‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 116 sur 227 · MIQUEL — MIRABEAU · texte numérisé non relu

MIQUEL — MIRABEAU

deur de la Légion d'honneur le 12 juillet 1879, et général de brigade, le 24 juillet 1880.

Placé en disponibilité le 22 août 1882, pour cause de santé, il reprit le commandement de la 63° brigade, Perpignan - Narbonne, le 13 mars 1883. Mis de nouveau en disponibilité, la blessure ayant donné lieu à des accidents compromettants pour son existence, le général Miquel de Riu passa dans la 2° section de l'état-major général, le 28 février 1885. Retiré à Perpignan, il se livra à l'étude et consacra principalement son temps aux recherches sur l’histoire du Roussillon. Il réédita en 1885, chez Julia, imprimeur à Perpignan. les Cahiers de la noblesse du Roussillon, parus en 1789, chez J. Revnier. En 1894, il publia: Cavallers el bourgeois de Perpignan en Franche-Comté (1786-1789) dans le XXXV" Bullelin de la Société agricole, scientifique et liltéraire des Pyrénées-Orientales, et,en 1897, dans le XXX VIIT° volume de cette même société: Extrait des souvenirs de M. François Sicart d'Alougny. Le général Miquel de Riu mourut à Perpignan le 1° mars 1899. De son épouse, M'"° Leroy, fille d’un officier supérieur de Saint-Cyr, il n'avait eu qu'une enfant unique, qui se maria au commandant Magnard.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

MIRABEAU (André-Boniface-Louis, vicomte de), surnommé Mirabeau-Tonneau, à cause de son obésité et de son penchant à l’ivrognerie, officier supérieur français, frère du célèbre Mirabeau, naquit au Bignon (Gâtinais) le 30 novembre 1754 et mourut à Fribourg (Brisgau) le 15 septembre 1792. Dès le berceau, il fut inscrit sur les contrôles de la chevalerie de Malte. Ses études furent peu suivies ; mais la vivacité de l'esprit suppléait chez lui au défaut d'instruction. Sa gaieté et sa jolie figure lui gagnèrent l'affection de son père, qu’il s’aliéna plus tard, par ses goûts dissipés. En 1775, il se rendit fort utile par son sang-froid et son activité à l’époque des troubles occasionnés à Paris et aux environs par une disette factice. Son père l’ayant fait passer à Malte, à la suite d’une orgie il y insulta publiquement une procession, et fut, pour ce scandale, emprisonné pendant trois ans. À l'expiration de cette peine, il fut renvoyé en France (1778). IL s'embarqua alors pour l'Amérique septentrionale, dont les Français aidaient à conquérir la liberté, et servit avec la plus grande distinction sous les ordres des amiraux de Guichen et de Grasse. Il passa dans l’armée de terre. comme aide-major général, et fit preuve d’une bravoure qui allait jusqu’à la témérité aux combats d'Yorck-Town, de Saint-Eustache et de Saint-Christophe, où il fut blessé dangereusement. Le roi lui donna le commandement du régiment de Touraine (infanterie), à la tête duquel il combattit en Améri-

MIRALLES — MIRO

que jusqu'à la paix. Il fut de retour en France le 8 juillet 1782. Député, en 1789, aux Etats-généraux, par la noblesse de la sénéchaussée du Limousin. il s'opposa de toutes ses forces à la réunion des ordres, et ne céda qu'un des derniers. En juin 1790, le régiment de Touraine, en garnison à Perpignan, s'insurgea contre ses officiers. Le vicomte y courut; mais n'ayant pu y rétablir la discipline, il repartit emportant avec lui les cravates des drapeaux. Cette action causa une grande rumeur : poursuivi et atteint à Castelnaudary, il fut mis en prison. A cette nouvelle, le conte de Mirabeau, invoquant le principe de l'inviolabilité des députés, demanda que son frère fût admis à expliquer sa conduite à la tribune. L’assemblée se rendit à ce vœu ; le vicomte comparut devant elle, le 27 juin ; il parla, cette fois, avec mesure et dignité, et l'assemblée passa à l’ordre du jour. Cette affaire ne le rendit pas plus prudent. Excellent militaire, mais avant tout homme de plaisir, il dut à son amour de la bonne chère un tel embonpoint qu'avant l'âge de trente ans. il pesait plus de deux cents livres, ce qui lui valut, du peuple parisien, le surnom de Mirabeau-Tonneau. L’assemblée, lassée des excentricités de Mirabeau-Tonneau, allait enfin sévir contre lui lorsqu'il jugea prudent d'émigrer. Au-delà du Rhin, il leva cette fameuse légion de Mirabeau, plus connue sous le nom de hussards de la mort, qui fit aux républicains (1792) une guerre d'escarmouches aussi sanglante qu'inutile. Durant cinq mois à la solde des princes de Hohenlohe, la formation et l'entretien de ce corps, qui s’éleva jusqu'à 3.000 hommes, avaient occasionné à son chef des fatigues et des dépenses infinies. Mirabeau-Tonneau succomba à la suite d’une attaque d'apoplexie. [Il fut inhumé à Saltzbach, à l'endroit même où fut frappé Turenne, et y reçut les honneurs funèbres dus à son rang. .

Hœrer, Nouvelle biographie générale.

