‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 132 sur 227 · PERA · texte numérisé non relu

PERA

domiciliée et possessionnée dans ce village s’éteignit masculinement en la personne de Gaspard de Pera et Salsas, décédé à Palau le 10 janvier 1827. Gaspard Pera y Mauri, étant simple cavalier dans l’escadron de don Pedro Planella del Trozo, se distingua au siège de Puigcerda par les Français en 1654. Il continua à guerroyer contre eux jusqu'à la paix générale de 1660, et assista en Catalogne aux combats ou sièges de Castellé, Banyolas, Besalu, Solsona, Berga et Camprodon. En récompense de sa valeur, Gaspard Pera y Mauri fut nommé par lettres-patentes du roi Charles 11 d'Espagne, datées du 22 décembre 1667. capitaine d'infanterie espagnole en remplacement de don Christophe Descallar y Fivaller, décédé. Il commandait l’une des six compagnies recrutées par les consuls de Puigcerda parmi les habitants de leur ville. En 1674 sous les ordres et la direction de don Jérôme Dualdo-Ales, général d'artillerie espagnole, il fit la campagne du Conflent, et assista au siège et à la prise des châteaux de Nyer, de la Bastida, d'Olette, de Formiguères et de Prats de Balaguer. Pour conserver le souvenir des brillants états de service de Gaspard Pera y Mauri, le même général Duäldo-Ales, gouverneur de la place de Puigcerda, lui donna, le 16 octobre 1675, un certificat des plus élogieux, énumérant toutes ses campagnes, et demandant au roi de lui accorder qualquier gratia. En 1678, il défendit vaillamment la place de Puigcerda assiégée de nouveau par les Français. et dont la garnison comptait seulement 1.500 hommes d'infanterie, 200 de cavalerie et 500 volontaires puigcerdanais formant six compagnies ayant pour colonel Gaspard Mauri, premier consul de la ville. Après le rétablissement définitif de la paix entre les rois de France et d'Espagne, Gaspard Pera y Mauri habita successivement Puigcerda et le village de Palau en Cerdagne, où il mourut en octobre 1691.

Communication obligeante de M. Albert Salsas.

PERA et de RIBAS (Raphaël), bourgeois de Puigcerda, fils de « Micer » Raphaël Pera, docteur en droit, bourgeois de Puigcerda, bayle héréditaire de la paroisse d’Osséja, et de sa deuxième épouse dona Yolande de Ribas, s'établit en Roussillon, à Ille. par suite de son mariage avec Violant Deulofeu. Par lettres-patentes du 30 novembre 1638, le roi Philippe IV d’Espagne, lui octroya le privilège nobiliaire de citoyen honoré de Barcelone. Après la réunion du Roussillon à la France, il prêta serment de fidélité à Louis XIV entre les mains de François Romanya. viguier de Roussillon et Vaillespir (13 septembre 1663). Son fils unique Raphaël Pera y Deulofeu, épousa, en 1665, Marie-Madeleine Marsal, d'Ille, dont il ne laissa que deux filles : Françoise, épouse de Jean Carles y Comtar, bourgeois honoré de Per-

PERA — PERAPERTUSA

pignan, et Raphaële, qui épousa son cousin, don Sanche de Descallar, chevelier.

Communication obligeante de M. Albert Salsas.

PERA (Antoine), né à Osséja le 4 avril 1616, était fils d'André Pera, bourgeois de Puigcerda, bayle héréditaire d’'Osséja, et de Françoise Moner. Il figura, en août 1639, au nombre des nobles catalans présents à l’armée de Dalmace de Queralt. Louis- Charles de Foix, lieutenant et capitaine général de Catalogne, Roussillon et Cerdagne pour le roi de France, par ses lettres du 17 juillet 14657, confisqua tous les biens patrimoniaux d'Antoine Pera, et en fit don à Jean de Giminells, ancien viguier de Montblanch en Catalogne, rallié à la cause française. Resté fidèle à son souverain malgré ces mesures de rigueur, Antoine Pera continua à vivre en Espagne dans un état de fortune très précaire. Aussi, après la célébration de ses modestes funérailles qui eurent lieu le 26 août 1658 à Sant-Joan Despi, village de la banlieue de Barcelone, le curé mentionna, dans l'acte de sépulture, leur gratuité en ces termes : « No seha pagat ningu dret per ser pobre cavaller y no tenir res. »

Archives des Pyr.-Or., B. 379, 388, 390, 401. — Communication obligeante de M. Albert Salsas.

