‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 146 sur 227 · ——__—————— LU · texte numérisé non relu

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chante, le 17 juillet 1815, Louis de Ricaudy prit dans

la suite le commandement du Ramier et du Loiret et fit, sur ces navires, des croisières sur les côtes de l'Italie, de l'Algérie et de la Barbarie, sous les ordres de son oncle le baron de Saizieu. Lieutenant de vaisseau le 22 avril 1821, il fut promu, dans la même année, chevalier de la Légion d'honneur. Après plusieurs embarquements. Louis de Ricaudy prit le commandement de la goëlette L’'Estafetle. puis celui du Dromadaire. Il assista à la bataille d: Navarin. livrée le 20 octobre 1827, et embarqué sur le bâtiment marchand-transport La Belle Gabrielle il fit partie de l'expédition d'Afrique. Il assista à la prise d’Alger et commanda une compagnie de débarquement qui opérait sur la plage de Sidi-Ferruch. Sa belle conduite durant cette campagne lui valut le grade de capitaine de frégate, que le gouvernement de Juillet lui décerna, le 2 octobre 1830. Le capitaine de Ricaudy commanda alors la corvette de charge La Meuse puis la corvette de guerre L’Ariane. Monté sur ce dernier navire, il fit une campagne dans l’Amérique du Sud, d'une durée de deux ans et demi. Il était chargé d’une mission aussi délicate qu’'importante : donner protection et secours au commerce français sur les côtes du Brésil, de la Plata, du Chili et du Pérou. Dès son retour en France, Louis de Ricaudy reçut les témoignages de satisfaction les plus flatteurs de l’amiral Durerré, ministre de la marine. Capitaine de vaisseau le 5 mars 1837, il fut d'abord placé à la tête des équipages de ligne à Rochefort puis chargé de diverses inspections dans le 4° arrondissement maritime. Le 6 mai 1839, Louis de Ricaudy fut appelé au commandement du vaisseau Le Trident. Le 10 juin 1841, il passa à Toulon en qualité de directeur des mouvements du port, et remplit ces fonctions durant plus de six années avec zèle, dévouement et fermeté. Le 27 novembre 1847, le ministre de la marine, de Montebello, lui confia le commandement du Diadème ; le 1° février suivant, il prit la direction de la frégate à vapeur L’Asmodée, dans l’escadre de l'amiral Baudin. Louis de Ricaud fut détaché de la division pour aller commander la station navale qui devait représenter la France devant Venise assiégée par les Autrichiens. La mission dont il fut chargé était difficile. Il sut la remplir avec une distinction et une fermeté telles que le gouvernement, voulant récompenser ses services, l'éleva à la dignité de contreamiral, le 16 octobre 1848. L'amiral de Ricaudy retourna à Toulon et arbora son pavillon sur L’Asmodée. Plus tard, il devint successivement membre de la commission mixte des travaux publics à Paris et major-général de la marine à Brest. Sur les indications fournies par M. Passama, officier de marine, l'amiral de Ricaudy vint aux eaux de la Preste pour x soiwner une affection des voics urinaires. Le mieux qu'il éprouva à la suite de son séjour en Roussillon,

le décida à se fixer à Perpignan, dès la fin de l’année 1851. Le 8 janvier 1853, il fut classé dans la deuxième section du cadre des officiers généraux de la marine. Il mourut à Perpignan, le 16 février 1856. L’amiral de Ricaudy avait été nommé: chevalier de la Légion d'honneur, le 28 avril 1821 ; chevalier de Saint-Louis, le 30 octobre 1829 ; officier de la Légion d'honneur, le 28 avril 1841; commandeur du même ordre, le 28 avril 1847. Il était en outre commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie, de l’ordre du Nitcham, de Tunis, et de l’ordre de l’Epée de Suède. Les armes de sa famille sont: d'azur à la fasce accompagnée en chef de trois éloiles et en pointe d'un croissant, le loul d'argent. L'amiral de Ricaudy épousa Suzanne Mélin et eut d'elle trois fils et une fille, qui fut l’épouse de Raphaël Vergès, propriétaire à Perpignan.

Archives de la famille.

RICH (Jaoques), catalan, abbé du monastère Sainte-Marie de Ripoll, fut élu évêque d’Elne, le 3 juillet 1534, à la place du cardinal Jérôme Doria, nommé à l'évêché d'Huesca. Le 21 du même mois, il prit possession de son siège, par procureur. Le 23, il fut installé chapelain-majeur de la collégiale de Saint-Jean de Perpignan, et fit son entrée dans cette ville, le 13 septembre. Le 2 décembre 1534, le neveu de Jacques Rich, qui était aussi son fondé de pouvoir, fit concession, à titre de fief, à Jacques La Torra, du château ruiné du Soler, que les ressources de la mense épiscopale ne suffisaient plus à entretenir. Le 8 janvier 1535, l’évêque d’Elne ratifia une sentence arbitrale définitive sur un procès existant entre le chapitre et la communauté ecclésiastique de Saint- Jean. à Perpignan. Durant le mois de mars 1535, Jacques Rich convoqua les membres du clergé diocésain à une assemblée générale qui se tint à Perpignan et qui eut pour but de fixer la quotité du droit de fogalge imposé aux ecclésiastiques par l’empereur Charles-Quint. Ce prélat mourut à Perpignan le 9 octobre 1535. Son corps fut porté à Elne et son mobilier fut vendu à l’encan sur la place de la Loge à Perpignan, en 1536.

Archives des Pyr.-Or., G. 40, 48, 183. — Priccart, Catalogue biographique des évêques d'Elne.

