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SAINT-SAUVEUR — SAINT-VICTOR

SAINT-SAUVEUR (Louis - Hyacinthe - Raymond de), chevalier, seigneur de La Grange-dumilieu, fut nommé par Louis XVI intendant de la province du Roussillon durant l’année 1778. Il succéda à Jean-Baptiste de La Porte. Le Roussillon doit beaucoup à son dernier intendant, de Saint-Sauveur. Il prit des mesures contre les ravages que faisait la petite vérole, multiplia les sages-femmes dans les campagnes, établit un cours gratuit d'accouchement et autorisa chaque commune à envoyer à Perpignan une femme pour suivre ce cours. Raymond de Saint- Sauveur fit mettre en bon état les bains d'Arles, de la Preste et de Molitg. Il réforma les mauvais usages qui entretenaient la saleté et les miasmes dans les rues des villages de la province, et demanda la nomination d’un médecin des épidémies. L'intendant de Saint-Sauveur refusa de s’associer au projet du maréchal de Mailly qui voulait raser Banvyulssur-mer, sous prétexte que les Banyulencs se livraient à une guerre permanente et impitoyable contre le fisc, les gardes de la gabelle, les employés des fermes et les troupes régulières. Il prit « un moyen plus doux et peut-être plus efficace », selon sa propre expression. Il établit à Banyuls des commissaires de police, créa une place de maître d'école pour instruire les enfants, promit des gratifications à ceux qui planteraient des vignes dans les terrains incultes et ouvrit un chemin entre Banyuls et Port- Vendres. De Saint-Sauveur répara la digue Orry, sur le chemin de Saint-Estève, prépara la construction d'un pont sur le Tech, à Elne, et fit exécuter des travaux pour assainir le cours de la Basse. La ville de Perpignan «n'ayant d’autres précautions contre les incendies, que douze sereingues, dont douze hommes en litre étaient chargés, et point de sceaux pour transporter les eaux », l’intendant fit faire cent vingt sceaux d'osier doublés de cuir et deux corps de pompes. La ville était éclairée par quarante reverbères ; l’intendant en fit établir cent. Perpignan ne possédait que trois fontaines, dont l’eau fade et terreuse était à peine potable. L’intendant eut l’idée d'amener dans la ville différentes sources pour fournir de l’eau à sept fontaines. Il en proposa la dépense au corps municipal qui l'avait approuvée. La Révolution arrêta l'exécution de ce projet fontinal. En 1781, le Ministère demanda des renseignements statistiques sur l'intendance de Roussillon. Raymond de Saint- Sauveur, qui avait sous la main un Mémoire écrit par le subdélégué-général Pierre de Poeydavant (voir ce nom), en tira une série de notices sur le climat, la population, les productions, les ressources, les inconvénients, le génie des habitants et l’administration de sa généralité. L'intendant de Saint- Sauveur se trouvait en tournée départementale à Mont-Louis lorsqu’'éclatèrent à Perpignan les trou-

bles de juillet 1789. Il dut s'enfuir précipitamment ; il passa successivement de Mont-Louis à Formiguères, de Formiguères à Ax-les-Thermes, et de là à Toulouse, Castelnaudary, Béziers et Montpellier. Vivement incriminé pour sa conduite, Raymond de Saint-Sauveur entreprit de se justifier et mit au jour, en 1790, un Comple rendu de son administration, imprimé à Paris, chez la veuve d'Houry et Debure, in-8°. Ce livre a le tort d’être un plaidoyer pro domo. L’'historien y peut cependant puiser divers renseignements sur l’état de la province du Roussillon à la veille de la Révolution.

P. Vipaz, Hisloire de la Révolution française dans le départe-

ment des Pyrénées-Orientales (introduction). — DESPLANQUE, Mémoires de Pierre Poeydavant (prélace). d

