MIRO
son nom. Gabriel Miro eut une fille qui épousa Bernard de Fortia et un fils, François, qui suit.
Hœrer, Nouvelle biographie générale.
MIRO (François), fils du précédent, fut reçu docteur à l'Université de Montpellier en 1509, et à celle de Paris en 1514. La place de premier médecin des rois Henri II, François II et Charles IX, qu'il occupa successivement, n'est pas une des moindres preuves que l’on ait de son mérite et de sa valeur professionnels. François Miro laissa trois enfants, dont une fille mariée avec le garde des sceaux Cammartin. Il a écrit une Relation curieuse de la mort du duc de Guise el du Cardinal son frère, qui a été insérée dans le tome III du Journal de Henri III et dans d’autres recueils : les projets du duc, les causes et les circonstances de sa mort y sont présentés avec abondance de détails. Ses fils et ses petits-fils occupèrent de hautes fonctions dans la magistrature, l'Eglise et la médecine. L'un, fut président au Parlement de Paris, un autre prévôt des marchands et un troisième évêque d'Angers et archevêque de Lyon. De François Miro provenait Robert. duc de Tremblay.
Hœærer, Nouvelle biographie générale. — Micuaup, Biographie universelle, ancienne et moderne. — HExry, Histoire de Roussillon.
MIRO (Pierre), issu d'une famille originaire d’'Agullana, était lisserand de lin à la Clusa, dans la seconde moitié du xvr' siècle. Il devint dans la suite fermier des dîmes, herbages et droits seigneuriaux de la Clusa et du Perthus, et acquit d'importantes propriétés dans cette paroisse et à Las Illes. Le 21 avril 1590, Pierre Miro, bailli du lieu et territoire de la Clusa et du Perthus pour Bérenger d’Oms, rendit en cette qualité une sentence qui condamna aux galères un individu coupable d’un crime de viol commis au Perthus. 11 fut délégué. par les habitants de la Clusa, le 18 novembre 1594, pour se joindre à la confédération des communautés du Roussillon, qui avisèrent au salut public du pays en purgeant la province des malfaiteurs qui l’infestaient. Pierre Miro, décédé avant 1609, laissait, entre autres fils, Jean-Pierre- Thadée Miro, dont les descendants acquirent la seigneurie de Riu-Noguers sous Louis XIV. En 1641, Jacques-Jean et Thadée Miro étaient entrepreneurs des vivres de l’armée des catalans dans le comté de Roussillon.
Archives des Pvr.-Or., E. (Titres de famille), 458, B. 391. — ALART, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.
MIRO (Thadée de) apparaît avec le titre de baron de Riu-Noguers dans un acte de 1699. où il se déclare usufruitier des biens d'Ignacie Miro-Domenech. Thadée Miro eut deux fils : (taudérique, qui fut son
MIRO — MOLAS
successeur à la baronnie de Riu Noguers, et Joseph qui. après avoir été successivement bénéficier de Collioure en 1718 et de Céret en 1733, devint en 1737 hebdomadier-majeur de l'église paroissiale de cette dernière ville.
Archives des Pyr.-Or., G. 765, 771, E. (Titres de famille), 458.
MIRO (Gaudérique de), né en 1682, baron de Riu-Noguers, à la mort de son père survenue après l’année 1716, épousa Marie Mari et eut d'elle trois fils: Antoine, Joseph et Gaudérique. Il mourut le 29 mars 1756 et fut enseveli dans le caveau de ses ancêtres, creusé sous le maître-autel de l’église Saint- Pierre de Céret. Gaudérique. le plus jeune de ses fils ne lui survécut que cinq ans: il mourut le 41 janvier 1761. Le cadet, Joseph après avoir épousé Thérèse Anglade en 1754 et n'avoir eu de son union avec celle-ci que des filles, descendit jeune dans la tombe, en 1769.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 458.
MIRO (Antoine-Dominique de), fils aîné du précédent, naquit à Céret en 1721. Il devint baron de Riu-Noguers en 1756, à la suite du décès de son père, et assista à la réunion de l'ordre de la noblesse du Roussillon qui nomma, le 23 avril 1789, deux députés aux Etats-généraux.Antoine-DominiquedeMiroavait épousé une demoiselle de Bonet. De leur mariage naquirent : un fils qui porta le même prénom que le père et quatre filles. Tous les membres de la famille du baron de Riu-Noguers figurent sur les listes des émigrés. Antoine-Dominique de Miro mourut à Perpignan, au mois de mai 1794.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 458.
MIRON, quatrième fils de Vuifred-le-Velu, premier comte héréditaire de Barcelone, doit être considéré comme le fondateur de la dynastie des comtes héréditaires de Cerdagne. Diverses chartes apprennent que d’Ave, sa femme, dont on ignore la famille, Miron eut quatre fils: Seniofred, Vuifred, Miron et Oliba-Cabreta. Dans son testament, du 13 juin 923, le comte Miron, après avoir fait quelques legs aux églises, à ses cinq enfants naturels et à leur mère Virgilia, institue héritière sa femme, si elle reste veuve, conjointement avec les enfants qu'elle lui a donnés. Miron mourut avant le 11 septembre 927, jour où ses exécuteurs testamentaires délivrèrent deux legs faits par lui.
DE GazaxyoLA, Histoire de Roussillon.
MIRON, cinquième abbé du monastère de Saint- Martin du Canigou, fut élu en 1050, et occupa durant quinze ans le siège abbatial. Peu après sa
nomination, ce prélat envoya aux monastères de l’ordre de Saint-Benoît la lettre annonçant la mort du comte Guifred, fondateur de l’abbaye qu'il gouvernait. |
Gallia christiana, VI, col. 1110.
