METGE
dans la science furent si rapides, qu'au lendemain de son admission à la cléricature, Jean-François Metge reçut, de l’évêque Jean de Saunhac-Belcastel, le titre de professeur de philosophie. Durant dix années consécutives, il enseigna la scholastique aux lévites du dioc’se de Perpignan. Jean-François Metge passa le temps des vacances auprès du savant Jaubert de Passa qui l’initia à la connaissance des hommes et des choses. Le jeune professeur de philosophie reçut les ordres mineurs, le 14 mai 1845 et le sous-diaconat le 6 juin de l'année suivante. La prêtrise lui fut conférée le 6 juin 1847. Jean-François Metge, doué d’un merveilleux talent oratoire, prêcha la station quadragésimale de 1849, dans l’église Saint- Mathieu de Perpignan et attira autour de sa chaire de nombreux auditeurs accourus des divers quartiers de la ville. Cette année encore, il donna des sermons appréciés dans l’église cathédrale, durant le mois de mai consacré à Marie. Il fit entendre les accents de sa parole éloquente dans des circonstances identiques, pendant les deux années qui suivirent. En 1855, à la suite de changements survenus dans le personnel et dans les études du Grand-Séminaire de Perpignan, l'abbé Metge fut désigné pour occuper le poste de desservant de Saint-Féliu-d’A mont. Sur une démarche de Jaubert de Passa, l’autorité diocésaine revint sur la décision et le professeur de philosophie reçut le titre d'aumônier de la prison civile. L’aumônerie du Bon-Pasteur lui fut simultanément confiée. Un an après, l’archidiacre François Galtier, ancien directeur du Grand-Séminaire, ayant été promu au siège épiscopal de Pamiers, supplia l'abbé Metge de le suivre dans son nouveau diocèse comme vicaire général. Durant les deux années que dura le pontificat du nouvel élu, l'abbé Metge accompagna constamment son évêque dans la visite pastorale des villes et des villages du diocèse. A l’occasion du Jubilé de 1858, le vicaire général de Pamiers évangélisa les localités où les Calvinistes possédaient des centres synodaux : le Mas-d’Azil, Monségur, Saverdun, la patrie du pape Benoît XII. L'évêque Jean-François Galtier étant décédé le 29 juin 1858, l'abbé Metge administra le diocèse de Pamiers durant l’espace de cinq mois, comme vicaire capitulaire. Dès sa nomination au siège de Pamiers, l'évêque Belaval remit à l'abbé Metge ses lettres de vicaire général, et durant cinq années. celui-ci sut mériter la confiance du prélat. Ces cinq années furent pour l'abbé Metge un temps de recueillement, d'études, d’obéissance méritoire. Au mois de décembre 1863, Olympe-Philippe Gerbet, évêque de Perpignan adressa au pontife de Pamiers une lettre, dans laquelle il lui annonçait l'intention où il se trouvait d'offrir à l'abbé Metge la cure de sa cathédrale. Gerbet le désignait comme
son activité infatigable, par une puissance de volonté que tempérait le charme de l'urbanité la plus exquise, par le prestige du nom et le talent de la parole. » L'abbé Metge fut installé dans ses nouvelles fonctions d’archiprêtre de Saint-Jean par l'abbé Bornet, archidiacre du diocèse d’Elne, le 3 janvier 1864. Dans cette situation, il fut, durant quarante ans, le type accompli de la plus pure religion, de la plus noble conduite ecclésiastique ainsi que de la grandeur morale et sacerdotale. L'abbé Metge se trouva mêlé aux affaires générales du diocèse d’Elne. Dès le mois de décembre 1863, Gerbet lui demanda le concours de ses lumières, pour l'administration pastorale. Après l’illustre prélat. Etienne Ramadié, le 26 mai 1865, Jean Caraguel, le 17 novembre 1877, Noël Gaussail, le 20 juillet 1886 et Mgr Jules de Carsalade du Pont, le 19 mars 1900, lui renouvelèrent cette marque de leur confiance. L'abbé Metge dépensa plus de six cent mille francs en travaux de restauration et d’embellissement de la cathédrale de Perpignan. Dès la première année de son ministère pastoral, il fit placer la statue de Marie sur la porte du Castillet (8 septembre 1864). Il consacra une somme de trente mille francs à l’œuvre de la chapelle du Dévot Crucifix. Les travaux d'art exécutés dans cette église furent opérés durant les derniers mois de l’année 1864 et remplirent toute l’année suivante. Avant d’avoir mené cette première entreprise à bonne fin, l’abbé Metge commença, dans sa cathédrale, l’œuvre immense de restauration qui prit sa vie entière. Les deux verrières latérales du chevet s’ouvrirent et se garnirent de vitraux peints, celles du centre ayant été posées par ies soins de Jean de Saunhac-Belcastel. La voûte, les panneaux des murs, les nervures des croisillons furent ornés de peintures. Des lustres, formèrent autour du chevet comme une couronne. Des deux côtés de l'autel. sur des socles sculptés, se dressèrent de grands lampadaires en cuivre. Le sanctuaire reçut un dallage de marbre. Jusqu’alors, on accédait au chœur, par un escalier modeste, de la largeur de l'autel. Un mur droit, surmonté à hauteur d'appui, d’une grille en fer, figurait le cancel et séparait le chevet de la nef. Une magnifique balustrade en marbre ceignit le chœur. La chapelle du Saint-Sacrement. autrefois dédiée à saint Michel, doit à l'abbé Metge ses peintures murales, le tableau eslimable de l’Apparition de Notre-Seigneur à la bienheureuse Marguerite- Marie, la décoration de l'autel et, notamment, le magnifique tabernacle, en marbre blanc, dont les délicates arabesques et les capricieux rinceaux composent un écusson taillé avec un goût exquis. Dans la nef. toutes les chapelles, celle de Notre-Dame du
Carmel exceptce, furent en moins de dix années, de
« l'homme digne du premier siège après le sien par : 1864 à 1873, ou restaurécs ou complètement renou-