ARAGO — ARAGON
de ministre de l'Intérieur, Emmanuel Arago fut nommé à sa place ; il conserva cette fonction Jusqu'à la nomination d’Ernest Picard par Thiers qui venait d'être élu chef du Pouvoir exécutif (19 février 1871).
Elu lui-même, quelques jours auparavant, représentant des PYrénées-Orientales avec 23.162 voix sur 29.916 votants, ii se fit inscrire au groupe de la gauche républicaine qu’il présida, et vota la Constitution du 25 février 1875.
Doué d’une voix retentissante, Emmanuel Arago a fait dire de lui qu’il fut, à l’Assemblée nationale. un des orateurs les plus écoutés et certainement le mieux entendu de la gauche.
Porté aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, dans les Pyrénées-Orientales, il fut élu avec 160 voix contre 121 données à Justin Durand.
Réélu sénateur le 8 janvier 1882 par 157 voix contre 118 à Charles de Lazerme, il vota constamment avec la gauche, sauf pendant les fréquentes absences nécessitées par ses nouvelles fonctions diplomatiques : depuis 1880, il représenta la France à Berne comme ambassadeur près de la République helvétique.
HœrEer, Nouvelle biographie générale. — Diclionnaire des Parlementaires.
ARAGO (Alfred), né à Paris le 20 juin 1816, était le second fils de l’illustre astronome François Arago. Elève du célèbre peintre Paul Delaroche, il avait aussi suivi le cours et les enseignements d'Ingres. Il débuta au Salon de 1841 en exposant un tableau qui attira sur lui l'attention : c'était un Charles-Quint au couvent de Saint-Just. On fut f rappé de l'esprit et de l'entente judicieuse avec laquelle il avait réglé la la mise en scène de cette œuvre. Il figura encore à plusieurs Salons, jusqu'en 1852, où il exposa un Abraham voyant de loin l'incendie de Sodome et de Gomorrhe, qui fut son dernier ouvrage.
Comme on peut déjà l'avoir noté, Alfred Arago a surtout traité dans ses tableaux le genre historique. Ses toiles les plus remarquées sont : l'Aveugle, qui lui valut une médaille de troisième classe au Salon de 1846, la Récréation de Louis XI et Pétrarque au lombeau de Virgile. Chartes-Quint au couvent de Saint- Just a été acquis par le Musée de Perpignan.
Des membres de la famille Bonaparte, qu'il avait connus pendant un séjour en Italie, le firent entrer, en 1852, au ministère d'Etat avec le titre d'inspecteur général des Beaux-Arts. En 1855, il concourut à l'organisation de l'Exposition universelle, et devint en 1870 chef de division au ministère des Beaux-Arts. Après la proclamation de la troisième République, il donna sa démission ; mais il ne tarda pas à accepter une place du nouveau Gouvernement : en effet, il fut nommé entreposeur des tabacs.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1854, Alfred Arago fut promu officier de cet ordre en 1869. Sous le second Empire, il avait fait partie des jurys de la plupart des expositions artistiques et fut regardé comme un juge bienveillant et compétent. I est décédé à Paris, le 6 février 1892.
CRoucHANDEU, Calalogue raisonné des objels d'art du musée de Perpignan.
ARAGO (Antoine) fit paraître : Etude sur la composilion lerriloriale du canton de Latour, Perpignan, Alzine, 1857, in-8° de 30 pages.
ARAGON (Victor) naquit à Millas, le 9 décembre 1806. IL reçut à l’école de Sorèze une éducation soignée cn même temps qu’une instruction solide. Nommé, le 4 septembre 1830, substitut au tribunal de Céret, il devint successivernent Procureur du roi à Saint-Affrique (4 février 183: et à Perpignan (16 octobre 1843). Il fut appelé à la Cour de Montpellier en qualité de Conseiller, le 9 mai 1847. C'est là que se dessina sa carrière ; il fut aisé de prévoir les hautes destinées qui lui étaient réservées. Il révéla les plus remarquables aptitudes dans les fonctions si délicates de président d'assises qu'il occupa en 1849. Cette année-là, il fut chargé de procéder à la réouverture des tribunaux civils de Perpignan, Prades et Céret, et fit l'installation des nouveaux magistrats, titulaires de ces sièges. Le 27 avril 1855, il fut désigné pour le siège de président de chambre à la cour de Montpellier. Vingt ans d’excreice de cette haute magistrature lui valurent d’être placé à la tête de la Cour de Chambéry (2 septembre 1874). Ce fut le premier français que vit présider cette Cour. Jusque-là, les fonctions de premier président avaient toujours été dévolues à un savoyard. Admis à faire valoir ses droits à la retraite, il fut nommé premier président honoraire à Montpellier, en 1877.
Aragon fut, pendant une période de onze années. appelé à siéger au Conseil général des Pyrénées- Orientales comme représentant du canton de Céret. Il était chevalier de la Légion d'honneur depuis l’année 1846 ; il fut promu au grade d’officier dans le même ordre en 1875. Il mourut à Montpellier, le 10 juin 1886, et son corps fut inhumé à Avèze. près Le Vigan (Gard).