MOLAS (Antoine), né à Olette, embrassa la car-
rière ecclésiastique et obtint un bénéfice dans l’église
Saint-Jacques de Villefranche-du-Conflent, vers le milieu du xvur siècle. Le 10 avril 1768, Antoine Molas permuta son office contre la cure de Palalda, avec Antoine Rossinès dont ce dernier était titulaire. La Révolution française trouva Antoine Molas à la tête de la paroisse de Palalda. Ecrivain et poète, bibliophile, théologien écouté, l’abbé Molas sut faire agréer les dons de son esprit par une bonhomie avenante. Chéri de ses paroissiens dont il défendait au besoin les intérêts auprès des grands dans les circonstances difficiles, il acquit une haute influence dans le Vallespir. L'opinion publique se basant sur l’indépendance de son caractère, sur ses doctrines libérales qui lui donnaient un faux air libéral, l'avait désigné comme favorable aux réformes qu'’allait accomplir la Révolution; on ne peut toutefois lui imputer aucune démarche personnelle, aucun acte public marqués au coin des tendances schismatiques. Le procureur-général Llucia crut avoir trouvé en lui l’homme ambitieux qui saisirait avec joie l'occasion. de ceindre la mitre, envers et contre les lois ecclésiastiques. Il lui offrit le titre d’'évêque constitutionnel des Pyrénées-Orientales. Mais Molas sut mettre ses actes en rapport avec sa science et n'écoutant que la voix de la conscience, refusa les offres de Llucia dans une lettre où, après des éloges habilement calculés, il faisait entendre aux révolutionnaires les lesons les plus fermes et les plus touchantes. Il préféra prendre le chemin de l'exil. Cet acte de noble abnégation dans lequel sont traduits les sentiments de la foi la plus vive et de l'humilité la mieux entendue, compense largement, à lui seul, les quelques défauts personnels de Molas. Arnaud-Ferdinand de Laporte, dans ses notes particulières, a tracé du curé de Palalda le portrait suivant : « Excellent sujet, mœurs intactes, très instruit, mais un peu trop épris de luimême...» Au dire de cet évêque, Antoine Molas ne rentra pas en France, après la tourinente révolutionnaire. Il devint même « le chef des puristes, en Espagne (de ceux qui ne voulurent point reconnaître le Concordat). » Le nom et le souvenir de l'abbé Molas sont restés en grande vénération à Palalda, après un siècle d'intervalle. Cet ecclésiastique avait rendu de réels services à ses paroissiens ainsi qu'aux habitants de Montalba, dont il avait aussi la charge spirituelle. On trouve, dans le dépôt des archives départementales, une belle supplique de l'abbé Molas
378 MOLNER
adressée en 1788 à l’'Intendant du Roussillon au sujet d'un orage qui « réduit à la misère le pauvre cultivateur ; celui-ci même n'attend que de la charité des âmes compatissantes le secours nécessaire pour ensemencer de nouveau ses terres... » Il s'est aussi conservé à Pali1lda quelques cantiques et poésies religieuses qu'ou lui attribue et qui, par la pensée et par le style, peuvent rivaliser avec les Goigs chantés dans les églises du Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., C. 1797. G. 828. — Abbé ToRREILLES,
Histoire du clergé dans le département des Pyrénées-Orientales pendant la Révolution française.
MOLNER (Jacques-Bernard), damoiseau, issu du mariage d'Antoine Molner et de Claire Guillem qui avait hérité de la seigneurie de Jujols, vivait au temps de l'occupation du Roussillon par Louis XI. Le 4 août 1464, Jacques-Bernard Molner reconnut ce fief devant Pierre Granier, procureur du roi de France, qui l’en investit par la tradition de l'épée. Il fit son testament en 1471. La seigneurie de Jujols, dont il est question en 1189, ne paraît avoir été réunie dans la même main que peu avant 1310. À cette date, elle appartenait à Hugo de Tatzo, avec les justices civiles et criminelles, sous la suzeraineté du vicomte de Canet. Dalmace de Tatzo succéda à son père, mais il fut dépossédé par le roi de Majorque, dont il avait abandonné le parti, et déporté. Michel Tort, de Villefranche, lui succéda en 1354 et fit un codicille en 1364. Il eut deux filles : Cathalana, l’ainée, qui possédait la seigneurie en 1365 et mourut sans enfants, laissant héritier son neveu, Jacques Guillem, de Villefranche. Cécile Tort, fille cadette de Michel Tort, épousa Jacques Guillem. Leur fils, Jacques Guillem, devint seigneur de Jujols en 1414. Il avait épousé Marthe, et laissa la seigneurie à sa fille aînée, Claire. Claire Guillem se maria à Antoine Molner, de Villefranche, et eut pour fils Jacques- Bernard Molner, comme il a été dit ci-dessus.
Ernile ManiE, Les seigneurs de Jujols, dans la Revue d'histoire el d'archéologie du Roussillon, t. 1. — Abbé GiRALT, Notice historique des communes de Jujols et Escaro, dans le LIT" Bulletin de la Socielé Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orien- {ales.
MOLNER (Jean), fils du précédent et de Raphaëlle, épousa Anne. Il fit, en 1517, donation de tous ses biens à sa parente. Anne d'Armendarvys. Il réservait l’usufruit pour lui d'abord, pour son fils, François-Michel., ensuite. Si François-Michel avait des enfants, la donation devait être nulle. Enfin, il retenait encore le montant de la dot de son épouse. plus 25 livres, pour doter ses enfants nés et à naître. Jean Molner obtint de Charles-Quint, le 15 octobre 1519, la confirmation de la noblesse de sa mai-
Jean Molner des titres authentiques de noblesse accordés par les rois d'Aragon, lesquels établissaient que Jacques-Bernard Molner, père de Jean. était de race noble, que ses prédécesseurs l’étaient aussi, de temps immémorial. En conséquence, il confirma à Jean Molner ses privilèges et son titre de donzell, les lui accordant même au besoin. Le titre est signé: Jo el rey. Il est accompagné — il l'était du moins à l’origine — du sceau royal ordinaire ancien « quo anlequam ad regnum romanorum sacrumque imperium elecli essemus, ulebamur sigillo, com nondum, alia fabricata fuerint. » Jean Molner mourut à Perpignan, chez Anne d’Armendarys, en 1522, après avoir demandé, dans son testament, à être enterré dans le cloitre du cimetière Saint-Jean. Sa famille ignorait sa maladie, et ce ne fut qu’à l’arrivée à Perpignan, après la mort, qu'elle connut la vérité. François- Michel et sa mère moururent de chagrin peu de temps après.
Emile MaRiE, op. cil. — Abbé (iRALT, 0p. cil.
