‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 121 sur 227 · NAVARRE — NICOLAU · texte numérisé non relu

NAVARRE — NICOLAU

en 1600. De retour dans sa patrie, Navarro s'y fit recevoir docteur en théologie, en 1605. Il fut successivement recteur du collège Saint-Guillaume, prieur des couvents de Perpignan, de Saragosse et de Barcelone. Nommé définiteur et enfin, en 1620, provincial de son ordre, Navarro mourut à Barcelone, le 26 juillet 1629. Il a écrit l'Histoire de la vie de saint Nicolas de Tolentino.

Annuaire de 1834.

NÉGRE (Michel), sculpteur de Perpignan, construisit en 1688, le retable du maîïtre-autel de l’église Saint-Martin de Fourques. On trouve à Perpignan. en 1698, un sculpteur nomimé François Nègre, qui pouvait être le fils de Michel. Le 10 mars 1776, Patrice Nègre, sculpteur de Perpignan, passa, avec la communauté ecclésiastique de Saint-Jacques de Perpignan, un bail emphytéotique d’une pièce de terre inculte, sise à Cabestany.

NICOLAU (Antoine), savant théologien et habile politique naquit à Perpignan vers la fin du xur siècle. Il entra dans l’ordre des Grands-Augustins et fut, en 1336, professeur de théologie à Perpignan, dans le couvent de son ordre. Sa prudence, ses vertus etson esprit conciliateur lui méritèrent l'estime et la confiance de plusieurs souverains et le firent charger de plusieurs missions délicates et importantes. Il travailla souvent sous le cardinal de Rhodez, qui avait été envoyé par le pape Clément VI, pour rétablir la paix entreles rois de Majorque et d'Aragon. Pierrre IV et la ville de Perpignan députèrent Antoine Nicolau vers ce cardinal, le 22 juillet 1343. IL fut envoyé peu de ternps après, auprès du roi d'Aragon par Jacques IT, roi de Majorque. Il mourut à Perpignan, dans le couvent de son ordre, en 1346.

Annuaire de 1834.

NICOLAU (Pierre) naquit à Millas, dans la seconde moitié du xvr siècle. D'abord professeur de théologie à l'Université de Perpignan, il devint ensuite prieur de Sainte-Marie d'Espira-du-Conflent; ce poste était, au dire d'un historien, « la cure la plus enviée dans le pays. Dans la liste des bénéfices curiaux, il occupait le premier rang dépassant de beaucoup tous les autres et par la nature de son titre et par l'importance de ses propriétés et par l'étendue de ses dimes ». Il écrivit l'historique de son prieuré, qu'il fit imprimer à Perpignan en 1630, dans un volume in-4° ayant pour titre: Noms, virluts, perfeccions, gracias, excellencias, grandesas proprias y formula de la sanctissima Verge Maria de Espira de Conflent. Cet ouvrage qui renferme quelques anciennes

NOAILLES

chartes n’existant plus ailleurs, n’est guère connu que par un extrait inséré par Renard de Saint-Malo dans son Cartulaire roussillonnais. Get érudit déclare que l'ouvrage compte 400 pages et il cite le chapitre III consacré à démontrer l'antiquité de l’église, d’après son caractère architectonique et des documents remontant aux xr' et xn' siècles. Pierre Nicolau fut en outre commissaire du Saint-Office de l’Inquisition pour la province du Roussillon. On lui attribue encore : Alabanza... de la Mare de Deu, imprimé à Perpignan en 1630.

TorREs-AumarT. Diccionario crilico de los escrilores catalanes. — Annuaire de 1834. — Abbé J. Careize, Etude historique sur Millas.

