‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 147 sur 227 · ROCA · texte numérisé non relu

ROCA

de son côté, prit la parole au nom des habitants d'Elne. Les harangues terminées, le cortège se mit en marche, tandis que l'artillerie tonnait. François Robuster y Sala ayant à sa droite le chanoine Bosca et à sa gauchele premier consul Saturnin Dinat, alla s’agenouiller à Notre-Dame du Pont et arriva devant la porte de la Lissa entre quatre et cinq heures de l'après-midi. Avant de pénétrer dans la ville, le notaire Casadamont prit acte des déclarations de l'évêque, formulées quelques jours auparavant par son procureur, Joseph Farrussa. Aussitôt après, le premier consul Saturnin Dinat. se tenant à cheval devant la porte de la Lissa, présenta à l’évêque les clefs de la cité, retenues par un cordon de soie rouge, et fit dresser acte de cette cérémonie. L’évêque prit les clefs, les rendit aux consuls comme témoignage de leur fidélité et fit dresser acte de cette remise. Le notaire donna lecture à haute voix de ces deux actes. afin de faire connaître au public qui se pressait autour d'eux l’accomplissement de ces formalités. Alors, les deuxième et troisième consuls passèrent aux fausses rênes de la mule de l’évêque un ruban rouge et l’amenèrent avec les principaux notables de la ville, jusque devant l'escalier de la grande porte de la cité. En cet endroit, le premier consul mit pied à terre et, prenant l'étrier de l'évêque, aida Île prélat à descendre de sa monture. Tout à côté était dressé un autel décoré des images des saintes Eulalie et Julie devant lequel s’agenouilla François Robuster y Sala. Après avoir fait une prière, il se releva et prit place sur un siège de marbre garni de velours noir pour écouter la lecture, par le notaire François Requesens, secrétaire du chapitre, de tous les privilèges dont jouissait ce dernier. Cette lecture dura l’espace d’une heure. L'évêque jura de conserver ces privilèges et, après avoir revêtu une magnifique chape de brocard dite « capa toscana » et la mitre pontificale, se mit à la droite du chanoine Baudile Tranquer, préchantre, qui entonna le Te Deum. Le chœur réponditavec accompagnement d'orgue pendant que l’évêque se prosterna devant le maître-autel où il resta jusqu'à ce que le Te Deum fut achevé. Le prélat se releva, donna à haute voix la bénédiction et alla se reposer sur une chaise de gypse qui se trouvait derrière le maitre-autel. Quelques instants après, il reparut, alla s'asseoir sur la chaise canonicale et enfin se retira dans le chapitre où les chanoines le reçurent avec des sentiments de respect et de vénération. Là on lui donna, comme à tout nouveau chanoine, le baiser de paix, et le chanoine fabricien, François Garranac, lui remit au nom du chapitre un dobblo, comme signe de sa présence à l'office. Le 19 avril de cette même année, le procureur Joseph Ferrussa prêta le serment accoutumé dans l'église Saint-Jean. au nom de l'évêque François

Robuster y Sala. Ce prélat fit son entrée à Perpignan le premier jour du mois de mai 1591. Le 24 octobre, il érigea en communauté le clergé de l’église paroissiale de Saint-Jacques de Canet. L'année suivante, il assista à la dédicace de la nouvelle église de Notre- Dame de Montserrat, et consacra, le 19 juillet 1592. le nouveau maître-autel de Saint-Michel de Cuxa, dans lequel il enferma les reliques des saints Narcisse, évêque de Gérone, Flamidien, Nazaire, Pierre, André et Antoine. Cette même année, par une bulle lancée le 22 août, le pape Clément VIII érigea en collégiale l'église du monastère de Notre-Dame de la Réal de Perpignan et en sécularisa l'abbé et les chanoines réguliers. Le 30 août 1595, l'archevêque de Tarragone, Jean Térès, fulmina une bulle de Clément VIII, datée du 1° août 1592, qui sécularisait, à la demande du roi d'Espagne, tous les chapitres réguliers de l’ordre de Saint-Augustin en Catalogne, Roussillonet Cerdagne. Le prieuré de Marceval avait déjà été concédé par Innocent VITI à la communauté des prêtres de Vinça, en 1484, et ceux de Serrabone et de Castellnou se trouvaient unis depuis 1593, à la sacristie et à la fabrique de la cathédrale de Solsone. Durant les premiers mois de 1598, la ville de Perpignan fit élever un terre-plein adossé au palais épiscopal. Cette œuvre nécessita des réparations que François Robuster y Sala fit exécuter dans sa demeure durant le : mois de juillet de cette même année. Le 7 août 1598, François Robuster y Sala fut transféré à l'évêché de Vich.Dansun svnodediocésainqu'iltint.enjuin 1602, ce prélat défendit d'approcher la sainte hostie des lèvres des malades sujets aux nausées. Il ne les autorisa à adorer l'Eucharistie qu’à une certaine distance. Le 8 septembre 1606, François Robuster y Sala cousacra à Manrèse l’évêque de Caller, Laurent Niéto, ancien bénédictin de Montserrat. L'évêque de Vich ne portait la parole en public qu’en employant la langue catalane. Il prêcha même une fois en catalan en présence du pape Clément VIIT. François Robuster y Sala mourut à Vich le 27 avril 4607.