RICI (Françols de), né à Villefranche-du-Conflent, prit l’habit des moines bénédictins au couvent de Monserrat, le 27 janvier 1527, et mourut en 1555. Il fut un peintre en renom ; son talent lui acquit une grande célébrité dans toute l'Espagne. François de Rici passadans la suite au monastère du Mont-Cassin, en Italie, et sa réputation d'artiste s’accrut encore davantage.

F, Gaussnas, Varna h's'oria 2 Montserrat.

RICH — RIEUDEMONT

RICULFE ÎI, évêque d'Elne, se trouva à deux conciles, célébrés au village de Port, au diocèse de Nimes, l’un en 877, et l’autre en 897, contre Silva, prêtre espagnol qui se prétendait archevêque. Le 1°" novembre 898, il obtint de Charles le Simple, à la prière de la reine Adélaïde, plusieurs dons pour la restauration des églises de son diocèse. L'année suivante sur la recommandation d’Arnuste, archevêque de Narbonne, le même prince lui accorda de nouvelles grâces. En 902, il assista au concile d’Altigni; en 906, à une réunion d'évêques qui eut lieu à Barcelone ; et en 907, au concile tenu à Saint-Tibéri, au diocèse d'Agde. Le 9 novembre 915, il fit son testament, la veille de son décès, en faveur de sa cathédrale, à laquelle il légua, entreautres domaines, le village de Pabol, plus un riche et considérable mobilier d'église et sa bibliothèque.

Marca hispanica, col. 382, 830. — Puiccari, Catalogue biographique des évêques d’'Elne.

RICULFE II fut élu évêque d’Elne par le clergé et le peuple d’Elne à la place de Wadalde, qui venait de mourir. Le 17 mars 947, cette élection fut confirmée dans un concile réuni à Narbonne où furent présents Aimeric, archevêque de cette ville, quatre évêques et un abbé. Le 30 juillet 953, Riculfe consacra l'église provisoire du monastère de Saint-Michel de Cuxa, qui avait recueilli le personnel de celui de Saint-André d’'Exalada, et la deuxième année du règne de Lothaire, il fit quelques échanges (956). Le 16 mars 959, Ailo, son fils Durand, prêtre, et Sésenand, diacre, donnèrent à Riculfe et à ses successeurs tous leurs alleux de Roussillon et de Vallespir. Le 16 septembre 960, Ermentrude céda, par échange, au même évêque et à son chapitre la moitié de son alleu de Bages et les eaux.

Marca hispanica, col. 868. — Puiccart, Calalogue biographique des évêques d’Elne.

RIERA (Joseph), orfèvre de Perpignan, passa, à la date du # janvier 1672, avec Joseph Albert, balle de Perpignan, un contrat par lequel il s’'engagea à fabriquer un bénitier, pareil à celui dont on faisait usage dans l’église des chanoinesses de Saint-Sauveur.

Archives des Pyr.-Or., G. 792.

RIEUDEMONT (Pierre-Jean), peintre languedocien, travailla pour les églises du Roussillon. Il exécuta notamment en 1757, pour l’église de Néfiach, les deux toiles placées sur les parois du sanctuaire quireprésentent la mort de la Vierge Marie et la mise au tombeau de son corps, les deux panneaux du Portement de la Croix et de l’Elévation de Jésus sur la croix (réplique du sujet peint par l’auteurlui-même dans la chapelle du Christ de l’église Saint-Jacques

RIFFOS — RIGAUD

à Perpignan), la toile de la chapelle de l’Ange gardien et le tableau de saint Honoré, évêque. En 1759, Pierre- Jean Rieudemont peignit les six panneaux reproduisant des scènes de la carrière de la Mère de Dieu, qu'on voit encore de nos jours dans cette même église de Néfiach. Il est l’auteur des deux tableaux placés sur les côtés de la chapelle de saint Ferréol, dans l’église Saint-Jacques de Perpignan. Ils représentent le Champ de bataille des Macchabées et le Sacrifice au Temple de Jérusalem que ces héros firent offrir à l'intention des soldats morts pour la cause du Très- Haut. Ces toiles furent exécutées en 1760, comme en fait foi l'inscription gravée au bas de l’œuvre, qui est conçue en ces termes: Peint par Rieudemount (sic)

RIFFOS (Raphaël), catalan, était vicaire-général de l’ordre de Saint-Dominigue en Espagne, et maître en théologie, lorsqu'il fut appelé au siège épiscopal d'Elne, par des bulles parties de Rome en date du 12 novembre 1618. Le 16 avril 1619, il prêta son serment, par procureur, à l’église Saint-Jean de Perpignan. Quatre jours après, Raphaël Riffos prit possession du château du Soler par l'intermédiaire d’un fondé de pouvoir. Le 12 avril 1619, son procureur prit aussi possession du siège épiscopal d’Elne, en observant une série de cérémonies spécifiquement distinctes. C’est ainsi que le représentant de l’évêque d’'Elne se rendit en premier lieu dans la partie postérieure du sanctuaire où se trouvait un trône en pierre, sur lequel il demeura assis durant quelques instants. Ce même personnagese dirigea ensuite vers le chœur, établi alors au milieu de la nef. Il s’appuya pendant un moment sur le trône pontifical en bois, qui s'élevait sur la droite du chœur, puis il alla s'asseoir sur une stalle commune du chapitre, située auprès de la porte. L'entrée de Raphaël Riffos dans la ville de Perpignan eut lieu le 9 novembre 1619. Durant son épiscopat, qui ne dura qu'une seule année, Raphaël Riffos réalisa l’accord du chapitre d'Elne et de la communauté ecclésiastique, tenté en vain par ses prédécesseurs. Il agrandit le palais épiscopal et affecta à cette œuvre la somme de mille ducats. Le 15 mars 1620, ce prélat fit célébrer avec solennité dans son diocèse le Jubilé accordé par Paul V à l'univers entier. Raphaël Riffos mourut à Perpignan le 17 décembre de cette même année et fut inhumé deux jours plus tard devant le maïtre-autel de Saint- Jean. On grava sur son tombeau l’épitaphe suivante: Hic qui escil reverendus D. D. Raphaël de Rifos Dei graltia episcopus Elnensis ordinis Prædicatorum. Obrit À VI cal. januarii, anno Domini MDCXX.