SAINT-VICTOR D'ANDRÉ (Etienne-Marguerite de), lieutenant au régiment d’Angoumois, à Perpignan, appartenait à une noble et ancienne famille du Languedoc qui avait eu des représentants distingués dans l’armée, la magistrature et le clergé. Il épousa, le 24 avril 14787, Ilélène-Marie, fille de Jean-François de Ponte, vicomte d’Albaret, conseiller d'honneur au Conseil souverain de Roussillon, et de Josèphe Delpas de Saint-Marsal. Ce mariage fut béni par Luc de Ponte d’Albaret, évêque de Sarlat, oncle de la mariée. Etienne-Marguerite de Saint-Victor mourut en 1789 de la fièvre jaune, à Millas, où il fut inhumé. Il laissait un fils, né le 12 avril 1788, et baptisé à l’église Saint-Jean de Perpignan sous les noms de Charles-Bonaventure-François-Ange et tenu sur les fonts baptismaux par son oncle G. d’Albaret, remplaçant son grand-père de Saint-Victor, et sa grand'tante la marquise de Blanes. Hélène-Marie d’Albaret de Saint-Victor, chassée de Perpignan par la Révolution, s'enfuit avec son fils et sa tante, la marquise de Blanes, à Barcelone, où elle vécut et mourut quelques années après dans le plus grand dénuement. Le jeune Charles-Bonaventure-Ange, devenu orphelin, fut envoyé en France chez son grand-père paternel qui avait pu conserver sa terre de Saint-Victor, près Uzès (Gard). Il y fut élevé et épousa, en 1815, sa cousine Anne-Sabine Pujolas de Lycon, vicomtesse de Marmier. De ce mariage naquit un fils, Egide-Joseph-François d'Assise, et deux filles : Gabrielle, morte à 19 ans, ct Léontine qui fut religieuse du Sacré-Cœur. La vente comme biens nationaux des possessions des d’Albaret et de la marquise de Blanes priva la famille de Saint-Victor de la part de ces héritages ; mais la terre de Saint- Estève ayant été usurpée et non légalement vendue lui fut rendue. Les registres de l’état-civil de Montpellier mentionnent, à la date du 2 mars 1848, le mariage de Egidc-Joseph-François d'Assise, comte d'André de Saint-Victor d’Albaret, fils de Charles

SAISSET — SAIVET

Bonaventure-Ange, marquis de Saint-Victor d'André d’Albaret et de Sabine Pujolas de Lycon de Marmier avec Constance Montaulon de la dite ville. Egide-Joseph-François, marquis de Saint-Victor d'Albaret laissa deux filles, Claire et Luce. Celles-ci n’eurent chacune qu’une fille. L'une épousa le baron Arthur de Leusse. l’autre unit ses destinées au comte Louis Heurtault de Lammerville. La baronne de Leusse et la comtesse de Lammerville sont, avec leurs enfants, les dernières descendantes directes des Saint-Victor d'André et de la branche d’Albaret (voir ce nom) restée en France.

SAISSET (Albert) naquit à Perpignan le 10 novembre 1842. Il descendait d’une famille qui a fourni des notabilités à la magistrature et au barreau roussillonnais. Albert Saisset fit au collège de sa ville natale ses premières études qu'il termina brillamment au lycée de Montpellier. Indécis sur la carrière qu'il devait entreprendre, il subit les examens d’entrée à l’école de Saint-Cyr et fut déclaré admissible. Albert Saisset suivit durant deux ans les cours de l'Ecole supérieure de Commerce de Paris (1861-1863). Après un stage de deux années à la maison de banque de Justin Durand, il prit la direction de l’ancienne maison financière de M. Garrette. Possédant le secret assez rare d’allier les chiffres et les vers, Albert Saisset consacra souvent à rimer les loisirs que lui laissaient les affaires. Il écrivit d’abord des poésies françaises dont une faible partie fut publiée sous le titre : Poésies roussillonnaises. En 1884, Albert Saisset présenta au concours de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales une pièce en vers français intitulée Perpignan qui obtint le premier prix. Deux ans après, il fut appelé à la direction des travaux de la section des lettres de cette même société. Albert Saisset composa les paroles de Salut au Roussillon que Bonaventure Petit mit en musique. Les deux auteurs assistèrent à la répétition générale de cette cantate que l’Estudianlina calalana interpréta pour la première fois le 17 mars 1886. En 1887, parut sans nom d'auteur un premier recueil de poésies catalanes, intitulé Oun pougnat da calulanades. Ce fut une révélation, et dans tout le Roussillon on lut les monologues contenus dans ce fascicule. Un second recueil ne tarda pas à paraître, sous la rubrique : Cosas y altres. Le public roussillonnais désirait connaître le nom de l’auteur de ces pièces catalanes. Avec le troisième fascicule qu'il publia sous le titre : Hisloris y cournedi, Albert Saisset déchira le voile de l’anonyme et édita désorinais les productions de sa Muse sous le pseudonyme d'Oun Tal. Jusqu'au jour de sa mort, survenue le 14 août 1894, il publia les seize recueils suivants: Oun pou-

