‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 112 sur 227 · MARTIGNY · texte numérisé non relu

MARTIGNY

simum Monarcham, Barcelone, 1644, in-4° ; ce dernier ouvrage fut remis par l’auteur lui-même à la Reinemère, Anne d'Autriche, qui donna l’ordre au Conseil des Cents siégeant à Barcelone. d'en publier la traduction en langue castillanc ; Defensa de la autoridad real en las personas ecclesiasticas del principado de Calaluña, sobre el hecho de tres capilulares de la Sta caledral de Barcelona, Barcelone, 1646, in-4°: Mani- Jiesto de fidelidad catalana, inlegridad francesa y perversidad enemiga de la iusla conservacion de la Calaluña en Francia, 1646, in-4°. Au sujet des œuvres de François Marti x Viladamor, une particularité d’une remarque singulière est à noter. Quelques-unes portent au lieu et place du nom d'auteur les caractères suivants : B. D. A. V. Y. M. F. D. N. P. D. N\N. Ces lettres sont les initiales de noms qu’il convient de lire ainsi, en commençant par la dernière majuscule: Nalural de Puigcerda N don Francisco Marti y Viladamor abogado de Barcelona. Le 24 avril 1649, Louis XIV le nomma conseiller d’Etalet conseil du roi. Ce prince lui accorda en même temps une rente de deux mille livres. Le 29 août 1653. François Marti reçut en partage la moitié des biens de Gaspar de Terrena et de ceux de son épouse. Après le Traité des Pyrénées, il fut nommé avocat-général près le Conseil Souverain du Roussillon. Au mois de septembre 1663, il accompagna Sagarre dans la mission de l'instruction ouverte par celui-ci contre les Angelets du Vallespir. Il le seconda ensuite dans l'œuvre de la répression des faux-sauniers et dans d’autres affaires soumises à la justice du Conseil Souverain. François Marti y Viladamor mourut à Perpignan en 1689.

Archives des Pyr.-Or.. B. 394, 401. — ToRRESs-AMarT, Diccionario crilico de los escritores catalanes.

MARTIGNY (Charles de) était de Paris et fils d'un contrôleur des finances. Pendant qu'il exerçait les fonctions de juge d'appel à la sénéchaussée de Toulouse, il fut élu évêque d’Elne, le 24 octobre 1475, sur la démission de Charles de Saint-Gelais, son prédécesseur. Il fit son entrée solennelle à Perpignan le 28 mai 1476. et prêta serment le 1° juillet suivant. Le 21 janvier 1478, le roi Louis XI l’envoya en ambassade auprès d'Edouard, roi d'Angleterre, pour des négociations délicates. T] l'v députa de nouveau, l’annéesuivante,et une troisième fois pendantle mois de janvier 1480. Charles de Martigny fut rappelé d'Angleterre au mois de juillet et cité le 9 de ce mois au Parlement comme ayant passé ses pouvoirs. Mais il prouva qu'il avait agi en habile politique dans les intérèts de son maitre, et le Parlement ne prononça rien contre lui. Le registre de l'évêché le portait absent du diocèse en 1481 et 1482, et présent le 22 octobre 1483. Le 17 février 1485, il se trouvait de nouveau hors du diocèse ; mais le 4 novembre de l’an-

née suivante, il bénit Jacques de Vivès, abbé de Notre-Dame d'Arles. Le 25 mars 1487, avec l’assistaace de Pierre d'Abzac de la Douze, évêque de Rieux, et de l’évêque d'Hippone, il consacra, dans la cathédrale d'Elne, Antoine-Pierre de Narbonne, évêque de Vabres. La même année, il disputa à Pierre d'Abzac, évêque de Lectoure et abbé de La Grasse, Le droit de patronage sur les églises de Pézilla, Prades, Estagel, les Fonts, Saint-Estève, Cornella, Canohès et Rivesaltes. Mais les arbitres élus, Pierre- Antoine de Narbonne et Simon Fulster, chanoine d’'Elne, prononcèrent en faveur de l'abbé, le 4 mars 1488. Le 16 septembre suivant. Charles de Martigny bénit Galcerand de Roca, abbé du monastère bénédictin de Saint-Cyr de Colera, diocèse de Gérone. Le 2 mars 1493. il fit une ordination générale dans la chapelle Saint-Jean l'Evangéliste, au cloître du cimetière de Saint-Jean de Perpignan. Le 20 janvier 1494, il fut transféré à l'évêché de Castres ; il n’en prit pas possession encore, puisque toute cette année et jusqu'au 20 mars, il figurait dans le registre de l’évêché d'Elne ; mais le 3 avril suivant, le siège d'Elne était vacant. Ce jour-là, le vicaire capitulaire du diocèse conféra un bénéfice de Caixas à Jean Gazanvola.Dans le mois de septembre de l’an 1493, Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, la reine Isabelle sa femme, le Cardinal d'Espagne, l'archevêque de Saragosse, celui de Tolède et d’autres grands personnages s'étant rendus à Perpignan, jurèrent sur les saints Evangiles, dans l'église de la Réal, la paix conclue avec la France. Par ce traité, Charles VIIE, roi de France, rendit le Roussillon à Ferdinand, sans exiger le remboursement de la somme prêtée à Jean II, par son père Louis XI. Charles de Martigny occupa le siège de Castres jusqu’à son décès arrivé le 2 juin 1509. cherchant par ses vertus exemplaires à faire oublier le souvenir de son prédécesseur César Borgia. Charles VIII le choisit pour son ambassadeur près la cour de Naples, et Louis XIF, quand il monta sur le trône, le maintint dans le mème poste. Ces fonctions importantes l'empêchèrent bien souvent de résider dans son diocèse où cependant sa présence était d'une nécessité presque absolue. Charles de Martigny lécua à la communauté de Saint-Jean un grand calice, des burettes avec leur soucoupe, le tout en vermeil, un bénitier et son aspersoir d'argent ; au chapitre, une tapisserie de haute lice représentant les scènes de la Passion, suffisante pour garnir toute la nef. Le calice, qui ne servait que le Jeudi-Saint, a existé jusqu'à l’époque de la spoliation des églises et il reste encore des lambeaux de la tapisserie. Le sceau de Charles de Martigny est ogival (0"05 sur 0"03). Il montre sous un portique l’image d’une seule patronne d'Elne. tenant une palme dans la main gauche. Il est entouré d’une longue légende en