Archives des Pyr.-Or., G. 25, 30, 53, 62, 241. — Puiccani, Caladogue Livgraphique des évêques d'Elne.

RIGAU ou RIGAUD 3 écrit : Recollecta de tots los privilegis, provisions, pragmatiques et ordinacions de la fidelissima vila de Perpinya. Cet ouvrage connu sous le vocable de Rigaudina, du nom de son auteur, fut imprimé à Barcelone, par Rosembach, en 1510. Îl est rare et d’une grande importance, car il renferme un inventaire des archives de la ville de Perpignan à une époque où elles étaient bien plus complètes qu'aujourd'hui. Le volume comprend 99 feuillets chiffrés ou 198 pages. Il est imprimé sur une seule colonne, en caractères gothiques, avec initiales et notes marginales. Au milieu du livre se trouve un titre imprimé en rouge: Taula dels eslils de la Cort del veguer de Rossello e de Vallespir. À la première page, au-dessous du titre, sont les armes de la cité de Perpignan.

CoMET, Rosembach, élude sur les origines de l’Imprimerie à

Perpignan, dans le XXXVII° Bulletin de la Socièté Agricole, Scientÿfique el Littéraire des Pyrénées-Orientales.

RIGAUD (Honoré), peintre de Perpignan, habitait sur la paroisse de Saint-Mathieu, mais ses descendants se fixérent sur les paroisses de la Réal et de Saint- Jean. Le 4 août 1596, Honoré Rigaud passa un contrat avec les délégués du chapitre d'Elne au sujet de peintures qui devaient ornerun autel surmonté d’un baldaquin. Le 28 mars 1609, cet artiste s’engagea à peindre l’intérieur d’un tabernacle destiné à l’église de Palau-del-Vidre. Le 26 septembre 1613, le notaire François Puig dressa procès-verbal de la visite faite par Honoré Rigaud du rétable de Notre-Dame à Saint- Cyprien. Lors des obsèques d'Gnuphre Réart, ancien évêque d’Elne, Honoré Rigaud peignit quatre-vingtdix-neuf écussons aux armes de ce prélat. Ces blasons furent placés sur le pourtour de la cathédrale de Perpignan, où eurent lieu les funérailles. Honoré Rigaud avaitépousé Anna Nofra. Deux enfants naquirent de leur union: Honoré et Hyacinthe qui furent peintres, l'un et l'autre. Le fils aîné connu sous le nom d'Honoré minor, pour le différencier de son père, mourut avant l'année 1625. [l se maria à Marie Terçols qui ne lui donna qu'un fils, Louis, né en 1620 el mert en bas-àge. Cette branche de la famille Rigaud disparut avec cet enfant.

Archives des Pyr.-Or., G. 50, 61, 829, B. 440. — CROUCHANDEL,

Calalogue raisonné des objets d'art du musée de Perpignan. — P. Viba, Histoire de la ville de Perpignan.

RIGAUD (Hyacinthe), fils cadet du précédent, peintrede Perpignan,.unitses destinées à Magdeleine, veuve de Barthélemy Roat. jardinier. Ïl eut quatre fils de ce mariage: Mathias, Honoré, Galcerand et Joseph. Hyacinthe Rigaud mourut en 1634 et Mathias continua la lignée de la maison Rigaud. Mathias épousa en premivres noces Thérèse Faget dont il n'eut pas d'enfants, ct en secondes noces Marie Serra.

C’est de cette dernière union qu'est issu Hyacinthe Rigaud, l’illustre peintre du siècle de Louis XIV, ainsi que Gaspard son frère et Claire sa sœur. Mathias Rigaud, qui était tailleur, mourut à Perpignan en 1669.

