PIERRE — PINOS
PIERRE fut nommé abbé de Saint-Martin du Canigou le 23 décembre 1299. Son abbatiat fut de courte durée, car Guillaume de Cervoles lui succéda dès le 24 avril de l’année suivante.
PIERRE 1 fut abbé de Notre-Dame d'Arles-sur- Tech durant l’année 1250.
Gallia christiana, t. VI, col. 1088.
PIERRE-ROGER, de Montroux, fut à la tête de l'abbaye d’Arles-sur-Tech durant cinq années (1364- 1369), avant d'être élevé à la papauté sous le nom de Grégoire XI.
Gallia christiana, t. VI, col. 1091.
PIERRE gouverna l’abbaye d’Arles-sur-Tech depuis l’année 1372 jusqu’en 1380.
Gallia christiana, t. VI, col. 1091.
PIERRE, abbé de Saint-Génis-des-Fontaines, assista, en 1157, à la consécration de la nouvelle église du monastère d’Arles-sur-Tech.
Gallia christiana, t. VI, col. 1105.
PIERRE était abbé de Saint-Génis-des-Fontaines en 1235 et en 1236.
Gallia christiana, t. VI, col. 1106.
PIGUET (Louis), né à Perpignan le 14 août 1889, montra de bonne heure un goût inné pour la peinture et le dessin. À quinze ans il quitta l’école et entra. sous la direction de son père, dans les secrets de l'horlogerie, où ses progrès furent si rapides qu'ils étonnèrent souvent l'expérience de son maître. La mécanique délicate n'avait aucun secret pour lui. On en vit la preuve dans la miniature du croiseurcuirassé Léon-Gambelta qui obtint une haute récompense à l’exposition de Perpignan, en 1906. Durant ses heures de loisir, Louis Piguet cultiva la peinture avec un rare bonheur. Quelques-unes de ses toiles méritent de fixer l'attention : la gardeuse de dindons, copie du musée de Carcassonne ; Rébecca ; le portrait de son père, horloger occupé à son établi ; et particulièrement la meule de chiens, tableau qu’il termina la veille de sa mort, survenue à Perpignan le 3 juin
La Veu del Canig6, n° du 7 novembre 1911.
PINCART (Jean), mercier de Perpignan, contracta alliance, en 1377, avec Ricsende, fille de Pierre Blanca, de Baixas. De leur union naquirent deux fils, Jean et Jacques. Celui-ci devint successivement chanoine d'Elne et curé de Saint-Jacques. à Perpignan. En 1461, il fit accorder à son neveu, Jean Pin:-
cart, un bénéfice au sein de la communauté ecclésiastique de son église paroissiale, contre le gré des autres bénéficiers. Un procès s'ensuivit qui dura l'espace de trois années. L'évêque d’Elne, Antoine de Cardona, fit mettre en prison Jean Pincart sous prétexte que ce dernier avait interjeté appel au métropolitain de Narbonne d'une sentence portée contre lui par l’officialité d'Elne. Le 24 février 1464, l'archevêque de Narbonne envoya un monitoire à l’évêque d’Elne pour lui enjoindre de mettre en liberté le bénéficier Jean Pincart. Le père de cet ecclésiastique avait eu encore, entre autres enfants, Bérenger qui fut clavaire de Perpignan en 1479. Ce dernier laissa deux fils : François, qu’on trouve banquier à Perpignan en 1502, et Jean dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or.. B. 132, 308, 313, 408, 416, G. 512, 564, 799, 833.
PINCART (Jean), fils de Bérenger, s’adonna au commerce et à l'exportation des produits roussillonnais au-delà de la mer Méditerranée. Au commencement du xvr siècle, il devint un des principaux actionnaires d’une compagnie de commerce fondée entre plusieurs perpignanais, au capital de 3000 à 3500 ducats, qui devait écouler des marchandises en Sicile et à Naples. Jean Pincart fut créé bourgeois matriculé de Perpignan en 1510. En mourant, il laissa deux fils et une fille : Joseph, l'aîné, qui lui succéda, épousa une fille de la maison Paulet et mourut sans laisser de postérité ; Michel, le cadet, embrassa la carrière ecclésiastique, devint chanoine d’Elne et vicaire capitulaire du diocèse en 1554; Anna, sœur de ceux-ci, épousa. en 1522, Jean Delpas et devint la mère du vénérable Ange Delpas. Elle a donné son nom à la rue de Perpignan qui est connue sous le vocable de Fontaine Na Pincarda.
