‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 123 sur 227 · OLIV A · texte numérisé non relu

OLIV A

honneurs du doctorat à Perpignan, en 1580. Après avoir exercé la profession d'avocat à Barcelone durant quelque temps, Antoine Oliba se rendit à Salamanque pour se perfectionner dans l'étude de la jurisprudence et de la rhétorique. 1l occupa ensuite une chaire de droit à Lérida, et à l’âge de cinquante ans, retourna au barreau de Barcelone. Conseiller et avocat du roi à la Royale Audience, Oliba fut plus tard élu sénateur de cette ville. Il publia simultanément trois différents ouvrages qui sont d’une grande utilité pour l'intelligence des lois et des constitutions de Catalogne ainsi que des usages de Barcelone. Ce sont : /n Usalicum Alium namque... De Jure Fisci… Brevis summa Jurium regalium Regis Aragonum el comilis Barcinonensis, Barcelone, 1600, in-4°. En 1606. Oliba publia encore : De aclionibus, commentaria in duas parles divisa, 2 vol. in-fol. La première partie de cette œuvre contient l'exposé des principes du droit romain, et la seconde est relative à l'usage du barreau dans la principauté de Catalogne. Antoine Oliba ne laissa qu'une fille unique qui épousa Hippolyte Muntaner. Celui-ci a donné des commentaires sur les publications de son beau-père.

Annuaire de 1834. — TonREs-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.

OLIVA (Alexandre-Joseph) naquit à Saillagouse en 1823. Fils d’un habile fabricant de faïence, il était soldat au 2° hussards, à Béziers, lorsqu'il commença à attirer l’attention sur lui en exécutant quelques bustes et en obtenant. en 1844, dans l'Ariège, une médaille d'argent pour diverses sculptures. Les remarquables dispositions que révélaient ces essais furent signalées au public, et grâce à d'intelligentes interventions, A. Oliva parvint à se faire réformer. Peu après, il partait pour Paris et rentrait dans l’atelier du peintre Delestre, qui lui enseigna. non la sculpture, mais le dessin. Ce fut sans le secours d'aucun maitre qu'il apprit à modeler et à sculpter. Doué d’un véritable tempérament d'artiste, A. Oliva se mit à l’œuvre avec une ardeur qui ne devait point se lasser. N’appartenant à aucune école, ne procédant que de lui-même, n’exprimant que ce qu'il sentait, il ne tarda pas, après quelques tâätonnements. à dégager sa vigoureuse originalité. Ce qu'il s'attacha surtout à faire, ce fut d'animer le marbre, à lui donner l'expression et la vie, à éviter la banalité froide, à chercher sans cesse à perfectionner son talent par un incessant labeur. « En dehors de la tradition académique, écrivait, en 1855, Edmond About, le jeune sculpteur qui est arrivé au plus haut point de perfection est M. Oliva. Ses bustes, sans avoir le fini des plus beaux ouvrages de Pradier, ontle style grandiose de M. David. M. Oliva est un artiste original. Son Rembrandt, exécuté d'après un tableau, est un des

efforts les plus curieux et les plus heureux que la statuaire ait jamais empruntés pour imiter la peinture. C’est une sculpture coloriste. » A. Oliva a fondé sa réputation par ses bustes en marbre et en bronze dont le nombre est considérable. Dans ces œuvres, exécutées avec une rare babileté de praticien, on trouve à la fois la paissance de l'expression, l’intensité de la vie, la délicatesse et la grâce. Parmi les bustes qu'il a exposés, on cite : Mgr Parisis, évéque de Langres (1849): La reine de Hollande; la révérende mère de Javonhey (1852) ; Napoléon I‘ et Charlemagne, bustes de grandeur colossale ; Rembrandi en bronze, au Musée du Luxembourg (1853) ; M. Albert Rigauzx ; l'abbé Deguerry « un morceau irréprochable, dit Edmond About ; la vie s'y montre ferme et la pensée solide ; les yeux voient, les narines respirent. » (1855); Mgr Gerbel, évêque de Perpignan, le P. Ventura de Raulica, deux des œuvres les plus complètes de l'artiste ; M"° Henri Lemoine (1857); Le général Bugeau, pour le Musée de Versailles ; le R. P. Liberman, en bronze ; M. de Mercey ; M. Daude (1859); F. Arago, pour le Musée de Versailles, buste d’un grand caractère et d'une expression saisissante ; le lithographe Engelman ; Élienne, de l'Académie française; le P. Eustache Sapicha (1861) ; M. À. Fould ; M. de Villèle ; M. Lefuel, architecte (1863) ; Cherubini, pour le conservatoire de musique (1864); Richard Cobden, pour le Musée de Versailles (1866); M”° Joubert, terre cuite . d'une grâce ravissante (1867); Busle d'une jeune fille (1868) ; Napoléon III pour le Vaudeville ; le prince des Astluries (1869) ; Napoléon III ; l'Impératrice (1870) ; Colbert ; Saint Vincent de Paul (1872); Le baron Silberl (1874), morceau d'un grand style qui comptera parmi les plus beaux et les plus achevés de l’artiste. [l convient de citer encore, en dehors des expositions. les bustes de Pellisson, au Musée de Béziers ; René Caillé ; dom Brial ; Collin d'Harleville, au Théâtre français ; M. H. Lehman; M" À. Fould; M'" Alice Fould ; quatre bustes gigantesques au pavillon Denou, au Louvre : Philibert Delorme ;: Nicolas Poussin ; Jean Goujon ; Gérard Audran (1867), etc. Outre ces bustes, A. Oliva a exécuté un grand nombre de statues, où l'on trouve les mêmes qualités, et qui attestent, dans sa manière, un progrès constant : Saint Charles Borromée à Porto (Portugal)etle B.J.-B. de la Salle, deux statues gigantesques en marbre ; le Message, en marbre, dans la cour carrée au Louvre (1861); la statue en bronze de F. Arago (1865) à Estagel ; Saint François Régis pour les Dames de la retraite ; À près le premier péché, groupe (1867;; La Vierge (1868) ; l'hydraulicien Cordier, pour un monument funéraire qu’on voit à Béziers (1867) ; l'abbé Deguerry., statue en marbre d’un effet austère et puissant, à l'église de la Madeleine à Paris (1867), l'œuvre magistrale d'Oliva; l’élégante statue du prince des Asluries (1874). Oliva a été décoré

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