OBIIT DIE 3 NOVEMBRIS
L'épitaphe forme cadre autour de la pierre et le millésime est gravé dans le champ. Au-dessous du millésime sont les armes du défunt, de Rocaberti, d'Aragon moderne et d'Orcau. François de Rocaberti mourut sans enfants et fit donation de tous ses biens à Éléonore de Peguera.
L. DE BonNeroy, Epigraphie roussillonnaise. — ALarr, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.
Branche des seigneurs de Maureillas
ROCABERTI (Philippe-Dalmace de), chevalier et vicomte de Rocaberti, acquit par voie d’achat, le 1°" octobre 1382, les localités et les châteaux de Bellegarde et de Maureillas, avec toute juridiction. Le roi Pierre-le-Cérémonieux lui céda ces fiefs au prix de cent quarante-quatre mille sols barcelonais. Philippe-Dalmace de Rocaberti était conseiller et grand chambellan du prince héritier, Jean. Il avait été envoyé, en 1381, avec une flotte considérable, prendre possession, au nom du roi d'Aragon, des duchés d’Athènes et de Néopatrie qui, depuis la mort du roi de Sicile, Frédéric, se trouvaient dépourvus de souverain. Après avoir rempli sa mission, Philippe-Dalmace de Rocaberti longeait les côtes de la Sicile, lorsqu'il apprit qu'Artal de Alagon assiégeait, dans le château d’Agosta, l’infante Marie, fille et héritière du feu roi de Sicile Frédéric. Le vicomte de Rocaberti, avec l’aide de ses marins, délivra cette princesse et la conduisit en Sardaigne, au château de Cagliari. d'où le roi d'Aragon la fit venir plus tard à Barcelone. Le château de Bellegarde ne tarda pas à être racheté. par l'entremise de Bérenger IV d'Ormns qui, à sa mort, survenue en 1388, était châtelain à vie de Bellegarde.
ROCABERTI (Jaufre de), fils du précédent, capitaine du Perthus, commandait une armée de deux mille catalans, lorsque l’armée de Louis XI passa le col de Panissas, au mois de juillet 1462. Jaufre de Rocaberti fut fait prisonnier à la bataille de Calaf, livrée le 28 février 1465, et vendit le lieu de Maureillas à Jean Fabre, bourgeois de Perpignan (voir ce nom).
Archives des Pyr.-Or., B. 207. — CALMETTE, Louis XI, Jean IT et la révolution catalane.
Branche des vicomtes de Rocaberti ROCABERTI (Pierre de) se trouva à la tête de
l’armée aragonaise qui défendit la place de Gérone attaquée par le baron de Cruilles, au mois de novembre 1462. Il repoussa vaillamment l’envahisseur et, prenant l'offensive à son tour, faillit surprendre le comte de Pallas dans Bañolas. Le 21 mai 1467, Pierre de Rocaberti soutint dans Gérone le siège que vint faire de cette ville le vice-roi Jean de Calabre. Il l'obligea à lever le siège et à se retirer. En 1471, Pierre de Rocaberti fit partie de la « Députation royaliste » organisée par Jean II contre la Députation révolutionnaire. Il fut fait prisonnier durant le siège que les Français livrèrent à la ville d'Elne en 1472, el emmené captif à Amboise. Remis en liberté au mois d'août 1473, Pierre de Rocaberti fut chargé de préparer les voies au rétablissement de la paix entre Louis XT et Jean IT. Il négocia le traité de paix qui fut signé à Perpignan. le 17 septembre 1473, entre la France et l’Aragon. Sur les indications de Jean 11, Louis XI choisit Pierre de Rocaberti pour lui confier la charge de gouverneur du Roussillon et de la Cerdagne. Le roi de France le combla de richesses en lui octroyant successivement: les vicomtés d'Ille et de Canet confisquécs à Bernard-Galcerand de Pinos et à Guillaume-Raymond de Castro, les biens de Jean Castello et les domaines de François de Perapertusa, seigneur de Peyrestortes.