NOAILLES (Adrien-Maurice, duc de), maréchal de France, fils d’'Anne-Jules, comte d’Aven, puis duc de Noaiïlles, naquit le 29 septembre 1678, à Paris, et y mourut le 24 juin 1766. Il épousa en 1698, Françoise d’Aubigné, fille du frère de M” de Maintenon. Connu dans sa jeunesse sous le nom de Comte d’Ayen, il fit ses premières armes en Catalogne, sous les veux de son père. D'abord cornette du régiment de cavalerie du maréchal, il obtint une compagnie, en 1693, assista au siège de Roses. à la bataille du Ter, à la prise de Palamos et de Gérone. La naissance et les talents du comte d’Ayen lui assurèrent un avancement rapide. Dès 1695, il commandait en second une brigade de cavalerie. Après que son père eut quitté la Catalogne, Adrien-Maurice continua de servir sous le duc de Vendôme, dont il mérita les éloges et la confiance. Destiné, en 1705, à commander en Espagne, il parut, l’année suivante. sur le théâtre de la gloire de son père; mais les circonstances n'étaient plus les mêmes. Un petit-fils de Louis XIV avait été appelé sur le trône d'Espagne. Après quelques années d'une domination mal affermie, une partie de ses sujets soulevée par des étrangers, aidée de leurs troupes, s'était ouvertement révoltée. La Catalogne était une des provinces d'Espagne les plus dévouées à l’Archiduc qui disputait le trône à Philippe V ; aussi les Français n’y eurent pas de grands succès. Leurs troupes peu nombreuses étaient mal disciplinées ; leur chef, le maréchal de Tessé, ne combattait qu'avec la certitude de ne pas réussir, et cette malheureuse prévention entravait toutes ses démarches. Noaïlles, honoré de la confiance particulière de Philippe V, trouva quelques occasions de le servir ; mais on le rappela bientôt dans le Roussillon, exposé aux hardies entreprises de l'ennemi. On lui avait promis, pour la défense de ce pays, des troupes que le mauvais état des affaires de France empêcha de lui envoyer. Il était alors lieutenantgénéral. Réduit à se maintenir dans le Roussillon, il ne négligea rien pour garantir des attaques de

l'étranger cette partie du royaume ; et l’année suivante (1707), malgré le petit nombre de ses troupes, il résolut de tenter une diversion en Catalogne contre les ennemis battus au centre de la Péninsule par le maréchal de Berwick. Il entra dans la Catalogne, devenu capitaine des gardes du corps sur la démission de son père (17 février 1707). Il continua de commander l’armée du Roussillon et des frontières, par pouvoirs des 5 avril 1707, 7 mai 1708 et 26 avril 1709. En 1707, il s’avança dans la nuit du 25 au 26 juin, contre Bascara et contre le château de Calabons. La garnison de ce château composée de 140 hommes se rendit prisonnière de guerre, et on démolit le château. Il revint à Bascara, le mit à contributions et le fit démanteler. Le 9 septembre, il pénétra dans la Cerdagne, et s’empara. le 12, de Llivia, où les députés de Puycerda lui présentèrent les clefs de leur ville. La province entière suivit l'impulsion donnée par la capitale. Il bâtit une citadelle à cinq bastions avec des demi-lunes. Il fit aussi fortifier Bellver, et chassa huit cents hommes d’un fort voisin qu'il fit raser. Le duc de Noaiïlles, après avoir pourvu à la sûreté des places du Roussillon, revint à la Cour. En 1708, retournant à son armée, il canonna les alliés, au Pont-Major, et nourrit son armée à leurs dépens. Il fit une diversion favorable à l’entreprise du duc d'Orléans qui assiégeait Tortose et conserva la ville de Roses. En 1709, les alliés étant campés à Chatillon, à Bascara et à Figuères, le duc de Noailles entreprit d'enlever ces trois quartiers. Pour y parvenir, il évita les routes ordinaires, en choisit deux moins fréquentées et fit suivre la meilleure par sa cavalerie. Il s’avança avec 2.000 grenadiers par le col de Recasens, le 5 août au soir ; le 6, à deux heures après minuit, il entra dans la plaine de Figuères ; mais une partie de la cavalerie s'étant égarée dans les montagnes, il ne fut joint, une heure avant le jour, que par six escadrons ; ce retard ne lui permit pas de couper les trois quartiers.Iltomba cependant sur deux régiments de cavalerie postés près de Figuères. La garnison sortit pour les soutenir; mais le duc de Noailles la poursuivit à toutes brides dans un chemin coupé, où elle essuya deux décharges de la cavalerie et une de l'infanterie. Il força les troupes de l'infanterie de la garnison, de mettre bas les armes, et mit en déroute la cavalerie. Tout y fut pris ou tué avec le bagage. Un lieutenantcolonel, un major, vingt-cinq capitaines et cinq cents cavaliers ou soldats furent prisonniers. Frankenberg, général major des troupes palatines, s'étant retranché avec deux mille hommes de cavalerie, sur le bord du Ter, près de Gérone, le duc de Noailles vint à lui par un défilé qu’on ne croyait pas praticable ; et, pour mieux tromper son ennemi, il ordonna à son infanterie de marcher à la droite du Ter vers