gnal da calalanades, 1887, in-8° de 18 pages ; Cosas y altres, 1888, in-8° de 18 pages ; Hisloris y coumedi, 1888, in-8° de 22 pages ; Bestis y gen, 1888, in-8° de 18 pages; L'Hourtoulana, paraulas y mousica, 1888, in-fol. ; Proubem da rioure !, 1889, in-8° de 24 pages ; Bingnas y donas, coumedi en dous actes, 1889, in-8° de 66 pages ; Fablas y fabliots, 1890, in-8° de 19 pages ; Countas de l'altra moun y d'aquest, 1890, in-8° de 20 pages ; Jamecs, 1890, in-8° de 19 pages ; Oun poc da tout, 1891, in-$° de 19 pages ; Passe-Temps, 1891, in-8° de 21) pages ; Barrajadis, 1892, in-8° de 19 pages; Plors y riulles, 1893, in-8° de 19 pages : Cansous, 1893, in-8° de 24 pages ; Pims y pams, 1893, in-8° de 20 pages. Albert Saisset édita en outre, en 1894, une Grammaire calalane, in-18 de 93 pages, dans laquelle il préconisa et mit en usage une orthographe phonétique du catalan, rompant de propos délibéré avec la tradition et l’étymologie. La collection de ses œuvres s'est accrue après son décès des fascicules suivants: Pa la gen fis, 1895, in-8° de 18 pages ; À {ort y a lrabès, 1897, in-8° de 19 pages ; Oun moun de coses, 1898, in-8° de 22 pages; Bersous nous, 1900, in-8° de 19 pages ; Lligiou, 1900, in-8° de 18 pages; Altre barrajadis ; Cosas de Roussillou ; Oun bialge à Barcelona (prose). « Tous ses monologues, dit M. Delpont, toutes ses chansonnettes reflètent le ciel, la mer et les montagnes incomparables du Roussillon ; un souffle les anime qui condense dans leurs vers le soleil bienfaisant, l'atmosphère limpide, les cimes neigeuses et les horizons capricieux de nos paysages catalans. [ls sont, d'autre part, une reproduction vivante des types et des mœurs de notre temps ; de ces types et de ces mœurs, Saisset a excellé à en rendre le côté rieur, bon enfant ; lire ses œuvres, c'est se faire une pinte de bon sang. C’est rire aux éclats et oublier, pour un instant, les petites misères de la vie. Une seule réserve s'impose, quant au caractère littéraire de ses catalanades. Saisset n’écrivait pas le catalan, il le parlait ; ne tenant aucun compte de l'orthographe et des prescriptions de la grammaire catalane, il écrivait phonétiquement. »

J. GazauD, Eloge de M. Albert Saisset, dans le XXXVI° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales. — J. DrzponrT, Journal commercial illustré des Pyré-

nées-Orientales, n° VII. — J. Amape, Anthologie catalane (introduction).

SAIVET (Frédéric) naquit à Lectoure (Gers), le 4 août 1828. Il fit avec succès ses premières études à Auch et entra au Grand-Séminaire de cette ville, où il se fit remarquer par de brillantes qualités de l'esprit. Ses parents étant venus, à cette époque, se fixer à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), qui était le lieu d'origine de son père, Frédéric Saivet quitta le sémi naire d'Auch et passa à celui de Poitiers. Le jeune lévite attira bientôt l'attention du supérieur de cet