MASDEU — MASSIA

minuscules gothiques. Il diffère de la plupart des sceaux de ses prédécesseurs par l’absence de tout écusson armorié.

Archives des Pyr.-Or., G. 237, 45. — Puicaanrt, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Foucuier, Sphragistique roussillonnaise.

MASDEU, fondeur de claches, traita, le 18 décembre 1777, avec la communauté de Saillagouse, pour la fonte d’une cloche destinée à remplacer celle qui ctait brisée.

P'ALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

MASSANA (Bérenger) était procureur royal des

comtés de Roussillon et de Cerdagne en 1390.

Archives des Pyr.-Or., B. 145.

MASSIA DE SALELLES (Guillaume de) était fils ainé de Guillaume de Massia, seigneur et baron de Salelles (Aude), trésorier-général et grand-voyer de France en la généralité de Montpellier, Intendant des gabelles en Languedoc, et de Marguerite de Bermond du Caylar d’Espondeilhan. Son bisaïeul, Guillaume de Massia, qui était établi à Montpellier vers la fin du xvi' siècle, épousa Esther de Creissela et laissa un fils du même nom que lui. Ce dernier fut co-seigneur de Salelles avec le chapitre métropolitain de Narbonne, conseiller du roi, contrôleur au grenier à sel de Narbonne, trésorier de la bourse de la province de Languedoc. Il épousa à Narbonne, le 12 mars 1618. Françoise de Villa, fille d'un visiteur général des gabelles du Languedoc. De cette union naquirent : Guillaume, troisième du nom, père du magistrat qui fait l'objet de cette notice ; Paul, seigneur de La Tourette, receveur des tailles au diocèse de Narbonne : Hélène, mariée, le 13 octobre 1640, à Claude de Fournas, seigneur de La Brosse, receveur des décimes du diocèse de Narbonne. et Jacques. En 1673, Guillaume de Massia de Salelles reçut, de son père. la succession à l'office de trésorier-général des finances. et garda cet emploi jusqu’en 169%. Le maréchal de Noailles qui avait connu Guillaume de Massia à la Cour de Montpellier le fit pourvoir de la charge de Président à mortier au Conseil Souverain de Roussillon, vacante par la promotion de Ravymond de Trobat à celle de Premier Président.

Guillaume de Massia fut aussi investi du titre de Garde des sceaux près le Conseil Sonverain. le 42 juin 1696. Il remplit ces diverses fonctions jusqu'à sa mort survenue en 1701. Le 7 novembre 1674, Guillaume de Massia avait épousé. à Narbonne, Marie d’Alméras etavait eu d'elle quatre warcçons dénommés Guillaume et une fille. Marguerite, religieuse à l’abbaye de Saint-Bernard de Narbonne, où elle mourut. Guillaume de Massia de Salelles avait trois frères et

deux sœurs : Marc-Antoine, qui fut major dans le régiment de Castries: Hercule-César, moine de l’ordre de Saint-François ; Marie. épouse d’Henri du Pac de la Salle ; ct Hélène, religieuse bernardine.

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 4:38.

MASSIA DE SALELLES (Hercule de), frère du précédent, fut d'abord mousquetaire, servit ensuite dans le régiment de Normandie, dans lequel il parvint successivement, de grade en grade, à celui de commandant de son bataillon en 1678. Il fut formé de ce bataillon un régiment d'infanterie sous le nom de Noailles, dont il devint lieutenant-colonel. Il tenait garnison à Perpignan en 1692. Hercule de Massia fut ensuite désigné pour occuper le commandement du château de Castet en Espagne, et plus tard celui de Saint-Jcan-Pied-de-Port. Il mourut dans cette localité. laissant un fils, Hyacinthe, qui fut héritier, par sa mère, de la seigneurie de Treilles (Aude) et devint le fondateur de la branche des Massia de Treilles et de Feuilla.