Archives des Pyr.-Or., B. 292, 301, 302, 410, 411. — CALMETTE, Louis XI, Jean I et la révolulion catalane.
Branche des seigneurs de Vinça
ROCABERTI (Jeanne de) épousa Pierre, comte d'Empories, petit-fils du roi d'Aragon, Pierre-le- Cérémonieux, par sa mère l'infante Jeanne. Cette dernière possédait, de concert avec sa sœur Constance. reine de Sicile, entre autres seigneuries provenant de la dot de leur mère Marie, épouse de Pierre-le-Cérémonieux, la ville de Villaréal dans le royaume de Valence et les lieux de Granyer, Roure et Auduher en Aragon. Leur père. qui était alors en guerre avec le roi de Castille, avait été puissamment aidé par les compagnies du chevalier Alvaro Garcia d'Albornos et du noble Ilenri, comte de Transtamare, Le roi d'Aragon ne trouva pas d'autre moyen de récompenser les services de ces deux vaillants auxiliaires, qu'en leur donnant les fiefs que ses filles possédaient à Valence et en Aragon. Pour désintéresser les infantes. Pierre-le-Cérémonieux donna, le 12 janvier 1358, des chartes par lesquelles il fit, à ses filles, donation des localités de Vinça, Clayra et Saint-Laurent-de-la-Salanque. Ces villes dépendaient depuis longtemps du Domaine de la couronne, et la première n'avail jamais eu d'autres seigneurs que
ROGABERTI
les comtes de Cerdagne ou de Barcelone et les rois d'Aragon ou de Majorque, leurs successeurs. L’infante Jeanne apporta en dot ces localités au comte d'Empories, son époux. Leur fils Pierre qui avait épousé Jeanne de Rocaberti, les garda en sa possession. Pierre d'Empories étant décédé sans enfants, le comté d'Empories fit retour à la couronne. et sa veuve conserva la seigneurie de Vinça qu'elle transmit ensuite à la maison de Rocaberti.
Archives des Pyr.-Or., B. 194.
ROCABERTI (Dalmace de), vicomte de Rocaberti. était seigneur de Vinça en 1425.
Archives des Pyr.-Or., B. 227, 241.
ROCABERTI (Martin-Jean de), baron de Verges en Ampourdan et seigneur de Vinça sous le règne d'Alphonse V et de Jean If, prit parti contre Louis XI. Ce prince fit don des biens de Martin-Jean de Rocaberti à ses affidés ou capitaines: François dez Pla et Raymond d'Ossaiges dit Capdet Ramonet, puis à Michel de Cardona. Ferdinand-le-Catholique restitua la seigneurie de Vinça à Onuphre de Rocaberti, fils de Martin-Jean, qui était allié à la famille d’Andrada. A cette époque, la ville de Vinça était déjà partagée en une dizaine de co-seigneuries. En 1586, elle était divisée en sept parties ainsi distribuées : Yolande de Luna y de Camporells, épouse de Louis de Torrelles d'Heredia et de Bardaixi, deux parts et demie; Jeanne de Luna et de Rocaberti, veuve de Rodrigue de Navarre et de Mendoza. seigneur de Lodoza, deux parts et demie ; Anne d'Ortells y de Fluvia, épouse de Jean-Lazare d'Ortells y de Vallcèbre, les deux parts restantes. Un privilège daté de Santo Lorenzo la Real, le 8 juin 1586, les déclara rachetées et les fit rentrer sous la seigneurie directe de la couronne, à laquelle elles restèrent unies jusqu'en 1789.
Archives des Pyr.-Or., B. 279, 326, #11, 417, E. (Titres de famille), 640.