Archives des Pyr.-Or., B. 353, 416, 419, G. 133, 134, 221.
PINEDA ou PINETA (Bernard de), élu abbé de Notre-Dame d'Arles au commencement de 1225, prêta serment d’obéissance entre les mains de l’abbé de Moissac, durant le mois d'avril de cette même année. [l eut à disputer son titre de prélat à Benoît qui lui succéda dès l’année suivante.
Gallia christiana, VI. col. 1088.
PINOS (Pierre-Galcerand de) était châtelain de Llivia et capitaine du comté de Cerdagne en 1345. Il avait épousé Guillema qui lui apporta en dot la vallée de Toses, située sur le versant cspagnol
de la Cerdagne française. Pierre-Galcerand eut pour fils Bernard.
Archives des Pyr.-Or., B. 97, 100, 121, 145.
PINOS (Bernard de), fils du précédent, seigneur des baronnies de Pinos et de Mataplana, fut commissaire des amortissements en Cerdagne et Conflent, sous le règne de Pierre le Cérémonieux.Il laissa un fils du même nom que lui.
Archives des Pyr.-Or., B. 271.
PINOS (Bernard-Galcerand de), fils et héritier du précédent, assista aux Corts célébrées à Barcelone en 1422, et devint, l’année suivante, vicomte d'Ille et de Canet, par suite du décès de Pierre de Fenouillet. Il avait épousé Aldonse dont il ne paraît pas avoir eu d'enfants, puisque par un testament écrit le 5 août 1441, il nomma son héritier Pierre-Galcerand de Castro, seigneur d’'Evol. Louis XI, voulant s'assurer la possession du Roussillon, décida d'en écarter les seigneurs les plus puissants, les vicomtes d'Ille et d'Evol. Ce roi proposa à Bernard-Galcerand de Pinos et à Guillaume-Ravmond de Castro, l'échange de leurs vicomtés contre des comtés en France. N'ayant pu obtenir leur consentement. il confisqua leurs terres. La vicomté d’Ille fut donnée par Louis XI, le 21 octobre 1464, au sénéchal de Saintonge, Gaston de Lyon, son chambellan ; en 1467 à Damien de Descallar ; en 1473 à Pierre de Rocaberti, gouverneur de Roussillon ; en 1484 à Guillaume de Caramany. Au lendemain de la restitution du Roussillon à la couronne d'Aragon, Pierre de Castro, seigneur d’Evol, fut mis en possession de l'héritage des vicomtés d'Ille et de Canet. En 1485, on trouve Galcerand de Pinos, chanoine d'Urgell et archidiacre de Sainte- Marie de Tello, en Cerdagne.
Archives des Pyr.-Or.. B. 226, 232, 240, 243, 252, 256, 257, 322. — Abbé P. Boxer, Impressions el souvenirs (Îlle-sur-Tet el ses environs).
PINOS (Pierre-Galcerand de), comtede Vallfogona, était vicomte de Canet en 1565. [l avait hérité ce fief de Guillaume-Raymond-Galcerend de Castro, seigneur d'Evol, d'Ille et de Canet. Pierre-Galcerand de Pinosavaitépousé Pétronille Çurita y de Peramola. Celle-ci était veuve en 1600. Durant le mois de juin de cette année-là, elle acheta à la communauté de Salses, les gouffres ct les courants du moulin Stramer avec les droits de pêche. Pétronille de Pinos fut tutrice de son fils. Michel, jusqu'en 1607. À cette dernière date, celui-ci portait le titre de comte de Vallfogona ainsi que celui de vicomte de Canet. En 1620. on trouve Jean de Pinos à la tête de la vicomté de Canet. A près lui, ce fief passa à sa sœur Françoise, veuve de Christophe Fernandez, comte de Hijar.
Archives des Pyr.-Or., B. 374, 380, 384. 394, 401. — Ahbé Ginaur, Nolice historique de la vicomté d'Evol, dans le XLVF° Bul-
letin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orienlales.