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 438.

MASSIA DE SALELLES (Guiilaume de), fils ainé du président Guillaume de Massia et neveu du précédent, naquit à Montpellier, le 20 novembre 1677. À la mort de son père, il fut pourvu d'une place de conseiller au Conseil Souverain de Roussillon. Il épousa en 1698 Marie-Eléonore d’Audibert, fille du seigneur de Durfort, et eut d’elle deux fils : Joseph- Guillaume, qui suit, et Jean, écuyer. seigneur du Siloy, capitaine au régiment de Lionne et de Mauconseil, mort de ses blessures à Montpellier. Celuici eut pour fils Jean. auteur de la branche Massia de Ranchin rapportée ci-après.

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 438.

MASSIA DE SALELLES (Guillaume de), fils cadet du président Guillaume de Massia et frère du précédent, embrassa la carrière des armes. D'abord enseigne au régiment de Noailles, il était chevalier de l’ordre de Saint-Louis et major du régiment de Perrin, lorsqu'il épousa à Lyon, le 4 février 1713, Marie-Odette L'Ilomme de Montigni. Il eut de ce mariage deux enfants mâles et une fille. Les garçons entrèrent dans Iles ordres. L'ainé. Guillaume, fut nommé curé de Montferrer. dans le Vallespir, le 15 octobre 1743, et administra cette paroisse durant l'espace d’un demi-siècle. Lors de la réunion du clergé diocésain, convoqué pour élire ses députés aux Étäts-Généraux, il fut désigné comme scrutateur de l'assemblée. Le frère cadet demeura attaché à la

personne du cardinal de Luynes, archevêque de Sens. La fille de Guillaume de Massia, Marie, née à Narbonne, le 31 octobre 1774, épousa M. de Rocheblave, capitaine d'infanterie.

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 438, G. S22.

MASSIA DE SALELLES (Gulliaume de), troisième fils du président Guillaume de Massia et frère du précédent, docteur en théologie et bénéficier de la communauté ecclésiastique de Saint-Jean à Perpignan, fut pourvu du grand archidiaconé d’Elne, à la mort du titulaire Pierre Calvo, survenue le 2 février 1708. IL occupa cette dignité pendant plus de quarante années. Guillaume de Massia de Salelles mourut le 22 mars 1750 et eut pour successeur Joseph Serra. Le plus jeune frère de l'archidiacre Guillaume de Massia mourut célibataire en Flandre, où il était au service, avec le grade d’enseigne au régiment royal d'infanterie. |

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 438, G. 118.

MASSIA DE SALELLES (Joseph-Guillaume- François de), fils de Guillaume, conseiller au Conseil Souverain de Roussillon, fut d'abord nommé, le 23 septembre 1736, juge royal au bailliage de Perpignan. Il devint conseiller au Conseil Souverain le 5 janvier 1737 et mourut le 3 janvier 1774. Au mois d'octobre 1751, Louis XV érigea en marquisat la terre de Salelles en faveur de Joseph-Guillaume de Massia et de ses descendants. Celui-ci avait épousé en 1730 Marie-Christine Deydé de Mauny dont il devint veuf en 1751, ainsi que l'indique l'inscription du monurment qu'il fit ériger dans l’église de Salelles. Le texte qui est gravé sur la plaque funéraire, qu'on voitencore de nos jours, apprend que les ancêtres du premier marquis de Salelles avaient reçu la sépulture dans l'église de cette localité. L'inscription est ainsi conçue : /n hoc sacell jacent domini nobilissimi viri D. Guillelmus de Massia, nom II. Eques comarchus de Salelles Prœæses generalis Evanciæ Quæstorin-Montepessulani, nalus Nobili Guillelmi de Massia comarchus de Salelles Queæstor Occilaniæ. D. Guillelmus de Massia, nom IU. Eques comarchus de Salelles regius consiliarius in ejus consilio. D. Guillelmus de Massia, nom IV. Eques comarchus de Salelles senator in Curia suprema Ruscinonensi el nobilissima marime pia domina Maria Christina Deyde de Mauny sponsa domini illustrissimi Josephi Guillemi Francisci de Massia, Equilis Marchiniottis de Saielles regis consiliarii in diclo consilio : qui hoc monumentum pietatis su el veneralionis leslimonia erga parentes necnon erga sponsam charissimam memoris dedlili Posteris suis signa dedit MDCCLI. Cette inscription tumulaire est surmontée des armes des