le Pont-Major. Le duc de Noailles était à trois quarts de lieue du camp de Frankenberg, le 2 septembre, à une heure du soir. Celui-ci, avec un détachement, s'avança pour le reconnaître ; mais il fut aussitôt enveloppé, blessé de deux coups de sabre, et fait prisonnier ; on tua une partie de sa troupe et on prit l’autre. Cependant les fuyards poursuivis donnèrent l'alarme au camp. en sorte que le duc de Noailles trouva les ennemis en bataille derrière un ravin. A son approche, ils s'enfuirent sous le pied de Gérone et dans les montagnes, laissant leurs tentes, leurs équipages et leurs munitions.Il pénétra en Catalogne jusqu’à Olot et à la plaine de Vich ; il en tira des secours en grain et en argent qui répandirent l’abondance dans son armée. Il assura même pour tout l'hiver la subsistance des troupes en Roussillon, par la précaution qu'il eut d'y faire transporter une bonne partie de ces grains ; aussi son armée ne se ressentit-elle pas de la disette générale qui désolait alors la France. Il se démit de son régiment de cavalerie en faveur de ses frères, le 7 décembre de cette année. Il commanda en chef l’armée de Catalogne, par pouvoir du 24 avril 1710. Etant campé au Boulou, au-delà de Perpignan, il y reçut la nouvelle qu’une flotte de vingt-quatre vaisseaux anglais et hollandais avait débarqué, le 25 juillet, sur les côtes de Languedoc, entre Agde et Cette. Le duc de Noailles sentit le danger d’un pareil débarquement et comprit combien il serait facile aux ennemis de se soutenir par le secours de la mer. Jugeant aussi qu'avec un tel établissement, ils entretiendraient la révolte du Vivarais et des Cévennes, il n’attendit aucun ordre, accourut du Roussillon, fit marcher neuf cents chevaux, mille grenadiers et un train d'artillerie dans lequel il y avait des pièces de 24. Tout arriva devant Agde en quarante-huit heures. Il força les Anglais d'abandonner Agde, en battit six cents près de Cette, et reprit, l'épée à La main, le fort dont ils s'étaient emparés. Cette affaire obligea la flotte anglaise de mettre à la voile et de se retirer. Le duc de Noailles se rendit à Versailles et y proposa le siège de Gérone; en même temps Philippe V le nomma commandant en Catalogne avec un pouvoir absolu et illimité. Il retourna à Perpignan, où il arriva avec les troupes qu'il avait réussi à rassembler ; puis il s’avança jusqu'à Gérone, où il ouvrit la tranchéele 27 décembre. Des pluies continuelles, le débordement des rivières, la séparation des quartiers. la défense opiniâtre des assiégés, une saison avancée auraient déconcerté une âme ordinaire et commune; mais le duc de Noailles persista dans son entreprise, surmonta tous les obstacles et donna l'assaut le 25 janvier 17114, à la ville basse, qu'il emporta. La ville haute capitula et se rendit le 25. Les ennemis évacuèrent, le 31, les forts de la montagne des capucins. Mais il fut rap-

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pelé presque aussitôt après la prise de cette ville, à la suite d’une intrigue qu'il avait ourdie avec le marquis d'Aguilar, pour donner une amante au roi d'Espagne. A la mort de Louis XIV, il entra au Conseil des Finances qu'il présida sous le maréchal de Villeroy, fut disgracié pour son opposition aux mesures financières de Law (1718) et exilé (1722-1723). Maréchal de France et commandant en chef, avec Asped de l’armée d'Allemagne (juin 1734), il reçut la capitulation de Philipsbourg, et l’année suivante alla servir en Italie. Favori de Louis XV et de M"° de Chàteauroux, il fut nommé ministre d'Etat (1743), et, mis à la tête de l’armée d'Allemagne, perdit par l’imprudence de son neveu, le duc de Gramont, la bataille de Detsingen (27 juin) ; il ne fut pas plus heureux l'année suivante en Alsace contre les Autrichiens. Ambassadeur extraordinaire à Madrid (1746), il continua, jusqu’en 1756, époque où il se retira, à exercer une grande influence sur les opérations militaires et sur les affaires. L'abbé Millot a publié, ou pour mieux dire a rédigé, d'après des documents, les Mémoires du duc de Noailles, qui parurent en 1777 et qui ont été réimprimés dans les grandes collections. Il existe du Maréchal et de sa famille des lettres et de nombreux manuscrits à la Bibliothèque nationale.

HœrEr, Nouvelle biographie générale.

NOAILLES (Anne, comte, puis premier duc de) mourut à Paris, le 15 février 1678. Il fut gouverneur du Roussillon, lieutenant-général d'Auvergne, premier capitaine des gardes du corps et obtint en novembre 1663, l'érection du comté d’Ayen en duché-pairie.

HœrEr, Nouvelle biographie générale.