P. Vipaz, Histoire de la ville de Perpignan.

RIGAUD (Hyacinthe) fut baptisé le 20 juillet 4659 dans l’église cathédrale de Saint-Jean à Perpignan. Son père, Mathias Rigaud. était tailleur ; sa mère se nommait Marie Serra. Non loin de la maison qu'occupait sa famille. se trouvait un somptueux hôtel, habité alors par François de Ros. Esprit éclairé, ami des beaux-arts, celui-ci s'enorgueillissait de la protection qu'il accordait aux artistes, et sa demeure était pleine de tableaux des peintres les plus renommés et des objets précieux que peuvent procurer la fortune et le goût. Guerra le vieux peignait un jour le mur d'une terrasse de cet hôtel. Derrière lui, immobile, considérant attentivement le travail du peintre, se tenait un enfant. Fatigué de sa tâche, Guerra s'était absenté un instant. « Et moi aussi je veux être peintre ! » s'écria l’enfant, et, profitant de ce moment d'absence, fiévreusement il se met à dessiner sur le pan du mur voisin. Tout entier à son œuvre, il ne s'aperçoit pas de la venue de M. de Ros qui, étonné de tant d’audace, appelle à lui ses gens pour faire châtier comme il convient le jeune impertinent. Mais Guerra, à ses cris, aussi est accouru. Un coup d'œil lui a suffi ; dans ce dessin que vient de tracer la main d’un enfant, ilareconnu l'artiste. « Arrêtez, dit-il à M. de Ros, ce dessin est bon, si bon, que je n’ên suivrai point d'autre.» L’enfant était sauvé, et un artiste s'était révélé : c'était Hyacinthe Rigaud. François de Ros, qui avait déjà une grande amitié pour le petit Hyacinthe, à cause de sa gentillesse et de sa vivacité, lui voua dès lors une affection particulière, et, le prenant sous sa protection, le fit entrer dans l'atelier d'un peintre et pourvut à tous ses besoins. L'enfant était, dit aussi l'histoire, le fils d’une pauvre veuve employée dans la maison. À quatorze ans, Hyacinthe Rigaud quittait sa ville natale et venait s'installer à Montpellier, dans l'atelier du peintre Pezet. Artiste médiocre, dont il ne reste guère grand chose, Pezet possédait dans son atelier une superbe collection de tableaux dus aux pinceaux des grands maîtres. C’est en copiant ces diverses toiles, qu'Hyacinthe Rigaud commença à se perfectionner dans cet art, et à puiser, auprès de ces maîtres célèbres, le goût du beau, du vrai, du naturel, qui devait faire de lui, plus tard, le portraitiste le plus renommé de l’époque. Pendant son séjour à Montpellier. Rigaud reçut aussi les leçons d'un autre peintre nommé Verdier et de Ranc le vieux, artiste alors célèbre, qui, le premier, l’initia à la manière de Van Dyck. Son fils, Jean Ranc, qui

RIGAUD

mourut en 1735 à Madrid, peintre du roi d’Espagne, épousa plus tard la nièce de Rigaud, la fille de son frère Gaspard. Jaloux des succès et des honneurs que la Cour prodiguait alors aux peintres célèbres, Hyacinthe Rigaud, sûr de son talent, voulut aussi aller conquérir sa part de gloire dans la capitale et déclara un jour son intention à Ranc, son maître. Ce n'est pas directement à Paris que se rendit Rigaud, mais bien à Lyon, où il passa quatre années encore, et de là, étape par étape. il arriva enfin à Paris, en 1681. IL avait alors vingt-deux ans. Un an après, il se préseuta à un concours de l’Académie royale, dont le sujet était : Caïn bâtissant la ville d'Hénoch. I\ eut le bonheur d'obtenir le prix. Déjà, les brillantes qualités d'Hyacinthe Rigaud se manifestaient hautement. Le peintre le plus en vue à cette époque était Charles Lebrun. Les talents naïssants s'inclinaient devant sa gloire, et recherchaient ardemment sa puissante protection. Hyacinthe Rigaud sut plaire à cet artiste. Il lui fit suivre les cours de l’Académie, lui fit prendre part à ses concours, et, en 1685, Rigaud remportait le prix de Rome. Deux voies s’ouvraient alors devant lui: ou partir pour Rome aux frais de l'Etat, aller s'inspirer des grands maîtres et des chefsd'œuvre du passé que renferme cette ville et s’adonner en entier à la peinture de l’histoire et des grandes compositions ; ou bien rester à Paris, où son talent, qui commençait déjà à s'imposer, semblait lui promettre un brillant avenir. Rigaud penchait pour le départ à Rome, dans le but d'étudier les chefs-d'œuvre de l’antiquité, mais Lebrun, qui avait reconnu en lui les qualités d’un habile portraitiste, l'en dissuada, lui déclarant que cette étude lui serait plutôt dangereuse qu'utile. Hyacinthe Rigaud resta donc à Paris. Ce fut en peignant de simples bourgeois, que Rigaud débuta dans sa carrière de portraitiste. Son premier portrait fut celui d’un nommé Materon, joaillier de Monsieur, frère du roi, qu'il peignit dans le genre de Van Dyck. Mais il apportait un tel soin à sa tâche, un tel souci de la ressemblance, un tel goût dans tout l’ensemble, que sa renommée, vite grandissante, attira les amateurs en nombre à son atelier de la rue Notre-Dame des Champs. En 1683, ce furent les traits du grand Corneille que son pinceau livra à l’admiration publique, puis le portrait de M. de Trobat, intendant du Roussillon, en 1686. Chaque portrait fut pour lui un triomphe nouveau. Lebrun, son protecteur ; Mignard : Monsieur, frère du roi, viennent, en 1688, poser devant lui. En 1689, il peignit l'héroïne de la Fronde, déjà presque oubliée, la grande Mademoiselle, Anne-Marie-Louise d'Orléans. En 1690, il fit les portraits de plusieurs peintres et de plusieurs personnages célèbres. L'année suivante, ce furent les traits de François de Ros que son pinceau reproduisit avec art et reconnaissance, et l’œuvre fut si admira-

