‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 12 sur 227 · ARGENSOLA — ARNAUD · texte numérisé non relu

ARGENSOLA — ARNAUD

Calaluña, qu’il écrivit quelque temps après pour le roi d'Espagne Philippe V, forme la suite du même travail et en est le digne pendant.

L'œuvre qui recommande le plus Ardena à la postérité est sans contredit l'A darga catalana. L'ouvrage contient quatre tomes in-folio. Le premier volume renferme la no:nenclature el l'explication des armes des nobles de la Catalogne, du Roussillon et de la Cerdagne qui existaient du vivant de l'auteur. Le second et le troisième volume contiennent la liste des armes des familles de ces mêmes provinces dont la lignée avait alors disparu. Dans le quatrième tome enfin, se trouvaient les preuves et les pièces justificatives des trois volumes précédents. Cet érudit eut soin de joindre au premier volume un traité sur la science du blason. On compte dans le seul lome second plus de 2.400 familles catalanes éteintes.

Ardena mourut vers 1730.

TonREs-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.

ARGENSOLA (Jérôme d’) commandait les forts des Alfachs de Tortosa Iorsqu'il fut nommé, par Philippe HI, gouverneur de Roussillon et de Cerdagne, en 1599. Il avait défendu courageusement Perpignan lors de l'attaque de cette ville par Alphonse Corso, en 1597. Plus tard, il fut élevé à la dignité de gouverneur de Catalogne : son successeur à la tête du gouvernement de Roussillon fut Guillaume de [vorra.

Archives des Pyr.-Or., B. 30, 384.

ARGILAGUERS (Bérenger d’) était chanoine d'Elne lorsqu'il fut nommé au siège épiscopal de cette Eglise, le # décembre 1317. Il remplissait les fonctions d'archidiacre de Conflent depuis l'année 1309. Le 19 décembre 1317, il promit de payer Îles droits d'expédition de la Cour de Rome, appelés Services de la Chambre apostolique, qui s'élevaient à la somme de quinze cents florins. En 1318, il installa à Saint-André de Sureda Arnaud d’Allo, élu abbé de ce monastère par la cominunauté de la Grasse. fl mourut en 1319.

Archives du Vatican, A, 8, P 298, V. 67, ep. 352.

ARMAGNAC (Jean d’)},, archevêque d’Auch, s'était attaché au parti de Benoît XTIT (Pierre de Luna). Ce prélat venait de se rendre à Perpignan, au mois d'août 1408, pour assister au concile de la Réal convoqué par le pape d'Avignon, lorsque Benoît XIJT lui conféra la pourpre cardinalice, le 29 septembre de cette même année. Il ne survécut que seize jours à sa nomination et mourut à Perpignan, le 8 octobre 1408, dans la maison du chevalier Bérenger d'Ortafa, alias de Perapertusa (maison de Miro d'Ortafa, siège actuel de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales).

Il fut inhumé au pied du maitre-autel de l’église de la Réal.

Abbé J. CaPEiLe, Le Concile de la Real. — P. ErnLé, Chronique de Martin d'Alpartils.

ARNALD, abbé de Saint-Michel de Cuxa en 1188, fut déposé par le pape en 1203.

For, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

ARNAU (Pierre) était chanoine d'Elne lorsque, en 1136, l'évêque d'Elne, Udalgar de Castellnou, le mit à la tête du prieuré augustin de chanoines réguliers qu'il avait institué à Espira-de-l'Agly. I mourut en 1145.

Marca hispanica, col. 1279.

ARNAU (Pierre), fondeur de cloches à Vinça, en 1462.

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

ARNAUD I, abbé d'Arles depuis 1229 jusqu'en 1234. Fl institua, en 1233, un anniversaire solennel pour Gerald dez Bach, ancien abbé d'Arles, et Bertrand dez Bach, chevalier, qui avaient légué la somme de 700 sols à l'abbave.

Gallia christiana, VI, col. 1088.

ARNAUD Il, abbé d'Arles depuis 1239 jusqu’en

Gallia christiana, VE, col. 1088.

ARNAUD lIIl, abbé de Saint-Pierre de Roda, fut transféré, en 1367, sur le siège abbatial d'Arles, mais il mourut cette année même.

Gallia chrisliana, VE col. 1091.

ARNAUD, abbé de Saint-Génis des Fontaines (1197-1208).

Gallia christiana, MA, col. 1105.

ARNAUD, abbé de Saint-Génis des Fontaines, fut nommé vicaire-général du diocèse d'Elne, par Pierre de la Planella, le 2 juillet 1366. Les consuls de Perpignan a\ant assujetti, avec la permission du roi Pierre IV, tous les ecclésiastiques à un droit d'octroi qu'ils avaicnt été obligés d'établir, l'évêque d’Elne réclama contre cette violation des immunités du clergé. Débouté de son opposition, il excommunia les consuls. Ceux-ci s'en étant plaints au roi, l’excommunication fut étendue sur les officiers royaux. Le monarque fit saisir le temporel de l'évêque et une nouvelle taxe fut ajoutée à la première. Pierre de la Planella, se voyant en butte à un redoublement de persécutions, quilla le royaume. Le 29 août 1369, l'abbé de Saint-Génis, son vicaire-général, lança l'interdit sur la ville. Mais en vain le pape lui-même usa de ses armes spirituelles en faveur du clergé : cette déplorable lutte durait encore en 1371, lorsque

ARNAUD — ARNU

Pierre de la Planella fut promu au siège de Barcelone. Ces démèélés ne se terminèrent qu'en 1376, par une transaclion entre la ville de Perpignan et l'évéque d'Elne, Pierre de Cima.