Archives des Pyr.-Or., G. 30, 52, 742. — Marra hispanica, col. 467. — TORRES-AMmarT, Diccionario crilico de los escritores catalanes. — Puicuari, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Vinnaxueva, Viaje literario a las iglesins de España, À NH.

— P. Masxor. Entrée à Elne de l'éréque Sala y Robuster, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. 1.

ROCA (Thomas), médecin du xvir siècle. étudia la philosophie et la médecine dans l'Université de Perpignan, puis prit le grade de docteur dans chacune de ces deux facultés. Il s’attacha dans la suite à Frédéric-Henri de Cabrera. amirante de Castille, et s’adonna à l'étude de l’Astrologie judiciaire. Thomas Roca voulait déduire de cette science des conséquences pour la pratique de la médecine. Le cours des astres, la conjonction des planètes, le concours

des choses naturelles et non-naturelles le dirigeaient dans le choix et l'emploi des médicaments. Il a laissé des ouvrages relatifs à l'application de l'astrologie à la médecine. Ils ont été publiés à Burgos, en un seul volumein-fol., durant l’année 1623. sous la rubrique: Redargulio in libros tres Augustini Niphi.. Utilis compilalio terminorum astrologiæ, cum regulis physico praclicanti utilibus in exhibilione medicinarum, etc. Epistola contra Necromanlicos.… Epislolu falua in astrologiam scripta mer'ilo reprehendens... Mira pronoslicatio pro anno 1622.

Annuaire de 1834.

ROCA (Marc-Antoine de), fils aîné de Jacques Roca, pagès de Montferrer.et de Marguerite, constitua une société, en 1651, pour l'exploitation et la vente du minerai de fer. Il laissa. entre autres enfants, un fils appelé Thoinas et un autre nommé Marc-Antoine qui était. en 1690, curé de Saint-Sauveur d'Arles.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 639.

ROCA (Thomas de) épousa, en 1676. Marie-Rose Pont, fille de Jean-Raphaël Pont. lieutenant du procureur royal des comtés de Roussillon et Cerdagne. Thomas de Roca testa en 1690.11 était alors capitaine au régiment catalan du Roussillon sous le commandement du duc de Noaïlles. Thomas de Roca eut de son épouse trois fils: Benoït, dont la notice suit ; Jean et Nicolas.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 639.

ROCA (Benoit de) contracta alliance avec Marie Alos. De cette union naquirent deux fils: François et Benoît. Le premier naquit en 1706 et mourut en 1733, laissant une nombreuse postérité: Catherine, épouse de Joseph Cabestany.de Laroque-des-Albères ; Françoise, mariée à Michel Ramonet, pagès de Vinça ; Marc-Antoine, Jean et Joseph. En 1754. ce dernier fit cession de ses biens à son oncle Benoît de Roca. Le 20 mai 1757, tous les enfants de François de Roca imitèrent cet exemple. Benoît de Roca, écuyer et habitant de Montferrer, unit ses destinées, en 1774. à Marie-Thérèse Boxader. François de Roca assista à l'Assemblée de l’ordre de la noblesse roussillonnaise en 1789.

Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 6:49.