PINOS — PINYA
PINTOR (Jean) était fils d'Arnaud Pintor, peintre à Perpignan en 1423. Celui-ci se rattachait à une famille du même nom, que l’on rencontre à Elne et à Perpignan, durant le xur siècle, et dont certains membres exerçaient la profession artistique qui a donné l'appellation patronymique à cette maison. Jean Pintor entra dans les ordres; en 1460, il était déjà pourvu d’un canonicatà Barcelone. Comme tel, il fut du nombre des douze ambassadeurs qu’un congrès, réuni dans cette ville, envoya, le 4 décembre 1460, à Jean IL, roi d'Aragon, pour lui demander la liberté du prince de Viane, son fils, qu’il tenait en prison. Jean Pintor ne tarda pas à être récompensé des services qu'il rendit à l’'Infant. Dès qu'il fut devenu lieutenant-général du roi son père, le prince de Viane lui octroya les provisions d’archidiacre de Barcelone et de recteur de Vinça. Jean Pintor était auditeur des causes du palais apostolique, lorsqu'il fut nommé à l'évêché d’Elne, le 5 octobre 1467. L'évêque nommé d’Elne ne prit pas immédiatement possession de son siège. Un banquier de Florence détenait les bulles de nomination. Deux ans après, le 30 mai 1469, les procureurs de Jean Pintor contractèrent un emprunt de dix-sept cents ducats d’or envers Jaubert Seguer, bourgeois de Perpignan, pour payer les droits de vagant qui étaient dûs; le lendemain, la communauté ecclésiastique de Saint-Jean baïillait à l’évêque la somme de quatre cents livres. Enfin le 23 juin suivant, Jean Pintor, qui se trouvait à Tours, nommait Raymond Pintor son procureur pour prêter serment en son nom et demander son admission dans la collégiale de Saint-Jean, à Perpignan. Ce prélat fit son entrée à Perpignan le 29 septembre 1469; il v fut reçu avec les cérémonies d'usage. Son passage sur le siège d’Elne fut éphémère. Jean Pintor mourut le 28 février 1478, dans son palais de Perpignan, appelé la Canorgue (locaux de l’ancienne école du Sanctuaire). Son corps fut inhumé dans la chapelle de Saint-Benoît du vieux Saint-Jean.
Archives des Pyr.-Or., B. 320, 327, G. 24, 237. — ALanrT. Notes historiques sur la peinture el les peintres roussillonnais, dans le XIX° Bulletin de la Societe Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. — Puiccari, Catalogue biographique des
évéques d'Elne. — Conrad EuseL. Hierarchia catholica medii œvi. — Abbé J. CaPEIlLce, Figures d'évêques roussillonnais.
PINYA (Antoine), bourgeois de Perpignan, obtint de la reine Marie d'Aragon, l’autorisation de rechercher des mines en Roussillon et en Cerdagne. Il pratiqua des fouilles dans la vallée de Ribes et découvrit des gisements de minerai d'azur et de cuivre qu’il exploita. Yolande de Perellos légua en héritage à Antoine Pinya les revenus des seigneuries de Saint-Féliu-d'Amont et de Saint-Féliu-d'Avail. A sa mort, Antoine Pinya laissa cinq enfants: Antoine, son successeur ; Pierre, qui fut abbé de Saint-André
PINYA — PLANELLA
de Sorède ; Bernard, prieur de Saint-Guillaume à Perpignan; Georges, époux de Marguerite, dame de Sorède ; et François. Celui-ci mourut sans postérité en 1508 et laissa ses biens à son filleul, François, fils de son frère Antoine.
Archives des Pyr.-Or., B. 234, 262, 267, 310, 360, 407, 410, 412.
PINYA (Antoine), fils ainé et successeur du précédent, fut juge ou vérificateur des officiers royaux, au début du règne de Jean IE, roi d'Aragon. Il contracta mariage, en 1463, avec Jeanne, fille de Gaspard Corbera, et eut d'elle un fils, François, qui vivait en 1508.