MASSIA

deux familles de Massia et Deydé de Mauny. Le marquis de Salelles prit une part active à la guerre que la noblesse du Roussillon, de concert avec le maréchal de Mailly, livra à l’Intendant de Bertin. Un mémoire de 1753 informa la cour « des mouvements que M. de Blanes a exécuté à Perpignan parmy la noblesse ; M. de Massia de Saleilles, conseiller au Conseil supérieur de cette ville. qui est dans une liaison intime avec M. de Blanes, vient de son côté et par le même esprit d'agir auprès de sa compagnie, pour l’engager à prendre part dans le dessein qui paraît avoir esté formé de discréditer l’administration dont M. l’'Intendant est chargé. Pour y parvenir, M. de Saleilles ne s’est pas contenté d’insinuations de simple critique ; il a attaqué publiquement et sans aucune retenue, depuis deux mois, la conduitte et la personne de M. l’'Intendant, en tenant des discours publiant sur son compte de prétendues lettres où rien n'est omis pour se rendre odieux ou méprisable et en garantissant à ses confrères assemblés dans la chambre que M. l’'Intendant ne rentrerait plus en Roussillon. » A la suite de ces incidents, Bertin dut quitter la ville de Perpignan et devint Intendant de Lyon en 1754. En 1762, Joseph de Massia de Salelles rapporta, dans un mémoire raisonné et au nom du Conseil Souverain du Roussillon, l'affaire de la suppression de la Compagnie de Jésus. Il publia, à cet effet, le Compte-rendu de l'Institut el des Constitutions des Jésuites, Plaidoyer, leltres, eic., Perpignan, 1762, 1763, in-12.

Le marquis de Salelles n'eut qu'une fille qui épousa Hercule de Bonet, conseiller au Conseil Souverain du Roussillon. Au début de la Révolution, celui-ci réunissait dans sa maison, située sur la rue Fontfroide (actuellement hôtel du Petit Paris), les membres de la Société Les Amis de la pair. « La nuit du 5 décembre 1798, dit Jaume dans ses Mémoires, ils furent assiégés dans ce local par la populace qui s'était rassemblée sur la place d’Armes et aux environs ; trois ou quatre se sauvèrent en montant sur le toit et se précipitant dans les maisons ou rues de derrière ; tous les autres furent arrêtés, maltraités à coups de sabre ou de bayonnettes et conduits à la ciladelle, malgré les officiers municipaux qui étaient venus en corps sur la place d'Armes pour tàcher d'apaiser le trouble. Ils restèrent emprisonnés pendant plus d’un mois à la citadelle. » Le Département constatant leur nonculpabilité. ordonna, le 29 janvier 17114, qu'ils fussent relächés. De l'union d’Hercule de Bonet et de la demoiselle de Salelles, naquit une fille, Amélie. qui épousa, en 1810, Gabricl-Denis de Casteras de Villemartin.

Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., C. 1259. — Mémoires de Jaume.

MASSIA — MASSOT MASSIA DE RANCHIN (Jean de) naquit à | gueules de huil pièces,

Montpellier, le 17 décembre 1748, de Jean de Massia, seigneur du Siloy, capitaine au régiment de Lionne et d'Elisabeth de Ranchin. Il suivit la carrière des armes et après avoir fait les campagnes du Hanovre (1758-1762) passa tour à tour: enseigne, le 21 novembre 1761 ; lieutenant, le 20 janvier 1770 ; capitaine en second, le 3 juillet 1779 ; adjoint de la majorité d'Avesnes, le 24 juin 1780. Jean de Massia de Ranchin fit les campagnes des armées de la République (1791- 1794). Colonel au 11° régiment de ligne en 1793, il devint dans la suite général de division. Napoléon lui accorda la croix de la Légion d'honneur, le 30 mars 1805. De son mariage avec Antoinette de Gaussen, fille d’un ambassadeur à Berlin, naquirent deux fils : Jean-Gustave et Jean-Marie. Le général Jean de Massia de Ranchin fut, ainsique son beau-frère Charles de Gaussen, choisi par Louis XVIII pour se rendre en ambassade auprès de Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, qu'il sût charmer par son tact et ses manières. En souvenir de son passage à Berlin et à Postdam, Frédéric fit don à Jean de Massia de Ranchin, d'un service de Saxe tête-à-tête, qui est encore entre les mains de la famille.

Archives de la famille. — La France militaire, t.-I.

MASSIA DE RANCHIN (Jean-Gustave de) embrassa la carrière des armes. Il fut garde du corps de Louis XVIII et maréchal des logis de la compagnie de Grammont, en garnison à Saint-Germain, le 15 juin 1814. Devenu commandant de la Garde d'honneur de Montpellier, il mourut à l'âge de 37 ans, des suites d’une fatigue endurée lors du passage de la duchesse de Berry dans le chef-lieu de l'Hérault. Jean-Gustave de Massia de Ranchin épousa, en 1808, Julie de Rives, de laquelle il eut deux enfants : Armand qui suitet Adèle, épouse du baron Belloc-Chamborand.

Archives de la famille.

MASSIA DE RANCHIN (Armand de), fils du précédent, naquit le 28 juillet 1814. D'abord page de la duchesse de Berry, il devint ensuite lieutenant aux pages de Charles X et obtint de ce souverain l'ordre de chevalier du Lys. Il épousa, en 1846, Herminie de Saint-Jean de Pointis. De cette union naquirent: Antoinette en 1847, Edouard en 1849, Virgine en 1851, Albert en 1852 et Joseph en 1834. La maison de Massia porte : écartelé: au 1" d'a:ur à un chevron d’or accompagné de trois roses d'argent, au 2° d'argent à une croir vindée, cléchée el pommelée d'or, au # d'argent à un lion rampant de gueules, au 4° coupé : au 1” d'argent à un lion naissant de sable, armé el lampassé de gueules, au 2? bandé d'or et de

à la fasce d'argent, chargée de trois lrèfles de sable.