Branche des seigneurs de Saint-Féliu d’Avail el de Saint-Féliu d'Amont
ROCABERTI (François de), seigneur de Pau, de Bellera et des Abellas, unit ses destinées à Marie de Boxadeors, fille et héritière de Jean de Boxadors, seigneur de Saint-Féliu d’Avail et de Saint-Féliu d’'Amont, vers la fin du xvr siècle. Il joignit ces derniers fiefs à ceux de sa famille. François de Rocaberti mourut vers 1637 et laissa entre autres enfants : Didace, Joseph, dont les notices suivent, Marie, épouse de Bonaventure de La Nuça et N. femme de Louis de Descallar.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 641.
ROCABERTI — RODO
ROCABERTI (Didace de), fils ainé du précédent, seigneur de Pau, de Bellera, baron de Saint- Féliu d’Avail et de Saint-Féliu d'Amont, contracta alliance avec Anne Ça Riera. Il mourut en 1650. Des lettres royales du 4 octobre 1653, attribuèrent les biens de sa veuve et de ses fils à Jacques de Souillac d’Aserac, sieur de Châtillon, maréchal de camp des armées de Louis XIV. Didace de Rocaberti laissa entre autres enfants un fils, Antoine, dont la notice suivra.
Archives des Pyr.-Or.. B. 394, 498, E. (Titres de famille), 641.
ROCABERTI (Joseph de), frère du précédent, épousa, en 1637, Marie de Vilanova. fille de Jean de Vilanova et de Magdeleine de Llupia, veuve de Gaspard de Llupia. I adopta le parti espagnol contre la domination française et ses biens. confisquées en 1654, furent attribués à Jacques de Souillac, sieur de Châtillon.
ROCABERTI (Antoine de), neveu du précédent, reçut restitution de la seigneurie de Saint-Féliu d'Avail. le 27 mai 1664. Mais dégoutée de la possession incertaine de ses biens en Roussillon, la famille de Rocaberti prit le parti de les aliéner définitivement. C’est ainsi que le 1” janvier 1670, Joseph de Rocaberti, domicilié à Barcelone, vendit à François Ros ses domaines situés à Saint-Féliu d’Avail, à Saint-Féliu d'Amont et à Millas. Antoine de Rocaberti, fixé aussi en Espagne, mourut vers la fin du xvur siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 401, E. (Titres de famille), 641.
ROCAFORT (François de), damoiseau, possédait des fiefs dans le Gonflent, sous le règne de Picrrele-Cérémonieux.
Archives des Pyr.-Or., B. 102,
ROCAFORT (Pierre de), fils du précédent, fut nomimné, en 1390, chälelain du château de Cortsavi, dont la seigneurie appartenait à la reine Yolande, épouse du roi Jean [°° d'Aragon. Il acquit par voie d'achat le four banal de Vinça, qui était la propriété de François d'Oms, damoiseau de Céret, et laissa un fils appelé François.
Archives des Pyr.-Or., B. 142, 161, 202.
ROCAFORT (François de), fils du précédent, bailli de Cortsavi et de Collioure, sous le règne d’Alphonse V, fixa sa résidence à Valence, à l'époque où la reine Marie administra le royaume d'Aragon. Il était domicilié à Vinça en 1447 et eut un fils, Romeu, qui lui succéda.
ROCAFORT (Romeu de), damoiseau de Vinça, possédait des droits seigneuriaux à Néfiach; il les détenait pour indivis avec le vicomte de Roda. Partisan de Jean IF, roi d'Aragon, Romeu de Rocafort vit ses biens confisqués en 1477, par Louis XI. Le four banal de Vinça, ses terres et ses droits seigneuriaux de Valells et Néfiach furent attribués à Cico Manganella, homme d'armes de la compagnie du vice-roi Boffile-le-Juge. Romeu de Rocafort était décédé en 1483, ne laissant de son épouse qu'une fille, Eléonore, mariée au chevalier Jean de Pau. En 1494 après la restitution du Roussillon à la couronne d'Aragon, Ferdinand le Catholique accorda à Eltonore de Rocafort et à son mari, des pensions sur les revenus de Prats-de-Mollo, Cortsavi, Labastide et Conat.