Archives des Pyr.-Or., B. 282, 417, 418, E. (Titres de famille),
PLANELLA (Pierre de), chanoine de Mallorca, fut nommé à l'évêché d’Elne, le 18 juin 1361, en remplacement de Raymond de Salgues, transféré, ce jour-là même, au siège archiépiscopal d’'Embrun. Le 23 juillet suivant, Pierre de Planella paya les services suivant les registres des Solutions d'Innocent VI. De mœurs simples et animé d'intentions droites, il s’appliqua, dès le début de son pontificat, à favoriser l’industrie dans sa ville épiscopale. Pendant une promenade dans la campagne, il rencontra un jour surses pas, Pierre Maynada, propriétaire d'un moulin à farine sur le territoire d'Elne. La conversation fut vite engagée entre le prélat et Pierre Maynada. Elle vint à rouler sur les améliorations qui pouvaient se faire dans la cité: « Je dis à Monseigneur, raconte naïvement Maynada, qu'il y en avait de possibles, notamment pour l'office des pareurs. Monseigneur l'évêque me dit: Et comment pourrait-on faire ? — Voici Monseigneur ; il n’y aurait qu'à diriger l’eau du fossé de la cité vers mon moulin; on y pourrait alors faire des moulins à foulon. — Et pourrais-tu le faire, me dit Monseigneur? — Certainement, et je le voudrais bien. — Eh! bien, me dit Monseigneur, viens diner avec moi et ensuite nous en causerons. » Pierre de la Planella. sur les indications de Pierre Maynada, aurait donc amené à Elne la dérivation actuelle du Tech, ce canal qui. de nos jours, féconde le territoire et qui ne fut creusé au xiv° siècle que dans l'intérêt de l’industrie drapière. Ce pontife s’adonna avec ardeur aux soins de l'administration diocésaine et particulièrement dela défense des droits de son clergé. Dans un synode qui fut tenu à Elne, dans le cours du mois d'avril 1366, il porta de quinze à vingt le nombre des chanoines de sa cathédrale. Pour atteindre ce chiffre, il publia un statut qui permit à huit bénéficiers de faire partie du corps canonial. Le 2 juillet 1366, Pierre de Planella nomma official du diocèse, Arnaud, abbé de Saint-Génis. Celui-ci ne devait pas tarder à jouer un rôle dans
l'histoire ecclésiastique d’Elne, sur le déclin du pontificat de cet évêque. En 136$, dit Puiggari, « les consuls de Perpignan ayant assujéti, avec la permission du roi Pierre IV, tous les ecclésiastiques à un droit d'octroi qu'ils avaient été obligés d'établir, Pierre de Planella réclama contre cette violation des immunités du clergé. Débouté de son opposition, il excommunia les consuls. Ceux-ci s’en étant plaints au roi, l'excommunication fut étenduesur les officiers royaux. Le roi fit saisir le temporel de l’évèque, et puis une nouvelle taxe générale fut ajoutée à la première. Pierre de Planella se voyant en butte à un redoublement de persécutions, quitta le royaume. Le 29 août 1369, son vicaire-général, l'abbé de Saint- Génis, lança furtivement un interdit sur la ville. Mais en vain le pape lui-même usa de ses armes spirituelles en faveur du clergé; cette déplorable lutte durait encore lorsque Pierre de Planella fut promu, avec l’assentiment du roi, au siège de Barcelone, le 24 mars 1371.» Le 18 mai de la même année, ce prélat prit possession de son nouveau siège par l'intermédiaire de ses procureurs, François Botella, prieur de Sainte-Eulalie del Camp et Pierre de Saint- Aman, chanoine de Tortose, un de ses anciens vicaires-généraux à Elne. Il ne fit son entrée dans sa ville épiscopale que le 25 juillet 1372. Il reste encore dans la cathédrale de Barcelone, comme souvenir de Pierre de Planella, un trône épiscopal en marbre, surmonté de ses armes. Quoiqu'un peu mutilé. ce siège domine l’église depuis le sommet jusqu’au bas. Il possède sur ses côtés des escabeaux pour les chanoines.
Dans le cours du mois de juillet 1380, Pierre de Planella assista à la cérémonie de la déposition du corps de sainte Marie de Cervellon dans le riche cercueil que Pierre le Cérémonieux avait fait spécialement construire à l'intention de cette bienheureuse catalane. Le 4 novembre suivant, ce même évêque fit procéder à la translation du corps de saint Olaguer qui reposait dans la chapelle de Saint- Augustin (actuellement des Saints-Innocents). Il donna ordre de déposer Îles précieux restes de son saint prédécesseur dans la chapelle des Saints-Innocents. C'est làquel'insigne relique reçutla vénération des fidèles jusqu'au jour où elle fut placée derrière le retable de la chapelle du Saint-Sacrement située dans la cathédrale de Barcelone, où on la voit encore aujourd'hui. Pierre de Planella mourut le 20 actobre 1385. Son corps avait été inhumé dans le chœur de sa cathédrale ; mais le 11 janvier 1616. ses cendres furent rassemblées dans une urne de pierre et placées sur le côté de l'autel nouvellement construit dans le caveau qui sert à la sépulture des chanoines de la cathédrale de Barcelone. Ce modeste monument funéraire porte l'inscription suivante : Petrus de
Planella, Episcopus Barcinon. jacet in hac urna, qui obiit 20 die octobris, anno 1385.
