‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 118 sur 227 · MONTMORT · texte numérisé non relu

MONTMORT

seille. Le 6 juillet de la même année, il prit possession de son siège par procureur et prêta de même serment à l’église Saint-Jean, le 29 novembre. Louis Habert de Montmort entra dans son diocèse le 8 septembre 1682 et refusa la réception qu'on avait coutume de faire aux évêques en pareille circonstance. Il fit paraître immédiatement le zèle qui le dévorait pour le maintien du respect dù à la sainteté de la maison de Dieu. C’est ainsi que le 7 avril 1683. son vicaire-général Cabaner lança un mandement au sujet des processions du jeudi et du vendredi saints. L'autorité diocésaine affirma que l'ordonnance était rendue nécessaire « tant à cause du peu de modestie de ceux qui les composent, comme par la indessence, escandol et dérizion que cauzent leurs vêtements et leurs actions ». Elle porta encore défense de laisser les églises ouvertes après l’Angelus du jeudi saint ; elle proscrivit aux maîtres de cérémonies ou autres de faire porter pendant ces processions la queue de leur robe qui ne devait pas avoir plus de trois pans, de friser ou poudrer leurs cheveux, de porter des cordons de sparterie et d'entrer dans les maisons pour boire ou manger.» Elle intima l’ordre d'observer « le cilence et la modestie dans l’église de Notre- Dame de la Réal, dans l’occasion qu'on faira la dessente de la croix. » Scrupuleux observateur des prescriptions de la liturgie, Louis Habert de Montmort prit des mesures pour leur stricte observation dans le chœur de la cathédrale. Le Conseil Souverain lui adressa une lettre, le 26 mai 1683, pour lui défendre toute innovation dans la police du chœur. Trois jours plus tard, cette missive ayant été notifiée au vicaire-général. l'évêque d’Elne y répondit par une ordonnance, datée du 8 juin, pour enjoindre d’observer exactement le cérémonial romain dressé par le pape Clément VIII. Peu de temps après son arrivée à Perpignan, Louis Habert de Montmort inaugura et bénit l’autel ct le retable des saintes Eulalie et Julie, œuvre du sculpteur Melair, qu’on voit dans le transept septentrional de la cathédrale Saint-Jean. La table en marbre blanc de cet autel porte l'inscription suivante : {loc aliare fuit dedica- {um in honore sanclorum martyrum Eulaliæ el Juliæ, Ludovico de Montmort episcopo Elnensi, regnante Ludovico Magno rege Galliæ. Il fit don à cette même église de deux reliques insignes, celles des chefs de saint Marcel et saint Valère, martyrs, renfermés dans des urnes de cristal. Ce prélat institua encore, dans la cathédrale, une procession, pourtousles seconds dimanches du mois, dans le but de réparer les blasphèmes proférés contre Dieu et les saints. Elle se déroulait à travers la nef de Saint-Jean, au chant du psaume Benedicile omnia opera Domini Domino qu'exécutait le clergé. Le 30 septembre 1682, Louis Habert de Montmort bénit l'église des Jésuites de

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