Archives des Pyr.-Or., B. 255, 281, 285, 292, 295, 302, 342, 408, 410, 412, E. (Titres de famille), 643.
ROCHA (Jacques), peintre de Perpignan, est le seul artiste connu comme auteur de peintures religieuses en Roussillon pendant toute la durée du royaume de Majorque. Le 20 novembre 1343, il contracta un engagement avec le procureur du couvent des Carmes de Perpignan suivant lequel il promit de peindre pour l'église du monastère un tableau de l’Annonciation et une toile reproduisant le Jugement dernier, scène composée du Souverain Juge, de quatre anges et de douze sépulcres.
ALanT, Voles historiques sur la peinture et les peintres rous-
sillonnais, dans le XIX° Bulletin de la Socièle Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrenées-Orientales.
RODO (Michel) fut nommé par Philippe I. le 8 juillet 1613, à la place nouvellement instituée d'adjointà l’archiviste du Domaine. Depuis quarante ans, les rois d'Espagne se préoccupaient de la situation irrégulière des archives de la Procuration royale du Roussillon. Une lettre adressée par Philippe II au procureur royal Louis de Llupia, en date du 18 septembre 1573, signalait l'inconvénient qu'il y avait à conficr la garde des documents du Domaine à trois notaires dont la responsabilité n'était pas facile à déterminer. Cette missive indiquait les avantaywes qu'il y aurait à avoir un seul archiviste chargé d'inventorier et de classer les liasses du Patrimoine royal. Sur le rapport qui fut dressé par Joseph Perez de Banyatos, visiteur général des officiers royaux, et sur la proposition qui fut faite par Pierre Manrique, archevêque de Saragosse et capitaine-général de Catalogne, Philippe ITT créa, le 8 juillet 1613, l'office d'archiviste du Domaine et confia cet emploi à Guillaume Domenech. Le nouveau titulaire s’'engagea à dresser un inventaire général accompagné de table des matières et des noms de lieux de tous les actes renfermés dans les archives de la Procuration royale.
532 RODON — ROIG
Guillaume Domenech ne pouvant à cause de son âge avancé, entreprendre ce long et minutieux travail, le roi lui adjoignit Michel Rodo comme collaborateur. C'est celui-ci qui commença et mena à bonne fin le répertoire manuscrit des registres de la Procuration du Roussillon et de Cerdagne renfermant 37 volumes royaux, 36 registres « manuels » de la Cour du Patrimoine royal, 20 livres de fiefs et divers papiersterriers. Michel Rodo a attaché son nom au répertoire manuscrit des actes de ces volumes qu'Alart a analysés et publiés entre les années 1866 et 1872 dans l'Invenlaire sommaire des Archives des Pyrénées-Orienlales, série B. Les mérites de Michel Rodo furent appréciés en haut lieu, car le 15 septembre 1618, il reçut le titre de bourgeois de Perpignan. Durant dixsept années il travailla en sous-ordre au Llibre o Index o Rubrica general des archives du Domaine. A la mort de Guillaume Domenech survenue en 1639, Philippe III octroya à Michel Rodo le titre d'Archiviste de la Procuration royale. A celle date, Michel Rodo se trouvait à Barcelone. Il remplissait dans cette ville l'office d'alguasil du roi dans la Principauté de Catalogne et continuait le dépouillement, le classement et l'analyse des pièces du Patrimoine royal dans les comtés de Roussillon et de Cerdagne. Le roi d'Espagne lui attribua pour ces travaux une somme de mille ducats qui ne lui fut jamais payée, parce que la caisse de la Procuration royale était à sec. En 1635, Jean de Llupia et de Saragosse, procureur royal, alla trouver l’archiviste du Domaine alors retiré à Barcelone et lui remit six cents réaux de ses propres deniers, pour obtenir de lui la remise de la précieuse Rubrica general del arxiu del Real Patrimoni. Michel Rodo s’y prêta de fort bonne grâce. Philippe IV se souvintenfin de l’érudit paléographe qui « avait jeté un peu de lumière dans le fouillis des archives de la Procuration royale », et, par des lettres patentes en date du 1°” octobre 1638, lui conféra le privilège de citoyen honoré de Barcelone. François Borrell, rercader immatriculé de Perpignan et greffier de la maison et de la Cour du Domaine. dans cette ville, continua depuis 1653 jusqu’en 1683, le répertoire des archives de la Procuration royale que Michel Rodo avait commencé en 1613. Le notaire Joseph Bosch reprit la suite de ce travail au début du xvnr° siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 1. 375, 380, 384, 385. 387, 388.