ROCA (Julien), né à Prades le 8 janvier 1745, était receveur royal des pasquiers de Conflent lorsqu'il épousa, en 1772, Emmanuelle Satgé, héritière de la seigneurie d'Huryteza. Il figura parmi les électeurs délégués à l’Assemblée préliminaire de la viguerie de Conflent et Capcir, tenue dans l'église Saint-Pierre de Prades les 16, 17 et 18 avril 1789. Julien Roca fut ensuite délégué à l’Assemblée géné-

ROCA — ROCABERTI

rale du Tiers à Perpignan, et nommé député de cet ordre aux Etals généraux, le 10 juin 1789. IL prêta le serment du Jeu-de-Paume, et devint membre du comité des subsistances ainsi que de celui des finances. Julien Roca fil ensuite partie de la députation que l’Assemblée nationale envoya, le 5 février 1790, auprès du roi qui s'était rendu la veille à la Constituante et lui avait assuré son loyal concours. Etranger à la vie politique, après la session. Julien Roca fut nommé conseiller d'arrondissement sous Île régime Consulaire. Elu maire de Prades une première fois le 4 prairial an XIII (24 mai 1805), il remplit encore une deuxième fois les fonctions de premier magistrat de cette ville en 1814.

E. DELauo\rt, Hisloire de la ville de Prades. — ROBERT, Bour- LOTON et Couc\yx. Diclionnaire des Parlementaires.

ROCABERTI (Dalmace de) contracta alliance vers le milieu du xrm° siècle avec Guillema de Cervello. De leur union naquit Jaufre, vicomte de Rocaberti (1293-1308), doni l'épouse est inconnue, mais qui eut pour fils Dalmace. Ce dernier qui était déjà seigneur de Peralada. en 1301, prit le titre de vicomte de Rocaberti à la mort de son père et mourut dans l’expédition de la conquête de l’île de Sardaigne, le 24 octobre 1323. « Le nom de son épouse, dit Alart, est également inconnu, mais rien n'empêche de croire que c'était Béatrix de Serrallonga (dont la notice suit) car Dalmace eut pour successeur dans la vicomté son fils Jaufre (1323-1342), qui épousa une darne du nom d’Elicsende. Il se peut d’ailleurs que Dalmace eût été déjà marié une première fois, ce qui expliquerait qu'il ait laissé la vicomté à Jaufre, né de ce premier lit, tandis que le fils de Béatrix de Cabrens, né d’un second mariage, n'aurait eu que les biens provenant de sa mère, c’est-à-dire la baronnie de Serrallonga qui demeura toujours séparée de la vicomté de Rocaberti. »

ALART, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 2° série.

ROCABERTI (Pierre de), chanoine d’Elne, était en 1316 archidiacre de Vallespir. Le 3 février de cette année, l'évêque d’Elne, Guillaume de Castillon, lui concéda la prévôté d'Elne pour une durée de six ans, à charge pour lui de faire le service de la mense capitulaire pendant deux mois de l’année.

Archives des Pyr.-Or., G. 77.

Branche des barons de Cabrens

ROCABERTI (Béatrix de), fille de Bernard Hugues de Serrallonga, baron de Cabrens, reçut la succession de son frère Guillaume-Galcerand, à la mort de celui-ci, survenue en 1307. Cette dame s'intitula toujours « vicomtesse de Rocaberti », mais elle

ROCABERTI

ne nomme jamais son mari dans les documents la concernant. En 1313, Béatrix de Rocaberti prêta foi et hommage au roi Sanche de Majorque pour le fief de Rayners, les justices de Serrallonga et le château de Cabrens. Un document constate sa présence à Ille, le 1° septembre 1328. Elle reconnut à Jacques II, roi de Majorque, les justices qu'elle possédait pour lui dans le lieu de Serrallonga et au château de Cabrens. Raymonde de Serrallonga, prieure des chanoinesses de Saint-Sauveur à Perpignan. qui était aussi la tante de Béatrix de Rocaberti réclama quelques parts dans l'héritage de la baronnie de Cabrens. Un différend les divisa. et le pape Jean XXII, qui résidait à Avignon, désigna l’official de l’évêque d’Elne, pour le trancher, à la date du 1° janvier 1332. Le dernier acte connu de Btatrix de Rocaberti est une procuration donnée, le 22 avril 1337,à Bernard Fabre, de Montalba, pour reconnaitre, en son nom, le fief de Rayners au roi de Majorque. Cet acte fut reçu à Massanet, ville située de l’autre côté des Pyrénées, derrière la vallée de Mondoyn. C’est là que la branche de la famille de Rocaberti, qui posséda désormais la baronnie de Cabrens, établit sa résidence ordinaire, dans une maison ou château situé en dehors et à une petite distance de la ville, souvent désignée, depuis cette époque, sous le nom de Massanet de Cabrens.

Béatrix de Rocaberti eut pour successeur son fils, Guillaume-Galcerand.

