‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 106 sur 227 · MARCA · texte numérisé non relu

MARCA

les lui expédia que deux ans après la nomination par le roi. La guerre entre la France et l'Espagne se poursuivait toujours avec des alternatives de succès et de revers. Mazarin s'était rendu à Saint-Jean-de- Luz pour entrer en pourparlers avec le représentant du roi d'Espagne, don Louis de Haro, et commencer les négociations qui aboutirent au célèbre traité des Pyrénées. Le cardinal avait besoin d’un homme qui connut parfaitement les limites et les frontières des deux royaumes, et qui put, au besoin, appuyer ses prétentions de textes et de documents authentiques, Marca était tout désigné pour ce rôle. Il fut mandé, en effet, à Saint-Jean-de-Luz, et il assista à plusieurs conférences qui se tinrent sur la Bidassoa, dans l'Île des Faisans. Suivant l’article 42 du traité des Pyrénées. les nouvelles limites des deux royaumes ne Catalogne devaient être déterminées par des commissaires des deux puissances. Louis XIV chargea de cette nouvelle négociation l'archevêque de Toulouse, en lui donnant pour collègue l’évêque d'Orange, Hyacinthe Serroni. Les délégués français reçurent l’ordre de se rendre à Perpiguan pour fixer, de concert avec les commissaires espagnols, le lieu et le jour de la tenue des conférences. Dans une lettre qu’il écrivit de notre ville aux délégués espagnols, en mars 1660, Marca leur offrait le choix entre Céret, Canet, Ille, Prades et Figuëères. Cette dernière ville parut peu propre à un séjour assez long: la guerre l'avait à moitié détruite. Toutefois, Figuères fut choisi quelques années après, en 1665, pour de semblables conférences. Le marquis de Mortara, vice-roi de Catalogne, préféra Céret. Marca et Serroni s'y rendirent le 16 mars ; les délégués espagnols arrivèrent quatre jours après. C’étaient : D. Michel Salva de Valgornera, chevalier de l'Ordre de Saint- Jacques, homme d’un caractère sérieux, austère, presque triste, et D. Joseph Romeo Ferrerio, de Tortose, poète à ses heures, d'humeur facile et joyeuse. Partis de Barcelone, ils écrivirent de Gérone, le 10 mars, pour annoncer leur arrivée. Le 12, les commissaires français répondirent que tout était prêt. Ils arrivèrent un samedi, le 20 mars. Le lendemain était le dimanche des Rameaux. Les conférences devaient se faire d’après ce principe émis par Mazarin et stipulé dans le traité des Pyrénées, à savoir que les monts limitrophes et divisoires des deux territoires « sont ceux qui séparaient de toute ancienneté les Gaules d'avec l'Espagne. » C'était un travail d’érudition difficile et délicate. On se mit à l’œuvre le 22 mars. La première conférence s’ouvrit par un discours de Marca sur l’objet de la réunion. Ce ne fut que le développement de cette idée : il faut fixer aux deux nations les limites établies par les anciens, afin de fermer la porte à toutes les guerres futures sur ce sujet. Le reste de la séance se passa à présenter

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