Archives de la famille.

MASSOT (Joseph) exerçait la médecine à Serrallonguë vers le milieu du xvur' siècle, à l'exemple de son père qui, ayant quitté Darnius (Espagne) où était le berceau de la famille, s'établit dans cette petite localité française pour y pratiquer la chirurgie. A son tour, Joseph Massot quitta Serrallongue et se fixa à Perpignan où il se voua à l’art de la médecine avec honneur et profit. Il fut le premier médecin qui mit en pratique l'extension et la contre-extension contre les fractures de l'articulation coxo-femorale. Entre autres instruments ou appareils de son invention, on cite une attelle pour la fracture du col du fémur. Cette attelle fut présentée plus tard par son fils Jean, à l’Académie de Paris. Elle fut dénaturée et laissée dans l’oubli. Quelque temps après, Dussault en présenta à son tour une, qui fut adoptée et qui porte son nom, bien qu'elle ne soit qu'une copie défectueuse de celle de Joseph Massot. Celui-ci épousa Marguerite Vernet et eut d'elle trois enfants : Jean, Paul et Jacques. Tous les trois s’adonnèrent à l'exercice de la médecine.

Publicateur des Pyrenées- Orientales de 1837. — V. LACAIxE et

Ch. LAURE NT. Biographies et nécrologies des hommes marquants du XIX* siecle.

MASSOT (Jean-Joseph-Xavier-Ignace), fils ainé du précédent, naquit à Perpignan le 28 juillet 1754. Après avoir rapidement terminé de bonnes études à l’Université de Perpignan, Jean Massot fut présenté par son père au maréchal de Noailles, gouverneur héréditaire du Roussillon. L'enjouement de son esprit et la vivacité de ses reparties, le fit remarquer du duc qui lui dit avec bienveillance : « Eh bien ! jeune homme, j'espère que vous allez vous adonner aux études médicales et que. plus tard, vous remplacerez dignement votre père. — M. le maréchal, je me sens peu disposé à remplacer mon père. — Pourquoi donc? La carrière de médecin est très honorable. — Honorable, oui, surtout lorsqu'on est dispensé de tendre la main. Oh! si mon père avait de la fortune. — Que feriez-vous alors? — Monseigneur, je travaillerais nuit et jour, je deviendrais à mon tour homme honorable. — Commencez par travailler, c'est le seul moven d'arriver. — Permettez, M. le maréchal. Travailler pour vivre obscurément, ce n'est pas la peine. Le talent ne réussit qu'avec des appuis; voilà pourquoi je ne serai médecin que tout autant que j'aurai un protecteur. Monseigneur, voulez-vous être le mien. Je vous promets de faire tous mes efforts pour m'en rendre digne.» En entendant cette inconvenante proposition, le père Massot

chercha à excuser son fils, mais le maréchal, naturellement bienveillant pour les Roussillonnais, rassura le père d'un geste et, se tournant vers le fils, lui dit en souriant: « Soit, Monsieur, j'accepte vos conditions, soyez docteur et venez me trouver une couronne à la main ; alors je m'occuperai de. votre avenir. — Monseigneur, je vous remercie de tant de bienveillance ; maintenant, je suis sûr de mourir médecin et honoré. » Le jeune homme disait vrai. Quatre ans après il était prosecteur à l’amphithéâtre de l’hôpital de la marine à Toulon. L'année suivante il remplit les mêmes fonctions à l’hôpital de Brest ; après quoi il alla à Paris, deux couronnes à la main, se présenter au maréchal de Noailles. Etonné de ce brillant début, ce dernier attacha le jeune docteur en qualité d’aide-chirurgien à la compagnie des gardes du corps dont il avait le commandement. Cette position, quoique subordonnée, était alors recherchée par les plus habiles praticiens, mais elle ne fut qu’une station pour notre débutant. En 1781, il était déjà chirurgien en chef de la compagnie de Noaïlles. Deux années plus tard, lorsque le duc de Crillon alla prendre le commandement du camp établi contre Gibraltar, il amena aveclui Jean Massot en qualité de chirurgien en chef de l’armée. Les alliés échouërent devant Gibraltar, mais celui qui était chargé du service médical au camp de Saint- Roch acquit comme praticien une grande renommée et vécut avec le comte d'Artois, qui assistait au siège, dans uneintimité telle que la jeunesse de tous les deux peut seule l'expliquer. L’ami d’un prince du sang, on le conçoit sans peine, fut aussi l'ami des grands seigneurs attachés à l'état-major de l’armée, et de ces brillantes relations il en résulta, pour le docteur Jean Massot, une vie facile, agréable et plus tard des appuis qui ne lui firent jamais défaut. En 1785, l'impératrice de Russie, Catherine 1[, qui méditait de grands projets et avait des armées mal administrées, demanda, à la cour de France, un habile chirurgien pour organiser le service médical dans les hôpitaux et au sein des troupes. La mission était belle mais difficile. On intrigua pour l'obtenir el Jean Massot, qui n'avait pas osé l'ambitionner, mis en avant par le comte d'Artois, en fut définitivement chargé. Il arriva à Saint-Pétersbourg à l'âge de trente ans, décoré du cordon de Saint-Michel et puissamment recommandé. Pour réussir, il avait, en outre d'un talent éprouvé, des manières distinguées, un esprit jovial, la réplique heureuse et un caractère désintéressé. On eut dit qu'il avait constamment vécu à la cour. Gependant, le nouvel organisateur rencontra beaucoup d'obstacles qu'il surmonta par son extrême habileté. Une circonstance heureuse lui vint en aide pour meltre un terme à ses luttes quotidiennes avec les médecins de la cour de Russie. Le prince Paul,

