ARPAJON — ARQUER
bles. L'abbé Arnulphe, inspiré d’en haut, forma le projet de faire le voyage de Rome, dans le but de demander au Souverain Pontife une relique pour le monastère d'Arles, afin d'obtenir la faveur de voir cette contrée délivrée de si affligeantes calamités.
A Rome, l’abbé s'était rendu dans une église où le pape devait venir présider une cérémonie. Comme il donnait un libre cours à ses pleurs, le Souverain Pontife le remarqua et lui demanda de venir le visiter. Arnulphe se présenta au Saint-Père et lui fit connaître le motif de sa venue et de ses larmes. Le pape lui recommanda de venir le lendemain et lui promit dès ce moment de lui accorder telles reliques qu'il demanderait. Le saint abbé passa toute la nuit en prières, et le sommeil étant venu un instant reposer ses membres, il vit en songe, dans le cimetière Pontien, un sarcophage richement orné, dans lequel se trouvaient deux cercueils de plomb. Une voix lui fit entendre que ces bières contenaient les reliques des saints martyrs Abdon et Sennen qu’il devait demander au pape. Le lendemain, il alla raconter sa vision au Saint-Père, qui ordonna d'aller chercher ces reliques et les remit à Arnulphe.
Avant de partir, le saint religicux eut l'inspiration de faire faire deux barils dont chacun fut divisé en trois compartiments, au moyen de planches enduites de goudron ; et après avoir pieusement placé son
précieux fardeau dans les cavités du milieu, il rem-
plit de vin les deux compartiments extrêmes de l’un des barils, et d’eau les compartiments extrêmes de l'autre, comme s’il n’eût porté que sa provision de voyage ; tout cela, afin de ne pas courir le danger de se voir dépouiller de son trésor par les habitants des villes qu'il avait à traverser. En effet, à mesure que l'abbé Arnulphe traversait les diverses populations de l'Italie, les cloches sonnaient d’elles-mêmes : et, en même temps, les habitants accouraient sur le passage de notre religieux, lui demandant ce qu’il portait. À cela le pèlerin répondait qu'il portait une provision de vin et d’eau pour son voyage. Le même fait se produisit dans notre pays, nolamment au Perthus, à l’Ecluse, à Maureillas et à Céret, ce qui remplit de frayeur le muletier qui accompagnait l'abbé.
Dès le jour où les saintes reliques furent entrées dans Arles, les animaux sauvages disparurent de la contrée, et jamais plus ils ne reparurent. On fit sculpter en pierre deux de ces animaux dévorant deux enfants, et on les plaça au-dessus de la porte de l'église, où on les voit encore aujourd'hui.
Marca hispanica, col. 1449-1453.
ARPAJON (Louis, marquis de Sévérac, duc d’}, général français sous Louis XIII, reçut neuf blessures au combat de Félissant, se distingua, en 16214,
au siège de Montauban et, par la défaite d’un corps de calvinistes, assura le Languedoc à l'autorité royale. Il contribua ensuite à défendre Casal, Montferrat et le Piémont. La Franche-Comté, Trèves, Saint-Omer et le Roussillon furent aussi témoins de : son courage et de ses talents militaires. Employé, en 1639, à l’armée de cette dernière province, sous le maréchal de Schomberg, il emporta Salces l'épée à la main ; une partie de la garnison fut tuée ; l’autre demeura prisonnière de guerre. Il commanda, en 1640, l’armée navale de la Méditerranée, lorsqu'on destitua l'archevêque de Bordeaux. Employé, en 1641, de nouveau à l’armée de Roussillon, il servit au siège de Canet qu'on emporta, ainsi que son château, en peu de jours. Il prit Argelès, concourut à la prise d’Elne et battit les ennemis qui voulaient Île surprendre. Il fut ensuite employé à l'armée de Guyenne.
Lorsqu'en 1645 le sultan Ibrahim menaça Malte, d'Arpajon se signala pour la défense des chevaliers. Il fit prendre les armes à tous ses vassaux, leva deux mille hommes à ses dépens, chargea quelques vaisseaux de munitions et vint trouver le grand-maître Paul-Lescaris Castellard, à la tête d’un grand nombre de gentilshommes ses parents ou ses amis «lui présentant ainsi, dit Vertot, un secours si considérable qu'il n’eût osé en espérer un semblable de plusieurs souverains ». Il fut nommé général en chef avec pouvoir de se choisir trois licutenants-généraux. Lorsque le danger fut passé, le grand-maitre, de l'avis du conseil, lui accorda plusieurs honneurs et privilèges dont le plus remarquable fut qu'un de ses fils ou descendants serait reçu chevalier dès sa naïissance, et grand-croix à l'âge de seize ans. Après l'extinction des mäles de la famille d'Arpajon, ces privilèges passèrent à la famille de Noailles. De retour en France, d'Arpajon fut nommé ambassadeur auprès de Ladislas IV, roi de Pologne. et favorisa l'élection de Casimir, successeur de ce prince. En 1651, il fut créé duc par Louis XIV, et mourut. en 1679, à Sévérac où il fut enterré.
ARQUER (Montserrat), de Céret, oblint, le 2 mai 1589, de l'Université de Perpignan, le grade de docteur en droit civil. Nommé d’abord avocat fiscal, il devint successivement juge du Domaine et assesseur du Gouverneur. Le 18 mai 1619. il reçut des lettres de noblesse et concession d’armoiries hlasonnées ainsi : D'argent, au pin terrassé de sinaple, surmonté d'un arc tendu de gucules, rangé en fasce et armé d’une flèche encochée en pal du même. à la bordure cousue d'or, chargée de ces mots: Deus arcum suum tendit, en caractères de sable.
Archives des Pyr.sOr., B. 378, 380. 384. — Sarsas, Armnorial du Roussillon.