RIGAUD

ble que le duc Anne-Jules de Noaïlles, maréchal de France, alors gouverneur du Roussillon, ne voulut pas d'autre peintre que lui. La même année, Colbert et le prince royal de Danemarck, roi plus tard sous le nom de Frédéric 1V, posèrent devant son chevalet. Il fit, en 1692, le portrait du duc de Saint-Simon avec qui il était lié d'amitié, et encore, l’année suifante, un autre portrait du duc de Noailles. Rigaud était, à cette époque, dans la pleine maturité de son talent. Les plus grands du royaume, les personnages les plusillustres, artistes. comédiens et nobles seigneurs, tinrent à honneur de voir leurs traits reproduits par son pinceau. Successivement il peignit les sculpteurs Desjardins, Girardon, Coysevox, Nicolas Coustou ; les architectes Robert de Cotte et Mansart ; les peintres Sébastien Bourdon, Claude Halle, Lafosse, Louis de Boullonge ; l’acteur Baron; le financier Gourville ; les poètes Regnard, Boileau, etc., en un mot tout ce que le siècle compta de grand ou d'illustre. Il ne s’oublia pas non plus, et quatre de ses portraits peints par lui-même dans des attitudes diverses, ont fait passer à la postérité les traits de cet artiste de génie. Heureux de tous côtés, riche, entouré de gloire, Rigaud se souvint alors de ce pays natal, qu'il aimait tant. Il voulut revoir celle qui, la première, avait guidé ses pas, encouragé ses essais, fortifié sa vocation : cette mère pour qui son cœur conservait la plus affectueuse tendresse. Il voulut lui faire partager sa gloire et ses succès, et, en 1695, il prit le chemin du Roussillon. Voulant avoir toujours près de lui les traits de cette mère chérie, Rigaud en fit le portrait sous trois faces différentes, et jamais amour filial uni au talent d'artiste n’ont produit œuvre plus belle. Cette toile est une de ses meilleures. Son ami Coysevox, le sculpteur, fit, d'après ces portraits, le buste en marbre de Marie Serra, qui orna jusqu'à la mort l'atelier de son fils obéissant et soumis. À sa mort, Rigaud le légua à Monseigneur le Dauphin, espérant que celui-ci le placerait dans une des galeries du château de Meudon ou de Versailles. Mais ce buste et ces portraits ne suffisaient pas à son affection. Ün an après, Rigaud refit le voyage du Roussillon, ramenant avec lui sa mère à Paris, pour la rendre témoin de son bonheur et de sa gloire. Il ne souffrit pas qu’elle échangeât, durant son séjour dans la capitale, ses humbles vêtements catalans contre de plus riches costumes, « ne voulant pas, disait-il, qu’on lui change sa mère ». Mais Marie Serra ne put longtemps supporter le bruit et l'agitation de la grande ville. Heureuse de la renommée et de la gloire de ses deux fils, (car. à côté d’Hyacinthe, Gaspard, son frère, jouissait d'un certain renom), elle reprit le chemin de Perpignan où elle mourut dans un âge avancé. Hyacinthe Rigaud épousa, en 1707, Elisabeth Gouy, veuve de M. Le Juge.

Cette union fut heureuse, quoique sans postérité ; et l'attachement qu'il portait à sa femme était si grand, qu'il ne put survivre que quelques mois à sa perte. C'est à cette époque, et probablement lors de son deuxième voyage en Roussillon pour venir chercher sa mère, que Rigaud fit gratis, ainsi que le constatent ses livres, le portrait d’'Etienne d'Albaret, intendant du Roussillon. La même année, il peignit Louis Dauphin de France. et, avant de partir pour ses Etats, le prince de Conti, nommé roi de Pologne, posa devant Rigaud. Dans le courant de quatre années, il peignit successivement: La Fontaine, Racine, Santeuil, le duc de Vendôme, de Villeroy, le duc de Cambrai, l’évêque de Troyes, l’évêque de Mirepoix, Fléchier, évêque de Nîmes. Rigaud peignit Jean Hervieu Bazan de Flamenville, évèque d'Elne, et lui fit présent de ce portrait. Il révela une fois de plus, les ressources inépuisables de son talent dans le portrait de Bossuet, véritable chef-d'œuvre, où il nous montra celui qu'on avait surnommé l’Aigle de Meaux, revêtu de ses habits pontificaux, debout dans son cabinet, au milieu des ouvrages remarquables qu'il a composés. L'Académie de peinture n'avait garde delaisser un talent aussi distingué en dehors de son sein, et, par lettre du 2 janvier 1700, elle l’appela à siéger parmi ses membres. A cette occasion, Rigaud fit don à l’illustre assemblée du portrait du sculpteur Martin Van den Bogaert (plus connu en France sous le nom de Desjardins) et du tableau représentant le martyre de saint André. Le portrait qu'avait fait Rigaud du prince de Conti, ainsi que son talent incontesté et sa haute réputation, avaient attiré sur lui les yeux de la Cour, et Louis XIV ne voulut pas qu’un autre peintre que lui reproduisit les traits de son petit-fils, le duc d'Anjou, avant son départ pour l'Espagne, où il allait régner sous le nom de Philippe V. Rigaud s’acquitta si bien de cette tâche que le monarque, enthousiasmé de son talent, lui confia le périlleux honneur de retracer ses traits (1701), voulant envoyer son portrait au roi d'Espagne, qui le lui avait demandé. Hyacinthe Rigaud sut se montrer digne de l’honneur qui lui avait été fait et peignit une œuvre si parfaite que Louis XIV ne voulut point s'en séparer. Il ordonna d'en faire une copie qui fut envoyée au roi d'Espagne, et fit placer l'original à Versailles, dans la salle du trône. Après sa réception à l’Académie, Rigaud fit entre autres portraits ceux de Fontenelle et de Mansart, et, en 1703. celui du duc de Bourgogne. Le duc de Mantoue et sa femme honoraïent, en 1704. de leur présence l'atelier du peintre roussillonnais. quiexécutait, la mêmeannée, les portraits de Boileau, de Vauban, de Villars, le héros de Denain, et. en 1708, celui du troisième fils légitime de Louis XIV et de Madame de Montespan, Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse,