établissement, l’abbé Charles Cousseau, qui l’envoya, après son sous-diaconat, au séminaire de Saint-Sulpice, où il fit deux années d’études. Devenu évêque d'Angoulême, Charles Cousseau confia à Frédéric Saivet la chaire de philosophie au Grand- Séminaire de sa ville épiscopale. En 1853, il le nomma professeur de théologie et chanoine honoraire. Le dur labeur de l’enseignement compromit la santé de Frédéric Saivet. En 1856, il partit pour Rome et obtint, dans la Ville Eternelle, la charge de recteur de l'église française de Saint-Nicolas des Lorrains. Frédéric Saivet demeura deux ans à Rome et conquit le grade de docteur en théologie. En 1858, il retourna à Angoulême, et tout en remplissant les fonctions de secrétaire de l'évêque Charles Cousseau, il fut pendant sept ans aumônier du lycée de cette ville. Frédéric Saivet fonda, à cette époque, la Semaine religieuse d'Angoulême. Il sut donner à ce périodique le plus vif intérêt par sa direction et ses écrits. Le 1* novembre 1866, Frédéric Saivet fut nommé curé-archiprètre de la cathédrale d’'Angoulême. Son cœur de père se révéla surtout pendant les rigueurs d’un hiver exceptionnel. On le vit parcourir les quartiers de la ville suivi d'un fourgon, et recucillant de porte en porte ce qui lui était offert en argent, en substances alimentaires, en vêtements, en meubles, pour l'usage des indigents de la cité. Frédéric Saivet accompagna Charles Cousseau au concile du Vatican. Le 18 décembre 1872, il fut nommé à l'évêché de Mende. Préconisé le 21 mars 1873, le nouveau prélat fut sacré à Poitiers le 14 mai suivant, par Louis Pie, évêque de cette ville, qu'assistèrent Charles Freppel, évêque d'Angers, et Alcxandre Scbaux, évèque d'Angoulême. Frédéric Saivet fit son entrée à Mende le 6 juin 1873, et ne tarda pas à gagner par sa bonté l'affection de ses diocésains. Durant son épiscopat, il établit deux grands noviciats de Frères à Chirac et à Mende, appela les Sœurs de l’Espérance, fonda la Semaine religieuse du diocèse, organisa une maitrise pour la cathédrale, releva le collège de Langogne et en confia la direction aux Pères du Saint-Esprit. En outre, Frédéric Saivet constitua les deux nouveaux séininaires de Mende et de Marvejols, érigea la statuc d'Urbain V et réédita le catéchisme du diocèse. En 1875, les débordements du Lot et du Tarn jetèrent dans la misère un grand nombre de familles. L'évèque de Mende se surmena pour les visiter et leur procurer des secours. Sa faible santé supportait difficilement l'inclémence du climat montagneux de la Lozère. IL fut mis dans la nécessité de solliciter sa translation à un autre évèché. Nommé au siège épiscopal d'Elne par décret du 4 février 1876, Frédéric Saivet fut préconisé dans le consisloire du 26 juin suivant. Hi fit prendre possession de l'évêché, le 15 août de

SALA — SALABERDANYA

cette même année, par le vicaire-général Garretta. Son entrée solennelle à Perpignan eut lieu quinze jours plus tard, au milieu d'un concours immense de peuple. La santé de Frédéric Saivet était trop ébranlée pour qu'il réalisàt les vastes plans de réforme qu'il projetait. Toutefois il put instituer l’'Adoration perpétuelle dans le diocèse et s'associer activement à la fondation de l'Institut catholique de Toulouse. Miné par la maladie, il se retira dans la maison de campagne du Grand-Sérminaire, à Espirade-l’Agly, où il mourut pieusement le 30 juin 1877. Son corps fut inhumé dans les caveaux de la chapelle du Saint-Sacrement, à la cathédrale de Perpignan. L'épitaphe consacrée à sa mémoire, qui est gravée en lettres d’or sur le monument des évêques, est ainsi conçue :

Fridericus . Saivet Sedem . Elnensem . tenuit IV cal. Sept. ann. M.DCCCLXXV Indole . et . ingenio egregius Præmature . sublatus Sui . desiderium . omnibus . reliquit Obiit ; Prid. cal. Jul. anni . M.DCCCLXXVI Ælatis XLIX Vivat in X° Gemma sacerdotum.

Frédéric Saivet a publié trente-trois mandements ou circulaires à l'adresse du clergé et des fidèles. Vingt-cinq concernent le diocèse de Mende ; les huit autres furent adressés aux ecclésiastiques et aux diocésains de l'évêché de Perpignan. Frédéric Saivet fit encore imprimer une Vie du colonel Paqueron. Ce prélat portait pour armoiries : D'a:ur, à une montagne d'argent sommée d'une Vierge de Lourdes du méme avec ceinture d'aiur, à dextre d'une église d'or, et pour devise : Sub luum præœsidium.

Semaine religieuse du diocèse de Perpignan, années 1876 et IS77. — Pisaxi, L'Episcopal français depuis le Concordat jusqu'à la Séparalion.