Archives des Pyr.-Or., B. 119, 130, 346, G. 2, 9, 169. — Puiccai, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Conrad Eusek, Hierarchia catholica medii œui — ViLLanuEva, Viaje lilerario a las iglesias de España, t. XVIIT.
PLANOLES (Jean) était abbé de Jau en 1471.
Archives des Pyr.-Or., B. 410.
POBOLS (Ludrigo de) était fils de Bernard de Pobols et de Tibors, sa seconde épouse. La famille de Pobols, originaire du pays de Termenës, est connue dès l’époque de la croisade contre les Albigeois, et elle possédait, en 1238, le château de Ségure, situé au-dessus de Tuchan. L2: chevalier Bérenger de Pobols se montre en Roussillon dès l'an 1273, et Raymond, son successeur, acheta le 30 avril 1322 une part des dîimes de Banyuls-dels-Aspres, qu'il reconnut tenir en fief pour la dame de Castell- Rossello. Son fils, le donzell Bernard de Pobols, fit testament à Sigean le 8 juin 1390, et eut pour héritier Ludrigo de Pobols. La succession comprenait le termenat de Fenolhères et le quart du château de Montroig (dans les Corbières) tenus en fief pour le roi de France, divers revenus seigneuriaux et le château de Ségure tenu en fief honoré pour l’abbaye de Fontfroide, diverses possessions à Banyuls-dels- Aspres et quelques dîmes au lieu dit la Canavera (territoire de Nidolères). Ludrigo ajouta bientôt à ses domaines la seigneurie des Fonts, dont la vente lui fut confirmée le 25 février 1396 par Gui, abbé de la Grasse. Le 28 mars suivant, il prêta foi et hommage pour cette seigneurie à ce même abbé son suzerain, dans le couvent des Frères Prêcheurs de Perpignan, et le Procureur royal du Roussillon et Cerdagne amortit les 5.000 sols du bénéfice fondé dans l’église des Fonts, par Jaubert, son prédécesseur. On trouve encore, le 26 novembre 1402, l'acte de fondation de deux autres bénéfices par un membre de la famille seigneuriale des Fonts, Jean de Pobols, doyen et chanoine de l'église de Nicosie, dans l'ile de Chypre. L'un était institué à Sainte-Marie de Fausta, chapelle du château ou lieu de Ségure. qui était alors très renommée parmi les dévots du Roussillon ; le second dans l'église du couvent de Saint-Sauveur de Perpignan, où les religieuses appartenant aux plus grandes famnilles nobiliaires du pays étaient seules admises. Le patronat des deux bénéfices était donné à Ludrigo de Pobols, seigneur de Ségure. Ludrigo de Pobols fit son testament à Baixas, le 4 avril 1412. Il nomma exécuteurs testamentaires, son beau-frère, François de Verniola, seigneur de Calce, et Picrre Avulf, du lieu des Fonts. Il légua dix livres à l'œuvre (adjutorium) d'une custode d'argent pour
PLANOLES — POC
l’église des Fonts, la jouissance de tous ses biens de Padulls (Paziols) à Etienne Des Dartz, dit Xote, son macip ou écuyer ; à Agnès, son épouse, sa dot et ses joyaux, avec jouissance de tous ses biens ; à François, son fils cadet, 550 livres de Barcelone, valant mille florins d’or d'Aragon, tout autant à Aldoncia, sa fille. Antoine de Pobols, son fils aîné, fut institué son héritier universel. Ludrigo de Pobols mourut le 4 septembre 1412. L’inventaire de ses biens fut fait le 26 septembre 1412 et jours suivants. La succession se composa de seigneuries et droits divers à Ségure, Montroig, Fonolhères, Paziols, Tautahull, Banyuls-dels-Aspres, Tresserre, Vilamulaca et les Fonts. Ludrigo de Pobols laissa deux fils ; mais l’ainé, Antoine, mourut sans enfants après l’an 1417, et son frère, François, qui lui succéda, mourut aussi sans postérité après l'an 1434. Cet héritage revint à leur mère, Agnès, qui était fille de François de Bellcastell, seigneur de Vilallonga-de-la-Salanca. Celle-ci légua sans doute la seigneurie des Fonts à son frère Gaucelm. C'est ce qui explique pourquoi, dans un acte du 6 juin 1452, le donzell Gaucelm de Bellcastell prend le titre de seigneur des lieux de Vilallonga-de-la-Salanca et des Fonts en Roussillon, de la Serpent et de Canavell dans le royaume de France.