RODON (Pierre), bourgeois de Perpignan, remplit, sous le règne de Martin I" et d’Alphonse V, la charge de receveur des sommes provenant des biens domaniaux aliénés en Roussillon et Cerdagne. Il eut un fils, Laurent, qui lui succéda, et deux filles : Hippolyte, qui se maria à Pierre-Galcerand de Cruilles,
et Catherine, qui contracta alliance avec Michel de Sant-Marti.
Archives des Pyr.-Or., B. 188, 211, 289, 350, 408, 415, E. (Titres de famille), 647.
RODON (Laurent), fils du précédent, bourgeois de Perpignan, suivit le parti du roi d'Aragon contre la domination française de Louis XI en Roussillon. Le 15 janvier 1478, ses biens furent confisqués au profit de Barthélemy Jaubert, viguier de Roussillon et Vallespir. De son épouse Aldonsa, Laurent Rodon eut un fils, Jean, qui lui succéda en 1496. Laurent. Rodon fut enseveli dans le caveau de sa famille, qui se trouvait dans l'église des Frères Mineurs de Perpignan.
PUS des Pyr.-Or., B. 266, 410, 412, E. (Titres de famille),
ROGER (Pierre), moine de la Chaise-Dieu, enseigna la théologie à Paris. Il fut précepteur de Charles, marquis de Moravie, qui, plus tard, devint empereur sous le nom de Charles IV. Pierre Roger occupa, vers 1330, l'archidiaconé de Vallespir. Nommé successivement évêque d’Arras et archevêque de Sens et de Rouen. il reçut la pourpre cardinalice de Benoît XII et fut élu pape, le 7 mai 1342, sous le nom de Clément VI. Pierre Roger mourut à Villeneuve-d’Avignon en 1352.
HœærEr, Nouvelle biographie générale.
ROHAN (Jean), menuisier de Perpignan, exécuta. en 1544, les travaux de menuiserie du retable de l’église du Boulou.
Archives des Pyr.-Or., G. 735.
ROIG (Thomas de), bourgeois honoré de Perpignan, domicilié à Saint-Féliu-d’Avail, était fils de Jean de Roig et neveu de Jérôme de Roig, droguiste à Perpignan. Il contracta alliance, le 21 octobre 1697, avec Victoire Prats, fille d'André Prats, docteur en médecine de Thuir. De leur union naquirent deux fils : Joseph, qui mourut sans descendance en 1753, et Thomas qui épousa une fille de la maison Dotres.
Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 650. — Archives communales de Thuir, GG. 37.
