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Prrme remua naturellenT^nt V^me d"in hoin'iio ((ui se scntiit co i;iU)1iî dj pi s d'unô eiveiir «mi matière de rdi ;ion : il «^ ;riv l iiiio Jeltre en l'ave ir de cet hVét .\>\n. (»)//. /r«nrs d.i TIr'oJore d^ Bô-e.) De Constance d iKiSsa en An^^let'Tre, et c )ntinin ses recherches. De retour à Kome, il riin lii son emploi desecrélaii* pendant 'jnel pie temps, (!t en so.-tit, après e'iviroii'i-'>a-isde séjour, po;ir Se rendre h Flur.ence, où il s'était marié en 1433. II. Oiitintla place de sécrétai e di; la r6;mbli;('i", et lit h.Uir aup-ès do Florence une maison de c.impa;^ne, oà il passa dans le repos le re^te di! sesjoirs, qa'il li.nt en 1439, à 79 ans. L' Poi^^'e avait l'esprit satirique, et il aimiit surtout à l'exercer contre Ses eiu)emis. L'im;iiété de ses sentiments, la licence do ses m:T3urs, la malignité de ses censures, lui en firent beaucoup. « Le Po^^^e, « di-^ait Erasme, est un écrivain si peu iis-
« truit, q le, quand même il ne serait pas « tout rempli d'ohscéniti's, il ne mé;iterait « pas (iu'o;i se donnU la peine de le lire:
pas « mais il est eu même temps si obscène, ([uo, « (piand même il serait le plus savant des « liommes, les gens de bien'devraient tou- « jours le rCj^arder avec horreur. » Il avait eu tr,jis ids d'une maîtresse, dans la tem,)S
S[u'd était ecclésiastique ; mais ses m eurs urent plus réglée^ depuis son mariai^e. Outre que r.lo'e avait modéré le feu de ses passions, son "épouse paivint par ses grâces et ses vertus à tix/r son caractère. Ses principaux, ouvrages sont: des Oraisons fttnôbres, prononcées au c mcile de C instance ; Jlistnire de Florence en 1 din, doiiuis l'an l-iiJO jusqu'à 1V3j, que llecanali a publiée pour la [iremièri' fois in-'i", en 1715, avec des notes et la Vie d ) l'auteur. Il y i'n avait longtemps aujiaraant des versions italiennes: celle de sou (ils Jacques, à Venise, 1470, in-Col., n'est pas counuune. Cet ouvrage manijue de lidé:ité et d'exactitude. L'auteur cac'ie tout ce ({ d pinit faire tort à si patrie. Uii Traité De i'arietJte forCame, que l'aiibé Oliva lit im,irimi;i' pour la |ir(Mnière fois, in-V', à Par s, en 1723 ; deux livras li'Epilres ; un de Contes obsiiènes, dont la première édition est SiiKdali- et sans indication de lieu, in-i". On la rcL'onn it à une dédicace, Ghrioso et felici militi Raijmundo, etc. Celles du xv' siècle so.it racs : on les trouve dans le l.aarenlins Vnlla, et dans Pelrarclia de salibits viroriim iUnslrhun, suis date, in-'ï-\ 11 y en a uiu; vieille t aduclion française, 13V9, iii-V, 1(i05, in-li ; et une autre phis élégante par \l. DiH'nid, .\mster lam, 1711, 10^12. Les en j premiers livres de Dio lore de Sieilef traduits en lalin, et d'autres euvra:es, Stras.jou/g, Ibli», in-fol., et IMIe, 15J8. Parmi les livres des ancie.is cpi'il a découverts, on coin. te ceux de (Juinlilien, qu'd trouva dans une viidlietour m inon-,stère de Suitit-lîall ; douze Comédies de Plante, tino partie d' VÀsconius Pedianns ; lestioi/îo promii-rs livr s d ( Valénus Fiacc ;s ; ,linmiin Mitrrrllin ; un nior.;eau De jinituis ei Ic- (jit)ns ie Cicéroii ; Lucrèce ; M.rnilius ; Silius Italicus, quo.quo cet ouvrage fût couuu eii
lite en fran- ,gio-Braccio-
Fran^e, comme l'i dé'nofitré M. Pelit-Radel, etc. Jacqjes Lenfant a donné un Poqffian'i. conlenint la vie de l'iuteur, avec des i)onsmots, dont plusieurs, co urne tous les Ana, sont inventés sur le gi'-nic ccnim de l'autjur, quoiqu'ils ne soient iamais sortis de SI ho ich •. Shepherd a publié en anglais la Vie ne Pog.<e ; ell(> a été tra; çais sous la titre de Vie de V> fini, etc., 1 vol. in-S' , Pa:is i'*19: mauvaise compilation pleine de sarcasmes contre les p ipes ei les moines.
PO!}(iIO (Je\\-Fr4nço s), fils du précédent, fat chanoine de Flnrence, et secrétaire de Léon X. Il était versé dans le droit canon, et il composa m Tr:iité du pouvoir du pape et de celai du concile, dans lequel il défend avec ardeur la puissanae po tiucale. 11 mourut 1 1 -23 juin 1522, âgé de 79 ans.
POiNSir.NON (diiu Etienvr), bénédictin de la congrégation de Sn'rtt-Vannes. m'' à Dnn, dans le du dié de Bar, le ^ décembre 17)3, prononça ses vœux dans ral)liaye de Beaulieu, doaèse de Verdun, le 3jiiin 1722, et m iurut k l'abbive de Moir?m':)iit, didèse de Cil d m— sur- .Marne, le 27 d -cerabre 1782. On a de Poinsignon : te Pasteur instruit de ses oblignlions, ou l'Institution des curés, Paris, l/()3, 3 vol. in-12.