PERA (Géraud), bourgeois de Puigcerda, fils d'autre Géraud Pera, mercader de cette ville, contracta mariage en 1582 avec Eléonore Soler, fille de Jean-Pierre Soler, docteur en droit de Perpignan, et de son épouse dona Madeleine d'Armendaris, et sœur de « fra » Melchior Soler d'Armendaris, moine bénédictin, abbé de Saint-Martin de Canigou.

De cette union naquirent : Gaspard, qui testa en 1603 ; [sabelle,qui épousa à Villefranche-de-Conflent le 12 février 1602, Louis Puigmitjä, seigneur du chäteau de la Bolella, près de Fuilla, notaire et greffier de la cour royale du viguier de Conflent et Capcir ; et enfin Grâce.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 553, Fonds de

Miquel de Riu. — Communication obligeante de M. Albert Salsas.

PERALT A (Raymond de) exerçait la profession de peintre à Perpignan, sous le règne du dernier roi de Majorque.

ALART. /Voles historiques sur la peinture et les peintres roussillonnais.

PERAPERTUSA (de). Au dire d’Alart, « l’ancienne famille de Perapertusa, issue des vicomtés de Fonollet, formait encore au xrv° siècle diverses branches qui occupaient, entre autres seigneuries, celles de Rabouïillet et de Montalba, au pays de Fonollet. Un de ses membres s'était établi en Roussillon et

avait épousé, avant l’an 1301, Clémence. fille de Guillaume Durban, unique héritière de la seigneurie et de l’ancienne famille dite d’Ortaffa (V. Bérenger I d'Ortaffa et sa descendance). Deux autres Perapertusa épousèrent les héritières des seigneuries de Corbera et de Peyrestortes. (V. Arnaud de Corbère et Anne de Peyrestortes). Enfin, Amélius ou Amell de Perapertusa avait épousé, avant l’an 1377, l’unique héritière d’une riche famille perpignanaise, connue sous le nom d'Albert. »

Branche des seigneurs de Rabouillet el de Joch.

PERAPERTUSA (Quillaume de) prit parti pour le roi d'Aragon Pierre le Cérémonieux, contre le dernier souverain de Majorque, Jacques II. Il eut pour fils Bernard-Bérenger.

Archives des Pyr.-Or., B. 96.

PERAPERTUSA (Bérenger de), abbé de Sainte- Marie d'Arles (1350-1361) fut investi, le 29 août 1356, de la juridiction sur l’église de Coustouges.

Gallia christiana, VI, col. 1091.

PERAPERTUSA (Arnaud de) remplissait, déjà en 1354, à la cour de Pierre le Cérémonieux, l'office de grand veneur. Il fut ensuite pourvu de la charge d'échanson de ce prince; il était en même temps viguier de Cerdagne. Mais, en 1358, le roi d'Aragon le dépouilla de ces divers emplois à cause de son incapacité, « no per culpa corruptio no per malvertat dell mas per innocencia e simplesa sua », dit expressément la lettre royale. Arnaud de Perapertusa avait épousé Ermengarde, fille de Pierre Plasença.

Archives des Pyr.-Or., B. 110, 161. — Archives de la couronne d'Aragon, 1159, f° 177.

PERAPERTUSA (Bernard-Bérenger de), fils de Guillaume, seigneur de Rabouillet, Rocavert, Sequera, Prats et Trévillach au pays de Fenouillèdes, fut huissier d'armes du roi d'Aragon. Une lettre de Martin [°, datée de Catane, le 21 août 1396, lui conféra à vie, l'office de garde des ports et des côtes maritimes des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Dans cet emploi il recueillit la succession de François Batlle. Le 11 août 1401, Bernard-Bérenger de Perapertusa épousa, à Millas, Constance de Perellos, cousinegermaine de Raymond de Perellos, vicomte de Roda. Celle-ci lui apporta en dot, avec ses jovaux, trente mille sols barcelonais. Elle était déjà veuve, au mois d'avril 1413. Cinq enfants étaient issus de leur union : Guillaume, Bernard-Bérenger, Marguerite, Eléonore et Conslance. Le beau-père de Constance, Guillaume de Perapertusa, seigneur de Rabouillet, mourut vers l'an 1426, et le fief de cette seigneurie fut

reconnu au roi de France par Guillaume de Perapertusa, fils aîné de Constance. Ce dernier ne paraît pas avoir vécu longtemps et il eut pour successeur son frère, Bernard-Bérenger, que l’on trouve seigneur de Rabouillet, dès l’an 1432. Les actes postérieurs ne l’appelent plus que Bernard de Perapertusa ou mossur de Ribollet.