ALanT, ÂVolices historiques sur les rommunes du Roussillon, 2° serie.

ROCABERTI (Quillaume-Galcerand de) se trouva, le 15 mai 1344. lors du passage du col de Panissars, à l'arrière-garde de l’armée du roi Pierre d'Aragon, qui venait envahir le Roussillon et déposséder le dernier roi de Majorque. Guillaume-Galcerand de Rocaberti fut encore, le 29 mai suivant, au camp du roi pendant le siège d'Argeles, où il avait signé, quelques jours auparavant, l’acte d'annexion du royaume de Majorque à celui d'Aragon. Il est probable que ce baron prit part à presque toutes les guerres de son souverain,en Castille et surtout dans l'île de Sardaigne, car les documents signalent rarement sa présence en Roussillon. Le 7 février 1368, Guillaume-Galcerand de Rocaberti vendit à Pierre Domenech, marchand de Prats-de-Mollo, le lieu et territoire de Vilaroja, avec tous les droits de justice et autres qu'il y possédait. On le retrouve dans le territoire de Montalba, le 3 décembre 1380, confirmant la vente de la borde de les Yles située dans sa seigneurie de Fontanils, mais il était décédé avant le 8 mars 1385. Le 17 octobre de la même année, Guillemona, épouse de Bérenger IV d'Ortaffa, donna quittance d'une rente que lui faisaient les commurnautés de Montalba et de Palalda. Cette châtelaine

reçut les fonds des mains de Marie d’Arborea, issue de la famille de juges de l’île de Sardaigne, alors « veuve de Guillaume-Galcerand de Rocaberti, seigneur de l'honneur de Cabrens ». Dans les derniers jours de l'existence de ce baron, en 1384. les hosts du Roussillon furent convoquées par le roi Pierre d'Aragon, pour résister aux troupes étrangères qui avaient envahi le pays comme auxiliaires du comte d'Empories. Les habitants de Palalda et des autres lieux deGuillaume-Galcerand de Rocaberti refusèrent de marcher avec l’armée de Pierre le Cérémonieux et même de contribuer aux frais de la guerre. Le sous-viguier de Vallespir, venu à Palalda pour comprimer cette rebellion, fut obligé de reculer devant la résistance qu'il trouva dans ce village et dans quelques autres localités de la même seigneurie. Un courrier alla, en un seul jour, de Perpignan à Gérone, avec des lettres de Gilabert de Cruilles, gouverneur du Roussillon, qui demanaait des provisions royales pour mettre fin à cette résistance. Elle dut être comprimée sans doute sans trop de peine et, au mois de mars 1315, Bernard Pastor, juge ou assesseur du visuier, se transporta à Arles et en d'autres lieux pour instruire cette affaire dont les suites sont inconnues à l'historien. Guillaume-Galcerand de Rocaberti laissa deux fils, Gérard et Guillaume-fugues, qui étaient sans doute fort jeunes à la mort de leur père, puisque l'aîné ne figure comme seigneur de Cabrens qu'après l’année 1391. Ce fut leur mère, Marie d’Arborea. qui administra la seigneurie durant leur minorité. C'est elle seule que l'on trouve, comme dame de Cabrens, en 1387 et 1391.

Archives des Pyr.-Or., B. 143. — ALanr, Nolires historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

ROCABERTI (Gérard de), seigneur de Cabrens.

est souvent mentionné dans les vingt premières années du xv' siècle. Le 29 mars 1400, le viguier du Roussillon lui notifia la défense de ne plus user à l'avenir des droits régaliens. Gérard de Rocaberti fit quittance de ses revenus seigneuriaux de Montalba, le 18 avril 1401 et de Ravners, le 10 août de la même année. Î[l confirma encore des ventes en qualité de seigneur de Palalda le 28 novembre 1407, et on le trouve encore en 1412 dans ce village. Toutefois, Gérard de Rocaberti ne fut pas habile dans la conduite de ses affaires. En 1407, il fut dans l'obligation d'abandonner la seigneurie de Rayners à son frère Guillaume-Hugues, quoique la situation de celui-ci ne fut guère plus prospère que la sienne propre. Les vassaux supportaient le poids des exactions de ces barons. C’est ainsi que le 24 septembre 1412, tous les habitants de Rayners avaient été obligés de fournir caution pour leur seigneur Guillaume-Hugues de Rocaberti à un des créanciers, le damoiseau Fran-