ALART, /MVolices hisloriques sur les communes du Roussillon,
1 série. — Abbé J. CaPEiLce, La seigneurie de Banyuls-dels- Aspres.
POC ou POCH (Reginald), originaire de Planolas, petit village situé dans la vallée de Ribes (Espagne), entra dans l’ordre de Saint-Dominique et fut nommé professeur de théologie à l’Université de Perpignan, vers le commencement du xvu siècle. Par la plume et la parole, il exerça un ministère fécond à Perpignan et dans le diocèse d’Elne. Reginald Poc publia la vie des saints les plus populaires. en Roussillon, sous le titre : Compendio de la vida, muertle y milagros de los dos gloriosos labradores san Galderique de Canigon, y san Isidro de Madrid, reparlido en dos libros, Perpignan, 1627, in-8°, imprimé chez Louis Roure ; Historia de la vida y milagros de san Magin, Barcelone, 1630, chez Sébastien Camellas ; Vida de san Medi. Cet auteur inséra dans le premier de ces opuscules quelques notices sur le monastère de Saint-Martin du Canigou qu'on peut dire identiques, dans le vrai comme dans le faux, à celles de la Cronica universal de Catalunya du docteur Jérôme Pujades, son contemporain. Orateur écouté, Reginald Poc portait la parole dans les grandes démonstrations de foi religieuse et entraînait les foules. « Dans l’espace de douze ans, écrivait-il lui-même
en 1627, la très fidèle ville de Perpignan a daigné
m'écouter, et à peu près chaque année, j'ai fait le
POEYDAVANT
voyage de Saint-Martin du Canigou », pour prendre et porter en procession les reliques de saint Gaudérique de l’abbaye du Canigou sur les rives de la mer Méditerranée. Ces pèlerinages du peuple roussillonnais avaient pour but d'obtenir la pluie, en temps de sécheresse, par l’intercession du saint laboureur si vénéré sur tous les points du diocèse d’Elne. On peut juger des accents de son éloquence par le sermon qu’il prêcha, en pareille occurrence, durant l’année 1626. Reginald Poc a pris soin de laisser à la postérité le texte de son allocution en l’insérant dans le corps de l'ouvrage: Vida de san Galderique. En 1632, la peste exerçait de cruels ravages dans la ville de Perpignan. Reginald Poc fit entendre sa voix sur la chaire sacrée pour refaire le courage des perpignanais démoralisés et les exhorter à la confiance en la protection du ciel. Le 16 août, il prêcha dans l’église de la Réal, à l'issue de la procession organisée par la ville de Perpignan, en l'honneur de saint Roch. Trois jours après, en la fête de saint Magin, l'intrépide Frère-Prècheur gravit les marches de la chaire de Saint-Mathieu ct prononça un autre sermon pour exciter le peuple à implorer le secours du saint dont il célébra les gloires avec les transports d'une enthousiaste éloquence. Reginald Poc propagea le culte de Marie en Roussillon. Il établit des confréries du Rosaire dans diverses églises du diocèse d'Elne. notamment celle qui fut fondée à Bages, le 24 août 1623, à la suite d’une demande formulée par la noble daine Paule de Taqui. On croit que Reginald Poc est l’auteur des Goigs de la Mare de Deu del Roser si connus et si universcllement chantés dans les églises du Roussillon. Il est hors de doute que ceux de saint Gaudérique sont dus à l'inspiration poétique de ce religieux.
Archives des Pyr.-Or., G. 720. — Torres-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — Abbé CasaMasor, Vie de saint Gualdric, Perpignan, 1869. — Semaine religieuse de Perpi-
gnan, n° du 6 avril 1901.
POEYDAVANT (Pierre) naquit à Pau (Basses- Pyrénées), le 19 janvier 1730, de l'union contractée entre Jean Poeydavant et Françoise-Josèphe Lelièvre. A l’âge de onze ans, il était déjà commis de l'Intendance de Pau. «IL puisait ainsi tout jeune, dit son biographe, la tradition alors naissante de cette science de l'Administration française qui allait devenir si fameuse. et dont il nous a laissé pour le Roussillon un excellent résumé [dans son Mémoire sur la province de Roussillon el le pays de Foix, en particulier sur les objels relalifs à leur administralion el aux fonclions des commissaires départlis, publié successivement par MM. Desplanque et Pratx dans les X XX V°. XX X VIT et LI Bullelins de lu Société Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orientales.]
