa h la chaire de rhétorique, et fut élev^ aux ordres saci'és. L'évèque (le Laon (Clermont), insiruit de s. s talents, lui odrit la dire -tion du collège do sa ville épiscopale. Ses soais et ses lumiôros y avaient ramené 1 ordre, lorsque des sentiments p.irticuliers sur les ad'aires du temps, iiota.umeul Sun of)position à la hull.: Unigenilus, troublèrent sa Iran (uiHité, et l'obligèrent de quitter son emploi. L'inteiubnt do Rouen ((iasvillo) lui conna l'éducation de son (ils, à la prière du célèbre Rollin. L'abbé Pluche ayani rempli cette place avec succès, quit ad'auord Rouen pour se rendre à Paris, où il donna des lei;ons de géograiihie et d'uistoire. Produit sur ce thé;U. e oar des auteurs distingués, son nom l'ut l)ientùl célèbre, et il soutint celte ce ébrité par ses ouvrages. 11 donna successivem nt : La Spectacle de la nature, en 9 vol. in-li. Celouvrage, également inst uctif et agréable, e>t écru aveu a d int de clarté que d'é.égance ; mais l'auteur dit peu en beaucoup de paroles. La forme dialogique l'a enir liné dans ce défaut, .viais il est compensé par un langage de sentiment, qui anime la nature, en saisissant les rapports qui en font un tout admirable et c.n- I séqueut. Ce n'est point une de ces pbysiiiues arides et squeietleuses qui se perdent dans des tourbillons, des attract ons, des volcans, des mers universelles, des époques imigi jiaires contradictoires, qui ne nous appreic
lient que des chocs du hasard et d'aveng'es impulsions : c'est un t;ibleau vivant et animé de l'ouvrage do la création, tel qu'il a été conçu par la sagesse et exécuté par la puissance du souverain Auteur. Jinfîret en a publié une nouvelle édition, Paris, 1803, 8 vol. in-18, ave;i les changements qu'exigeait le progrès des sciences naturelles ; mais il s'est borné aux cinq premiei's volmu -s , parce qu'il sont les seuls qui traitent de l'histoire de la natui'e. Le marquis de Puységur a publié ÏAnaJi/se et l'abrégé de C't ouvrige, Reims, 1772 ou 1786, in-12. Le livre de Pluche a é;é traduit eu plu-rieurs langues de l'Europe. Histoire du Ciel, Paiùs, 1739. en 2 vol. in-12. La première partie est pleine de recherches savantes sur l'origine du ciel poétitpie. C'est près fue une ruithilogie compli.d;', fondée sur des idées neuves, mais simples et ingénieuses. La seconde est l'histoire des idées piiilosophiques sur la formation du monde. L'ant 'ur y fait voir admirablement linutiliti-, l'inconsistance et l'incertitude des systèmes les 'plus accré lités, et finit par montrer l'excellence et la simplicité sublime de la ph/siqu; de M lise. Outre une diction noble et arron lie, on y trouve une érudition (pii no ftigue point. La Mécanique des Langues et l'art de les enseigner, Paris, 1731, in-12 : traduit en la in par l'aneur, sous ce litie : De linguaruoi arti/icio et docfrina, ,bid., in-12. 11 y piojiose un moyen pins couri pour apprendre les langues : c'est l'usag 'des versions qu'il voudrait substituer à celui des thèmes ; il parait qu'uiî mojcn plus sur e^t de les emi)loyer tous les deux. Les vei'sions peuvent snf.ire pour l'intellgence des langues , même pour en connaître les richesses et l 's beau! 