SALA (Bernard de), évôque d’Elne, n’est connu que par une lettre qu'il écrivit à l’archevêque de Narbonne, Pierre de Montbrun, datée du 20 mars 1281, dans laquelle il s'excuse, sur ses infirmités, de se rendre au concile provincial de Béziers, où il avait été convoqué. Il y envoya un procureur, Bérenger de Palma (voir ce nom), chanoine d’Elne et sacristain de Saint-Jean de Perpignan.

Puiceaur, Calalogue biographique des évèques d'Elne.

SALABERDANYA Y CAROVIRA (Michel de), religicux de l’ordre de saint Benoît, originaire de Barcelone, fut élu abbé de Saint-Michel de Cuxa en 1633, à la mort de Vincent Ferrer. Ayant constate que la châsse qui contenait les reliques de saint Pierre Orséolo, dans l’église de son couvent, était

SALAMO — SALETA

très ancienne et en mauvais état, Michel Salaberdanya en fit construire une nouvelle en bois doré. Il déposa dans ce nouveau reliquaire les restes du saint doge de Venise, conjointement avec une déclaration sur parchemin qui est conservée dans les archives de l’église de Prades. La nouvelle châsse ne fut pas renfermée dans le mausolée qui se trouvait dans le chœur de l'église de Cuxa. Michel Salaberdanya prit une détermination personnelle que les événements devaient confirmer quatre-vingt-sept ans plus tard, à l’occasion de la canonisation de saint Pierre Orséolo. Ce prélat plaça ouvertement sur les autels les reliques du saint doge de Venise. Michel Salaberdanya administra l’abbaye de Cuxa jusqu’au jour de sa mort survenue en 1647.

Abbé Fort, Jlisloire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa. — H. Tocra, Saint Pierre Orséolo, doge de Venise.

SALAMO (Simon), né à Ille-sur-Tet en 1706, fit ses études classiques dans sa ville natale et alla ensuite à l’Université de Toulouse pour prendre le grade de docteur en théologie. Il était bénéficier de l'église paroissiale de son lieu d’origine lorsqu'il fut nommé, le 1° mai 1755, curé de Saint-Féliu d’Avail. Simon Salamo publia, en collaboration avec Melchior Gelabert (voir ce nom): Compendiosa regula cleri, Avignon, 1753,in-12 ; Regla de vida, 1755, in-12 ; Præparalio pro:zrima ad morlem compendiosæ regulæ cleri ab tisdem aucloribus edita, Avignon, 1756, in-12 : Regula cleri ex sacris lilleris, sanclorum patrum monumentis, ecclesiaslicisque sanclionibus excerpla, Avignon, 1357, in-12. Le 18 janvier 1759, Simon Salamo obtint des bulles en cour de Rome pour la cure d'Opoul, vacante par le décès de Pierre Cabestanvy. Dans le certificat que délivra l'intendant de Bon, à celte occasion, il est dit que Sinon Salamo « est bon et fidèle sujet du roy... et qu'il n'est revenu aucune plainte contre lui ». L'éloge était laconique ; dans sa brièveté, il parle toutefois assez éloquemment, à une époque de relâchement qui présageait déjà la Révolution. La paroisse d'Opoul eut le précieux avantage d'être évangélisée et édifiée, dix années durant, par cet apôtre à l'âme de feu, par ce prêtre à la plume ct à la parole saintement érudites. Le renom de ses vertus. de son éloquence et de sa science s'est longuement conservé au sein de cette population. Comprenant que ses forces le trahissaient et désirant se préparer sérieusement à la mort, le curé d'Opoul songea à alléger ses épaules de la charge pastorale. Le 9 février 1768. il résigna son titre curial en faveur d’un jeune prêtre, originaire comme lui d'Ille-sur-Tet, François Mauran, précédemment bénéficier à l'église Notre-Dame de la Réal et alors à peine âgé de vingt-sept ans. De retour dans son pays d'origine, Salamo resta tilu-

laire du bénéfice fondé par Barthélemy Julia à l’église d'Ille, pendant un espace de deux ans. Il le résigna, le 11 juin 1770, pour entrer en possession d’un autre bénéfice institué à la chapelle de Saint-Michel de Via (cimetière). Simon Salamo se décida à rentrer, sur le déclin de sa vie, dans les rangs du clergé paroissial. I] rentra en activité de service à un âge avancé. Le 4 octobre 1772, il fut nommé curé de la petite paroisse de Latour-bas-Elne. Son successeur, l'abbé Espase, prit possession de ce poste le 8 janvier 1774.