MASSOT

parent de l’Impératrice était dangereusement malade, et on résolut de l’opérer. Consulté par Catherine, Jean Massot contesta la nature du mal et conseilla une opération différente de celle qui était proposée. Contraint de céder à des concurrents obstinés, le docteur Massot se croisa les bras et se tint à l'écart jusqu’au moment où les opérateurs eurent complètement échoué. Le prince Paul jeta alors sur lui un regard suppliant ; l’Impératrice l’encouragea d'un geste, et, prompt à agir. Jean Massot opéra si heureusement, que le patient revint, en peu de jours, à une pleine santé. Après c: succès, la position du docteur Massot fut inexpugnable. On le logea à la cour ; il y fut hébergé grandement, entouré de protecteurs et qualifié du titre de Médecin-général (s{ockdoctor) des armées russes. La fortune lui réservait encore d'autres faveurs. En janvier 1787, Catherine II quitta Saint-Pétersbourg et entreprit en Crimée un voyage dont l'Europe admira le faste, la décoration féerique, sans en comprendre le but politique. Jean Massot suivit l’'Impératrice, sur une des galères de la cour. Durant la longue navigation sur le Borysthène, les rivages pittoresques, les plaines sablonneuses furent peuplés pendant quelques heures par des détachements de plus de trente nations diverses, accourues par ordre de Potemkim, pour parader dans des villes improvisées, afin de charmer la cour et d’exalter l'ambition de Catherine IT. Le récit du voyage, écrit avec une verve entrainante. se trouve dans les précieux portefeuilles légués par Jean Massot. À peine le voyage de Crimée était terminé, que Potemkim, en politique capricieux mais en courtisan consommé, voulut en recueillir le fruit. L'armée qu'il avait rassemblée sur les rives du Borysthène, alla faire le siège d’Otchakoff. Ce siège fut long et meurtrier. Le docteur Jean Massot, en qualité de médecin-général et de chirurgien particulier du prince Potemkim, y rendit de grands services. Fatigué d’une longue résistance, le favori convoqua un grand conseil de guerre pour proposer l'assaut. Le conseil hésitait. Le vote du prince de Ligne trancha la question: « Prince, dit-il, pourquoi différer? Vous avez dans le camp Nassau et Massot ; donnez l'assaut et la place est à vous. » Cette saillie fit fortune. L'assaut fut donné et le puissant favori entra dans Otchakoff, en franchissant les fossés comblés par les cadavres de vingt mille Russes. D'autres conquêtes, non moins heureuses, suivirent celle d'Otchakoff. Les services du docteur Massot étaient de plus en plus appréciés par Potemkim. qui allait richement doter celui dont il admirait les talents et dont il gaûtait la société. La mort inattendue de ce prince termina brusquement la guerre et obligea Jean Massot à revenir à Saint-Pétersbourg. Il trouva Catherine Il distraile par des soucis personnels et occupée des

MASSOT

embarras suscités par le cabinet de Paris. Les courtisans, imitant lèur souveraine, se refroidirent pour la colonie française de Saint-Pétersbourg. L'émigration avait déjà des représentants à la cour de Russie et elle annonçait une longue et suprême lutte. Massot comprenant, dès lors, que sa mission était terminée, demanda son congé et l’obtint sans effort. Toutefois, il refusa noblement les gratifications qui lui furent offertes et n’'emporta, de Russie, que le souvenir de services rendus et d'une existence honorable, parfois jalousée. Il trouva Paris en pleine Révolution. Ses amis, devenus des notabilités scientifiques, lui offrirent d'ouvrir leurs rangs pour lui faire place ; mais il refusa sagement des faveurs qui ne pouvaient être durables ; il retourna à Perpignan pour s'y fixer par un mariage qu'il contracta avec M'"° Besombes. Le général Dugommier voulut lui confier la direction du service de santé de l’armée ; mais il refusa pour éviter le contact des envoyés de la Convention, et le médecin qui avait été au premier rang à Paris et en Bussie. se déroba à une célébrité périlleuse, en demeurant attaché à des hôpitaux temporaires. Plus tard, Jean Massot fut rappelé à Paris; il déclina encore des faveurs tardives et les devoirs de la famille le retinrent dans un pays où ik était estimé et honoré pour son caractère et ses services. En 1808, Napoléon I le nomma médecin -divisionnaire et le chargea d'inspecter et de surveiller le service des hôpitaux depuis Bayonne jusqu’à Perpignan. Après les événements de 1814, il rentra dans le calme de la vie civile. Alors, plus que jamais, on apprécia dans Perpignan son dévouement journalier, son aménité, la sûreté de son coup d'œil, sa sollicitude pour les malades. Sa bonté, son désintéressement ravissaient le pauvre qui ignorait pourtant que cette vie si dévouée succédait à une vie illustrée par de grandes actions. Jean Massot mourut à Perpignan, le 29 mars 1837, n'ayant cu de son épouse qu'une fille, Constance. Celle-ci unit ses destinées à Philippe de Selva. On connaît du docteur Jean Massot :