NOAILLES (Anne-Jules, comte d’Ayen, puis duc de), fils d'Anne de Noailles, né le 5 février 1650 à Paris, mort à Versailles le 2 octobre 1708. Il fallait que Anne-Jules de Noaiïlles eut donné une haute idée de ses talents, pour que, nommé gouverneur général du Roussillon le 1” février 1678, sur la démission de son père, qui mourut le 15 (il prit alors le nom de duc de Noaiïlles), on lui confiät en plus celui de Languedoc, le 29 mai 1682, lorsqu'il n'avait encore que trente-deux ans et dans les circonstances les plus difficiles. Le gouvernement de Roussillon avait mis de Noaïilles à portée de connaîitre la partie de l'Espagne, voisine de cette province. Les Catalans, fatigués de la domination Espagnole qu'ils cherchèrent si souvent à secouer, voulaient tenter de nouveau de se rendre indépendants de l'Espagne, sous la protection de la France. Louis XIV destina une petite armée pour les secourir, et le 8 mars 1689, il en confia le commandement au duc

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de Noailles qui entra bientôt en Catalogne. Mais dans la campagne, le peu de troupes qu'il avait sous ses ordres et les contrariétés qu'il éprouva plus d’une fois de la part de Louvois, ne lui permirent point d'entreprendre des opérations d’une grande importance. Il trouva moyen cependant de signaler ses talents comme général par quelques expéditions préparées avec prudence et exécutées avec hardiesse et succès, et surtout par les soins généreux qu'il prit du soldat et ses ménagements pour le pays qu'il occupait. On doit particulièrement remarquer qu'il s'empara, le 19 mai, de la ville et du faubourg de Camprodon, et le 23, du Château, lieu très fort, que quarante ans auparavant un général français, mieux secondé que lui. avait assiégé en vain pendant plusieurs mois. Toutes les populations des environs vinrent prêter serment de fidélité : Ripoll, Saint-Jean de las Abadessas, toute la vallée de Ribes, se soumirent. Le duc de Noaiïlles laissa aux habitants de Ripoll, la garde de leur ville, mit garnison dans Saint-Jean et dans les tours de la vallée de Ribes, postes importants qui assuraient l'entrée de la Catalogne. Il réduisit aussi les habitants des montagnes, peuple le plus aguerri de tout le pays et le plus attaché à la domination Espagnole. Il pourvut Camprodon de toutes les choses nécessaires et d’une forte garnison. Il établit le 15 juin, à Sainte-Léocadie (Santa Locaya en catalan — Saint Locaye dans les rapports du duc de Noailles), une nombreuse garnison et des magasins de vivres. Les Espagnols avant entrepris, au mois de septembre, le siège de Camprodon, le duc de Noailles donna l’ordre d'évacuer la place. Le gouverneur en étant sorti avec la garnison, en fit sauter le château ainsi que les fortifications ; les équipages et l’artillerie défilèrent, et on se retira en bon ordre, en présence d’une armée supérieure en nombre, sans rien perdre des bagages. Les Espagnols rentrèrent dans Camprodon ; mais ce poste avait considérablement perdu de son importance, par les mesures que prit le général français. Nommé colonel d’un régiment de inilice levé en Roussillon, par commission du 1° mars 1690, le duc de Noaïlles commanda l’armée dans cette province par pouvoir du 8 avril. Il reprit Saint-Jean de las Abadessas et Ripoll, bloqua Gérone. s’éloigna ensuite de cette place qu'il n’était point en état d’assiéger, fit subsister ses troupes aux dépens des Catalans, et ruina tout ce qu'il ne put consommer. Il observa les ennemis et distribua son armée dans ses quartiers. Commandant l’armée par pouvoir du 1” avril 1691, il assiégea Ürgel, qu'il prit le 11 juillet. Il s'empara ensuite d'une abbaye considérable, fortifia Bellver et fit différents détachements qui enlevèrent le château de Valence et celui de Roy. I leva, par commission du 31 octobre, un régiment d'infanterie de son nom,