POIREf (Pierrr), écrivain mystique, né à Metz, en l()i6, d u i protestait oui exerçait le métier de fourbis^eur, fut mis dans sa jeunesse chez un sculpteur : mais il te q litta pour s'appliquer au latin, au grec, à l'hébreu, h la philosopliie et à la théologie. Il se rendit eu 16(58 <\ Ile (ielberg, où il fut fait ministre ; et en lu72 i» Anweil , où il obtint la même place. Pendant son séjour dans cette villa, les ouvrages diS mystiques, et surtout ceux de M"' BourigUMO, "éc'iaiitfèrent te leraont son cerveau, qu'il ré'-olulde vivre et d'écrire conune eux. Il admirait principalement cette dévoie exotique, et n'en parla, t qu'avec entliousiasma. P^dret se retira à Rhin^burg, près de Leyde en Hollanch;, où il luoiiriil en 1719, âgî de 7.'J ans. Pour mieux penser aux choses spirituelles, il s'était entièrement séparé du mon le. L i solitude ne lit qu'exalter s in imagination, au lieu de la cilmer. On a de ce miîiislre plusieurs Oirviages pleins d'enthousiasme, et où il n'est [las toujours passible .iecom[)iendre qie'tpie cîiose. Comme il parait ({ l'en fait de spjri ualilé la vraie foi est la première lu nière, la source et le fondement d' l.mtesles au res, il est naturel de croire que, n'a,ant [las i-ellediv, Poir-'t n'aura pas ét.^ extra irdinaire.iien: favorisé des antres, qu dqie soin ilable que soit(|uelipiefois son langage à celui des mystapies cathorupies Ses primi aaux ouvrages sont : Coijitnliones ralionihs de Deo, aninin et malo ; Vhcoaomie divine, I6S7, on 7 v. in-8"; La paix des bonnes d nés, 'n-12; Lus principes solides de In religion c.'iréfienne, etc., in-12; La ttiéolo lie du cifur, 2 v. in-12 ; une Mit des O.îuvr 'S de M '•■' Bomi ;!win,eii21 v.iri-ïi°,avecuue Vie de celte dlle ^in.;uliér ', regardée ordina rem ut comme une fanatique, quoique quelques-uns allriuueut les défauts de ses écriti
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foi
plutôt à l'incapacité do s'exprimeraveo l'exactitude théologique, qu'à la perversion de l'esprit: sa conduite ei plusieurs de !^es ma- ■xinies, ses lia sons surtout, ne viennent pas à l'appui de cette explication favorable, qui a plutôt lieu pour Mme (iuyon, dont Poiret a inséré (ilusieurs traités dans ce recueil, ainsi que d'autres ouvia,;es du niôme genre. Poiret ne se co?ilenta pas d'étudier les mystiques, il é -rivit sur la phvsique, el osa attaquer Descartes, dans son Tiaité De erudiiionc triplici, 2 vol. in-4", imprimé à Amsterdam, 1707.
P )IREY iFka\çois), jésuite, né l'an 13Si à Vesnul, professa successivement li^s luiinanités, la riiétoriq'ie, la piiilnsophie, la théologie, l'Ecriture sainte, fut mis à la lôte de id maison professe de Nanci, nomm/' recteur du coll 'ge de Lyon, puis de Dùle, où il mourut le 25 iiovcmbre liia7. On a du P. Poirey : Jgnis holncausti, sive aff'ectiis ex divini/) Utleris quitus nnimus saccrdotis ad pic celebranihun disponitur, Pont-.i-Mousson, 1629, in-16, plusieurs fois réim|)iimé en diveises vill ^s ; le Moijen de se disposer à la tnort, in-16 ; Le bon Pasteur, in-r2 ; La triple vourunne de la Vierge Marie, Paris, 1G30, in-V', ouvrage qui ohlint un grand succès, et qui a éti' diverses fois réimprimé, notamment il Paris, 1C33, in-'i°, et it>i3, iu-fol. La mère Bouettede Blemuc dmuia une nouvelle édition de ce livre, dont elle retoucha li» style et qu'elle publia sous ce titre : Les grandeurs de la M're de Dieu, 1G81, 2 vol. in-i" ; La icience des saints, Paris, 1638, in-V'' ; un Recueil de méditations, Tournon, Ifiii, in-i".
POIIIIEU (dom Tiebmain), savant bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit p P.iris, le 8 janvier 172't ; il Ht ses éludes à l'université et >'ap{iliqua tellement qu'à l'dge de 14 ans il les avait leraiinées; il n'avait pas encore 13 ans, lorsqu'il entra au monastère de Saint-Faron dans la ville de Meaux, et il y lit profession le 10 mars 17'i0. Nommé successivement professeur de phdo-iojiliie et de théologie, il devint aussi secrétaire du Visiteur de la province de France. Cette place qui l'i bigeait à voyager, loin de le détourner des recherches d'ériidiiion pour lesquelles \\ avait un goôt i)articu!iei', lui fournit au contrau'c l'occasion de s'> livior. Dom Poirier visitait les Inbliothèques et les archives des monastères qu'il parcourait, prenait des notes et fa sait des eviraits. 11 était d'usage que du poste «lue dom Poirier venait d'occuper on pass.ît aux supériorités des monastères ; mais il préféra à ces dignités la poussièie des chartrieis, qui lui olfraieut plus de moyens de s'instruire; il ob int la garde des antiques archives de Saint-Denys. Aussitôt il inventoria les nombre' ises |)ièces de ce riche dépôt, les mit dans un meilleur ordre, el en lut la plus grande partie. Son heureuse mémoire se i-hargea d'une si grande quantité, d'une telle vjriéiédeionuaissances sur l'histoire, que, pour donner de l'activité à la grande entreprise du Recueil des historiens de France, qui languissait depuis la mort de dom Bouquet, on y associa dom Poi-
rier en 1762. En effet, dès qu'il y eut mis la main, le trav.iil prit une marche plus prompte. Non-seulement le 11' vo'ume parut en 1767, mais encore de sav.sntes Notes, des Supplémevts, d'intéressantes Ohservctions, et une excellente Préface lépirèreut ce qu'il y avait de délectueuv dans la partie de ce volume (|ui déjà einit im ininée Un événeuient inatlendu intenomp t cette coopération. En 17()3 dom Poirier quitta sa congrégation par suite de; Iroubhss dont elle était ag-iée, et s'attacha à la jirovince d'Alsace ; il s en lepentil ; et, quoiqu'd eût obtenu des bulles d'abbé in ijarlibus,ûixai\s après sa sortie, il sollicita sa rentrée à Saint-Geriuain-des- Prés en qualité de gaule des archives, fut d'une commission é;ai lie près de M. 1^ garde des sceaux, pour prt'parer une collection générale des dipl.'uues et chartes du royaume, et nommé par le roi assoc'é libre à l'académie des inscriptions e- bclles-lettresi. La révolution vint l'arracher à sa retraite. Après l'iocendie de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés on 1704., il vo'lla seul h la garde des raanu-crils q e les tlammes avaient éparg.,és. On ne saurait d re tout ce qu'il eut à soull'rir dans ce b t ment en ruii.es qu'il fut encore obligé de q^iiiier; et tels élaient alors son dépouillement et sa misère, qu'il se vil réiluii à demander un asile dans une des maisons réservées à l'indigence. Il obtint cependant une place à la bibliothèque do l'Arseu 1 (17i!6), et en IS^'-O, lors de l'organisaiion de llnstitut, il fut appelé à en l'aire partie dans la section de l'histoire. Ces deux places ren liront à dom Poirier quelque aisance ; mais il n'en vécut pas moins pauvremuit, et ou a été assuié aprè> sa mort que tout ce qu il recevait était pour les pauvres. Ses déiieiues personm lies ne s'élevaient jamai s au-dessus de quatre ou cinq cents francs ; le reste de son revenu appartenait à l'indigence *el à l'amitié, et particulièrement aux anciens religieux de >on ordre. Sa simplieité exléiieure aiunuiyait celle de son l'iule, et allait même jusqu'à la négligence; sa sobriété et j-a tempérance 'n'étaient pas moins remarqu ibles. Sa inort fut iiiijirévue; elle arriv;, subitement le 2 février 1803, dans la 79° année de son ;lge. On a de lui : le W vO'Ume de la Nouvelle collection des historiens des Gaules et de la France, avec dom Précieux et dom Housscaii, 1767. La Préface, morceau savant, de 2i3 liages, est de dom Poirier seul, il a contr bué à l'édition de l'Art de vérifier les dates, 3 vol. in-fol., 1783, 1792. Il eut la plus grande [lart au travail fait vers 1780, sous la direction de >L le garde des sceaux, pour préj tarer une Collection générale des diplômes et chartes du royaume, à 1 instar de celle de Rymer pour l'Ang eterre. il a lu à l'Académie un grand nombî'e de Mémoires relatifs à Vhisloire de France. l\ a donné un Examen historique et critique de l'histoire de Charles F/, écrite par un moine, sous le titre '{'Anonyme de Saint- Denys, ouvrage plein de lechercle s .■-ur le règn ' malheureux de ce prince. Enfin il a publié une Instruction sur la manière d'in-
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venlorier et de ronserver tous les objets qui ■ peuvent servir aux arts, aux sciences et à l'enseinnement , avec Vicq-d'Azir , Paris, an II (l"9't\ in-V. M. Dacier , secrétaire piTiiétnel (le l'acadéiiiie des inscriptions et bellcs- Icllres, adonn('' une Notice historique sur la vie et les ouvrages de dom Germain Poirier, lue dans la séance publique de l'Inslilut, le vendredi 2 germinal an 12 (23 mars ISOV), Paris, 180V. Elle est insérée dans le 1" volume du nouveau Recueil des Mémoires de l'académie des inscriptions.