MIRALLES (Barthélemy), conseiller et trésorier de la reine EÉléonore d’Albuquerque, épouse du roi d'Aragon Ferdinand [”, reçut, en 1416, commission d'Alphonse V pour accorder aux riverains du ruisseau de Thuir des concessions d'arrosage. L'année suivante, le roi d'Aragon nomma Barthélemy Miralles à l'office de Procureur royal, en remplacement de Dalmace de Biert, décédé. Barthélemy Miralles joignit à ces fonctions celle de maître des caux, ports et passages des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Lorsqu'Alphonse le Magnanime entreprit les expéditions de Sardaigne et de Sicile, Barthélemy Miralles avança à son souverain la somme de 5.500 livres. Le roi lui engagea, pour Île remboursement de cet argent, la leude de Collioure et divers revenus rovaux de Thuir, Perpignan, Montesquieu, Corbera et le Volo. En

1422, la reine Marie d'Aragon suspendit Barthélemy Miralles de ses fonctions et transmit des pouvoirs spéciaux à Pierre Roure, pour mettre sous sequestre les biens du Procureur royal et remplir sa charge jusqu'au jour où les comptes seraient vérifiés. Le 1°" août 1422, le chevalier Bernard Albert recueillit à la Procuration royale la succession de Barthélemy Miralles.

Archives des Pyr.-Or., B. 204, 209, 212, 215, 226, 247, 253, 367.

MIRALPEIX (Narcisse), argentier de Perpignan, fabriqua, en 1443, une croix d'argent pour l'église de Saint-Hippolyte.

Archives des Pyr.-Or.. G. 867.

MIRO (François) était archidiacre de Vallespir, en 1333. Son nom a été omis sur la liste de ces dignitaires parue dans l’Introduction de l’Inventaire G. des Archives des Pyrénées-Orientales.

Archives des Pyr.-Or., G. 105%.

MIRO (Guiilaume) fut nominé Procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne par le roi d'Aragon Jean [”, en remplacement de Bérenger de Magarola. Guillaume Miro ne tarda pas à donner la démission de sa charge, dans laquelle il eut pour successeur Jean Garrius.

MIRO (Bernard) était maitre de la Monnaie de Perpignan, au début du règne d’Alphonse V. Ce prince lui adressa une lettre pour lui ordonner de remplacer sur les croafs et demi-croals d'argent frappés dans cette ville ou dans le diocèse de Gérone, le signe des lettres PP qui leur avait été attribué par la lettre O.

Archives des Pyr.-Or., B. 217.

MIRO (Jean) occupait l'archidiaconé de Vallespir dès l’année 1427. Il était encore revêtu de cette dignité le 48 mars 1455, date à laquelle il écrivit son testament.

Archives des Pyr.-Or., G. 126, 127, 1054.

MIRO (Gabriel) peut être considéré comme le fondateur d'une dynastie qui, de père en fils, a fourni des célébrités au monde médical. Son père était venu de Tortose s'établir à Perpignan, dès les premières années du xv° siècle. Avant vu le jour dans la capitale du Roussillon, Gabriel Miro suivit les cours de l'Université de sa ville natale, puis prit, à Montpellier, le grade de docteur en médecine. Certains auteurs ont voulu voir duns le nom patronymique de la maison de Miro, un vulgaire surnom diminutif

de Mire, terme usité dans quelques régions de France pour désigner les officiers de santé faisant métier de raccommoder les membres fracturés ou disloqués: mais les diplômes obtenus par Gabriel, les hautes fonctions qu'il exerça dans la suite de sa carrière, témoignent de ses connaissances scientifiques et de sa capacité dans l’art de la médecine. En 1450, Gabriel Miro est qualifié de maître et de médecin de la ville de Perpignan, dans l’acte d'achat qu'il fit d’une vigne située sur le territoire de Castell-Rossello. Nommé, en 1480, premier médecin de Charles VIII, roi de France, il se disposait à rejoindre la cour royale, lorsque la mort le frappa subitement à Nevers. Dans une inscription gravée en son honneur sur la façade de la Faculté de Montpellier, Gabriel Miro est appelé Medicinæ divinum oraculum, ce qui a fait dire à Astruc que cet oracle n'avait point parlé, puisqu'il n’a laissé après lui aucun ouvrage. Sa succession à la cour de France fut recueillie par son frère François.

Archives des Pyr.-Or., B. 285, 408. — Asrruc, Mémoire pour servir à l’histoire de la Faculté de médecine. — ELoy, Dictionnaire hislorique de médecine. — HœrEr, Nouvelle biographie générale. — Micuaup, Biographie universelle, ancienne et moderne.

MIRO (François), frère du précédent, était aussi docteur en médecine de l’Université de Perpignan. Dès son arrivée à Paris, il sut se concilier l’estime des souverains et gagna même entièrement leur confiance. Alors que Gabriel son frère avait reçu le titre de médecin du roi de France, François Miro fut attaché à la personne de la princesse Anne de Bretagne comme médecin et conseiller. En cette qualité, il apposa sa signature au bas du contrat de mariage que Charles VIIT conclut avec elle, durant l’année 1491. À son titre de premier médecin de Leurs Majestés, Gabriel Miro joignit celui de conseiller intime. Il suivit le roi de France dans son expédition au royaume de Naples, en 1495, et mourut l’année suivante,au retour de cette campagne militaire. François Miro fut enseveli à Nancv.

Mémoires de Jaume.

MIRO (Gabriel), fils du précédent, après avoir professé la médecine aux Universités de Perpignan et de Montpellier, occupa des charges identiques à celles de son père auprès du roi Louis XII, de la reine Anne de Bretagne et de la reine Claude, épouse de François [*. Celle-ci lui avait confié l'éducation de ses enfants. Gabriel Miro composa à l'intention de ses royaux élèves : De regime Infantium Tractatus III amplissimi, Tours, 1544-1553, in-fol. L'esprit de piété dont il était animé. le détermina à fonder, à Tours, dans l'église des Cordeliers, une chapelle qui porte

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