dans lequel on incorpora son régiment de milice roussillonnaise. Il obligea les Espagnols de lever le siège de Prats-de-Mollo. Commandant l’armée du Roussillon par pouvoir du 15 avril 1692, il se tint sur la défensive. Créé maréchal de France, par état donné à Versailles le 27 mars 1693, il prêta serment le 28. Commandant la même armée par pouvoir du 26 avril, il ouvrit la campagne par le siège de Roses, ville bien munie et bien fortifiée et qui, cependant, capitula le 9 juin. Après cette victoire, il eut ordre d'envoyer un détachement de son armée au maréchal de Catinat, ce qui l’obligea de pourvoir à la sûreté de sa conquête et de se retirer dans le Roussillon. Il commanda encore l’armée de cette province par pouvoir du 24 avril 1694. Nommé vice-roi de Catalogne, par provisions du 1” mai, il passa le Ter, malgré le feu des Espagnols, qui avaient sur l'autre bord trois bataillons retranchés, soutenus de dix escadrons. Il força ces troupes, tailla en pièces partie de l'infanterie et fit le reste prisonnier ; la cavalerie espagnole s’ébranla au premier mouvement des escadrons français et lâächa pied. Les ennemis se mirent en bataille vis-à-vis de Berges, ayant devant eux un canal, dont les bords étaient entièrement relevés. La cavalcrie française ne pouvant passer ce canal que sur un pont, les grenadiers le franchirent ; la cavalerie espagnole plia et l'infanterie se jeta dans les chemins creux, d’où elle s'enfuit dans les bois et les montagnes. Les espagnols perdirent tous leurs équipages et toutes leurs tentes. On leur fit 2.200 prisonniers et on leur tua 3.500 hommes. L'action avait commencé le 27 mai à la pointe du jour, entre trois et quatre heures, et ne finit entièrement qu’à onze. Le maréchal ayant fait couvrir Palamos, on y ouvrit la tranchée dans la nuit du 1” au 2 juin. Il établit son quartier à Saint-Jean et y fut blessé de l'éclat d'une poutre que frappa un boulet de canon, lorsqu'il entrait dans sa chambre. Il emporta Palamos d'assaut, le 7 juin. On tua aux assiégés 300 hommes et on leur en prit 600. Le reste de la garnison s'étant retiré dans le fort qui était séparé de la ville par un ravin et défendu par quatre bastions, le maréchal fit pousser les travaux jusqu'aux glacis et força le gouverneur de capituler le 17. Après la prise de cette place. le maréchal de Noailles entreprit d’assiéger Gérone, dont la garnison était de 5.000 hommes de pied et de 600 chevaux. Le gouverneur de cette place, n'oubliant rien pour sa défense, fit faire des coupures, des barrières et des retranchements dans la ville. Plusieurs forts et un grand nombre de redoutes se liant au système défensif de la place, la mettaient, d’ailleurs, en état de soutenir plus d’un assaut. Le maréchal emporta, le 22, le fort des Capucins, et le 26, celui du Connétable. Le 29, on poussa la tranchée si près de la ville qu’on se prépara à l’assaut pour

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le lendemain ; mais les assiégés battirent la chamade et capitulèrent le même jour. La garnison s’obligea à ne pas servir le reste de la campagne. On trouva dans les places, 42 pièces de canon, 2 mortiers, 72 milliers de plomb, 48 milliers de mèches et 600 sacs de farine. Ainsi cette place, qui n'avait jamais été prise, fut enlevée par le maréchal, en cinq jours de tranchée ouverte. Il investit ensuite Hostalrich, le 18 juillet. Les assiégés s'étant retirés dans le château, on l’attaqua aussitôt. Le 20 à midi, un grenadier du régiment de Noailles impatienté de ce que les Espagnols jetaient continuellement des pierres dans le poste avancé que les grenadiers gardaient, monta sur la muraille du premier retranchement, et, s’apercevant qu'une partie des assiégés l'abandonnait, et que l’autre penchait à en faire autant, il aida alors un de ses camarades à monter avec lui. Tous deux se jetèrent dans le retranchement. Aux cris que poussèrent ces braves, survinrent d’autres grenadiers, ainsi que les détachements des postes avancés. Ils poursuivirent les Espagnols, entrèrentaveceuxdans le second retranchement et forcèrent les autres avec le même succès. Les assiégés tinrent cependant ferme à une palissade ; mais on l’emporta et on les suivit dans leur retraite. Les Français ayant ainsi pénétré avec eux dans le château, les Espagnols mirent bas les armes et demandèrent quartier. On le leur accorda. Quant aux soldats ennemis qui se trouvaient dehors et qui se sauvaient dans les bois, on tua les uns et on fit les autres prisonniers. Cette action ne coûta au maréchal que huit hommes tués et douze blessés. Les Espagnols eurent cent hommes tués, cent huit blessés et laissèrent cinq cents prisonniers. Le maréchal s’empara ensuite de Carbera, poste avancé dans le pays et qui lui donnait la facilité d'étendre les contributions. Il mit les troupes en quartiers de rafraichissement : mais. bientôt après il en détacha douze bataillons. trois cents chevaux, cent carabiniers et deux cents hommes des deux régiments de Noaïlles. Résolu de prendre Castellfollit par un endroit où il était sùr de ne pas être attendu, il imagina d'ouvrir un chemin là oüiln'y en avail point et en fit effectivement pratiquer un de 1.800 toises dans les montagnes. Il parut, le 4 septembre, devant Castellfollit; mais ayant trouvé que les paysans s'étaient joints à quelques soldats espagnols pour secourir la place, le maréchal détacha, le 6, quelques troupes qui battirent ce secours dans les montagnes et tuèrent cent cinquante hommes. Le 8, le gouverneur de Castellfoilit capitula et se rendit prisonnier de guerre avec sa garnison forte de mille hommes. Pendant que le maréchal de Noailles était occupé à faire ce siège, les Espagnols eurent le moment favorable pour reprendre Ilostalrich. Le maréchal se hâta de marcher au secours de