Archives des Pyr.-Or., C.

SALAU (Claude), de concert avec Jean Remi, passa contrat, le 20 février 1590, pour la fonte d'une cloche de deux quintaux et demi destinée à l’église de Villeneuve-de-la-Rivière.

Archives des Pyr.-Or.. G. 907. — PaLUSsTRF, Quelques noms de Jondeurs de cloches roussillonnais.

1350, Cr. 209, 596, 802, 826, 838, 865.

SALAZAR (Jean de) commença à gouverner le monastère de Saint-Génis avec le titre d’'abbé, en 1633. Il se démit de secs fonctions deux ans plus tard. Mais après le décès de Philippe de Valladolid, abbé titulaire, mort avec sept autres moines bénédictins, le 24 octobre 1639, dans l'hôpital de Perpignan, Jean de Salazar fut nommé pour la seconde fois abbé du même monastère. A la suite des événements politiques survenus en Roussillon, il se réfugia en Castille, où il mourut en 1640.

Gallia chrisliana, t. VI, col. 1108 et 1109.

SALETA (Thomas), religieux bénédictin du monastére de Saint-Michel de Cuxa, naquit à Molitg le 6 décembre 1735, de Nicolas Saleta et de Marguerite Tixcdor. En 1772, il était camérier de Cuxa. Il conserva ce titre jusqu'à la venue de la Révolution. Lors de l'élévation de Joseph de Réart à l’abbatiat de Cuxa, Thomas Saleta le remplaça dans la charge de secrétaire du chapitre. En 1777, il fut désigné comme syndic et commissaire du couvent pour trailer, de concert avec les délégués des abbayes d'Arles et de Saint-Martin du Canigou, la question de la sécularisation des monastères et des religieux bénédictins du Roussillon que l’évèque d'Elne, Charles de Gouy, était chargé de solutionner. En 1787, Thomas Saleta fut membre de l'assemblée du district du Conflent qui s’ouvrit le 17 novembre de celle même année. 11 représenta le clergé avec Leriche de Lanwerie, curé d'Estoher. Thomas Saleta quitta le couvent de Cuxa le 22 février 1791,'et se retira à Prades où il n’était connu que sous le nom de Camarer. Pendant la Révolution il prèta le serment constilutionnel, le rétracta ensuite et demeura à Prades jusqu'à sa mort survenue le 25 janvier 1821.

E. DELAMONT, Jlisloire de la ville de Prades.

SALGQ ou SALQUES (Raymond de), quercynois, docteur en droit et doyen de Paris, était chapelain du pape Innocent VI, à Avignon, lorsqu'il fut nommé à l'évêché d’Elne, le 2 septembre 1357, en remplacement de Jean Joufroy qui fut transféré au Puy. Le 11 septembre suivant, il écrivit d'Avignon une lettre par laquelle il nommaïit vicaires-généraux du diocèse Hugues de Pomiers, précenteur de Béziers et chanoine de Narbonne, Jacques Arnald, chanoine de Majorque. et Bernard Olibe, chanoine d'Elne. Le 10 octobre 1357, Jacques Arnald délégua les hebdomadiers de Saint-Jean pour mettre le prêtre Salomon en possession d’un bénéfice fondé au monastère de Saint-Sauveur, à Perpignan. Le 27 octobre 1357, ce vicaire-général fit une donation de terres sises à Palol, au nom de l'évêque élu d'Elne. Raymond, absent du diocèse. Le 4 novembre de cette même année, Jacques Arnald confirma les statuts faits en 1328 par l’évêque d'Elne, Bernard-Hugues de Sainte- Arthémie, concernant la communauté des prêtres de Saint-Jean de Perpignan. Parmi les lettres d'Innocent VI, il y en a une en date du 5 juillet 1361, adressée à Charles IV, empereur des Romains. dans laquelle ce pape lui dit qu'il avait d'abord déterminé de lui envoyer Raymond, évèque d'Elne, «homme célèbre dans la science des lettres et très expérimenté en affaires ». Depuis le 18 juin de cette même année, Raymond de Salg avait été transféré à Embrun. Le 24 avril 1362, ce prélat, qui ne quittait pas la cour papale d'Avignon, adressa, de cette ville, une lettre aux nobles Jacques et Bertrand Rogne pour leur donner l'investiture de la seigneurie des Hodouls. Raymond de Salg fut transféré à l'évêché d'Agen le 24 septembre 1364. Depuis le 10 janvier de cette même année, il avait été pourvu du titre d'administrateur perpétuel du patriarcat d’Antlioche. Raymond de Salg mourut en 1314.