amiral de France. Rigaud entrait alors dans sa quarante-neuvième année. Volant de bouche en bouche à travers les provinces, sa gloire et sa renommée étaient arrivées aux oreilles de ses compatriotes, et, fière de son talent, Perpignan voulut honorer l’un des plus illustres de ses enfants. C'était un vieux privilège accordé par les rois d'Aragon, respecté et confirmé par les rois de France, lors de la réunion du Roussillon à la couronne, qu'avait la ville de Perpignan de créer des bourgeois ou citoyens nobles, et des mercadiers. Elus par le vœu des cinq consuls de la ville, auxquels venaient s'ajouter, au nombre de neuf, les anciens premiers consuls et anciens seconds consuls (ainsi que le voulait l’article 12 de l'ordonnance de la reine Dona Maria), ceux qui étaient investis de cet honneur étaient inscrits sur le livre de matricule. Ils ne pouvaient être rayés de ce livre, après leur inscription, que par délibération unanime du conseil général qui, seul, pouvait rétablir aussi dans ce titre ceux qui en avaient été déchus. « La très fidèle ville de Perpignan est la seule, dit une vieille chronique, qui jouisse en France de ce privilège ». Par une lettre du 18 juin 1709, Perpignan créa Hyacinthe Rigaud bourgeois noble de la ville, et en 1710, l’Académie le nomma professeur. Trois années plus tard, Louis XIV confirmait ces titres et faisait inscrire Rigaud parmi les nobles du royaume. Peintre du grand siècle de Louis XIV, Rigaud le fut aussi de tous ceux qui illustrèrent les commencements du xviu siècle. C’est parle royal enfant qu'il commença, et, en 1715, il faisait de lui un portrait plein de grâce et de fraicheur. Quelques années plus tard (1722), il faisait encore le portrait de Louis XV, adolescent. La gloire et les honneurs n’empêchaient pas Rigaud dese livrer tout entier à son art, et, durant cette période de sa vie, on lui voit produire entre autres portraits remarquables, ceux du roi de Pologne, Auguste IT, et de la princesse Palatine, mère du régent. Le roi avait pris Rigaud en affection particulière, et, outre les diverses pensions qu'il lui avait accordées, le 22 juillet 1727, à l’occasion du nouveau portrait qu'il venait de faire de lui, il le nomimna chevalier de l'ordre de Saint-Michel, jusque-là exclusivement réservé à la noblesse. Reçu à l'Académie le 2 janvier 1700, adjoint au professeur le 24 juillet 1702, professeur le 27 septembre 1710, adjoint au recteur le 10 janvier 1733, Rigaud fut nommé recteur le 21 novembre de la même année. Cette distinction et sa juste renommée avaient attiré sur lui, non seulement l'attention de la Cour de France, mais encore celle des Cours voisines. Le grand duc de Toscane, Médicis, sollicita de lui son propre portrait, voulant qu'un peintre de cette valeur fut représenté dans

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RIGAUD

comme présent, un superbe groupe en bronze représentant Laocoon et ses deux fils mordus par les serpents. Tout ce que la France comptait de grand et de célèbre tenait à avoir son portrait de la main de cet artiste, alors arrivé au faîte de la gloire et de la renommée. Devant son chevalet défilèrent, tour à tour, et le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, et le cardinal de Polignac, le ministre Law, Gaspard de Vintimille, archevêque de Paris, le diplomate Dubois, cardinal et ministre, Fleury, l’ancien précepteur du roi, ministre et cardinal aussi. Rigaud peignit la glorieuse figure de Maurice de Saxe, maréchal de France, et de la grande tragédienne Adrienne Lecouvreur. Pour la dernière fois il fit, en 1736, le portrait de Louis XV, en buste seulement ; il le représenta couvert d’une cuirasse. Rigaud avait alors soixante-dix-sept ans. Il n'avait perdu aucune des qualités qui faisaient. de lui le peintre le plus renommé et le plus estimé de l’époque. Il venait de finir son tableau de la Présentation au Temple, lorsqu'un coup terrible vint l’atteindre en 1742. Elisabeth Gouy, sa femme, qu'il aimait passionnément, lui fut tout à coup ravie. Hyacinthe Rigaud ne put survivre longtemps à cette perte. Le 29 décembre 1743, il expira après une vie si noblement et si dignement remplie, à l'âge dequatre-vingt-quatre ans. Hyacinthe Rigaud ne laissa point de postérité. Perpignan, sa ville natale, possède quatre tableaux de cet artiste célèbre : Le portrail du cardinal de Bouillon, ouvrant la porte sainte, l'an du Jubilé séculaire, 1700 ; Rigaud peint par lui-même, à l’âge où il reçut le Cordon noir; Le portrait du cardinal Fleury et le Christ expirant. Le 20 juillet 1890, la ville de Perpignan éleva à Rigaud unestatue en bronze sur une de ses places publiques. Ce monument, qui est l’œuvre de Gabriel Faraill. fut inauguré par M. Léon Bourgeois, ministre de l'Instruction publique.

CrouUcHANDEL, Catalogue raisonné des objets d'art du musée de

Perpignan. — Joseph TarBouriecn, Biographie d'Hvacinthe Rigaud, Perpignan, 1889, in-12, 44 pages.

RIGAUD (Gaspard), frère du précédent, peintre, né à Perpignan en 1661. fut baptisé le 1” juin de cette même année et eut pour prénoms Gaspard- François-Joscph-Jean-Mathieu-Baudile. Il mourut à Paris le 28 mars 1705. Comme son frère Hyacinthe. Gaspard était peintre de portraits ct agréé à l’Académie royale de peinture. On cite de lui quelques portraits: au palais Brignole. à Gênes, ceux de Jean- François Brignole, en militaire, et de la signora Beltina Ragi-Brignole, plus un portrait d'une dame en habits blancs et le portrait ovale en demi-figure d'un homme en perruque. Il existe, sans doute, bien d’autres œuvres de Gaspard Rigaud et il est plus

sa galerie déjà célèbre. [1 lui envoya en échange, | que probable que de tous les portraits attribués à

RIMO — RIU

Hyacinthe Rigaud, il y en a bien quelques-uns qui sont de la main de son frère Gaspard. Outre une fille qui épousa un élève d'Hyacinthe Rigaud. Jean Blanc, né à Montpellier et premier peintre du roi d'Espagne, Gaspard laissa un fils nommé Hyacinthe, sur lequel on ne possède que peu de détails. Il fut nommé citoyen noble de Perpignan en 1724 et mourut sans contracter d'alliance. Avec lui disparut le nom de Rigaud. Claire, sœur d'Hyacinthe et de Gaspard Rigaud, avait épousé un épicier de Perpignan, nommé Laffite.

