MAGNY
lier de Saint-Louis. Nommé commandant en second de la place et citadelle avec grade de colonel, par le général de Flers, au mois de juin 1793, il fut accusé à tort de favoriser les royalistes. Un procès-verbal de la séance du Conseil municipal de Perpignan, du 14 vendémiaire an IV, l'accusa de « s’être conduit de la manière la plus prononcée contre les amis de la Révolution, en faveur des aristocrates, royalistes et cravates vertes. » François de Magny fut suspendu de ses fonctions le 22 pluviôse, emprisonné pendant quatre mois et relaxé sans jugement. Envoyé ensuite à Sigean et Narbonne avec le commandement de la Côte d'Espagne, il fut remplacé en 1804. IL avait épousé à Perpignan, le 20 janvier 1764, Marie-l'hérèse de Costa, fille de Jean de Costa-Vilar, chevalier, seigneur de Llar et de Thuèës. De cette union naquit une fille, Françoise-Thérèse, qui épousa à Perpignan, le 8 août 1785, Pierre de Barréra-Vilar, et deux fils dont l'aîné, Auguste-François qui suit, auteur de la branche de cette famille ctablie en Provence, et le cadet, Michel-François. né à Perpignan en 1790, mort à Villefranche, ont continué la descendance actuellement existante en Roussillon.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
MAGNY (Auguste-François Gand’Oward), fils du précédent et de Thérèse de Costa, né à Perpignan le 23 juin 1781, engagé volontaire dans les hussards de Berchinvy, fit sous Pichegru la campagne de Hollande, passa à l’armée de Sambre-et-Meuse sous Sainte-Suzanne, à l’armée du Rhin sous Richepanse, fit sur mer les campagnes de 1803 à 18906, et rentra en 1812 dans la grande armée. Prisonnier de guerre à Dresde en 1813, il devint capitaine au 39° de ligne, se refusa, en 1814, à Sisteron, à arborer la cocarde tricolore au retour de Napoléon de l'ile d'Elbe. fl chercha à entrainer son régiment en Piémont pour faire la gucrre de partisans. en attendant les ordres de Louis XVIII. IF épousa en premières noces à Toulon, en 1811, Marie-Thérèse Digne et en secondes noces à Metz, le 6 mai 1835, Anne-Joséphine Durviviers, veuve de Charles-Gonzague de Borgia-Pignatelli d'Aragon. I mourut à Poitiers, le 18 mai 1841, à son retour d'Espagne, où il soutenait un procès pendant entre sa femme et le duc d'Albe. Auguste- François de Magny laissa deux fils, tous deux officiers. L'ainé, Auguste Philippe, né à Toulon en 1812, colonel d'infanterie, fut blessé à l’attaque du Panthcon, durant les journées de 1848 et à l'assaut de Sébastopol, en 1854. Il mourut à Toulon, en 1886, sans postérité. Le cadet, Emmanuel-François de Magny, né à Draguignan en 1820, a laissé une fille Emma. dernière descendante de cette branche, quia épousé, à Marseille. le duc Jacques de Fitz-James, capitaine d'infanterie coloniale. fils d'Edouard duc de
MAGUESSA — MAILLY
Fitz-James et de Marguerite de Læœwenhielm, fille de l'ambassadeur de Suède en France en 1350.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
MAGUESSA (François de), natif de Castello d'Empories, fut nommé par Pierre III d'Aragon à la châtellenie de Montesquieu.
Archives des Pyr.-Or., B. 100.
MAHULL (Jacques) fut archidiacre de Vallespir depuis 1500 jusqu’en 1508.
Archives des Pyr.-Or., G. 110, 182, 882.