MOLNER (Jean-Michei), fils et successeur du précédent, régissait la seigneurie de Jujols sous la tutelle de sa mère, en 1524. Il fut fait prisonnier par les Français, en 1522, au cours de la guerre entre Charles-Quint et François L°, et retenu dans le chàteau de Montolieu, près Carcassonne. Son père vendit un champ pour paÿer sa rançon. Jean-Michel Molner mourut en 1529. Sa sœur, Anne, recucillit sa succession et épousa, en 1533, Jean Montanyer et Cavaller, de Perpignan, qui ajouta le om de sa femme au sien. Anne d'Armendarys chercha à faire valoir ses droits sur la seigneurie de Jujols, mais le vicomte de Canet, auquel on ne payait plus les redevances, tonfisqua cette seigneurie en 1531. Il la restitua toutefois à Anne Molner, en 1565.
Emile Make, op. cu. — Abbé GikaLT, op. cil.
MOLNER (Gaspard), fils de Jean Montanyer et d'Anne Molner, continua à porter le nom de sa mère. Il devint seigneur de Jujols, avant 1579, et épousa Paule-Jérômette, fille de Jean de la Marchada.
Emile MaRiE, op. cu. — Abbé Ginazr, 0p. cil.
MOLNER (Antoine), fils du précédent, était encore sous la tutelle de sa mère en 1597. Il unit ses destinées à Marie de Gleu, du Boulou, et, n'ayant pas d'enfants, fit héritier son neveu. Barthélem\ Casanova, fils de sa sœur Françoise et de Pierre Casanova. Ce dernicr était d’une modeste famille d'agriculteurs, d'origine française. Barthélemy Casanova prit possession de la seigneurie de Jujols en 1615. au nom de son père. et devint seigneur en 1629,
son. Le roi déclara qu'il lui avait été présenté par | à la mort de celui-ci. Marie. épouse de Frédéric Ros
MOLNER — MONCADE
€t héritière d'Anne d’Armendarys, obtint, de la Royale Audience, un jugement en sa faveur, en 1631. Mais le procès n'était pas complètement terminé et, comine la donation de Jean Molner présentait de nombreux cas de nullité, une transaction intervint entre parties, en 1634. La seigneurie de Jujols passa définitivement dans la famille Ros, et Barthélemy Casanova conserva les biens des Molner. Ceux-ci n'étaient pas seulement seigneurs de Jujols ; ils possédaient encore le domaine utile, c’est-à-dire le sol lui-même. Ils étaient agriculteurs et avaient une propriété relativement importante qui comprenait 272 journaux de terres rapportant trente charges de seigle, et occupait huit bœufs de travail et deux mules. Barthélemy Casanova, qui avait épousé Grâce Sunyer, d'Olette, descendit dans la tombe en 1665, laissant deux filles. dont l’ainée, Isabelle, mourut sans postérité. La cadette. Grâce Casanova, épousa Ignace Maria, de Ria. La propriété de Jujols passa tout entière à Gaspard Maria. fils d’'Ignace. et héritier d'Isabelle Casanova, sa tante.
Emile MARIE, op. ci. — Abbé GiRauT, op. cil.
MOLNER (Antoine) était sacristain majeur de Saint-Michel de Cuxa en 1548. Il devint ensuite prieur claustral, de 1576 à 1590, en même temps que vicaire-général, c’est-à-dire administrateur de l’abbaye. IL fut choisi comme exécuteur testamentaire par Gaspard Molner, en 1579, en même temps que Thomas de Banyuls. de Nyer.
DErLAMoNT, Histoire de la ville de Prades. — Communication obligeante de M. Emile Marie.
MONCADE (François de), comte d'Ossone et troisième marquis d'Aytone. vint au monde à Valence, le 29 décembre 1586. Il appartenait à une des plus illustres familles de l’Aragon. Son grandpère, le premier marquis d’Aytone, fut vice-roi du royaume de Valence, et son père, qui était lieutenant général de Catalogne et du Roussillon, remplissait en même temps les fonctions d’ambassadeur à la cour de Rome. Il avait été, avec son frère Michel, élevé parmi les escolanos de Montserrat. François de Moncade obtint bientôt un régiment qu'il ne quitta que pour le commandement de la flotte de Dunkerque, destinée à appuyer les opérations de l'armée de terre. Il joignait aux talents d'un général beaucoup d'esprit et d'instruction ainsi que la connaissance des intérêts des différents peuples de l'Europe. Envoyé par Philippe IV en ambassade à la cour de Vienne, François de Moncade y mérita bientôt la confiance des diplomates les plus éclairés et aplanit les difficultés qui s'opposaient au rétablissement de la paix en Allemagne. Par son mariage avec Marguerite de Castro, il devint, en 1613, vicomte
d'Ille. Dans la suite, François de Moncade fut fait ambassadeur d’Espagne auprès de l’empereur Ferdinand IT. Il était généralissime des troupes espagnoles dans les Pays-Bas, sous les ordres de l’infante Isabelle, en 1633. Il remporta quelques succès sur le prince d'Orange et mourut durant la troisième année de son commandement, au camp de Glock, dans la province de Clèves. Le vicomte d'Ille composa plusieurs ouvrages dontun mérite une mention spéciale. C'est l’histoire de l'expédition des Catalans dans l'Empire byzantin sous les ordres de Roger de Flor. Cette guerre avait eu un historien naïf, énergique et pittoresque dans Muntaner, un des compagnons de Roger de Flor. Moncade n'a guère fait que résumer dans un espagnol net. ferme et un peu sec, les récits colorés du vieux chroniqueur catalan, et il ne s’est pas donné la peine de les contrôler par les récits des historiens byzantins. Quoique son histoire n'ait ni la valeur d'une œuvre originale ni le mérite d’une œuvre critique, il convient de dire cependant que, comme narration historique. elle est un modèle de rapidité et de sobriété. Elle parut sous ce titre : Expedicion de los Calalanes contra los Griegos y Turcos, Barcelone, 1623, in-4°. Réimprimée successivement à Madrid, en 1772 et en 1805, puis à Barcelone, en 1842, elle a été insérée par M. Eug. Ochua, dans le Tesoro de los Historiadores españoles, Paris (Baudry, 1841), in-8°. Après la mort de Moncade, on mit au jour deux ouvrages qu'il avait laissés en manuscrit et pour lesquels il avait fait usage de la langue latine : une Histoire du monastère de Montserrat et la Vie de Manlius Torquatus, Francfort, 1641. in-4°. Le vicomte d’Ille entretint une correspondance scientifique avec le savant Marca. à l'époque où celui-ci amassait les matériaux nécessaires à la composition de son Histoire de Béarn. Il lui envoya, en 1617 et 1618, des documents extraits des archives de Barcelone ainsi que des églises de Tarragone et de Gérone, accompagnés de ses notes personnelles. L'illustre écrivain fait une large part à son correspondant dans sa gratitude et dans son estime: « La reconnaissance, dit-il, m'oblige de publier les bons offices de ceux de qui j'ai retiré du secours. Entre ceux-là, le premier qui se présente est François de Moncade.… qui est mort dans la direction des Païs-Bas et dans la réputation d’un des grands hommes qu'eut la couronne d'Espagne. »
Manca, Hisloire de Béarn. — Uœrun, Nouvelle biographie générale.