CROUCHANDEL, Calalogue raisonné des objets d’art du Musée de Perpignan.

RIMO (Pierre), connu aussi sous le nom de Pierre de Perpignan, à cause de son lieu d’origine, fut à la fois philosophe et théologien. IL vivait en 1320 et appartenait à l'Ordre du Carmel. Pierre Rimo qui a écrit : Commentaria in Psalmos, mourut en 1360.

TORRES-AMAT, Diccionario critico de los escritores calalanes.

RIU (Balthazar de), évêque de Scala, fut grand archidiacre d’Elne, depuisl’année 1528 jusqu’en 1534. Archives des Pyr.-Or., G. 183.

RIU (Ange), fils de Raphaël Riu, docteur en droit de Perpignan. épousa en 1555, Raphaëlle Canta, fille d'Honoré Canta, damoiseau. De leur union naquirent deux fils : Jacques et Raphaël, qui suivent.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 634.

RIU (Jaoques), fils aîné du précédent, reçut de Philippe II] des lettres qui lui conférèrent ainsi qu’à son frère Raphaël les privilèges nobiliaires accordés aux citoyens honorés de Barcelone. Jacques de Riu contracta mariage avec Angèle de Tord et eut d'elle deux fils : Honoré, dont la notice suit, et Alphonse; et deux filles appelées Anne et Magine.

Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 634,

RIU DE TORD (Honoré) naquit à Saint-Hippolyte en 1586. Il était neveu du damoiseau Marc-Antoine Forner. assassiné dans le château de Salses, par le prieur don Hernando de Toledo, lieutenant du capitaine-général de Catalogne. Le 30 juin 1599, les corts de Barcelone eurent à s'occuper de cette affaire criminelle. En présence de la renonciation à toute action faite par Honoré Riu de Tord au sujet de cet assassinat, les corts votèrent huit cents livres pour fondations de messes à l'intention de l’âme de la victime, et la collation d'un titre de noblesse, par le roi d'Espagne, en faveur du neveu. Honoré Riu de Tord abandonna, à l'âge de vingt ans, un riche patrimoine, pour entrer dans la compagnie de Jésus. Il composa des ouvrages ascétiques, parmi lesquels on

cite : Epitome ulilissimo de la contricion, su declaracion, molivos y medios para alcanzarla, Barcelone, Gabriel Noguer, in-8°; Tralado del valor y fruto de la santa Missa; Tratado del purgatorio, de la eternidad, de las indulgencias; Remedios espirituales para conservar la castidad. Sur l’ordre de François Lopez de Mendoza, évêque d'Elne, Honoré Riu de Tord publia un catéchisme, en 1629. Ce religieux prêcha deux stations quadragésimales à la cathédrale de Perpignan, durant les années 1638 et 1640. En 1644, Honoré Riu de Tord fut nommé Inquisiteur du Saint-Office pour la province du Roussillon. Le 25 juillet 1643, il commença les prédications d’une mission dans la paroisse de Rigarda, à l’occasion de l'inauguration dela nouvelle église récemment construite. Honoré Riu de Tord mouruten odeur de sainteté, à Perpignan, le 24 septembre de cette même année, épuisé par les fatigues et les travaux d'un long ministère apostolique. Son corps fut déposé sous l'autel de saint Ignace, érigé dans l’église du collège Saint-Laurent, à Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 384. — ToRREs-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.

RIU (Raphaël), oncle du précédent, était fils de Raphaël Riu et de Raphoëlle Canta. Il épousa, en 1583, Victoire de Llupia, fille de Charles de Llupia, seigneur de Llupia et baron de Castellnou. Cette dernière mourut le 22 mai 1594, ne laissant qu’une fille appelée Guiomar. Raphaël Riu obtint de Philippe III des lettres qui lui conférèrent les privilèges nobiliaires dont jouissaient les citoyens honorés de Barcelone. Il convola en secondes noces avec Rose Coronat, fille d’un bourgeois de Perpignan, et eut d'elle un fils, Antoine, dont la notice suit.

Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 6:34.

RIU-CORONAT (Antoine), bourgeois honoréde Perpignan et capitaine d'une compagnie du batallo de Catalogne, obtint de Louis de Bourbon des lettres de noblesse, en date du 6 novembre 1647. Le 28 août 1648, le duc de Schomberg lui fit donation du lieu del Callar, provenant des biens du comte de Santa-Coloma et des domaines possédés à Igualada par le comte de Vilafranca. Des lettres expédiées le 20 septembre 1653, par Charles de Mouchy, marquis d'Hocquincourt, portèrent nomination de noble Antoine Riu-Coronat, à la charge de Procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne, vacante à cause du crime de lèse-majesté commis par Thomas de Banyuls. Le 5 juin 1658, Antoine Riu- Coronat désigna son fils Jean comme son lieutenant. Il avait eu cet enfant de sa première épouse, Françoise deCaldes. Devenu veuf. Antoine Riu-Coronat convola en secondes noces avec Marie de Aguilo, qui lui donna une fille appelée Raymonde.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401, 446.

