SAINT-MARSAL
SAINT-MARSAL (Arnald de), fils de Bérenger d'Orle, descendait de Bernard Martial, qui vivait vers le milieu du xu° siècle. Il figura comme garant d’une vente faite par Alamanda, épouse de Bernard d'Oms, le 11 septembre 1264. Le 13 septembre 1278, Ermessende, veuve de Raymond d'Ultracam, reconnut à son seigneur Arnald de Saint-Marsal que, par ses soins, elle avait été payée des quatre marcs d'argent qu'elle avait portés en dot à son mari. Jacques [", roi de Majorque, lui fit concession des justices de Montner, et Jausbert IV, vicomte de Castelinou, lui octroya en fief le droit d’obliger tous les habitants des manses situés dans la paroisse de Saint- Pierre de la Serra (aujourd'hui la Trinité), à se réfugier dans son château de Saint-Marsal, en contribuant aux travaux de fortification et au guet. Arnald de Saint-Marsal obtint encore de son suzerain le droit d'host et de chevauchée avec certaines justices civiles et criminelles. Peu de temps après, Dalmace de Castelinou, frère de Jausbert IV, vendit à Arnald de Saint-Marsal tous les droits de fief que les vicomtes de Castellnou possédaient sur son château.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, 350. — ALART, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" serie.
SAINT-MARSAL (Raymond de) figura comme témoin dans un acte du 19 avril 1282, par lequel Gueralda d'Urg, dame d’Ille et de Joch, confirma la concession faite deux jours auparavant par Arnaud de Cortsavi, son mari, pour la fondation du ruisseau d'arrosage dit « de la plaine de Joch ».
ALAHT, Op. Cil.
SAINT-MARSAL (Bertrand de), successeur de Raymond, se trouvait en Morée, en 1315, avec Île titre de majordome de l’infant Ferrand de Majorque. On peut voir dans un cahier de pièces manuscrites de la propre main de Ducange, déposé à la Bibliothèque nationale, des détails du plus vif intérêt sur la fin malheureuse de ce brillant chevalier qui mourut de la mort de Roland, traitreusement livré au fer de ses adversaires bourguignons par des chevaliers de sa bannière. Il est vrai que Bertrand de Saint-Marsal ne se trouvait pas, comme son écuyer, dans la mêlée où le malheureux prince fut frappé à mort, le 5 juillet 1316. Il était au château d’Estamira avec Guillaume d’En. Le soir mème, les envoyés du prince ennemi vinrent les y trouver et entrèrent en pourparlers pour la reddition de la terre de Clarence qui, en effet, fut abandonnée peu de temps après par les troupes de Majorque et du Roussillon. Mais avant de quitter la Morée, Bertrand de Saint-Marsal fut hautement accusé de trahison par ses propres soldats. Après la Toussaint de cette même année, une information fut commencée à Perpignan contre
Adhémar de Mosset, Bertrand de Saint-Marsal et autres complices présumés. Quelques-uns des conseillers du roi Sanche, frère de Ferrand, ourdirent leurs trames et la procédure n'eut point d'autre suite. Bertrand de Saint-Marsal est encore mentionné, en 1320, comme tenant en arrière-fief, pour le vicomie d'Ille, les dimes de Valcrosa et de Glorianes, avec celles de la paroisse de Saint-Pierre de la Serra, dans les territoires de Belpuig et de Saint-Marsal. Le vicomte d'Ille tenait toutes ces dimes en fief pour Bérenger Batlle, évèque d'Elne.
ALART, OP. Cil.
SAINT-MARSAL (Arnald de), chevalier, adopta le parti de Pierre-le-Cérémonieux contre le dernier roi de Majorque. Pierre IV nomma successivement Arnald de Saint-Marsal au commandement des chàteaux de Puyvalador, d'Evol et de Ria. Ce chevalier mourut avant le mois de juillet 1345. Sa veuve, Guillelma, sœur de Bérenger de Saint Jean, seigneur de Saint-Jean-pla-de-Corts, dut intervenir dans le procès intenté à son frère, accusé d’avoir pris part à l'assassinat de deux habitants du Boulou. Bérenger fut obligé de faire d'énormes concessions aux enfants des deux victimes, et Guillelma se porta garant de ses engagements, qu'elle signa le 10 septembre 1345. Arnald de Saint-Marsal laissa un fils nommé Bertrand.
Archives des l’yr.-Or., B. 97, 100. — ALanT, Nolices historiques sur les communes du loussillon, 1” série.
SAINT-MARSAL (Bertrand de), damoiseau, fils du précédent, n’a pas fait grand bruit dans l'histoire. [1 figura, le 20 juillet 1352, au mariage de Pierre de Santa-Eularia et d'Esclarmonde de Saint- Augustin, en compagnie de Georges de Tatzo et de Raymond d’Ardena qui formaient la petite cour d'André de Fenollet, vicomte d'Ille et de Canet. Bertrand de Saint-Marsal mourut sans postérité. Sa mère, Guillelma, qui lui survécut, eut à soutenir ses droits contre la famille de Perellos. En 1356, elle notifia au gouverneur du Roussillon une lettre de Pierre IV qui ordonnait de la remettre en possession des lieux de Saint-Marsal et de Montner, occupés en ce moment par François de Perellos, majordome du roi. Elle mourut en 1360. et François de Perellos put librement acheter la succession et tous les biens de Bertrand de Saint-Marsal. Cinq siècles plus tard, le nom de Saint-Marsal fut ressuscité. Par lettrespatentes du 29 mai 1825, Charles X conféra au colonel Raymond Guiraud (voir ce nom) le titre de baron. avec adjonction du nom de Saint-Marsal qui était celui de la famille de sa femme (voir les articles Delpas).
Archives des Pyr.-Or., B. 105. — ALanr, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" série.