‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 103 sur 227 · LUNA · texte numérisé non relu

LUNA

chrétien. comme il l'était; qu'il avait grand plaisir à connaitre personnellement un si illustre interlocuteur dont ilavait toujoursentendu vanter les grandes vertus. et qu'il était prêt à tout faire pour le service de Dieu. » Pierre de Luna et Sigismond allèrent ensuite visiter Ferdinaud [°" qui était gravement malade. L'empereur d'Allemagne piqué contre le roi d'Aragon qui n'avait pas mis, selon lui, toute l’ardeur possible à le seconder, partit brusquement de Perpignan sans prendre congé de Ferdinand, le 5 novembre 1415. Le roi d'Aragon, qui ne tenait pas à se brouiller ainsi avec Sigismond, insista si bien auprès de l'antipape que celui-ci se décida à gagner Collioure où stationnaient ses galères. Ferdinand 1 adressa une suprême mais respectueuse sommation à Pierre de Luna, le 21 novembre. Celui-ci, loin d'y obtempérer se contenta de proférer cette phrase en mettant le pied sur son embarcation prête à lever l'ancre : Dites à votre roi de ma part : « Me qui le feci misisti in deserlum! Moi qui l'ai fait ce que tn es, tu me jettes au désert. »n L'obstiné vieillard quitta Collioure pour s'enfermer jusqu'à sa mort dans la forteresse de Peniscola, où il arriva le 1° décembre. L'heure d'agir était venue. Ferdinand d'Aragon convoqua une assemblée d’évéques et de docteurs auxquels se joignirent les ambassadeurs de Castillecet de Navarre,

ainsi que ceux des comtés d'Armagnac et de Foix, c'est-à-dire toute l’ohédience avignonaise. Il fut décidé que Benoît pouvant rendre la paix à l'Eglise et se refusant à la lui procurer, on était en droit de se soustraire à son autorité. Quant au vrai pape, on reconnaitrait celui que le concile général de Constance allait élire. Le 6 janvier 1416, saint Vincent Ferrier lut, dans la chapelle même du château royal où Benoît XIIT avait célébré pontificalement quelques années auparavant, l’acte de renonciation à son obédience. Ce document était signé des rois de Casbille, d'Aragon et de Navarre. Pierre de Luna fut déposé publiquement au concile de Constance. le 26 juillet 1417. Le 14 novembre suivant, l'unité était rendue à l'autorité de l'Eglise par l'élévation de Martin V au Souverain Pontificat. Benoît XIIT survécut six ans à sa déchéance. [Il aimait à comparer le rocher de Peniscola, où il vivaitabandonné, à l'arche de Noé qui portait le salut de l'humanité. C'est dans cette solitude qu'il mourut. le 23 mai 1423 à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

P. Faces. fisloire de saint Vincent-Ferrier. — Noël VaLois, La France el le grand schisme d'Occident, Paris, Alphonse Picard, 1902, 4 vol. grand in-S$. — Franz Ekxrr, Marlin de Alpartils, Chronica actilatorum tlemporibus domini Benedicti AN, Pader-

born, 1906. grand in-4°. — Abbé J. CaretirE, Concile de la Réal, Perpignan, Comet, 1908.

MACIA (Jean), né à Canet, obtint la dignité de doyen de l’église de Vich, conférée par le roi. Pourvu du dactorat en droit civil et en droit canonique. il publia, en 1698, à Moya, un ouvrage écrit en castillan que Jérôme Quintana édita quatre ans plus tard à Montpellier, sous le titre : Obligalioni religiosorum capuccinorum provinciæ Calaloniæ filiorum. En 1714, Jean Macia fit aussi paraître à Barcelone, chez François Guasch, ie Fasciculus Myrrhæ, Concionalorius Dolorum Virginis Mariæ tractatus, sive commentaria in evangelium S. Joannis cap. 19 slabant juxta crucem. Il mourut en 1725.

ToRRES-AMAT, Diccionario critico de los escrilores calalanes.