Archives des Pyr.-Or., B. 177. — ALanT, La baronnie de Joch, dans l’almanach Le foussillonnais, année 1880.

PERAPERTUSA (Bernard de), fils cadet et successeur du précédent dans la seigneurie de Rabouillet et autres lieux, recueillit aussi la succession de sa tante Eléonore de Perellos. dans la baronnie de Joch, en 1459. Bernard de Perapertusa fit donation de ce dernier fief à son fils Guillaume qui était marié en 1463 avec Antoinette, fille de François Sampso, citoyen de Gérone. Guillaume prenait dès cette époque le titre de « seigneur de Joch » mais son père le portait aussi en mêmetemps et il survécut à son fils, qui paraît être décédé sans enfants vers l'an 1474. Par son testament de l’an 1476, Bernard de Perapertusa, baron de Joch et de Rabouillet, fit des fondations de messes et d’un anniversaire dans la chapelle de Sainte-Marie de Saint-Paul-de-Fenouillet. Il avait fixé sa résidence au château de Joch, où il mourut au mois de mars 1485. Avec lui s'éteignit la branche masculine des Perapertusa qui avait occupé de temps immémorial la seigneurie de Rabouillet. La fille unique de Bernard de Perapertusa avait épousé Roger Bruyères, seigneur de Chalabre. Plusieurs enfants étant nés de cette union, Bernard de Perapertusa, désigna, en mourant, Gaston, leur fils cadet, pour son héritier, à la condilion de prendre le nom et les armoiries de la maison de Perapertusa.

eq eq

ALART, OP. Cl.

PERAPERTUSA (Gaston de Bruyères, dit de) était petit-fils du précédent par sa mère. Celle-ci lui fit donation de ses droits sur les baronnies de Joch et de Rabouïillet. le 15 juin 1485; mais Gaston de Perapertusa n'est connu comme seigneur de ces lieux que par un acte du 8 mars 1490. par lequel ce chevalier nommait un procureur pour reconnaitre en son nom le fief de la moitié du château de Joch à la reine de Navarre. vicomtesse de Castellbo. Gaston de Perapertusa devait être d'un âge assez avancé à cette époque ct il avait plusieurs enfants : Gaston, Françoise. Guillaume, Jeanne. Stéphanie, Agnès et Isabelle. Au mois d'avril 1502, Jeanne de Perapertusa, fille de Gaston. épousa François d'Oms, fils de Guillaume d'Omms, seigneur de Santa-Pau. Gaston de Perapertusa fit son testament au château de Joch, le 25 fevrier 1505 et désigna comme exécuteurs de ses | dernières volontés. son épouse Yolande, Jean de |

PERAPERTUSA

Bruyères, seigneur de Chalabre, son frère aîné, et François d’'Oms, son beaufils. Il fit divers legs à ses filles, dont deux, Isabelle et Eléonore. prirent l'habit religieux au couvent de Saint-Sauveur de Perpignan. Il laissa cinq mille florins et ses armes à son fils Guillaume, trois mille florins à son autre fils Jean qui embrassa la carrière ecclésiastique, et les revenus de la baronnie de Joch à son épouse Yolande. sa vie durant. Gaston de Perapertusa demanda à être inhumé dans l’église Saint-Martin du lieu de Joch « où reposaient ses prédecesseurs ». Cette désignation s'applique à l’ancienne église paroissiale de la localité, qui était alors située au bas et en dehors du village, sur le bord du ravin de Saint-Martin. On ne trouve ensuite aucune mention de Gaston de Perapertusa et il est probable qu'il mourut peu après la date de son testament, mais son successeur n'apparait qu'en 1511. Yolande, sa veuve, vivait encore en

ALART, Op. Cil.