POISSON (Nicolas-Josepb), prêtre de l'Oratoire, né à Paris en 1G37, entra dans cette coMjirégation, en 1660. Il voyagea en Italie, et.v fitadmirer son esprit et son érudition. De retour à Paris, sa patrie, il fut fait supérieur de 'a maison de V( ndùme. Iljoignit les mathématiques à la littérature. 11 avait beaucoup étudie les ouvrages de Descartes, son ami : et la reine Christine voulut l'engagera écrire la vie de ce philosophe ; mais il s'en excusa. Ce savant mourut, à Lyon en 1710, dans un âge avancé. On a de lui: nne Somme des conciles, impriiné(; à Lyon, eu 1706, en 2 vol. in-fol. sous ce titre: Delcctus auctorum Ecctesiœ universalis, seu nova conciliorum, etc. : près de la moitié du second voluiume est remplie de notes sur les conciles ; des Remarques estimées sur le Discours de la métitode, sur la mécanique et sur la musique de Descartes ; une Relation de son voyage d'Italie, dans laquelle il |iarle des savants italiens de son tem[)S ; lui Traité des bénéfices ; un autre sur les Usages et les cérémonies de VJùjlise. Ces trois derniers ouvrages sont manuscriis.
POISSON (Pierre), cordelier, né h Saint-Lô en Normandie, déliniteur général de Tordre de Saint-François, puis provincial et premier père de la grande iirovince de France, se distingua par ses talents pour la [)rédic.Htion. Il se faisait surtout admirer par sa profonde connai>sance de IKciiture et par son éloquence. 11 prêcha l'avent à la cour en 1710. Nous avons de lui deux Oraisoiis funèbres, l'une do monseigneur le dauphin, et l'autre du duc de lioufflers ; la première imjirimée en 1711, la seconde on 1721, et toutes deux remplies de traits frappants. On a encore de lui un Panégyrique de saint François d'Assise, 1733, in-i°. Aux talents de la chaire il alliiut une connaissance peu commune du droit canon, etjoua pendant quelque temps un rôle dans son oidre. Il mourut à Tanlay, en ITVO.
POITEVIN (N. Hervé Le), prêtre de la congrégalKui des eudistes, naquit à Vologne en li> 5. M. l'évôipie de Sentis lui conlia la dire(;ti(jn de son séminaire, et le nomma h un canonicat de sa cathédrale. Il s'est fait coiinaîii'e par les ouvrages suivants: Conduite chrétienne; Catéchisme ; Méthodes; Jnstruclions; livres qui tous respirent la piété et sont propres à l'inspirer. Ce vertueux ecclésiasli(jue mourut à Sentis, le 7 noveudjre 17i)0, et y a laissé des souvenirs honcu-ables.
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POU TKItS. Voy. PiEKiu: de Po.tiers.
POIX (Lons de), savant capucin,
de la
maison de Saint-Honoré à Paris, né l'an 1714. au diocèse d'Amiens, se livra avec beaucoup d'ardeur à l'étude des la-gues hébraïque, syriaque et chaldaique, et conçut le p'an d'une nouvelle Bible polyglotte, p\\is parfaite que toutes celles qui existaient. Plusieurs de ses frères partagèrent ses vues et résolurent de partager ses travaux. Le célèbre abbé de ViJIefroy, savant orienta isie et professeur au collège royal, se mit à la tète de cette entreprise et en devint le directeur. Mais la société des capucins rencontra de graves obstacles, et bien qu elle eût reçu des encouragements des souverains pontifes Benoît XIV et Clément XIII, la Bible annoncée ne fut pas publiée. Cependant, en 1768 [rarutle fameux Mémoire dans lequel on propose un établissement qui, sans être à la charge de l'Etat, rendra (les services essentiels â l'Eglise, deviendra utile aux savants et aux gens de lettres, | et contribuera à la gloire de la nation. Cet écrit, rédigé par le P. Louis de Poix, se divisait en sept articles. l°Les capucins devaient faire d'importantes additions à la polyglotte d'Angleterre ; 2° rechercher avec so n t^ut ce qui intéressait les églises d'Orient ; 3" traiter à fond l'histoire, les coutumes, it les religions de tous les peuples de l'Asie ; k° fo, mer des sujets pour les missions étrangères; 5" on supjiliail le loi d'autoriser l'établissement, par des lettres-patentes, sous le nom de Société royale des études orientales ; 6" on répondait aux diiïicultés des ennemis de la société; 7° on déterminait une partie des règlements à suivre par les membres de la société. Louis de Poix mourut à Paris en 1782. Ce père et ses conf. ères Séraphin de Paris, Jérôme d'Arras, etc., publièrent successivement: Prières que Nersès, patriarche des Arméniens, fit à la gloire de Dieu, pour toute âme fidèle à Jésus-Christ (1170), réimprimé à la suite du Mémoire dont nous venons de parler; Principes discutés pour faciliter l'intelligence des livres prophétiques, et spécialement des Psaumes, relativemint à la langue originale, Paris, 175o-176i, 16 vol. in-12, fruit de plus de vingt ans de travail. On y trouve des Dissertations sur les lettres de l'abbé deViilerroy,dans lesquelles il est traité de la conduite di; Dieu à l'égard de son Eglise depuis le commencement du monde, etc. ; Psalmorum vcrsio nova ex hcbrceo fonte, cum argumentis et notis quibus duplex eorum sensus litteratis, imu et vioralis. exponuntur, Paiis, 1762, in-12; Nouvelle version des Psaumes faite sur le texte hébreu, Paiis, 1762. in-12. Ce volume se joint, auisi que le préc.'dent, aux Principes discutés. Celte version tut vivement critiquée par l'ablié Ladvocat, à çpii les canucin» ré|iondirent avec assez d'aigreur. Essai sur le livre de Job, Paris, 1768, 2 vol. in-12, où l'on trouve des pensées plus que hasardées ; l'Ecclésiaste de Salomon, traduit de l'hébreu en latin et en français, avec des notes critiq les, morales et historiques, Paris, 1771, in-12; Traité de h paix (/i/(Vi('i«c, Paris, 1764, in-12: ce traité, de même que les Lettres spirituelles sur , la paix de l'dme, Paris, 1762, iu-12 ; le Traité