cette place quiétait sur le point de capituler ; mais à son approche, les ennemis levèrent le siège le 11. Il commanda l’armée du Roussillon par pouvoir du 20 avril 1695. Il apprit, en arrivant à Perpignan, que les ennemis avaient formé deux corps de miquelets, dont l’un serrait de près Hostalrich et l’autre bloquait Castellfollit. Le maréchal arrêté par une indisposition que les fatigues d’un long voyage avaient encore augmentée, détacha une partie de son armée vers Hostalrich avec un convoi; elle y arriva le 3 mai. Les ennemis se retirèrent et le convoi entra dans la place. Pendant qu'on marchait au secours d’Hostalrich, le maréchal avait encore détaché 4.000 hommes de milice du Roussillon dans les montagnes, pour y faciliter le passage d'un convoi destiné pour Castellfollit ;: on chassa des montagnes 3.000 ennemis et on arriva devant Castelifollit, le 28. Malgré une vive résistance, opposée par les miquelets et par cinq bataillons espagnols, les troupes qui avaient ravitaillé Hostalrich, réunies aux milices du Roussillon, forcèrent les passages et on fit entrer dans la place quatre compagnies d'infanterie et cinquante mulets de convoi. La maladie du maréchal continuant, il remit le commandement de l’armée au duc de Vendôme. Le maréchal duc de Noaïlles vécut dès lors délaissé de la cour malgré sa servilité et, suivant l'expression du duc de Saint-Simon, mourut de gras fondu. Il avait épousé Marie-Françoise de Bournonville, femme d’un esprit supérieur, qui le rendit père de vingt-un enfants et mourut âgée de 94 ans en 1748. HœrERr, Nouvelle biographie générale.

NOAILLES (Louis, comte, puis duc d’Ayen et de), fils d’Adrien-Maurice, né le 21 avril 1713, mort Le 25 août 1793, à Saint-Germain en Laye. La faveur dont jouissait sa famille et les services secrets et peu honorables qu'il rendit à Louis XV, lui attirerent faveurs sur faveurs et, sans avoir rien fait d’éclatant, il fut nommé maréchal de France le 24 mars 1775. Par provisions données à Paris le 2 février 1768, le comte d’Ayen, alors âgé de moins de cinq ans, fut. pourvu de la compagnie écossaise des gardes du corps du roi, du gouvernement général du Roussillon, en survivance de son père, et du gouvernement particulier des ville et citadelle de Perpignan, du gouvernement de Saint-Germain en Laye, et de la capitainerie des classes indépendantes. À la mort de son père (1766), il fut proclamé gouverneur général du Roussillon et prêta aussitôt serment en cette qualité. Le comte d’Ayen conservait à la cour une indépendance de langage rare, surtout à cette époque. Louis XV lui ayant dit un jour que les fermiers généraux soutenaient l'Etat. « Oui. Sire,» répondit-il, « comme la corde soutient le pendu ! »

Hœrer, Nouvelle Biographie générale.

NOËLL 397

NOËLL (Arnau de) acquit, le 20 décembre 1412, la baronnie de Vilaro qui lui fut concédée en franc et libre alleu, avec toute juridiction. Ce fief, enclavé entre les possessions seigneuriales de l’abbaye d'Arles, l’ancienne paroisse de Coustouges, les domaines de la baronnie de Cabrens et Montalba, comprenait tout le bassin de la rivière du Terme, affluent du Mondony, et son territoire était partagé, au point de vue agricole, entre cinq ou six manses isolés. Ce lieu était connu au xu‘ siècle sous le nom de vilar ou alleu de Doda.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 492.

NOËLL (François de), seigneur de Vilaro, est connu par un acte du mois de février 1443, par lequel il procéda à la nomination d'Hippolvte Vilar comme bailli de sa seigneurie.

Archives de la famille.

NOËLL (André de), seigneur de Vilaro en 1500, était encore vivant en 1529.

Archives de la famille.

NOËLL (Pierre de), seigneur de Vilaro, fit son testament en 1564, au mas Noëll qu'il possédait avec neuf autres manses, sur le territoire de Saint-Laurentde-Cerdans. sous la directe de l’abbaye d’Arles. Son fils, Philippe, qui fut aussi son héritier universel, mourut en 1583.

Archives de la famille.