ROIG (François-Jean-Didace de), né à Thuir le 13 novembre 1764, était fils de Thomas-Joseph- Jean de Roig-Dotres et de Marie de Pontich. 1l suivit la carrière des armes et fut promu sous-lieutenant au Royal-Limousin le 24 septembre 1785. Nommé lieutenant au même régiment le 145 septembre 1791. il devint capitaine le 15 octobre de l’année suivante. Jean de Roig fit la campagne de 1793 en Italie et en Sardaigne. Adjoint provisoirement à l’Etat-major
ROIG — ROLLAT
de l’armée des Pyrénées-Orientales le 26 mai 1794, il fut réformé le 13 juin 1795. François de Roig qui était décoré de la croix de chevalier de Saint-Louis reçut la Fleur de lys le 23 septembre 1814. Il fut nommé maire de Thuir en 1816 et mourut dans cette localité le 8 décembre 1843. Le 10 janvier 1804, François de Roig avait épousé Victoire d'Oms, fille de Joseph d'Oms-Tixedor et de Marie de Vilar. De cette union naquit un fils, Thomas, dont la notice suivra.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
ROIG (Joseph-Jean-François-Thomas de), frère du précédent, naquit à Thuir, le 9 mars 1767. Il fut nommé otflicier dans le régiment de Rovyal- Limousin en même temps que son frère. À la veille de la Révolution, Joseph de Roig émigra en Angleterre avec Dominique d'Oms. Débarqué à Quiberon, il fut fusillé dans cette presqu'ile, le 27 juin 1795. Son nom est inscrit sur le monument comméinoratif élevé à Quiberon, en souvenir des nobles émigrés. morts en ce lieu.
Communication obliseante de M. Clément de Lacroix.
ROIG (Thomas-Jean-Joseph de), fils de François-Jean de Roig et de Victoire d'Oims de Vilar, entra à l’école de Saint-Cvr le 22 novembre 1531. Promu sous-lieutenant au 62° régiment d'infanterie, le 30 décembre 1834, il fut affecté comme lieutenant au mème régiment, le 24 décembre 1837. Comme tel, Thomas de Roig fit la campagne d'Afrique, du 28 mai 1836 au 30 décembre 18#1. Il fut cité à l’ordre général de l’armée, le 23 juillet 1840, comme s'étant particulièrement distingué dans les divers combats de Ain-Turck (Algérie), du 6 au 15 maï 1840. Nomineé capitaine, le 2 mai 18#5, Thomas de Roig fut élevé au grade de chef de bataillon au 67° régiment d'infanteric, le 2 mars 185%, et créé chevalier de la Légion d'honneur, le 18 octobre 1856. Il élait licutenantcolonel, depuis le 2# décembre 1858, lorsqu'il fut appelé à prendre le commandement du 62° de ligne, avec le grade de colonel, le 26 décembre 186#. Parti pour l'expédition du Mexique, le 16 février 1865, Thomas de Roig prit part aux opéralions de la guerre, jusqu'au 13 avril 1867. H fut cité à l’ordre général du corps expéditionnaire. en date du 30 octobre 1866. [l'avait su prendre d'éncrgiques dispositions pour défendre à la fois la place de Mazatlan et secourir le poste avancé de Palos-Prictos, pendant le combat de Palos-Prietos (Mexique) qui eut lieu Île 42 septembre 1866. Le colonel de Roig fut promu officier de la Légion d'honneur le 18 octobre de cette même année, et décoré de la médaille du Mexique. Il Ctait aussi commandeur de l'ordre de la Guadeloupe. Thomas de Roig s'était marié à Versailles en 1844, et ses descendants sont actucilement fixés à
Paris. Thomas de Roig mourut à Tours, le 14 janvier 1888.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
ROIG DE CURSAY DE BOURDEVILLE (de), né à Thuir, le 19 décembre 1790, embrassa la carrière ecclésiastique. Il fut chapelain de Charles X à Saint- Cloud et aumônier de la marine à Fort-Royal (Manche). Promu chevalier de la Légion d'honneur en 1861, il fut fait chanoine honoraire de la cathédrale de Perpignan. L'abbé de Roig de Cursay de Bourdeville mourut en 1882.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