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de la joie, Paris, 1768, in-12 ; et la Vie de sainte Claire, a été réimprimé avec le nom du P. Ambr. de Lomljez, mort en 1778, mais ils appartiennent à la société hébraïque; les Prophéties d'Habaeuc, traduites de l'hébreu, en hitin et en français, précédées d'analyses qui en développent le double sons littéraire et moral, et accompagnées de remarques et de notes chronologiques , géographi(|ues , grammaticales et critiques, Paris, 1775,2 vol. in-12 ; les Prophéties de Jéréinie, etc., Paris, 1780, 6 vol. in-12 : c'est un des meilleurs ouvrages des capucins ; les Prophéties de Baruch, etc., Paris, 1788, in-12 : bien que cet ouvrage fût annoncé sous le titre du précédent, il ne parut que huit ans après. La traduction de Barucli est accompagnée d'une Dissertation sur le vœu de Jepfité, et de Réponses critiques h l'abbé Feller, à l'abbé Conlantde la Molette, etc. ; Dictionnaire arménien, latin, italien et français, manuscrit, ainsi que plusieurs autres ouvrages que la révolution empôolia sans doute de publier; ce qu'on ne doit peut-être pas trop regretter. Ouest étonné, dit Feller, que l'assemblée du clergé ait paru approuver « un système réellement vain « et creux, qui tend à dénaturer l'Ecriture « sainte, et a asservir l'éternelle parole de « Dieu à une hypothèse grammaticale aussi « arbitraire qu'éphémère, une idée qui ap- « proche du fanatisme: » ou, pour parler plus modérément, ajoute un biographe, « on « est étonné que ces religieux aient fait de a si belles promesses, et qu'ds ne les aient « point accomplies. » Du reste, k l'exception des ouvrages de piété qui portent le nom du P. Ambroise, les travaux des capucins sont, en grande partie, tombés dans le discrédit ellwubli.
POLAN (Armand), théologien de la religion prétendue réformée, né à Oppaw en Silésie, l'an 1561, devint professeur de théologie à Bile, et y mourut en 1610, à 49 ans. On a de lui: des Commentaires latins sur Ezéchiel, sur Daniel et sur Osée ; d^s Dissertations; des Thèses; des écrits de controverse contre Bellarmin ; etc.
POL[ (Matthieu). Voy. Poole.
POLIER DE BOTÏENS (Georges -P. -G.
de), écrivain protestant, né l'an 1675, à Lausanne, d'une famille originaire du midi de la France, expatriée pour cause de religion, fut professeur de morale, de grec et d'hébreu dans cette ville, et y mourut en 1759. Polier est auteur des ouvrages suivants : Pensées chrétiennes, La Haye, 174.6, in-12. C'est une réfutation des Pensées philosophiques de Diderot; Nouveau Testament mis en catéchisme, Lausanne et Amsterdam, 175(5, 6 vol. in-8% auxquels son flis ajouta un comiilément sous le titre de La sainte Ecriture de l'Ancien Testament, éclaircie par demandes et par réponses, Lausanne, 1764- 1766, 11 vol. in-S»; Sjstema antiquitatum hebraicarum ; Rhetorica sacra. Polier a de plus écrit plusieurs articles, notamment ceux de Mages, Magie, Messie, etc., dans l'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot.
POLIGNAC (Melchior de), cardinal, vit
DiCT. DR BlOGRAPUlE RELIG. IIL
le jour au Puy en Velay, le 11 octobre 1661, d'une des plus illustres maisons de Languedoc. Six mois après qu'il fut venu au monde, il fut ex|)Osé h un grand malheur. Il était nourri à la campagne. Sa nourrice, qui était fdle et qu'une première faute n'avait pas rendue plus sage, en fit une seconde. Dans cet état qu'elle ne put longtemps cacher, frappée de tout ce qu'elle avait à craindre, elle s'enfuit vers la tin du jour, et disparut après avoir porté l'enfant sur un fumier, où il passa toute la nuit. Heureusement c'était dans une belle sa'son; on le trouva le lendemain, sans qu'il lui fût arrivé aucun accident. Le jeune Polignac fut amené de bonne heure à Paris, par son père , qui le destinait k l'état ecclésiastique. Il lit ses humanités au collège de Louis le Grand, et sa philosophie k celui d'Harcourt. Aristote régnait toujours dans les écoles. Polignac l'éludia par déférence pour ses maîtres; mais il se livra en même temps k la lecture de Descartes. Instruit de ces deux philosophies si différentes, il soutint l'une et l'autie dans deux thèses publiques, et en deux jours consécutifs, et réunit les sufïrag 'S des |)artisans des rêveries anciennes, et de ceux d s chimères modernes. Les thèses qu'il souiiit en Sorbonne, vers l'an 1683, ne lui firent | as moins d'honneur. Le cardinal de Bouillon, enchanté des agréments de son esprit et de son caractère, le prit avec lui, lorsqu'il se rendit k Rome, après la mort d'Innocent XI. Il l'employa non-seulement k l'élection du nouveau {>ape, Alexandre VIII, mais encore dans l'accommodement qu'on traitait entre la France et la cour de Rome. L'abbé di' Polignac eut occasion de jjarler plusieurs fois au pontife, cjui lui dit dans une des dernières conférences : « Vous paraissez toujours être de mon avis, et k la fin c'est le vôtre qui l'emporte. » Les différends entre le saint-siége et la cnur de France étant heureusement terminés, le jeune négociateur vint en rendre compte k Louis XIV. C'est à celte occasion que ce monarque dit lie lui : « Je viens d'entretenir un liomme et un jeune homme, qui m'a toujours contredit et qui m'a toujours plu. » Ses talents parurent décidés pour les négociations. Le roi l'envoya ambassadeur en Pologne en 1693. Il s'agissait d'empêcher qu'k la mort de Jean Sobieski, près de descendre au tombeau, un prince dévoué aux ennemis de la France n'obtînt la couronne de Pologne, et il fallait la faire donner à un de la maison de Fi ance. Le prince de Conti fut élu par ses soins en 1690; mais diverses circonstances ayant retardé l'arrivée de ce prince en Pologne, il trouva tout changé lorsqu'il parut, el fut obligé de s'embarciuer à Dantzig. L'abbé de Polignac, contraint de se retirer, fut exilé dans son abbaye de Bon-Port. A[jrès y avoir fait un séjour de trois ans, uniquement occupé des belles-lettres, des sciences et de l'histoire, il reparut ;i la cour avec |ilus d'éclat que jamais (1702). H fut envo > é k Rome en qualité d'auditeur de rote (1706), et il n'y plut pas moins à Clément XI qu'il avait plu