MAILLY-D'HAUCOURT (Le comte Joseph- Augustin de) naquit au chäteau de Corbion, paroisse de Vilaines-sous-Lucé (Sarthe), le 5 avril 1707, et embrassa de bonne heure la carrière militaire. Ilentra au service en qualité de mousquetaire, en 1726. Le 13 mars 1728, il était enseigne au régiment de Mailly; il devint successivement guidon de la compagnie des gendarmes de la reine, avec rang de lieutenantcolonel le 31 mars 1733, sous-lieutenant des chevaulégers de Berry avec rang de mestre de camp le 25 mars 1734, capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes de Berry le 16 avril 1738, et capitaine des gendarmes écossais le 11 janvier 1742. Le comte de Mailly commença ses campagnes par le siège de Rehl en 1733, ainsi que le constatent {es provisions de maréchal qui lui furent accordées un demi-siècle plus tard. En 1734, il se trouvait à l'attaque des lignes de Stolkossen et au siège de Philippsbourg et, en 1735, à l’affaire de Clausen. Il n'avait que trente-deux ans lorsqu'il fut décoré de la croix de Saint-Louis au mois de février 1740. L'année suivante, il était envoyé à l'armée du maréchal de Maïllebois, qui opérait en Westphalie. Il s'avança jusque sur les frontières de la Bohème et de la Bavière et donna maintes preuves de bravoure en différentes occasions. Rentré en France avec la gendarmerie au mois de janvier 1743, le roi, pour le récompenser, lui conféra le grade de brigadier de cavalerie par brevet du 20 février.
Le 1” avril 1745, le comte de Mailly se trouvait à l’armée du Rhin, où il concourut à la défense de l'Alsace ; il prit part à l'affaire de l'île de Reynach et on le vit donner des preuves de l'intrépidité la plus rare le jour de l'attaque des lignes de Wissembourg. Une action d'éclat lui valut les éloges du roi, auquel il fut présenté quelque temps après et qui lui accorda une pension de 3.000 livres. Le 1° mai 1745, le comte de Maillv était créé maréchal de camp, et il prit part en cette qualité au siège de Fribourg et à la bataille de Fontenoy. Au mois d'avril 1746, il passait à l’armée d'Italie, dans laquelle il servait encore l'année suivante ; il y commandait un corps de réserve qui,
après l'affaire d’Astie, contint les ennemis sur le Tanozo. La colonne droite de l’armée fut sous ses ordres à la bataille de Plaisance. Lors de la retraite de notre armée, il déploya tous les talents qu'on pouvait attendre du général le plus expérimenté et le plus brave. Il se distingua au passage du Po, et une partie des arrière-gardes de l’armée lui fut confiée depuis Gênes jusqu'en Provence; il contribua à la défense de cette province et à la reprise des îles Sainte-Marguerite. Au passage du Var, deux bataillons des troupes du roi de Sardaigne furent forcés par Mailly ; il servit à l’affaire de l'Assietle, dont il attaqua les retranchements avec un corps de 2.400 hommes formant la colonne gauche de l’armée; il v perdit 1.875 hommes et y reçut lui-même un coup de feu à la cheville.