MONCADE (Guiilaume-Raymond de), fils du précédent, marquis d’'Avtone et de La Puebla, fut dépossédé de la vicomté d'Ille en 1642, à la suite des guerres de Catalogne. Louis XII donna ce fief à Joseph d’Ardena y Darnius. lieutenant-général de
cavalerie au service de la France. Quelque temps après, la vicomté d’Ille fit retour à Guillaume-Ra)mond de Moncade. Celui-ci mourut à Ille en 1670.
Abbé P. Boxer, {Impressions et souvenirs (Ille-sur-Tet et ses environs).
MONCADE (Raymond de), dernier marquis d'Aytone, était vicomte d’Ille en 1716. Joseph Semaler, bourgeois de Perpignan, exerça les fonctions de procureur de ce seigneur dans les affaires juridictionnelles et féodales qui ressortaient de la vicomté d'Ille. Raymond de Moncade est cité au nombre des bienfaiteurs insignes de Notre-Dame de Montserrat. Il mourut à Valence, le 5 février 1737, ne laissant qu'une fille, Thérèse qui se maria à Louis de Cordova y de la Cerda, marquis de Cogullada, fils ainé du duc de Médina-Cœæli. C’est par elle que les droits de la vicomté d'Ille passèrent à la maison des ducs de Médina-Cœæli qui les conserva jusqu’à la Révolution de 1789.
Abbé P. Boxer, op. cil.
MONCLAR (Jean-Joseph de Pons et de Guimera, baron de), né au château de Monclar (Catalogne), en 1625, était fils de Joseph de Pons de Ribeilles, seigneur de Monclar et de Béatrix de Guimera. Joseph de Pons de Ribeilles fut un des principaux chefs, avec Calvo et Margarit, de la révolte de la Catalogne en 1640; il fut dans la suite l’un des compromis. Lorsque Barcelone rentra sous l'obéissance du roi d’Espagne (1652), la représentalion provinciale qui s'était formée dans cette ville à l'origine de la révolte, fut dissoute ; le lien passager qui avait attaché la Catalogne à la France fut rompu, et il ne resta avec les Français que ccux des chefs que les événements avaient trop compromis. Les biens du baron de Monclar avaient été confisqués après qu'une condamnation à mort eût été prononcée contre lui. Louis XIV ne voulut pas se montrer ingrat envers ceux qui avaient si bien servi la cause de la France, et toutes sortes de faveurs et de récompenses, sans doute méritées, furent accordées à Joseph de Pons de Guimera, dont le père venait de mourir. Il fut nommé au mois de juin 1653, colonel d’un régiment de cavalerie, et Louis XIV lui accorda une pension de 3.000 livres, à prendre sur les biens confisqués de Joseph de Pinos et de Marie de Sent- Menat et Perapertusa. A la conclusion de la paix, Île roi d'Espagne ne voulut pas consentir, le 7 novembre 1659, à rendre au baron de Monclar les biens de son père qui avaient été confisqués. Mazarin lui octroya, en Roussillon, les revenus de seigneuries, dont jies propriétaires suivirent les destinées du souverain espagnol. Des lettres patentes de Louis XIV datées du mois de janvier 1668. portèrent don en
MONCADE — MONCLAR
faveur du baron de Monclar deslieux de Tatzo d'avall et de Villelongue-de-la-Salanque appartenant à Emmanuel d'Oms, condamné pour crime de lèsemajesté. Pendant sa longue carrière militaire. le baron de Monclar figura de la manière la plus brillante dans les guerres du règne de Louis XIV. Maréchal de camp à Turckeim, il contribua puissamment, à la tête de ses dragons, au gain de la bataille livrée, le 5 janvier 1675, par Turenne qui battit complètement les Impériaux et les obligea, en les faisant poursuivre par le baron de Monclar, à repasser le Rhin. En 1677, il fut fait lieutenantgénéral des armées du roi de France. Le baron de Monclar commanda en chef les troupes françaises fortes de 35.000 hommes, qui prirent possession de Strasbourg, le 30 septembre 1681. Plus tard, avec Feuquières, Joyeuse et d’autres, pendant la campagne du Dauphin en Allemagne, il fut chargé de lever les contributions de guerre imposées au pays conquis. Ces généraux, pour satisfaire les fureurs de Louvois, exécutèrent la triste mission dontils étaient chargés, se signalant par leur impitoyable rigueur, brûlant les villes et les villages qui tardaient trop à se rendre. C'est le baron de Monclar qui, ravageant le Palatinat, fit mettre le feu au fameux château de Nuremberg, dont les ruines provoquent encore l’admiration et la douleur des archéologues et des habitants. Sous les ordres du maréchal de Duras, commandant en chef de l’armée du Rhin. il occupait Wurtemberg ; mais sur une fausse alerte. il se retira si rapidement. que cet abandon eût tout l’air d’une fuite. En vertu d'arrêts judiciaires enregistrés, le 20 juillet 1682, à la Cour du Conseil Souverain de Roussillon, le baron de Monclar joignit à ses domaines les seigneuries de Millas. Nefiach. Retglella et Llo, en Cerdagne. Décoré de l'Ordre du Saint-Esprit. le 30 décembre 1688, il mourut à Landau, ville de la Basse-Alsace, le 8 avril 1690. Les restes du baron de Monclar furentensevelis en Alsace, mais son cœur fut transporté, l'année suivante, dans l’église de Millas, et déposé à une hauteur de 1"1/2, dans le pilier latéral aui sépare le maitre-autel de la chapelle de Saint-Joseph, alors dédiée à Notre-Dame des Anges. Cette cérémonie eut lieu le 6 juillet 14691 dans l’église de Millas, en présence de la veuve, noble dame de Monclar, d’un père capucin du couvent de Landau (Alsace) qui avait accompagné la relique du cœur durant le voyage à travers la France, de la communauté ecclésiastique de la cité, et du batile. Ce jour-là, il y eut office des morts et absoutes. Après les cérémonies funèbres, le cœur qui se trouvait dans une boîte en argent, sur laquelle étaient gravées les armes du baron, fut enfermé par les prêtres dans le creux de la muraille. Le 8 juin 1659, le baron de Monclar avait épousé à Perpignan, Jeanne de Ros et de Meca. De cette union
MONCLAR — MONNER
naquit unc fille unique, Thérèse, qui devint la marquise de Rebé.