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h Alexandre VIII. De retour en France, en 1709 il fut nommé plénipotentiaire, avec lo maréchal d'Uxelles, pour les conférences de la pflix, ouvertes à Geriruidenberg (1710). Ces di'ux négociateurs en auraient fait uno a'vanlngeuse, si elle avait été possible. La franchise du maréchal était tempérée par la douceur et la dextérité de l'abbé, le premier homme de son siècle dans l'art de négocier et de bien dire. Tout l'art des négociateurs fut inutile : les alliés, les Hollandais surtout, se souvenaient des hauteurs et des prétentions exorl)itantes de Louis XIV; ils usèrent de représ;dlles, et prescrivirent au monarque vaincu des conditions trop dures. L'abbé de Polignac fut plus heureux au congrès d'Utrecht, en 1712; mais les plénipotentiaires de Hollande s'apercevant qu'on leur cachait quelques-unes des conditions du traité de paix, déclarèrent aux ministres du roi qu'ils pouvaient se préparer à sortir de leur pays. L'abbé, qui n'avait pas oublié le ton avec lequel ils lui avaient parlé aux conférences de Gertruidenberg, leur dit : « Non, messieurs, nous ne sortirons pas « d'ici; nous traiterons chez vous, et nous « traiterons de vous, et nous traiterons sans « vous. » Ce fut la même année 1712, qu'il obtint le chapeau de cardinal, qui fut accompagné. Tannée d'après, de la charge do maître de la chapelle du roi. Après la mort de Louis XiV, il se lia avec les ennemis du duc d'Orléans, et ces liaisons lui valurent une disgrâce éclatante. H fut exilé, en 1718, dans son abbaye d'Anchiii, d'où il ne fut rappelé qu'en 17-21. Innocent XIII étant mort en 172'i., le cardinal de Polignac se rendit cl Rome pour l'élection de Benoît XIII, et y demeura 8 ans, chargé des alfaires de France. Nommé à l'archevêché d'Audi, en 1726, et à une place de commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, en 1732, il rejiarut cette année en France, et y fut reçu comme un grand homme. 11 niounit k Paris, le 20 novembre 17il, à 80 ans, avec une réputation immortelle. Le cardinal de Polignac était un de ces esprits vastes et lumineux, qui embrassent tout et qui saisissent tout. Les sciences et les arts, les savants et les artistes lui étaient chers. Sa conversation était douce, amusante et inliniment instructive, comme ou peut le juger par tout c(> cpril avait vu dans le monde et les dilféreiites cours de l'Europe. Le son do sa voix, et la grâce avec laquelle il parlait et prononçait, achevaient de mettre dans son entretien nue espèce de charme t[ui allait presque jusqu'à la séduction. L'universalité de ses connaissances s'y montrait, mais sans dessein ni de briller ni de faire sentir sa supério.ité. 11 était pb.'in d'ég.irds et de politesse pour ceux qui l'écoutuient; et s'il aimait à se faire écouter, on se plaisait eni'ore [ilus h l'entendre. Sa mémoire ne le laissa jamais hésiter sur un mot, sur un nom propie ou sur une date, sur un passage d'auteur ou sur un fait, quelque éloigné ou détourné qu'il pût être ; elle le servait constammeni, et avec tout Tordre qui' la mi'dilution iieut mettre dans
le discours. Quoique le cardinal de Polignac aimât les lions mots, et qu'il en dît souvent, il ne pouvait soulfrir la médisance. Un seigneur étranger, attaché au service d'Angleterre, et qui vivait à Rome sous la protection de la France, eut un jour l'imprudence de tenir à sa table des propos (leu mesurés sur la religion et sur la ))ersonne du roi Jacques. Le cardinal lui dit, avec un sérieux mêlé de douceur : « J'ai ordre, monsieur, « de protéger votre personne, mais non pas « vos discours. «Nous avons de lui un |)Oéme sous ce titre : Anti-Lucretius, seti de Deo et natura, Ubri IX, publié en 17^, in-8' et in-12, par M. l'abbé de Rothelin; traduit en vers italiens par le P. Ricci , bénédictin, Vérone, 1767, 3 vol. in-i-°, et élégamment en français parBougainville,17t9, 2vol. in-8": « Ouvrage» (pour [jarler avec ce dernier) « qui a lixé « tous les sulfrages et v;iincu tous les obs- « tacles que lui opposait un siècle où la « langue de l'ancienne Rome est peu culti- '< vée, où l'irréligion triomphe, où l'abus de « l'esprit est appelé raison, où les bons mots « sont devenus des décisions , et les para- « doxes des principes. » L'objet de cet ouvrage est de réfuter Lucrèce, et de déterminer, contre ce précepteur du crime et ce destructeur de la Divinité, en qui consiste le souverain bien, cjuelle est la nature de l'âme, ce que l'on doit penser des atomes, du mouvement, du vid '. L'auteur en conçut le plan en Hollande, où il s'était arrêté à son retour de Pologne. Le fameux Bayle y était alors ; l'abbé de Polignac le vit (1), et en admirant son esprit, il résolut de réfuter ses erreurs. Il commença à y travailler durant son premier exil, et il ne cessa depuis d'ajouter de nouveaux ornements à ce vaste et brillant édilice. On ne saurait trop s'étonner qu'au milieu des dissipations du monde et des épines des affaires, il ait pu mettre la dernière main à un si long ouvrage en vers, écrit dans une langue étrangère, lui qui avait à peine fait quatre bons vers dans sa propre langue. Il est étonnant qu'il ait pu exprimer d'une manière si claire, si naturelle et si aisée, des phénomènes ou des systèmes hérissés de déiails qui, en prose même, ne sont pas sans obscurité. Ceux qui ont trouvé c«s détails peu agréables, et qui par Ih ont tâché de mettre fauteur au-dessous de Lucrèce, auraient dû nous prouver que lorsque celui-là nous parle de ses atomes et de leurs propriétés, il est plus coulant et plus harmonieux que son adversaire, en expliquant la règle de Ké[)ler, les progressions, stations, rétrogradations des planètes, etc. Si on ve;it mettre de côté le préjugé qui parle en faveur des iuiciens, on tniuvera qu'avec l'aisance et la facilité de Lucrèce, il n'a ni sa négligence, ni son incorrection [Voy. Lv-
(I) Dans une conversation avec le Hollandais, l'alilii; de Poli-nac lui ayant demandé s'il était réellenienl protesiaal : Oui, Monsieur, répondit Bavie, et si b.en prolesl.,ul, que je proteste coiilro tout ce qui se du et ee qui se fait. On préieiid que c'est :i celle réponse Ires-lrappante, surtout dans la bouche de Bayle, que nous devons l'Anli-Lucrèce.