çois Ça Nespleda. Selon la coutume et les droits de cette époque, Gérard de Rocaberti dont la situation financière était obérée par des dettes multiples, fit prendre des garanties sur les biens des habitants de Serrallonga. Les charges écrasantes qui leur furent imposées attirèrent l'attention du Domaine, qui n'aurait pas eu à s'en occuper, si Gérard de Rocaberti n'eut pas été feudataire du roi d'Aragon, pour sa baronnie de Cabrens. Les revenus féodaux du Domaine s'étaient trouvés amoindris par le fait de l’appauvrissement du fief. Aussi, le 25 août 1416, le viguier de Roussillon et Vallespir fit-il faire des publications pour annoncer que Île roi Alphonse V d'Aragon allait reprendre l'allodiale et directe seigneurie que Jacques I‘ de Majorque s'était réservée lorsqu'il avait inféodé les juridictions du lieu de Serrallonga et du château de Cabrens à Bernard- Hugues de Serrallonga. En outre, un acte du procureur royalintimal'ordreaux habitants de Serrallonga, Vilaroja, Palalda et Rayners de considérer leur seigneur, Gérard de Rocaberti, comme vassal du roi d'Aragon, en ce qui concernait la seigneurie de Cabrens. L'affaire du baron de Cabrens s’instruisit à partir de ce moment. Il fut reconnu que toutes les localités étaient ruinées et presque entièrement dépeuplées par suite des exactions de Gérard de Rocaberti, et, après unie longue enquête, le 29 novembre 1418, le Procureur royal, Barthélemy Miralles, lança une assignation contre lui. L’instruction de l'affaire apprit que, jusqu'en 1416, les obligations des vassaux de Serrallonga leur avaient été constamment imposées par les menaces et la peur. Malgré ces graves motifs, Barthélemy Miralles ne voulut pas mettre la baronnie sous séquestre. Il eut égard à la noblesse du baron Gérard de Rocaberti et de son antique famille. Le Procureur royai sachant d'autre part que le seigneur de Cabrens, déjà depuis plus d'un an, était arrêté et détenu pour méfaits, dans la tour du viguier de Barcelone, l’assigna à comparaître dans un délai de dix jours dans sa maison de Perpignan. Le 26 mars 1419, un messager déclara qu'il avait notifié la lettre du Procureur royal à Gérard de Rocaberti enfermé dans les prisons du viguier de Barcelone. Quatre jours après, Jean Delpuig, procureur du baron de Cabrens, se présenta devant Barthélemy Miralles pour contester toutes ses assertions. Il affirma que le dépeuplement de la seigneurie de Gérard de Rocaberti ne provenait que des nombreuses épidémies de peste des temps passés. Pour toute réponse, le 1° juin 1419, le Procureur royal fit mettre l’empara real sur les châteaux de Cabrens et de Montalba. On ne trouve plus dès lors aucune trace de l'existence de Gérard de Rocaberti.

Archives des Pyr.-Or., B. 209, 212, 219, 346, 367. — ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

oo qq

ROCABERTI

ROCABERTI (Quillaume-Hugues de), frère du précédent, peut être considéré comme son héritier. Il fut obligé de vendre sa seigneurie de Rayners, en 1420, à Eulalie, épouse du chevalier Bernard Albert. Ce domaine ne fit retour à la baronnie de Cabrens que vers le milieu du xvn siècle. Guillaume-Hugues de Rocaberti, qui avait épousé Françoise, ne paraît plus dans les documents après l’année 1428. Le séquestre royal de ia baronnie de Cabrens dura Jusqu'en 1445. À cette date, l'héritier des Rocaberti reprit possession de ce domaine.

ALART, OD. Cil.