Archives des Pyr.-Or., B. 398, 401, E. (Titres de famille), 574.
— ARAGow, Nolice historique, religieuse el topographique sur Força-Réal. — Abbé J. Careie, Etude hislorique sur Millas.
MONCLAR (Jeanne de Ros de Meca, baronne de), épouse et héritière du précédent. devint, en 1690, dame de Millas, Retglella, Nefiach, Tatzo-d’Avail, Villelongue-de-la-Salanque, Mossellons, Maureillas, Llo. C'est à cette dame que l’on est redevable de la fondation de l’ermitage et de la chapelle de Força- Réal. Par un acte reçu le 19 avril 1693, par Antoine Nogueras. notaire à Perpignan, la baronne de Mouclar fit donation à François Bobo, bénéficier de l'église de Pézilla-de-la-Rivière, des terrains nécessaires à l'édification d’une’église dédiée à la Vierge Marie et à la construction d'une maison d'habitation. Jeanne de Monclar mourut le 9 août 1714. Elle laissa une fille unique, mariée le 26 mars 1584 au marquis de Rebé, qui lui survécut peu de temps. Le 27 juillet 1709, elle avait fait un testament par lequel elle léguait ses biens à sa fille et à sa petite-fille, Josèphe de Rebé, épouse de Léonor du Maine du Bourg, maréchal de France. De cette union naquirent un fils, mort à Strasbourg en 1729, âgé de vingt ans, et deux filles : Marie-Arntoinette- Charlotte, qui contracta alliance, au mois d'août 1729, avec Louis de Lostange, comte de Bédué, et N. qui épousa le comte de Montbarey. C’est de ce dernier mariage qu'est issu, en 1732, le prince de Montbarey, ministre de la guerre sous Louis XVI. La marquise du Bourg mourut le 7 novembre 1763, après avoir fait donation au prince de Montbarey de tous ses biens, droits et actions. La comtesse de Lostange étant décédée à son tour, le 17 décembre 1769, sans laisser de postérité, fit aussi héritier, son neveu. le prince de Montbarew.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 574. — AR4Go, op. ci. — Abbé J. CaPEILLE, op. cul.
MONER, de l’ordre des Frères-Mineurs. naquit à Perpignan sous le règne de Jean II, roi d'Aragon. Torres-Amat dit avoir vu, en 1830. dans la bibliothèque de l'église de Tolède, un volume in-folio intitulé : Œuvres nourellement édilées en prose el en vers de Moner, les unes en castillan, et les autres en catalan. L'ouvrage avait été imprimé à Barcelone en 1528. A Saint-Cugat de Valles on à encore de Moner: La Historia, fubula o novela de Framela y Pamphila et uue Salire contre les femmes. Dans la bibliothèque de Barcelone on trouve un tome in-folio intitulé: La noche de Moner, plus communéinent appelé la Vida humana. À la suite de la Noche, on remarque les œuvres suivantes: un Trailé sur la palience; Glosa de la cancion, œuvres en vers ; Compostlion en 17 vers
anciens ; Coblas adressées à une dame qui était dans sa maison à Montserrat ; une autre Cancion: Obras en langue catalane. La première de ces œuvres est l'A nima de Oliver, dans laquelle l’auteur fait apparaître l'âme de ce chevalier après la mort et lui fait démontrer que l’âme, durant la vie, n’est nullement forcée par les passions. On connaît encore de lui: Coblas de les tisores ; des Lettres clôturent ce dernier volume.
TORRES-AMaT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.
MONGAY (Michel) était déjà pourvu de l'archidiaconé d'Elne en 1629. En 1647, il passa un contrat avec un peintre de Perpignan, du nom de Jérôme Hortola, d'après lequel l'artiste s'engagea à dorer le retable du maïtre-autel de Millas aux frais du grand archidiacre. Michel Mongay, ayant adopté le parti de l'Espagne, vit les biens et les revenus de sa dignité canoniale mis sous séquestre, le 23 novembre 1653, par Charles de Monchy, marquis d'Hocquincourt. Il ne tarda pas à descendre dans la tombe, car au mois de février 1655, les chanoines d’'Elne pourvurent Sébastien Garriga de l’archidiaconé d'Elne, en remplacement de Michel Mongav, décédé.
Archives des Pyr.-Or., G. 116. — Abbé J.
historique sur Millas.
CAPEILLE, Elude
MONNER (Thomas), marchand de Perpignan, fut d'abord porté, par la reine Marie, au nombre des employés de la Monnaie royale de Perpignan. A la mort de Gaspard de Llupia, il acquit par voie d'achat la seigneurie utile de Saint-Jean-pla-de-corts. Le procureur royal, à la date du 8 mai 1452, réclama de Thomas Monner les droits de lods qu'il n'avait point payés au domaine lors de l'achat de Saint-Jean-pla-° de-corts. En 1456, il fut dépossédé de la seigneurie utile, pour être de nouveau mis en sa possession. en 145). Le 19 août 1460, Bérenger d'Oms vendit à Jean Pages, vice-chancelier du roi d'Aragon, le chàteau et Ice lieu de Saint-Jean-pla-de-corts, pour la somme de cinquante mille sols.