PERAPERTUSA (François de), fils et héritier du précédent, agrandit ses domaines seigneuriaux en acquérant, par voie d'achat, les lieux de Rodes et de Ropidera. Parmi les innombrables prisonniers emmenés en France durant l’année 1542 par l’armée du dauphin Henri, qui élait maîtresse du Roussillon, se trouvait le damoiseau Galcerand de Vilardell y Salba, seigneur de Rodès et Ropidera, capturé par mussur de Arques. Le prisonnier n'avait pas les moyens de solder les 450 ducats d'or que le vainqueur exigeait pour prix de sa rançon, et ce fut le baron de Joch qui les paya pour lui. Pour s'acquitter envers son libérateur, Galcerand de Vilardell lui vendit, le 27 juin 1543, en libre et franc-alleu, les chäteaux et lieux, avec droit de châtellenie. de Rodès et Ropidera, mère et mixte empire, toute juridiction. host et chevauchée ; et en outre les censives et droits que Île dit Galcerand recevait à Banvuls-dels-Aspres, Saint- Jean-la-Seille et Tresserre et la plus-value du territoire dit de la Massana, pour le prix de 3.400 ducats d’or. La seigneurie de Rodès appartenait à Galcerand de Vilardell en qualité d'héritier de François Andreu, fils de Félix Andreu qui l'avait acquise des héritiers de François de Perellos dit de Fenouïillet. Par ces acquisitions le baron de Joch devenait le plns important seigneur du Conflent. Sahorle, Finestret, Joch, Rigarda, Glorianes, Rodès, Ropidera, Trévillach, Sequera. Rocavert, Prats et Rabouïllet formaientune trainée en demi-cercle, de scigneuries qui s'étendaient dans un espace très considérable en Conflent et au pays de Fenouillet. François de Perapertusa est mentionné dans un acte qui porte la date du 21 septembre 1552. On ignore le nom et la famille de son

PERAPERTUSA

épouse. Il eut d’elle un fils appelé Antoine, qui fut son successeur.

ALART, OP. Cil.

PERAPERTUSA (Antoine de), fils du précédent, baron de Joch, prit possession, le 3 mars 1556, de la seigneurie de Saint-Féliu d’Avail et d'Amont, comme procureur de Jeanne Burgues et d'Eril, veuve de François Burgues, procureur royal à Majorque et baron de Vallmoll. Le baron de Joch avait déjà, à cette époque, épousé Marie d’Éril, baronne de Gelida. En mars 1579 eut lieu le mariage de Yolande, fille d'Antoine avec Gispert de Guimera de Papiol, domicilié à Barcelone. Antoine de Perapertusa mourut au commencement de l’an 1583. Une sentence du viguier de Conflent du 11 avril de cette même année nomma Marie d’Eril, veuve du baron de Joch, tutrice de ses deux fils, Jacques et Pierre.

ALART, OP. Cil.

PERAPERTUSA (Jacques-Raphaël-Blaise- Lazare-Antoine de), fils aîné du précédent, naquit au château de Joch le 7 mars 1566. Il se trouvait à Barcelone en 1591. Il quitta cette ville à cause de la peste et il se rendait à la cour lorsqu'il mourut, vers la fin de septembre de cette année-là. Il avait épousé Marina de Maymo, qui était malade au château de Joch lorsque arriva la nouvelle de la mort de son mari. Elle déclara qu’elle ne pouvait avoir dans ce manoir les médecins et les remèdes dont elle avait besoin, et qu’en conséquence elle allait se retirer à Barcelone auprès de sa mère et de ses sœurs. En effet, le 2 octobre 1591, elle fit faire l'inventaire des vêtements et des joyaux qu’elle avait au château de Joch et partit quelques jours après vers Barcelone. Jacques de Perapertusa mourut sans laisser de postérité ; sa succession passa à son frère Pierre.

ALART, OP. Cil.

PERAPERTUSA (Pierre de), frère du précédent, reprit le titre de vicomle de Joch; maïs l'histoire ignore le privilège royal qui l’y autorisa. D'après des notes modernes laissées par un procureur de Pierre de Perapertusa, ce titre de vicomte aurait été créé en 4592 par le roi d'Espagne en faveur de François de Perapertusa à cause de ses services militaires. François de Perapertusa était mort avant 1554 et, depuis 1591 jusqu'en 1599, son petit-fils ne prit jamais d'autre titre que celui de baron de Joch. Quant aux services militaires, Pierre de Perapertusa semble, en effet, avoir joué plus tard un certain rôle dans les guerres du pays, mais ses exploits guerriers antérieurs à 4599 nous sont complètement inconnus. Quoiqu'il en soit, ce fut probablement pendant les Cortls célé-