Archives des Pyr.-Or., G. 40. — PoiGGant, Calalogue biographique des évèques d'Elne. — l'aul GUnrAUME, Histoire générale

des Alpes maritimes où Cotliennes. — Dictionnaire d'histoire el de géographie ecclésiastiques (article Agen).

SALINS (Arnaud de), gentilhomme gascon, fut nommé capitaine du chäteau de Salses par lettrespatentes de Louis XI, en date du 9 mai 1463. Après sa mort, il fut remplacé par Guillaume Cousinot, sire de Montreuil, par lettres-patentes du 11 février

Archives des Pyr.-Or., B. 292.

SALOMON, appelé aussi Salmon et Fulmon, intervint, en sa qualité d'évêque d'Elne. le 2 février | 832, dans un juuement rendu dans sa ville épisco- : pale en faveur de Babylas, abbé d'Arles. En 834, l'empereur Lothaire lui octroya un privilège d'immunité

SALG — SALSAS

pour son église. Le 5 mars 836, sous le nom vrai ou défiguré, Salomon obtint de Louis le Débonnaire un privilège semblable pour tous les biens de son église, nommément pour le fief de Saint-Félix de Tanya. Vers l’an 850, Charles le Chauve confirma à Fronsclus, abbé de Saint-André de Sorède, une charte d'immunité que son prédécesseur Sisegut avait obtenu de Louis le Débonnaire. En la même année, une pareille faveur fut accordée par ce prince à Sintremond, prévôt ou abbé de la cellule et du monastère bénédictin de Saint-Clément de Reglella, près d'Ille-sur-Tet.

Marca hispanica, col. 769, 773, 716, 784, 785. — Puiccant, Calaloque biographique des évèques d'Elne. — Abbé P. BoxET, Impressions el souvenirs ({lle-sur-Tet el ses environs).

SALRA (Jean) reçut, en 1524, des provisions de Charles Quint qui lui confièrent la direction de la Monnaie de Perpignan. Il donna sa démission en 1550 ; sou fils Gaudérique recueillit sa succession.

Archives des Pyr.-Or., B. 366.

SALSAS (Pierre), né à La Llagonne, fut baptisé en l'église paroissiale de ce village le 31 mai 1701. Il était le dernier fils de Jean-Baptiste Salsas, agriculleur, bayle de La Llagonne, et de son épouse Marie- Anne Trillas. Selon l'usage espagnol, Pierre Salsas accola à son nom patronymique celui de sa mère, notamment dans le titre de ses ouvrages. Pierre Salsas avait trois frères : Raphaël Salsas (1692-1778), honoré par le roi d'Espagne Ferdinand VI du titre de citoyen noble de Barcelone (8 mai 1753), auteur de la branche des Salsas de Llivia ; François Salsas (1698-1771), auteur de la branche française des Salsus de Palau de Cerdagne : Joseph Salsas (1696-1745), docteur en théologie. prêtre en 1723, successivement curé de Villeneuve-des-Escaldes et de Via-Bolquère, official de la Cerdagne française. Il mourut à Via en 1745 et ful enterré dans l’église où l’on voit encore sa pierre tombale. Pierre Salsas fit ses études à la Seo de Urgell et alla prendre ses grades à FÜUniversilé de Cervera (province de Lérida). Il y reçut les titres de docteur en théologie et de bachelier en droit canon. En 172$, à l'âge de vingt-sept ans seulement, il ful nommé curé de l’importante paroisse de Llivia (Cerdagwne espagnole). qu'il ne voulut plus quitter jusqu'en 1754, époque de sa nomination. par le roi d'Espagne Ferdinand VI, à la dignité de « pleba » de l'église collégiale de la ville de Pons, en Catalogne, et qui était alors une des premières prébendes du diocèse d'Urgell. Il devint aussi chanoine. ct conserva en même temps les fonctions Curiales de sa plebania jusqu'à sa mort, survenue à Pons le 11 septembre 1781, à l'âge de 80 ans passés. Pierre Salsas fut enterré dans son église paroissiale « cerca

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