Gallia christiana, VI, col. 1107. — Archives des Pyrénées- Orientales, G. 52, 9, 142. B. 119. — PuiccGani, Calalogue biographique des évéques d'Elne.

ARNAUD (Jean), chanoine de la Réal, était procureur-majeur du chapitre de cetle église, en 1787. Il émigra durant la Terreur, et en 1804 fut nommé vicaire de la paroisse de la Réal. El collabora, en 1815, aux Etrennes roussillonnaises, recueil de poésies roalistes, où ses œuvres figurent à côté de celles de son éminent curé, le chanoine Vialar. On y remarque cette strophe qui cest une profession de foi à la cause des Bourbons :

Quand au séjour de paix vous n'aurez vu descendre, Sur mon tombeau chantez encor les Lis.

Chantez, l'amour ranimera ma cendre,

Je répondrai: Vive Louis!

Archives des Pvr.-Or., G. 246. — Etrennes roussillonnaises, IR15.

ARNAUD (Jean-Baptiste-Bernard-Antoine), député de 1815 à 1816, né à Perpignan le 20 août 1768. mort dans cette ville Le 26 janvier 1839, fut maire de Perpignan en 1809 et conseiller de préfecture en 1813. Il était président du corps électoral des Prrénées- Orientales quand il fut élu par le collège de ce département, le 22 aout 1815, avec 106 voix sur 118 votants. Son rôle fut des plus modestes à la Chambre introuvable, où il siégea parmi les plus modérés, et son mandat cessa avec elle. I fut mis à la retraite comme conseiller de préfecture, le 19 septembre 1838, quatre mois avant sa mort.

Dictionnaire des Parlementaires.

ARNU (Pierre-Nicolas) était né à Mérancourt, près de Verdun (Meuse), le 11 septembre 1629. Il eut une enfance assez aventureuse. Doué d’une intelligence précoce, qu'une vie dure el consacrée aux travaux de la campagne ne lui permettait pas de développer, il quittta son village pour venir à Paris, où la misère l'atltendait. Sans ressources et sans protecteurs, il fut obligé, pour vivre, de se mettre aux gawes d'un gentilhomme roussillonnais qui lamena à Perpignan, où il commença d'excellentes études classiques. Entré, dés l'âge de quinze ans, dans l'ordre de Saint Dominique, il suivit les cours des écoles de l'Université de notre ville et ÿ étudia successivemnent la philosophie et la théologie. Les grades de docteur en l’une et l’autre science ecclésiastique lui furent tour à tour conférés, le 2 mai 1656 et le 11 février 1658.

Ses maitres n'avaient point tardé à apprécier son talent ; ses chefs hiérarchiques lui confièrent la chaire de théologie dogmatique de l'Université de

Tarragone, au lendemain même de sa promotion au doctorat. Il ne l’occupa que l’espüce d’un an. En 1660, le jeune professeur fut de retour à Perpignan où il enseigna la philosophie d'abord, puis la théologie. « L'Université, dit un de ses biographes, par une gräce qu'il ne dut qu'à son mérite, lui permit de réunir sur sa tête les deux chaires à la fois. »

Une fois entré dans la route des honneurs, le P. Arnu voit les distinctions les plus flatteuses l'assaillir à l’envi. Il n'est âgé que de trente-quatre ans: il prêche la station quadragésimale dans la cathédrale Saint-Jean : il est élu recteur de FÜniversité et nommé prieur de son couvent.

Lors de sa fondation, en 1243, le monastère des Dominicains de Perpignan avait été rattaché à la province de Provence; il fut placé plus tard sous la juridiction de celle d'Aragon. Mais après la réunion du Roussillon à la couronne de France, Louis XIV trouva bon que cette maison fut unie à une des provinces du même ordre dans le royaume. Le général de Marinis l'avait unie à la province toulousaine, par décret du 16 janvier 1662, et le roi confirma cette union par lettres-patentes du 4 juillel suivant, le tout vérifié el enregistré en la Cour du Conseil souverain de Roussillon. M. de Trobat, avocat-général, et M. de Marty, conseiller en la Cour, se transportèrent dans le couvent de Perpignan, le 20 juillet 41663, pour * faire publier et exécuter les dits arrêts et lettrespatentes ; de quoi il fut dressé procès-verbal. Les religieux déclarèrent se soumettre à celle union, en conservant leurs usages, exemptions et privilèges, et sans s’assujettir à la réforme ni s'obliger à vivre comme couvent de réforme. mais seulement selon leurs constitutions. Le F. Lopoul, provincial de Toulouse, reçut ces religieux sous son obéissance, selon leurs proteslations. Les moines de ce couventavaient, entre autres privilèges, le droit d'élire leur prieur et de maintenir dans le monastére le noviciat et l'étude. Peu de temps après, ce provincial toulousain (®Æ. Lopoul) voulut porter atteinte au droit dont ces reltgieux avaient Loujours joui délire leur prieur. Hs se pourvurent par appel au général. La congrégation des cardinaux établie pour les affaires des évêques et réguliers rendit, le 8 septembre 1664. un décret qui désunit le dit couvent de la province de Toulouse, et le rattacha à la province Oeécilaine. Le P. Arnu, alors prieur, obtint, le 5 décembre 1664, des lettres-palentes du roi, confirmatives de ce décret, qui ne furent point enregistrées et vérifiées en la Cour.

Ce fut là Le signal d’une véritable guerre intestine qui se déchaina au sein des monastères roussillonnais de Fordre de Saint-Dominique. Dans le nombre des subordonnés du P. Arnu se trouvaient des religieux français dont les aspirations et les préférences

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