brées à Barcelone en 1599 que Pierre de Perapertusa dut être décoré du titre de vicomte par le roi d’Espagne. On en trouve la preuve dans un acte fait à Barcelone, le 11 décembre 1599, par lequel Jacques Calcer, pourvu du commandement de la cité d’Elne, prêta serment au duc de Feria, lieutenant et capitaine-général en présence de « Pierre de Perapertusa y de Eril, vicomte de Joch » (Archives des Pyrénées- Orientales, B. 378, f° 289). A partir de ce moment seulement Pierre de Perapertusa et ses successeurs prirent le titre de vicomte. Perapertusa voulut faire apprécier son nouveau titre à ses vassaux par des actes de joyeux avènement parmi lesquels il convient de citer les suivants : le 24 avril 1600, il accorda à la communauté de Joch l'autorisation d'établir à son profit les droits de mesurage, taverne, boulangerie, salaisons et hôtellerie ; Pierre de Perapertusa fit une semblable concession à la communauté de Finestret avec le droit de boucherie en plus. Cette même année, le vicomte de Joch fut élu comme un des conseillers ou administrateurs de la confrérie des nobles de Perpignan, fondée sous l'invocation de Saint-Georges, au couvent de Saint-Dominique. Il était aussi, à cette époque, chevalier de l'Ordre de Saint-Jacques de l'Epée. Le 9 février 1612, Pierre de Perapertusa désigna Gaston de Niort, seigneur de Caramany, pour exercer en son nom toute juridiction sur les lieux de Rabouillet, Prats, Trévillach et Sequera. En novembre 1613, le lieutenant et capitaine-général de Catalogne désigna le vicomte de Joch pour procéder, à sa place, « à la poursuite générale des voleurs, qu'il entendait faire en Roussillon et Cerdagne ». Pierre de Perapertusa avait épousé en premières noces Denyse Blan, dont il eut une fille, Isabelle, qui se maria à François de Pinos. Il convola ensecondes noces et contracta allianceavec Raphaëlle de Vilademany y de Cruilles dont il eut un fils, Antoine, son successeur. Pierre de Perapertusa mourut en 1624.

ALART, OD. Cil.

PERAPERTUSA (Antoinede), fils du précédent, embrassa avec ardeur la cause de la rebellion de la Catalogne contre le gouvernement de Madrid. Toutefois, le vicomte de Joch abandonna le parti français lors de la révolte du Conflent en 1652. Tous ses biens furent confisqués et des lettres de Louis XIV, datées de Saint-Germain en Laye, le 26 juin 1653, firent don à François Calvo, maréchal de camp « des biens du vicomte de Joch qui sont en Roussillon et Conflent ». À près la paix de 1659, la vicomté de Joch fut restituce à Antoine de Perapertusa, mais, dans la suite et jusqu'à la fin du xvnr' siècle, ses biens furent confisqués à chaque nouvelle guerre entre la France et l'Espagne, au profit de François Calvo, tant qu'il

vécut, et plus tard, en 1690, au profit de Joseph de Campredon et d'Armengol. Antoine de Perapertusa mourut le 18 décembre 1676. Il avait épousé Cécile de Clariana qui lui donna une fille unique, Marie. Celle-ci devait être son héritière : elle unit ses destinées, vers 1650, à un officier français, François- Benjamin de Bornonville, que divers actes qualifient de marquis de Bournonville. baron de Capres et de Villefort. L'histoire ne connaît de ce personnage que le fait même de son mariage et il est probable qu'il quitta bientôt après le pays ou qu’il mourut car on n'en trouve plus aucune trace en Roussillon. Il laissa un fils, François, qui succéda à Antoine de Perapertusa en 1676. François de Bournonville de Perapertusa et de Clariana, vicomte de Joch, marquis de Rupit, etc. (1676-1724) eut pour successeur son fils, Sauveur (1726-1751). Ce dernier n'ayant pas laissé de descendance eut pour héritièresa nièce, Marie-Josèphe Pons de Mendoza de Bournonville et d’Eril, fille de Marie- Ignacia, sœur de Sauveur de Bournonville, qui avait épousé Augustin Lopez de Mendoza (1754-1766). La vicomtesse de Joch contracta alliance avec Pierre- Bonaventure Abarca de Bolea, comte d’Aranda, marquis de Torres, etc. Elle était veuve en 1766. Son héritier fut son fils Pierre-Paul Abarca de Bolea, Ximenès de Ürrea, Pons de Mendoza, Bournonville, Perapertusa, Eril et Orcau, comte d’Aranda, vicomte de Joch, baron de Rabouillet, etc., grand d’Espagne, qui joua un rôle assez important dans l’histoire d'Espagne vers l’époque de la Révolution.