Placé à l’arrière-garde de l’armée d'Italie, il s’'avança avec les grenadiers jusqu'à Briançon, s’opposa aux entreprises des ennemis, entra dans le comté de Nice et prit part au combat de la Roya. Des preuves aussi multipliées de talents et de courage méritaient d’être récompensées ; aussi, le 1°’ septembre 1747, était-il nommé commandant pour le roi à Abbeville et successivement lieutenant-général le 10 mai 1748, inspecteur général de la cavalerie et des dragons le 21 mars 1749 et lieutenant-général au gouvernement du Roussillon et commandant en chef de cette province le 8 août de la même année. En 1750, le roi chargea de Mailly d'aller en Espagne complimenter
en son nom l'infante-duchesse de Savoie, qu'il reçut
ensuite à son passage dans le Roussillon. Quatre ans après, de Mailly fut rappelé du Roussillon ainsi que l'Intendant de cette province, de Bertin, à cause de difficultés survenues entre eux. Le comte de Mailly remit à ses amis un mémoire pour justifier sa conduite ; il n'en fut pas moins remplacé le 1” novembre 1753, dans le gouvernement du Roussillon, par de Graville, et exilé dans une de ses terres. Mais cet exil, motivé par une lettre écrite à la noblesse du Roussillon par de Maillv, à propos du vingtième, ne fut pas de longue durée puisque le 26 août suivant le comte se trouvait à la cour. 11 dut à la protection de M"° de Pompadour, dit Jaume dans ses Mémoires, d’être employé quelque temps après aux armées du roi en sa qualité de lieutenant-général. Ce fut le 25 mai 1758 que Louis XV le nomma de nouveau, sur la recommandation de sa favorite, lieutenantgénéral et commandant de la province du Roussillon. Dans la guerre de Sept-Ans qui commença en 1756, de Maillv fut emplové à l’armée sous les ordres du maréchal d'Estrées, et, Le 26 juillet 1757, il se trouvait à la bataille d'Hastenbeck ; Ie 5 novembre, il prenait part à la bataille de Rosbach, où il commandait deux brigades sous le prince de Soubise. Blessé d'un coup de sabre à la tête, il fut renversé à terre et fait pri-
sonnier. En 1759, il fut échangé contre un des officiers de Frédéric, roi de Prusse.
L'année suivante, le comte de Mailly se rendit à l'armée d'Allemagne, où il fit les campagnes de 1760, 1761 et 1762. Les détachements qu'il commanda furent sans cesse cités pour leur belle conduite et les succès qu'ils remportèrent. A la paix. il se rendit dans son commandement du Roussillon, qu'il ne devait plus quitter.
Nommé en 1771 directeur-général des camps et armées des Pyrénées, des côtes de la Méditerranée et des frontières des Alpes, et, le 2 février 1776, chevalier des ordres du roi, de Mailly obtenait une dernière distinction, celle de maréchal de France que Louis XVI lui accorda par lettres données à Versailles le 14 juin 1783. « De 1750 à 1789, dit M. Torreilles dans se Préface des Mémoires de Joseph Jaume, en tout et partout, c’est lui q''on voit et l'on ne voit que lui, qu'il s'agisse de réunions privées ou de fêtes publiques. Au Conseil Souverain, il est chevalier d'honneur ; à la Cathédrale, il a sa stalle et porte même le titre de chanoine honoraire; l’Universilé l'appelle son Mécène, les hôpitaux leur protecteur, Port-Vendres son fondateur, et quand il se montre, c'est toujours entouré d’une cour de citovens et de dames. Ce commandant de la province que nous avons vu enfievré de gloire et d'honneurs, agit dans la province en despote omnipotent et omniprésent. Envahissant et audacieux par nature, il a en tête mille projets civils, militaires, ecclésiastiques, tous excellents à ses veux, qu'il veut réaliser coûteque coûte. » La ville de Perpignan lui doit. en effet, sa première salle de spectacle régulière, une foire franche, une école des haras, un champ de mars, la réparation de ses fortifications, une école militaire créée en 1753 où les enfants des nobles étaient seuls admis, et où l'on enseignait les mathématiques, l'escrime, l'équitation, etc., le rétablissement du couvent des Enseignantes, où les jeunes personnes de parents peu aisés recevaient l'instruction gratuite, la construction, en 17359, d'un superbe bâtiment destiné à l’Université régénérée. Les revenus de l'hôpital général de la Miséricorde furent assurés et augmentés, et, en 1778, le comte de Maïlly y fonda douze places pour les pauvres de la ville.
Le Roussillon lui est encore redevable de la construction de la route d'Espagne, de l'amélioration des canaux d'arrosage, de la suppression des traites et de tous les droits locaux dans la province ; plus de 12.000 arpents de vignes furent plantés dans des terrains derneurés incultes jusque-là, aussi l’exportation des vins s'éleva-t-elle annuellement à plus de 14.000.000 livres. 18.000 gardes-côtes furent organisés par ses soins ; un pont sur le Tech, torrent qui traverse la route de Perpignan à Port-Vendres fut
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