Observations sur le danger de différer les dilatations de cerlaines plaies d'armes à feu:

Observalion sur un coup de feu qui avait enlièrement fracassé la lêle de l'humerus ;

Essai sur les plaies d'armes à feu, Saint-Pétersbourg. 1791, Paris, 1792.

Archives de Madame Babut., nee Jaubert de Passa.

MASSOT (Paul), frère cadet du précédent, se livra exclusivement à l'exercice de la chirurgie dans la ville de Perpignan, pendant les dernières années du xvirr siècle el au commencement du xix’. « Une vie consacrée tout entière au soulagement de l'humanité, dit le Publicateur des Pyrénées-Orientales,

un zèle infatigable dans l'exercice de ses pénibles fonctions, acquirent à M. Massot l'estime générale de ses concitoyens. » Paul Massot mourut à Perpignan, le 5 décembre 1832. De son unionavec Patrice Palau, il eut deux fils : Alexandre et Paul et deux filles, dont l’une. Pauline, fut l'épouse de Théodore Guiter, député des Pyrénées-Orientales.

Archives de la famille.

MASSOT (Paul), fils du précédent, naquit à Perpignan, le 15 août 1800. Après avoir fait de brillantes études littéraires dans un collège de Paris, il commença ses études médicales sous les auspices des célèbres Orfila et Lisfranc. Forcé de quitter Paris en 1822, il vint à Montpellier où il se fit recevoir docteur en médecine, en 1823. Peu de temps après, il retourna dans sa ville natale pour y exercer son honorable profession. Doué d’une infatigable activité, il fut bientôt connu, et vit de jour en jour grandir sa réputation, due seulement à son incontestable habileté et à son dévouement sans bornes envers les malades ; aussi fut-il nommé chirurgienadjoint à l'hospice civil, en 1825. Son mérite, fruit de l’étude et de la pratique, le firent nommer, en 1830, chirurgien des prisons et membre du jury médical. Paul Massot se mêla à la politique et devint dans les Pyrénées-Orientales un des chefs du parti démocratique. Conseiller général de Céret en 1848, il donna sa démission l’année suivante. lors du vote tendant à conférer à Louis-Bonaparte la présidence de la République, durant dix ans. Au coup d'Etat du 2 décembre. Paul Massot fut expulsé de France, resta en exil pendant quelques mois, et rentré à Perpignan, se tint à l'écart de la politique jusqu'à la fin de l’Empire. En 1855. il fut nommé professeur d'accouchement et chirurgien-adjoint à lhospice de la Maternité. Après la mort de son oncle, il obtint la place de chirurgien en chef ainsi que celle du Dépôt de charité. Son dévouement et son désintéressement furent au-dessus de tout éloge, lors de l'épidémie du choléra qui sévit si fortement à Perpignan, en 1854. Conseiller général et président de ce conseil après la révolution de septembre 1870, Paul Massot n'entra dans la vie politique qu'aux élections législatives de février 1876. Candidat républicain dans l'arrondissement de Céret, il fut élu député, sans concurrent, par 5289 voix. Il siégea à la Chambre dans le groupe de la Gauche républicaine et, après le Seize-Mai 1877, fut un des 363 députés des gauches réunies qui refusèrent le vote de confiance au ministère de Broglie. À peine réélu, le 14 octobre suivant, par 5223 voix contre 3867 obtenues par Michel Noé, il fut choisi par les délégués sénatoriaux pour remplacer Pierre Lefranc. décédé le 2 décembre 1877, et oblint 164 voix contre 111 que recueillit Charles de Lazerme. Paul