Archives des Pyr.-Or., B. 390, 394. — ALART, op. cit.

Branche des seigneurs de Montalba

PERAPERTUSA (Seguier de), chevalier, était seigneurde Montalbaen 1366. Ilavaitépousé Huguette de Pontos et eut d'elle un fils, Antoine, qui détenait encorcla seigneurie de Montalba. durant l'année1386. A celle dernière date, celui-ci était co-seigneur de Vernet (près Perpignan)simultanément avec Arnald de Verniola. seigneur de Calce et Bernard dez Puig. Antoine de Perapertusa ne laissa en mourant qu’une fille unique. Cette dernière contracta alliance avec Roger Ça Nespleda, seigneur des Fonts, et apporta en dot à cette famille le fief de Montalba.

Archives des Pyr.-Or., B. 115, 144, 196.

Branche des seigneurs de Peyrestortes

PERAPERTUSA (Anne de), fille et héritière de Pierre de Peyrestortes, auquel Jacques I", roi de Majorque, avait concédé les justices de Pevrestortes, et sœur d’Arnald de Peyrestortes, prieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en Catalogne, avait épousé Seguier de Perapertusa, dont elle avait eu un fils, nommé Othon. Elle convola en secondes noces avec

PERAPERTUSA — PERARNAU

François d'Oms, décédé en 1390 sans descendance. Anne de Perapertusa vivait encore en 1418. Le 16 janvier de cette année-là, elle passa un contrat avec les consuls de Peyrestortes, Pierre et Jean Fabre, pour effectuer la fonte d’une cloche destinée à l’église de Peyrestortes.

Archives des Pyr.-Or., B. 100, 106, 131, 190, 240, 257, 262, 268, G. 832.

PERAPERTUSA (Othon de), fils de Seguier et d'Anne de Perapertusa se distingua dans la guerre entreprise en 1423, par Alphonse V contre Jean Il, roi de Castille.

Archives des Pyr.-Or., B. 240.

PERAPERTUSA (François de), seigneur de Peyrestortes, prit parti contre Louis XI, lorsque ce prince eut envahi le Roussillon. Ses biens furent confisqués et donnés successivement : à Pierre de Rocaberti, en 1479 ; à Richard le Moyne, en 1480; à Jacobo Capeci, en 1483, et à Catherine d’Entici en 1484. François de Perapertusa avait contracté mariage avec Marquesa N. — Gabrielle de Perapertusa était prieure des chanoinesses de Saint-Sauveur, à Perpignan, en 1496.

Archives des Pyr.-Or., B. 292, 320, 326, 411, 412, 414.

Branche des seigneurs de Castell-Rossello PERAPERTUSA (Amell de),occupait l'office de

maître des ports en Roussillon et en Cerdagne, sous le règnedeJean I‘ d'Aragon. De son épouse Françoise il eut un fils. Pierre, qui portait le titre de seigneur de Castell-Rossello, déjà en 1378.

Archives des Pyr.-Or., B. 225. 253. — ALART. Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1” série.

PERAPERTUSA (Pierre de), fils du précédent, seigneur de Castell-Rossello mourut en 1400, laissant un fils qui portait aussi le nom de Pierre. Blanche, son épouse, vivait encore en 1408.

ALART, OD. Cil.

PERAPERTUSA (Pierre-Albert de), fils du précédent, cité pour la dernière fois dans un acte du 19 octobre 1419, n’eut de Sibille, son épouse, qu'un seul enfant appelé Raymond Albert ou de Perapertusa, plus connu sous le nom de Raymond d'Ortaffa (V. ce nom).

ALART, OP. Cit.

PERARNAU (Thomas), notaire de Perpignan, prit parti pour Louis XI. Boffile-le-Juge, vice-roi de Roussillon, lui concéda les biens de Bernard Ros, notaire, et ceux de son épouse.