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crèce), et qii on ne doit attribuer qu'à sa modestie ce qu'il dit de son ouvrage : Eloquio vkti, re vincinms ipsa. « A l'égard de « la physique de ce poëuie, dit Voltairp, il « me parait que l'autpur a perdu beaucoup « de temps ft de vers à réfuter la déclmai- « son des atomes, et les autres absurdités « dont le poëme (ie Lucrèce fourmdie: c'est « employer de l'aitilîeiie pour détruire une « chaumière. » Voltaire ne songi-ait pas que, de son temps, des absurdités aussi ré- Tollantes que celles de Lucrèce avaient eu plus d'un défenseur. Témoin le Système de la nature, qui n'est qu'une paraphrase de celui de Lucrèce. Il n'est donc point du tout inutile de foudroyer ces extrava;-;ances, et on peut dire que Polignac l'a fait supérieurement. Sans blesser la modestie, il chante lui-même son triomphe, c'est-à-dire celui de la religion et de la raison. Nous citerons ce morceau, capable seul d'embarrasser étrangement ceux qui osent lui préférer le poëme de Lucrèce, pour les expressions, les idées et les images :
Niimine calcato sedenim spoliisque superbus, QuAm plenis caiilabal ovaiis sua seiniiia buccis! Qiiain Uimide iiiagni celebrabat liianis honorem! Jamqiie iminoilales Epicuri ai! lerapla ferebat Exiivias, viridi rediiiiitus tempora lauro Victor, ol) ereplum Supcris et Maiiibus orbem, Alque incaiitatas prœclaro carminé gentes. Mœsla seqiieliatiir manibtis post lerga revinctis Relligio, slipala choro lugente pioruin; Victima sacrilegum cultro maclanda profane. Tum saltu alque jocis pubes insana micare, Spargere purpureos flores myrluinque virentem : Nec deeraiit, Veneris leclissinia lurba, puella;, Quic calalhis ferrent uvas et Adonidis liortos. Jani duce lu gradiens Ratione, quid ille creparet Vidisli ; fragiles nugas et vana Iropœa, Non sine despectu quodam tacitocpie pudore Mirai us tenues dilabi prorsus in auras : Nec personatae sleterunt inendacia Musse.
On 8 encore blâmé l'auteur d'avoir combattu les idées de Newton, pour mettre à leur place les rêveries de Descartes; il est vrai qu'il eût mieux fait de s'en tenir à des notions sûres et avouées, et de n'adopter aucun système : celui de Descartes ne se soutient plus nulle part, au moins dans sa totalité, et celui de Newton reçoit tous les jours de grandes atteintes {Voy. son article). Mais il est si diiïicile de n'avoir pas quelque prédilection pour certaines opinions que la vogue et le nationalisme ont en quelque sorte consacrées, qu'on ne doit pas .juger sévèrement l'illustre auteur à cet égard. D'ailleurs, la réflexion principale, et en quelque sorte générale, qu'il opose aux hypothèses de Newton, siwoir qu une chose n'est pas démontrée pour être exactement calculée, et que le faux peut être supputé comme le vrai, reste toujours incontestable, indépendamment de tout ce que l'auteur raisonne sur les systèmes. ^
Cnax fieri possit numéros det ut algebra rectos
Absurde ad libitum posito
Si fretus Plolenueo, operosos orbilius orbes Adjicerem, usquonoviscœluin iutricansepicyclis :
Légitimes possem numéros implere : quid inde? Veraces nuraeri, mendax et causa subesset.
(Voyez les Observ. philosophiques sur les Systèmes, etc., Liège, 1788, n»' 8, 9, 123.) Sa Vie par le P. Faucher, Paris, 1777, 2 vol. in-12 est prolixe, et assez faiblement écrite, mais exacte, pleine de faits intéressants et de bonni's observations. Voltaire lui-même a prodigué ses éloges à Polignac, et, dans le Temple du goût, il l'appelait
Le cardinal, oracle de la France....
Réunissant Virgile avec Platon,
Vengeur du ciel et vainqueur de Lucrèce.
Polignac aimait les antiquités, et c'est principalement à lui qu'est due la découverte de la maison de campagne de Marius entre Frascati etGrotta-Ferrata; on y trouva entre autres un magnifique salon orné de belles statues. Ce fut aussi sous ses yeux que se fit la découverte du palais des Césars, dans la vigne Farnèse, sur le -Mont-Palatin. Il auiait désiré qu'on détournât le cours du Tibre, dans certains endroits, pour en retirer les statues et les trophées qu'on y avait jetés dans les temps des factions, de's guerres civiles, et pendant les incursions des Barbares. Les honneurs littéraires s'étaient accumulés sur sa tête : après avoir remplacé Bossuet à l'académie française en 1704, il fut nommé membre de l'académie des sciences, en 1715, et de celle des belles-lettres en 1717. Son Eloge a été composé par M. de Boze, et inséré dans le Recueil de Vacadcmic des inscriptions. M. de Mairan en a lu un aussi à l'académie des sciences, le ï avril l'k'2, et on en a un autre du P. Charlevoix, dans les Mémoires de Trévoux, juin 1742, pages 10.^3-91. "^ °
POLITI (Alexandre), clerc régulier des écoles pies, et l'un des savants les plus distingués que produisit cet ordre , naquit à Florence le 10 juillet 1679, et y prit l'habit de clerc régulier le 5 février 1693, n'ayant pas encore seize ans accomplis. Il" avait fait ses humanités chez les jésuites d'une manière brillante. Il donna dès son noviciat des preuves de ce qu'il deviendrait un jour, en rédigeant des notes savantes et judicieuses sur d'ancien^ auteurs. Il en fit présenter le recueil à son provincial, lequel, charmé d'un si beau talent, protégea depuis, avec une bienveillance singulière, le jeune religieux qui donnait de tell, s espérances. 11 lit sa philosophie et sa théologie, partie à Florence et partie à Rome, et y fournit avec éclat cette double carrière. Le chapitre général était assemblé dans cette dei nière ville en 17C0, lorsque Polili terminait ses cours; il y soutint des thèses publiques, oii il fit admirer son savoir. De retour en Toscane, il enseigna successivement la rhétorique et la philosophie à Florence, puis la théologie à Gênes pendant près de vingt ans. et enfin les belles-lettres et l'éloquence dans l'université de Pise, qui crut ne pouvoir donner au fameux Benoit Averani, professeur de belles-lettres, un successeur plus digne de le remplacer. Fnippé d'apoplexie