MACIQUEZ (Joseph), issu d’une noble famille de Peralta (Espagne), naquit dans cette ville en 1542. Il fut le compagnon d'enfance de saint Joseph Calasanct, fondateur de l’Institut des Ecoles pies. Joseph Maciquez fut pourvu du siège abbatial de la Réal en 1614, en remplacement de Raphaël Balle. Ce prélat demeura presque toujours hors de Perpignan, pour négocier et régler les affaires de son abbaye. Dans une des lettres qu'il adressait de Madrid au notaire Puignau, il apprenait à son correspondant qu'il était bien posé à la cour du roi d’Espagne, Philippe 1V. I lui disait que «el buen rey me escucha de tan bucna gana como si fuesse su hcrmano don Carlos o don Fernando. y me estima y quiere tanto como si le fuesse hermano ». Joseph Maciquez entretint souvent le souverain du résultat des recherches faites par Puignau dance le fonds des archives du Roussillon. durant une longuc période de trente-six ans: Philippe IV avait assuré à l’abhé de la Réal qu'il dédommagerait le zélé archiviste de la somme des travaux qu'il avait fournie. Joscph Maciquez mourut à Rome, le 9 août 1646, à l’âge de cent quatre ans. L'abbaye de la Réal fut alors mise sous séquestre, puis attribuée, en 1653, à Jean-Baptiste Chiaveri de Valenti.

Archives des Pyr.-Or., B. 385, H. 7. — Timox-Davip, Vie de saint Joseph Calasancl,

MACOM (Nicolas) était peintre à Perpignan Archives des Pyr.-Or., B. 430.

MACQUERON (Charles) fut nommé Inteiidant du Roussillon après le Traité des Pyrénées. Alors que les principaux emplois du Conseil Souverain, des Domaines et des vigueries furent donnés par Louis XIV à des roussillonnais ou à des catalans qui avaient pris parti pour la France, l’Intendance fut occupée par un agent direct du pouvoir central de Paris, français d’origine. Le roi lui octroya les attributions identiques à celles des Intendants des autres provinces du pays, en ce qui concernait la justice, la police, les finances et l’armée. Charles Macqueron s’adonna avec ardeur, durant dix années, à l’œuvre difficile de la francisation du Roussillon. Il assista aux conférences de Figuères qui se tinrent depuis le 23 février 166% jusqu'au 6 avril 1666, et mourut à Perpignan, le 29 novembre 1669. Etienne Carlier recucillit sa succession à l’Intendance de Roussillon. Charles Macqueron avait une sœur, Madeleine, qui, ayant épousé Remy Chantreau, eut de ce dernier deux filles : Madeleine, épouse de J.-B. Vivier, bourgeois de Paris, et Marie-Angélique. Celles-ci devinrent les héritières de leur oncle, l’Intendant de Roussillon.

MADAILLAN (Ignace Cairol de), issu d’une famille de robe de Limoux, dont les membres avaient exercé, de père en fils. les principales charges de la sénéchaussée de cette ville, était président au présidial de Limoux lorsqu'il fut nommé président à mortier du Conseil Souverain de Roussillon, le 1° mars 1751. Il remplit cette charge jusqu'à la suppression de ce tribunal, en 1790. Un de ses frères. qui avait été vicaire-général du cardinal de Roche- Simon, archevêque de Narbonne, devint évêque de Grenoble.

MADRENS (Raymond) était originaire de Gérone. Au mois de juillet 1384, Pierre IV le nomma châtelain de Força-Réal. La négligence qu'il apporta dans l’accomplissement de ses devoirs fut gourmandée par le Procureur royal de Roussillon. qui lui écrivit, d'ordre du Gouverneur, sous la date de mai 1385, une lettre qui contient, outre la menace

MADRIGAL — MAGAROLA

de faire conduire Madrens lié et prisonnier à Perpignan, celle de le destituer s’il ne s’amendait pas. Le châtelain de Força-Réal ne tint aucun compte de cet avertissement comminatoire et fut révoqué peu de temps après. Raymond de Ger le remplaça au mois de juillet 1385.

Archives des Pyr.-Or.. B. 145. — V. ARaGon, Nolice hislorique, religieuse et topographique sur Força-Réal.