Archives des Pyr.-Or.. B. 262, 2x6, 40%. 496, 407. — Abbé J. CaPEiLLE, La seigneurie de Saint-Jean-pla-de-vorts.
MONNER (Cyr), docteur ès-lois de Perpignan, prit parti pour Louis XT et fut normé par ce prince conseiller et maître des requêtes. Cornmissaire délégué par Jean de Foix, vice-roi de Roussillon, pour le jugement de divers procès, Cvr Monner obtint des lettres-patentes de Louis XE qui lui donnèrent l'exercice de la justice et de la juridiction des vicomtés d’Ille, Canet et Evol, pendant la durée de la première domination française en Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., B. 282, 292, 296.
MONTALCET (Jean de), familier de Pierre IV, roi d'Aragon, fut nommé châtelain de la tour Cerdane, au mois d'août 1346.
Archives des Pyr.-Or., B. 97.
MONTBAREYŸY (Alexandre-Marie-Léonor de Saint-Mauris, comte, puis prince de) naquit à Besançon. le 20 avril 1732. Issu d'une famille ancienne, originaire de la ville de Saint-Mauris, dans le Valais, il était fils unique d’un lieutenant-général. Sa mère, arrière-petite-fille du baron de Moncliar, fut empoisonnée en couches par une garde-malade, pressée de s'approprier ses dépouilles. À la mort de sa grand-mère, la marquise du Bourg, survenue le 7 novembre 1763, le prince de Montbarey entra en possession des seigneuries de Villelonguc-de-la- Salanque et de Tatzo-d'Avail et les conserva jusqu'à la Révolution. Il hérita encore, au mois de décembre 1769, les fiefs de Pontmarquis, près d'Auxerre, de sa tante, la comtesse de Lostange. Placé au collège des Jésuites à Paris, il en sortit à douze ans, sachant un peu lire et écrire ; plus tard le goût de la lecture, secondé par une mémoire prodigieuse, suppléa largement à ce défaut d'éducation première. Nommé enseigne au régiment de Lorraine (1744), puis capitaine (1745), il fit les campagnes d'Allemagne et de Flandre. et reçut de légères blessures au siège de Fribourg et à la bataille de Laufeld. La mort de son père le laissa maître, à dix-sept ans, d’une fortune considérable. Il se livra dès lors sans mesure à la passion jusqu'au jour de son mariage contracté, en 1753, avec une demoiselle de la maison de Mailly. Après avoir servi depuis 1749 aux grenadiers de France, il obtint, en 1758, Le titre de colonel et commanda en cette qualité le régiment de la Couronne, à la tête duquel il se distingua à la bataille de Creveldt. Son crédit à la cour et aussi sa bravoure le firent comprendre, malgré sa jeunesse, au nombre des maréchaux de camp dans la promotion du 20 février 1761. Il continua de servir en Allemagne. dans l'armée du maréchal de Broglie, jusqu’en 1762. Dans cette dernière campagne, il enleva au prince Ferdinand de Brunswick six pièces de canon, dont le roi lui fit présent et qui ornèrent l'avenue de son chàteau de Ruffev, en Franche-Comté. Chargé d'exécuter dans le Nord l'ordonnance provisoire de 1764 relative à une nouvelle formation des troupes, il s’acquitta avec tant de promptitude et d’habileté de cette difficile mission, que le duc de Choiseul, alors ministre, s'engoua de lui et le prôna mille fois plus qu'il ne le méritait. Homme de cour avant tout, de formes agréables, d'une physionomie heureuse et d'un commerce sûr, le prince de Montbarey se tint à l'écart des coteries et des cabales et ne fréquenta que les gens assez haut placés pour servir son ambition :
MONTALCET — MONTBAREY
les princes, le duc d'Orléans, de Choiseul et de Maurepas devinrent ses protecteurs. Employé presque tous les ans à inspecter l'infanterie, il eut la charge de capitaine-colonel des Suisses du comte de Provence, lorsqu'en 1771, on forma la maison militaire de ce prince. En 1774. il obtint de la cour de Vienne le titre de prince du Saint-Empire, titre qui lui coûta 100.000 francs, et en 1780, celui de grand d’Espagne de la cour de Madrid. Du roi Louis XVI, il reçut le collier des ordres (1° janvier 1778). un hôtel à l’Arsena}, le grade de lieutenant-général (1° mars 1780), 200.000 francs pour doter sa fille, et la grande préfecture d’'Haguenau (1788). Fort peu de temps après avoir été appelé au département de la guerre. le comte de Saint-Germain, qui sentait son isolement au milieu de la cour, le choisit comme adjoint ; la place de directeur de la guerre fut créée pour le prince de Montbarey (1776), qui, au mois d'avril 1777, eut l'adresse de la faire convertir en celle de secrétaire d’Etat-adjoint avec l'entrée au conseil des dépêches. Il ne tarda pas à prendre lui-même le portefeuille de la guerre (27 septembre 1777) et soutenu, par le crédit de Maurepas, il se maiïntint au pouvoir malgré l'hostilité déclarée du parti qui s’agitait autour de la reine. Bien qu'il eùt été contraire à la réforme de la maison militaire du roi, il ne désapprouvait pas entièrement les projets du comte de Saint-Germain ; il se contenta de les modifier ; mais sa prudence passa pour de l'irrésolution et sa douceur pour de la faiblesse. Il s'opposa à la déclaration de guerre à l’Angleterre, et fit ressortir avec justesse le danger pour une monarchie absolue d'encourager l'insurrection des colonies d'Amérique. Contrarié dans ses vues par Necker, de Vergennes, le maréchal de Broglie et surtout par l'entourage de la reine. il ne fit à peu près rien au ministère. et donna sa démission le 17 décembre 1780. Parmi les nombreux mémoires qu'il remit au roi à cette époque, il v en avait un où il indiquait un moyen de combler le déficit des finances par la suppression successive de beaucoup d'emplois inutiles ; le roi l’'abandonna sur cette question, et ce fut le motif de sa retraite. Il habitait l’Arsenal lors de la prise de la Bastille par le peuple (14 juillet 1789). Sur un faux avis qu'on allait mettre le feu aux poudres qui se trouvaient dans cette forteresse, il s’'empressa de quitter son hôtel, fut arrêté en route par des insurgés, qui le prenaient pour le gouverneur de la Bastille, et aurait été massacré sans l'intervention courageuse du commandant de La Salle. Le 19 août suivant, il se retira avec sa femme au château de Rutfey, et de là à Besançon. Au mois de juin 1794. il s'enfuit à Neufchâtel ; chassé de ce canton avec tous les Français émigrés par l'arrêté du 25 janvier 1795, il alla s'établir à Constance, où il mourut, le 5 mai
MONTCURT — MONTESQUIU
1796, dans un état voisin de la gêne. On a de lui des Mémoires (Paris, 1826-1827, 3 vol. in-8°), rédigés en 1792, et qui contiennent, au milieu de redites fatigantes, d’inexactitudes et de détails oiseux, des renseignements intéressants sur les intrigues et les personnages de la cour de Louis XV et de Louis XVI. Son fils, Louis-Marie-François, périt sur l'échafaud à Paris, le 17 avril 1794, et la veuve de celui-ci, M'" de Laugeron, se remaria avec le prince Louis de La Trémoille. La fille du prince de Montbarey, née en 1761. épousa, en 1779, Le prince de Nassau-Saarbruck.