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le 18 juillet 1752, il expira le 23, à l'ilge de IS ans et i|iiclqans jours. 11 a laissé un grand noniliFt^ (l"ouvrages , dont les principaux sont : Philosophiti pcripatetica ex mente snncti Thnmœ Aqiiinalis , Florence, 1708, in-12; Scleela chrislidnœ theologiœ capita , Florence, 1708, in-V ; Dr palria in condendis teslainenth potrstate libri quatuor, Florence, 1712, in-8' : on en t-ouve un bon extrait dans le Giornale de Irtterati d'Italia, tom X, art. 9, p. VV7 et suiv.; Spécimen Eustathii mine primum latine versi. C'est un essai et comme un pri^'lude sur le grand o:ivrage qui
suit : Eustalliii commentaria in Jtiaacm
Homeri. Ces Commentaires d'Eustathe , évôq e de Tliossslonique au xir siècle, n'existaient q l'en grec. Le P. Politi, aidé du P. Salvini, les traduisit en latin pour la première fois, et les enrichit de notes savantes. L'ouvrage est en 3 vol. in-fol., dont le premier, dédié au gran 1 duc Jean-Gaston, parut en 1730; le deuxième, dédié au pape Clément XII, en 1732, et le troisième, dédié à Louis XV, en 1735. Il devait en paraître un quatrième, et on commençait à l'imprimer lorsq le le P. Politi mourut. Voij. Éis- TATUE. Cet ouvrage est le plus considérable de ceux du P. Politi ; Vita délia serva di Dio suor Maria Angela Gini, Florence, in-V; Martyrologium roinanum castigatum ne comvicntariis illustratam, Florence, 1751, infol.; Orationes ad academiam Pisanam, et animadversiones in Euslathium ad Dionysium Pericgetam libri duo, Rome, 17i2, in-V". Politi avait déjà piibl.é une trad. latine du Commentaire d'Eustathe sur Denys le Périégète, Genève, 17il, in-8°; des Harangues, des Panégyriques, et d'autres Opuscules , etc. On tr.iuve duis la Storia lettcraria d'Italia, tom. VI, p. 733, une bonne notice sur le P. Politi, avec une exacte nomenclature de ses nombreux ouvrages.
POLLALION. Yoy. Lumague.
POLUS, Pôle ou Pool (Renaud), cardinal et arc'ievôque de Canlorbéry, né en 15'i)0, à S.owerton-Castle dans le ci mité de Stalford, était proche parent des rois Henri VU et Edouard IV. Il fut élevé dans l'université d'Oxford, et parcourut ensuite les plus célèbres académies de l'Kurope. Sa profité, son érudition, sa modestie et s8n désintéressement lui lii'ont des amis illustres, entre autres Beiidjo et Sadolet, qui le regardaient comme un des hommes les plus éloquents di^ son siècle. Henri VIII, qui faisait beaucoup de cas de ses talents, eut pour lui une iniiilié et une estime distinguées. Mais Polus n'ayant pas voulu Uatter sa passion pour .Vime de Boulen, et avant écrit contre son changement de religion, ce prince mit sa tète a prix. Le pape Paul III, qui l'avait fait caiif nal en l.o3tJ, lui donna des gardes. Après la m irt de ce pontife, il eut beaucoup de voix |)Our lui succéder; il fut exclu [lar la brigue des vieux canlinanx, sans que cette est;: sion l.ii ca isâl des regrets. Aiirèj avoir été em|>loyé dans diverses légations, et avoir présidé au concile do Trente, il retourna en Angleterre sous le règne de la
reine Marie. Cette princesse le fit archevêque de Cantorbéry et président du conseil royal. L'empereur Charles-Quint s'était opposé k son retour en Angleterre, craignant qu'il ne s'opposât lui-même au mariage de son flls Philippe. Mais il ne s'occupa qu'à ramener les protestants dans le sein de l'Eglise, à remettre le calme dans l'Etat, et à rendre la liberté à ceux qui étaient opprimés. Ennemi des violences dans les affaires de relgion, il n'employa jamais que la patience et la douceur. Sa mort, coup fatal et pour la religion et pour le royaume, arriva à Londres le 18 novembre 1558. Tous les auteurs, même les protestants, donnent de grands éloges à son esprit, à son savoir, à sa prudence, à sa modération, à son désintéressement et h sa charité. On lui avait appris, peu auparavant, la mort de la reine ; il en fut tellement touché, qu'il demanda son crucifix, l'embrassa dévotement et s'écria : Domine, salva nos, périmas ; Salvator mundi, ' saiva Ecclcsiam tuam. A peine eut-il prononcé ces paroles, qu'il tomba dans l'agonie, et mourut 15 heures après, i\gé de 58 ans, avec la réputation d'avoir été un des plus illustres prélats que l'Angleterre eût produits. Son corps fut porté à Cantorbéry, et rais dans la chapelle de Saint- Thomas, qu'il avait fait bâtir, avec cette simple épitaphe : Depositum cardinalis Poli. On a de lui plusieurs Traités; celui De unitale ecclesiastica, Rome, in-fol.; De ofpcio et polestate summi pontifiris. Louvaiii, lo6i9, in-fol.; De concilio tridentino; un Recueil des statuts, qu'il fit étant légat en Angleterre; une Lettre à Crammer sur la présence réelle; un Discours contre les faux évangéliques , adressé à Charles- Quint; plusieurs Lettres, Brescia, 1744 et 17't-8, ï vol. in-4°, pour ramener dans le sein de l'Eglise ceux qui s'en étaient séparés. Ces ouvrages sont savants; mais le style n'en est ni pur ni élégant. Sa Vte a été écrite en , italien par Beccatelli, archevêque de Raguse, et elle a été tr iduite eu latin par André Dudith; ils étaient l'un et l'autre secrétaires de cet illustre prélat. Elle a été traduite en français par Maucroix. Le cardinal Ange-Marie Quirini a donné sa Vie avec ses Lettres; mais ces ouvrages sont inférieurs à l'excellente Histoire de ce cardinal, écrite en anglais par Thomas Phillips. Voy. ce nom. POLUS (Matthieu]. Yoy. Poole.
POLYCARPE (saint), évèque de Smyrne, disciple de saint Jean l'évangédste, prenait soin de toutes les églises d'Asie. Il s'était converti vers l'an 80, et fut ordonné évêque de Smyrne en 96. Il fit un voyage à Rome, vers l'an 158, pour conférer' avec le pape Anicet sur le jour de la célébration de la Pàque : question qui fut agitée depuis avec beaucoup de chaleur sous le pape Victor Son zèle pour la pureté de la foi était si ardent, que lorsqu'il entendait proférer quelque erreur, il s'enfuyait en criant:» Ah I « grand Dieu, à quel temps m'avez-vous ré- « serve 1 » On dit qu'ayant rencontré Marcion à Rome, cet hérésiar |ue lui demarla s'il le connaissait ? Oui, répondit le sajnt évoque.