MADRIGAL. DE CERVELLON (Alvaro de) fut nommé par Charles-Quint châtelain du château majeur de Perpignan, à la suite du décès de Louis de Gilabert. Il ne tarda pas à joindre à son titre d'alcaÿd celui de capitaine-général du royaume de Sardaigne. Le roi Philippe II donna à Alvaro de Madrigal l'autorisation de disposer de la châtellenie de Perpignan en faveur de l’un de ses fils. De fait, à sa mort, Jacques de Madrigal, son fils cadet, fut pourvu, quoique mineur, de l'office de son père. Des lettres de Philippe Il portèrent commission à Pierre de Cardona pour remplir la charge d’alcayd de Perpignan, durant la minorité de Jacques de Madrigal. Le frère ainé de celui-ci, Jean de Madrigal, baron d’Alcalali et Mosquera, était, à la même époque, capitaine des chevau-légers de la citadelle de Perpignan.

MAGAROLA (Bérenger de), citoyen de Barcelone, reçut de Pierre TI nomination successive de procureur royal et de maître des ports et passages de Roussillon et Cerdagne. À sa mort, le roi Jean [° d'Aragon lui donna pour remplaçant Guillaume Miro.

Archives des Pyr.-Or., B. 132, 133, 142, 147, 367, 374.

MAGAROLA (Pierre de) naquit à Barcelone, le 15 octobre 1571, sur la paroisse des saints Just et Pasteur. Son père Antoine Magarola tenait dans cette ville une boutique d'apothicaire, et sa mère s'appelait Isabelle Fontanet. Pierre de Magarola avant embrassé la carrière ecclésiastique, fut d’abord curé de la paroisse de La Roca situce dans le diocèse de son origine. Îl occupa ensuite successivement les postes importants d'archiprètre de Vilabertran (diocèse de Gérone) et de trésorier de la cathédrale de Barcelone. L'évêque de cette ville Rovirola le choisit ensuite pour en faire son vicaire-général. Plus tard Pierre de Magarola fut nommé prieur de la collégiale de Sainte-Anne, à Barcelone. II était à la tête de cette communauté ecclésiastique, lorsqu'il fut désigné pour occuper le siège épiscopal d’'Elne laissé vacant par suite de la nomination de François Senjust à l'évêché de Gérone. Les bulles lui furent expédiées de Rome, le 25 octobre 1622, et quelque temps après

il prit possession de son siège. Le 1°” avril 1623, Pierre de Magarola fit son entrée solennelle à Perpignan. Le 8 janvier 1624 eut lieu à Perpignan l'ouverture du Jubilé universel accordé par Urbain VIII comme don de joyeux avènement, à la suite de son élévation à la chaire de Saint-Pierre. Le Saint-Sacrement demeura exposé dans la chapelle de Saint-Michel durant six jours : le mercredi, le vendredi et le samedi des deux premières semaines de l'an 1624. Deux chanoines de Saint-Jean chantèrent les litanies des Saints, à l'issue de l'office du matin et deux bénéficiers invoquèrent le secours des bienheureux du Paradis après la cérémonie du soir qui fut célébrée à cinq heures. Dans le courant du mois d’octobre 1625, Pierre de Magarola réduisit, par un décret, le nombre des messes et des anniversaires de l’église majeure de Saint-Jean et fixa à quatre sols le taux de l'honoraire du saint sacrifice. Ce pontife publia des ouvrages d'histoire locale, écrits en langue catalane, témoins de son passage sur le siège d’Elne. Ces livres sont : Epilome de la imalge de la Verge Maria de la Vicloria del lloch de Tuyr et les Miragles de la benaventurada Concepcio de la Verge Maria per los anys 1616. Le roi d'Espagne Philippe IV avait désigné à Rome, dès le 9 décembre 1626. Pierre de Magarola, pour l’évêché de Vich. Les bulles de nomination à ce nouveau diocèse ne lui parvinrent que le 19 mars de l’année suivante. Pierre de Magarola prit possession du siège de Vich, le 11 juillet 14627. Le premier acte épiscopal qu'il accomplit dans cette cité fut la tenue d'un synode dont il fit lui-même l'ouverture le 1° septembre 1627. Durant ces assises, le clergé diocésain tint quatre sessions. Pierre de Magarola y édicta des Conslilulions dont les termes parurent dans un volume de cent dix pages renfermant quarante-trois chapitres. L'évêque de Vich célébra un second synode dans son palais, le 10 avril 1630. Pendant cette dernière assemblée, les ceclésiastiques de son diocèse tinrent trois réunions. Il y fut statué, entre autres décisions. qu'à l'avenir tous les curés auraient le privilège d'être inhumés dans leurs églises respectives. Sous son épiscopal. Pierre de Magarola entama la cause de la béalification de Michel Argemir, religicux Trinitaire, originaire de Vich, que l'Eglise plaça plus tard sur les autels sous le vocable de Saint Michel des Saints. Le 1# imai 1633, Pierre de Magarola versa entre les mains d'un notaire, un capital de six cent cinquante livres, pour permettre au clergé de sa cathédrale de donner un certain éclat aux cérémonies dites de la Minerve, le troisième dimanche de chaque mois. Le 26 octobre suivant, l'évèque de Vich fit la pose de la première pierre de la chapelle de Saint-Bernard, dans l'église de sa cathédrale. qu'on se proposait alors d'agrandir. C'est lui qui fixa, de concert avec le chapitre, la hauteur