Massot s'inscrivit. au Sénat, au groupe de la Gauche républicaine et mourut à Paris, le 27 mars 1881. La science doit au docteur Paul Massot les publications suivantes: Volice médicale sur les eaux minérales sul- Jureuses de Molitg, Perpignan, 1841 : Descriplion d'une nouvelle espèce de mulelle, dans le VI° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. Perpignan. 1843; Descriplion d'une espèce nouvelle de physe, physe cornée, Id. ; De l'éther comme nouvel agent thérapeutique, avec une Nolice sur l'épidémie des fièvres remillentes pernicieuses qui a régné à Salses, décembre 1847 ; Rapport sur les eaux minérales de Saint-Marlin-de-Fenouilla (sic), dans le VIII Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, 1848 ; Eaux minérales sulfureuses de Molitg (Pyrénées-Orientales), Perpignan, J.-B. Alzine, 1861. in-8° de 56 pages ; Enumération des mollusques terrestres et fluvialiles vivants dans les Pyrénées-Orientales, dans le X1X° de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales, 1872. Le docteur Paul Massot avait épousé Justine, une sœur de J.-B. Alzine, l'imprimeur bien connu de la rue des Trois-Rois. De ce mariage naquirent : Justin. médecin, qui suit, et deux filles : Léonie, épouse du préfet Jules de Lamer, et Hélène, mariée à Domenget, ingénieur en chef des Ponts et chaussées.

LACAINE et LaunextT, Biographies et nécrologies des hommes

marquants du XINX* siècle. — RoBert. BouRLOoTON et Coucxy, Dictionnaire des Parlementaires.

MASSOT (Alexandre), frère du précédent, naquit à Perpignan, le 18 mars 1805. Il entra dans la magistrature et ne tarda pas à être nommé gouverneur de l'Ile de la Réunion. Il mourut peu de temps après avoir pris possession de son poste. Alexandre Massot s'était marié à Clara Benier qui lui donna deux filles : Amélie et Claire. épouse de M. Labiche, sénateur d'Eure-et-Loir.

Archives de la famille.

MASSOT (Justin), fils aîné de Paul, naquit à Perpignan, le 30 décembre 1828. D'abord élève du collège de sa ville natale, il alla terminer ses études littéraires à Paris. et, continuant la tradition de ses ancètres. il cominença, en 1847, ses études médicales el suivit avec assiduité les cliniques des célèbres professeurs Roux et Jabut de Lamballe. Reçu docteur, il vint à Perpignan, en août 1854, exercer l'art de la médecine sous les auspices de son père. Avec un pareil maître, sa réputation chirurgicale grandit de jour en jour. Doué d'un esprit délié et investigateur, d'une intelligence élevée, il fut bientôt apprécié et désigné, en octobre 1855, pour remplir les

fonctions de chirurgien-adjoint et plus tard celles e

MASSOT

de second chirurgien en chef des hospices civils de Perpignan. À partir de cette époque, il s’éleva rapidement dans l'estime publique par ses succès opératoires. Malgré les obligations que lui imposaient ses devoirs professionnels, il accepta des fonctions publiques et fut nommé, en juin 1864, membre du Conseil général du département des Pyÿrénées-Orientales pour le canton de Latour-de-France. En 1870, il fut choisi pour faire partie de la Commission départementale : il siégea, depuis, au Conseil général où il remplit, pendant quinze ans, les fonctions de secrétaire. Les services administratifs qu'il rendit furent nombreux. Elu deux fois membre du Conseil municipal de Perpignan. il fut chargé pendant plusieurs années d’un cours d'hygiène à l'Ecole normale d'instituteurs et d'un cours d'accouchement à l’hospice civil de Perpignan. Il fit aussi partie de la commission de surveillance du Collège municipal et du Conseil central de salubrité et d'hygiène publiques du département. Le gouvernement le récompensa de son zèle dans ces diverses fonctions, en lui accordant successivement les palmes académiques et la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Il avait été nommé commandeur de l’ordre d’Isabelle la Catholique par le gouvernement espagnol. Justin Massot mourut à Perpighan, le 22 mars 1880.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

MASSOT-REYNIER (Joseph), fils de Jacques Massot, médecin, et de la demoiselle Reynier, naquit à Perpignan, le 20 décembre 1804. Suivant l'usage adopté en Catalogne et en Roussillon, il joignit le nom de sa mère à son nom patronymique. Par elle, il tenait à la famille Tastu si honorablement connue dans les Pyrénées-Orientales et dans le monde des lettres. Ce fut son cousin et la jeune femme de celuici, M"° Amable Tastu, dont le talent poétique se révéla à Perpignan dans des compositions restées comme modèle de grâce et de sentiment, qui déterminèrent les parents de Massot à l'envoyer à Paris. Il y fit ses études avec succès, au collège Henri IV. Il eut surtout l'inappréciable avantage d’y vivre dans un milieu cultivé, où ses dispositions naturelles devaient prendre leur essor. L'enseignement supérieur de la Sorbonne et du Collège de France attirait alors la jeunesse libérale de la Restauration. Massot- Reynier en suivit assidüment les cours. Séduit un moment par la philosophie allemande, il essaya de pénétrer dans les nébulosités de sa métaphysique. Cette étude lui profita, parce que l’éclectisme de Cousin lui apprit à dégager les notions utiles que renfermaient les doctrines d’outre-Rhin. D'ailleurs, les sciences littéraires et philosophiques ne détournèrent point Massot-Reynier de l’école de droit ; il fit tout marcher de front. Dès qu’il eut pris son grade

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