Archives des Pyr.-Or., B. 320.

PERARNAU — PÉREIRE

PERARNAU (Michel) était mercader de Perpignan en 1580. Il eut un fils du même nom que lui, qui exerça la médecine dans la capitale du Roussillon durant la première moitié du xvur siècle. Ce dernier fonda, le 27 novembre 1628, un bénéfice dans l’église de Saint-Mathieu, et affecta quinze livres de rente à l'ecclésiastique qui chanterait l'Evangile dans cette église, le dimanche et les jours de fêtes de précepte. Un second fils de Michel, Sébastien, fut prieur de Corneilla-du-Conflent (1624-1646) et sous-collecteur de la Chambre apostolique. Michel Perarnau avait épousé Colombe Riu qui lui donna, entre autres enfants, Jérôme.

Archives des Pyr.-Or., G. 481, 483, 504, 533, 689, E. (Titres de famille), 584.

PERARNAU (Jérôme), fils de Michel Perarnau et de Colombe Riu embrassa la carrière ecclésiastique et obtint en 1660, l'archidiaconé de Vallespir, qui lui donna la juridiction seigneuriale sur le lieu de la Pava et sur la chapelle de Notre-Dame du Château d’Ultrera. Le 9 avril 14670, Jérôme Perarnau fit appel comme d'abus contre l’évêque d’Elne Vincent de Margarit, à la suite de la visile de l’église de Sorède faite par ce prélat. [Il occupa l'archidiaconé de Vallespir jusqu'à la fin du mois de décembre 1687, date de sa mort.

Archives des Pyr.-Or.. G. 3, 126, 260, 879, 1038.

PERARNAU (Sébastien) reçut le titre de bourgeois de Perpignan, le 23 juillet 1614. Il avait épousé Antoinette qui mourut en 1628 et avait eu d'elle entre autres enfants Jérôme, dont la notice suit, et Victoire épouse d'André Bosch, l'auteur des Tilols de honor de Catalunya.

Archives des Pvyr.-Or., B. 384, E. (Titres de famille), 584.

PERARNAU (Jérôme de), fils du précédent, se maria en 1610 à Catherine Joli, fille d'André Joli, pagès de Villelongue-dels-Monts. Celle-ci étant décédée, Jérôme de Perarnau convola en secondes noces

avec Rose Genérès. Dés 1624, il portait le titre de :

seigneur de Laroque-des-Albeères, et au mois d'août 1639 il figurait dans les rangs des nobles catalans qui composaient l’armée de Dalmace de Quéralt. Dans le testament qu'il fit le 20 décembre 1653, Jérôme de Perarnau demandait à être enseveli dans le caveau de famille creusé sous l’église Saint-Jean de Perpignan, devant la grille du maîïtre-autel. Un navire (les armes de la maison), était sculpté sur la pierre tombale. Jérôme de Perarnau mourut en 1660 et laissa un fils appelé Joseph.

PERARNAU (Joseph de), fils du précédent, vit ses biens confisqués par Louis XIV et attribués, le 25 octobre 1653, à Bertrand de Bruelh, maréchal de campet lieutenant de roi dela citadelle de Perpignan. Il prit possession de la seigneurie de Laroque, en 1660, après la mort de son père. Le 7 septembre 1663, Joseph de Perarnau prêta serment de fidélité au roi de France, entre les mains de François Romanya, viguier de Roussillon et Vallespir. Il mourut en 1678, laissant trois fils: Antoine. son héritier, dont la notice suit; Félix, chanoine d'Elne, décédé en 1716: et Jérôme qui était capitaine d'infanterie au régiment de Roval-Roussillon en 1696.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401, E. (Titres de famille), 584

PERARNAU (Antoine de), fils ainé et héritier du précédent, contracta alliance, le 3 août 1680, avec Magdeleine Esprer de Copons. fille de Dominique Esprer-Buixet, bourgeois de Perpignan, et de Gertrude de Copons mariée en secondes noces à Raymond de Rocabruna de Xaimmar. Antoine de Pcrarnau eut deson épouse deux fils: Dominique, dont la notice suit ; Gaëtan. religieux bénédictin à Cuxa; et une fille, Magdeleine, qui unit ses destinées à celles de Joseph de Sarda. Il mourut en 1692 et sa veuve convola en secondes noces, le 16 décembre 1696, avec Jean de Barutell.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 584.