Ce fut M. de Bon qui amena [Pierre Poeydavant] à Perpignan en 1754. Cet intendant, un des hommes en place de son temps qui ait le plus aimé à faire des obligés, prit comme premier secrétaire M. Poeydavant, déjà reçu avocat au Parlement. Deux ans plus tard, en juillet 1756, il obtint pour lui l'emploi de directeur du Vingtième. Peu après, il lui fit donner par le roi la commission de subdélégué-général de l'Intendance, dont il jouit jusqu'en 1789. Ces emplois honorables mirent M. Poeydavant à même de connaître parfaitement toutes les parties de l’administration. Remplaçant l'Intendant dans toutes ses absences, chargé par lui de l'instruction et du détail des affaires, dont un personnage comme M. de Bon ne pouvait s'embarrasser, logé même dans son hôtel, on peut dire qu'il fut durant ces trente-cinq ans, de 1754 à 1789, l'âme et le ressort de tout ce qui se fit daus les bureaux. Sans négliger et même pour mieux remplir les devoirs de son état, ils'occupait volontiers de former sur les objets de son administration des notices instructives, basées sur l’histoire, l’observation personnelle et la science, nouvelle alors des physiocrates... Ainsi son mérite ne manquait pas à se faire connaître. Monsieur de Bon avait commencé sa fortune ; il voulut la continuer en sollicitant pour lui, auprès de Sa Majesté, une pension de 1.000 livres. dont moilié serait prise sur l'imposition ordinaire de la province et moitié sur les revenus de la ville de Perpignan. Cette grâce fut accordée « en considération des bons services du dit Poeydavant » à la fin de l’année 1769. Il jouit de la même faveur sous M. de Tressan, successeur de M. de Bon, qui mourut en 1774, et sous messicurs de Clugny et de La Porte, qui ne firent que passer à l'Intendance. Ces différents administrateurs se reposaient entièrement sur lui du soin de diriger leurs commis et le chargeaient d'en payer les gages. Louis-Raymond de Saint- Sauveur, qui les remplaça, en faisait plus de cas s’il est possible : il disait plus tard. en se vantant, à propos de son intendance en Roussillon, qu'il s'était occupé pendant douze ans de ce qui pouvait faire le bonheur de cette province. selon ses lumières et surtout « avec les conseils de Monsieur Poeydavant, homme intègre. éclairé, laborieux et qui connaissait parfaitement le Roussillon. » M. Poeydavant, peu de temps avant d'obtenir sa pension, s'était avantageusement marié avec une demoiselle Marie Reyné, fille d'Etienne Reyné, greffier de l'extraordinaire des guerres, et de Louise Ramon, de la paroisse Saint- Jean de Perpignan. De ce mariage. célébré le 22 novembre 1768, il eut cinq enfants, mais à l'exception de Jean-Pierre-Etienne, l'aîné (dont la notice suit), ils moururent tous en bas-âge. Les orages de la Révolution française troublérent, à son terme, la carrière de M. Poeydavant. Le 27 juillet 1789, un
soulèvement populaire se produisit à Perpignan, à la nouvelle des événements du 14 à Paris. Par un effet de l’esprit de déraison, si souvent observé chez les foules, l’effervescence se manifesta principalement contre l’intendance, la seule des institutions du régime d'alors dont l'esprit et les œuvres devaient subsister dans la France contemporaine. Arrêté, menacé de mort pendant trois heures de suite, M. Poeydavant quitta précipitamment les bureaux, abandonnant ses papiers qui furent mis sous scellés. Auparavant, il dut souscrire un billet de 2.400 livres en faveur de la chapelle de Notre Dame du Faubourg à Perpignan et des deux hôpitaux de cette ville. Les émeutiers ne lui firent grâce qu’à cette condition, mêlant d’une façon bizarre le brigandage à l’humanité, et la religion à la révolte. Effrayé, il se retira à Montpellier, où il garda le titre de subdélégué-général jusqu’au 31 octobre 1789. A cette date il fut remplacé par Louis Grenier. Il ne tarda point, toutefois, à revenir Perpignan, et y mourut, le 4 prairial au XI (3 juin 1805), éloigné des affaires publiques. »
E. DEsPLANQUE, L'Intendance de Roussillon, Mémoire de M. Pierre Poeydavant, dans le XXXV* Bullelin de la Société Agricole, Scienlifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.