ROIG DE CURSAY DE BOURDEVILLE (François-Bonaventure de), frère du précédent, naquit à Thuir. le 28 septembre 1795. Il fit les campagnes d'Allemagne en 1813 et fut nommé garde du corps dans la garde royale en 1814. François de Roig servit comme capitaine au 7° régiment d'infanterie, fil la campagne de Belgique en 1831. épousa à Dinan (Côtes-du-Nord) Louise de Querohent, le 8 décembre 1835, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1837 et mourut le 31 juillet 1848.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
ROIG DE CURSAY DE BOURDEVILLE (Jean-Ange-Blaise de), né à Thuir, le 2 octobre 1817, entra dans la carrière des armes comme engagé volontaire en 1842. Il élait lieutenant en 1850. Blessé en Kabrlie en 1851, Jean de Roig fut promu chevalier de la Légion d'honneur dans Île cours de l’année suivante. Capilaine en 1555, il fut blessé à l'assaut de Sébastopol. Peu de jours après, il reçut la rosette d'officier de la Légion d'honneur. Jean de Roig suivit les opérations de la campagne du Mexique en 1866 et fut admis à la retraite en
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
ROLLAT (Xavier-Côme-Joseph), né à Bouleternère le 26 janvier 1821, fut ordonné prêtre Île 17 mai 1845. Il occupa successivement les postes de vicaire : à Pézilla-de-la-Riviere (1° octobre 1846), à Notre-Dame de la Réal de Perpignan (1° février 1847) et à Estagel (1° août 1850). Nommé desservant de Glorianes le 1” février 1852, Xavier Rollat devint curé de Saint-Sauveur le 1° mars 1855, de Toulouges le 22 septembre 1863 et de Collioure le 1° août 1872. IL a publié un ouvrage sur Saint Vincent de Collioure et son culle dans su paroisse nalale, Perpignan, J. Comet, 1885, in-8” de 77 pages. Xavier Rollat est décédé à Collioure le 25 mars 1N86.
Semaine religieuse de Perpignan, année 186,
534 ROMA — RONYO
ROMA (Pierre) reçut des provisions de Pierrele-Cérémonieux qui lui octroyèrent, en 1345, la charge d'avocat fiscal de Perpignan, Roussillon, Vallespir et Collioure.
Archives des lPyr.-Or., B. 97.
ROMA (François), docteur en droit de Perpignan, fut conseiller du roi Pierre IV d'Aragon. Il remplit des missions diplomatiques auprès du Saint- Siège et Pierre-le-Cérémonieux, pour le récompenser de ses bons offices, Jui octroya une pension de dix mille sols. C’est ainsi qu'il obtint du pape Urbain V une bulle, en date du 27 août 1365, qui accorda au roi d'Aragon le dixième des revenus ecclésiastiques sur toute l'étendue de ses Etats. Ce monarque ne tarda pas à confier à François Roma la charge de vice-chancelier du royaume. Le 5 janvier 1357, la seigneurie de Saint-Estève fut aliénéce de la couronne au profit de François Roma, qui possédait déjà depuis quelque temps une portion de la seigneurie de Vernet. François Roma ayant avancé une forte somme à son souverain, pour obtenir le concours des compagnies françaises de du Guesclin contre Pierre le Cruel, le roi d'Aragon engagea cn payement à son vice-chancelier la fontaine de Salses, pour trente mille sols barcelonais. Peu de temps après Île Domaine racheta ce fief. François Roma mourut en 1376. D'après ses dispositions testamentaires écrites à Avignon, il laissa l’insufruit de ses biens à son épouse Marguerite, fille du chevalier Raymond Gavella, qui ne lui avait point donné de descendance. Sa succession devait passer à Bernardon Roma, son fils bâtard que des lettres de Pierre IV avaient légitimé. Mais celui-ci mourut avant l'épouse du vicechancelier d'Aragon. François Roma, fils de Bernardon, était encore mineur le 5 mars 1380, lorsque son tuteur. Jean Castello, bourgeois de Perpignan, prit possession du lieu de Saint-Estève au nom du nouveau seigneur. Une clause du testament de François Roma stipulait que, sur ses biens, une sommedevait être prélevée, pour effectuer la fondation d’un couvent de religieuses dominicaines à Perpignan. Une sentence arbitrale de Raymond de Las Escalas, évéque d'Elne, condamna les héritiers de l’ancien vicechancelier du roi d'Aragon à verser la somme de quatre mille florins, dans le but d'exécuter les dernières volontés du testateur.