de la nef dont les murailles commençaient de sortir à peine de terre. Il ne tarda pas à être appelé par le Souverain Pontife au siège épiscopal de Lérida. Avant son départ de Vich, il tint à cœur de faire des fondations pieuses. en faveur de la cathédrale de cette cité. Il quitta l'évêché de Vich le 19 avril 1634 et fit son entrée solennelle à Lérida le 12 juin suivant. Le passage de Pierre de Magarola sur le siège de Lérida fut de courte durée. Ce pontife mourut dans cette ville, le 20 décembre 1634, six mois à peine après son arrivée.

Archives des Pyr.-Or., G. 241. — ToRREs-AMaT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — PuiGcani, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Luis Napaz, Episcopologio de Vich, t. IIL

MAGNY (Edme-Basile Gand'Oward de), né à Chastel-Censoir (Yonne). le 24 octobre 1732. mort à Opoul (Pyr.-Or.), le 30 nivôse an VIIT, était fils d'Edme Gand'Oward, seigneur de Magny, Saint-Marc et Antérot, lieutenant civil et criminel de la châtellenie de Chastel-Censoir, et descendait d'une famille écossaise émigrée en Bourgogne après 1423. Licutenant au régiment de Touraine en 1747, il fut nommé capitaine au régiment d'Artois à Perpignan en 1770 et se fixa dans le pays. Il prit part en 1789 à l’assemblée de la noblesse de Roussillon. It avait épousé à Perpignan, le 11 février 1765, Marie-Thérèse de Gilles. née en 1748, fille d’Alexis de Gilles, avocat-général au Conseil Souverain de Roussillon et de Marguerite de Cremadells, dont il eut un fils, Louis-François. Le chevalier de Magny. né à Perpignan, le 11 actobre 1767, s“adet gentilhomme au régiment d'Artois, fut tué à l’armée de l'Ouest, le 28 germinal an IV. Sa sœur Marie-Thérèse. née à Perpignan, le 25 septembre 1771, épousa. le 25 juin 1810, Jean-Baptiste Camo- Raymond de Banyuls, marquis de Montferrer, né à Nver en 1747, fils de Joseph de Banyuls et de Jacquette de Bellissen.

Communication obliseante de M. Clément de Lacroix.

MAGNY (François Gand’Oward de), frère du précédent, né à Chastel-Censoir (Yonne). le 21 mai 1730, eut pour parrain messire François de Charny, écuyer, porte manteau du roi. fl servit comme volontaire dans le régiment d'Escars-cavalerie, fit la campagne d'Ilalie en 1747 et fut blessé d'un coup de feu à la jambe. Nommé licutenant au régiment de Chàlons en 17352,il passa successivement dans le bataillon d'Autun, en 1754, dans le régiment d'Artois en 1755, fit la campagne de Portugal et servit d'éclaireur sous les ordres du prince de Beauvau. Embarqué pour les Indes avec le régiment d'Artois, il rentra en France en 1774. Il devint aide-major de la citadelle de Perpignan en remplacement de M. de La Boissière, en 1777. François de Magny fut alors promu cheva-

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