POEYDAVANT (Jean-Pierre-Etienne-Louis- Augustin, fils unique du précédent, naquit à Perpignan le 28 août 1769. Il était trésorier-payeur-général à Rennes (Ille-et-Vilaine) et chevalier de la Légion d'honneur, lorsqu'il fut successivement élu député du grand collège des Pyrénées-Orientales : le 13 novembre 1820, par 263 voix ; le 10 octobre 1821, par 269 voix et le 25 février 1824 par 278 voix. Jean-Pierre Poeydavant fit partie à la Chambre du groupe ministériel, demanda, le 20 août 1822, un secours pour la famille du conventionnel Montégut et quitta la vie politique aux élections de 1827. En 1837, Jean-Pierre Poeydavant se rendit adjudicataire du portail de la chapelle de Saint-Georges (tiers-ordre de Saint-Dominique à Perpignan) et d’une Partie de la colonnade du cloître de ce couvent, vendus par le Génie militaire. Il destinait ces précieux débris à la construction d’une chapelle, mais la mort prévint ses projets. Le portail seul a été relevé plus tard et sert d’entrée à la cour d'exploitation rurale du mas Vésian. Les pierres d'appareil devinrent la proie des maçons: arcades, colonnes et chapiteaux du cloître des Dominicains de Perpignan gisent entassés pêle-mêle dans la cour de ce domaine. Jean-Pierre Poeydavant contracta alliance, à Naples, en 1810, avec Françoise-Félicie Pigualver et eut de ce mariage une fille, Hippolyte, qui naquit en 1812 et devint l'épouse du marquis d'Auberjon, des environs de Villasavary (Aude).
ROBERT, BourLorTox et Couc\y. Diclionnaire des Parlemenaires. — DE Boxxeroy, Epigraphie roussillonnaise.
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POEYDAVANT — PONS
POMERS (Pierre), maître fondeur qui vivait dans le milieu du xv' siècle, s’engagea à refondre, de concert avec Thomas Besot, le bourdon et les deux cloches de l’église Saint-Mathieu de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., G. 679. — PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
POMETA (Bernard) était secrétaire à la cour d'Aragon, sous le règne de Pierre le Cérémonieux. Le 14 décembre 1357, les infantes Constance et Jeanne lui donnèrent procuration pour administrer en leur nom les lieux et villes de Saint-Laurent-de-la-Salanque, Claira et Vinça que le roi, leur père. venait de leur concéder en compensation du lieu de Vilaréal (royaume de Valence) attribué à Henri, comte de Transtamare, et d’autres fiefs leur appartenant, octrovés au chevalier Alvaro Garcia d’Albarnos. Bernard Pometa percevait pour ces émoluments une renté de cinq cents sous. prise sur les revenus de ces localités roussillonnaises. La seigneurie de Vinça passa de l’infante Jeanne d'Aragon à son fils Pierre comte d'Empories, et, par la veuve de ce dernier,aux vicomtes de Rocaberti. Louis XI en fit don à ses affidés ou capitaines, François de Pla et Raymond d'Ossaiges dit Capder Ramonet, puis à Michel Cardona et à ses enfants. Ferdinand le Catholique la restitua à une branche de la famille Rocaberti (V. ce nom).
Archives des Pyr.-Or., B. 106, 137.
PONCE, onzième abbé de Saint-Michel de Cuxa, administra ce monastère durant l’espace de sept années (951-958). Le 28 juillet 953, Riculfe, évêque d'Elne, consacra l’église provisoire de l’abbaye de Cuxa, en présence de plusieurs prélats, de la comtesse Ava ainsi que de ses fils Oliba Cabreta et Seniofred. Ponce enrichit son monastère de nombreuses reliques, notamment de celles de la Vraie- Croix, du Saint-Suaire, etc.
Abbé For, Histoire de l’abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa.
PONS (Jacques), originaire de Perpignan, écrivit en 1474 un ouvrage sur l'escrime, au dire de L. de Narvaez dans son livre : Engaño y desengaño de {a destre:a de las armas.
TorkEs-AMaT, Diccionario crilico de los escritores catalanes.
PONS (Guillaume-Raymond de), possédait la baronnie de Monclar par succession de ses ancêtres. Son fils aîné, Joseph de Pons, épousa, le 12 janvier 14620, Béatrix de Guimera et reçut en dot la baronnie de Monclar qui devait passer à ses fils ou à défaut à sa sœur Magdeleine, épouse de François de Junyent. De l'alliance contractée entre Joseph de Pons et Béatrix de Guimera naquirentquatre enfants : Joseph, Antoine, François et Pierre. L’aîné, Joseph,