Mémoires du prince de Montbarey.
MONTOCURT (Pierre de), cardinal de Pampelune, occupait en 1380, le grand archidiaconé d’Elne. Archives des Pyr.-Or.. G. 115, 234.
MONTÉGUT (François-Etienne-Sébastien), meinbre de la Convention et député au conseil des Cing-Cents, né à Ille en 1763, mort à Constance (Suisse) le 3 octobre 1827. Paysan sans instruction, dit un rapport de police de 1822, Montégut se déclara partisan de la Révolution, et fut éln le 3 septembre 1792, député des Pyrénées-Orientales à la Convention, le quatrième sur çinq par 58 voix sur 112 votants. Il se prononça pour la mort dans le procès du roi Louis XVI. Au premier appel nominal, Montégut répondit: « Je guis convaincu que Louis est coupable. Il a rempli son château d'hommes armés, et dans sa réponse il dit qu'il était une autorité constituée, qu'il devait se défendre. Je dis, quand le peuple s'est levé, ce n'était pas pour assassiner, mais pour redemander ses droits. Cependant Louis a rempli son château de Suisses et de soi-disant Suisses, de gardes nationales ou soi-disant gardes nationales. Il a déchargé ses canons et sa mousqueterie sur les plus purs patriotes : il a versé le sang innocent; il est plus que coupable du crime de lèse-nation; je vote pour cet objet. » Au troisième appel nominal, Montégut reprit : « Je supporterai la responsabilité sans remords dans ma conscience. Comme cette détermination va décider du bonheur de la natioi:, je prie mes collègues. au nom de cette patrie. qu'entre nous finissent toutes discussions et que nous ne nous occupions que du salut public. Je vote pour la mort. » Montégut prit part ensuite à la réaction thermidorienne. Réélu, le 21 vendémiaire an IV, député des Pyrénées-Orientales au conseil des Cinq-Cents par 99 voix sur 101 votants, il ne prit la parole dans cette assemblée que pour faire rejeter la nomination de Job Aymé qu'il accusa du meurtre des patriotes dans le Midi. Montégut sortit des Cinq-Cents en l'an VI, et n'occupa plus de fonction publique. Atteint par les réserves de la loi d'amnistie du 12 janvier 1816.
perdit complètement la vue, et d’où il demanda à rentrer en France (août 1822). ILappuya cette demande en prétendant qu'on avait abusé de sa quasi-cécité pour lui faire signer. en 1815, l'acte additionnel. Il avait alors huit enfants. Sa requête ne fut pas accueillieet il mourut en exil. Les cartons de la police contiennent une demande de secours adressée au gouvernement, le 7 septembre 1830, pour son fils ainé tombé dans la misère.
ROBERT, BOURLOTON et Coucny, Dictionnaire des parlemenlaires.
MONTEILS (Jean-Pierre de Lacombe de), vicaire-général de l’évêque Charles Gouy, fut pourvu du grand archidiaconé d Elne, le 23 mai 1767, vacant par la mort de Joseph Serra. Il garda la confiance des successeurs de Charles de Gouy sur le siège d'Elne et fut élu à la pluralité des voix, scrutateur de l’Assemblée du clergé roussillonnais qui nomma ses députés aux Etats-généraux, le 25 avril 1789. L'archidiacre de Monteils administra le diocèse d’Elne durant le temps où Antoine d'Esponchez siégea aux Etats-généraux. Il émigra au moment de la Révolution et mourut en Espagne.
Archives des Pyr.-Or., G. 117. — Abbé TonrEiLres. Les éleclions de 1789. — Mémoires de Jaume.
MONTESQUIU (Bernard de), abbé d'Arles, recueillit, en 1214. la succession de Gerard dez Bach. Ce prélat mourut le 9 septembre 1220, et fut enseveli sous la chapelle des saints Cosme et Damien, construite dans son église abbatiale. Sur son tombeau, placé à proximité de celui de l'abbé Arnulphe. on grava l’épitaphe suivante: Anno Domini MCC\XX. V idus Seplembris obiil Bernardus de Monte esquivo abbas istius loci.
Gallia christliana, VE, col. 108$.
MONTESQUIU (Guillaume de), seigneur de Montesquiu et de Saint-Estève, fit son testament le 29 mars 1214. Il laissa son château de Montesquiu à son fils aîné Bernard, tandis qu'il donna à son second fils Guillem-Guerrejat, le château de Saint-Estève, sa villa ainsi que les fiefs qui en dépendaient dans les territoires de Saint-Mamet et de Baho. Guillaume de Montesquiu mourut après l'an 1217.
ALarT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" série.