524 RIU — ROBUSTER

RIU (Jean de), fils du précédent, assista à l’Assemblée générale de la noblesse de Catalogne, Roussillon et Cerdagne qui se tint à Perpignan, le 1°” mai 1659, danse but de procéder à la nomination des officiers de la Confrérie de Saint-Georges. Il contractaalliance, en 1676, avec Maric de Blanes de Réart. C’est de leur lignée que descendaient Ange et Joseph Riu de Gazanyola qui figurèrent à l’Assemblée de l’ordre de la noblesse roussillonnaise, en 1789. Ceux-ci émigrèrent pendant la Révolution ainsi que leur sœur Anne, qui était religieuse.

Archives des Pyr.-Or., B. 400, E. (Titres de famille), 634.

RIU (Jean) exerça la profession de fondeur de cloches à Perpignan à la fin du xvrr siècle et au commencement du siècle suivant.

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

RIU (Emmanuel) était maître fondeur à Perpignan en 1734.

PALUSTRE, OD. cit.

RIUBANYS (Etienne de), bourgeois de Bouleternère, prêta serment de fidélité au roi de France, entre les mains du viguier François de Romanya, le 24 septembre 1663. Dans le courant du mois de juillet 1675, il obtint le privilège de la noblesse.

Archives des Pyr.-Or., B. 401.

RIUBANYS (Etienne de) assista à l’Assemblée de l’ordre de la noblesse du Roussillon, en 1789.

RIVESALTES (Jean de), sacriste de Saint-Jean de Perpignan et chanoine de Gérone, fut nommé, le 1" décembre 1393, collecteur de la Chambre apostolique dans le diocèse d'Elne, en remplacement de Nicolas Gil, décédé en charge le 12 novembre précédent. Jean de Rivesaltes alla prêter sermentà Avignon et vint s'établir dans le diocèse d’Elne qu'il quitta le 2 décembre 1406 pour présenter ses comptes à la Chambre apostolique. Ce comput, que M. l'abbé G. Mollat a publié dans la Revue d'histoire d'archéologie du Roussillon, t. V, offre une image fidèle, sinon complète, dela vieadministrative du diocèse pendant les dernières années du xiv° siècle. Lorsqu'on apprit en Catalogne que Benoît XII] était assiégé dans son chäteau d'Avignon (septembre 1398), une expédition s'organisa à Barcelone. Sur les instigations de Pierre de Luna, neveu de Benoît XIIT, une flotte fut armée à Collioure. Dans le courant de janvier 1399, elle remonta le Rhône et fit quelques tentatives pour délivrer le Pape prisonnier. Vers la méme époque, Rav mond de Perellos, vicomte de Roda,engagea des pourparlers avec le duc d'Orléans et s'efforça de J'attirer dans le parti dévoué à Benoît XII. Jean de

Rivesaltes servit d'intermédiaire entre les assiégés du palais pontifical, la flotte catalane et le vicomte de Roda. Grâce à un service d'espionnage habilement imaginé, il n'ignora rien de ce qui se passait à Avignon. Il essaya même de corrompre les assiégeants et faillit rendre possible l'évasion du Pape. De ses informations dépendent toutes les évolutions

de la flotte sur la Méditerranée, si bien que son livre:

de raison peut être considéré comme une sorte de journal de bord. C'est grâce à l’argent que recueillit en Roussillon Jean de Rivesaltes que Benoît XIII tint ses ennemis en échec.

Archives des Pyr.-Or., B. 171, 188, 196. — Abbé G. MoLLarT,

Les comples de Jean de Rivesaltes, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. V

RIVESALTES (Jean de), bourgeois de Perpignan, fut nommé, à l’avènement de Ferdinand [", à l'office de Grand conservateur du Domaine royal dans tous les états et terres du royaume d'Aragon. La Cort générale de Catalogne le délégua pour opérer lerachatdesanciens domaines aliénésdela couronne. Jean de Rivesaltes garda ses honorables fonctions sous le règne d’Alphonse V.

Archives des Pyr.-Or., B. 202, 209, 217, 224, 247.

ROBLES (Raphaël de) fut châtelain de Salses, sous le règne de Philippe II. Son frère Alvero de Robles et de Léon s'établit à Barcelone et mourut en 1622. Il laissa deux filles qui se marièrent en 1627. L'ainée, Marie. épousa Michel Rovira, docteuren droit d’'Hostalrich., et la cadette, Louise, contracta alliance

avec un autre docteur en droit de Perpignan, appelé

Louis Mestres.

ROBUSTER Y SALA (François de), né à Reus, en Catalogne, était chanoine de Barcelone et archidiacre de Sainte-Marie-de-la-Mer, lorsqu'il futnommé à l'évêché d'Elne, dansle courant du mois d'avril 1591. Il succédait à Pierre de Sainte-Marie, décédé le 31 janvier 1588. François Robuster y Sala fut le délégué du bras ecclésiastique à la Députation de Catalogne qui s'assembla en 1587. Retenu, au moment de sa promotion à l'épiscopat, au concile provincial de Tarragone, il fit prendre possession de son évèêché par un procureur et désigna à cet effet Joseph Farrussa, docteur en droit. Quelques jours plus tard, le nouveau prélat quitta Barcelone et arriva à Elne le 28 avril. A la limite du territoire de la cité, au lieu dit le Pas del Llop, il trouva Jean Bosca. chanoine de l'église, qui entouré de Jean Mauris. bayvle du chapitre. de Saturnin Dinat, premier consul. et des principaux notables de la ville, lui souhaila la bienvenue au nom du chapitre; le premier consul.

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