PERARNAU (Dominique dn), tils et successeur du - précédent, seigneur de Laroque-des-Albères. épousa, en 1711, Théodorine de Campredon de San- Dionis, domiciliée à Perpignan. JF mourut sans laisser de postérité, et sa veuve, par le testament qu'elle fit, Le 3 mai 1747, conslitua pour héritier son frère, Bonaventure de Campredon. La seigneurie de Laroque-des-Albères fut dévolue à Joseph de Sarda, petit-neveu de Dominique de Perarnau. Au moment de la Révolution, une demoiselle de Sarda occupait ce fief. Elle épousa plus tard M. de Bordes.

Archives des Pvr.-Or., E. (Titres de famille), 584. — M°° Car- RÈRE, Monographie de Laroque-des-\beres.

PÉREIRE (Isaac), de famille israélite et d'origine portusaise, était le petit-fils du philologue Jacob- Rodriguez Péreire, l'un des plus savants instituteurs de sourds-muets. [| naquit à Bordeaux le 25 novembre 1806 et eut pour frère le célèbre industriel Jacob Péreire. Isaac Péreire fut étroitement lié à la fortune et à toutes les opérations financières de celui-ci. Tous les deux furent longtemps simples courtiers d'affaires et s’attachèrent avec ferveur de 1829 à 1834 à la secte Saint-Simonienne. Lorsque s'organisa le chemin de fer de Saint-Germain qui devait servir de modèle aux lignes projetées. Emile et Isaac Péreire

en devinrent adjudicataires sous la garantie de Rothschild, d'Eichtal, de Thurneyssen et de J. Davillers. Ce fut l’origine de leur réputation et de leur fortune. Plus tard, ils entreprirent sous les mêmes auspices la construction du chemin de fer du Nord. En 1852, les frères Péreire réalisèrent la plus hardie des créations financières de l'époque. la Société générale du Crédit mobilier, fondée au capital de soixante millions, sorte de banque commanditaire, qui imprima la plus vive impulsion à toute l'industrie européenne et dont les ressources primitives, sans émissions d'obligations ni d'actions nouvelles suffirent aux fondateurs pour mettre à flot, dans les premières années, un grand nombre de sociétés financières, d'opérations et d'entreprises : la fusion des compagnies du gaz, celle des compagnies d'omnibus, le Grand Hôtel du Louvre, les chemins de fer et le crédit mobilier espagnols, les chemins de fer russes, l'acquisition des chemins de fer autrichiens au prix de trois cents millions, des prèts d'environ quinze cents millions aux divers chemins de fer français. Ces multiples affaires furent traitées dans l’espace de cinq années (1852-1857). Vers 1862, la Compagnie du Midi demandait la concession d'une ligne de Cette à Marseille. Cette ligne devait côtoyer le littoral ; elle aurait fait concurrence à la ligne Paris-Lyon-Méditerranée qui arrive jusqu’à Cette. La Compagnie du Midi, où dominaient les deux frères Emile et Isaac Péreire, cherchait un appui dans l'opinion des populations de la région du Sud-Est. Quelques personnalités de Perpignan s'étaient déjà mises en relation avec Isaac Péreire. C'étaient Auguste Lloubes, Charles de Lazerme, F. Passaimma, d’autres encore, auxquels il faut joindre, Henri Garau, avoué de la Compagnie, et Stéphane Bédos, son avocat. Auguste Lloubes écrivit à Isaac Péreire pour lui offrir la candidature à la députation dans les Pyrénées-Orientales. Celui-ci ne voulait pas encore se prononcer, mais il manœuvra dès lors de façon à rendre sans effet l'investiture accordée à Justin Durand. Une délégation de partisans d'Isaac Péreire partit de Perpignan pour faire une démarche auprès de Napoléon TT lui-même, en faveur de la demande de concession du chemin de fer de Cette à Marscille. La délégation invita ou fit inviter Justin Durand à l’accompagner aux Tuileries, comme député du département ; il répondit par un refus formel. Justin Durand était hostile d’ailleurs à la Compagnie du Midi, dont les administrateurs étaient libre-échangistes et il était tout-à-fait dévoué à la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. Après le refus de Justin Durand, Isaac Péreire n'hésita plus. et sans se prononcer encore ouvertement, envoya dans le département un avocat, chef du contentieux au Crédit mobilier, dont il était président, pour préparer sa )

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