'S, mais les thèmes seuls peuvent exen or le slyle. Concorde de lu géographie des d'/férents âges, Paris, 17o5, in-li, ouvrag > posthume sujierflciel, inaisduntle plan d-cèie l'homme d'espiit. Harmonie des Psaumes cl de l'Evanqile, ou Traduction des Psaumes et des Cantiques de l'Eglise, avec des notes relatives à la Vulgate, aux Septante et au texte hébreu, qui rendeni intéressante cette traduction, dont la lidélité est co nue, in-12, Paris, 17o4.. L'abbé Pluche s'était ret ré en 174-9 à La Varenne-Saint-Maur, où il se consacra entièrement à la prière et à l'étude. Sa surdi é étant arivée au point qu'il nu pouvait plus entendre qu'à l'aido d'un cornet, le séjour de la capital,; ne lui olfrait plus aucun agrément. Ce lut néanmoins d ms cette retraite qu'il mourut d'une aUaqne d'apoplexie, le 19 novembre 1701, à 73 ans. 11 |)i)S>édait les qualités qui font le savant, 1 honnête homme et le curétien. S ibre dans ses rej)as, vrai dans ses paroles, bon parent, ami sensible, phdosophe humain, i\ doima des leçons de vertu dans su c:»nduite comme dans" ses ouvrages. Son attachement au cur.stianisme était v.f et sincère. Quelques esprits forts ayant paru sui-pi'is (juo sur les matières de la foi il pens;U et pari.it comme ie peuple : « Je m'en fais gloire, répondit-il ; il est bien « plus raisonnable de croire à la parole de
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« l'Etre suprême que de suivre les sombres « lumières d'une raison bornée et sujette h a s'égarer. » A(irès cela, on ne peut que s'étonner de son dévouement à un c rtain parti, au préju.liee de la soumission due au\ décrets de l'Eglise universelle. Tant il est vrai que l'inconséquence est née avec 1 honniie, et que ce ne sont pas les plus éclairés qui s'en défendent le mieux.
PLUNKETT (Olivier), primat d'Irlande, sa patrie, né l'an 1G29 au ch;\teau de Halhmoi-e dans le comté de Meath, |)assa de bonne hem-e en Italie. Après avoir fait ses études dans le collège des Hibernois, et professé dans celui de la Propai;ande, il fut nonnné archevêque d'Armagh en IGiiO, et sacré i)ar Ciémi'nt IX. Ses travaux apostoliques lui attirèrent la haine des hérét'ques, qui l'accusèrent d'avoir vou'u soulever les catholiques contre les rois d'Angleterre. On le condamna h être pendu, et son corps à être mis en quatre quartiers. Cet arrêt fut exécuté à Londres, le 1" jui let l(J8i : S'On cœur et ses entrailles lui furent arrachés et jetés au feu. Telle était alors, et a été durant plus d'un siècle , ïinquisition d'Angleterre contre les catholiques. L'innocence et la vertu ne servaient de rien, dès qu'on était attaché k la foi antique, qui avait été durant tant de siècles celle du royaume Les bourreaux et les sentences ne suOisaient pas aux exécutions. Cela n'empêchait pas ces insulaires de déclamer contre l'inquisition d'Espagne. Voy. LiMBoiicH. Plunkett a laissé des Mandements et des Instructions pastorales, regardés comme des modèles. Ils ont été recueilUis en 2 vol. in-4°, Londres, 1G8G.