NOËLL (Damien de), qualifié de baron de Vilaro, fut bailli de Saint-Laurent-de-Cerdans de 1600 à 1610, tandis que son frère Pierre occupait la cure de cette paroisse avec le titre de sacrislain de Sainte- Marie de Coustouges (1593-1621). Ce dernier fonda, dans l’église abbatiale d'Arles, un bénéfice en l’honneur des saints Côme et Damien. Damien de Noëll laissa trois fils : Philippe, Jacques et André.

NOËLL (Philippe de), fils aîné du précédent, baron de Vilaro dès 1612, mourut Île 2 juillet 1631 sans laisser de postérité.

Archives de la famille.

NOELL (Jacques de) succéda à son frère Philippe dans l'héritage paternel. Il ajouta à son titre de baron de Vilaro le qualificatif de « seigneur utile du mas Noëll et du mas Ferran de la Garrigue de Peralade ». Jacques de Noëll fut premier consul de Saint-Laurent-de-Cerdans en 1640. Il recueillit la succession de son frère André, qui fut curé de Saint- Laurent-de-Cerdans entre les années 1629 et 1639.

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Jacques de Noëll avait épousé Anne Ferran qui lui donna un fils, André.

Archives de la famille,

NOELL (André de), fils du précédent, baron de Vilaro, mourut en 1675, laissant une fille unique, Marie-Anne, âgée de onze ans. Celle-ci unit ses destinées à Raphaël Roger, pagès de Massanet de Cabrenys, et lui apporta en dot les domaines fonciers et juridictionnels de la baronnie de Vilaro, sous le pacte que leurs enfants et leurs descendants seraient tenus de prendre le nom et les armes de la maison de Noëll. De cette union naquit un fils. Thomas.

NOELL (Thomas de), fils de Raphaël et de Marie- Anne de Noëll, baron de Vilaro, épousa, en 1771, Marguerite Serradell et Cremadells, de Cortsavi. Il mourut en 1719, ne laissant qu'un seul héritier.

Archives de la famille.

NOELL (Raphaël de), fils du précédent, épousa, en 1733, Marguerite Camps, d’Arles-sur-Tech. De ce mariage étaient issus dix enfants : Abdon. l'aîné. né en 1734, qui suit; Thomas. prêtre, vicaire à Millas en 1765 et ensuite curé des Bains d'Arles, décédé en 1779 ; Raphaël, qui épousa, en 1770, Thérèse Marty et Sampso ; Marguerite, épouse de Damien de Costa de Saint-Laurent-de-Cerdans ; Marie, épouse d’Ignace de Boixo, de Millas ; Laurent, prêtre ; François, héritier universel des biens de sa mère et de son frère Raphaël, décédé en 1802, peu après son retour d’Espagne où il avait émigré pendant la Révolution : Jean. licencié en droit, religieux de l’ordre de saint Benoît et sacristain de l’abbaye d'Arles, mort le 25 mars 1824; Catherine, épouse de Girvès, et Joseph.

Archives de la famille.

NOELL (Abdon de), fils et héritier universel de Raphaël, épousa, en 1765, Marie-Antoinette de Terrades, fille de Joseph de Terrades, citoyen honoré de Barcelone, originaire de Figueras (Espagne). Il obtint, en 1766. du roi Louis XV, des « Lettres de confirmation de noblesse » destinées à remplacer les titres primitifs qui avaient été brülés pendant l'invasion des Espagnols, en 1676. En 1777, Abdon de Noëll prêta serment de foi et hommage au roi. à raison de sa baronnie. Très versé dans les questions agricoles, le baron de Noëll adressa, en 1787, un mémoire à l’Assemblée Provinciale du Roussillon pour protester contre le dernier règlement rendu par les consuls de Perpignan au sujet du ruisseau de cette ville. IT assista, en 1789. à l’assemblée de la

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noblesse du Roussillon, convoquée pour élire des députés aux Etats généraux. Cette même année, il maria sa fille Marguerite avec Emmanuel de Jaubert de Saint-Malo, écuyer, officier au bataillon de Bourbon. Pendant la Révolution, il combattit courageusement, avec trois de ses fils, pour la cause royaliste, dans le bataillon des émigrés de Saint-Laurent-de- Cerdans qui avait été organisé sous son instigation, en 1793, au moment de l'entrée des troupes espagnoles en Roussillon. Tous ses biens furent vendus par la nation et, après la guerre, il dut s'expatrier en Espagne, où il mourut en 1800. Sa famille rentra en France la même année. De son mariage avec Marie-Antoinette de Terrades, il avait eu sept enfants : Thomas, l’ainé, décédé célibataire en 1821 ; Jean, né en 1775, époux de Catherine Diumenjo; Joseph qui épousa, en 1820, Catherine Boix et qui cut de ce mariage : Joseph, marié à Catherine Pons, de Cortsavi, Rose, épouse de Claret, Louis et Jean ; Damien, capitaine de voltigeurs, mort en 1830; Marguerite, épouse de Jaubert de Saint-Malo ; Catherine, épouse d'Estève de Girvès. de Puigcerda, et Abdon, décédé en 1812.