Archives des Pyr.-Or., B. 110, 115, 132, 1:53, 135, 136, 137, 173,
190, 207, 375, G. 136. — ALartr, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1° série.
ROMANYA (François), citoyen honoré de Barcelone, adopta le parti de la France, à l'époque des guerres de Catalogne. Dès le mois d'août 1653, Louis XIV lui fit donation de rentes sur les biens que
la rebelle Emmanuel d'Oms possédait à Vingrau et à Tautavel. François Romanya avait le cominandement d'un escadron de cavalerie dans le régiment du Roussillon, et le 19 mai 1655, il reçut donation des biens dont avaient été dépouillés Raphaël de La Trinxeria, bourgeois de Prats-de-Mollo, et le docteur Maurice Cornet, de Puigcerda. Nommé viguier de Roussillon et de Vallespir, il fut chargé de recevoir le serment de fidélité que les nobles roussillonnais furent dans l'obligation de prêter au gouvernement français, dans le courant des mois d’aoùût et de septembre de l’année 1664. D'un premier mariage, François Romanya avait eu quatre enfants : Sauveur, dont la notice suit; Paule, épouse de Joseph Bonet, docteur en droit, bourgeois de Perpignan; Thérèse ; et François, qui ayant fait profession religieuse au couvent de Saint-Martin du Canigou. était, en 1703, camérier de cette abbaye et, comme tel, seigneur de Casefabre. Devenu veuf, François Romanya convola en secondes noces, durant l’année 1675, avec Marie de Travi, veuve d'un mercader de Perpignan, appelé Antoine Tressanges. François Romanya mourut en 1679. Son corps fut enseveli dans l’église des Carmes déchaussés de Perpignan (école Voltaire actuelle), devant l’autel de la Vierge.
Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401, E. (Titres de famille), 652.
ROMANYA (Sauveur), fils du précédent, était à la mort de son père survenue en 1679, lieutenant de cavalerie au régiment du Roussillon. Il épousa à Elne en 1682, Paule Bruguera et se fixa dans cette ville. À sa mort survenue en 1689, il laissa un fils Joseph, qui fut son héritier universel etunefillenommée Joséphine. Sauveur Romanya fut inhumé dans la cathédrale d'Elne devant l'autel de Saint-Joseph. Sa petite-fille Joséphine Romanya était chanoinesse de Saint-Sauveur, au moment de la Révolution. Retirée à Pézilla-de-la-Rivière en 1794, elle donna le conseil à Rose Llorens d’enfermer dans le vase le plus précieux de la maison, (un modeste compotier de cristal qui, depuis, a été doré), les quatre petites hosties conservées et vénérées encore de nos jours dans la splendide église romane de cette dernière localité.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 652.
RONYO (Jean), peintre, de Corneilla-del-Vercol, peignit en 1551, un retable destiné à la chapelle de Saint-Luc de l’église Saint-Jacques de Perpignan. En 1558, il fit partie d’une commission d'expertise concernant l’état des travaux de peinture du retable de Ja chapelle de Saint-Saturnin à Pézilla-de-la-Rivière.
Archives des Pyr.-Or.. G. 837. — P. Vipas, Recherches relatives a l'histoire des beau.r-arts et des belles-lettres en Roussillon depuis
le XI siècle jusqu'au XVII, dans le LI Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Litleraire des Pyrénées-Orientales.
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