PÉRIGNON
PÉRIGNON (Dominique-Catherine, comte puis marquis de) naquit le 31 mai 1754 à Grenade
| (Haute-Garonne). Issu d’une famille très considérée
dans le pays, il fit de fort bonnes études à la suite desquelles il entra comme sous-lieutenant dans le corps des grenadiers royaux de Guienne et fut fait aide de camp du comte de Preissac. Nommé, en 1791, député du département de la Haute-Garonne à la première Assemblée législative, il quitta bientôt après ses fonctions civiles pour aller prendre le commandement d’une légion dans l’armée des Pyrénées-Orientales. Il commença à se faire remarquer au combat de Thuir et du Mas de Serre, le 17 juillet 1793, par un de ces traits qui fondent les réputations. Chargé de concourir à l'attaque du Mas de Serre que les Espagnols avaient fortifié, Pérignon, à la tête de l'avant-garde, se porta rapidement sur le camp ennemi, commença le combat et le soutint avec avantage jusqu'à l'arrivée de quelques pièces d'artiilerie qui étaient restées en arrière. A la faveur de cette même artillerie, Pérignon porta ses troupes en avant, et déjà le succès paraissait certain lorsqu'une charge de cavalerie espagnole rombpit la ligne française et lui fit faire un mouvement rétrograde. Pérignon, voyant les chasseurs à pied qui soutenaient sa légion se retirer en désordre, leur reprocha d'abandonner ainsi leurs officiers et refusa de les suivre. Se saisissant alors du fusil et des cartouches d'un soldat blessé, il alla se placer comme un simple fusilier à côté des grenadiers du régiment de Champagne, qui soutenaient avec beaucoup de courage le feu de l'ennemi. Pérignon ne reprit le commandement de sa légion que lorsqu'il vit tous ses chasseurs ralliés revenir auprès de lui. Le succès de cette journée fut dû en grande partie au colonel Pérignon. Nommé général de division le 23 décembre 1793, il acquit beaucoup de gloire à l'affaire de Peyrestortes. Les Espagnols s'étaient avancés sur Perpignan et retranchés au camp de Peyrestortes. L'armée des Pyrénées-Orientales, alors peu nombreuse, manquait de tout. et cependant il fallait un coup de force et d’audace pour débarquer les Espagnols et sauver la place de Perpignan. Ce fut Pérignon qui eut toute la gloire de cette entreprise. À la tête de deux mille grenadiers, il s’avança durant la nuil sur le camp des ennemis. Ceux-ci firent un feu épouvantable de leur artillerie et de leur mousquetterie. Dès cette première décharge, cinq cents Français restèrent étendus sur la place. Le reste de la colonne de Pérignon se replia et, malgré la défense de tirer, fit feu sur les Espagnols. Le général Pérignon, qui se trouvait fort en avant, faillit être tué. Il fut obligé de marcher en se baissant pour arriver jusqu’à sa colonne, à laquelle il adressa de vifs reproches pour son infraction à l’ordre donné. Après