MONTESQUIU (Bernard de), fils du précédent, est appelé par erreur Bérenger dans la Chronique de Desclot. Il accompagna Nunvyo Sanche à la conquête de l’île de Majorque et y mourut probablement sans postérité, car il n'est plus fait mention de lui après
contre les régicides, il se réfugia à Constance où il | l’année 1229. Sa succession revint à son frère Guillerm-
Guerrejat. Ce dernier était encore seigneur de Saint- Estève en 1255. Divers actes du mois de juin 1261, le portent aussi vivant à cette date; mais Blanche, son épouse, se dit veuve au mois d'août suivant, et elle cut pour successeur, en 1266, Bernard de Montesquiu, qui élait sans doute son fils.
ALART, OP. Cil.
MONTESQUIU (Bernard de) prit parti pour le roi d'Aragon, en 1285, au dire du chroniqueur Desclot. Cet auteur avance qu'une vileta entourée de fossés, située en {och pla, entre le Volo et Perpignan, aurait élé vaillamment défendue contre les croisés français de Philippe-le-Hardi par une dame nominée N'Aligsen de Mont Esquiu. Le silence des historiens catalans, espagnols et français sur cette prétendue héroïne permet de révoquer en doute son existence et son glorieux exploit de guerre. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après le départ des armées françaises, lorsque Jacques [”, roi de Majorque, eut repris la libre et entière possession de ses états, Bernard de Montesquieu était encore maître de ses seigneuries de Montesquieu et de Saint-Estève. Il ne mourut qu'après l'an 1291, et ne laissa qu’un bâtard du nom de Guillaume qu'on trouve encore cité en 1301. Soit que celui-ci ne pût hériter à cause de sa naissance illégitime, soit que Bernard eût fait testament en faveur de Jacques I”, on trouve déjà tous ses biens occupés, en 1298, par le roi de Majorque. La seigneurie de Saint-Estève fut une dépendance directe des couronnes de Majorque et d'Aragon jusqu’en 1357. tandis qu’Adhémar de Mosset obtint de Jacques II les justices et les fiefs de Montesquieu. Guillaume de Montesquieu, fils naturel de Bernard, parait avoir eu un enfant appelé Arnald, lequel fit élever letombeau que l'on voit dans le cimetière de Montesquieu orné de l'inscription suivante: Anno Domini MCCCXXIIII guarlo kl seplembris Arnaldus Guillelmi de Montesquivo Jecil istud pilatilum et iacet hic mater sua cum genere Suo.
Archives des Pyr.-Or., B. 190. — pe Box\EFur, Fpigraphie roussillonnaise. — AbLART, op. cit.
MONTESQUIEU (Pierre-Raymond de) était seigneur de Sournia, en 1438. En 1439. il acheta à Jacqueline, fille de feu Galceran de Santa-Coloma, la moitié des châteaux de Belestar et de Tornafort, pour le prix de cent dix livres barcelonaises de tern. La famille de Montesquieu possédait aussi la moitié de la seigneurie de Caladroher. A partir de 1453, elle pril le Litre exclusif de seigneur dans divers actes Jusqu'en 1558.
Archives des Pyr.-Or., B. 279, G. 497. = M. PraTx, Le château de Caladroer et Les origines de Belestar-de-la-frontière, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. Let IE
MONTESQUIU — MONTMORT
MONTMORT (Louis Habert de), né en 1644, était le deuxième fils de Henri-Louis Habert, seigneur de Montmort, conseiller du Roi en ses conseils, maitre des requêtes de son hôtel et conseiller au Parlement de Paris, et de Marie-Henriette de Buade de Frontenac. Sa famille, très connue dans le monde des lettres, avait donné des membres à l’Académie française. Deux de ses oncles, Philippe et Germain Habert, avaient été membres fondateurs de cette illustre compagnie et son père en était le doyen lorsqu'il mourut le 21 janvier 1679. Il laissait la réputation d'un homme de lettres et d'un bibliophile; la célèbre Guirlande de Julie lui devait un de ses meilleurs sonnets, le Perce-Neige. et la bibliothèque qu’il avait formée dans son bel hôtel de la rue Vieille du- Temple, se recommandait par le nombre et par le choix des belles éditions revêtues de charmantes reliures, en maroquin rouge, par Le Gascon, portant sur les plats ses armes : d'azur, au chevron d'or accompagné de trois anilles ou fers de moulin d'argent, posés deux elun, celles-là mêmes que Louis Habert de Montmort plaça sur son blason épiscopal. Avant embrassé la carrière ecclésiastique, Louis Habert de Montmort fut pourvu de l’abbaye de Notre-Dame des Roches. au diocèse de Paris. Il monta sur les principales chaires de Paris et ne tarda pas à acquérir la réputation d'un orateur. Madame de Sévigné. qui l'avait entendu prêcher, écrivit à sa fille. le 1” avril 1671 : « Nous entendimes, l’autre jour, l'abbé de Montmort: je n'ai jamais ouï un si beau jeune sermon ; je vous en souhaiterais autant ‘à la place de votre Minime. Il fit le signe de la croix, il dit son texte, il ne nous gronda point, il ne nous dit point d’injures, il nous pria de ne point craindre la mort, puisqu'elle était le seul passage que nous eussions pour ressusciter avec Jésus-Christ. Nous le lui accordàmes, nous fûmes tous contents; il n’a rien qui choque, il imite M. d'Agen, sans le copier, il est hardi, il est modeste, il est savant, il est dévot ; enfin, j'en fus contente au dernier point. » Louis Habert de Montmort était à peine âgé de trentesix ans lorsque Louis XIV le proposa, le 2 novembre 1680, pour l'évêché d’Elne. Son avènement mit fin à une longue période de quarante années. durant laquelle le siège d'Elne avait été vacant ou n'avait été occupé que d’une manière éphémère. Il reçut les bulles de Rome, le 13 janvier 1681, et le 17 juin 1682, délégua ses pouvoirs au chanoine Bonaventure Cabaner pour prendre possession du siège épiscopal et prêler le serment accoutumé. Il assista, cette même année, à l'assemblée générale du clergé de France et fut sacré à Paris, le 12 août 1682, dans l'église du Val-de-Grâce par l'évêque de Troyes. Denis- François Bouthillier de Chavigny, assisté des évêques Jean d'Éstrées, de Laon. et Jean d'Estampes, de Mar-