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saisi d'hoFreur : Je le reconnais pour le fils aîné de Satan. Une autre fois (on attribue le môme trait à saint Jean l'évangéliste) ayfint vu Cérinthe entrer dans un bain : Fuyons, s'écria-t-ii, de peur que le bain ne tombe sur notis. « Grande leçon pour les fidèles, dit un « moraliste, relativement à la conduite à te- « nir envers les hérétiques. Si ce saint et sa- « vant évèque, disciple des apôtres, si près « de la lumière évangéli(jue, n'a osé com- « muniquer avec des sectaires, craignant le « souffle impur des foux docteurs, que pen- « ser de la témérité ou de la coupable indif- « férence des simples fidèles qui fréquentent « leur société, lisent leurs livres, ou écou- « tent leurs discours ? » De retour en Asie , il scella l'Evangile de son sang , et fut condamné à être brAlé vif; mais les flammes l'épargnant, le bourreau le poignarda, vers l'an 169, selon Basnage, ou 1G6, selon Tillemont, sous l'empire de Marc-Aurèle. Sou martyre est rapporté d'une manière très-élégante dans la lettre de l'église de Smyrne aux églises de Pont : lettre dont Eusèbe a donné l'abrégé dans le chapitre Ik du livre IV de son Histoire ; lettre singulièrement estimée des anciens, et que l'on doit regarder comme un des plus précieux monuments de l'antiquité ecclésiastique. Il ne nous reste de saint Polycarpe qu'une seule Epître, écrite aux Philippiens. On la trouve dans les Anciens monuments des Pères, par Cotelier ; dans les Varia sacra, par Le Moine ; et avec celles de saint Ignace, par Ussérius, Londres, 1644 et 1647, 2 tomes in-4\ Saint Pothin, premier évoque de Lyon, et s.nnt Iiénéi-, successeur, étaient disciples de cet illustre martyr.
POLYCRATE, évoque d'Ephèse, n'est connu que par une lettre au pape Victor sur la pâque. Cette lettre, regardée longtemps comme authentique, a été vivement attaquée dans une Dissertation du P. Molkenbuhr, publiée à Munster en 1795, in-4°. 11 est certain que la plupart des raisons c{ue le savant critique allègue pour prouver la sup|)Osition , sont de nature à faire une grande impression sur des lecteurs non prévenus ; elles semblent môme répandre des doutes fondés sur l'existence de Polycrate, et dès lors il faut supposer que le i)assage où Eusèbe parle de cet évèque est une interpolation. Voy. le Journ. hist. et litt., i" décembre 1793, pag. 503 ; 1" février 1794, pag. 178.
POLYEUGTE (saint), célèbre martyr de Méiitine en Arménie, dans le m' siècle. Néarque, son ami, a écrit les Actes de son martyre. (Voy. Tillemont, t. IH, p. 424.) Pierre Corneille a fait du martyre de ce saint le sujet d'une de ses tragédies, et l'on peut dire que c'est un chef-d'œuvre dans le genre dramatique. Mais cela n'a pas empêché les personnes pieuses d'être choquées de la liberté que le poète s'est donnée de faire monter les samtssurle théâtre habituellement consacré à un histrionisrae profane et licencieux, et de mêler la tendresse de l'amour humain à l'héroïsme de l'amour divin.
POLYEUCTE . Voy. Epiphami:, moine. ' POMÈRE (Julien), Pomcrius, né dans la Mauritanie, passa dans les Gaules, et fut ordonné prêtre, après y avoir enseigné la rhétori(jue. Il vivait encore en 496. C'est lui qui est auteur du livre De la vie contemplative ou des vertus et des vices, ouvrage qu'on a longtemps altribuéà saint Prosper, et qui se trouve danssesO^îto/'es. Saint Julien de Tolède ayant aussi porté le nom de Pomère, quelques écrivains l'ont confondu, mais très-mal h propos^ avec Julien Pomère. Pomère de Mauritanie vi.vait au v" siècle, et l'autre ne parut que 200 ans après. — M. Migne a publié les œuvres de Julien Pomère avec celles de Prudence et de Draconce, sous ce titre : OEuvres très-complètes de Prudence et de Draconce, rééditées d'après l'édition d'Arcvalo, et OEuvres aussi très-complètes de saint Gélase 1", pape, de saint Avit, du diacre Jean, de saint Fauslin, de Julien Pomère, de deux anonymes,, d'un auteur incertain, recueillies dansMansi, Galland, Martène et Baluze, enrichies defac-similé et de diverses ]ilanclies, représentant les supplices des martyrs et les insvtruments dont se servaient les bourreaux, très-utiles pour l'intelligence du texte, 1847, 2 vol. in-4°.
POMEY (Fr4nçois) , jésuite, né dans un village du comtat Venaissin en 1618, professa les humanités et la rhétorique dans divers collèges, et remplit ensuite, pendant; neuf ans, les fonctions de iiréfet des chisses à Lyon. Il mourut en cette ville 1« 10 nov. 1673. C'était un de ces hommes qui semblent faitsixjur instruire la jeunesse par leur /èle,. leur patience, leur méthode et leurs talents» Ses principaux ouvrages sont : un Dictionnaire français-latin, Lyon, 1664. in-4% réimprimé plusieurs fois' sous le titre de Dictionnaire royal, [larce que la iireaiière éditn^n avait été dédiée au dauphin. Il fut pluj tard remplacé par celui du P. Joubert ; Flo» latinitatis, Lyon, 1665, in-12. C'est un fjon abrégé du thésaurus de Ro!>ert Estieime. L'a. leur lavait d'abord intitulé Pcninrium ou Pomariolum, par une allusion à son nom r Indiculus tmiversaiis, ou L'Univers eu abrégé, Lyon, 1667, in-12 : c'est un petit répertoire français-latin des mots les plus usuels,, rangés par ordre de matières, et il formais un manuel .commode pour les élèves des jésuites, qui voulaient qu'on ne parl;U que latin dans leurs collèges. Il a été réimpriméplusieurs fois. Georges-Matthias Kœnig endonna une édition en qu itre langues, Nuremberg, 1671, 1698, 1709,- in-8°. On en a aussi donné une édition avec ritalien,Vcnise,. 1682, et il a été adopté dans divers collège» d'Italie et d'Allemagne. L'abbé Dinouart en publia une nouvelle édition française-latine, corrigée, augmentée, et, selon quelques-uns, gâtée et bouleversée, Paris, 1756, in-12; Col— loquia scholastica et moral ia, Lyon, 1668, in-12; Libitina sive de funcribus , Lyon, 1659, in-12. L'auteur annonce dans la préface ilo ce livre qu'il traitera successivement des prêtres et des sacrifices des au ciens; de leurs tpagistrats ; des lUiiiages,