ROCABERTI (Dalmace de), chevalier, paraît en 1445, avec le titre de seigneur de Serrallonga. Il se dit aussi dans les actes héritier de Guillaume- Hugues de Rocaberti ; mais les documents ne renseignent nullement sur sa filiation. Le 13 septembre 1447, Dalmace de Rocaberti obtint des lettres de la reine Marie d'Aragon contre le Procureur royal Charles d’Oms, qui le troublait dans le droit et la possession où il était d'exploiter le minerai d'argent de la mine de Cabrens. Le nouveau seigneur de Serrallonga avait uni ses destinées à Beatrix de Cervellon, et se trouvait en Italie, en 1446, au service du roi Alphonse V, dans le royaume de Naples. Il fut de retour deux ans après. Le 24 octobre 1448, il était à Peralada, où il déclara par acte à Jean de Sau, chevalier de Castello d'Empories et à d’autres bailleurs de fonds, que les sommes à eux empruntées le 8 octobre 1447, par son épouse Beatrix, avaient été réellement employées au rachat de la localité de Palalda, jadis engagée au chevalier Bernard Albert. Dalmace de Rocaberti prit parti pour le roi d'Aragon Jean II contre Louis XI. Le 5 avril 1468, Jean, duc de Calabre et de Lorraine, lieutenant-général de son père René d'Anjou, que les catalans avaient élu roi d’Aragon, voulant récompenser le chevalier Arnau de Toxa, pour les services qu'il lui avait rendus, déclara confisqués en sa faveur tous les biens du baron de Cabrens. Dalmace de Rocaberti laissa un fils, nommé Gérard, qui rentra en possession de ses seigneuries, en 1493, après la rétrocession du Roussillon à la couronne d'Aragon.

ALART, OD. Cil.

ROCABERTI (Gérard de), fils du précédent, ne jouit pas longtemps de ses biens. Il était déjà décédé en 1497, laissant, comme son grand-père, une succession des plus embarrassées. Sa veuve. Eléonore, qui était issue de la maison de Moncade, se déclarait encore, en 1503, dame des baronnies de Cabrens, Montalba, Palalda et Fontanils, mais le vicomte de Canet, Pierre de Castro de Fenouillet, usant de droits que lui attribuait une donation de rentes faite en

ROCABERTI

1497 à sa femme Jeanne de Castello, finit par occuper la baronnie de Cabrens et s’en déclara seigneur à partir de l’année 1512. Après une longue occupation de la seigneurie de Cabrens, le vicomte de Canet restitua ce domaine à Eléonore de Rocaberti, veuve de Gérard, à des conditions qui ne sont pas connues. De l'union contractée entre Gérard de Rocaberti et Eléonore de Moncade, naquit un fils appelé Pierre, qui fut leur successeur.

ALART, OP. Cit.

ROCABERTI (Pierre de), fils et héritier du précédent, élait déjà possesseur, en 1527, de la seigneurie et des propriétés de Cabrens. Le 15 octobre 1533, ce baron fit reconnaissance à Charles-Quint pour les châteaux et lieux de Cabrens. Fontanils, Vilaroja, Vilar Castelar, Montalba, Palalda et la vallée de Mondony. Deux ans après eut lieu une saisie de la localité de Palalda par le Domaine royal. Elle se produisit à la suite de l'incident suivant : Pierre de Rocaberti avait fait transférer aux prisons de Saint- Laurent de ls Muga un individu de Palalda, domi-

cilié depuis peu aux Bains d'Arles, lequel était

accusé d’avoir commis un délit sur le territoire de son lieu d’origine. Ce prévenu fut réclamé par les officiers royaux, sous prélexte que le village des Bains d'Arles était soumis à la juridiction du roi. Le seigneur de Cabrens dut faire amende honorable pour cet abus de pouvoir, avant de rentrer en possession de son fief de Palalda. Pierre de Rocaberti figura comme témoin du testament d'Onuphre de Rocaberti, fait à Perpignan le 1‘ septembre 1542, pendant le siège de cette ville par le dauphin Henri de France. À sa mort, survenue vers 1555, 1l laissa deux enfants, Philippe et François, sous la tutelle de sa veuve Anna.

Archives des Pyr.-Or.. B. 358, 401. — ALarT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

ROCABERTI (Philippe de), fils aîné du précédent, administra la baronnie de Cabrens durant un laps de temps de courte durée. Il mourut sans enfants avant 1562, et ses fiefs passèrent à son frère François.

AÂLART, OP. Cl.

ROCABERTI (François de), frère et successeur du précédent. est mentionné dans les actes comme baron de Cabrens, dès l’année 1562. Ce seigneur fit son testament à Barcelone, le 29 septembre 1582. C'est dans cette ville qu'il résidait habituellement et il est bien probable qu'il y mourut, le 3 novembre 1589. D'après ses dispositions testamentaires. ses restes furent transférés auprès de ceux de ses ancétres dans le modeste sanctuaire de Sainte-Marie de

Serrallonga. L'épitaphe de ce baron qui est gravée sur une dalle couchée au pied du sanctuaire de l'église de Serrallonga, est ainsi conçue :

HIC IASCET NoBiLis DomiNusS FRANCISCVS DE ROCHABERTI CVIVS ANIMA IN CELIS REQVIESCAT AMen

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