PLUOUET (François-Andkk-Adrien), savant et judicieux écrivain, néàBayeux le 14. juin 171G, lit ses études <i Caen et à Paris. Ajji'ès avoir pris le grade de bachelier, en niS, et celui de licencié en théologie, en 1750, il l'université de Paris, il devint grand- V Caire de M. de Choiseul , archevêque d'Alby, puis de Cambrai, (|ui le nomma chanoine (le la cathédrale de Cambrai. Il quitta bientôt cette place [lour venir à Paris, où on lui contia, en 1778, 1 1 chaire de philosophie nu)raie au collège (le France, et ensuite celle d'histoii'e dans le même étalilissement. Cette place le mit eu relati(jn avec les plus célèbres littéi'ateurs de l'éïKxpie, et les encyclopédistes essayèrent de l'at ii'Cr h leur \ nrti ; mais l'abbé Plufiuet r(;sta lidèle aux vérités religieuses et les défendit dans plusieurs de ses écrits. On a de lui : Examen du fatalisme, ou Exposition et réfutation des dijfnenti si/stcines de fatalisme, Paris, 1757, 3 vol. in-12. Il y démontre , |)ar de solides raisonnenuuits , ()u'uno intelligence infinie a tout créé et gouverne tout, qu'elle a fa t l'homme libre et maiire di^ ses actions , que sous ce ra-^iport son sort déjiend de lui, et qu'il est ad'ianchi de toute nécessité. Les preuves, dans cet ouvrage, sont pnrfiitement enchaînées, et l'auteur s'y montre aussi bon écrivain que prof(in(l métaphysicien ; Lettre ù un ami sur les arrêts du conseil du 30 aoiU Vin, concernant ta librairie et l'impriiaerie
(Londres, 1777),in-8°; Seconde lettre a un ami sur les affaires actuelles de la librairie (Londres, 17jf7), in-8° ; Troisième lettre à un ami sur les affaires de la librairie (1777), in-8° : ces lettres sont intéressantes et curieuses. L'auteur y déf nd les droits des auteurs et des éditeurs contre les mesures qui supprimaient leurs privilèges; ne pouv;int les imprimer en France, il les fit paraître à Londres ; Les livres classiques de l'empire de la Chine, recueillis et traduitsdu chinois en latin par le P. Noël; du latin en français par l'abhé Pluquet , précédés d'observations du traducteur fran('ais sur l'origine, la nature et les effets de la philosophie morale et politique de cet empire, Paris, Debure, 1784 et 1785, 7 vol. in-18 ; Mémoires pour servir à l'histoire des égarements de l'esprit humain, plus connus sous le titre de Dictionnaire des hérésies , Pans, Barrois, 1762, 2 vol. in-8". Ce livre, l'un des meilleurs que jusqu'ici l'on ait faits sur ce sujet , est précédé (l'un discours où l'auteur s'efforce de trouver quelle a été la religion primitive des hommes, et quels sunt les changements qu'elle a subis jusqu'à l'élablissemi nt du christianisme. L'auteur recherche et suit les causes de ces changements, ainsi que les effets qui en ont résulté. Le reste de l'ouvrage est proprement un dictionnaire où. les hérésies sont rangées par ordre alphabétique, décrites avec les détails convenables, et solidement réfutées. C'est surtout dans cet ouvrage que l'abbé Pluquet a signalé son talent, son érudition et la justesse de son esprit. M. l'abbé Migne, à Montrouge, en a donné une nouvelle édition sous ce titre : Dictionnaire des hérésies , des erreurs et des schismes, ou Mémoires pour servir à riiistoirc des égarements de l'esprit humain par rapport à la religion chrétienne, [irécédé d'un Discours, etc. , par Pluquet, o.iviag' augmenté de plus de 4-00 articles, d stingués des autres par des astérisques , continué jusqu'à nos jours i)our toutes les matières qui en font le sujet, comme pour le Discours préliminaire, revu et corrigé d'un bout à l'autre, par labbé J.-Jli. Claris, ancien professeur oe théologie; suivi, 1" d'un Dictionnaire nouveau des Jansénistes; 2° (le V Index i omjjlet des livres défi ndus ; 3" des propositions conuauniées par l'Eglise; depuis l'an 411 jusqu'à présent; 4" de la liste complète des ouvr.iges cond.Émnés jiar les tribunaux français, avec le texte des jugements et a. rets tirés du Moniteur, 1847, 2 vul. in-4" ; Recueil de pièces trouvées dans le portefeuille d'un jeune homme de 23 ans, Paris, Didot aîné, 1788, in-8°. Ce sont les opuscules du vicomte de Wall, |irécédés d'uu aertisscment de .\J. de Virieu : l'abbé Pluquet n'en était que l'éditeur; De la sociabilité, 1707, 2 vol. in-12 : l'auteur y montre que l'homme est sociable par sa nature, et (lue, loin d'être né mi'chant et en état de guerre, comme le veut Hobbes, il est .naturellement porté au bien et à l'exercice de tontes les veitus ; Traité philosophique et politique sur le luxe, 178G, 2 vol. in-12; De la superstition et de l'enthousiasme, ouvrage