‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 15 sur 227 · ARRIA — ARTAUD · texte numérisé non relu

ARRIA — ARTAUD

ARRIA (Guifre d’) ou de Ria, seigneur visigoth, se distingua de bonne heure dans le métier de la guerre. Il signala ses premières armes contre les Sarrasins ; il se joignit en 838 à Bernard, comte de : Barcelone et duc de Septimanie, pour faire la guerre à Aimon, gouverneur de la Guienne, qui avait soulevé cette province en faveur des enfants de Pépin, roi d'Aquitaine, contre Louis le Débonnaire ; il contribua beaucoup à la défaite de ce rebelle et à la réduction de cette province, sous l'obéissance de son légitime souverain. Il marcha l’année suivante en ‘spagne contre les Sarrasins et fit le siège de Tortose. qu'il fut cependant obligé de lever malgré ses exploits et la valeur de ses troupes. Il succéda au comte de Barcelone en 843, après la mort de Bernard, condamné pour crime de félonie. La préférence que Charles le Chauve lui témoigna dans cette occasion lui suscila des ennemis ; un des plus animés fut Salomon, comte où gouverneur de la Cerdagne, qui fit naître dans l'esprit de ce prince des soupçons sur la fidélité de Guifre ; Charles le Chauve, dont la domination étail mal affermie dans la Marche d’Espagne, l'altira sous différents prétextes hors du pays qu'il gouvernait et le fit arrêter pour être conduit à sa cour; mais en passant au Puy, Guifre fut assassiné sans qu'on ail pu découvrir si ce fut par l'ordre de ce prince ou par les émissaires de ses ennemis qui craignaient sa justification. Il est certain cependant que l'empereur ne lui donna d'autre successeur que son fils Guifre le Velu, qui a été la tige des com- Les de Barcelone et des rois d'Aragon, ct dont les descendants ont régné sur une grande partie de l'Eu ope. «Celle maison, dit le Voyageur français, a donné des rois à Ja Castille, à la Navarre, à la Sicile, à liîle de Majorque, des souverains à la Provence, et à une partie du Languedoc, et des reines à la France, à la Castille, au Portugal et au royaume de Naples. Les princes qui règnent actuellement (17621 en France, en Espagne. à Naples et à Parme en descendent par les femmes. C'est un point d'histoire qui n’a jamais été traité, qui peut être ignoré, et dont la province de Roussillon doit se glorifier. »

ARTAUD, évêque d’Elne (1054-1061), assista en 1054 à La consécration de l'église de Maguelone, et le 18 novembre 1058 à celle de la cathédrale de Barcelone.Le3septembre.,il consacra l'église Saint-Quentin des Bains d'Arles.

Puiccart, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Marca hispanica, col. 114.

ARTAUD II fut nominé à l'évêché d’Elne dans le mois de mai 1087, mais son métropolitain Dalmace réprouva cette élection comme simoniaque. C’est pour cela qu'il est désigné par le seul titre d’évêque, sans indication de. diocèse, dans la charte de fonda-

tion et imimunité de Villefranche-de-Conflent. Le 12 mars 1088, il se rendit auprès du pape Urbain II qui le sacra à Rome, après lui avoir fait jurer qu’il n'était point coupable de simonie. L'archevêque persista néanmoins dans son refus de le reconnaître pour pasteur légitime jusqu'à ce que le cardinal-légat Rainier, ayant pris par ordre du pape des informations sur les lieux, Artal se fut entièrement purgé. On dit dans le Gallia christiana que le 9 janvier 1089 il souscrivit, avec le seul titre d'élu, un acte par lequel les vicomtes de Castellnou abolirent les mauvais usages qu'ils avaient établis à Pézilla et à Cornella. Mais cet acte, qui est de 1088, ne fait aucune mention d'Artal. Le 20 mars 1091, Artal assista au onzième concile de Narbonne, présidé par l'archevêque Dalmace. Le 8 novembre de la même année, il fit un règlement avec son chapitre au sujet du repas à donner les jours de fêle solennelle par l'évéque et les dignitaires à tout le corps des chanoines. Le 7 octobre 1095, Guillaume-Rarmond, comte de Cerdagne, le nomma exéculeur de son testament, dans lequel il fit plusieurs less à l'église de Cornellade-Conflent, en chargeant son fils d'y établir un monastère de chanoines réguliers de l'ordre de Saint- Augustin. Le fils. après avoir exécuté ce qui lui avait été prescrit, ajouta un surcroît de biens à la dotation léguée par le testament en faveur de cette fondation, le 4 mars 1097. Enfin, en 1096, Artal assista au concile tenu à Nimes par le pape Urbain IT, qui commença, à ce que l'on croit, le 6 juillet.

Puiccani, Catalogue biographique des êévéques d'Elne. — Marca hispanica, col. 466, 1193, 1197.

ARTAUD, Artal ou Arlalde, archidiacre d'Elne, fut nomimé évêque de ce siège en 1148, ct Le 13 mars de cette année, il consacra l'autel de la chapelle de Saint-Michel dans l'église-cathédrale de Narbonne. Le 9 octobre 1149, Raymond Bérenger. prince d’Aragon et comte de Barcelone, lui prêta le même scrment de fidélité et de proteclion qu'il avait prêté à Udalgar, son prédécesseur, en 1140. Le 9 janvier 1450, Artaud consacra l'église de Saint-Vincent de Baho, le 11 mars 1151, celle de Vilarasa, et le 30 octobre de cette même année, celle du pricuré de Scrrabona,. nouvellement bâtie. Le 9 août 1151, Arlaud, assisté d'autres prélats, avait consacré Gaufred, abbé de Saint-Ruf, nommé premier évêque de Tortose. Le 42 avril 1152, il céda au prieur d'Espira-de-l'Agly l'église de Saint-Saturnin de Tapia (Ortolanes) et reçut en échange celle de Saint-Félix et de Saint- Etienne du Pi. Le 14 novembre 1155, il transigea avec Gaubert d'Avalri. Le 13 février de la même année, de concert avec son chapitre, il permit aux habitants d’Elne de murer la ville et d'user du droit de vindicte. Vers ce même temps, Adrien IV écrivit

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