Victor Aragon n'a pas été seulement un magistrat éminent : il fut un ami passionné des lettres et surtout un remarquable érudit. On connaît de lui des monographies empreintes d’un réel intérêt et des études saisissantes se rattachant à l’histoire du Roussillon. Voici la liste de ses œuvres :
Etude historique sur le castell de Força-Réal, avec gravures, Perpignan, Mile Tastu, imprimeurlibraire, 1859 ;
ARBERT — ARDENA 27
Notice sur M. Calmettes, conseiller honoraire à la Cour de Cassation, député des Pyrénées-Orientales, Montpellier, imprimerie typographique de Gras, 1871 ;
Un poèle roussillonnais, Pierre Batlle, Montpellier, Bœhm et fils, imprimeurs de l’Académie des sciences et lettres, 1872 ;
Un poèle cévenol, Montpellier, Bœhm et fils, 1873 :
Un poète catalan du XVIT siècle, Vincent Garcia, recltor de Vallfogona, Montpellier, 1880 ;
Vollaire et le dernier gouverneur du châleau de Salces, Montpellier, 1880 ;
La voie romaine en Roussillon, Montpellier, 1880 ;
Les anciens châäleau:c-forts des Corbières roussillonnaises, fronlières du Languedoc, études d’archéologie historique, Montpellier, Martel aîné, 1882 ;
Le Roussillon aux premiers lemps de sa réunion à la France, Montpellier, Coulet. libraire-éditeur, 1882 ;
Le mas de l’Alleu ou les Trabucayres en Roussillon, paru sous le pseudonyme « Isidro de la Vallobera » dans le journal le Roussillon, Perpignan, Charles
- Latrobe, 1884 ;
Nolice sur le premier président Massot-Reynier, Montpellier, Bœhm et fils, 1884 :
La marquise de Ganges.
ARBERT occupa le siège abbatial de Saint-Michel de Cuxa depuis l’année 1160 jusqu’en 1176.
For, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
ARSUS (Samson). Rosembach.imprimeurambulant, était venu à Perpignan, en 1500, pour imprimer le Brériaire d’Klne, maïs il retourna à Barcelonc aussitôt son travail terminé. A partir de ce moment et pendant près d’un siècle, notre pays n'eut plus que des libraires.
En 1584 apparaît à Perpignan un autre imprimeur de Barcelone qui s'y installe définitivement. Il s'appelle Samson Arbus, et son premier livre est le Direclorium : il imprime ensuite l'Uistoria de la Reliquia de sant Johan-Baptista. Discurs sobre la pesta, Calecismo de los Misterios de la fé, Translacio dels SS. Abdon y Sennen, et autres. Sa présence à Perpignan est signalée encore en 1598 par l'acte de naïssance d'une fille, mais en 1608 il a un successeur, Bartolomé Mas.
L'imprimerie d'Arbus existe encore. Elle estaujourd'hui entre les mains de M. Jules Rondony.
CoMET, L'Imprimerie à Perpignan.
ARCE (Jean d’), capitaine d'infanterie, obtint de Charles-Quint, en 1530, le commandement du Castillet de Perpignan, en remplacement de Raphaël d’Albion, décédé. Il épousa Isabelle Çagarriga et eut d'elle deux fils : André et Jean. André, l’aîné, mourut en bas âge, et le cadet recueillit la succession du père.
ARCE-CAGARRIGA (Jean d’), fils du précédent, fut nommé, quoique mineur, à l’alcadie du Castillet de Perpignan par Charles-Quint, qui lui octroya les provisions de son titre, le 23 juin 1551. Le chevalier Jean Calser, son oncle, exerça le commandement du Castillet à sa place jusqu'au jour où le pupille atteignit sa majorité.
Archives des Pyr.-Or., B. 368.
ARDENA (Pierre d’) était abbé de Saint-Génis des Fontaines en 1308. A cette date, le roi d'Aragon, Jacques [°, lui fit concession de toute juridiction sur les localités de Saint-Génis, Saint-Jean-la-Cella et Brulhà. -
Archives des Pyr.-Or., B. 190.
ARDENA Ÿ DARNIUS (Joseph d'), lieutenantgénéral de cavalerie au service de Louis XII, durant les guerres de Catalogne, obtint en 1642, du roi de France, le titre et les droits de vicomte d'Ille, dont avait été dépossédé Guillaume-Raymond de Moncade, marquis d’Aytona. En 1668, lorsqu'éclata la révolte des Angelets, Sagarre., qui commandait les troupes envoyées pour les réduire, fut battu. Une seconde expédition fut organisée sur le champ pour réduire les révoltés, sous les ordres de Chamilly. Les rebelles furent dispersés, et leur chef, La Trinxeria, obligé de se réfugier en Espagne. Joseph d'Ardena, qui faisait partie de l'expédition, trouva la mort dans un de ces combats sans gloire, en 1670. Il avait épousé Isabelle d'Aragon et d'Abgur qui reçut de la libéralité de Louis XIV de grands biens, confisqués après le complot de Villefranche (1674) au préjudice du seigneur de Llar et d’autres conjurés. Leur fille, Thomasine, épousa Charles de Banyuls, seigneur de Nyer, qui, ayant aussi trempé dans la conspiration de Villefranche, dût se réfugier à Barcelone. Au mois d'avril 1675, la terre de Montferrer fut érigéc en marquisat, en faveur de Thomasine d'Ardena, en souvenir du dévouement de son père à la cause française.
Archives des Pyr.-Or., B. 401. — Anacox, Le Roussillon aux premiers lemps de son anne.rion à la France.
ARDENA (Olaguer d'), comte de Darnius y de las Hllas, vivait au commencement du XVII siècle. Il n'eut précisément pas l'humeur guerrière, mais en revanche il fut dévoré du feu sacré de la science.
Décoré du titre de chevalier de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem, il est surtout connu dans le monde savant comme un mathémalicien consommé, un cosmographe trascendant et un historien de valeur.
En 1707, il fit imprimer à Perpignan un volume intitulé : Mapa de los condados de Rossellon y Cerdaña, qu'il dédia à Louis XIV. La Mapa del principado de