Archives des Pyr.-Or., B. 404. — Archives de la famille.

NOGUER (Jean-Antoine-Joseph de) appartenait à une famille de bourgeois nobles de Perpignan, de la création de 1689. Son père, qui était conseiller au Conseil Souverain, mouruten 1748. Jean de Noguer occupait à l’Université de Perpignan la chaire de droit civil, lorsqu'il recueillit la succession de son père au tribunal suprême du Roussillon. Des notes de l’Intendance portent sur lui le jugement suivant: « Bon travailleur, mais un peu lent ». Vers la fin de l’année 1760, le conseiller Jean de Noguer fut envoyé

à Mahon (ile de Minorque), alors en possession de la

France, comme commissaire du Conseil Souverain. Il fut chargé de l'instruction du procès criminel concernant l'assassinat de Lepousseur, commissaire extraordinaire des guerres dans cette île. En 1774, Jean de Noguer fut nommé conseiller de la Chambre du Domaine; en 1779, il devint avocat-général au Conseil Souverain du Roussillon, et mourut le 25 juillet 1782. Jean de Noguer épousa la sœur de Joseph d'Albert, d'Ille-sur-Tet, qui devint lieutenantgénéral de police à Paris et conseiller d'Etat. De leur union naquirent deux fils, Jean et Joseph, et deux filles.

Archives des Pyr.-Or., C. 1311. — Mémoires de Jaume.

NOGUER-ALBERT (Jean de), fils du précédent, fut nommé en 1788, par Lamoignon et sur la recommandation de son oncle Joseph d’Albert, procureur-général du Conseil Souverain du Roussillon, en remplacement de Joseph de Vilar de Boisambert.

Il émigra et se réfugia en Espagne en 1792, avec son épouse Esprer de Boaça. Jean de Noguer-Albert obtint en 1794 une pension du roi d’.:spagne.

Mémoires de Jaume.

NOGUER-PAGËS (Dominique de) naquit en 1725. 11 embrassa la carrière militaire et commença à servir la France dans le régiment de Tramel en qualité de lieutenant, dès 1749. L'année suivante, il fut fait sous-aide-major et subit la réforme en 1748. Dominique de Noguer-Pagès dressa, en 1758, la carte des côtes du Roussillon par ordre du comte de Mailly et obtint du roi une gratification de trois cents livres pour ce travail géographique. En 1759, il fut nommé capitaine des milices bourgeoises à Collioure et passa ensuite en la même qualité dans le bataillon des milices bourgeoises de Perpignan. Dominique de Noguer-Pagès fut accusé par le comte de Mailly d'être un des quatre auteurs de la comédie composée contre lui et la marquise de Blanes. Il fut enfermé par ordre du roi dans le fort de Brescou, en Languedoc. Il y était encore détenu le 24 avril 1780, date à laquelle son fils Joseph-Barnabé, né le 11 juin 1767, demandait son admission à l’école royale militaire. Le prince de Montbarey refusa d’agréer la supplique en prétextant que Joseph de Noguer avait dépassé l’âge réglementaire pour entrer dans le Prytanée militaire. Joseph de Noguer qui n'avait que deux sœurs figure sur la liste des émigrés.

Archives des Pyr.-Or., C. 1311.

NONET (Joseph), docteur de l’Université de Pérouse, avait été pourvu, en 1586, du grand archidiaconé d’Elne, à la suite de la résignation volontaire d'Antoine Clauses, octogénaire. Il éprouva des difficultés pour l'obtention de cette dignité canoniale dont il ne fut effectivement investi qu'en 1593. Joseph Nonet occupa l’archidiaconé d’Elne jusqu’en

Archives des Pyr.-Or., B. 437, G. 116, 720.

NUNEZ ou NUNYO SANCHEZ, en joignant à son nom celui de son père, comme la chose se pratiquait alors. succédant à don Sanchez à l'apanage du Roussillon, ne prit d’abord que le titre de Seigneur du Roussillon, Dominus Rossilionis, qu’il portait déjà du vivant de son père. En 1226, ce prince aida le roi de France, Louis VIII, à faire la guerre aux Albigeois, et il en reçut en récompense les vicomtés de Fenouillèdes et de Pierre-Pertuse, pour lesquelles il prêta l'hommage à ce prince, sauf la fidélité qu'il devait avant tout au roi d'Aragon. Pour concilier ces deux devoirs, il fut réglé que si une guerre venait à éclater entre la France et l’Aragon, Nunyo déposerait

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